Chapitre 11 : Pleure pas

Studio abandonné, 1er octobre 3014. Midi.

« Et bingo ! Je crois que j'ai compris ! S'écria Linx. Je sais comment dégommer son armée ! Prosternez vous devant moi, merci.

-J'en reviens pas que t'aies réussi. Dit Maestro Panda. J'étais persuadé que son système était inviolable.

-La preuve que non, gamin, ricana Salulégik en mimant son personnage.

-La ferme, toi ! Coupa Grégoire. Qu'est ce que t'as compris, Linx ?

-Ben en fait c'est très simple. Il y a deux puces électroniques dans chaque Excellent, d'après mes calculs ils sont quelque chose comme six mille avec une marge d'erreur de 12%, soit 6 000 à 7 200 puces, évidemment identiques, reliées entre elles, les puces A contrôlant les paroles, le faciès et la matière grise, les puces B les mouvements et les sens genre le toucher. J'ai réussi à dénicher le code pour désactiver ces puces A, sauf que pour l'instant ça sert à rien vu que je sais pas comment rentrer le code. Une fois que l'on saura comment le rentrer, ils seront inactifs, et en langage humanoïde, ça veut dire décédé, après on s'occupe de la blonde et à nous la liberté ! »

Tous les autres échangèrent un regard perplexe. Linx poussa un long soupir.

« En gros, si on arrive désactiver la puce électronique d'un Excellent, on les fait tous buguer tous vu que le code est identique pour tous les Excellents. C'est bon là ?

-J'avais très bien compris, répliqua Salulégik avec la plus totale mauvaise foi. Et on désactive comment ? Il faudrait en capturer un, non ?

-Junia a un discours de prévu, elle va le faire à Madrox et je suppose que ça va passer à la télé, ou une connerie dans le genre...marmonna Zecut en cliquant sur les dossiers. En gros j'ai le texte du discours, le lieu mais pas la date...

-Gros discours dans une une grande ville, donc des Excellents un peu partout, déduisit Maestro Panda, le regard sombre. Je déteste ces saloperies. Ils ont une voix horripilante.

-C'est genre le seul truc qui te dérange chez eux ?

-Les gars, s'il vous plait ! Râla Linx. On sauve la planète, là.

-Le studio, murmura Zecut, pensif.

-Quoi ?

-Je dis : nous sommes dans un studio. Et notre job, c'est faire des vidéos. Pourquoi on ne mettrait pas tout ça à profit ? On a tout le matos qu'on veut, ici. On tourne une vidéo et on se débrouille pour la diffuser pendant le discours. Ça sème la panique, ça fait diversion et pendant ce temps, on grille tous les Excellents avec ton histoire de puces, là...On peut faire, genre...un court métrage, un truc comme ça. »

Toute la troupe l'applaudit (sauf Grégoire, pour des raisons évidentes, hé) bien fort. Salulégik bondit sur ses pieds, les yeux brillants.

«Ok, Zecut tu es monteur vidéo à la base. Linx, il est doué pour les trucs de hacking et de calculs chiants -pardon, Linx. Le tournage, c'est ma partie. Je m'en occupe. »

Il fit un signe de tête aux trois adolescents et à Grégoire.

« Vous, suivez moi sur le plateau. Maestro, tu as appris ton rôle pour l'émission ? Tu sais, le script que je t'ai donné hier ?

-Euh oui...à peu près.

-Nickel. Suis moi, on va le remanier un peu.

-Zecut et moi, on va trouver comment diffuser la vidéo et à quel heure à lieu le discours, intervint Linx.

-En avant, marche ! Clama Burt, enthousiaste. »

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Au même moment, prison de Roston, Bureau de Junia.

Danaé avait bien essayé de se débattre, mais les Excellents ne lui avaient laissé aucune chance. Elle se sentait misérable, attachée à cette chaise, réduite à jouer le rôle de l'appât pour mener ses propres amis à leur perte. Elle se serait bien effondrée, en larmes, mais ça aurait fait trop plaisir à Junia. Et ça n'aurait servi à rien. Plus ça allait, plus elle se sentait dans un mauvais film d'étudiants. Elle qui s'était tellement marrée devant des vidéos dénonçant tous les clichés possibles et imaginables était en train de devenir salement cliché et elle détestait ça.

« Maintenant Daphné...

-Danaé.

-Oui, bref. Danaé. Tu es libre de ne rien dire. Je ne vais pas te torturer. Ni te tuer. »

L'adolescente faillit éclater de rire. La psychologie inversée. C'était d'un grotesque ! Le tyran était donc tombé bien bas en l'espace de quelques heures. Mais Junia eut un sourire inquiétant et ajouta :

« Pas tout de suite en tout cas. Je vais t'expliquer ce que je vais faire : demain, à midi, je ferais un discours à Madrox, sur la grande place devant la mairie. Un discours qui s'adressera à chaque habitant, aussi insignifiant soit-il, de cette nation dont je suis à la tête désormais. Et je veux que tu viennes avec moi. Sur scène. Je lancerai un appel aux témoins pour retrouver ta joyeuse bande. Leurs têtes sont mises à prix, comprends tu cela ? Sans eux dans ma prison, ma tentative de mettre de l'ordre dans ce pays va échouer. »

Danaé eut un sourire amer devant l'ironie de cette dernière phrase. Son bourreau s'approcha d'elle et baissa d'un ton.

« Ce discours sera retransmis en direct dans tout le pays. Si j'étais toi, je pleurerais. Je supplierais, au beau milieu de la scène. Pour les inciter à revenir d'ici demain soir. Si ce n'est pas le cas, je t'exécuterais. Sans aucune hésitation. Parce que ce sera la preuve que tu n'es qu'un fardeau inutile et que tes amis ne veulent pas de toi. »

Elle se pencha, imperceptiblement. Sa voix était presque inaudible.

« Alors, ne pleure pas. Garde tout ça pour demain. Sois convaincante. »

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Coucou :) Je tiens à m'excuser si vous avez attendu cette suite pendant si longtemps (je vous avais prévenu quand je disais que ce serait publié de manière irrégulière, hein xD).
Un gros blocage au niveau du plan et de l'écriture en général, mais c'est rectifié, et j'aimerais réussir à boucler cette histoire maintenant !
Merci pour vos quelques reviews (notamment pour celle de Déponia qui est arrivée à une vitesse impressionnante Oo) et à bientôt ^^ Phi.