Titre : Meilleurs Ennemis (ahhhh ! JE LE HAIS !)

Auteur : Syhdaal

Genre : Vengeance sur notre pauvre Schuschu (il a pas de bol quand même, c'est toujours lui qui meurt !)

Base : Weiss Kreuz

Couples : Ca arrive…

Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…

Ouiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnn ! Pourquoi que le bac français c'est bientôt ?

Pourquoi que je suis une bille en math ? Et en allemand ? AH JE HAIS L'ALLEMAND ! ET LES MATHS ! ET L'ECOLE !

Ca sert à rien !

J'veux pas y alleeeeeeeeerrrrrrrrrrrrrr !

Quoi « la ferme on est tous dans ce cas là ! » ?! C'est tout ! J'me tais !

P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.


Meilleurs Ennemis

Chapitre 8

Appuyé contre le mur du couloir et toujours abasourdi, Yohji prit une grande inspiration en essayant de rassembler ses esprits un peu éparpillés. Il effleura ses lèvres du bout des doigts. Il n'arrivait pas à s'en remettre. Schuldig l'avait embrassé. Son ennemi juré, le télépathe allemand du groupe d'assassins Schwarz venait de l'embrasser.

Il n'en revenait pas.

Et le pire…

C'est qu'il avait aimé ce contact furtif. Il sentait encore le goût de ses lèvres, l'odeur de sa peau… Il ferma un instant ses yeux et soupira… Il fallait absolument qu'il oublie ça, c'était n'importe quoi ! Schuldig avait juste voulu se moquer de lui, ça l'amusait, un point, un trait. Lui qui se targuait de n'aimer que les femmes, était en train de fantasmer sur un homme. Mort de rire le télépathe ? Sûrement.

– Et merde…

Bien plus troublé que ce qu'il aurait voulu, il se dirigea vers la chambre d'Aya et entra sans frapper. Ken était assis près du lit, rechignant visiblement à regagner le magasin. A l'entrée brusque de Yohji, le jeune homme sursauta.

– Comment va-t-il ?

– Pas de changement. Il n'est pas encore revenu à lui. Tu penses qu'on devrait appeler un docteur ?

Yohji s'approcha du lit et posa sa main sur le front du jeune homme à la chevelure rouge sang.

– Il a pas mal de fièvre. Si il ne se réveille pas d'ici la fin de journée, j'appellerai un docteur.

– De Kritiker ?

Il entendit comme de l'inquiétude dans la voix de Ken. Lui aussi semblait craindre l'intervention de Kritiker. Se salir les mains ne plaisait à personne.

– Non, c'est inutile tant que ce n'est pas en rapport avec une mission.

– Et Schuldig? Interrogea son cadet.

– Il s'en remet, mais moralement, c'est autre chose. Je t'expliquerai.

– Ce soir ?

– Oui, ce soir, avec Omi. Tu restes ici avec nos deux malades. Je vais aider le petit, il est tout seul en bas.

– D'accord… Tu lui diras que je suis désolé pour tout à l'heure, je l'ai laissé en plan.

– Il ne t'en voudra pas pour ça.

– … Hm… Il n'en veut jamais à personne

– C'est notre chibi, dit Yohji en haussant les épaules avec un sourire. Il a toujours été comme ça, on ne peut pas lui en vouloir ! Allez, je te fais confiance pour veiller sur Aya comme sur un trésor !

– Roh Yohji !

Un éclat de rire lui répondit alors que le playboy disparaissait dans le couloir. Ken soupira et secoua la tête, retournant à sa surveillance. Décidemment, ils y passaient tout leur temps depuis quelques jours. Bien sûr, veiller sur Aya, c'était gênant, mais bon… C'est surtout qu'il était incapable de lui parler sans bafouiller, de faire quelque chose sans se tromper ou trébucher. Ca devenait franchement handicapant au quotidien, à croire que les interdictions de fraternisation au sein des équipes n'avaient pas été instaurées pour des clous. Heureusement que sa capacité de concentration en mission n'était pas affectée par ce genre de trivialités. Fallait pas qu'il se fasse tuer, non plus !

Des mois qu'il marchait sur des œufs autour d'Aya, et même Omi s'en était rendu compte mais il était trop poli pour lui faire ouvertement la remarque, contrairement à Yohji. Quant à Aya, vu qu'il levait assez rarement le nez même s'il s'était nettement amélioré après le rétablissement de sa petite sœur, il n'avait strictement rien à faire de plus avec ses collègues (et néanmoins amis) que le travail.

Pas plus mal pour sa survie, dans le fond. Même si un jour, peut-être, il faudrait qu'il lui parle.

######

Omi tira le rideau métallique du Koneko avec un soupir de soulagement. Ce lundi avait été éprouvant, lui aussi. En fait, depuis que Schuldig avait fait irruption dans leur boutique couvert de blessures, ils n'avaient pas eu un moment de répit. Le petit blond ôta son tablier et l'abandonna sur un coin du comptoir. Il rangerait demain. Se traînant dans la cuisine, il ouvrit le réfrigérateur pour le refermer aussitôt. Rien de bien appétissant. Fouillant un placard, il trouva quelques friandises et se dirigea vers le salon. Yohji était déjà installé et regardait la télévision, essayant de se détendre un peu avant la prochaine galère qui ne manquerait pas d'arriver. Son aîné se tourna vers lui lorsqu'il se laissa tomber sur le canapé avec ses gâteaux. Ken était de garde à l'étage mais avait quand même fait quelques allers-retours en bas pour leur donner un coup de main pendant le grand rush de l'après-midi.

– C'est ton repas ?

– Je ne trouvais rien d'autre.

– Tu vas finir par prendre du poids chibi.

– Je m'en fous, marmonna le plus jeune.

Apparemment, il n'était pas de très bonne humeur. Yohji avait rarement le plaisir de le voir effondré en sa compagnie sur le canapé, comme il le faisait souvent lui-même avec Ken. Omi préférait perdre son temps sur internet ou sur ses consoles de jeux plutôt que devant la télé. L'adolescent commença à grignoter, tendant un biscuit chocolaté à Yohji.

– Mange et tais-toi.

Yohji soupira.

– Ah, les jeunes de maintenant n'ont absolument aucun respect envers leurs aînés, qui les éduquent, les soutiennent, les… Hmpf !

Exaspéré par son babillage, Omi venait de lui enfourner un gâteau entier dans le bec.

– Depuis quand tu m'éduques et tu me soutiens Yohji-kun ?

– Marf fefoui ouzour !

– Ah, ces vieux, aucune bonne manière ! On ne parle pas la bouche pleine, Yohji-kun, admonesta Omi avec un sourire moqueur.

– Je disais, mais depuis toujours ! J'essaye désespérément de parfaire ton éducation sexuelle mais tu refuses tous les rencards que je te propose. Si tu veux rester vierge toute ta vie, tient qu'à toi.

Omi le fusilla du regard avant de se jeter sur lui pour essayer de l'étrangler, engageant une lutte gentillette quoique musclée.

– Ah ! Omi ! Non pas mes cheveux ! OMI ! A l'aide ! Kenken ! Au viol !

– Nan mais qui voudrait te violer[S1] , sérieusement !

Les deux blonds se tournèrent vers Ken qui se laissa choir dans le fauteuil. Lui aussi avait l'air d'avoir le moral à zéro.

– Vas-y Omi, tue-le, je t'aiderai à faire disparaître le corps.

– Merci Ken-kun ! Lança le plus jeune avec un sourire immense avant de retourner à l'attaque.

– Ken ! Espèce de traître ! Omi pas les chatouilles ! Aïe ! Ow ! FAUX FRÈRES !

Ken se mit à rire devant la mine défaite de son compagnon, martyrisé par un hacker d'à peine dix-sept ans et cinquante kilos tout mouillés.

« On fait une belle brochette de tarés quand même ! »

Une seule ombre au tableau de son point de vue, l'absence d'Aya… Le jeune homme avec qui il n'avait pourtant de cesse de se crêper le chignon occupait de plus en plus souvent ses pensées. Au début, il s'était dit que c'était un béguin passager, une lubie qui passerait en quelques semaines. Ils vivaient en contact étroit, travaillaient ensemble nuit et jour dans un milieu extrêmement confiné. Leur vie ne leur permettait que peu d'échappatoires et de loisirs alors qu'ils vivaient pour ainsi dire les uns sur les autres. Kritiker avait d'ailleurs peiné à rénover le Koneko, ce qui leur avait permis notamment à lui et Omi d'avoir leur chambres respectives quand Yohji avait été catapulté chez eux. Ca n'avait donc rien d'étonnant à ce que ce genre de sentiments puissent naître. Omi lui avait avoué, il y avait très longtemps, avoir eu un petit faible pour Birman. Ca lui avait paru bizarre au début, mais Omi lui avait expliqué que s'il connaissait Manx depuis presque toujours, il n'avait avec Birman que des rapports purement professionnels à l'époque. Elle ne faisait que déposer les dossiers et il l'avait toujours trouvé très belle. Un coup de cœur de gamin en somme. Depuis, ils étaient devenus amis. Pour Ken par contre, ça commençait à devenir un peu gênant, vu que Yohji ne manquait pas d'exploiter ses rêveries. Il était devenu incapable de se concentrer sur quelque chose pendant très longtemps...

– Allô ? Planète Kenken, ici la Terre répondez !

Bah tiens.

– A ton avis, il est mort ? Demanda Yohji à Omi.

– On dirait bien… Ken-kun, tu es là ? Wake up ! Fit le plus jeune en claquant des doigts devant le visage de son meilleur ami qui eut un sursaut impressionnant.

– Kwa ?

– Ah non, il n'est point décédaïed… Se moqua Yohji en allumant une cigarette.

– Ah non pas ici ! Ca pue ! Râla Omi.

– Oh ! Mais on ne peut même plus se pourrir les poumons en paix ma parole !

– Non, on ne peut pas. Et certainement pas dans le salon.

– Les gars… Interpella Ken avant que la dispute ne s'envenime.

Les deux autres cessèrent un instant de se chamailler pour le laisser parler. C'est qu'ils adoraient s'engueuler ces deux-là, ça faisait un peu partie de la vie de tous les jours.

– Qu'est-ce qui s'est dit avec Schuldig ce matin ?

Yohji perdit son sourire et se renfonça dans le canapé.

– Ah, oui… Il est bien venu nous demander de l'aide.

– Alors ce ne serait pas un plan tordu ?

– Non, mais bon… Comme on le pensait, il y a eu un « os ». Apparemment, ils sont tombés dans une embuscade et Schuldig a réussi à se libérer pour venir ici.

– Et pourquoi nous ? Demanda Ken. Je veux dire, on s'est souvent opposé à eux dans le passé, ils ont failli nous buter… Ouh là j'ai perdu l'compte. Et on n'est pas franchement la cavalerie. Si eux se sont fait rétamer, nous on va finir en pâtée pour clebs.

– Parce que l'union fait la force, mes petits chats.

Les garçons interrompus dans leur conciliabule se retournèrent pour voir que Schuldig les avait rejoints, très discrètement. Sa démarche claudicante était le seul signe qu'il avait mal, en dehors de ça, il donnait plutôt bien le change malgré son visage couvert de bleus. Il faisait peine à voir.

– Oh, ça va épargnez-moi votre pitié, j'en ai pas besoin.

– T'écoutes aux portes ?

– C'est pas ma faute, on n'entend que vous.

– Pff. Viens t'asseoir, va, fit Yohji en le laissant prendre place près de lui.

Schuldig fit quelques pas vacillants pour venir s'installer près de l'ancien détective privé. Omi se déplaça sur l'accoudoir du canapé pour lui laisser la place, s'écartant de lui machinalement.

– J'vous dois des explications. Dommage que votre grand chef n'soit pas là… Mais bref.

– Si tu nous racontais ce que tu sais ? Demanda Omi.

Il ne souhaitait pas braquer le rouquin mais si vraiment les Schwarz avaient été vaincus malgré leur puissance et que les mêmes personnes étaient à leur poursuite, ils devaient savoir ce qui les attendait. Autant dire, que du bonheur.

– Déjà, merci.

– Pour quoi, ne pas t'avoir tué à vue ?

– C'est l'idée, dit Schuldig en grimaçant quand une des balafres de son dos toucha le canapé.

Il avisa ensuite le paquet de cigarettes de Yohji qui traînait sur la table basse.

– Je peux ?

Omi soupira, vaincu.

– Fais-toi plaisir.

Schuldig prit une cigarette et Yohji lui tendit un briquet, profitant aussi de la situation pour s'en griller une. Ken attrapa un récipient sur un meuble pour servir de cendrier. Mieux valait ne pas trop tirer sur la patience d'Omi. Après avoir aspiré une ou deux bouffées de tabac, Schuldig reprit la parole.

– En fait, Brad n'avait pas prévu que ça nous tomberait dessus. Nous n'avons donc pas pu nous défendre. Ils avaient tout prévu. Pistolets tranquillisants, tazer, entraves et menottes…. On n'a rien pu faire. Lorsqu'ils nous sont tombés dessus, on a essayé, mais ils étaient beaucoup plus nombreux et nos pouvoirs ne répondaient pas… J'crois que la drogue les neutralisait.

– Et tout ça, toutes tes blessures… Fit Ken en désignant son état général. J'imagine que ce n'est pas que défensif.

– Bien vu.

Un éclat de souffrance passa dans ses yeux et il marqua une pause. Il tira une longue bouffée de sa cigarette.

– Bien sûr, ils nous ont mis des sacs sur la tête. J'ai cru que j'allais étouffer tellement c'était serré. On a dû être jetés dans une camionnette, un truc comme ça. Je les entendais taper sur Farf. A un moment j'ai cru qu'il était mort, je l'entendais plus. Ils s'en sont aussi pris à Nagi. C'est le plus faible et… Bref.… Tout ça quoi.

Schuldig s'arrêta dans son récit. Inutile de s'enfoncer dans les détails pénibles, il ne tenait pas spécialement à revivre tout ça. La scène rejouait déjà en boucle dans sa tête en permanence. Il appuya le talon de ses mains sur ses yeux fatigués.

Il revoyait Farfarello rire au nez de ses tortionnaires, qui enragés, l'avait battu à mort. Enfin, c'est ce qu'il avait cru. Il entendait les hurlements de Nagi, ses pleurs, alors qu'il essayait de se protéger comme il pouvait, roulé en boule, les bras rabattus sur son visage d'enfant. Il revoyait le regard de Brad, qui semblait lui dire de ne pas s'inquiéter, que ça irait malgré les coups qui pleuvaient sur eux, malgré leurs pouvoirs qui ne répondaient plus. Une main se posa sur son épaule, le sortant de sa transe. Il leva les yeux pour rencontrer le regard doux de Yohji.

– Tu n'es pas obligé de continuer, tu sais.

Schuldig le fixa un moment, étonné de sa compassion pour lui et ses états d'âme. Après tout, il n'était que leur ennemi. Un type qui avait essayé de les assassiner de nombreuses fois. Le type qui avait tué Ouka Takatori. Un monstre, quoi. Omi avait jusque là été très patient près de lui, attentionné même. Signe que finalement, la pitié n'était pas si mauvais signe. Son état déplorable l'avait sans doute fait un peu rentrer dans les bonnes grâces du tireur d'élite.

– Faut bien, répondit Schuldig d'un air affligé.

Il écrasa son mégot et alluma une autre cigarette. S'il vivait assez longtemps jusque là, il paierait un autre paquet à Yohji.

– On s'est retrouvé dans ce qui ressemblait à une prison ultra-perfectionnée. C'est pendant le transfert dans ce bâtiment que nos pouvoirs ont commencé à revenir. Nagi m'a libéré et Brad m'a hurlé de courir. Il m'a dit de venir ici, pour que je trouve de l'aide. Je n'ai pas réfléchi. J'ai couru jusqu'ici. Ils ont essayé de me courir après mais je suis le plus rapide. C'est comme ça que j'ai récupéré la blessure par balle… Enfin, je crois. J'suis même pas sûr.

– Bien… Et tu penses vraiment que nous pouvons t'aider ? Demanda Omi.

L'allemand secoua négativement la tête.

– J'en ai foutrement aucune idée. Mais c'est Brad qui m'a dit de venir ici. C'est un Oracle. Je pense que je peux avoir confiance en ses prévisions.

– Il n'avait pas prévu l'attaque, pourtant, observa Ken.

« Merci gamin de mettre le doigt là où ça fait mal… »

– Effectivement. Nos pouvoirs ne sont pas infaillibles, et c'est encore plus vrai pour les visions. C'est toujours très fluctuant, très difficile à provoquer… On n'est que des hommes, dit-il avec un rictus amer.

– Crawford t'a-t-il dit autre chose ? Demanda Omi en se redressant un peu.

– Venir ici. Eviter Kritiker. C'est à peu près tout, mais il a dû voir aussi pour vous, parce qu'il a mentionné quelque chose mais ce n'était pas clair. Moi en tout cas, j'ai bien « entendu » que quelque chose vous concernait. Et à mon avis, ils viendront pas vous acheter des fleurs.

– Kritiker est déjà au courant que tu es là.

– Il faudrait les convaincre que je suis parti. L'idéal ça serait de leur dire que vous m'avez flingué, tiens…

– Ah, idée délectable au demeurant, Schuldig, mais ils demanderont sans doute à autopsier ton corps, et je ne vois pas comment je pourrai justifier l'absence de cadavre d'un mec que j'aurai buté dans mon lit, dit Yohji.

Ken acquiesça avec une moue critique aux lèvres :

– Clairement. Et toutes nos autres planques sont surveillées. Autant dire que tu es plus en sécurité ici qu'ailleurs.

– Avec ce qui s'est déjà produit au sein de Kritiker, on devrait peut-être penser à y remédier, d'ailleurs.

– Bon, on décide quoi ? Dit Yohji pour recadrer un peu le débat.

Il devait savoir si les deux autres étaient près à aider Schuldig et accessoirement, à faire front face à Aya et toute l'organisation de Persia. Oh ils allaient y laisser des plumes[S2] dans cette histoire. Ca commençait à sentir vraiment mauvais.

– Omi ?

Le blondinet se mordillait la lèvre. Il faisait toujours ça quand il réfléchissait à quelque chose d'important… Une décision qui affecterait probablement de leur avenir à tous. Se lancer sans attendre les ordres de Persia risquait de leur coûter très cher.

– Si effectivement, nous devions être attaqués par un commando surentrainé, de l'aide serait la bienvenue.

Omi, pragmatique, comme toujours. Il avait entièrement raison et avait analysé la situation en toute impartialité, ayant réussi à mettre de coté son animosité envers les Schwarz en général et Schuldig en particulier.

– S'ils sont capables de vous neutraliser, malgré vos habilités physiques et psychiques, ils représentent un danger pour la population. Nous devons faire quelque chose, ne serait-ce que dans l'éventualité d'une attaque, déclara l'adolescent d'une voix très sérieuse.

– Ken ? Interpella Yohji.

Le brun haussa les épaules.

– Il a tout dit, rien à ajouter. S'ils en ont après nous, clairement, on s'en sortira pas. Il faut frapper les premiers.

– Bon. On est d'accord. Maintenant il va falloir convaincre Aya et ça…

– Il va pas aimer, dit Omi.

– Tu m'étonnes, murmura Schuldig en écrasant sa deuxième cigarette

Il fumait vraiment comme un pompier. S'il survivait à tout ça, il se promit aussi de se mettre aux patchs.

– Vous vous rendez bien compte de la dangerosité de la chose ? J'veux dire…

– On a vu les marques sur ton corps. On sait, assura Omi.

Ils eurent la surprise de voir Schuldig rougir un peu. Ce n'était pas de la pudeur, surtout de l'embarras. Sa faiblesse lui faisait honte, mais il l'avait dit plus tôt, il n'était qu'un homme.

– Alors c'est décidé. On se lance, trancha Yohji.

Pour la première fois depuis qu'ils l'affrontaient, les trois assassins purent voir du soulagement et quelque chose comme de la joie passer sur le visage de Schuldig. Il ne leur avait jamais été donné de lui voir une telle expression et il enfouit son visage dans ses mains pour se cacher, le temps de se ressaisir.

Il allait pouvoir sauver son équipe. Il pourrait embrasser Brad, serrer Farfie et Nagi dans ses bras !

Ils pourraient rentrer tous ensemble à la maison, squatter tous les quatre le grand lit de Brad jusqu'à ce que le sommeil ne les emporte. Jusqu'à ce que Brad finisse par râler qu'il n'avait pas de place et aille se caler dans le canapé, abandonnant son lit à Schu et Nagi qui dormaient profondément pendant que Jei se marrait.

Ils pourraient être ensemble, à nouveau. Peut-être.

– Oh là, arrête ça !

Schuldig releva la tête pour voir les trois Weiss se tenir la tête, comme en proie à une grosse migraine.

– Quoi ?

– Tes images ! Putain tu fuis, quoi ! Râla Ken, poétique comme toujours.

– Je « fuis » ? Oh scheisse…. Désolé, dit-il doucement.

Il comprit un peu tard qu'il avait projeté autour de lui ses pensées au travers de son bouclier mental fragilisé. Bien sûr, à la maison, ça n'arrivait pas avec ses compagnons mais ici, entouré de non-psychiques, c'était fatal ! Et en dehors de l'incident de la matinée avec Aya, il n'avait aucun autre souci de télépathie à déplorer, ce qui dans son état était plutôt réconfortant. Ca voulait dire qu'il n'était pas en si mauvaise forme et que les produits injectés dans son corps n'avaient pas altéré son pouvoir. Alors que les Weiss le dévisageaient avec étonnement et aussi de la compassion, Omi lui dédia un sourire un peu craintif, un peu désolé mais plein de promesses.

« Ah, what could have been… », aurait dit Brad.

– On va essayer de te les ramener, d'accord ?

Il décida de rallier le sous-sol pour entamer des recherches sans perdre de temps afin d'essayer de localiser le reste des Schwarz. Ils avaient assez tardés comme ça, et s'il en croyait l'inquiétude de Schuldig, ils devaient agir vite. En cas de kidnapping, les premières soixante-douze heures étaient décisives. Schuldig était arrivé samedi matin. On était lundi soir. Le délai commençait à être sévèrement attaqué.

– Il va me falloir vos numéros de portable, je peux peut-être essayer de faire une triangulation s'ils n'ont pas été détruits ou au moins savoir où ils ont émis un signal en dernier. Est-ce que tu te souviens d'un élément qui pourrait m'aider à localiser l'endroit ? Un bâtiment, un quartier, une pancarte ? C'était loin ?

– Je suis pas sûr. J'ai peut-être perdu connaissance pendant le transport. Ca m'a pas parut très long mais ça pourrait très bien être hors de Tokyo.

Soudain, Schuldig blémit et se figea. Il releva rapidement sa manche avant de scruter frénétiquement son bras gauche puis fit de même avec le droit, soulevant les pansements pour voir ce qu'il y avait dessous.

– Ca va pas ? Appela Ken, étonné de son agitation pendant que Yohji essayait de calmer le jeune homme survolté.

– C'est pas possible, c'est pas possible ! Merde c'est pas possible !

– Qu'est-ce qu'il y a ?!

– Quand tu m'as fait une injection c'était dans le bras droit hein ? C'est ça ? Demanda-t-il précipitamment à Omi.

Omi fronça les sourcils, essayant de revisualiser la scène. Le lit de Yohji était collé au mur d'un côté, donc le calcul était vite fait. Il n'avait eu accès qu'au côté droit de Schuldig pour lui faire l'injection.

– Le droit oui.

– Y en a eu des autres ?

– Non. Tout le reste tu l'as pris par voie orale. Qu'est-ce qui ne va pas ?

– Du sang… Ils m'ont prit du sang… Regarde-là, sur le bras gauche !

Omi se rapprocha pour examiner la portion de peau au creux du coude gauche que le télépathe lui montrait. Il y avait effectivement plusieurs traces de piqûres. C'était léger, mais c'était là. Il cicatrisait tellement vite que c'était déjà une gageure de le deviner encore un peu.

Les Weiss partagèrent un regard inquiet et surpris. Quel intérêt pouvait-il y avoir à prélever du sang à Schuldig ?


Notes : Ah ah… Mystère mystère n'est-ce pas ? Bon, allez, je suis sûre que vous avez déjà une petite idée !

Moi je sais euh euh ! Oui, je sais, c'est puéril.

Alors, je suis en plein dilemme, qu'est-ce que je fais…

Je tue les Schwarz ou je les tue pas…

Hmm… Ca se discute...

Bon, en attendant de me décider, je vais martyriser un peu Bradounet... J'aime le martyriser...

Commentaires :

[S1] 26/01/2015. Harsher in hindsight, comme on dit en angliche.

[S2] 26/01/2015. Oh tu n'as pas idée.