Pourquoi Pas 9 : L'otage

Puisque le 18 septembre c'est la fête d'Athos, voici un petit interlude centré sur notre cher et beau vétéran mousquetaire…

La pièce, toute en pierre, était spacieuse mais très sombre. Une profonde odeur d'humidité empreignait l'endroit. Athos ne savait pas où on l'avait jeté, mais il pouvait deviner qu'il s'agissait d'une oubliette ou d'un cul-de-basse-fosse : il n'y avait aucune fenêtre. Une faible lueur se dessinait sous la lourde porte de sa cellule, qui d'ailleurs ne comportait aucun guichet.

La veille, en retournant chez lui, on l'avait frappé derrière la tête, et c'est alors, qu'étourdi par le choc, on avait posé un mouchoir imprégné qu'une substance étrange sur sa bouche et son nez… Il ne savait pas qui l'avait enlevé et emmené dans cet endroit lugubre. Pourquoi d'ailleurs ? Depuis l'affaire du Masque de Fer, les mousquetaires et les gardes du cardinal faisaient pourtant bon ménage…Un nouvel ennemi ? Cela ne présageait rien de bon.

Après une journée entière dans l'obscurité et la solitude totale, on lui avait apporté un maigre repas. Affamé, il l'avait dévoré sans aucune précaution. Mal lui en pris : son breuvage avait été drogué et, maudissant son imprudence, il avait rapidement sombré dans une profonde inconscience.

En se réveillant, il s'était retrouvé dans une fâcheuse et inconfortable position. On lui avait retiré son pourpoint avant de le suspendre, poings liés, à une corde qui pendait d'un large anneau incrusté dans le haut du mur. Ses liens étaient très courts, et ne lui laissaient que très peu de manœuvre, d'autant plus qu'il faisait face à la paroi de pierre et que ses pieds touchaient à peine le sol.

Tout autour de lui n'était que noirceur, silence et inconnu.

Après un certain moment, la porte de son cachot s'ouvrit enfin, faisant entrer ainsi un peu de la lumière offerte par une torche enflammée. Il eut peine à se donner un élan pour essayer de se retourner pour voir qui venait d'entrer. Le nouvel arrivant resta silencieux et déposa son flambeau sur un crochet avant de refermer à clé, dans un bruit écho, la lourde porte qui grinça sur ses gonds.

Athos ressentit un étrange mélange d'excitation et de panique l'envahir. Non…je dois rester maître de moi-même. Je dois me calmer. Il prit une profonde mais silencieuse inspiration, ce simple geste l'apaisant aussitôt.

« Bonsoir, Athos, » fit une voix définitivement féminine.

Athos eut un étrange sourire en reconnaissant la voix de son ravisseur.

Les pas de l'inconnue résonnaient sur les dalles du cachot alors qu'elle marchait en direction de son prisonnier. Le flambeau lançait des ombres et reflétait, sur le sol et les murs, les lignes courbes du corps de la geôlière. Athos essaya encore de se retourner, pour lui faire face, mais en vain : les cordes le gardaient jalousement face au mur, le front presqu'appuyé contre celui-ci.

Une main ferme caressa tout son côté lentement ; partant du coude, traversant son aisselle, ses côtes…. « Cette position me semble très inconfortable…Je me souviens d'avoir déjà été dans une situation similaire, un jour…» La main s'arrêta sur la hanche d'Athos un instant avant de continuer sa glissade transversale, parcourant cette fois-ci le bas du dos de l'homme. « Mmm…j'adore la façon dont votre corps est sculpté.»

La voix, chaude et sensuelle, le fit frissonner. Il y avait définitivement quelque chose de troublant dans la manière dont cette femme le touchait et, malgré l'inconfort et la peur, il ne put s'empêcher d'être intrigué et excité par ces deux mains qui empoignaient ses hanches en les pinçant presque douloureusement. Il eut peine à réprimer un gémissement de plaisir alors que, de mouvements brusques mais lascifs, elle se mit à frotter le devant de son propre bassin contre les fesses de l'homme. Ce geste, totalement dépourvu de pudeur, enflamma tous ses sens… et particulièrement son entre-jambe.

« Dommage que je ne suis pas un homme…je vous prendrais bien comme ça, par derrière… »

Traversant son esprit en un éclair, même les images d'hommes le caressant et l'embrassant ne le dégoutèrent pas. Au contraire, la curiosité le piqua encore plus…Mais il dut admettre qu'il préférait de loin ces cinq doigts féminins qui avaient glissés sur son pantalon et agrippaient, au travers de celui-ci, son membre durci.

« Qu'avons-nous là, mmm ? » Elle le frotta encore un peu, dans un mouvement de va-et-vient sensuel, murmurant quelques commentaires à caractère digne du plus pire tripot du pays. Athos, malgré lui, balançait son bassin au rythme des frictions de la femme qui, dans son dos, le faisait jouir aussi adroitement. Sentant son désir grimper en lui, il se mordit les lèvres dans un inutile effort pour taire ses soupirs langoureux.

Elle retira brusquement sa main et se détacha de lui en le repoussant avec un léger mépris. Il grogna son mécontentement en essayant de la regarder, par-dessus son épaule. Un petit gloussement accompagna les pas qui s'éloignaient. « Vous êtes mon prisonnier…il n'est pas question que je vous mène la vie facile… »

Elle n'alla pas bien loin, jugea Athos en comptant à peine quatre pas faits en direction opposée. Un sifflement sec, suivit d'un craquement, brisèrent le silence de la cellule. L'homme reconnu le bruit d'un fouet qu'on frappe sur le sol. Bien que la douleur ne l'effrayait pas, il tenta tout de même de détacher ses mains du cordage qui, bien serré, creusait son épiderme…

CRACK ! Le fouet s'abattit contre son dos. Surpris par le mordant de l'arme contre sa peau, il avait gémit de douleur. Arquant le dos, comme si ce mouvement pouvait l'éloigner de l'instrument de torture, Athos senti celui-ci se briser contre ses reins une seconde fois…puis une troisième…une quatrième…Il serrait les dents, exprimant sa souffrance en sifflements profonds et bruyants. Les poings crispés, tremblants, il tirait de plus en plus sur les liens qui le retenaient. Le fouet cinglait son dos dans une série de brûlures qui, heureusement pour lui, ne lacéraient pas sa peau profondément. Sa chemise fut toutefois tachée de quelques fines rayures rouges…

Malgré son mal grandissant, il eut assez de lucidité pour compter une douzaine de coup. Essoufflé, sa respiration était profonde et laborieuse. Sa mâchoire le faisait souffrir, à force de grimacer…Pourtant, d'autres parties de lui réclamaient encore le contact douloureux de l'arme contre sa peau ; il du admettre qu'il aimait se faire flageller de la sorte beaucoup plus qu'il ne se l'était imaginé….Collant son front mouillé contre le mur froid, attendant le prochain coup, il fut presque déçu lorsqu'il entendit le fouet être abandonné sur le sol alors que sa propriétaire se rapprochait encore de lui.

Elle colla sa poitrine contre son dos brûlant, le laissant apprécier la pression de ses seins généreux plaqués sur lui. Glissant sa main, directement dans son pantalon cette fois, elle caressa impudiquement son membre encore plus durci. « Vous aimez vous faire torturer…quel esprit vicieux vous avez ! » Son autre main coula sous sa chemise et elle se mit à pincer durement les mamelons d'Athos. « Vous n'êtes qu'un sale pervers… »

Il ignora ces commentaires, se concentrant sur la dextre enroulée fermement autour de son érection. Au niveau de son torse, les pincements envoyaient directement vers son bas-ventre des ondes délicieuses et n'aidaientt qu'à augmenter son plaisir. Sans tenter de dissimuler l'expression de son désir, il bascula encore ses hanches en une série de vagues roulant de l'avant vers l'arrière, tandis que ses lèvres laissaient échapper grognements et soupirs d'extase. Dans son pantalon, deux doigts pinçaient même le bout de son membre agressivement. Il rejeta la tête par derrière en poussant un gémissement plus intense alors que l'autre main féminine, ayant abandonné sa poitrine, avait empoigné son épaisse chevelure noire en un mouvement brusque. Forçant la tête d'Athos à se poser sur son épaule, elle se mit à lui mordiller le lobe de son oreille droite avant de suivre la ligne menant à son cou, le mordant même plus fort à cet endroit.

Elle l'abandonna soudainement une seconde fois, et encore dans un grondement dépréciatif, il exprima son mécontentement. Il n'agit qu'une envie : exprimer, d'une manière ou d'une autre, l'intensité de son appétit pour ses envies obscènes.

Athos sentait son entrejambe le brûler, comme dans ces moments où l'instant de jouissance se fait trop attendre... Il vit toutefois la belle le contourner pour ensuite se glisser entre le mur et lui, lui faisant maintenant face. La flamme de la torche faisait danser, dans les yeux de la femme, des lueurs rouges et or, masquant par ce fait leur vraie couleur et conférant à la geôlière un air encore plus malin…encore plus désirable. Ses lèvres étaient si pulpeuses, si tentantes…pressant son corps contre elle, il s'approcha pour prendre sa bouche, ses liens le retenant toutefois hors d'atteinte.

Elle rit alors qu'elle le voyait embrasser le vide en mouvements presque désespérés. Tirant encore plus sur les cordes qui lacéraient ses poignets, il réussi à refermer l'espace entre leurs bouches et se mit à l'embrasser passionnément, affamé de caresses, alors qu'il faisait de nouveau danser son bassin en roulements suggestifs, collé contre celui de la femme. Après un long moment, ils se séparèrent, haletants.

«Et maintenant, » dit-elle en le repoussant légèrement, sa main contre son torse, « Je veux vous voir jouir… »

Vêtue de vêtements masculins, elle délaça son propre pantalon, puis répéta le geste avec celui d'Athos. Délivrant l'érection de l'homme, elle se mit à la frotter contre la peau de son propre bas-ventre en faisant également mouvoir ses hanches lascivement. Se mordant les lèvres, soupirant d'excitation elle aussi, elle regardait Athos qui, les yeux presque clos, les lèvres entre-ouvertes, soupirait son plaisir sans retenue. Leurs mouvements s'accélèrent alors que, tous deux, ils emplissaient la cellule de bruits de soupirs, de baisers furtifs, de complaintes langoureuses…Enfin, dans un grognement presque animal, Athos explosa entre les mains de la femme, le fruit de sa jouissance coulant entre ses doigts fin.

A bout de souffle, les jambes lui manquèrent et il se laissa presque pendre au bout des rudes cordes, faisant fi de la douleur dans ses poignets et ses bras. Elle gloussa en le voyant ainsi.

FIN ALTERNATIVE 9 A

« A propos…ça vous appartient, ça… » Caressant le visage de l'homme, le tartinant de son propre fluide, elle l'embrassa goulûment. Puis, enroulant ses bras autour du cou d'Athos, elle le regarda, amusée, reprendre peu à peu contrôle sur ses esprits, redevant l'homme qui l'avait séduite dès le premier instant. Il inspira et expira profondément une dernière fois avant de remettre sur son visage le masque d'un homme stoïque et impassible.

« J'aurais du me douter que c'était vous qui m'aviez fait enlever…Je dois admettre que toute cette mise en scène – l'enlèvement, l'isolation- fut fort crédible : je vous lève mon chapeau ! Qu'allez-vous inventer pour me plaire, la prochaine fois ? »

« Vous avoir fait enlever? Sachez, monsieur, que je fais mon travail moi-même !»

Lui dédiant un air mi-dédaigneux, mi-rieur, elle se détacha de lui. Se mettant à le délier, elle poursuivit nonchalamment. « Pendant combien de temps allez-vous me faire jouer à vos jeux pervers ? »

Il eut un petit rire. « Jeux pervers ? Ma foi, madame…tant que j'en aurai envie ! D'ailleurs, je me demande bien ce que vous me trouvez de pervers…après tout, ce n'est pas moi qui suit accusé de crime de lèse-majesté ! » Frottant ses poignets meurtris, il rit un peu plus fort, la regardant faire la moue.

« Vous me tenez en otage… »

« Oui, » fit-il simplement. « Vous connaissez mon secret…mais je connais aussi le vôtre… Que vaut votre parole contre la mienne ? Si on apprenait que vous avez survécu à l'explosion de Belle-Ile, j'ose à peine imaginer le nombre de soldat qui seront à vos trousses, ma chère Milady..»

Elle laissa tomber une exclamation mécontente, lui tourna le dos et se croisa les bras. Il la rejoignit bientôt, enroulant ses membres supérieurs autour de son corps féminin, embrassant son cou, se délectant des courbes délicieuses qui apparaissaient, grâce à la chemise et au pantalon masculin, encore plus évidentes.

« Qui plus est, je ne vous ai jamais entendu vous plaindre que mon 'emprisonnement' vous déplaisait…c'est sans doute pour cette raison que vous n'avez pas encore quitté la France, malgré toute la liberté que je vous offre… »

« On vous torturera si on apprenait que vous me cacher, » remarqua l'anglaise sans se soucier des commentaires d'Athos.

« C'est vrai…mais grâce à vos bons soins, j'y suis habitué, à la torture… »

Enlacée contre lui, Milady rit de cette allusion et du admettre, un peu malgré elle, qu'elle aimait bien cette vie d'otage, après tout…

FIN ALTERNATIVE 9 B

« A propos…ça vous appartient, ça… » Caressant le visage de l'homme, le tartinant de son propre fluide, elle l'embrassa goulûment. Puis, enroulant ses bras autour du cou d'Athos, elle le regarda, amusée, reprendre peu à peu contrôle sur ses esprits, redevant l'homme qui l'avait séduite dès le premier instant. Il inspira et expira profondément une dernière fois avant de remettre sur son visage le masque d'un homme stoïque et impassible.

« J'aurais du me douter que c'était vous qui m'avez fait enlever… Je dois admettre que toute cette mise en scène – l'enlèvement, l'isolation- fut fort crédible : je vous lève mon chapeau ! Qu'allez-vous inventer pour me plaire, la prochaine fois ? »

« Vous avoir fait enlever? Sachez, monsieur, que je fais mon travail moi-même !»

Lui dédiant un air mi-dédaigneux, mi-rieur, elle se détacha de lui. Se mettant à le délier, elle poursuivit nonchalamment. « Pendant combien de temps allez-vous me faire jouer à vos jeux pervers ? »

Il gloussa. « Jeux pervers ? Ma foi, madame…tant que j'en aurai envie ! D'ailleurs, je me demande bien ce que vous me trouvez de pervers…après tout, ce n'est pas moi qui me déguise pour mieux séduire mes camarades !» Frottant ses poignets meurtris, il rit un peu plus fort, la regardant faire la moue.

« Vous me tenez en otage… »

« Oui, » fit-il simplement. « Vous avez découvert mon secret…mais je connais aussi le vôtre… Si on apprenait votre travestissement, j'ose à peine imaginer le nombre d'inquisiteurs qui seront à vos trousses, ma chère Aramis...»

Elle laissa tomber une exclamation mécontente, lui tourna le dos et se croisa les bras. Il la rejoignit bientôt, enroulant ses membres supérieurs autour de son corps féminin, embrassant son cou, se délectant des courbes délicieuses qui apparaissaient, grâce à la chemise et au pantalon masculin, encore plus évidentes.

« Qui plus est, je ne vous ai jamais entendu vous plaindre que mon 'emprisonnement' vous déplaisait… » Il glissa la main dans le pantalon toujours délacé de sa compagne et, massant son sexe, ne fut pas surpris de sa moiteur. « Non, cela ne vous déplait pas du tout…vous devriez les essayer, mes jeux pervers… »

« Ça me semble inconfortable ici…je préfère encore le lit, » remarqua Aramis en se délectant de la main du mousquetaire sur son intimité.

« Attaché au lit ?…Oui, nous pourrions essayer cela, la prochaine fois… »

Enlacée contre lui, Aramis rit de cette allusion et du admettre qu'elle aimait bien cette vie d'otage, après tout…

FIN