Titre : Meilleurs Ennemis (j'aime po ce titre…)

Auteur : Syhdaal

Genre : Je suis maladeuh !

Base : Weiss Kreuz

Couples : Ca arrive…

Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…

Bien… Me revoilà plus en forme que jamais pour les martyriser… Surtout que j'ai besoin de me défouler… Qui va prendre… Hm… Ben Schu tiens ! C'est pas que je ne l'aime pas mais… J'adore torturer les gens. Moi sadique ? Nooon ! Parfaitement pure et innocente !

/ Blablabla. / : Conversations télépathiques

P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.


Meilleurs Ennemis

Chapitre 7

Il regarda autour de lui.

Un endroit.

Petit et étroit. Terriblement exigu… Un placard ? Non, une cellule.

Et surtout sombre et glacial.

Les murs semblaient si proches les uns des autres. Ils se refermaient sur leur prisonnier comme un étau de fer…

Inexorablement.

Une porte de lumière se découpa soudain dans les ténèbres étouffantes de la pièce minuscule.

Une prière murmurée.

Une forme recroquevillée dans un coin.

Une silhouette si frêle.

Un esprit digne et fort.

Un visage tâché de sang.

Un costume en lambeaux.

Des pensées torturées.

Des poignets enchaînés.

Un œil unique tourné vers une porte scellée.

La porte qui s'ouvre de plus en plus…

Une lumière jaune malade jette son éclat froid sur le sol gris. Les murs du couloir qui se découpent derrière la porte sont d'un blanc d'hôpital. Ca sent l'hôpital.

Des gens qui entrent, se rapprochent.

Des mains cruelles.

Un gémissement.

Trois âmes hurlant à l'unisson.

Schuldig se redressa brusquement, un cri au bord des lèvres et le cœur dans la gorge, ignorant les protestations douloureuses de son corps blessé. Sa respiration affolée refusait de s'apaiser, des images terribles dansant encore devant ses yeux terrifiés. Son cœur cognait violemment contre ses côtes et il était en nage. Les images aperçues pendant son sommeil lui revinrent en mémoire, plus terrifiantes que jamais. Il porta des mains tremblantes à son visage.

– Oh mon Dieu… Oh mon Dieu…

Il se leva brusquement et dû s'immobiliser, prit d'un haut-le-cœur. Schuldig inspira le temps de calmer ses nausées, ce n'était pas le moment de s'évanouir. Puis il fit un pas, un autre et bientôt, il courait… Aussi vite que ses blessures le lui permettaient, il courut au rez-de-chaussée, dévalant les escaliers, là où il pourrait trouver l'aide providentielle qui leur sauverait la vie.

######

Le magasin était assez calme en ce lundi matin. Omi était au lycée, tout comme la majorité des jeunes filles qui assaillaient la boutique en temps normal. Ken était penché avec peu d'enthousiasme sur un arrangement floral à livrer pour l'après-midi même. Yohji était effondré sur le comptoir[S1] , près de la caisse enregistreuse, ses lunettes de soleil dissimulant un regard fatigué. Aya s'occupait d'arroser les plantes les yeux dans le vague, comme à son habitude. Cependant, la pâleur inhabituelle de sa peau avait frappé ses deux autres coéquipiers. Il semblait vraiment moins alerte qu'à l'accoutumée, et peu concentré. Ken l'interpella avec hésitation. Aya pouvait avoir des réactions imprévisibles… Et il n'appréciait pas qu'on s'immisce dans sa vie privée.

– Aya ?

– Quoi ?

– T'es sûr que ça va ?

– Hm.

L'absence de réponse claire persuada le plus jeune que quelque chose n'allait pas. Ken jeta un coup d'œil à Yohji qui semblait sur le point de s'endormir mais qui pour autant, lui fit signe de poursuivre. Aya ne répondait pas toujours clairement à tout ce qu'on lui demandait, mais quelque chose dans ses yeux semblait différent. Ken prit son courage à deux mains, convaincu que de toute façon, Aya le tuerait pour avoir osé le toucher et s'être mêlé de ses affaires. Il toucha brièvement le bras du jeune homme pour vraiment attirer son attention.

– Si ça ne va pas, va te reposer. On se débrouillera.

– Mais je vais parfaitement bien ! Qu'est-ce que vous avez tous ? Rétorqua l'intéressé, piqué au vif.

– C'est pour ça que tu n'arrives pas à mettre un pied devant l'autre depuis ce matin ! Lança Yohji, se mêlant brusquement de la conversation.

Ken se mordit la lèvre, sentant qu'il devait insister et que son équipier n'allait que moyennement apprécier.

– Ce n'est pas grave si tu es malade, ça arrive à tout le monde… Va te reposer un peu en attendant.

– J'ai dit que tout allait bien.

Le regard d'Aya se planta dans celui de Ken, le défiant silencieusement de le contredire. Ken qui ne reculait jamais, surtout quand il était persuadé d'avoir raison, décida de faire usage de plus de douceur que d'habitude. Il sentait bien que l'attaque frontale n'aboutirait à rien comme d'habitude, et s'il se colletait régulièrement avec Aya, c'était surtout parce qu'ils étaient aussi butés l'un que l'autre. Sauf que comme disait souvent Yohji, on n'attrapait pas les mouches avec du vinaigre.

– S'il te plait ? Demanda-t-il avec un sourire.

Aya sentit sa détermination vaciller sous le sourire chaleureux de Ken. Quelque part, le brun avait toujours su le prendre par les sentiments, et c'était pour cette raison qu'ils se disputaient souvent. Mais, après tout… C'est vrai qu'il ne se sentait pas au mieux de sa forme depuis vendredi dernier et si Yohji avait eu gain de cause pour qu'il se repose un peu, il n'avait pas vraiment récupéré.

– Hm… Bon… D'accord.

La mâchoire de Yohji s'écrasa violemment sur le comptoir. Aya avait accepté d'aller se reposer ? De son plein gré ?

Il n'en revenait pas. L'ancien footballeur professionnel non plus, visiblement car il lui lança un regard surpris pour vérifier sans doute si Yohji avait entendu la même chose que lui. Il guida donc Aya vers l'arrière boutique en lui disant d'aller se reposer un peu avant que leur chef d'escouade ne change d'avis en se rendant compte de ce qui était en train de se passer. Aya quitta le magasin, laissant derrière lui un équipier ravi, un autre sidéré et un magasin empli d'odeurs qui ne faisaient rien pour alléger son malaise. Les parfums forts des plantes lui montaient à la tête.

Il décida d'aller dans sa chambre. Son mal de crâne avait empiré depuis la veille et ni le silence, ni l'obscurité n'y faisaient quoi que ce soit. Peut-être qu'il restait un peu d'aspirine ou d'ibuprofène dans la salle de bain ? Il en prendrait un ou deux. Ca ferait l'affaire pour la journée. La douleur augmenta nettement alors qu'il arrivait au pied des escaliers. Sa vision se troubla brièvement. Ca, c'était clairement de la migraine carabinée. La pièce lui fit l'effet de tourner et il se stabilisa avec une main sur le mur, une autre sur le côté gauche de sa tête qui pulsait désagréablement. C'était même bizarre qu'il n'ait pas encore eut de vertiges ou de nausées, mais il connaissait sa chance et n'y avait pas plus tôt pensé qu'il se serait bien couché par terre, là, tout de suite pour éviter de fracasser son râtelier sur la première marche de l'escalier.

Des bruits de pas précipités tambourinèrent dans les escaliers et il leva difficilement les yeux pour apercevoir une silhouette dévalant vers lui avec rapidité. De longs cheveux roux. Ah oui, Schuldig, le seul encore à l'étage. Il l'avait momentanément oublié. Il lui aurait bien crié dessus pour demander le silence mais il ne s'en sentait pas la force. Leurs regards se croisèrent brièvement, une seconde avant que des tâches noires envahissent sa vue. Il manquait d'air tout à coup et sentit une bouffée de chaleur le submerger au moment ses genoux cédèrent sous lui. Usant de sa vitesse surhumaine, le télépathe rattrapa Aya avant qu'il ne s'effondre complètement, victime d'un malaise.

– Hey Aya ?

Il affermit sa prise sur le corps mince du jeune leader des Weiss, mais sa main entra en contact direct avec la peau d'Aya. Il comprit son erreur trop tard, des papillons noirs dévoraient déjà sa vue qui faiblissait à vue d'œil. Son organisme n'avait pas pu reconstruire correctement ses boucliers mentaux avec d'aussi importantes blessures, toutes ses forces se focalisant surtout sur la guérison. Son empathie naturelle en tant que télépathe demeurait hypersensible. Et il venait de toucher Aya… Aya, qui était souffrant, venait de lui transmettre son malaise.

« Oh non… Pas ça… »

Il aurait voulu lâcher Aya mais c'était trop tard de toute façon. Il venait de canaliser le malaise du jeune homme déjà inconscient. Une violente douleur se mit à pulser contre ses tempes et sa vue s'altéra pour de bon. Coup de chaud, manque d'air, hyperventilation… Hypotension ?

/ YOHJI ! /

Alerté par le cri mental de Schuldig, Yohji quitta le magasin sans explication et fonça à l'intérieur de la maison, laissant Ken s'occuper de la cliente avec qui il parlait encore à peine quelques secondes auparavant.

– Yohji, mais ?… Madame, je suis désolé, que désiriez-vous ?

La jeune femme d'une trentaine d'années semblait un peu sous le choc. Alors que Ken rattrapait la vente comme il pouvait en magasin, Yohji aperçut Schuldig au bout du couloir avec Aya dans ses bras. Il n'eut pas le temps de se pencher sur le problème car le télépathe s'effondra, essayant vainement de se rattraper contre le mur mais sans succès. L'ancien détective privé rattrapa les deux hommes de justesse et jura. C'est qu'ils pesaient leur poids ! Il s'arrangea pour étendre Aya au sol sans lui briser la nuque, Schuldig suivit le même chemin. Il prit rapidement le pouls, pas de problème, tout le monde était vivant. Alors quoi ?

– Merdeuh… KEN J'AI UN SOUCI LÀ! Dépêche-toi !

La voix forte de Yohji porta jusqu'au magasin. Ken venait d'encaisser la dame aux orchidées et allait passer au client suivant mais il y avait visiblement un problème. Il allait renvoyer les clients en urgence au moment où un petit blond avec un sac en bandoulière passa le seuil de la porte. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, Ken lui lança son tablier avant de courir vers la maison.

– Omi ! Occupe-toi du magasin !

– Mais Ken-kun…

Le brun avait déjà disparu pour se porter à l'aide de Yohji, qu'il trouva bien chargé en bas de l'escalier.

– Oh !

– Ne reste pas planté-là comme une courge et viens m'aider, ils sont lourds !

– J'suis pas une courge, tête de nœud, grogna Ken à son intention en se penchant sur les deux roux complètement inconscients.

Yohji souleva à nouveau Schuldig qu'il hissa plus ou moins sur son dos avec l'aide de Ken, se préparant à l'ascension des escaliers.

– Ils ont fait un malaise en même temps, me demande pas pourquoi, j'en sais rien. Occupe-toi de la Belle au Bois Dormant, je prends Blanche-Neige.

Le playboy s'assura que Schuldig n'allait pas tomber et fit un premier pas avec précaution, le temps de trouver son équilibre.

– Ca va aller ?

– Je gère, t'auras besoin d'aide pour Aya ou ça ira ?

– Ca ira, il est épais comme une allumette de toute façon.

Yohji commença à monter les escaliers, laissant Ken se débrouiller avec son propre fardeau. L'ancien footballeur toucha le front pâle d'Aya, dégageant quelques mèches de cheveux vermeilles. Il avait l'air d'être brûlant. Ken soupira. Ils auraient pu s'épargner la peine de monter les escaliers, mais le canapé ne pourrait pas accueillir les deux malades et il était absolument hors de question qu'ils se réveillent l'uns près de l'autre. Et ils seraient clairement mieux dans un lit. Dommage, il aurait bien voulu éviter de se ramasser dans l'escalier avec Aya sur le dos. Le jeune sportif hissa son leader sur son dos, imitant la position de Yohji et entama lentement sa montée à l'étage. A peine arrivé, il aperçut Yohji sortant de sa chambre en grognant quelque chose à propos d'un « télépathe névrosé incapable de faire ce qu'on lui dit ». S'apercevant de la présence de son cadet, il s'approcha pour jeter un coup d'œil à Aya.

– Besoin d'aide ?

– Ca ira, occupe-toi plutôt de Schuldig. En plus, Omi est tout seul en bas.

– Oh, lui ça va déjà mieux, il s'est réveillé. J'aurais dû attendre cinq minutes, ça m'aurait évité de le porter, il me doit trois vertèbres et une rotule.

– Tu vieillis. Alors ? Fit Ken en avançant vers la chambre d'Aya.

Yohji ouvrit la porte pour lui faciliter le passage.

– Il dit qu'il s'est senti mal, qu'il a fait un coup de chaud, bouffées de chaleur et sueurs froides.

– Malaise vagal… Supposa Ken en se défaisant de son fardeau toujours inconscient.

Yohji l'aida à allonger Aya sur son lit. Lui n'avait pas repris connaissance.

– Ca y ressemble. J'irai fermer le Koneko. Je doute qu'Omi soit capable de virer les clients tout seul. Il est trop gentil, il va se faire bouffer un de ces jours.

– Oui. Bon, je vais le coucher, et on avisera.

Le cadet fit quelques pas vers l'armoire de son leader pour y trouver un tee-shirt plus léger que son affreux pull en laine qu'il portait tout le temps. Sur le pas de la porte, Yohji ricana gentiment.

– Et ne lui saute pas dessus en le déshabillant ! T'es encore jeune, tu voudrais pas risquer la castration quand même ? Persiffla-t-il, mort de rire.

– Ah t'es vraiment trop con ! Siffla Ken en lui lançant un vêtement pris au pif.

– Je t'aime aussi ! Alors, les médicaments… Dans la salle de bain…

« Je vais le tuer, je vais le tuer, je vais le tuer… »

Ken se saisit finalement d'un tee-shirt, ô surprise, de couleur noire. Il régnait une température franchement glaciale dans la chambre et sentant un courant d'air lui passer dans le dos, il tourna la tête. La fenêtre était grande ouverte mais les volets étaient tirés.

– Pas étonnant que tu sois tombé malade en dormant avec la fenêtre ouverte[S2] au large comme ça…

Il contempla un instant ce qu'il devait faire, mais dans son jean étroit et son gros pull, il n'était clairement pas en tenue confortable. Aya avait vraiment l'air plus jeune dans son sommeil, détendu, un peu comme Schuldig. Le masque tombait. Ken inspira profondément et s'arma de courage pour le changer. Manipuler une personne inconsciente n'était jamais une mince affaire et ça l'aurait bien arrangé qu'Aya ouvre les yeux, histoire de l'aider un peu sur ce coup-là. Ou alors il appelait Yohji à la rescousse, ce qui ne manquerait pas de lui attirer quelques quolibets. Alors qu'il finissait de le débarrasser de son pull aussi épais qu'affreux, Aya gémit dans son sommeil, dérangé par les mouvements. Ken lui toucha doucement les cheveux, soulagé de constaté qu'il portait déjà un tee-shirt sous son vêtement. Pas étonnant qu'il ait fait un coup de chaud, mais c'était toujours ça de gagné.

– Shh… Ca va Aya, j'ai bientôt fini. Après tu pourras dormir…

Le jeune homme inconscient sembla s'apaiser immédiatement. Le brun poussa un nouveau soupir. La tâche la plus délicate, le jean. Il ne voyait pas trop comment lui retirer ce pantalon dans lequel il devait rentrer avec un chausse-pied. Il attaqua le pantalon comme il pouvait, s'échinant à dégager les jambes d'Aya de ce fichu jean moulant, nan mais sérieusement, on n'avait pas idée ! Il était absorbé par sa tâche et commençait à sérieusement s'énerver. Un craquement derrière lui et il fit un bond à sortir de sa peau quand Yohji se colla à son dos avec un sourire de requin.

– Oh la vache Yohji tu m'as fait trop peur !

– Pourquoi, t'as des trucs à t'reprocher ? Taquina le grand blond en prenant le relais et finissant d'ôter le jean avec des mains plus habiles.

Il supposa que soit c'était grâce à sa grande expérience en matière de déshabillage express, soit tout simplement parce que son cerveau n'était pas court-circuité par la vue de la peau d'albâtre d'Aya… Ou peut-être un peu des deux, pensa-t-il avec amusement.

– Il est canon, hein ? Kenken deviendrait-il enfin un grand garçon ? Je suis siiii fier de toi ! Minauda-t-il en lui lançant le pantalon d'Aya à la figure pour le faire bisquer.

– Mais tu penses qu'à ça ma parole ! Cingla le cadet en se débattant un instant avec le vêtement qu'il finit par replier.

– Pourquoi tu le regardes de cette façon alors ? Avoue qu'il te fait envie.

Ken se détourna pour poser le pantalon sur un dossier de chaise.

– On parle d'Aya.

– Et alors ? C'est un être humain, il doit bien avoir un cœur… Ou dans le pire des cas, une pierre.

Ken ricana doucement avant de sortir et de se diriger vers la salle de bain, suivi de son ami.

– Tu ne m'encourages pas là. Et puis d'abord, qui te dit que c'est lui que je voudrais ?

– Ah, p'tit Kenken, si tu n'es pas amoureux de lui, j'veux bien manger mon chapeau. Avoue qu'il y a au moins une certaine attirance physique…

Voyant que Ken s'apprêtait à protester, il continua.

– … Ne le nie pas, même Omi l'a remarqué !

– Fiche-moi la paix !

Irrité, Ken attrapa une serviette humide et retourna auprès d'Aya, claquant la porte au nez de Yohji dans le processus. Il le remercierait plus tard pour son coup de main, quand l'envie de l'étrangler lui serait passée.

– Kenken !

– Va t'occuper de Schuldig !

Yohji rit doucement devant la porte avant de s'en retourner aux côtés d'un certain télépathe mal en point. Schuldig commençait à se remettre, visiblement.

– Ca va mieux Princesse ?

– M'appelle pas comme ça.

– Oh, et de bonne humeur avec ça ! S'amusa Yohji en s'installant près de lui sur le bord du lit.

Il pouvait essayer de l'amadouer et la proximité ne pouvait que lui être bénéfique, il prenait le risque. Schuldig le foudroya du regard. L'attitude légère du jeune homme l'irritait au plus haut point, surtout dans de telles circonstances. Mais Yohji ne parut pas décontenancé le moins du monde. Il lui dédia un sourire en lui tendant un verre d'eau.

– Il faut que tu boives. Et après, si tu me racontais ce que tu faisais en bas avant de défaillir mon cher Schuldig ?

– T'as pas un whisky plutôt ?

– Dans ton état ? Tututut !

C'était vraiment attentionné de la part de Yohji de penser à le faire boire avec tout le sang qu'il avait perdu. Schuldig avala son verre d'eau, se rendant compte qu'en fait, il avait soif. Brad lui avait dit ça un jour.

« Quand on a soif, on est déjà déshydraté. »

– J'ai vu quelque chose…

– Je t'écoute.

– Si… Si je suis venu jusque chez vous… C'est pour demander de l'aide…

Yohji acquiesça et croisa ses bras sur sa poitrine. Il modifia un peu sa position pour se pencher légèrement vers lui, espérant l'inciter à la confidence.

– On s'en doutait, c'était la deuxième option après le scénario de « la taupe ». Que s'est-il passé pour que tu sois poussé à venir chercher de l'aide chez tes plus grands potes sur terre et accessoirement des êtres humains normaux ?

Il inspira profondément, se préparant à livrer son récit. Plus vite il le dirait, mieux ce serait.

– Ils nous sont tombés dessus sans qu'on puisse faire quoi que ce soit. Ils ont d'abord mis Nagi K.O. pour l'empêcher de nous protéger. Ensuite, il y en a un qui a sortit un pistolet tranquillisant, pour Farfie… Et après seulement, pour Brad et moi. Ils nous ont battus, jusqu'à ce qu'on tombe. On pouvait pas se défendre. On s'est réveillés ailleurs, loin d'ici. Ils se sont acharnés sur Farf parce qu'il leur riait au nez. J'ai cru qu'ils allaient le tuer…

Il s'interrompit brièvement, la voix un peu tremblante avant de reprendre une profonde inspiration et de poursuivre :

– Nagi a réussi à récupérer un peu pour dégager les types qui s'occupaient de moi. Il m'a libéré parce que je suis le plus rapide… Et je suis parti. Je les ai laissés derrière parce qu'ils me l'ont demandé… Ils m'ont dit aller chercher de l'aide, de venir ici.

Les yeux bleus-verts de Schuldig se perdirent dans le vague. Le rouquin sentait qu'il avait lâchement abandonné son équipe pour sauver sa peau. Yohji ne dit rien. Il réfléchissait, intégrant toutes les informations que Schuldig venait de lui livrer. Son trouble était évident, mais à sa place, lui aussi se sentirait terriblement coupable d'avoir laissé ses équipiers derrière lui, même si c'était le dernier recours. Ils étaient tout pour lui. Ses amis, sa famille… Et il était en train de se rendre compte qu'il en allait probablement de même pour Schuldig. Sans Schwarz, il était seul. L'aîné des Weiss rompit le silence qui s'était installé entre eux. Schuldig n'avait rien de plus à ajouter sur son récit et lui ne savait pas vraiment quoi dire pour le réconforter.

– Donc tu es bien venu nous demander de l'aide pour récupérer tes coéquipiers, c'est ça ?

Schuldig hocha la tête sans lever les yeux.

– Je… Pense que j'aurai fait pareil à ta place, tu sais.

Le rouquin releva la tête, une expression confuse sur son visage. Il avait l'air de se demander si Yohji ne se moquait pas de lui.

– Je serai allé chercher quelqu'un pour m'aider.

– Je ne sais pas pourquoi vous… Peut-être parce que même si vous n'avez pas de pouvoirs, vous avez déjà pu nous tenir tête… Ce n'est pas donné à tout le monde, Brad me l'avait déjà dit. Il m'a juste crié de vous trouver.

« SCHULDIG ! Finde die Blumen ! BLUMEN[S3] ! »

Trouve les fleurs. Il aurait pu dire les chats, mais il avait fuité dans le milieu que le groupe d'assassin Weiss utilisait des races de chats pour nom de code. Les fleurs, ça ne pouvait être qu'eux. C'était parfois le mot qu'utilisait Farfarello pour parler d'eux. De jolies fleurs, mais beaucoup d'épines, avait-il dit un jour, très amusé après s'être enfoncé des épines de rose dans la paume de la main.

– Je vois…

– Ils… Leur font du mal… Je l'ai vu…

– Tu penses que nous sommes capables de t'aider ?

– Qui d'autre le pourrait ?

Yohji eut un soupir dépité.

– Et bien sûr, j'imagine que ce ne sont pas des amateurs qui vous sont tombés dessus ?

– Non. Ils étaient bien préparés. Trop bien, même.

– Je ne sais pas si les autres vont être d'accord. Surtout Aya.

– Hm… Il s'est réveillé ?

– Non mais comme il a dû choper une pneumonie, c'est pas très étonnant.

– Je vois, murmura Schuldig en baissant de nouveau la tête.

Il se sentait vraiment mal, d'un coup. Sa petite bulle venait d'éclater.

– Quelque chose ne va pas Schuldig ?

– C'est… Juste que eux ils sont là-bas à vivre dieu seul sait quoi et moi… Je suis là, bien au chaud… Ca me dégoûte.

Sa voix se brisa sur le dernier mot et il se tut brusquement pour déglutir, au bord des larmes. Il avait enduré beaucoup d'épreuves ces derniers jours. Yohji réagit par instinct, avant même de savoir ce qu'il faisait et il enlaça brièvement le jeune homme dans ses bras.

– Ca va aller…

Schuldig se laissa faire, sans réaction. Il était si fatigué…

– Schuldig. On va t'aider d'accord ?

Un petit rire tranchant comme du verre s'éleva dans la semi-obscurité de la chambre. Yohji laissa son bras sur les épaules du télépathe qui était de plus en plus angoissé.

– Comment tu comptes persuader tes copains de m'aider ? Et c'est sans compter Kritiker. Ils vous ordonneront de me tuer dans mon sommeil, comment tu veux que je me batte, moi ? C'est sans espoir, dit-il avec un trémolo dans la voix.

– J'y arriverai. S'il le faut, je les convaincrai de tenir Kritiker à l'écart.

– Kritiker est déjà au courant, Yohji… C'est trop tard. Mon équipe va mourir. Ils vont mourir !

– Ils ne sont pas du genre à se laisser abattre comme ça.

– Tu ne les as pas vus. Tu n'as pas vu ce que j'ai vu aujourd'hui… Ils vont les détruire !

– Schuldig, calme-toi… Ca ne sert à rien de paniquer maintenant. On ne peut pas non plus se précipiter là-bas la fleur au fusil. Tu sais où c'est au moins ?

– J'suis pas sûr…

/ Je panique pas… J'ai peur pour mes amis… /

Ses amis. Yohji resserra imperceptiblement son bras autour des épaules du rouquin tourmenté.

– Moi aussi, j'aurais peur, dit-il tout bas.

Le rouquin leva lentement le regard pour fixer Yohji dans les yeux. Il ne l'avait toujours pas lâché. Mais que pouvait-il dire ? Cette étreinte le réconfortait.

– Schuldig, quand tu es arrivé… Tu as dit que nous étions aussi « sur leur liste ». Qu'est-ce que tu voulais dire ?

– Je l'ai lu dans leur esprit. Ils vont faire quelque chose à Weiss. Mais je n'ai pas pu voir quoi… Vous êtes aussi en danger, j'imagine. Mais je suis sûr que je n'ai pas été suivi, j'ai été vigilant et… J'ai mis du temps pour venir.

Yohji soupira.

– Je te crois. On doit donc se préparer à essuyer des attaques, alors ?

– C'est ça.

– Je vais en parler avec Omi et Ken, d'accord ? Aya n'est pas en état de prendre une décision pour le moment, mais je vais essayer de faire quelque chose.

– Pourquoi tu fais ça ?

Yohji lui effleura les cheveux en un geste affectueux. Il avait l'air bien jeune le Schuldig impitoyable des Schwarz.

– Parce que je voudrais que tu le fasses pour moi si j'étais dans la même situation.

– Je ne suis pas sûr de comprendre…

– Ce n'est pas grave. Repose-toi. Il faut que j'aille aider Omi à fermer la boutique.

Il s'écarta de Schuldig et se leva du lit mais une main chaude se referma sur son poignet avec une force surprenante. Il baissa les yeux pour voir que Schuldig s'était redressé, et il constata que son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Ca, c'était pas bon pour lui. Le rouquin effleura doucement ses lèvres avec les siennes, en une légère caresse, quelque chose de doux et de chaste. Pas de quoi faire chavirer Yohji Kudoh, normalement. Normalement…

– Considère ça comme un remerciement…

Surpris par ce geste inattendu, Yohji lui dédia simplement un petit sourire tremblant avant de sortir de la pièce. Il s'adossa au mur à quelque pas de là, le temps de reprendre ses esprits. Voilà qui n'allait pas arranger ses affaires.


Notes : Bon, j'ai fait une bêtise… Je crois que j'ai effacé la fin du chap et j'ai dû la réécrire… C'est bizarre, je me souviens l'avoir écrit… J'suis quand même pas dingue à ce point non ?

Bon, okay, ne dites rien, je sais.

Pff… La grosse fatigue mentale se confirme décidément… Faut vraiment que je pense à me faire interner un de ces quatre matins, parce que ça va plus…

Commentaires :

[S1] Bon, okay, je sais, dans la série, ils n'ont pas de comptoir, ils ont une table… Vous allez dire que je suis stupide mais pour moi, dans un magasin, y a un comptoir. Donc, ils auront un comptoir et puis voilà. Oui, je suis têtue, de mauvaise foi et pis c'est comme ça.

[S2] Ben tiens, ça me rappelle une certaine personne qui tombe malade approximativement tous les deux mois ça…

[S3] 25/01/2015. 4 de moyenne en allemand au lycée et 8 au bac… Bilan consternant. Heureusement, y a Google Trads et l'Conjugueur. Nan paske l'impératif en deutsch, moi ça me dé-passe.