Bonjour tout le monde ! Voici le nouvel OS de ce recueil, moi qui pensais publier d'abord celui sur Luna qui attends depuis une éternité, j'ai préféré publier celui concernant Tracey Davies. Je tiens à remercier JeenInSnow ainsi que tout les autres pour mettre ce recueil dans leurs favoris, continuez de reviewvez, c'est mon seul salaire.
Sur ce, on se retrouve en bas.
Tracey.
Tracey sait que jamais elle ne remettra les pieds à Poudlard.
Tracey sait beaucoup de choses, sur beaucoup de mondes. Elle savait pour l'AD, pour la guerre. Pour sa propre sécurité et le régime à l'envers.
Il y a une balançoire dans le jardin, chez ses parents. Dès que ses pieds quittent le sol, elle tend ses bras au maximum. Elle replie ses jambes contre sa poitrine. Elle s'imagine être un roc, inébranlable.
Puis, la balançoire part en arrière, tout son corps s'ébranle. Elle connaît la sensation de ses doigts tout vierge de sang, qui glisse le long de la corde.
Elle tombe. Et comme Tracey croit au destin, elle se dit que finalement c'est dans l'ordre des choses, que de finir la gueule plein de graviers et la bouche remplie de sang.
Elle croque et ça crisse entre ses dents. Bizarrement, ce petit bruit, lui rappelle la guerre. Pourtant, c'est fini, les morts, la peur. Tout le monde s'en est débarrassé et Tracey a l'impression que les malheurs de chacun viennent sonner à sa porte.
Elle est montée trop haut, sa tête a un à-coup, la balançoire se brise, Tracey se casse une jambe. Quand elle attend, gémissante, que ses parents viennent la chercher, elle prie. Elle prie pour qu'on la branche à une machine, merveilleusement moldue et qu'on arrête son pauvre cœur.
Elle aurait pu prier pour accéder au paradis, cependant elle ne se fait pas d'illusion. Son père la prend dans ses bras, à la façon d'une princesse.
— Ca va aller, Tracey.
Elle n'en est pas si sûre, elle ne se fait pas vraiment confiance, parce qu'elle, elle sait ce qui va réellement se passer. Sans que ça aille.
Elle recommencera, à sauter de la balançoire. En plein vol. Elle recommencera jusqu'à ce qu'un trou béant dans son jardin l'avale, la déglutisse et l'oublie.
Surtout, l'oubli.
Dans sa chambre d'hôpital, il y a des courants d'air. Des courants de gens qui viennent, on lui palpe le bras. On lui prend sa tension.
On lui enfonce des aiguilles et elle ne se lasse pas de voir le sang monter, gonfler une pochette en plastique.
— Tu n'es pas obligée de regarder, chérie. Dis sa mère en lui caressant les cheveux.
Elle croit être douce mais ses ongles s'emmêlent dans les nœuds bruns de sa fille, elle lui écorche la peau avec la pulpe de ses doigts.
Elle ne comprend pas.
— Vous pouvez tout prendre, répond la jeune fille au médecin.
Le silence est assourdissant. Les doigts arrêtent de fouiller son cerveau, le sang cesse de glouglouter dans les tubes en plastique.
En fermant les yeux, elle tente de visualiser le crâne défoncé de Daphnée. Elle, elle aurait le sang doré, juste pour faire jolie.
Elle a toujours été jolie, Daphnée. Quand elle mettait du fard à paupières dorée, juste avant d'aller se blottir dans les bras de Zabini, c'était le moment parfait où Tracey aurait pu la tuer.
Dans la nuit, bercée par les ronflements de ses chers parents, elle cherche ses mains, elle ne les distingue pas.
Il fait trop noir et elle n'a pas sa baguette. Juste le bruit de la tête de Daphnée qui s'écrase contre quelque chose de dur, pour s'aider à s'endormir.
Quand elle est trop agitée, les infirmières lui donnent des calmants. L'une d'entre elles, lui demande :
— Qu'elle est ta couleur préférée.
— Vert.
Ce n'est même pas un mensonge, en plus.
Puis on appuie sur un bouton. Elle sent ses paupières battre contre sa joue, elle sent ses lèvres tomber en un sourire plat. Ses mains se prélassent sur l'oreiller.
Quand elle était petite, sa mère lui chantait des berceuses, son père lui inventait des contes. Puis, elle est allée à Poudlard et, au premier soir, elle s'est jeté sur Pansy.
Elle l'a frappée sous la pommette et quand Tracey serre le poing, elle espère tendrement qu'un peu de beauté y est restée collée.
Peut-être pas suffisamment pour que Draco lui accorde un regard, que Nott lui adresse son sourire placide ou que Zabini la retrouve dans un couloir sombre.
Juste assez pour que son sang soit beau, rayonnant, vibrant comme le rouge des tableaux dans les musées. Le rouge vernis des vieilles voitures vintages.
Elle ne reçoit pas de visiteurs, en dehors de ses parents qui changent les fleurs, croupissant dans l'eau minérale. Elle ne s'éternise pas sur le bruit de la porte qui s'ouvre avec autant de délicatesse que son propre corps.
Il y a aussi les médecins mais, eux, ils lui parlent comme à une enfant. Elle se moque d'eux, tout le temps. Elle les dévisage avec l'intensité que Granger mettait dans ses discours.
Personne ne l'a jamais cherchée, Tracey. Elle se demande s'ils ont érigé une tombe en son nom, sans se douter que quelque part, elle respire et que l'on collecte son sang noir.
Avec un peu de chance, la taille est bonne. Elle pourra se glisser dedans, dormir.
De temps en temps, elle rit. Les médecins prennent tellement soins de son sang. Celui qui coule dans ses veines, celui pour lequel elle s'est échappée.
Un matin, on lui annonce qu'une autre jeune femme va partager sa chambre quelque temps. Tout le monde la regarde, qu'attendent-t-ils donc d'elle ? Une approbation ? C'est la meilleure, celle-là.
Contrariée, elle se retourne mais sa jambe l'élance et le bip strident de la machine repart de plus belle.
La nouvelle arrive dans l'après-midi. Elle est blonde, sa tête est rasée de moitié. Un instant, Tracey s'inquiète puis elle voit la tresse qui tombe jusqu'aux reins de la jeune fille, sous sa blouse blanche.
Des décisions tellement futiles qu'une nouvelle coiffure ou un changement de style, ça lui donne envie de creuser des trous à Tracey. Partout.
Pourtant, il y a quelque chose de détonnant, sans être étonnant, chez cette fille. Son corps est lisse, sculptural et pointu. Ses joues sont creuses et ses doigts, longs.
Avant de se présenter, elle lui dit qu'elle est anorexique. Tracey lui jette un regard critique. Pansy n'en aurait fait qu'une bouchée, de cette candide.
— Je m'appelle Astoria, et toi ?
C'est surprenant comme la lumière d'une révélation monte vite de ses yeux jusqu'à son cerveau. En un instant, tout dans la pièce vole. Lampe de chevet, pot de fleurs, carafe d'eau. Même le monitoring manque d'y passer.
Tracey beugle et même dans sa bouche, c'est la débâcle. Ses dents frappent contra sa langue, le sang jaillit sans les graviers, cette fois. Sa gorge se contracte si violemment qu'elle en a un soubresaut.
— Je vais te tuer Greengrass ! Toi, toute ta famille ! Tous les Serpentards ! Tous autant que vous êtes !
L'autre n'est nullement impressionnée. Elle savait bien qu'elle la reconnaissait, cette petite chose aux cheveux filasse et aux ongles rongés.
— Et pourquoi donc ?
— Vous m'avez abandonné ! Vous vous êtes débarrassés de moi ! Vous m'avez obligée à fuir !
— A qui le dis-tu, chérie.
Astoria hoche la tête et son menton se pose sur sa poitrine fondue.
Dans les jours qui suivent, elles n'apprennent pas à se connaître. Elles n'en ont pas besoin, simplement la présence d'une prétentieuse pareille dans un lieu pareil intrigue la seconde.
— J'ai fait mon choix, Davies, et me voilà ici.
Elle bouge tellement son petit minois en parlant que l'autre espère que sa tête va se décrocher et qu'elle pourra l'accrocher chez elle, quand elle rentrera.
Si elle rentre. Ses parents ne passent plus la voir.
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Tracey est assise en tailleur, son tee-shirt de pyjama remonte tellement haut que l'on voit son nombril et sa peau laiteuse, couverte de contusions. Comme le nirvana, la galaxie.
Astoria se tait et pour une fois, le silence est confortable.
La porte s'ouvre et l'arrivant porte tout sauf une blouse blanche et des gants aseptisés. Il prend toute la place, ses cheveux se dressent sur sa nuque comme après plusieurs jours de vadrouille. Sa main reste accrochée à la poignée de porte et Tracey ne doute pas qu'il la torde.
Il s'avance et ses pas sont comme une avalanche de graviers. Sa peau noire brûlée contraste sur le mur pastel.
— Je savais bien qu'on vous retrouverez.
Alors ? Qu'en avez vous pensé ? Personellement, je trouve que cet OS est un peu en décalage avec les autres cependant, je ne le verrais pas ailleurs que dans ce recueil. Donnez-moi votre avis. Le prochain sera centré sur Luna, il est le plus court à ce jour OS de la série. Je compte également incorporé Cho Chang et pourquoi pas Hannah Abbot, vous pouvez toujours me donnez des propositions sachant que je n'accepte que les filles de l'époque de Harry.
Merci à vous. A bientôt
