Titre : Meilleurs Ennemis (j'épargne le dernier chap)
Auteur : Syhdaal
Genre : Nul
Base : Weiss Kreuz
Couples : Brad x Schu… Et Yohji ! Et… Non, je peux pas le dire, j'ai trop honte…
Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…
Les couples de la mort qui tue je les fais dans ce chap ou je m'appelle plus Syhd-chan ! Bon, okay, je m'appelle pas comme ça, mais le problème n'est pas là. C'est que je me fais martyriser au lycée si je fais pas mes chapitres moi…
A la bande de malades qui me harcèle en cours : read on my lips ! Je prends le prochain avion pour le Sahara, salut !
/ Blablabla. / : Conversations télépathiques
P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.
Meilleurs Ennemis
Chapitre 16
A dix heures sonna l'heure fatidique d'ouvrir le Koneko, quand tout le monde fut finalement nourri, soigné, douché et habillé de frais. Aya avait consenti à délayer l'ouverture d'une heure pour qu'ils puissent souffler un peu. Yohji s'effondra un peu plus sur sa chaise, noyant de nouveau son désespoir dans un verre de coca. Pas light, avec plein de caféine de préférence, quelque chose qu'il faisait décidemment de plus en plus souvent. La journée s'annonçait excessivement longue et fatigante après une telle nuit blanche. C'était sans compter la fatigue accumulée des jours précédents, quand Omi, Ken et lui avaient dû gérer un Schuldig blessé, un Aya malade, un magasin plein à craquer, les crises familiales et une mission de rescousse-suicide… Rien que de très habituel pour eux, en somme. Il jeta un coup d'œil à Aya, plongé dans ses pensées à ses côtés, perdu dans l'observation de l'évier de la cuisine. Lui aussi devait être épuisé, à peine remis de son coup de mou du début de semaine. Yohji embarqua avec lui sa canette de soda en lâchant un vague renseignement sur le Koneko qu'Aya ne saisit pas tout à fait. Il n'écoutait pas.
Ils avaient tous essayé de surveiller étroitement Farfarello, qui ne semblait pas plus affecté par ses blessures que par sa nuit blanche. Les Weiss avaient décidé de mettre cela sur le compte de la « drogue en cours d'élaboration ». Le jeune homme borgne n'avait plus montré signe de comportement violent depuis que Ken et Schuldig l'avaient ramené de sa courte escapade. Yohji soupçonnait que Schuldig avait quelque chose à voir là-dedans mais sans certitude car aucun des autres membres de Schwarz n'avait émergé. Vu qu'ils héritaient de fait de la garde de Farfarello, ça ne les arrangeait pas des masses : personne ne voulait avoir affaire à un Farfarello déchaîné.
Quant à Nagi, tous redoutaient sa réaction à son réveil. Si cette nuit ils étaient pris dans le tourbillon de l'après-mission, urgence et nécessité faisant loi, il faudrait sûrement faire face aux larmes et à la colère aujourd'hui. Schuldig avait dit qu'il serait là à son réveil, mais vu son état d'épuisement, les Weiss en doutaient fortement. Farfarello serait au moins présent, mais serait-il capable de calmer un télékinésiste terrifié ?
Aya se lava distraitement les mains, hésitant à se mettre la tête sous l'eau froide pour bien se réveiller. Schuldig avait dit qu'ils allaient partir. Trouver un nouvel endroit sûr où loger serait donc la priorité. Omi et Yohji, avertis de l'état de Nagi, avaient déjà commencé leurs recherches et mis de côté quelques adresses triées sur le volet.
Autre chose taraudait Aya. Il avait effectivement reçut un coup de téléphone de Manx au dernier moment, lui ordonnant de participer à la mission. Kritiker savait donc pertinemment que des ennemis d'une puissance supérieure à celle des Schwarz se promenaient librement dans la ville. L'organisation était aussi au courant que les Schwarz étaient chez eux au grand complet. Omi avait déjà tapé un rapport de mission et l'avait envoyé à Manx avant huit heures du matin. Il avait lu ce débriefing en diagonale. Omi avait passé sous silence quelques éléments majeurs, de la situation de Nagi aux pouvoirs envolés des Schwarz. Est-ce que ces informations étaient en sécurité ? Etait-ce bien sûr de donner libre accès à toutes ces informations sensibles à Kritiker ? L'arrivée de Schuldig samedi au Koneko avait relancé ses tendances paranoïaques.
« Vous êtes… Sur… Leur liste… »
Se pourrait-il que les personnes qui s'en étaient pris aux Schwarz s'en prennent aussi à eux ? Machinalement, Aya toucha du bois. Maintenant qu'un problème était réglé, il lui fallait mettre son équipe à l'abri et pour ça peut-être collaborer avec les Schwarz. Il n'était pas forcément sujet aux intuitions fulgurantes mais il avait appris à les écouter, comme ses compagnons. Un mauvais pressentiment pouvait leur sauver la vie. Il avait d'ores et déjà demandé à Omi de vérifier si personne ne les espionnait, s'il n'y avait pas de mouchards dans la maison ou leurs véhicules. Pour le moment, pas de résultats concluants. Qui pouvait donc être assez fort pour mettre Schwarz hors jeu ? Une rémanence d'Esset ? Une corruption du gouvernement ? Un autre groupe de psychiques surentrainés ? Ils avaient déjà fait face à tant de choses invraisemblables.
– Hey, Aya-kun, wake up ! Lança joyeusement la voix de Ken qui passait devant lui.
Aya leva les yeux sur son jeune compagnon et esquissa un sourire discret. Ken était infatigable et plein de vie. Par certains côtés, son enthousiasme à toute épreuve lui rappelait aussi sa petite sœur. Elle vivait en sécurité à présent, bien loin de lui. Le sourire radieux que Ken lui lança lui rappela aussi qu'il lui devait des excuses, ainsi qu'à Yohji. Mais ça viendrait plus tard. Aujourd'hui, ils devaient juste essayer de fonctionner.
– On va bientôt ouvrir le magasin. Yohji y est déjà.
– Tu parles, il est parti s'échouer sur le comptoir comme une vieille baleine !
– Tu sais ce qu'elle te dit la vieille baleine ? Sale gosse. Vous radinez ou quoi ? Je n'affronte pas le raz-de-marée humain tout seul, râla Yohji en passant la tête dans la cuisine.
– Je cherche juste de quoi occuper Farfarello. On peut quand même pas le laisser sans surveillance dans le magasin. Il va bouffer un client… Aïe !
Le brun se retourna, sa main sur le haut de sa tête, là où il avait reçut le coup. Il fixa un Farfarello impassible pendnat qu'en arrière-plan, ça ricanait sévère. Yohji, très satisfait de ce châtiment, s'en retourna vers le magasin.
– Idiot. Je suis psychopathe. Pas cannibale.
– C'est quoi la différence ?
– Je suis végétarien.
– Mais bien sûr ! Et l'histoire de la petite marmotte, tu la connais ? C'est pas moi qui fais des léchouilles à mes couteaux plein de sang, hein.
– Je suis un vampire végétarien.
– Farfarello.
– Quoi ?
– Arrête, tu craques complètement, lui rétorqua Ken le plus sérieusement du monde.
Les yeux mauves d'Aya allèrent de l'un à l'autre, incapable de savoir s'il devait hurler de rire ou de peur. Ken et son opposant complètement siphonné étaient en train de discuter comme s'ils s'étaient toujours connus. C'était l'effet de la drogue ? De Schuldig ? D'une déité qui avait eu pitié d'eux ? Il secoua la tête, sidéré. Farfarello se contenta de le fixer, ignorant Ken qui babillait dans son coin, plus pour lutter contre la fatigue que par réelle envie de parler.
– Je suis fou. Ne l'oublie pas.
– Je ne risque pas.
Farfarello se fendit d'un sourire.
– Ah oui ?
Aya décida de sagement l'ignorer. Finalement, le malade commençait à lui taper sur les nerfs. Drogue ou pas, ça ne lui paraissait pas naturel d'avoir Farfarello déambulant près de lui dans la maison, il se devait de revenir sur ses commentaires précédents. La fatigue altérait sérieusement son jugement. Il en vint à penser que peut-être, le fou en savait un peu plus sur les terroristes qui avaient attaqué son équipe.
– Quoi ? Demanda le borgne, légèrement agacé par Aya qui le dévisageait depuis quelques secondes.
Encore.
– Tu as vu vos agresseurs ?
En entendant la question, Ken s'arrêta net dans son exploration des placards. Il observa étroitement le Berserker et son leader. Si jamais il lui reprenait une envie de meurtre, Aya ne ferait certainement pas le poids contre lui. Farfarello était un adversaire de taille au corps à corps, et bien qu'Aya ne soit pas mauvais il aurait dû mal à s'en défaire. Il vit une tension jusque là inexistante dans la ligne des épaules musclée de Farfarello. Ce n'était décidemment pas la bonne question à poser pour maintenir la paix des ménages mais Aya n'avait l'air de s'en rendre compte. Et on disait que c'était lui qui manquait de tact ! Farfarello jeta un regard glacial au leader des Weiss, sa bouche ayant prit un pli mécontent, pinçant ses lèvres pleines.
– Non.
– Tu es sûr ?
– Je ne les ai pas vus… Mais je pourrai reconnaître leur odeur.
Aya haussa un sourcil. Il se prenait pour un chien ou quoi ? Voilà qui n'allait pas l'aider des masses. Il décida de laisser tomber le sujet. Il était l'heure d'ouvrir le Koneko de toute façon. D'ailleurs, en parlant de ça…
– Ken, appelle Manx.
– Quoi ? Pourquoi ?
– J'ai besoin de lui parler de certaines choses. S'il le faut, on ira voir Persia.
– Du genre ?
– Quand Schuldig est arrivé, on avait des clients. Il y a des chances pour que quelqu'un apprenne qu'ils sont là.
Farfarello grogna et Aya lui jeta un regard noir.
– Je te préviens, un accès de folie comme celui de tout à l'heure et je n'hésiterai pas à me débarrasser de toi si tu mets en danger mon équipe ou les clients. Compris ?
– Hm.
– Réponds-moi ! S'énerva Aya.
– Ca ne dépend pas de moi, lâcha froidement le borgne.
Ken se serait bien claqué la tête au mur, ces deux là avaient décidé de jouer les têtes de cochons et il fallait que ça tombe sur lui ! Il n'y en avait pas un pour relever l'autre. A bout de nerfs et de patience, Aya vit rouge. Il ne supportait pas d'avoir Farfarello dans les pattes, il ne supportait pas les Schwarz et il supportait encore moins d'avoir à jouer les gardes-chiourmes. Le geste partit avant qu'il ne puisse s'en empêcher et il leva la main, prêt à abattre son poing sur la figure du Berserker. Sans réfléchir, Ken se rua entre les deux et n'eut que le temps de lever les bras pour bloquer le coup du rouquin qui arrivait droit sur lui. Heureusement qu'il avait de bons réflexes.
– Ken dégage ! Cria Aya, écumant de rage.
Le brun vit Aya se préparer à frapper de nouveau, sans considération pour lui. Il allait repousser Aya en espérant pouvoir le raisonner, la scène lui rappelant étrangement la crise avec Yohji quand il sentit une poigne de fer se refermer sur le col de son tee-shirt et le tirer violemment en arrière. Il ne vit pas ce qui se passait, comprenant juste qu'il venait d'atterrir par terre sans douceur et à moitié étranglé pour l'occasion. Il leva la tête pour voir Farfarello emprisonner le poignet d'Aya dans sa main gauche, la main droite du Berserker toujours immobilisée sur son col. Le leader des Weiss allait frapper avec l'autre main mais Farfarello libéra Ken pour bloquer le coup arrivant. Ken remarqua à quel point Aya avait l'air plus fragile comparé à Farfarello. L'Irlandais était plus grand et plus massif… Et beaucoup plus fort aussi, mais ça, lui ne le savait que trop bien. Aya était rapide, puissant et avait une grande dextérité mais en combat rapproché, c'était lui le spécialiste. Et Farfarello… Il était juste hors catégorie. Il se releva bien vite et posa avec précaution sa main sur le bras de Farfarello. Il ne souhaitait pas vraiment voir la colère de l'homme se retourner contre lui, mais si ça pouvait l'empêcher d'égorger Aya, ça ferait l'affaire pour le moment.
– Farfarello…
L'interpellé lui jeta un coup d'œil rapide. Il avait l'air très calme face à l'énervement d'Aya qui semblait complètement hors de propos en comparaison.
– Je le lâcherai quand il sera calmé.
– Je suis parfaitement calme ! Siffla Aya.
Farfarello haussa un sourcil et regarda Ken d'un air éloquent. Le brun soupira. C'était effectivement Aya qui avait commencé les hostilités, sans vraiment de raison mais il était particulièrement tendu en ce moment.
– Ecoutez, on va pas recommencer à se battre maintenant qu'on a récupéré tout le monde en vie, non ? Ce serait débile.
Aya tourna la tête, refusant obstinément de regarder Ken ou Farfarello, sentant qu'il avait clairement exagéré, pour ne pas dire carrément déconné.
– Aya, s'il te plait…
– Quoi ?
– Fais un effort… Je demande pas grand chose, juste qu'on ne s'entretue pas pendant quoi, vingt-quatre heures ? Vous deux en particulier, implora Ken en essayant clairement de l'apitoyer.
Il n'était pas aussi doué qu'Omi pour ça mais il pouvait toujours essayer. Farfarello sentit poindre sur ses lèvres un sourire goguenard.
– Pourquoi « nous deux en particulier » ?
– Mais change pas de sujet !
– C'est pas moi qui change de sujet là, se moqua le Schwarz, amusé de voir un peu de couleur sur ses joues.
– Bon ! Tu me lâches oui ?! S'énerva de nouveau Aya.
Farfarello haussa les épaules et le libéra. Aya lui jeta un regard assassin avant de partir en direction du Koneko en tapant des pieds. Ken soupira de soulagement, l'orage était passé pour le moment. Aya allait vraiment lui devoir des explications à force de sauter à la gorge de tout le monde comme ça.
– Merci Farfarello.
– Hm ?
– Tu sais… Pour…
– Hm.
– C'est fou ce que vous êtes aussi causant l'un que l'autre, vous deux ! Bizarrement dès qu'on vous met ensemble, vous êtes de vrais moulins à paroles !
Farfarello le regarda babiller tout ce qu'il voulait. Il avait compris depuis un moment déjà que Ken était comme ça, qu'il fallait qu'il relâche la pression d'une façon ou d'une autre. Et à défaut d'autre chose, parler lui permettait visiblement de se libérer d'une certaine tension.
– Nan mais c'est vrai quoi ! Qu'est-ce que ça se raconte des glaçons quand ça se rencontre ! Ben plein d'histoires de glaçons faut croire… Franchement, même en une pleine semaine avec lui, j'arrive pas à le faire causer autant que ça. Faudra que tu me dises comment tu fais paske t'es quand même doué Farfa… Quoi ? S'interrompit le jeune homme en voyant la lueur amusée dans l'oeil de son opposant de toujours.
– Tu respires entre tes phrases ?
– Ca m'arrive, pour approvisionner mon cerveau en oxygène pourquoi ?
– Hm. Ca explique ton manque de réflexion donc.
– Hein ? Hey mais je te permets pas !
– HIDAKA ! LE MAGASIN VA PAS S'OUVRIR TOUT SEUL ! Rugit Aya de la boutique.
– Oh… Le devoir m'appelle. J'ai pas envie de finir dans le ragout de ce soir, observa Ken en soupirant.
Farfarello passa devant lui, le précédant vers le Koneko.
– Je te protègerai… Lâcha-t-il d'un air mystérieux.
Ken resta planté en plein milieu de la cuisine l'espace de quelques secondes. Oh, il se comportait bizarrement le Farfarello. Lui qui avait été son pire cauchemar le traitait avec amusement et quelque chose comme de la gentillesse. Il allait en tomber des choses !
– Non mais il me fait quoi là ? Murmura-t-il. Farfarello !
L'autre ricana juste avant de filer en direction du magasin de fleurs.
« Complètement taré le dingue ! N'importe quoi ! Mon vieux Ken, ça s'arrange pas. »
Alors qu'il s'avançait dans le couloir un peu sombre, perdu dans ses pensées, Ken ne remarqua pas que quelqu'un venait de s'arrêter devant lui. Il leva les yeux juste à temps pour s'arrêter devant l'obstacle humain et vit Farfarello qui lui souriait jusqu'aux oreilles d'une façon qui ne lui disait rien de bon. Il glissa discrètement un regard de côté, espérant trouver une porte de sortie avant d'être la première victime de Farfarello. Ca y est, la drogue avait cessé de faire effet, ou alors elle atteignait finalement son paroxysme, et il allait vraiment finir par se faire bouffer.
– Fa-Farf ?
– Hm mh…
– Qu'est-ce que tu fais ?
Pour toute réponse, l'homme silencieux le prit par les épaules et l'amena à s'adosser contre le mur du couloir avec beaucoup de douceur. Il aurait pu s'enfuir, il devait s'enfuir !
– Tu ne devines pas ?
Ken secoua frénétiquement la tête.
– Allons, c'est le moment d'approvisionner ton cerveau en oxygène…
– Mais… Et puis lâche-moi !
– Je ne suis pas prêt à te laisser partir.
– Quoi ? Pourquoi ?
Il chuchotait et il ne savait même pas pourquoi. Ken eut la mauvaise surprise de voir le petit sourire amusé de Farfarello s'agrandir. Ca y est, première victime du vampire végétarien, ce serait lui. Yohji et Aya allaient le retrouver exsangue dans l'arrière-boutique, pendu à un portemanteau. Il se pencha un peu plus sur lui, et ses mains sur ses épaules diffusaient leur chaleur dans tout son corps. Ken prit une brève inspiration et s'appuya contre le mur derrière lui pour garder l'équilibre.
– A ton avis ? Aya doit vraiment être aveugle tu sais… Souffla le Schwarz au creux de son oreille.
Ken se mit à rougir sans pouvoir s'en empêcher et détourna la tête dans une vaine tentative de s'écarter de lui. Il ne sut si c'était sa voix un peu éraillée, un peu rauque qui lui envoya un frisson dans tout le corps ou si c'était juste son souffle chaud sur la peau sensible de son oreille. Encore un peu, et ses genoux le lâcheraient définitivement.
– Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans ?
– Tu es amoureux de lui, non ?
Ken se retourna vivement pour fixer Farfarello droit dans les yeux.
– Comment tu sais ça toi ?
– Je suis très observateur.
Ken grogna.
– Farfarello lâche-moi, ordonna-t-il sans être vraiment convaincant, il le savait.
Il espérait juste que Farfarello se lasserait et lui ficherait la paix. Aya allait finir par venir aux nouvelles et s'il les trouvait dans cette position, il ne donnait pas cher de leur peau à tous les deux. L'Irlandais se contenta d'un petit rire caressant.
– Ne m'en veux pas, souffla-t-il en se penchant pour lui voler un baiser.
Pétrifié, Ken ne fit pas un geste pour se défendre. Ce n'était pas grand-chose, juste ses lèvres sur les siennes, mais ce contact tendre fit clairement faiblir ses genoux déjà tremblants. Une jambe se glissa entre les siennes et les mains de Farfarello quittèrent ses épaules pour se placer sur ses côtes, sûrement pour le soutenir. Une langue taquine quémanda l'entrée de sa bouche et il hoqueta de surprise, le laissant par la même occasion approfondir ce baiser dont il ne voulait pas. Ce fut très doux, très court et Farfarello se recula avec un sourire aérien et disparut dans le magasin. Ken posa doucement une main sur ses lèvres, regardant l'endroit où Farfarello se tenait quelques minutes auparavant. Il essaya de calmer les battements fous de son cœur et de retrouver la force de mettre un pied devant l'autre après ça. Une chaleur délicieuse venait de naître au creux de son ventre… A cause de Farfarello… Okay, okay, ça faisait vraiment trop longtemps qu'il n'était pas sortit avec quelqu'un !
Il entra finalement dans le Koneko pour apercevoir Farfarello assis sur le comptoir, Yohji en train d'ouvrir le rideau métallique qui interdisait l'accès au magasin et Aya… Aya arrosait les plantes comme si de rien n'était. En voyant Ken faire son entrée, Yohji en profita pour s'éclipser en douce. Il fallait qu'il parle à Schuldig.
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A l'étage, Schuldig était bien réveillé mais plongé dans ses pensées. Sa nuit avait été courte et agitée, il avait du réveiller Brad toutes les heures. Il n'était pas médecin mais c'était tout ce qu'il pouvait faire en cas de traumatisme crânien. Il essayait en vain d'ignorer le brouhaha ambiant au rez-de-chaussée qui se répercutait directement entre ses oreilles, lui apprenant qu'Aya avait encore fait des siennes, qu'Omi avait terminé son rapport, que Farfarello s'amusait aux dépens de Ken et que Yohji… Pensait à lui.
Il avait récupéré les siens avec l'aide des Weiss. Tous vivants, mais à quel prix… Sans le soutien de Yohji et celui, bien plus surprenant d'Omi, il n'aurait jamais pu le faire. Malgré tout ce qu'il avait fait subir au cadet des Weiss, c'était lui qui avait fait tout son possible pour l'aider, menant la fronde contre Aya quand il avait fallu taper du poing sur la table.
Il fallait maintenant se tourner vers l'avenir et ça, il ne pourrait pas le faire sans les indications de Brad. La priorité serait de s'occuper de Nagi, le faire examiner, le traiter, le soutenir. Peut-être l'emmener voir un psychologue ? Il n'avait aucune idée de la direction à prendre.
La drogue testée sur Farfarello ne semblait pas trop affecter le déséquilibré, si ce n'est qu'il semblait plus spontané et nettement plus calme qu'à l'accoutumée, chose étrange pour cet homme mystérieux qui parlait très peu. Quoi qu'il en soit, il leur suffirait d'attendre que les effets de la drogue s'estompent, en espérant que ça ne cause pas des dégâts irréversibles à l'esprit déjà bien atteint de leur compagnon. Hors de question de lui faire prendre autre chose. Le télépathe tourna la tête pour voir que Brad commençait à se réveiller. Il ouvrit les yeux et dédia un sourire soulagé à Schuldig.
– Bonjour. Comment tu te sens?
– Bonjour Schu… C'est pas terrible, je dois dire.
Accoudé sur l'oreiller près de lui, Schuldig esquissa un triste sourire.
– Désolé, si j'étais venu plus tôt…
– Ce n'est pas ta faute. Rien de tout ce qui est arrivé n'est ta faute, c'est la mienne…
Brad roula sur le dos et passa ses mains sur son visage en murmurant des choses inintelligibles. Schuldig se redressa et posa une main sur son épaule, attentif à ne pas toucher une zone sensible.
– Qu'est-ce que tu dis ?
– Rien… Rien… Nagi ?
– Il dort toujours.
– Il ne se réveillera pas avant quelques heures… Murmura Crawford les yeux dans le vague.
Un silence s'étira entre eux, et Schuldig savait qu'il devait se lancer mais il n'y arrivait pas. Brad lui ôta cette épine du pied après s'être redressé en grimaçant. Il s'assit aussi confortablement qu'il put, son dos appuyé avec précaution contre la tête de lit. Schuldig l'imita, s'asseyant lui aussi pour être à sa hauteur.
– Il s'est passé quelque chose avec Yohji.
Ce n'était pas une question. Brad l'avait vu pendant sa détention… Ou alors il ne dormait pas cette nuit, quand il avait échangé quelques mots et cette étreinte avec Yohji. Comme c'était stupide de sa part de s'y être laissé aller. Schuldig acquiesça en silence. C'était dur d'admettre qu'il avait été infidèle, mais c'était pourtant le cas. Brad et lui partageait beaucoup plus qu'une relation amicale depuis un an. Il avait le sentiment d'avoir dérapé monumentalement. Autant lui avouer. De toute façon, c'était difficile de mentir à un voyant, et à Brad, il ne mentait pas. Jamais.
– J'avais espéré que pour une fois mes visions me tromperaient… Mais j'ai toujours raison, dans le fond.
– Je suis désolé… Mais… Je… Il m'a tellement aidé, tu n'étais pas là et…
– Chut. Je sais.
– Je suis… Désolé Brad.
– Menteur.
– Quoi ? S'étonna Schuldig en le regardant bizarrement, saisi par le regard intense que lui jeta son compagnon.
– Tu ne regrettes rien. Dis-toi que d'une façon ou d'une autre, ça a suffit à sauver notre vie.
– C'est rare que tu parles du futur.
– J'en parle quand il me plait.
Cette phrase piqua la curiosité de Schuldig.
– Oh ? Pourquoi ? Tu as vu quelque chose ?
– Oui… Non. J'ai souvent des visions. C'est compliqué.
– Je ne comprends pas.
Brad avait un traumatisme crânien, il savait qu'il pouvait dire des choses incohérentes. Là, ça n'avait pas vraiment de sens.
– Notre futur change, Schu. Tout le temps, et je suis fatigué, si tu savais…
– De devoir faire le tri ? Ou juste de savoir ?
– Les deux. Il y a des choses… Je ne pensais pas qu'elles se réaliseraient. Et y a ce que je vois pas, et y a Nagi et… Quelle merde, je pensais pas…
– Quoi Nagi ? Interrogea Schuldig, mal à l'aise, un mauvais pressentiment lui retournant l'estomac.
Il sentait que Brad avait quelque chose sur le cœur qu'il ne voulait pas avouer. Il voulait vraiment qu'il parle, mais il ne pouvait pas forcer Brad à admettre quelque chose contre son gré. Pourtant, au travers du silence cotonneux qui émanait de lui, Schuldig percevait quelques émotions, quelques pensées qui ne lui plaisaient pas. Un peu comme quand on écoute une conversation à travers une porte et qu'on n'en saisit que quelques mots qui n'augure rien de bon.
– Brad ? Tu me dis ?
Le prescient soupira et ferma les yeux un court instant en secouant la tête.
– Je sais que tu te sens responsable, moi aussi mais on aurait jamais pu savoir, on l'a pas vu venir.
Brad lui jeta un regard immensément coupable et détourna les yeux. Il semblait au bord des larmes.
– Brad ?
– Oui.
– Tu l'avais vu ?
– Oui.
Un murmure étranglé. Schuldig sentit quelque chose se déchirer en lui. Brad l'avait vu. Il avait vu l'attaque venir. Et il n'avait rien fait, rien dit ? Mais pourquoi ? Il ne lui faisait donc pas confiance ? Après toutes les années qu'ils avaient passés ensemble ? Après tout ce qu'ils avaient traversé ? Tout ce à quoi ils avaient survécu ? Le regard horrifié, il lui attrapa les épaules.
– Mais mais… Comment t'as pu…
Brad leva la main pour couper court aux questions qui arrivaient.
– Je… Je n'ai rien dit, parce que c'était inévitable, que l'un de nous serait mort !
« Mais nous sommes vivants maintenant… »
Brad continua, la voix brisée.
– … Si j'avais su quelles en auraient été les conséquences, j'aurai parlé, je te l'aurai dit ! Si seulement j'avais su que ça se finirait comme ça…
– Pourquoi ? Brad même si… Même si les conséquences sont terribles, nous sommes vivants c'est ce qui compte !
– Non… Tu ne comprends pas Schuldig, c'est entièrement ma faute, je dois l'assumer maintenant.
Bien sûr qu'il l'avait vu. Bien sûr qu'il le savait que son équipe, sa famille allait être attaquée. Et il n'avait rien dit pour les garder auprès de lui. Si seulement il n'avait pas été si lâche… Tout aurait été mieux, les autres seraient sains et saufs à présent. Mais il n'avait pas ce genre de courage.
– Mais pourquoi ? Je comprends pas ! Mais parle enfin ! S'exclama Schuldig en faisant un effort visible pour ne pas le secouer ou lui taper dessus.
Brad enfouit son visage dans ses mains. Il prononça quelques paroles étouffées dont Schuldig parvint à saisir le sens in extremis.
– … J'ai été trop égoïste, je ne voulais pas mourir et maintenant à cause de moi Nagi est dans cet état je n'ai rien pu faire ! Si j'avais accepté la mort on n'en serait pas là !
– C'est toi qui devais… Oh mais pourquoi tu m'as rien dit ?
– Parce que je ne voulais pas mourir. Mais si j'avais su, si seulement j'avais su, j'aurai préférer me tirer une balle dans la tête plutôt que d'en arriver là !
Le visage caché dans ses mains, Brad Crawford pleurait. Schuldig entrevit une infime partie de la responsabilité qu'il portait chaque jour sur ses épaules. Il ne pouvait rien faire pour le soulager. Il toucha ses cheveux noirs, sa main glissant sur sa nuque et ses épaules, sentant les sanglots qu'il essayait de contenir. Il ne voyait pas comment adoucir sa peine.
– Personne ne veut mourir, mon amour.
Schuldig avait rarement ce genre de mots doux.
– Mais j'ai… J'ai condamné Nagi et comment… Comment tu veux…
« Qu'il me pardonne, que je me pardonne. Que toi, tu me pardonnes, que Jei me pardonne. Je suis impardonnable. »
Trois petits coups furent frappés à la porte qui s'ouvrit dans la foulée.
– Oh pardon… Dit Yohji en refermant la porte tout aussitôt, sentant qu'il arrivait au mauvais moment.
– Attends Yohji, reste s'il te plait, appela doucement Schuldig, complètement désemparé face à la situation.
Yohji hésita une fraction de seconde et entra dans sa chambre, refermant soigneusement la porte derrière lui. Schuldig lui jeta un regard suppliant et Crawford se détourna brièvement pour passer une main sur son visage et sécher ses larmes. Vu la situation dramatique ça n'avait rien de très étonnant mais le voir dans cet état, lui qui était toujours si altier et détaché, c'était très troublant. Les deux membres de Schwarz fixèrent Yohji avec le même désespoir évident dans leurs yeux. Brad baissa bien vite la tête, incapable de supporter un regard de plus. Yohji fit quelques pas et attrapa une boîte de mouchoirs sur sa table de nuit qu'il posa sur le lit avant de s'assoir près d'eux.
– Qu'est-ce qui se passe ?
Personne ne lui répondit. Crawford semblait accablé.
– Crawford ?
– Oui.
– Quelque chose ne va pas ?
Crawford fut incapable de maîtriser le rire nerveux qui franchit ses lèvres et Schuldig tressaillit visiblement. C'était un rire amer, presque une plainte.
– Quelque chose ? Si ce n'était que quelque chose tout irait bien !
Schuldig ne dit rien, digérant encore les aveux de Brad. Yohji ne sut pas vraiment quoi dire alors il décida de laisser parler les gestes plutôt que les mots, comprenant que Brad Crawford était secoué au-delà de la parole et de la raison. Il posa sa main sur son épaule et quand Brad leva les yeux pour rencontrer son regard, Yohji lui dédia un sourire navré en lui tendant un mouchoir blanc. Ca ressemblait à un rameau d'olivier, une offrande de paix. L'espace d'un instant, Brad vit exactement ce que Schuldig avait vu en cet homme doux et plein de compassion. Un ami, un soutien indéfectible. Un compagnon, peut-être. Et quelque part dans un ailleurs peut-être pas si lointain, au bout d'un chemin aux ramifications nébuleuses, il eut une vision fugace de Schuldig et Yohji, assis ensemble devant un café, se tenant la main. Il prit le mouchoir que lui tendait Yohji et leurs doigts s'effleurèrent. La vision se modifia imperceptiblement, ou se poursuivit, il ne savait pas si c'était le même futur ou un autre un peu différent. La même table, toujours Schuldig et Yohji. Il baissa les yeux pour voir leurs mains glissées dans chacune des siennes. Il secoua doucement la tête pour chasser ces images et murmura un petit « merci ».
– Je voudrais voir Nagi.
Yohji et Schuldig l'aidèrent à se lever et à marcher jusqu'à la chambre où dormait le plus membre des Schwarz. Brad s'installa avec difficulté auprès du lit et se pencha sur Nagi. Le garçon semblait si paisible dans son sommeil artificiel. Sa peau pâle était marquée de bleus, d'ecchymoses. Il effleura du bout des doigts la plaie en travers de sa mâchoire. Sa bouche abîmée, ses doigts en piteux état. L'Américain glissa doucement sa main dans les cheveux sombres de son cadet.
« Oh bébé… »
– Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Souffla-t-il.
Une main se posa sur son épaule et il crut un instant que c'était Schuldig mais le roux se tenait au pied du lit, trop loin pour le toucher. C'était Yohji.
– Je suis sincèrement désolé pour tout ce qui s'est passé. Mais maintenant, il faut vous tourner vers l'avenir. On a déjà trouvé quelques endroits sûrs avec Omi, vous pourrez y faire halte le temps de vous retourner. Car j'imagine que vous quitterez le Koneko dès que possible ?
– Oui.
– Vous pouvez rester le temps qu'il faut, mais Kritiker est au courant de votre présence. Pour votre sécurité…
– Oui. Merci Yohji. Merci infiniment, dit tout bas Crawford, penché sur Nagi.
Yohji serra légèrement son épaule en signe de réconfort, attentif à ne pas lui faire mal et fit son chemin pour sortir de la pièce.
– Je redescends au magasin.
Schuldig lui adressa un signe de tête pour remerciements. Yohji savait décidemment avoir les bons mots, les bons gestes.
– Crawford ? Appela Yohji, la main sur la porte.
– Oui ?
– Vous survivrez. C'est ce qu'on fait tous.
Brad acquiesça lentement, le coin de sa bouche se relevant imperceptiblement. Schuldig y vit un peu d'espoir.
– Il faudra bien.
Schuldig se déplaça pour venir près de lui et posa sa tête sur l'épaule de Crawford.
– Je sais que tu ne me croiras pas, mais tu m'as beaucoup manqué.
Brad leva une main pour caresser sa joue, ses cheveux longs.
– Je sais. Ce n'est pas le plus important Schuldig.
Un petit soupir fut sa seule réponse. Il sentit Schuldig s'appuyer sur lui, puisant du réconfort et du courage dans son étreinte. Ils restèrent muets, attendant côte à côté que leur plus jeune partenaire ouvre enfin les yeux dans un silence réconfortant.
######
La journée s'écoula avec une lenteur douloureuse pour tous. Le Koneko ne désemplissait pas et ils mourraient tous de fatigue. Par chance, Farfarello s'était pris d'un intérêt soudain pour l'aquarium qui trônait dans le salon et ne quittait pas les poissons des yeux, toujours surveillé discrètement par un des Weiss. Il avait finalement rejoint ses équipiers à l'étage peu avant le réveil de Nagi.
Il ouvrit les yeux dans un sanglot, son premier geste étant d'essuyer les larmes qui coulaient déjà sur son visage. Il avait mal et il pleurait. Immédiatement, Brad, Farfarello et Schuldig furent près de lui pour le rassurer. L'adolescent s'écroula dans le bras de Brad en sanglotant, effondré, désespéré mais pourtant tellement soulagé qu'ils soient tous là, avec lui. Quand il se calma, ce fut pour rester agrippé aux bras de Crawford, sans un mot ni un mouvement. Assis sur le lit, Brad le berçait doucement, lui parlant tout bas. Schuldig ne comprit pas tout ce qui se dit mais resta un peu en retrait avec Farfarello, comprenant que ce moment là n'appartenait qu'à eux. Trois petits coups furent frappés à la porte de la chambre et la tête d'Omi apparut dans l'embrasure.
– Désolé, je voulais pas déranger, mais j'ai besoin de prendre quelque chose et je vous ai aussi apporté à manger.
Schuldig le remercia d'un signe de tête et prit le plateau chargé de nourriture que le jeune garçon lui tendait. Nagi leva doucement les yeux pour rencontrer le regard bleu lumineux du jeune Weiss. Omi lui dédia un sourire doux.
– Bonjour Nagi-kun. Comment tu te sens ?
Nagi se mordit la lèvre et haussa les épaules.
– Je te laisse des antidouleurs, d'accord ?
Le petit brun hocha la tête, n'osant pas vraiment regarder son « ennemi » dans les yeux, malgré la protection rapprochée que lui offraient ses équipiers. Omi échangea un regard désolé avec Schuldig puis récupéra son sac de cours avant de sortir de sa chambre.
Le reste des Weiss ferma le magasin avec un soulagement certain. Yohji prévint Aya qu'il ne se lèverait pas le lendemain, le mettant devant le fait accompli. Malgré les quelques protestations du leader des Weiss, il fut bien vite décidé que le lendemain, le magasin serait fermé exceptionnellement. Sans quoi Aya aurait le plaisir de bosser tout seul… Et donc par la même occasion, de se faire baver dessus par toutes les donzelles qui envahissaient le Koneko sans rien acheter, leur cassait les oreilles et ruinait la marchandise, bref perspective séduisante s'il en était.
Finalement, après un copieux repas qui fut préparé par Yohji et Schuldig pendant que Brad et Farfarello tentaient de réconforter un peu Nagi, il fallut régler le problème du partage des chambres. Qui dormait où ? Et accessoirement, avec qui ?
Aya ne prit même pas part à la conversation, faisant mine de se retirer silencieusement dans ses appartements. Mais Yohji qui donna l'alerte sans aucun scrupule en l'apercevant en train de filer à l'anglaise.
– Hep là Aya-kun ! T'en va pas comme ça !
« Et merdeuh. »
– Quoi ?
– On partage les chambres et toi aussi tu partages !
– On va pas recommencer à se taper dessus ! Tout sera réglé demain, mais on a une nuit à passer tous ensemble alors autant s'arranger, lâcha Omi la bouche pleine des gâteaux qu'il grignotait.
Regard glacial d'un côté, assassin de l'autre.
– Un point partout, la balle au centre, commenta Ken en profitant pour piocher lui aussi allègrement dans le paquet de son ami.
Aya soupira et abandonna, levant les yeux au ciel. Lui aussi était fatigué, et voulait se coucher. Agacé, il s'installa sur une chaise et croisa les bras :
– Okay. Quoi alors ?
– Bon, Nagi dort dans la chambre d'Omi, Schu et Brad sont dans la mienne. Reste la tienne et celle de Ken pour caser…Cinq personnes.
– Nagi passe la nuit seul ? Interrogea Omi à voix plus basse pour ne pas réveiller l'adolescent qui s'était finalement assoupi sur les genoux de Crawford.
– Non, intervint soudainement Farfarello, qui ne semblait pas avoir prêté attention à ce qui se disait jusque là.
Comme à son habitude, il n'intervenait que quand cela l'arrangeait.
– Non, quoi ? Demanda Schuldig avec précaution.
– Je resterai avec lui. Je le veillerai.
Brad secoua la tête, attentif à ne pas secouer Nagi qui somnolait.
– Tu n'es pas en état Farfarello, pas plus que les autres personnes présentes ici. Nous avons tous besoin de repos. Nous nous remettrons vite mais il nous faut au moins une nuit de sommeil.
Farfarello sembla se renfrogner mais hocha néanmoins la tête pour acquiescer. Un regard échangé entre Schuldig et Crawford confirma les suspicions de Yohji en ce qui concernait le calme apparent de Farfarello. Le télépathe avait visiblement fait en sorte que rien de fâcheux n'arrive plus avec le Berserker.
– Donc, Nagi dormira seul, mais j'irai le voir de temps en temps, trancha Crawford qui de toute façon préfèrerait se réveiller régulièrement tant qu'il n'avait pas vu un médecin digne de ce nom.
– Okay, pour moi c'est déjà réglé. Aya, Ken ? Demanda Yohji
Ken haussa les épaules, avalant trois biscuits chocolatés d'un coup. Omi appuya sa tête contre l'épaule de son ami, s'affalant à moitié sur son bras pour accéder à ses friandises que Ken s'appropriait sans vergogne.
– A la limite, nous on dort ensemble, proposa l'ancien footballeur.
Yohji eut un sourire jusqu'aux oreilles et sautilla jusqu'à Omi pour lui pincer les joues.
– Roooohhh ! Qu'ils sont mignons tous les deux !
– Yohji !
– Gouzi gouzi !
– Ouais, areuh tagazou on a compris ! Coupa Ken en libérant son cadet de l'emprise agaçante du grand blond avant qu'Omi ne lui plante une flèche dans l'œil et son pied aux fesses.
– J'ai encore des trucs à chercher moi… Alors j'ai qu'à dormir en bas et pis voilà, répondit le cadet.
– Adjugé. Farfarello ne peut pas passer la nuit seul, dit Crawford.
– Ca serait pas plus sûr, justement ? Avança Ken.
– La solitude n'est pas son point fort, marmonna Schuldig en massant ses tempes.
– Ken tu dormiras avec, c'est réglé, trancha Aya en se levant et en disparaissant de la cuisine en moins de deux secondes.
Silence.
Un rire étouffé.
– Hein ?! Balbutia Ken d'un air horrifié. Aya !
Yohji quant à lui se tordait de rire.
– Ah le salaud il s'est tiré, lança-t-il riant aux larmes devant la mine hallucinée de Ken. Mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !
– Bon ben bonne nuit ! Lança Omi en s'esquivant pour éviter la crise à venir.
Brad et Schu s'éclipsèrent avec Nagi et suivis de Yohji, laissant seuls Ken et Farfarello en face à face. Ce dernier dédia à Ken un sourire qui lui évoquait plus un rictus de requin que celui d'un enfant de chœur.
– M'regarde pas comme ça, c'est pas drôle.
On ne peut plus amusé, l'Irlandais scruta Ken d'un air narquois.
– Moi je trouve ça très drôle.
– Bah ça fait au moins marrer quelqu'un, c'est bien. J'me retrouve coincé avec le vampire, nan, sympa les potes.
Ken haussa les épaules et lui tendit un gâteau en espérant l'amadouer. Il ne comprenait pas pourquoi Brad et Schuldig n'avaient pas objecté, mais il subodorait que ça arrangeait bien tout le monde qu'il se retrouve avec le Farfarello sous sa garde.
/ Ce serait dommage de vous séparer, vous avez l'air de tellement bien vous entendre tous les deux… / Persiffla Schuldig dans sa tête.
/ Toi je vais te tondre comme un œuf tête de veau, gaffe à ta tronche. / Menaça Ken.
/ Des promesses, des promesses ! / Ricana le télépathe avant de se retirer.
Farfarello arqua un sourcil délicat en l'entendant marmonner des menaces de mort.
– Kwa ? Aboya Ken, passablement agacé de s'être fait avoir.
– Tu as peur de moi ?
– Nan !
– Ha bon, fit Farfarello avec un sourire moqueur et une voix faussement déçue. J'aurai cru…
Ken se jura qu'il allait raser Schuldig et arracher à Farfarello l'œil qui lui restait pour la peine. Ou le contraire tiens. C'est que ça serait dommage de transformer le Farf en Voldo, il était déjà assez flippant comme ça. Pis Voldo était franchement moche. Il secoua la tête en se disant qu'il fallait vraiment qu'il arrête les séances de jeu acharnées avec Omi.
– Allez, viens on se monte. Ca me fait penser… Yohji il dort où ?
– Schuldig a mentionné quelque chose à propos d'une mise au point.
– Oh.
– J'espère que ta chambre est bien insonorisée.
– Quoi ?! S'écria le brun en se retournant bouche bée vers son adversaire de toujours.
Le jeune homme borgne se contenta de hausser les épaules en passant devant lui, une ombre de sourire aux lèvres. Mais il se payait sa tête en plus !
– Farfarello !
######
Une heure plus tard, la maison était devenue silencieuse. Tout le monde dormait ou s'apprêtait à s'endormir… Du moins, excepté trois personnes.
La première se retournait seule dans son lit en se demandant si elle avait pris la bonne décision pendant que la seconde faisait tout pour pourrir la vie de la troisième et l'empêcher de dormir en provoquant un attentat à la pudeur sur sa fragile petite personne… Ken se débarrassa momentanément de son agresseur d'humeur décidément bien joueuse avant de s'exiler dans la salle de bain pour aller se rafraîchir un peu et prendre son courage à deux mains. Sa vertu n'allait pas rester intacte très longtemps avec Farfarello dans les parages. Schuldig avait certes fait en sorte qu'il n'ait pas de pulsions de violence, mais la drogue avait visiblement des effets lourdement désinhibiteurs sur lui, à son grand désespoir. Il jeta un coup d'œil dans le couloir et entrevit la porte close de son leader. Une fois de plus, comme à chaque fois qu'il passait devant cette porte de bois close le soir venu, il se demanda si Aya dormait. C'était probable vu le rythme effréné qu'ils avaient tous dû supporter ces derniers jours. Il aperçut de la lumière filtrer sous la porte. Tiens donc… Curieux, il s'approcha, et avant qu'il n'ait pu se rendre compte de ce qu'il faisait, il se retrouva en train de frapper trois petits coups timides sur le panneau de bois. La réponse ne se fit pas attendre et la porte s'ouvrit sur un Aya en tee-shirt et boxer noir. Lui il était en jogging, et s'il avait eu une combinaison de ski, il l'aurait enfilé par-dessus avec une ceinture de chasteté. Bon, okay, il exagérait un peu, Farfarello s'était contenté de quelques commentaires à double-sens et de regards outrageusement prédateurs, mais c'était suffisant pour le faire flipper.
– Ken ?
– Ah, salut je… En fait je passais et…
– Ca se passe bien avec Farfarello ?
Ken s'effondra de désespoir sur l'épaule de son aîné.
– M'laisse pas avec lui il va m'mangeeeeeeeeerrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !
– Tu crois pas que t'exagères ?
Le brun releva vers lui un regard brillant de larmes.
– S'il te plait me laisse pas tout seul avec lui ? Pwease Aya-kun ?
Aya leva les yeux au ciel. Pourquoi n'arrivait-il jamais à résister aux attaques « chibi-eyes » de ses coéquipiers ? Hein ? Pourquoi ? Il soupira et repoussa Ken en levant les yeux au ciel, retournant brièvement dans sa chambre pour s'emparer d'un oreiller avant de rejoindre le garçon.
– Content ?
Ken lui dédia un immense sourire pour toute réponse et l'attrapa par le poignet pour l'emmener dans sa chambre. Un peu comme un rêve qui se réalisait enfin ! Bon, il y avait une petite araignée aux yeux jaunes qui se faisait une joie de lui gâcher une partie de son plaisir mais bon, il passerait outre pour cette fois. Une fois dans la chambre de son ami, Aya chercha des yeux le Berserker. Ce dernier était tranquillement assis sur la commode de Ken et s'amusait avec une lame de cutter. Aya fronça les sourcils, s'approcha et tendit la main.
– Donne.
Farfarello souffla pour manifester son mécontentement mais lui céda le couteau et bondit au bas du meuble. Aya s'éclipsa l'espace d'une seconde pour ranger le cutter dans sa chambre et abandonna son oreiller sur le lit de Ken.
– Je vous préviens, je veux dormir.
– Oui, Aya-kun !
– Hn. Qui dort où ?
Ken et Farfarello désignèrent d'un même geste le grand lit de Ken, le même que Yohji. Au moins, ils ne seraient pas obliger de trop se serrer, une des raisons pour lesquelles il n'avait pas relocalisé le camping dans sa propre chambre. Ca, et il y avait quand même son katana, fallait pas déconner non plus. Ken mettait toujours ses armes sous clef dans son armoire, pas de problème de ce côté-là. Aya soupira et déclara :
– Je dors pas au milieu.
– Moi non plus, lâcha Farfarello.
Ken se sentit quelque peu obligé de faire ce qu'on lui disait.
– Okay, okay, j'ai compris…
Une fois qu'ils furent couchés et que la lumière fut éteinte, chacun se tortilla un peu afin de trouver une place confortable puis une voix s'éleva dans la pénombre. Il y avait encore assez de clarté pour deviner les formes et les visages et Ken râla très nettement.
– Aya… C'est ta main ça ?
– Qu'est-ce que tu racontes, mes mains elles sont là ! Protesta le rouquin en levant ses mains.
Ken regarda son ami, horrifié.
– FARFARELLOOOOOOOOOOOOOO !
– Nyark !
FIN.
Note : Voilà, j'en ai fini avec Meilleurs Ennemis ! En ce jour de grâce du (mince on est quoi aujourd'hui ?!)… 31 mars 2005 c'est finiiiiiiiiiiiiii !
Bon, il m'aura fallu un temps fou pour terminer cette fic, et je m'en excuse.
Techniquement, il y avait une suite prévue à cette fic, que j'avais commencé à ébaucher à partir de délire fait sur un Mont nommé Olympe avec des cookies au chocolat et une folle qui se reconnaîtra… Hm, bref.
Seulement pour diverses raisons personnelles dont le bac qui arrive, et un manque de temps assez conséquent (entraînant donc un retard ENORME dans mon boulot… Mais je suis toujours en retard pour tout ce que je fais, c'est de notoriété publique mdr) je ne pense pas être en mesure de faire un jour cette suite, ni même de clôturer les fanfictions que j'ai encore en route et que j'ai bien du mal à terminer.
Peut-être qu'un jour je les reprendrai, c'est même plus que probable, mais en attendant je préfère me mettre un peu au boulot (ouais y a l'espagnol et la philo qui m'attendent… Beuuuuuuuuuh !). Donc je m'excuse parce que je sais qu'il n'y a rien de pire que d'attendre la suite d'une fic qui ne vient pas c'est énervant, alors si jamais c'était le cas pour vous, j'en suis désolée.
Sur ce, j'espère que la lecture de Meilleurs Ennemis aura au moins eu le petit mérite de vous distraire, c'est tout ce que je souhaitais.
Voilà !
A bientôt peut-être et n'oubliez pas… KENKEN C'EST LE MEILLEUR ! ET BRAD C'EST UNE MEDUSE AHAHAHHAHAHAHAHHA ! HEY AIIIIIIIEUUUUUUUUUUUUUH ! MAIS ME FRAPPEZ PAAAAAAAAAAAAAAAAAS[S1] !
Commentaires :
[S1] MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Je pouvais pas laisser ça comme ça, c'était beaucoup trop sérieux… Mais j'ai comme dans l'idée que je vais pas tarder à recevoir des colis piégés moi (rire). Roh ben quoi, vous connaissez mon amour pour Bradounet, non ? Faut bien que je tape sur quelqu'un et j'aime taper sur les poteaux américains à lunettes qui voient dans le futur… Nyark !
