Chapitre XX

Six mois avaient passé depuis que la fille Leroy était rentrée en France. Lord Voldemort était satisfait. Pendant une longue période, Harry avait été complétement apathique. Restant des heures durant enfermé dans sa chambre, et n'ouvrant la bouche que pour l'invectiver. Le Lord avait l'impression que le jeune homme cherchait à souffrir physiquement et, bien qu'il ne manque pas une occasion de lui apprendre à se taire, il restait perplexe devant sa réaction. Le temps passant il s'était tout de même un peu remis sur pied. Il mangeait peu, dormait peu et passait le plus clair de son temps à l'entrainement ou il semblait se déchainer au point de souvent se blesser. Mais au moins il sortait et reprenais part à la politique du pays. Sur ce point il n'avait pas changé et veillait plus que jamais aux intérêts des sang-de-bourbes et autres moldus. Dans l'ensemble, Voldemort était donc satisfait, il avait de nouveau Harry rien qu'à lui et il l'avait dégouté à jamais de l'amour et de cette petite trainée. Cependant, il y avait quelque chose de changé en lui à présent. Son aura était plus sombre que jamais mais le Lord le surprenait parfois à se lever au milieu de la nuit pour aller jouer au piano. Comme s'il pensait encore à elle. Et cela faisait enrager le Seigneur des Ténèbres. Et il avait beau redoubler de passion dans leurs ébats, Harry semblait toujours mélancolique.

Frustré, le Lord Noir tenta de se vider la tête de tout cela et se concentra sur plus important. La fête d'anniversaire du Prince. Elle serait plus grandiose encore que la précédente. Il saisit les réponses aux invitations, toutes positive et s'arrêta un instant sur l'une d'elle. Il la parcouru des yeux et cogita un instant. Voilà qui pouvait être intéressant. Il sourit.

Harry frappait le sac de sable avec force. Torse nu et en sueur cela faisait plus de deux heures qu'il s'entrainait sans relâche. Les jointures de ses mains le faisait souffrir mais il appréciait cette souffrance physique qui le distrayait de celle mental qu'il se trimballait depuis six mois. Chaque fois qu'il repensait à elle une bouffée de douleur s'emparait de lui. Il se rappelait l'espoir et la cruelle réalité de laquelle il était prisonnier jusqu'à sa mort. Et il frappait plus fort, plus fort encore. Le rire de June raisonna à ses oreilles et il balança un coup de poing chargé de magie qui fit exploser le sac et le coupa dans son élan. Essoufflé et en nage il s'interrompit, juste pour entendre s'ouvrir la porte du gymnase.

- Et bien. Ce sac sait à présent à qui il a à faire.

Le Lord lança un regard dédaigneux au sable éparpillé puis appréciateur à Harry, l'observant de haut en bas.

- Que voulez-vous ?

- Rien de bien particulier, susurra le Lord en jouant avec les cheveux s'échappant du catogan du jeune homme.

- Je m'entraine.

- Je vois ça.

Harry ravala une grimace de dégout sous le regard sombre de Voldemort.

- Oh, si, tant que j'y pense. J'ai reçu les réponses aux invitations.

- Les invitations ?

- Ton anniversaire Harry.

- Ah oui… Est-ce vraiment obligatoire ?

Le Lord eu un léger rire et sans répondre nettoya d'un coup de baguette les dégâts de Harry.

- Les Cooper seront là, ainsi que les Dolohov…

- Super, grinça Harry en prenant une serviette pour s'essuyer le visage.

- Les Lestrange, continua le mage, les Malfoy, les Leroy… Ah les Goyle également…

Harry avait presque sursauté. Sa bouche parla plus vite qu'il ne l'aurait voulu.

- Les Leroy ?

- En effet. Avec leur fille et son fiancé.

Cette fois le jeune homme perdis toute couleur. Et du se détourner pour cacher son trouble. Avec le plus de calme possible il demanda :

- Miss Leroy c'est fiancé ?

- En effet, un certain Quentin Dumont.

Harry préféra se taire, ne faisant pas confiance à sa voix. Il se dirigea vers la porte.

- Ton entrainement est fini ?

Il déglutit.

- Je vais prendre une douche.

- Veux-tu que je t'accompagne ?

Sans répondre Harry claque la porte et se hâta jusqu'à sa chambre puis la salle d'eau. Alors que l'eau brûlante coulait sur lui, emportant les restes de ses enterrements il laissa ses pensées tournoyer, espérant les voir emportées également dans le siphon. June était fiancée. Elle l'avait oubliée, elle était passée à autre chose. A Quentin qui plus est. Il ne savait plus quoi ressentir. Le soulagement de la savoir heureuse, la colère de la savoir heureuse avec Quentin, la tristesse de la savoir heureuse sans lui.

Il aurait voulu ne plus jamais ressentir.

OoOoOoOoOoOo

Draco posa le cadeau d'Harry sur son bureau et soupira. Il était épuisé. Epuisé de cacher sa liaison avec Ginny à ses parents et au monde, épuisé des tâches bureaucratiques qui lui étaient assignées, épuisé de voir Harry dans un tel état. Il ne lui avait que peu parlé en six mois, le Prince ne cherchait plus la compagnie. Dans ses yeux, Draco voyait une terrifiante résignation. Il était inquiet. Comment Harry allait-il réagir ce soir en voyant June ?

Le jeune homme se massa les tempes. Pourvu que tout se passe bien…

OoOoOoOoOoOo

June finissait de se préparer. Elle était si nerveuse. On frappa à sa porte.

- Entrez.

Quentin, vêtu d'une robe de sorcier prune à la toute dernière mode la regarda avec un sourire.

- Wow.

Elle sourit à son tour.

- Ne commence pas veux-tu ?

- Qui puis-je si tu es sublime ?

Elle rit. Mais ses mains tremblaient. Quentin le remarqua et fit une légère moue.

- Aller viens. C'est l'heure.

Elle prit le bras qu'il lui tendait et le suivit.

OoOoOoOoOoOo

La fête battait son plein. Lord Voldemort semblait plus beau que jamais dans ses habits émeraudes, un sourire conquérant aux lèvres. Il regardait les invités danser, s'extasiant devant la salle dont le plafond, à l'instar de son ancienne école, mimait le ciel étoilé de juillet. Mais ce que regardait surtout le Lord, comme toujours, c'était Harry. Il portait une robe noir corbeau rehaussée de files d'argent qui, bien que sombre, appuyé la maturité que le jeune homme semblait avoir gagné ses derniers mois. Ses cheveux retenu laissait au Lord l'occasion d'admirer son profile malheureusement maussade.

- Sourit voyons Harry. C'est ta fête après tout…

Le garçon leva les yeux au ciel. Voldemort s'apprêter à ajouter quelque chose lorsqu'il vit entrer de nouveaux invités. Et son sourire devint sadique.

OoOoOoOoOoOo

Harry aurait voulu qu'elle ait changé durant ses quelques mois. Il aurait voulu ne pas la reconnaitre. Mais June était toujours la même, rayonnante dans une robe ivoire. Aussi pure et belle qu'à son souvenir, un très léger sourire aux lèvres. Elle était au bras de Quentin qui ne semblait pas peu fière. Harry tenta de se fermer, mais il ne pouvait détourner les yeux de la jeune femme. Quentin l'entraina dans une valse et elle lui sourit tendrement.

« Et vous mon Prince ? M'inviteriez-vous à danser ? »

Il plissa les yeux, se secoua. Non. Il fallait oublier. L'oublier. Elle ne l'avait même pas regardé.

- Mon Prince ?

Le jeune homme sursauta. Draco Malfoy se tenait devant lui. Une jolie boite en bois sombre dans les mains. A ses cotés Lucius et les Leroy présentaient leurs hommages à Voldemort.

- Joyeux anniversaire. Pardonnez mon retard.

Harry ne savait pas bien quoi dire et il mit un moment à reprendre son rôle.

- Merci Draco, dit-il en prenant la boite. Ce n'est rien.

- Je pense que vous apprécierez ses nouveaux crayons. Ils sont enchantés.

- Merci beaucoup.

Le jeune Malfoy semblait nerveux et il ajouta :

- Je vous conseille d'y jeter un œil. Dès maintenant. Croyez-moi vous ne le regretterez pas.

Draco le regarda dans les yeux avec quelque chose d'insistant qui mit la puce à l'oreille de Harry. Puis il lança une œillade inquiète au Lord, toujours en pleine discussion avec le reste de sa famille. Une impression étrange saisit Harry, comme avant un accident. Il observa la boite et, lentement, à l'abri du regard de Voldemort, l'ouvrit. Elle contenait un set de crayons de bois bien taillé et durant un instant, Harry cru que Draco avait perdu la tête. Lorsque soudain il le vit. Un ruban bleu, enroulé autour d'un crayon. Il releva la tête vers Draco qui semblait plus pâle qu'à l'accoutumé puis reposa ses yeux sur le crayon. Avant de comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un crayon. De nouveau il releva la tête vers Draco, semblant à deux doigts de s'évanouir puis chercha June des yeux. Elle était à quelques pas, dansant lentement avec Quentin. Elle le regardait. Et à son poignet elle portait un ruban rouge. Il plongea dans son regard et elle lui sourit, de ce sourire qu'elle ne faisait qu'à lui.

Harry trembla un instant et se leva. Draco s'éloigna de quelques pas, lui laissant le passage. Le Prince déposa la boite sur la table des présents et saisit le crayon qui n'en été pas un. Un sentiment qu'il n'avait pas ressenti depuis si longtemps l'envahit, comme s'il manquait une pièce au puzzle et qu'enfin elle avait été trouvée. Il prit une inspiration profonde. Ses doigts picotaient agréablement. Tout devenait clair. June avait cessé de danser et le regardait avec inquiétude, Draco l'avait rejoint et portait une expression similaire à l'instar d'ailleurs de Quentin qui jetait des coups d'œil à la porte. La musique sembla se taire, et Harry se sentit bien, profondément et indescriptiblement bien. Une voix raisonna derrière lui.

- Mon Prince, revenez donc près de moi.

Harry ouvrit les yeux, à peine conscient de les avoir fermés. Il glissa l'objet dans la manche de sa robe et se tourna. Il marcha lentement vers Lord Voldemort qui se tenait, fière, sur son trône. Il arriva à sa hauteur et le Lord fronça les sourcils.

- Que...

OoOoOoOoOoOo

Lord Voldemort aperçu Harry se lever lentement et déposer son nouveau présent sur la table. Il échangea quelques mots avec Lucius avant de se rendre compte que le Prince n'était pas revenu à ses côtés. Il l'appela doucement :

- Mon Prince, revenez donc près de moi.

Et Harry, tout aussi lentement s'approcha. Il y avait quelque chose dans son regard d'étrange. Comme un vieux souvenir et cela tracassa le mage noir. A mesure que son compagnon s'approchait il sentait que quelque chose clochait. Alors quand il fut à quelques pas de lui il observa son aura. Elle était rouge.

- Que…

Mais il n'eut pas le temps de terminer son interrogation.

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Le poing de Harry, chargé de magie fit craqué la pommette saillante du Seigneur des Ténèbres. Dans la salle, des glapissements de surprise raisonnèrent, un hurlement de rage également, poussé par Bellatrix Lestrange.

Lord Voldemort semblait en état de choc, mais cet état ne dura pas longtemps, son visage se transforma brutalement, plein de haine.

- Comment oses-tu ?

- J'ose Tom. J'ose pour mes parents, pour mes amis, pour tous ceux que tu as fait souffrir. J'ose pour moi.

Le Lord se releva face à Harry.

- Te rends-tu compte des conséquences de ton acte pauvre fou ?

Il éclata d'un rire malsain.

- Qui dois-je donc tuer pour que tu comprennes qui est le maître, et à qui tu appartiens ? Les Weasley ? Les Lupin ? Ou dois-je me débarrasser une fois pour toute de cette sale petite garce dont tu t'es amouraché ?

- Personne Tom. Tu ne tueras plus jamais personne, répondit Harry.

Il fit un pas en arrière, plus calme et sûr de lui qu'il ne l'avait jamais été, et d'un mouvement preste sorti sa baguette magique de sa manche, toujours décoré du ruban bleu.

- Parce que ce soir, c'est moi qui vais te tuer.

Lord Voldemort poussa un hurlement de rage sortant sa propre baguette créant ainsi un mouvement de panique. Plusieurs personne fuirent la pièce, d'autre s'écartèrent simplement. Les baguettes ayant été confisqué à l'entrée du château, les Mangemorts se retrouvèrent incapables de prêter main forte à leur maître mais Harry sentait que celui-ci ne l'aurait de toute façon pas permis. Une haine brulante faisait rougeoyer ses yeux. De la haine et de la peine. D'une certaine façon, la trahison d'Harry avait blessé le mage noir. Celui-ci n'en ressentit aucune joie, tout ce qu'il voulait à présent c'était en finir. Une bonne fois pour toute.

Le Seigneur des Ténèbres attaqua le premier mais Harry était prêt. Cette fois il était prêt. Il n'était plus un enfant, il n'avait plus peur. Voldemort avait été maître de sa vie, il ne le laisserait pas devenir maître de sa mort.

Il para l'attaque. Fit un pas sur le côté, riposta. Le Lord l'évita et enchaina une suite de sort complexe qu'en quelques mouvements, Harry esquiva. Il attaque de nouveau. Tout lui paraissait extrêmement lent et prévisible. Il connaissait le mage noir, après quatre années, il le connaissait par cœur. Et il connaissait sa faiblesse. Les coups s'enchainèrent, les esquives les attaques. Il blessa Voldemort au bras. Un doloris le toucha. Mais la douleur ne l'atteignait pas, non, ne l'atteignait plus. Il s'élança, accéléra. Le Lord fulminait, accélérait également. Mais alors que cette danse infernale se prolongeait, Harry eut la certitude qu'il allait gagner. Il ralentit volontairement un très court instant. Voldemort lui lança un doloris. Et Harry sut qu'il avait gagné. Il réduit en quelques enjambés la distance qui le séparé du Lord et de sa main libre, lui asséna un coup chargé de magie à l'épaule. Le mage tituba mais un autre coup rageur d'Harry le mit au sol. Au-dessus de lui Harry lui lança un expelliarmus. Voldemort le regarda dans les yeux, troublé, haineux. Harry sourit. Et prononça deux mots.

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Lord Voldemort observa Harry Potter au-dessus de lui. Cet enfant qu'il avait échoué une première fois à tuer était devenu un homme. Il était magnifique, fier, puissant. Plus puissant, compris Voldemort, qu'il ne le serait jamais. Et il avait compris. Il connaissait sa faiblesse. Il savait. Il lui sourit, d'un sourire incroyable, le sourire d'un ange. Un ange de la mort. Et il prononça deux mots, deux mot qu'enfant, il avait appris de sa bouche. Une lumière verte, -oui, verte comme ses yeux- aveugla Tom Jedusor. Et…

OoOoOoOoOoOo

Des cris de douleur emplirent la salle de bal alors que le Seigneur des Ténèbres expirait une dernière fois. June avait les yeux fixés sur Harry, à ses côtés Draco se tenait le bras, la marque des ténèbres le brûlant horriblement comme les autres Mangemorts. Harry ne bougeait pas, figé. June avança d'un pas, il s'agissait de faire vite à présent. Déjà dehors, elle entendait des bruits de transplanage. Elle se hâta vers Harry et le saisit par les épaules.

- Harry ?

Le jeune homme avait les yeux fermés. Il les rouvrit et lui sourit.

- Sa faiblesse…

- Quoi ?

- Il ne pouvait pas me tuer. Il n'en aurait jamais eu la force.

Elle l'enlaça un bref instant, savourant ses retrouvailles. Puis elle lui saisit le visage entre les mains.

- Regarde-moi Harry. Il faut partir. Maintenant.

Un hurlement hystérique raisonna dans la salle et June vit, fonçant droit sur eux, Bellatrix Lestrange, un couteau à la main. Mais la femme fut brusquement retenue par Draco, encore, grimaçant de douleur. La démente lui asséna un coup de lame dans l'épaule, lui arrachant un hurlement. Elle leva son couteau une seconde fois. Harry leva sa baguette mais avant même qu'il ait pu prononcer un mot un éclair vert toucha Lestrange en plein cœur et elle s'effondra. June suivit du regard la provenance du sort et aperçut Narcissa Malfoy aux portes de la grande salle, sa baguette tout juste récupérée à l'entrée, encore pointé vers sa sœur. Lucius à ses côtés, se précipita vers son fils avec elle. June aurait voulu en faire de même, voyant Draco en sang au sol, mais il fallait qu'elle amène Harry en sécurité. Elle le tira par le bras et le jeune homme la suivit. Des hommes et des femmes avaient envahi la salle et arrêté les Mangemorts encore endoloris par la perte de leur maître. Tenant fermement la main de Harry, June se faufila jusqu'aux jardins. Voldemort était tombé, les sorts anti-transplanage aussi. A l'abri de la cohue, elle regarda Harry dans les yeux et murmura :

- On rentre à la maison Harry.

Puis elle transplana.

(à suivre…)