Chapitre 8 : Labyrinthe
30 septembre 2014, 20 heures, A l'intérieur de la prison de Roston
Les évadés cavalèrent à travers tout le bâtiment. Zecut aperçut une porte qui menait vraisemblablement à un sous sol. Il donna quelques coup d'épaules dedans pour l'ouvrir et fit signe aux autres de le suivre. Ils descendirent un escalier très sombre et très raide. Mandy pensa : « S'il vous plait, si on s'en sort tous, plus jamais je ne m'embrouillerais avec Burt et les autres. Je ne sécherai plus jamais les cours. S'il vous plait. »
L'escalier débouchait sur un long couloir carrément inquiétant.
« Ça me rappelle des souvenirs, gamin, murmura Salulégik en contrefaisant sa voix.
-Tu peux arrêter de jouer tes personnages en permanence ?! S'agaça Linx.
-Pas fait exprès. Grommela le jeune homme, vaguement confus. Désolé. Même si je trouve ça particulièrement ironique de la part d'un schizophrène.
-C'est toi qui me dis ça avec tes personnalités...
-Quand vous aurez fini de draguer, les coupa Zecut, vous pourrez vous intéresser un peu à ce qui se passe ? Je crois qu'on est dans un putain de labyrinthe, là.
-Je crois aussi, renchérit Mandy. Y a des couloirs dans tout les sens... »
Ils errèrent des heures durant dans les labyrinthes, pensant trouver la sortie sans cesse sans jamais la trouver réellement. Seule, Mandy serait devenue folle. Mais se savoir en compagnie de ses idoles (qui étaient tous déjà sacrément dérangés) lui remontait un peu le moral. De temps à autre ils se lançaient quelques vannes débiles pour tuer le temps puis reprenaient leur marche silencieuse. Essouflés, personne n'osait réclamer une pause. Salulégik craqua le premier : il s'assit sur le sol en disant qu'il abandonnait. Tous s'écroulèrent, soulagés.
« Ça va Linx ? Demanda Mandy. Ton bras ?
-Je vais très bien, grogna le blessé, l'air de défier quiconque de le contredire.
-Zecut ?
-Bof. Passable. Je suis juste traumatisé. Dit-il en retirant les lunettes de soleil. »
Salulégik fit une grimace. Le visage de la star était complètement violet d'un côté, son œil gonflé et noir. Mandy eut un sifflement admiratif.
« Eh béh...rappelle moi de ne jamais devenir ton amie, Linx. »
Salulégik ricana mais, sous le regard furieux de Linx, il se ressaisit. Il fouilla dans une de ses poches et en sortit...un joint.
« Un pétard ? T'es sûr de toi là ?
-Arrête. C'est juste pour faire passer la douleur. Je vous jure. Tu ressens plus rien du tout, c'est génial. T'inquiètes pas, le Hippie a eu sa dose.
-Euh...les lunettes, la came...dit Grégoire. Tu te balades toujours avec les accessoires de tes personnages sur toi ?
-Ouais. Depuis qu'une bande de fans hystériques m'a agressé en pleine rue parce que j'ai oublié d'imiter le Patron, je suis prudent tu vois.
-Franchement, vu comment il est d'habitude, protesta Linx, je sais pas si c'est vraiment une bonne idée de le faire planer. Il va être incontrôlable.
-...M'en fous. Répliqua Salulégik. Fallait y penser avant de le cogner.
-En tout cas je n'en prends pas, ajouta t-il. J'en ai pas besoin.
-Et dire que je pensais que c'est moi qui avais une mauvaise influence sur toi...murmura Zecut. »
.
Gaëlis se leva.
« Hé ! Où tu vas ? S'affola Burt.
-La ferme. Je rejoins Danaé. C'est de la folie de lui laisser courir le risque.
-Bravo, très malin. Articula le Panda, le ton cassant. T'as raison remarque, quitte à foirer le plan, autant le foirer au maximum. Elle t'a dit de pas bouger. Rassieds toi.
-M'est égal. »
Le jeune garçon avança de quelques pas. Il se plaqua au coin du mur et jeta un œil discret autour de lui. Il vit Danaé, à une dizaine de mètres, qui lui faisait face.
Danaé, très pâle.
Dané qui parlait avec une femme.
Qui lui serrait la main.
Une petite bonne femme blonde.
Gaëlis cligna des yeux, se pinça, re-cligna des yeux, se pinça encore. Il ne cauchemardait pas. C'était bien sa meilleure amie qui le trahissait sous yeux.
« Putain de merde. »
.
Les trois Stars, Grégoire et Mandy décidèrent de se séparer. Ils reprirent leur recherche de la sortie, se croisant sans cesse entre deux couloirs et s'interpellant entre les cloisons.
« On arrive à rien ! Hurla Linx lorsqu'ils se retrouvèrent tous au même endroit de nouveau. »
Fébrilement, Mandy ressortit le téléphone pour la énième fois. Toujours pas de réseau. Dans un sous sol, c'était prévisible.
« Merde, merde, merde. »
Salulégik flanqua un coup de pied rageur dans une cloison, jura parce qu'il avait oublié que les cloisons étaient en béton (et donc que frapper dedans était une mauvaise idée) et se tourna vers Linx. Sa blessure au bras était vraiment moche et sa main était ensanglantée.
« Linx, fais voir ton bras. Tu devrais te reposer.
-Mais c'est bon, grogna la Star avec humeur. C'est rien. La balle m'a à peine éraflé.
-Ta main est pleine de sang, alors arrête de me prendre pour un con.
-Ne me touche pas. Je vais très bien, je te dis. Lâche moi avec ça. »
Salulégik poussa un long soupir. Il ne connaissait pas son collègue que depuis quelques jours, mais c'était assez pour comprendre que niveau fierté, personne d'autre ne tenait la comparaison. Ce mec était déterminé à crever sur place.
« Perso, je suis pas contre une pause, annonça Zecut en s'asseyant le dos au mur. »
Tous les autres y virent un signal pour s'asseoir et s'écroulèrent avec un soupir de soulagement, exténués. Même Linx consentit à s'installer. Salulégik adressa un regard reconnaissant à Zecut. Mandy se recroquevilla et murmura :
« Vous croyez qu'on va s'en sortir ? »
Un silence.
.
« C'est n'importe quoi ! Danaé ne nous aurait jamais trahis, affirmait Burt.
-Tu l'as vue partir bras dessus bras dessous avec la blondasse comme moi, oui ou non ?
-Elles n'étaient pas vraiment bras dessus bra...
-Ferme...ta gueule...de...Panda ! *
-C'est bon, on se calme. Intervint Burt. On va se débrouiller sans elle. Tout ça n'est qu'un malentendu. On libère tout le monde, on retrouve Danaé et elle va nous expliquer pourqu...
-Putain, mais tu t'écoutes quand tu parles ?! Explosa Gaëlis. Qu'est ce que t'as dans la tête ? Tu vois pas qu'on est dans la merde, tu vois pas que Mandy s'en sortira pas, que Danaé nous as lâchés et que dans quelques heures elle aura tout avoué ? Tu vois pas que plus le temps passe moins a de chances de s'en sortir, tu vois pas que notre plan est juste pathétique ? Arrête de penser que tout le monde est gentil, que tout le monde te veut du bien, arrête de croire ça, arrête de te comporter comme une serpillière, sérieux arrête c'est insupportable. C'est la fin du monde, MERDE ! »
Burt se figea, très pâle. Jamais Gaëlis ne lui avait parlé sur ce ton. Et au lieu de lui faire de la peine, comme ça aurait normalement du être le cas, il ne s'en sentit que plus fort. Le jeune homme se leva, raffermit sa prise sur son arme et, d'un signe de tête, fit signe au Panda de le suivre. Ils se dirigèrent vers la porte de service indiquée dans le SMS. Gaëlis soupira et leur emboîta le pas.
Note de l'auteur : *Pas pu m'empêcher de reprendre cette réplique^^ Laissez une rewiew, ça fait toujours plaisir. A bientôt pour la suite, Phi.
