Voilà le dernier chapitre de cette petite fiction sans prétention. Ça doit faire deux ans que j'ai écris ça donc ce n'est plus tellement d'actualité mais je vous avais promis une fin, donc mieux vaut tard que jamais.
Klaus, réveillé par le cri perçant venant de la plage, se réveilla en sursaut.
Il enfila rapidement un caleçon, et se rendit à une vitesse invisible à l'endroit ou il avait aperçu Juliet allongée.
Lorsqu'il la vit, son cerveau refusa d'accepter l'évidence : Juliet n'était plus.
Allongée, et bien droite, elle tenait entre ses mains, repliées sur son coeur, une rose rouge, aux allures de fleur tombale. Aucun pieu de bois n'était visible et il se demanda un moment comment diable elle avait réussi à lui faire cette blague.
Pourtant, après maintes et maintes supplications, Juliet ne se réveillait pas.
Son teint gris n'altérait en rien sa beauté, et des larmes de rage et de douleur commencèrent à surgir des yeux du vieux vampire.
Il détourna les yeux, et remarqua des irrégularités dans le sable : des mots y étaient tracés.
«Ô mon amour ! Ma femme !
La mort, qui a sucé le miel de ton haleine, N'a pas encore eu de pouvoir sur ta beauté:
Ah ! Chère Juliet, pourquoi es-tu si belle encore ?»
Ça te rappelle quelque chose, Roméo ? Deux famille se détestant éternellement... Profite allègrement de ton éternité sans ta Juliet, mon frère !
Et dire qu'il allait libérer ses autres frères et soeur à la fin de la semaine.
Voir Juliet nue sous son peignoir, grise et sans vie, savoir qu'Elijah avait eu la cruauté de souffler la vie hors d'elle était insupportable. Il ne comprenait pas comment c'était possible. Juliet était tout ce qui avait compté pour lui depuis sept ans, et il ne pouvait plus concevoir la vie sans elle. Sa Juliet, si belle, si douce, les yeux fermés, reposait bel et bien pour l'éternité.
Klaus entra dans une fureur si grande que lorsqu'il entendit des voix au loin, il se précipita vers elles pour soulager sa colère.
Ce fut un véritable carnage. Il y eu du sang partout. Et pour autant, il ne se sentit pas mieux.
Peu après, il creusa une tombe pour Juliet, et détacha le petit collier qu'elle avait depuis toujours attaché au cou : un triangle parfaitement équilatéral. Après avoir marqué sa tombe d'une petite croix de bois dérisoire, il tourna le dos, décidé à ne plus jamais remettre les pieds en Sardaigne.
Il garda le pendentif dans sa main durant le trajet de son retour à Londres, petite ville triste et humide, où, seul dans un hotel où il avait déjà séjourné avec Juliet, il se remémora les plus beau instants de sa vie passée avec elle.
Klaus se souvint d'un dialogue qu'il avait eu avec elle dans l'avion pour la Sardaigne.
Il lui avait baisé les doigts, doucement, sur le bout des phalanges.
«L'éternité avec toi ne sera jamais assez longue ...», lui avait-il glissé, en la couvant d'un tel regard que Juliet en avait eu les larmes aux yeux.
Elle avait souri, un peu, mais pas trop, comme une petite fille qui est fière de savoir qu'elle a raison. Elle avait souri, donc, et tout doucement avait effleuré les lèvres du vieux vampire des siennes. Elle avait souri et fermé les yeux. Doucement, comme une petite fée magique.
Il se souvenait de chaque seconde passée avec elle. Le matin de leur rencontre, avec ses petits pieds plein de sang et son tutu rose. Leur premier baiser. Le massacre de Stuart, le bal dans le Windsor Palace. Et ses petits doigts sur sa joue, ses yeux verts plein d'amour, ses cheveux d'or.
La première fois qu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait. C'était en effet quelque chose qu'il n'oublierait jamais.
«Je t'aime», avait-elle simplement chuchoté alors qu'il faisait semblant de dormir, dans un grand lit d'une suite new-yorkaise.
Il avait immédiatement ouvert les yeux, intrigué.
«Ne répond rien, Nicklaus, tu ne dirais que des bêtises ...», avait-elle soupiré, déçue par l'expression plus curieuse qu'amoureuse sur le visage de Klaus.
«Pourquoi me le dis-tu, alors?», avait-il répondu en lui touchant tendrement la joue.
Elle avait souri.
«Pour que tu le saches, et que tu me le dises aussi, peut-être. Si tu veux. Je ne t'oblige à rien du tout».
La chaleur et l'amour dans les yeux de Klaus lui avait redonné confiance, cependant. Elle savait qu'il ressentait la même chose.
«Mais tu me le dis, n'est-ce pas ?»
Klaus avait souri à pleines dents.
«Je te le dis.»
«Oh, oui, dit-le moi», avait-elle supplié dans un soupir, «mais pas avec des mots, ils ont trainés dans toutes les bouches», avait-elle ajouté peu après en le voyant prendre une respiration pour parler. «Dis le moi avec les yeux.»
Il l'avait regardé intensément, en essayant de lui faire comprendre qu'il l'aimait purement et profondément.
«Oh, comme tu le dis bien. On voit que tu n'as pas encore l'habitude, mais redis-le moi encore ...»
Klaus n'avait jamais eu de souvenirs qui soient à la fois délicieusement doux et terriblement douloureux.
La petite voix fluette de Juliet lui répétant : «je t'aime, je t'aime, je t'aime» dans sa tête le fit presque gagner le sommeil.
Avant de s'endormir, terriblement seul dans son grand lit, Klaus décida d'éteindre ses émotions pour ne plus souffrir. Et de ne jamais ouvrir les vannes à nouveau. Il était trop blessé.
À partir de ce moment-là, il se jura qu'il ne tomberait plus jamais amoureux. Il se jura que ses frères ne sortiraient pas de leur tombeau, et il se jura de tuer Elijah de ses propres mains.
Même avec ses émotions en veilleuse, les larmes qu'il versa ce soir-là eurent un goût amer et désolant.
Juliet n'était plus là pour le consoler.
Alors à la place, il se contenta d'échafauder un plan, un plan de revanche qui s'annonçait sanglant.
Dites moi ce que vous avez pensé de cette histoire et de Juliet :)
