Chapitre XVII

Une seule bougie éclairait d'une lumière pâle la chambre lorsqu'Harry y entra. Il tourna la tête sans trouver trace de Tom puis vint marcha lentement jusqu'à son fauteuil. Sur le velours sombre quelques croquis sur un calepin prenaient la place, le jeune homme s'en saisit, s'installant en travers du siège. Il feuilleta vaguement les esquisses. Des paysages, des chevaux, des portraits de Draco, de Tom. Il eut un frisson en croissant le regard de papier, tracé à la sanguine. Il prit une feuille vierge, un crayon, et dessina. Les traits doux du visage de June lui vinrent aux doigts. Ses yeux ensuite, clairs, sincères, légèrement hautains, toujours moqueurs. Son nez, fin, retroussé, enfantin. Sa bouche, ligne rose faite pour l'amour et les jolis mots. Sa chevelures, suites de traits comme les rayons d'un soleil.

— Harry.

Sa main tressaillit. Son doigt ripa. Un trait noir et dur barra le visage radieux de la jeune femme. Relevant la tête, le jeune homme croisa le regard de Voldemort, en robe de chambre pourpre, faisant ressortir sa pâleur.

— Où étais–tu ce soir ?

Dissimulant sans trop en avoir l'air l'ébauche, Harry répondit d'une voix calme et basse :

— Je me promenais dans le parc.

— Avec ce froid ?

Sans un mot Harry acquiesça. Tom le regardait avec intérêt, le passant au crible, des rides sur son front au froncement de ses sourcils et à la fuite de ses yeux, chaque détaille était étudié par le regard sanguin du Lord.

— Viens…

Le garçon se leva sans empressement. Tom passa un bras derrière sa taille et l'entraina sur le lit, embrassant ses tempes, caressant ses épaules. Cependant il n'alla pas plus loin, s'allongeant avec lui sur l'imposant lit, l'enlaçant étroitement comme des liens.

— L'attaque de Haverhill.

— Pardon ? Murmura Harry, l'esprit ailleurs.

— Pour les vampires. Nous attaquerons demain soir.

— Oh. Pourquoi ne pas attendre le jour ?

— Nous ignorons où ils ont fait leur nid, et puis, attaquer durant leur sommeil est un peu lâche non ?

— Comme si cela te gênait habituellement…

Tom eut un bref rire et l'embrassa.

— Soit sage durant mon absence.

— … je viendrais.

Le Lord fronça les sourcils.

— Comment cela ?

— Je ne vais pas attendre ici comme le derniers des couards. Je veux venger ses pauvres gens.

— Tu n'as rien à prouver à personne Harry.

— Je sais. Mais je n'aime pas rester assit à ne rien faire lorsque je peux aider.

— Bien. Dans ce cas je te prêterais une baguette, mais je veux que tu restes prêt de moi. Promet le.

— Autant que faire ce peu…

Harry ferma les yeux, ignorant l'insistance de Tom. Il s'endormit.

oOoOoOoOoOo

Noël approchait. Le parc du manoir des ténèbres pâlissait sous le gèle de l'hiver, une buée blanche sortait d'entre les lèvres roses de June. Ses pas faisaient craquer la neige et elle avait froid, seule sa main droite, entourée par celle d'Harry, semblait épargnée.

— Alors ? Pourquoi ce rendez vous matinal ?

— Je voulais te prévenir que je ne serais pas là ce soir.

— Oh, le Lord te retiens ? Avança–t–elle prudemment.

— Non. Tu te souviens du problème des vampires d'Haverhill ? Le soir où nous nous sommes rencontré je l'avais évoqué au diner.

— Oui, je me rappel. Et bien ? Cela n'est pas encore réglé ?

Le jeune homme eut un ricanement sinistre.

— Ce ne sont que des moldus, les Mangemorts ne se précipitent pas à leur secours. Quoi qu'il en soit, nous attaquons ce soir.

— Nous ? S'étrangla la jeune femme. Tu veux dire, toi aussi, tu y vas ?

— Evidement.

June se stoppa, faisant crisser l'herbe pastel de givre.

— Pourquoi ?

Harry haussa les sourcils :

— Parce qu'il faut bien débarrasser cette ville de ce fléau.

— Ca je le sais, mais pourquoi tu y vas ?

— Pour aider.

Elle fronça le nez :

— C'est ridicule.

— Pardon ?

— Harry ne t'es–tu déjà pas assez sacrifié pour eux ? Pour une fois ne joue pas aux héros !

— Pourquoi t'énerves–tu ? Et je ne joue pas aux héros, je t'interdis de dire ça. Je fais simplement ce qui est juste.

— Ne pourrais–tu pas être égoïste au moins une fois dans ta vie ? Répliqua June en lâchant sa main.

— Si j'avais pensé ainsi la société moldu aurait déjà disparue depuis belle lurette.

— Mais ce n'est plus de ton ressort maintenant !

— Ah ? Et que devrais je faire selon toi ?

— Vivre tout simplement ! Profiter des bienfaits que peut t'apporter la vie !

— Comme ? Vivre en Prince choyé avec mon compagnon d'un coté et ma maîtresse de l'autre ?

— Alors je suis ta maîtresse ?

— Techniquement oui.

— Oh j'ai compris, je suis un passe temps, s'emporta June.

— Quoi ? Eh attend, je n'ai jamais dit ça !

— Ce n'est pas la seule je que tu n'as jamais dit.

Harry resta blême une seconde avant que ses traits ne se durcissent.

— Oh mais je vois. Ca n'a rien à voir avec Haverhill n'est ce pas ? Le problème c'est que je ne t'ai toujours pas dit « je t'aime » c'est ça ?

June ne répondit pas, le regard transparent de reproches, ne pouvant s'empêcher d'en vouloir à Harry de la laisser dans l'incertitude, l'inquiétude.

— Tu as dit que tu serais patiente je te rappel ! Renchérit le garçon.

— Et bien peut être que j'en ai assez d'être « patiente », peut être que j'ai besoin de plus, peut être que je veux du concret.

— Tu veux du concret ? Et bien en voilà : J'irais ce soir combattre à Haverhill, que ça te plaise ou non.

— Parfait !

— Parfait !

June tourna le dos à Harry, se hâtant vers le manoir, les yeux brûlants, le corps gelé, le cœur brisé.

oOoOoOoOoOo

La nuit allait tomber. Dans sa chambre, Tom se préparait à la bataille, enfilant une tunique de combat noire et observant du coin de l'œil Harry faire de même. Le garçon n'avait pas dit un mot depuis le diner et le Lord cherchait à savoir pourquoi.

— Le combat t'inquiète Harry ?

— Pas du tout. Je n'ai pas peur de mourir.

— Ne dis pas ça, tout le monde à peur de la mort.

— Touchante révélation Tom, mais ce n'est pas mon cas, dit effrontément le jeune homme avant de plonger son regard en fusion dans celui du Lord. Nous y allons ?

Sentant cet étrange et familier sentiment de colère et de désir pour son jeune compagnon, Tom l'embrassa cruellement avant de l'entrainer à sa suite.

Dans le grand hall les Mangemorts volontaires pour cette mission attendait le départ. Le Lord leur donna les dernières consignes avant d'attraper le bras de Harry afin de transplaner avec lui. Il lui siffla en Fourchelangue :

— Ne t'éloigne pas.

Alors qu'il transplanait, Voldemort aperçut un éclat d'or. En haut des escaliers, accompagné de son cousin, June Leroy les regardait partir ses yeux criant des sentiments bien trop humains mais que le seigneur des ténèbres sut tout de même traduire. La crainte, la peine, le remord. Et l'amour.

Il disparut avec Harry.

oOoOoOoOoOo

La ville était plongée dans un silence de mort. Les maisons étaient barricadées, tous les volets clos. Les lumières avaient déserté les lampadaires plongeant les rues dans l'obscurité. Les Mangemorts apparurent à l'entrée de la grande rue, totalement déserte.

Sur ses gardes, Harry regardait autour de lui, en quête de mouvement. Dans sa main, la baguette prêtée par le Lord semblait le chatouiller, sa magie trouvant ce réceptacle convenable après des années de trop grande liberté. Cependant le jeune homme ne se laissa pas distraire car très vite, une ombre s'approcha d'eux. Le chef des vampires avait le visage barbouillé de sang, loin de l'image de noble victorien qu'on pouvait s'en faire, il ne ressemblait à rien d'autre qu'à une bête. Entre ses mains aux ongles semblables à des griffes, il tenait une peluche sanglante. Harry sentit la colère et la peine le submerger tandis que d'une voix gutturale, le chef lançait :

— Vous arrivez à l'heure pour le diner…

A peine eut–il prononcé cette phrase qu'une armée de monstres assoiffée de sang jaillissait de partout. Les Mangemorts dégainèrent leurs baguettes avec rapidité, le combat s'engageant. A ses cotés, Tom était efficace et froid, tuant à tour de bras le moindre vampire l'approchant, ou approchant d'Harry. Le jeune homme lui, tout en luttant contre les sous fifres, avait les yeux rivés sur leur chef qui riait sans même prendre part au combat. La haine surgit, comme une vieille amie fidèle et agressive, pour une fois, Harry la laissa le guider. Il éjecta les vampires lui barrant le passage et partit à la poursuite du plus vieux des suceurs de sang. Celui ci préféra fuir, un sourire sadique ornant ses lèvres.

Harry entendit Tom appeler son nom derrière lui, mais il n'y prêta pas attention, poursuivant le chef. Il le rattrapa après plusieurs minutes de course dans une allée sombre de la ville. Le vampire se tourna vers lui et attaqua sans prévenir, tout crocs sortis. Harry le repoussa d'un violent sort, s'acharnant à faire souffrir le plus possible cette ordure. Alors qu'au sol, le monstre se tordait de douleur sous ses sorts, la voix du Lord résonna derrière lui et il se retourna. Ce fut son erreur car le vampire en profita pour lui sauter à la gorge. Harry sentit ses crocs transpercer sa chaire mais il lança, plantant quasiment sa baguette dans le ventre du monstre :

— Avada Kedavra !

Le vampire s'affala de tout son poids sur lui, le faisant étouffer, jusqu'à ce que Tom le sorte de la. Son cou le faisait souffrir atrocement, comme engourdi, brûlant de froid. Il avait était mordu et le poison se répandait en lui, il le savait. Soudain, le Lord plaqua sa bouche contre sa gorge et aspira le venin. La douleur se décupla et Harry laissa échapper un cri. Chaque fois, Tom crachait une matière noire au sol avant de reprendre l'extraction du venin. Harry se sentait partir, perdre conscience. Il entendait les jurons du seigneur des ténèbres.

— Il n'y a que moi qui est le droit de te tuer petit con !

Un ricanement s'échappa de la gorge de Harry. Cependant, avant de s'évanouir totalement, il se dit qu'en effet, il ne voulait pas mourir. Pas maintenant, pas comme ça. Pas de cette façon lâche et au final égoïste. Parce qu'après tout ses efforts pour créer un monde meilleur, avec les moyens à sa disposition, il voulait une chance d'y vivre heureux. Et pour y être heureux, une seule personne pouvait l'aider. Une personne autour de qui tout tournait, y compris lui, le soleil de cette petite planète qu'était son cœur. June. La femme qu'il aimait. Oui, il ne pouvait pas mourir, il devait lui dire d'abord. Il devait lui avouer pourquoi il voulait maintenant vivre, et plus survivre.

Il perdit connaissance.

(à suivre…)

Pour me faire pardonner cette longue absence (encore) et vous en donner pour votre argent (je ne touche aucunes subventions) voici un chapitre plus long que d'habitude.

Vos commentaires me touchent toujours autant et me donne envie de vous faire plaisir ! De plus le dernier Harry Potter m'a donné un regain d'inspiration lol

Je vais faire de mon mieux pour vous mettre rapidement la suite, merci de suivre cette histoire !

Bisoux !