Titre : Meilleurs Ennemis (tss…)

Auteur : Syhdaal

Genre : Prise de conscience… Ou de tête c'est selon.

Base : Weiss Kreuz

Couples : Constatez par vous-même… On me pousse encore au crime.

Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…

Ah la vache j'y crois pas ! J'attaque la dizaine ! UN MIRACLE !

Et ben, c'est bien la première fois que ça m'arrive d'aller aussi loin sur une fic aussi… Space[S1] .

Bon, je dois avouer que quelqu'un me fait du chantage pour que je finisse mes fics…

J'aime bien quand c'est pas terminé moi ! Mais bon, un chapitre = un dessin… Forcément, ça vaut le coup… Dis Am-chan, tu me fais mon Kenken la prochaine fois[S2] ?

P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.


Meilleurs Ennemis

Chapitre 10

C'est l'estomac noué que Schuldig se réveilla dans la nuit. Les rideaux étaient simplement tirés mais le jour ne s'était pas levé. Il se serra un peu plus contre le corps chaud à ses côtés avant de sentir le sommeil l'envahir à nouveau. Yohji était resté.

« Schu… »

Le jeune homme se redressa brusquement.

– Brad ? Appela-t-il, les larmes aux yeux.

Réveillé en sursaut par le cri de son compagnon, Yohji soupira et ouvrit un œil.

– Schuldig ? Qu'est-ce qui te prend ?

– … C'est Brad ! Je…

Voyant immédiatement où il voulait en venir, Yohji soupira de nouveau en regardant son réveil… Qui indiquait cinq heures du matin.

– Il est trop tôt, tu pourrais mettre ça de côté le temps que le soleil se lève ?

– J'ai… J'ai oublié Brad… Il faut que j'aille le chercher… Brad… Il faut…

– Mais non, mais non, tu ne l'as pas oublié… Marmonna le grand blond en jetant un bras en travers de ses yeux.

Il tira Schuldig par le bras pour le forcer à se rallonger.

– Ecoute Schuldig, on va aller les chercher, mais il faut qu'on se prépare. Okay ? Et c'est pas en manquant de sommeil qu'on y arrivera. Nous aurons besoin de toi, alors arrête de paniquer, et repose-toi.

– Comment tu veux que je me « repose » alors que mes amis sont en train de se faire torturer ?

– Si ils t'ont libéré, c'est qu'ils savent que tu viendras les chercher.

– J'en suis incapable, ils le savent, ils vont mourir là-bas à cause de moi, bredouilla le télépathe la voix tremblante.

Yohji attira le jeune homme contre lui et le serra dans ses bras. Fort.

– Shh… Ca va aller, je te l'ai déjà dit. Tu les reverras. Vivants.

Schuldig ferma les yeux un court instant. Des images de Brad dansèrent sous ses paupières closes.

– Si seulement.

######

Lorsqu'Aya s'éveilla, son premier geste fut de tourner la tête pour savoir s'il était seul. Et à son immense désappointement… Et bien non. Cette tête de mule de Ken avait décidé envers et contre tout de passer la nuit sur une chaise. Le jeune homme déjà en équilibre assez incertain sur sa chaise, piquait dangereusement du nez. Aya se laissa retomber sur son oreiller en soufflant.

– Pffff…

Se redressant de nouveau, il considéra un moment réveiller son équipier et hésita entre le secouer ou le laisser s'effondrer vers le sol à moitié endormi. Il haussa un sourcil à sa propre petite voix intérieure.

« Je deviens sadique maintenant moi ? »

Il se redressa dans son lit, se sentant déjà nettement mieux. Le repos et deux trois comprimés effervescents avaient fait le travail. Il avait horreur d'être materné mais dans l'ensemble, Ken avait fermé sa bouche, plongé dans un magazine et ne lui avait pas trop pris la tête sur sa santé qu'il avait, peut-être de temps en temps, tendance à mettre en péril. D'ailleurs, en revenant au fanatique du ballon rond, il fallait peut-être qu'il le réveille.

Aya s'étira lentement avant de se lever dans le plus grand silence, s'approchant de la chaise où Ken tentait de finir, ou plutôt de commencer sa nuit. Il décida d'y aller doucement, ils avaient tous tendance à avoir des réveils explosifs. Posant une main sur l'épaule de son cadet, il le secoua en l'appelant d'une voix neutre et calme.

– Ken… Ken réveille-toi.

Ken bougonna dans son demi-sommeil et s'ébroua pour se débarrasser de sa main. Aya le secoua un peu plus fort.

– Allez, debout !

Le brun se réveilla en sursaut pour apercevoir Aya penché sur lui. Reculant brusquement, il se rejeta en arrière et sa chaise bascula. Oh ça allait faire mal ! Il ravala le juron en attendant l'impact mais deux mains puissantes se refermèrent sur ses épaules, lui épargnant de commencer sa journée d'une façon bien douloureuse. Ouvrant prudemment un œil, il se rendit compte que son nez ne se trouvait qu'à quelques petits centimètres de celui d'Aya qui s'était arc-bouté par-dessus lui pour le rattraper, et son crâne suspendu pas bien loin au-dessus du parquet. Ken déglutit difficilement, un peu choqué et Aya l'aida à se relever sans trébucher sur la chaise renversée au sol.

– Ca va ?

– Ca va… Merci… Et-et toi ? Demanda le brun avec des mots un peu balbutiants.

– Tout va bien. Tu n'aurais pas dû rester toute la nuit.

Ken s'empourpra à nouveau, un peu gêné. Décidemment, il n'en ratait pas une.

– C'est quand la dernière fois que tu as fait une nuit complète ?

Un peu surpris par la question, Ken haussa les épaules, peu enclin à repasser les derniers jours en revue. De toute façon, il était un couche-tard notoire et il peinait de plus en plus à trouver le sommeil. Aya lui jeta un regard circonspect.

– Samedi ?

– Moui, peut-être.

Aya fit un rapide calcul. Samedi soir, Yohji s'était chargé de veiller sur Schuldig jusqu'au milieu de la nuit, puis Ken avait pris le relais. Dans la nuit de dimanche à lundi, Omi et Ken étaient partis en mission très tard dans la nuit, mais de mémoire, étaient revenus plus tôt que prévu. Ca faisait quand même un bon quatre heures du matin et il avait enchaîné sur le premier service au Koneko pendant qu'Omi partait au lycée. Et cette nuit, il avait passé des heures à le veiller, s'endormant probablement aux premières lueurs de l'aube. Il réalisa que s'il avait été opérationnel, ses équipiers auraient pu souffler un peu. Omi enchaînait déjà cours, boulot au magasin et missions à longueur de semaines. Eux trois se chargeaient de faire tourner le magasin la majorité du temps et de l'entretien de la maison. Mais avec Schuldig sur les bras et lui malade, il se rendit compte que c'était devenu ingérable en un week-end et aucun d'entre eux ne s'était plaint, surtout pas Ken qui affichait toujours une pêche d'enfer avec un compteur d'heures de sommeil en négatif.

– Hidaka, tu as dormi combien de temps ces dernières soixante-douze heures ?

Ken fit mine de compter sur ses doigts, ignorant royalement le ton plein de reproches de son leader.

– Oh, plein.

– Va te coucher.

– Quoi ? Mais je peux pas ! J'ai le service du matin toute la semaine et je dois encore aller courir et ce soir je vois les gosses et…

Aya leva la main pour faire taire son ami.

– Pour le Koneko, je m'en occupe. Tu peux te passer de ton footing pour une fois. Va dormir.

– Mais…

– Vas-y, exigea calmement l'aîné.

La prise de tête caractérisée qu'il sentait poindre à l'horizon menaçait de lui coller une nouvelle migraine entre les deux oreilles, mais finalement, Ken céda. Peut-être s'était-il rendu compte qu'il était fatigué. Ou alors, pour une fois il avait décidé d'être raisonnable et de l'écouter, une chose qui n'était généralement pas gagnée quand on regardait leur historique en matière d'engueulade.

Vêtements propres en main, il profita longuement de la salle de bain et une fois habillé de frais, il prit quelques instants de réflexion en passant devant la chambre de Yohji. Ken devait se reposer et Omi n'allait pas tarder à filer en cours, criant qu'il était en retard. Il n'était pas sûr dans son état encore un peu vasouilleux de pouvoir assurer le fonctionnement du Koneko tout seul, et si Yohji méritait lui aussi un peu de repos, ça compenserait pour les heures qu'il passait à glandouiller sur le comptoir du magasin.

Il frappa assez fort à la porte car Yohji avait le sommeil lourd. Pas de réponse.

Mais Schuldig occupait toujours la chambre de Yohji. Pris d'un mauvais pressentiment, Aya ouvrit silencieusement la porte, anxieux. Si personne ne répondait, se pourrait-il que quelque chose ait mal tourné ? Il s'attendait presque à voir un Yohji baignant dans son sang que dominerait Mastermind avec un sourire triomphant. Il s'était préparé à un spectacle sanglant, assassin mais ce qu'il vit dépassa son entendement. Il fut d'abord estomaqué, croyant qu'il avait la berlue, puis sentit une colère terrible battre à ses tempes. Yohji dormait avec Schuldig. Son équipier Kudoh Yohji, nom de code Balinese, était allongé auprès de leur pire ennemi le Mastermind.

– MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ?! KUDOH ESPECE DE TRAITRE !

Le hurlement tira les deux hommes de leur sommeil réparateur en catastrophe, juste à temps pour voir Aya se jeter sur son équipier avec une vocifération d'assassin psychotique. Enragé, Aya tira violemment Yohji du lit et lui asséna un violent crochet du droit avant de le plaquer au mur, menaçant de l'étrangler. Yohji ne put même pas faire un geste pour se défendre, tentant vainement de desserrer l'emprise qu'Aya avait sur sa gorge.

– Je vais te buter !

Alerté par les hurlements, Ken tomba du lit et se rua dans la chambre de Yohji où, livide, il vit la scène complètement surréaliste. Il se jeta aussitôt sur Aya pour le tirer en arrière.

– AYA ARRETE ! ARRETE ! TU VAS LE TUER !

– C'EST-CE QUE JE VAIS FAIRE OUAIS !

Le rouquin se débattit en crachant des insanités au visage de ses équipiers.

– Lâche-moi ! LACHE-MOI J'VAIS ME LE FAIRE ! Espèce de salaud t'es qu'un sale traitre ! Tu nous as vendus aux Schwarz ! AUX SCHWARZ !

Schuldig se recroquevilla sur lui-même par terre, là où il était tombé. La haine de Aya, sa colère, son dégoût. La peur dans le cœur de Yohji, celle de Ken…

C'était trop. Trop douloureux à entendre, à supporter. Le sang battait à ses tempes, il n'entendait plus rien à part les martèlements amplifiés de son cœur qui résonnaient à ses oreilles. Le télépathe fit la seule chose qu'il pouvait faire dans ces cas-là, quand la douleur prenait le dessus. Il posa ses mains sur ses oreilles et hurla.

Yohji qui était tombé par terre à bout de souffle quand Aya l'avait lâché, se redressa difficilement et rampa jusqu'à Schuldig qui hurlait toujours et là, tout de suite, il voulait vraiment qu'il se taise. Il l'enlaça et commença à le bercer doucement en lui demandant tout bas de se calmer, d'arrêter de crier, que ça irait.

Ken avait réussi à traîner Aya de force dans le couloir, claquant la porte dans le processus. Aya continuait de vociférer comme un cinglé et Ken faillit lui mettre son poing dans la figure pour bonne mesure juste pour qu'il arrête de gueuler comme un putois. Au temps pour leurs échanges sympa du matin, Aya finissait toujours par chier dans la colle !

– Mais qu'est-ce que tu fous ? AYA ! Qu'est-ce qui te prend ! Hurla Ken en le secouant assez fort pour que le rouquin arrête de se débattre comme une furie.

– Qu'est-ce qu'il me prend ? QU'EST-CE QU'IL ME PREND ?! Il me prend qu'un de mes équipiers couche avec un ennemi !

– Et ça justifie UN MEURTRE CONNARD ?! Cria Ken plus fort que lui en lui lançant un coup de poing au visage.

Il frappa Aya assez fort pour que sa tête aille cogner le mur. Aya se recroquevilla, une main sur le visage. Ken ne lui laissa pas le temps de répliquer, l'attrapant par le col pour le coller au mur et l'y cogner un bon coup pour le sonner. La tête lui tourna. Il avait oublié à quel point Ken était fort.

– Quoi !

– Ca justifie un meurtre, connard ? Lui cria Ken au visage en lui cognant encore la tête contre le mur derrière lui comme si ça pouvait lui faire entrer du plomb dans le crâne.

Aya commençait sérieusement à voir trente-six chandelles. Ken l'avait plaqué au mur avec une force surprenante et ses mains le serraient assez fort aux épaules pour qu'il en ressorte avec des hématomes.

– Ca va pas bien, vous oubliez tout ce qu'il nous ont fait ! On peut pas lui faire confiance et l'autre il couche avec !

– Mais t'es vraiment trop con ! Il est venu nous demander de l'aide parce que son équipe est en train de se faire torture tu peux imaginer ? AH MAIS NON ! J'ai oublié toi tu peux pas, T'AS PAS DE CŒUR ! Tu sais quoi dans l'histoire C'EST TOI LE SALAUD !

Ken le lâcha brusquement non sans lui avoir donné une dernière bonne secousse qui le sonna pour le compte, le laissant tomber par terre. Le brun tourna les talons et réintégra la chambre de Yohji en claquant la porte. Aya resta bêtement à regarder l'endroit où Ken se trouvait quelques instants auparavant, sidéré, blessé par ce qu'il venait d'entendre. Ken ne prenait pas souvent de gants avec lui quand ils se disputaient, mais là, ça dépassait tout ce qu'ils avaient déjà pu se jeter au visage, leur première rencontre exceptée.

Le rouquin fixa la porte de la chambre de Yohji…

Il entendait des murmures.

Qu'avait-il encore fait ?

Ken avait raison. Ce n'était pas Yohji le salaud, c'était lui.


Notes : Bien ! On dirait que Aya a quelques petits problèmes existentiels, non ?

Ah le pauvre, faut le comprendre aussi. Certaines choses ne sont pas évidentes à avaler…

Commentaires :

[S1] Bon, c'est la première fois que je vais aussi loin sur une fic tout court en même temps…

[S2] Je ne sais pas si je devrais espérer, la dernière fois elle lui a mis du rouge à lèvre et du vernis à ongles… Mon pauvre Kenken ! Je me demande si sur Brad et Treize ça rendrait bien le rose bonbon… Ca pourrait faire concurrence à Réléna ah ah ah ! J'l'aurais ma vengeance !