Chapitre XVIII
Assis sur son lit, Draco annotait vaguement quelques rapport sur le recensement des nés–moldus avec ennuie. Il jeta un regard à l'horloge doré posée sur la cheminé où ronronnait un feu généreux. Le temps passait avec lenteur, l'aiguille semblait moqueuse.
Cela faisait plusieurs heures déjà que l'expédition contre les vampires de Haverhill avait été lancée et, sans vraiment le vouloir, Draco s'inquiétait pour Potter. Le jeune Prince n'avait pas souvent l'occasion de tester sa magie en combat réel et s'il se débrouillait parfaitement à l'entrainement, il pouvait être surpris par un affrontement plus tangible avec le monde extérieur. Les champs de batailles ne lui avaient pas été autorisés depuis longtemps maintenant. De plus, les vampires ayant fait siège sur cette ville n'était pas des créatures simples à combattre. Vicieux, perfides, assoiffés de sang et sans maître ni lois, ils étaient de redoutables adversaires aussi puissants qu'imprévisibles.
Mais il connaissait bien Potter et le conflit était trop important, trop symbolique et touchait trop son besoin de sauver les autres pour qu'il l'ignore. Et, après tout, jamais le Lord noir ne permettrais qu'on fasse du mal à son Prince. Il y tenait trop. Draco fronça les sourcils tant la pensée lui paraissait étrange. Cependant il était vrai que Lord Voldemort tenait à Harry Potter et pendant un instant, le jeune homme se demanda à quel point.
Ce qui tourmentait également Draco était sa cousine, June. Lorsque les troupes étaient parti, elle était à ses cotés. Elle avait regardé Harry s'en aller laissant transparaître dangereusement ses émotions. Draco craignait pour sa vie, car malgré leurs querelles, il l'aimait comme une sœur. Le Lord n'était pas homme à se laisser voler et surtout pas lorsqu'il s'agissait de Potter. Si, comme Draco le pensait, les sentiments de Harry et June étaient réciproques alors c'était encore plus dangereux. Si Voldemort les soupçonnait et parvenait à les surprendre alors ils les briseraient. Tout les deux.
La marque de Draco brula et il lâcha sur son rapport sa plume qui le tâcha. Il jura, nettoya rapidement et se hâta de descendre dans le hall où, comme il le sentait, son Maître l'appelait.
Les soldats étaient de retours, plusieurs autres Mangemorts s'occupait déjà des blessés lorsque le jeune homme entra mais il vit immédiatement Harry, dans les bras du Lord, le teint cadavérique. Draco sentit le sang quitter son visage et il s'approcha rapidement :
— Maître est–il… ?
— Non, juste évanoui. Il a besoin de soins. Emmène le dans notre chambre et occupe toi de lui Draco. Le combat n'est pas totalement terminé et il me faut nettoyer les lieux.
Draco pris Potter contre lui à son tour, acquiesçant :
— Bien, je m'en occupe.
Rassemblant une nouvelle troupe de Mangemorts, l'air concentré et à la fois soucieux, Lord Voldemort disparu de nouveau pour Haverhill.
Le jeune Malfoy se hâta jusqu'à la chambre du couple royal et déposa Potter sur l'imposante couche. Après l'avoir à demi dévêtu il vérifia ses blessures. Il constata rapidement que si Harry avait été atrocement mutilé par une morsure de vampire, le poison n'avait pas eu le temps d'infecter son corps et il restait donc humain. Ses défenses immunitaires cependant avaient été mises à rude épreuve et il avait besoin d'un peu de repos. Draco lança quelques sorts d'énergie et de renouvellement sanguin puis il le couvrit et sortit de la chambre.
Il se stoppa une fois dans le couloir, hésitant. Devait–il prévenir sa cousine ? Il était sur qu'elle ne dormait pas et qu'elle ne dormirait surement pas avant de savoir Harry en sureté. Il soupira et tourna à gauche, en direction de la chambre de June, à coté.
Après avoir frappé trois coups brefs il vit apparaître la jeune fille, en chemise de nuit blanche, les cheveux lâchés, les yeux fatigués.
— Draco ?
— Je voulais juste te prévenir que Potter est dans sa chambre. Il a été blessé mais va mieux, il se repose. Et… Le Lord est repartit sur le front, il ne sera pas la avant l'aurore très surement. Voilà, bonne nuit.
Tournant les talons, le jeune homme retourna à sa chambre, un léger sourire aux lèvres en entendant June lui crier un « Merci ».
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Harry s'éveilla, la tête lui tournant légèrement. Il contempla le plafond parcouru de dorure et reconnu celui de ça chambre au manoir. Il n'avait donc pas rêvé, Voldemort l'avait ramené. Se redressant lentement, il palpa sa blessure déjà cicatrisé, se maudissant de n'avoir réussit à se défendre assez efficacement. Il soupira et se leva, les jambes faibles mais droites. Il marcha jusqu'à son bureau et ouvrit un tiroir. Posé sur un tas de lettres, un ruban rouge. June. Il le prit et l'attacha à son poignet, le portant d'un geste familier à ses lèvres. June. Les souvenirs de ses dernières pensées avant son évanouissement lui revinrent, et il ne savait s'il devait sourire de bonheur de ressentir de l'amour ou pleurer de désespoir de le ressentir dans sa situation.
Il était fou surement, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir une vague de chaleur en pensant à elle, une envie de survivre, non, de vivre plus forte qu'il ne l'avait jamais ressentit depuis sa naissance. Le seul sentiment comparable à l'excitation qu'il ressentait et la perfection de ce moment était le jour ou il avait découvert qu'il était un sorcier.
Chamboulé, ne sachant s'il devait sourire, rire, crier, Harry tressaillit à l'entente de coups. Il se tourna vers leur origine, le balcon. Sur l'avancé de pierre, vêtu d'une chemise immaculé, d'une cape d'hiver bleu et de bottes entourés de fourrure, totalement incongrue et à la fois magnifique, se tenait June qui venait de frapper à la vitre. Enfilant rapidement une veste et ses bottes, Harry la rejoignit.
— Bonsoir…
— Bonsoir June…
Il jeta un coup d'œil autour d'elle et vit un balai posé sur le rebord du balcon. Durant plusieurs minutes, ils ne dirent rien, se contentant d'observer les alentours. Et puis au détour d'un regard, leurs yeux se croisèrent. Et sans attendre plus longtemps, ils s'embrassèrent. C'était un baiser chaud, réconfortant, délicieux. Harry embrassa plusieurs fois les lèvres roses de June, la serrant contre lui.
— Je t'aime June… Je ne veux plus risquer ma vie si ça doit m'empêcher de te revoir.
La jeune fille eut un rire entre joie et nervosité et répondit au baiser avant de le tirer par la main, lui indiquant le balai.
— C'est Noël aujourd'hui Harry.
— Quoi ?
— Oui, moi aussi j'avais oublié. Mais regarde, le parc est sous la neige. C'est beau non ?
Le jeune homme acquiesça en attrapant et s'installant sur le balai.
— Ça va être un beau Noël, dit–il tandis qu'elle grimpait derrière lui.
Ils s'envolèrent dans le ciel froid d'hiver, glissant entre les vents jusqu'à atteindre le sol enneigé. Ils s'y posèrent, main dans la main, et marchèrent, retraçant les chemins disparue sous le sucre glace terrestre. Ils discutèrent, durant des heures, des sujets les plus anodins et les plus sensibles les concernant. June détestait les olives, Harry savait faire la roue, June avait déjà dessiné sa robe de mariée, Harry rêvait d'avoir un chat, June aimait plus les chiens, Harry voulait deux enfants, June en voulait autant qu'il voudrait lui en donner.
Puis, le froid les engourdissant, ils voulurent se réchauffer. C'est June qui, la première, eu l'idée d'envoyer dans la nuque de Harry une grande boule de neige. Il répliqua aussitôt avec entrain et ils se mirent à courir, à sauter, se cachant derrière des arbres, se roulant dans la neige. S'y allongeant cote à cote, ils parlèrent encore, s'embrassèrent et regardèrent se lever le soleil.
L'heure avançant, et par crainte que le Lord ne rentre, ils se levèrent, marchant enlacé jusqu'à l'endroit où ils avait laissé le balai. Harry était heureux, à peine inquiet de devoir bientôt revoir Tom et de devoir lui mentir pour lui expliquer où il avait attrapé un rhume. Car lorsque les lèvres de June se posaient sur lui, plus rien, sauf elle, n'avait d'importance.
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Tom regardait Harry embrasser June, debout sur le balcon, dissimulé derrière l'une des grandes colonnes de pierre blanche. Le garçon embrassait la frêle et blonde créture avec une ardeur dont il n'avait et ne ferais jamais preuve avec lui. Son Prince était amoureux d'elle. C'était évident, et douloureux. Lord Voldemort ressentait une peine sourde à les voir enlacés, d'autant plus que cela semblait totalement naturel de les voir ensemble, ils étaient si beaux ensemble. La douleur déchira un peu plus son être. Et comme à chaque fois qu'il avait du subir une telle peine dans son passé, Tom transforma cette tristesse en colère, en rage, puis en haine. Cela ne pouvait pas être, il n'en été pas question. Il était Lord Voldemort et il ne laisserait pas ses deux jeunes imbéciles se moquer de lui et essayer de le duper. Il allait faire en sorte, une bonne fois pour toute, de détruire cet amour qui pourrissait le cœur de Harry.
Harry serait à lui, heureux ou non. Il avait eu tord de se montrer aussi tendre avec le garçon, car à présent il regrettait de n'avoir pas mieux coupé le jeune homme des sentiments humains d'affection, de tendresse et d'amour. Qu'importe qu'il le haïsse, il préférait voir la haine dans les yeux de Harry que de le surprendre entrain d'embrasser June Leroy. Celle ci paierait également pour l'avoir défié et avoir voulu voler le garçon.
— Harry est à moi…
(à suivre)
Alors, encore un petit chapitre. Il reste un ou deux chapitre plus un épilogue et ce sera la fin ! Dites moi pour l'instant ce que vous pensez de ce chapitre, je vous remercie de votre soutiens et de vos commentaires qui me ravissent littéralement ^^
Bisoux
