Je sais, je sais. J'ai mis du temps avant de publier ce chapitre, mais j'avais un petit blocage. Enfin, il est là et j'espère que vous l'apprécierez.
Petit rappel : Orreaga et Anaël sont nés de mon imagination. Quant à Leila de Cassiopée, je l'ai empruntée à ma complice SwordCapricorn.
Je vous laisse en compagnie de l'Ange infernal. :) Bien que les 3 petits le soient tout autant. Chut, je n'en dirai pas plus. A vous de le découvrir.
Bonne lecture !
Orreaga rongeait sa rage en même temps qu'il martyrisait le journal que l'hôtesse lui avait remis. Il le pliait, le dépliait, en déchirait de petits morceaux, qu'il stockait consciencieusement dans le cendrier, avant de le froisser à nouveau dans un grognement de mécontentement. Non, c'était bien plus que du mécontentement, c'était de la rage. Il bougonna à haute voix :
« Franchement, je ne sais pas comment tu as fait pour me faire céder. »
Le regard bleu d'Anaël quitta les pitreries des enfants pour venir se poser sur le Capricorne ronchon.
« Comment ai-je réussi cette prouesse ? » Un sourire enjôleur heurta le mur de rancœur d'Orreaga. Mais le Crabe ne se démonta pas.
De l'autre côté du couloir, Shura écarquillait les yeux. C'est à peine s'il avait osé s'asseoir sur le siège au revêtement bleu si moelleux. Cela semblait trop beau pour lui. Orreaga l'élevait à la dure. Le confort de la maisonnette en Espagne était plus que rudimentaire. Mais nous ne sommes plus au Moyen-Âge, n'est-ce pas ? Alors, lorsque la lettre du Sanctuaire était arrivée, Anaël avait pris le taureau ou plutôt le Capricorne par les cornes.
Il avait d'abord fallu que le Cabri admette qu'il ne pouvait pas refuser l'invitation du Grand Pope. Chaque argument avait été habilement contré par l'Ange, augmentant d'autant la frustration de l'espagnol.
- « Je n'ai aucunement l'intention d'aller me noyer dans cette foule. C'est bruyant, il n'y a pas moyen de se concentrer. Tu trouves cela amusant, toi ? Tellement de monde qu'il n'y a plus moyen de faire un pas !
- Tu n'as pas le choix. Une telle invitation est un ordre.
- Shura n'est pas prêt.
- Aphrodite et Angelo non plus, mais cela leur fera du bien. Ils pourront s'évaluer face aux autres. Et puis, ton apprenti reverra ses amis.
- Nous arriverons trop tard. Cela a lieu dans 5 jours. »
On pouvait dire que cet argument-là, Anaël l'avait non seulement attendu, mais anticipé. A la lueur dansante des bougies, il avait plongé ses yeux dans ceux d'Orreaga. Ses lèvres s'étaient relevées, dévoilant l'éclat nacré de sa dentition parfaite. Sa main jouait négligemment avec une mèche de cheveux. Il était irrésistible ainsi et il le savait. Il avait ensuite déclaré dans le plus grand calme :
« L'avion du Sanctuaire part demain soir. »
La colère du Capricorne avait fait trembler son Cosmos. Anaël était prêt à jurer que même les murs centenaires de la maisonnette avaient frémi à son ire.
« C'est hors de question ! Je ne mettrai pas un orteil dans cette boîte de conserve volante ! »
Il avait commencé à se relever du lit. Une main s'était posée sur son épaule. Si chaude. L'aura apaisante d'Anaël avait empli la pièce. Les doigts avaient glissé sur le torse, suivi une cicatrice. Le reste avait suivi, naturellement. Jusqu'à cette question, suspendue dans l'air de la cabine de l'avion aux couleurs du Sanctuaire.
- « Comment ai-je fait ? Je m'en souviens très bien, Orreaga. D'abord – son œil pétillait – je t'ai poussé sur le lit. Puis, je me suis assis sur toi et j'ai…
- Ca suffit ! Pas devant les enfants, Crabe dévergondé ! »
Anaël éclata de rire. Son Cabri aux joues rouges était impayable. Angelo avait relevé la tête au rire de l'Ange. Il envoya un coup de coude bien placé à Shura qui avait le nez et les mains collés sur le hublot. Un avion, un aéroport, voilà de quoi subjuguer ce jeune garçon qui n'avait jamais rien vu de tel. Ni à l'orphelinat, ni dans les montagnes. Bien sûr, il savait ce que c'était, mais le voir pour de vrai, monter dans un avion, ça c'était l'aventure ! Avec un grand A ! Alors, son coup de coude, son copain de Crabe allait le payer. On ne le dérangeait pas de sa contemplation pour rien.
« Aïe ! T'as fini, oui ? T'as tout plein de place là-bas ! Anaël a dit que j'avais le droit de me mettre près de la fenêtre ! »
Angelo, pouffant de rire, tendit le doigt vers les sièges de leurs maîtres où un Orreaga cramoisi croisait les bras à côté d'un Cancer en plein fou-rire.
« Ton maître s'est encore fait avoir, Shura ! »
Le jeune Capricorne abattit sa main sur le doigt tendu.
- « D'abord, tu n'as pas à te moquer de mon maître, monsieur l'apprenti-Crustacé !
- T'as un problème, Chevreau ? »
Le ton montait dangereusement entre eux lorsqu'un « Ooooooooooh ! Qu'elle est belle » retentit à côté d'eux. Aphrodite, qui avait entrepris de décorer la cabine de roses, laissa tomber celle qu'il tenait entre les mains pour se précipiter à la rencontre de la jeune femme qui venait d'entrer dans son champ de vision. Il s'arrêta devant elle et, la fixant de ses grands yeux, lui tendit le bouquet de roses qu'il venait de créer. Stoppée dans son avancée par ce cadeau inattendu et parfumé, Leila de Cassiopée se pencha vers son jeune admirateur. Elle s'agenouilla pour être à sa hauteur. Par-dessus les fleurs, son regard sombre croisa celui du futur Poisson. Elle posa délicatement les mains sur les siennes et lui enleva les roses.
« Merci beaucoup. »
Ce fut au tour d'Aphrodite de rougir tandis que les 2 grands se retenaient de rire en se donnant des coups de coude.
- « Aphrodite est amoureux ! Aphrodite est amoureux !
- Nan ! Suis pas amoureux ! Elle est jolie, c'est tout ! »
Il retourna s'asseoir sur son siège en se croisant les bras.
- « He bien, Leila ! Tes entrées sont toujours aussi remarquables », dit doucement Anaël. Il lui fit un clin d'œil en lui montrant le siège face à lui. Elle eut à peine le temps de s'asseoir que le jeune Aphrodite prit possession du siège à côté d'elle. Il levait vers la jeune femme un regard admiratif.
- « Pas autant que ton sourire, Ange.
- Je ne te savais pas dans le coin.
- J'avais une mission un peu particulière. – Elle fixa Orreaga – Je devais ramener un certain Chevalier un peu allergique aux moyens de transport modernes. Mais je vois que tu t'es très bien débrouillé sans moi.
- Ca va, ça va ! J'y suis dans cet avion. Mais c'est bien la dernière fois. Et cet ange du diable pourra bien me faire tout ce qu'il veut, je ne cèderai plus !
- Si tu le dis, mon cher. », murmura son voisin.
Anaël posa l'air de rien son écharpe sur la main d'Orreaga qui s'était crispée sur l'accoudoir. Il glissa la sienne sous le tissu. La soie se souleva légèrement sous le trajet de ses doigts, faisant miroiter sa couleur océan. Il savait pertinemment que la Chevalière de Cassiopée n'était pas dupe de son petit manège et que si elle reportait son attention sur Aphrodite pour l'instant c'était par politesse et pour lui permettre de faire ce qu'il voulait : réconforter Orreaga, lui faire comprendre qu'il l'aimait et aussi un peu se faire pardonner de son effronterie.
Les doigts de l'Ange passèrent sur le dos de la main du Capricorne. Ils s'aventurèrent plus loin, caressant cette peau contre laquelle il aimait se perdre la nuit et la journée aussi lorsque leurs emplois du temps le permettaient. Orreaga releva la tête, sourit au Cancer et leurs doigts se nouèrent. Face à eux, Leila glissait avec désinvolture une rose carmin dans l'océan de boucles d'Aphrodite qui était aux anges.
