Bonsoir ! Voici le second mini-OS, un peu plus court que le précédent. Il est centré sur Lavande et j'espère qu'il vous plaira autant que le premier.

Merci, bonne lecture !


Lavande

Lavande porte un peignoir en papier, un modèle qui absorbe l'humidité sur les pores de sa peau. Sa jolie peau, papier sur papier. Elle se laisse glisser sur son lit qui n'est même pas confortable. Elle grimace et ça fait naître des plis sur son front. C'est son.., elle compte sur ses doigts, son quatrième séjour à l'hôpital. Elle dit séjour comme elle ment à ses amis. C'est des vacances, des cocktails de médicaments et des plages de draps blancs. Si elle avait pu elle serait partie à Moscou pour porter des manteaux de fourrures et des toques. Maintenant quand elle songe à la Russie, à la neige si translucide, elle se voit marcher, le sang dans son sillage. Ce n'est pas de sa faute. Non, c'est à cause des monstres.

Elle a de la chance, Lavande, il n'y a pas de placard dans sa chambre d'hôpital.

Quand elle rêve, elle ne fait pas de cauchemar. Elle en a de la chance. On pourrait croire qu'elle rêve de crocs et de cris, de canine qui déguste son foie comme un bonbon. C'est peut être dû à l'infirmière qui arrive chaque soir avec une tasse de thé « bonne nuit, Lavande » dit-elle avant de disparaître comme une ombre. Lavande préfère croire que si elle ne fait pas de cauchemar, c'est parce qu'elle est au-dessus de ça. C'est une Gryffondor, après tout.

Le matin quand elle se lève, avant que les ressorts du matelas ne se mettent à crisser, elle s'asperge de parfum. Un flacon odieusement cher qui s'imprime dans les creux de sa gorge, sur les trous de ses pommettes. Lavande embaume la pièce de lavande. Sentir une odeur, quelque chose, comme quand elle se préparait à sortir, ça fait gargouiller son ventre. L'emplit de désir. Sa bouche se tord, ses lèvres charnues se retroussent. Alors une médicomage de garde débarque, la mine courroucée. « Les odeurs fortes sont prohibés, Lavande, vous le savez. ».

Les plaintes dans son estomac s'intensifient. Lavande caresse les traces blanches qui parsèment son visage. En passant le doigt dessus, on dirait une rivière. Une rivière à sec qu'elle remplit de parfum. « prohibés ». La jeune femme se laisse retomber, les bras en croix.

C'est mort, tout ça. Tout son corps, c'est mort.

De temps en temps, il y a un soubresaut. Sa colonne vertébrale qui craque, ses os qui se tordent, sa cage thoracique qui s'agrandit. Un tout nouveau corps plus grand, plus fort pour accueillir la douleur.

Petit ruisseau rejoint la mer.

Elle hurle et elle est bien contente parce que c'est quand elle crie qu'il y a le plus de monde autour d'elle. Oh, qu'elle se sent aimée avec ses canines qui battent contre sa mâchoire. Ses hanches disproportionnés qui s'épaississent. Lavande sent son corps se fendre, se gonfler et s'endurcir. Elle entend tous les bruits qui résonnent dans ses immenses oreilles.

Ce n'est plus humain. Ce n'est qu'un corps. Lavande tourne sa bestialité sur le côté, elle remarque le stagiaire médicomage. « Alexander ». Il est bien mignon ce garçon. Quand il applique les onguents sur son visage, quand il draine sa magie à coups de baguette. Il est mignon ce garçon qui frissonne.

Mort de peur. Les animaux sentent la peur. C'est difficile à vivre d'être un trouillard.

Lavande dans son corps de bête, voit Alexander, le brave sauveur des pauvres petites filles. Lavande tend le bras, son poignet se tord et elle hurle à peine plus fort. Elle attrape le mignon garçon par la patte.

Elle ouvre grand la bouche, haleine Lavande. Elle ne veut pas le manger, elle veut juste jouer. Parler, aussi. « Je te trouve très beau, tu sais, tu partirais à Moscou avec moi ? ». Définitivement, ça ne sort pas.

Alexander se met à hurler, lui aussi. C'est bien gentil, en voilà un qui fait des efforts pour le comprendre.

Soudain, Lavande rétrécit. Une main, deux pieds. Une peau de fille déchirée qui sent la Lavande. Elle entend son corps qui soupire de grâce, sa main toujours crochetée autour du cou d'Alexandre. Les ongles de Lavande sont rouges comme le sol de Russie.

Elle desserre son étreinte, avec un peu de chance elle pourra récupérer ses ongles au savon noir. C'est chic et c'est français, il faudra mettre un peu de parfum. S'habiller d'un nouveau nouveau peignoir de papier.

Tant de choses à faire. Lavande éclate de rire. Nerveusement.

Alexander lève la tête vers elle. Un peu pâlot, ce grand garçon.

Ben , petit, t'as entendu un loup hurler à la lune ou quoi ?


Fin. Alors ? Vous avez aimé ? N'oubliez pas de laisser une review, ça fait toujours plaisir. Nous nous retrouvons dans deux jours pour le troisième OS, d'ici là portez-vous bien, bonne chance à ceux dont la rentrée approche à grand pas !

Lges