Chapitre XIII

Le mois de novembre apportait à Paris une ambiance résolument triste. Le ciel étai gris, les arbres nus et les passants boudeurs.

D'un autre côté, cela faisait deux mois que tout paraissait gris à June. Depuis qu'Il était partit.

« June ! »

La jeune fille blonde revint sur terre. Son amie Agathe l'observait de ses yeux chocolat. Elles étaient toutes les deux assises dans un café et son amie avait du parler dans le vide un bon moment. Elle lui fit soudain Le regard. Celui qu'elle avait lorsque son côté Psychomage ressortait.

« June, que ce passe-t-il ? Cela fait des mois que tu es distante, morose. Justine, Margaux et moi nous nous inquiétons. »

June dégagea ses cheveux blonds d'un geste las et soupira :

« Il n'y a rien Agathe, je suis juste un peu fatiguée en ce moment. »

La brune plissa les yeux et rétorqua :

« Tu es sûre ? En fait, je me demandais ... Ton attitude n'aurait-elle pas un rapport avec l'Anglais que tu nous avais présenté en septembre ? Harry ? »

A l'entente du prénom, la jeune fille sursauta et Agathe secoua la tête :

« C'est donc bien ça ... Que s'est-il passé ? Vous êtes sortis ensemble ? »

Son amie était trop perspicace. June sentit une boule de douleur dans sa gorge. S'était terriblement frustrant d'être incomprise, mais parler aurait été trop dangereux, aussi elle répliqua :

« Je sais que vous vous inquiétez pour moi, mais je ne veux pas en parler. S'il te plaît ... »

Agathe dut sentir son désespoir car elle n'insista pas et commanda deux chocolats chauds. Mais plus rien ne réchauffait June. L'hiver avait pris possession de son être tuant les germes de bonheur qu'avait fait naître son soleil, son Harry.

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Draco pris Ginny dans ses bras, reprenant tout deux leur respiration. C'était si bon d'être avec elle, si interdit, si secret. Qui aurait cru que lui, Draco Malfoy, tomberait amoureux, de la fille Weasley qui plus est.

Ils étaient tout deux dans l'appartement moldu que Ginny louait, ils s'y retrouvaient tous les mois, parfois plusieurs fois. Draco ne pouvait plus se passer de la rouquine et ses sentiments étaient réciproques. Ils préféraient tout deux ne pas penser au lendemain.

« Dis Dray ... »

« Mmh ? »

« Je sais que c'est tue-l'amour mais, comment va Harry ? Ça fait longtemps que je n'ai pas pris de ses nouvelles. »

Draco se tendit un peu et répliqua pour gagner du temps :

« T'étais occupée à autre chose ... »

La jeune femme, nue, allongée sur son torse pouffa.

« Abruti. Mais, sérieusement, comment va-t-il ? »

Draco soupira et rouvrit les yeux. Il se redressa en la serrant dans ses bras et les enveloppa tout deux des draps.

« Je ne vais pas te mentir Gin, il ne va pas très bien »

La jeune fille pâlit un peu.

« Il est irritable et sombre. Il a beaucoup de disputes avec le Lord et ... ça le rend de plus en plus distant. »

Ginny sembla réfléchir puis dit :

« Bill et Fleur l'on rencontré avec ta cousine, lorsqu'il était en France. Tu pense que cela a pu le perturber ? »

« Je ne sais pas. » Répondit le blond. Cependant, il omit de dire qu'il avait une petite idée sur la dépression du Survivant. Il fallait qu'il parle à sa cousine.

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Lord Voldemort, assis sur le fauteuil de sa chambre, près du lit, observait la silhouette alanguie de son amant.

Harry était allongé sur le ventre, nu, à peine couvert des draps, ses cheveux noirs étalés sur l'oreiller. Il dormait.

Tom profita durant un instant de cette vu mais des pensées malvenues l'en firent s'éloigner. C'était l'attitude de Harry depuis quelques temps. Irritable et irritant, il s'était mis à lui répondre et à lui tenir tête.

Si, au début, cela avait plut au Lord qui adorait le caractère volcanique de son compagnon, cela commençait maintenait à l'agacer.

En effet, Harry agissait comme si plus rien ne lui importait. Il n'allait plus faire du cheval, ne dessinait plus, ne participait aux réunions que pour contester les décisions du mage noir. Si bien que Tom avait du sévir.

Il observa les marques bleus sur les hanches du garçon et les marbrures causées par ses ongles sur le dos pâle et musclé.

Cependant, cela ne changeait pas grand chose et seul la menace de représailles sur ses amis calmait les accès de rage du prince. Voldemort n'était pas idiot. Du tout. Il s'était renseigné sur le voyage de Harry en France, le point de départ de tout. Il avait appris que le séjour du prince s'était fait uniquement en présence de la fille des Leroy. Il avait aussi appris que Harry avait rencontré par inadvertance des membres de la famille Weasley.

Il y avait maintenant deux possibilité : soit revoir ses anciens amis, heureux et libres, avait causé un trouble dépressif chez le garçon, soit ...

Le Lord ferma les yeux de mécontentement. Soit, Harry avait développé un tendre penchant pour la jeune fille, June Leroy. Cette option déplaisait fortement au roi d'Angleterre qui ne pouvait s'empêcher d'imaginer le corps de son compagnon enlaçant la taille fine de Leroy.

Il grinça des dents. Non, il fallait tirer tout cela au clair.

Et il savait comment faire.

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Harry se réveilla sous le regard incendiaire de Voldemort. Tentant de l'ignorer, il se redressa sur le lit. Il se retint de grimacer en sentant une sourde douleur parcourir son corps. Tom l'avait bien punit de l'avoir une fois encore défié.

Sans un mot, Harry se leva, titubant, et se dirigea vers la salle d'eau.

« Tu ne me dis pas bonjour ? »

Le jeune homme se figea un instant puis, sans se retourner, marmonna un vague « bonjour » avant de s'enfermer dans la salle de bain.

Immédiatement, il se précipita sous la douche qu'il rendit brûlante. Et il frotta sa peau. Comme il se haïssait à cet instant, comme il voulait disparaître.

La mort, il la cherchait, la poursuivait, la provoquait.

Il insultait Voldemort, provoquait des disputes avec Bellatrix Lestrange, mangeait peu, sortait la nuit, pieds nus, dans le parc gelé. Mais elle ne semblait pas vouloir de lui et cette attitude ne servait qu'à rendre fou furieux le Lord et à le faire souffrir d'avantage.

Lorsqu'il ressortit plus tard de la salle de bain, Voldemort avait quitté la chambre. Tant mieux. Tant pis.

Le prince alla s'asseoir près de la fenêtre et contempla le parc aux arbres morts. Et, comme tout les jours depuis deux mois, il pensa à June.

Il ne pensait qu'à elle chaque jour, chaque heure, chaque seconde. Il ne lui avait pas écrit et elle non plus. Lui ne voulais, ne pouvais, pas entretenir le fil ténu de leur relation dans la crainte de le voir se rompre. Il préférait garder ses souvenirs et y vivre.

Elle, ne lui avait pas écrit et il espérait que s'était pour les même raisons même si une voix mauvaise insinuait sans cesse qu'elle l'avait oublié, qu'elle devait déjà se consoler de son départ dans les bras de Quentin.

Tout était mort autour de lui et il n'aspirait qu'à rejoindre lui aussi le tombeau. Qu'on le laisse en paix avec ses fantômes et ses espoirs avortés, qu'on l'oublie. Il s'oubliait déjà lui même. Des yeux vairons, une bouche rose, des cheveux d'or. Souffrance. Tout le temps, omniprésente. Et aucun oublie, rien que la mélancolie et l'horreur. Toucher, non, frôler le bonheur et retomber plus bas que terre. Passer d'ange à démon.

Même ses heures passaient avec Draco, qui autrefois parvenaient à égailler ses mornes journées, semblaient vaines, sans saveur. Le pire étant peut-être qu'il voyait dans le regard du blond un bonheur qu'il n'avait jamais vraiment atteint. Et n'atteindrait jamais.

Jalousie.

La vie lui tournait le dos, il reculait dans le fil de son existence sans atteindre le point de non retour. Il regarda son poignet. Il y avait noué le ruban rouge de June. Il le porta à sa bouche et l'embrassa. Il était doux comme elle. Et rouge comme le sang qui coulait quelque part en lui, d'une blessure si profonde qu'il savait qu'elle aurait raison de lui. Restait à savoir, dans combien de temps.

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June avait les mains tremblantes, tenant un parchemin. Impossible. Des mots tournaient dans sa tête. « cours de piano », « prince Harry », « logée et nourrie », « Dorcha Mainéar », « d'ici une semaine ».

Elle s'assit sur son lit brusquement. Lord Voldemort n'était pas satisfait de l'enseignement que recevait Harry de son actuel professeur de piano. Ayant appris qu'elle pratiquait l'instrument et qu'elle étudiait la musique, il lui proposait de donner des cours de piano au Prince, cette activité comptant dans ses études comme un stage à l'étranger.

Elle sentit une joie immense étreindre son cœur. Harry. Revoir Harry. Jouer du piano avec Harry. Embrasser Harry...

Le froid qui avait pris possession de son cœur sembla s'estomper. L'espoir était doux et tendre comme lui. Elle savait que tout cela était fou. Tellement fou et stupide mais néanmoins vital. Elle devait le revoir, de nouveau ne se voir qu'à travers ses yeux. Et l'aimer, encore et toujours. Qu'importe Voldemort, qu'importe le manoir, qu'importe les mangemorts. Il serait là, et cela lui suffisait.

Le baume au cœur, les yeux embués de bonheur, elle se saisit d'une plume et d'un parchemin. D'ici une semaine, elle pourrait se nourrir de son image et boire le son de sa voix.

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« Un nouveau professeur de piano ? »

Assis dans la salle de musique, Harry venait de voir Voldemort congédier son revêche Maître de musique.

« Exact. Tu m'as toi même dit la dernière fois que tu ne supportais plus les cours de celui-ci. »

Harry se mordit la lèvre, il avait dit ça sous l'effet de la colère afin de provoquer Voldemort. Il se fichait bien du piano. Pour qui aurait-il put jouer ? La seule personne en vaille la peine était à des années lumières de sa présence et de sa douleur.

« En tout cas » Continua le Lord avec un sourire contrit sur son séduisant visage. « Je me suis souvenu des éloges que tu avais fait de la fille des Leroy. »

Harry réussit in extrémis à se retenir de sursauter alors que l'image de sa jolie June s'imposait à son regard.

« Aussi j'ai cru bon de lui proposer le poste. »

Le prince était figé de stupeur. Il ne comprenait rien. C'était incompréhensible n'est ce pas ?

« Pardon ? » Et sa voix lui parut sonner faux tant elle était calme et contrôlée, si éloignée du tourment qui le secouaient.

A cet instant, on frappa à la porte et Voldemort eut un sourire avant d'inviter à entrer. Et soudain, Harry crut que le monde explosait, rien n'avait de sens et pourtant la raison de sa vie venait d'entrer dans la pièce.

Dans une sublime robe verte pâle, ses cheveux légèrement ondulés attachés en demi queue de cheval. Son regard océan accrocha celui de Harry, parfaitement impénétrable.

Elle le salua courtoisement et, comme spectateur du film de sa vie, il en fit de même. Il remarqua la présence de Draco mais toutes les fibres de son être ne voyaient plus que June. La pièce semblait irradier de soleil. Tout ce qu'elle faisait, de se geste sur ses cheveux au froncement de son nez, était magnifique.

Il ne sut comment il réussit à rester stoïque, sûrement ses trois ans de dissimulation l'y avait aidé. Cela étant, à la fin de l'entretien, il avait, avec Voldemort et June, préparé un nouvel emploi du temps pour ses cours de piano.

Puis le Lord avait donné l'ordre à Draco de montrer à June sa chambre et, en même temps que la jeune fille était sortie, la salle de musique avait sombré dans les ténèbres.

« Alors ? Tu vois que je sais m'occuper de ton bien être ? » Murmura le Seigneur des Ténèbres en l'enlaçant dans son dos. Il déposa des baisers dans sa nuque et Harry se laissa faire.

Ce fut un rêve n'est ce pas ? Une illusion ? June allait-elle réapparaitre ? Où resterait-il à jamais prisonnier de ses bras étouffant et oppressant ? La mort devait attendre encore un peu. Juste le temps de savoir. Le temps de lui demander s'il avait était le seul à souffrir de son absence. Le seul à mourir du manque d'elle comme un personne à qui on à arraché son cœur.

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Draco salua sa cousine après qu'elle se fut installée dans sa chambre.

Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Cela clochait. Cela clochait entre June et Harry. Cela clochait dans l'attitude de Potter ses derniers temps. Cela clochait dans le sourire de June après qu'ils furent sortis de la salle de musique. Et surtout, surtout, cela clochait dans le regard calculateur et sadique du Lord.

Draco avait peur. Peur pour Harry et June car leurs deux noms, une fois associés, ressemblaient bien trop à ceux de Roméo et Juliette.

(à suivre ...)

Bon, je sais, c'est abusé. Je dirais pour ma défense que j'ai passé mon Bac et patati et patata ...

Enfin j'espère que cette suite vous plaira. L'histoire entre dans sa dernière partie, bientôt le dénouement !

N'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez !

Désolé pas de RAR aujourd'hui (j'écris à des heures totalement invraisemblables) mais merci à tous pour votre soutiens ! Dans ce chapitre, Voldy se bouge un peu face aux réaction de Harry et son engrenage maléfique (genre !) se met en place. Là encore, pas beaucoup de dialogue car j'avoue que cette fanfic est plus portée sur la description des sentiments, le désavantage étant que ça donne au texte peu d'action. Mais n'ayez crainte, à partir du prochain chapitre, les choses devraient considérablement s'accélérer !

Voili, voilou ! Bonne lecture et à bientôt !