Chapitre XXI
Harry se réveilla sans se souvenir du moment où il s'était endormi. Il tenta de se rappeler les yeux toujours clos.
Oh. Oui. Il avait tué Voldemort.
Il souleva une paupière puis l'autre et cligna des yeux. Il crut dormir encore. C'était un rêve, ça ne pouvait être autrement. Il se redressa dans son lit et contempla autour de lui le dortoir des Gryffondor. Il était dans son lit. Comme autrefois. Il contempla ses mains. C'était bien ses mains d'adulte, blessées et calleuses. Il se leva prudemment. Il portait un pyjama propre et frais. Il n'y comprenait rien. Il fit quelques pas, regarda par la fenêtre et vit le parc de Poudlard, exactement comme il s'en souvenait. Des pas se firent entendre dans les escaliers et il chercha des yeux sa baguette. Elle était sur sa table de chevet, comme dans son enfance, à l'exception du ruban bleu qui la décorait. La porte s'ouvrit et un plateau sur lequel trôné d'un appétissant petit déjeuné entra, suivit de June qui le portait. Elle semblait fatiguée mais resplendissante ses cheveux dorés par la lumière du soleil matinal.
- Bonjour.
- Bonjour, répondit machinalement Harry.
Elle posa le petit déjeuné sur le lit et s'y assit.
- Tu as faim ?
Sans répondre Harry s'assit sur le lit, face à elle, ne pouvant détacher son regard de la jeune fille.
- Tu dois te poser pas mal de questions…
- Oh. Juste une centaine.
Elle sourit.
- Mange un peu. Je vais tout t'expliquer.
Harry se servit d'un petit pain et croqua dedans. June regardait la pièce.
- On a pensé que tu serais bien ici. Mieux qu'à l'infirmerie. Et puis c'est encore plus sûr.
- June. Explique-moi.
Elle soupira et se lança.
- C'est une longue histoire, excuse-moi si je me mélange les pinceaux. Bon. Il y a six mois… Il y a six mois tu es venu me voir pour rompre avec moi.
- Quoi ?
- C'est tout du moins ce que Voldemort voulait me faire croire. Il a pris ton apparence, surement par le biais de polynectare, et il est venu me voir pour me dire qu'il… que tu, n'en pouvait plus, que tu ne pensais pas m'aimer vraiment et que tu voulais que je m'en ailler.
Harry avait du mal à en croire ses oreilles.
- Et tu l'as cru ? C'est pour ça que tu es parti ?
- Non. Je ne l'ai pas cru. J'ai compris que ce n'était pas toi.
- Comment ?
- Ses gestes, son regard mais surtout ça…
Elle pointa du doigt le pendentif d'Harry.
- Tu ne t'en sépare jamais…
Harry fit un sourire mais le perdit bien vite.
- Je ne comprends pas alors, si tu savais qu'il s'agissait de lui, pourquoi es-tu partie ?
- Parce que j'ai réfléchit, tu devrais t'y essayer parfois.
Harry haussa les sourcils et June se craqua d'un léger rire.
- Je me suis dit que s'il faisait ça c'est qu'il savait pour nous. Il avait dû nous surprendre, trouver notre cachette. Il savait tout. Et heureusement il préférait te briser le cœur plutôt que de nous tuer.
- Oui, bien mieux.
Elle grimaça.
- Quoi qu'il en soit, lui, ignorait que j'avais tout compris. Et il ne fallait surtout pas qu'il l'apprenne. Alors j'ai réfléchi à un plan, c'était une occasion en or. J'ai été voir Draco et je lui ai demandé son aide. Il a accepté.
- Pourquoi ?
June sourit avec tendresse :
- Peut-être à cause de Ginny, peut-être parce qu'il m'aime bien au fond, ou peut-être parce qu'il a appris à t'apprécié aussi. Quoi qu'il en soit, je lui ai expliqué mon plan et il a joué le jeu pour moi. Il fallait qu'il te fasse croire à mon départ, il fallait que Voldemort pense avoir gagné.
- Pourquoi ne m'as-tu pas expliqué ton plan ?
- J'avais peur que Voldemort ne parvienne à lire en toi. Il fallait qu'il y croit, il fallait qu'il te voit déprimer. Il fallait qu'il se sente tout puissant. Parce que c'est là qu'on commet des erreurs.
Harry acquiesça lentement attendant la suite. June lui lança un regard hautain et lui montra son petit pain à peine entamé. Il croqua dedans, elle reprit :
- Je suis rentré en France et j'ai été voir Quentin.
Harry avala de travers.
- Je lui ai tout expliqué. Et je lui ai dit que j'avais besoin de lui pour faire croire à tout le monde que j'avais tiré un trait sur toi. Il n'a pas été facile à convaincre. Il te déteste. Mais il m'aime.
- J'avais cru remarquer, lança Harry un peu amer.
- Je suis son amie Harry. Il ne m'a pas caché vouloir un peu plus, mais je suis avant tout son amie. Et il a accepté de jouer le jeu.
Le jeune homme la regarda impressionné.
- Tu as vraiment pensé à tout.
- J'ai été aidé pour la suite.
- Par qui ?
- Tes amis Harry.
Il fronça les sourcils, légèrement incrédule et June poursuivit :
- J'ai retrouvé le couple que nous avions croisé au parc, Bill et Fleur et je suis entré en contact avec tes amis. Ron, Hermione, les Weasley au complet, les Lupin… Et avec eux j'ai élaboré un plan. Ginny a convaincu Draco de nous aider. Il a couru de gros risques tu sais ? Je crois que ça l'aidera à rentrer dans les bonnes grâces de la famille.
- Ils savent ?
- Oui. Et c'était pas joli à voir. Ron a failli le tuer.
Harry ne put s'empêcher de sourire en imaginant la scène.
- Le plan était simple mais très aléatoire. Je dois avouer qu'en réalité, c'était de toi que tout dépendait.
Elle fit une courte pause et Harry fini son petit pain, en reprenant un autre sous son regard attentif.
- Draco a cuisiné son père discrètement pour savoir ce que Voldemort avait fait de ta baguette magique. Il a fini par apprendre qu'elle se trouvait dans une sorte de réserve. Protégé par un enchantement. Il nous a fallu des mois pour le percer. Severus Rogue a beaucoup aidé.
- Attend Rogue ? Mais je croyais…
- Il a bien connu Voldemort après tout, le coupa June. Et il est resté en contact avec Dumbledore depuis qu'il a simulé sa mort à l'avènement du Lord.
- Il était en vie tout ce temps ?
- Oui mais il ne fait pas bon vivre pour un ancien espion, même toi tu n'auras pas pu convaincre Voldemort de l'épargner. Alors il a laissé croire à sa mort et est resté caché en Louisiane je crois. Quoiqu'il en soit, avec Dumbledore et Rogue, nous somme parvenu à déjouer le sort et Draco a remplacé ta baguette par une presque identique fourni par Ollivander. Harry si tu savais le nombre de gens qui voulait nous aider. Ils croyaient tous en toi.
Le jeune homme était plus ému qu'il n'aurait su dire. Il avait cru… après tout ce temps…
- Nous avions ta baguette, il fallait maintenant te la remettre. Nous avions peur de te laisser seul face à Voldemort et surtout ses Mangemorts. Nous voulions pouvoir agir dès que tu serais parvenu à le tuer…
- Comment saviez-vous que je le tuerais.
June sourit.
- Nous savions que tu y arriverais. Je t'ai vu te battre Harry, tu es fort, puissant même. Et Voldemort était persuadé d'avoir gagné, il n'était pas sur ses gardes. Alors j'ai pensé à ta fête d'anniversaire. Elle allait bientôt avoir lieu. J'ai proposé à mes parents de nous y rendre, afin de présenter mon… hum… fiancé ? Bref, ils ont donc contacté Lucius qui a fait sa demande au Lord. J'étais sûre qu'il en profiterait pour rajouter une couche en t'annonçant mes fiançailles.
- Gagné…
- Désolée…
Harry secoua gentiment la tête et lui fit signe de continuer.
- Ensuite c'était simple. Draco t'offrait la baguette, dissimulé dans son cadeau et l'armée de Dumbledore se tenait prêt à transplaner dès que les barrières seraient tombées.
- Et les rubans ?
Elle se tortilla les mains.
- C'était mon idée. Je pensais que si tu savais que je t'aimais encore, ça te donnerait du courage. Et je ne supportais plus de savoir que tu me détestais.
- Je ne te détestais pas.
Elle leva les yeux vers lui, il ne l'avait jamais vu comme ça, elle d'habitude si sûre d'elle, elle semblait avoir peur.
- Harry… Je suis tellement désolée de ce que je t'ai fait… Je… Je voulais te sauver. Je voulais te donner une chance de le vaincre. J'étais sûre que… Je savais que tu le vaincrais. Il était fou, fou à lier. Et fou de toi. Pardonne-moi.
Harry poussa le plateau et la pris dans ses bras.
- Il n'y a rien à pardonné June. Tu m'as sauvé, de toutes les façons possibles. Tu m'as sauvé bien avant de me rendre ma baguette. Dumbledore m'a dit que ma plus grande arme était l'amour. Et c'est t'aimer qui m'a donné la force… Pour la première fois en trois ans j'ai retrouvé espoir. Je t'aime June.
La jeune fille le sera fort dans ses bras, il embrassa son front et ses yeux un peu humides et enfin ses lèvres qui lui avaient tant manqué. Et c'était simple, et c'était vrai. Ils restèrent un temps infini jusqu'à ce que June se détache doucement.
- Je ne voudrais pas t'accaparer.
- M'accaparer ?
- Tu devrais t'habiller. Il y a quelques personnes qui voudraient te voir dans la salle commune Harry.
Le cœur du jeune homme s'emballa. June lui tandis un jean et un tee-shirt rouge qu'il enfila rapidement et elle lui prit la main, l'amenant d'une douce pression jusqu'en bas des marches.
- Prêt ? Murmura-t-elle.
Harry hocha la tête et elle ouvrit la porte.
- Harry ?
