Bonsoir tout le monde ! J'espère que vous allez bien !

Tout d'abord nous souhaitons vous remercier pour vos reviews, anonymes ou non, ça nous aide beaucoup dans notre travail ! (alors continuez comme ça please !)

Deuxièmement, la publication des chapitres risque de s'espacer un touuuut petit peu, car nous avons repris certains chapitres, et la publication a presque rattrapé l'écriture ! Nous allons bien sûr faire notre possible pour continuer à poster deux fois par semaine, mais ne vous inquiétez pas si vous attendez un tout petit peu plus. Entre mes horaires de boulot, les activités de Flo'w le soir... (quelle idée aussi !) Nous avons un peu de mal à nous retrouver pour travailler ensemble !

Bref, trêve de discussion, en avant le chapitre 7 !


Sherlock était de plus en plus mal à l'aise. Lorsqu'il avait pris John dans ses bras, ça avait presque été un réflexe, une réaction instinctive pour le réconforter, lui montrer qu'il compatissait, ou au moins essayait. Mais la crise s'éternisait et il ne savait pas comment réagir. John s'était blotti contre lui et la robe de chambre de Sherlock commençait à être sérieusement trempée au niveau de son épaule. Pas vraiment certain de la marche à suivre dans ce genre de débordement sentimental, et d'autant plus gêné que John soit toujours torse-nu, Sherlock tenta de rester immobile. Après tout, il s'était embarqué là-dedans tout seul, et il allait supporter la situation jusqu'à ce que John soit calmé.

Ce qui finit par arriver quelques instants plus tard. John avait arrêté de sangloter depuis un bon moment déjà, mais il était resté le nez dans le creux du cou de Sherlock, la main crispée sur son autre épaule. Petit à petit, il s'était détendu, apaisé par la chaleur de l'étreinte, et finit par se redresser légèrement. Sherlock desserra aussitôt ses bras pour lui permettre de bouger.

« John, chuchota-t-il, hésitant.

L'intéressé leva des yeux rougis vers le regard bleu, étonnamment doux, que posait Sherlock sur lui, puis les baissa aussitôt, les joues en feu.

- Sherlock, je… suis désolé de t'avoir imposé ça…

- Je l'ai cherché, je suppose, répondit Sherlock avec un petit sourire.

John laissa échapper un léger rire et osa à nouveau regarder son colocataire.

- Tu deviens sentimental.

Puis son sourire s'évanouit et il redevint sérieux.

- Merci, ajouta-t-il à voix basse, toujours embarrassé.

Sherlock haussa les épaules.

- Tu avais l'air d'en avoir besoin.

- Ce qui ne t'obligeait à rien, répondit John.

Sur ses mots, il se leva du lit et chercha des yeux le t-shirt qu'il avait eu l'intention de mettre, et le trouva chiffonné près de l'oreiller. Il l'enfila rapidement et se dirigea vers la cuisine.

- Il me semble me souvenir que tu voulais du thé, lança-t-il, espérant changer de sujet.

Mais Sherlock était toujours troublé, par le récit de John comme par ce qui avait suivi.

- Je te promets de ne plus entrer dans la salle de bains quand tu y seras, dit-il d'une voix remplie de culpabilité.

- J'aime autant, même si du coup je n'ai plus rien à te cacher… » répliqua John en mettant la bouilloire en marche.

John entendit soudain le bruit d'un objet que l'on pose brusquement et son colocataire étouffer un grognement.

« Sherlock ?

- Laisse tomber le thé » répondit celui-ci d'un ton cassant en saisissant des vêtements et en allant s'enfermer dans la salle de bains.

Il ressortit une minute plus tard tout habillé, saisit son manteau à la volée, l'enfila avec de grands gestes nerveux et sortit de la chambre en claquant la porte sans un mot de plus. John resta quelques instants devant la porte fermée, interloqué. Le silence revint dans la chambre vide et il eut soudain froid.

Tout en fouillant son armoire pour y trouver un pull, il ne put s'empêcher de penser que Sherlock était parti à cause de lui. Se fustigeant mentalement, maudissant sa faiblesse, il revint près de la fenêtre et aperçut Sherlock qui s'éloignait à grands pas du bâtiment, la tête rentrée dans les épaules et les mains profondément enfoncées dans les poches. Il soupira, appréhendant le retour du jeune homme. Puis il s'aperçut que Sherlock était parti en laissant son téléphone déverrouillé sur son bureau, et il s'approcha, tout à coup curieux.

Un message était encore affiché sur l'écran.

« Comment va Johnny ? Ça a l'air de coller entre vous ! N'oublie pas que je sais être très jaloux… - M »

John oublia brusquement de respirer.

C'était la deuxième fois que Sherlock le plantait là après avoir reçu un message.

Que la personne sache si rapidement ce qui se passait signifiait qu'ils étaient surveillés.

Il en tira la seule conclusion qu'il pouvait en tirer.

M.

Mycroft !

Furieux, contre lui-même de n'avoir pas saisi les menaces à peines voilées du deuxième Holmes, contre celui-ci de les espionner, et contre Sherlock de le planter là sans explications alors que lui s'était livré tout entier, John se prit la tête dans les mains. Puis il se redressa, attrapa sa veste et sourit malgré lui en sentant à nouveau le poids caractéristique du cuir sur ses épaules. Il glissa le téléphone de Sherlock et le sien dans la poche intérieure, saisit ses clefs et quitta la chambre, bien décidé à retrouver son colocataire avant que de nouvelles traces de bague ne viennent écorcher son visage.


Jim Moriarty ne put retenir ses lèvres de s'étirer un en sourire carnassier lorsque Sherlock tourna à l'angle de la ruelle au fond de laquelle il l'attendait. Il était venu. C'était si facile de le manipuler… Et voilà qu'il lui offrait un nouveau point faible sur un plateau ! Il se décolla du mur et s'approcha de sa victime favorite d'une démarche gracieuse, glissante, presque reptilienne.

« Tu m'as manqué, Sherly, affirma-t-il de sa voix chantante.

Sherlock ne répondit pas et s'immobilisa devant Jim. Son visage était fermé, mais ses yeux étaient presque gris, pleins de tristesse et de colère contenues.

- Je t'ai laissé tranquille… Longtemps… continua Jim doucement en tournant autour de lui lentement. Je vous ai observés, tous les deux… Comme c'était mignon… ECŒURANT ! hurla-t-il soudain, le visage déformé par la rage.

Il se calma tout aussi promptement et ajouta, d'une voix suraiguë :

- Tu es à moi, Sherly ! – il s'était dressé sur la pointe des pieds face à Sherlock, mais sa bouche n'atteignait que le menton de ce dernier, qui restait parfaitement droit – Je t'ai laissé jouer… Mais j'en ai assez, maintenant. Je n'aime pas quand tu es trop loin… Je préfère te garder… à portée de main, sourit-il. Tu comprends le jeu de mots ? demanda-t-il sournoisement en passant un doigt léger sur la tempe encore sensible du jeune homme.

Sherlock ne put retenir un frisson. Le sourire de Jim s'élargit.

- J'aime quand tu as peur… Le grand Sherlock Holmes, effrayé… Pétrifié…

Il murmurait, et recommença à contourner sa proie. Il fit glisser une main le long de la colonne vertébrale de Sherlock, qui tenta de rester impassible. Mais dans les douces paroles de Moriarty, il sentait suinter le venin de la colère. Jim était furieux, il le savait, et il savait également qu'il allait payer chèrement ces deux semaines de tranquillité. Il déglutit avec difficulté, appréhendant la réprimande.


Dès qu'il sortit de l'immeuble, John comprit que chercher Sherlock était aussi stupide que de fouiller une botte de foin à la recherche d'une aiguille. Le campus de l'Imperial College était immense, et il n'avait aucune certitude que Sherlock s'y trouve toujours. En essayant de ne pas céder au découragement, et en se répétant qu'il n'avait pas plus de deux minutes de retard sur son colocataire, il suivit la direction qu'il l'avait vu emprunter, mais s'arrêta au premier croisement. Comment savoir où aller ? Il soupira. Le ciel menaçant et le vent humide de ce samedi midi avait encouragé les étudiants à rester au chaud, et les rues étaient désertes. John finit par décider de retrouver le bureau où il avait discuté avec Mycroft. Après tout, il y avait un peu de chance pour qu'il s'y trouve, et Sherlock également.

Il se dirigeait d'un pas rapide vers le bâtiment concerné quand, entre deux rafales, il entendit une voix proche. Il se stoppa net, et tendit l'oreille.

« Tu es à moi, Sherly ! » disait la voix, aiguë et inquiétante.

John écarquilla les yeux. Sherly, comme dans le message. Il s'avança jusqu'à l'entrée de la ruelle, restant dissimulé par l'angle du bâtiment, et écouta attentivement, jusqu'au moment où le silence se fit. Cœur battant, incertain de ce qu'il allait découvrir, John jeta un œil dans la ruelle et resta figé par la stupéfaction.


Sherlock déglutit avec difficulté, appréhendant la réprimande.

Elle ne tarda pas. Jim se replaça face à lui et posa une main sur son ventre, puis le poussa vers l'arrière jusqu'à l'acculer contre le mur. Puis il écarta les pans du long manteau de Sherlock et glissa ses mains autour de sa taille, puis les fit courir sur ses flancs étroits.

Se dressant sur la pointe des pieds, Jim se colla de tout son long à Sherlock.

« Jim, souffla Sherlock, tout son corps se hérissant au contact, je t'en prie…

- Tu en es donc là ? râla Jim, agacé. Aux basses supplications ?

- Laisse John tranquille, c'est tout ce que je te demande…

Moriarty se mordit la lèvre, amusé.

- Quel amour… tu demandes même grâce pour lui… Mais oublions-le un instant, veux-tu ?

Il glissa sa tête dans le cou de sa victime et huma longuement, puis murmura :

- Ta peur sent délicieusement bon, Sherly…

Il se pencha légèrement en arrière pour voir le visage vidé de toute expression de Sherlock et s'humecta les lèvres de façon obscène, avant de lui adresser un sourire doux comme la soie, et des mots tranchants comme un rasoir.

- A moins qu'il ne s'agisse de l'exquis parfum du chagrin de John ? »

L'impassibilité de Sherlock se fissura brusquement et il posa ses mains sur les épaules de Moriarty pour tenter de le repousser, la colère débordant de ses yeux bleus.

Abasourdi par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux, John sentit tout son corps se glacer lorsque le jeune homme aux cheveux noirs – qui n'était visiblement pas Mycroft – enlaça Sherlock et se colla à lui. Brusquement honteux d'avoir suivi son colocataire pour les mauvaises raisons, il commençait à battre en retraite lorsqu'il entendit son prénom dans l'échange. Intrigué, il continua d'écouter, et soudain Sherlock tenta de se libérer de l'étreinte de l'autre jeune homme. Comprenant enfin qu'il n'était pas témoin d'une scène pleine de tendresse mais bien d'une agression, il se décida à intervenir.

Il pénétra d'un pas ferme mais silencieux dans la ruelle, et seul Sherlock, qui faisait face à son entrée, put l'apercevoir, l'autre lui tournant le dos. L'expression de soulagement intense mêlé d'une tristesse indicible qui envahit les traits de Sherlock convainquit John qu'il avait eu raison de venir, et il s'avança encore, jusqu'à pouvoir poser ses mains sur les épaules de Moriarty qui se figea instantanément.

« Lâche-le. » ordonna John en rapprochant ses mains autour de la nuque du jeune homme.

La menace était suffisamment claire pour que Jim obéisse et lève les mains de part et d'autre se son corps, pour montrer qu'il se rendait. Sans diminuer sa prise sur lui, John le tira vers l'arrière pour que Sherlock puisse se dégager. Lorsque celui-ci fut passé, John donna un coup violent derrière les cuisses de Moriarty pour qu'il tombe à genoux.

Jim laissa échapper un gémissement lorsque ses rotules heurtèrent le bitume avec un bruit sourd.

« Johnny… Quelle joie de te rencontrer enfin, dit-il de sa voix mélodieuse, un brin voilée par la douleur.

- Tout le plaisir et pour moi » cracha John en assenant un coup de poing sur la tempe de Jim qui s'effondra comme s'il était soudain rempli de chiffons.

John le lâcha comme s'il rejetait un sac plein de serpents et le laissa en tas sur le sol, puis se retourna vivement. Sherlock était resté derrière lui et peinait à reprendre son souffle.

« Comment as-tu su… essaya-t-il de demander.

- Tu avais oublié ton portable, répliqua John en lui tendant le petit appareil.

- Et tu as décidé de me suivre. Je pensais pourtant avoir été clair. Je sais me débrouiller tout seul.

John lui lança un sourire sans joie.

- Ce n'est pas ce que je viens de constater. Et… je crains d'être, comme tu l'as si bien dit toi-même, un preux chevalier prêt à défendre toute princesse menacée par un dragon…

Sherlock laissa s'échapper un petit rire et lui renvoya le sourire que John préférait, celui qui illuminait jusqu'à ses yeux. Il tendit sa main vers John qui la serra avec force.

- Rentrons, dit Sherlock. Tu m'as promis un thé. »


C'est avec un soulagement certain qu'ils mirent la bouilloire en route en rentrant dans leur chambre. Il était presque l'heure du déjeuner, mais depuis le temps qu'ils voulaient ce thé…

John profita de ce moment de calme enfin revenu pour ouvrir la discussion :

« Je suis désolé d'avoir regardé ton téléphone… j'essayais de voir par où tu partais, et l'écran était allumé, ça a attiré mon regard…

- Ce n'est pas grave, pour cette fois. C'est difficile à avouer, mais tu m'as quand même donné un sacré coup de main. Il est vraiment très imprévisible…

- Et moi qui étais persuadé que c'était Mycroft…

- Quoi ? Mycroft ? Mais pourquoi ?

- Et bien, déjà qu'il était suspect avec sa chevalière, à parler bizarrement… En plus le message était signé d'un M… et c'est la seule personne que je connais pour le moment… Enfin bref, je lui présenterai peut être mes excuses, à l'occasion. Peut être ! Je ne sais pas si j'en aurai envie en le voyant mais… dit-il en finissant par un sourire.

- Tu as raison, ça le flatterait bien trop que quelqu'un s'excuse. Ne dis rien.

John hocha la tête, puis ses joues prirent une délicate couleur rose.

- Et hum… Ce Jim… c'est euh… ton petit-ami ?... demanda-t-il, gêné.

Sherlock lui lança un regard ébahi.

- Mon quoi ?!

- C'est-à-dire… tenta d'expliquer John, la façon dont il s'est collé à toi… Euh…

- Arrête-toi là… Ce n'est pas mon… petit-ami, répliqua-t-il en crachant les mots avec dégoût. C'est mon sadique, ajouta-t-il avec un sourire résigné.

- Excuse-moi, dit John doucement. J'avais peur que tu ne sois embourbé dans une relation avec un petit ami abusif. Enfin, la réalité n'est pas bien plus glorieuse.

- Je sais, soupira Sherlock en haussant les épaules.

- C'est donc lui, ce fameux sadique, reprit John, pensif. Je n'ai pas regardé s'il avait une bague. J'étais trop occupé à l'assommer…

Sherlock éclata soudain de rire.

- Tu as une sacrée droite. Je m'en souviendrai ! »


Ils terminaient leur repas du soir lorsque John se rappela un détail. La journée avait été chargée et sa rencontre du matin même venait tout juste de lui revenir à l'esprit.

« Oh, au fait… Ce matin en faisait mon footing, j'ai rencontré l'entraîneur du club de rugby, il m'a proposé de passer à leur entraînement mardi…

Sherlock releva le nez de son assiette. Il finissait par prendre goût à la cuisine de John.

- Greg Lestrade ?

- Oui. Il m'a dit qu'il te connaissait un peu.

Le brun haussa les épaules.

- Pas plus que ça. Mycroft le connait bien.

- Oh. Enfin, toujours est-il que je vais sans doute rejoindre le club. Ça me manque, continua John en souriant.

- Ah, le sport… développer le corps au détriment de l'intellect, ça me dépasse. C'est parfaitement stupide.

- Si tu continues à manger ce que je prépare avec autant d'appétit, tu vas en avoir besoin, plaisanta John.

- Hé ! Si tu le prends comme ça, j'arrête tout de suite !

John replaça l'assiette que Sherlock avait repoussée en face de lui.

- Finis moi ça, ou je te force à vider la casserole. »


Le mardi soir, John sortit du laboratoire un peu plus tôt que d'habitude et rentra au 221B d'un pas rapide. Il posa ses affaires rapidement et alla enfiler sa tenue de sport, impatient de retrouver Greg Lestrade et son équipe. Lorsqu'il ressortit de la salle de bains, Sherlock lui lança un regard résigné.

« Tu es fou. En plus il fait presque nuit et un froid de canard. Tu ferais mieux de rester m'aider à faire mes expériences plutôt que de t'infliger ça…

- Ne t'en fais pas, Sherlock, répliqua John en riant légèrement. Je m'inflige ça tout à fait volontairement et de mon plein gré ! »

Il sortit et prit le chemin du stade en trottinant pour éviter que le froid ambiant ne le glace trop, et remonta la fermeture éclair de son sweatshirt. A 17h59, il était devant l'entrée du terrain éclairé par de puissants spots et lampadaires. On y voyait comme en plein jour, mais le système était suffisamment bien pensé pour éviter l'éblouissement lorsqu'on se trouvait sur le terrain. John sentit un large sourire s'étaler sur son visage.

Quelques courtes minutes plus tard, il vit Greg arriver avec un gros sac de sport, et il s'avança à sa rencontre.

« Salut !

- Hé, John ! Content que tu sois venu ! Ponctuel, en plus, apprécia Greg en lui serrant la main.

- Je ne voulais pas rater le début, répondit John.

- Les autres ne vont pas tarder. Tu peux prendre une partie des ballons ? demanda-t-il en lui tendant un filet. Ces sacs pèsent une tonne et comme il n'y a que moi qui ai la clé du local, je les porte toujours tout seul…

John saisit le sac de ballons en souriant.

- Et bien sûr aucun autre joueur ne t'y rejoint pour t'aider, je suppose ? demanda John avec un petit rire.

- Tu as tout compris !

Greg déverrouilla la grille et ils entrèrent sur le terrain. John savoura la sensation de marcher sur l'herbe mouillée.

- Heureusement que tu m'as fait signe, samedi. Ça me manquait, le rugby…

Le capitaine de l'équipe sourit.

- Je peux tout à fait comprendre. L'an dernier, je me suis blessé et je n'ai pas pu jouer pendant trois mois. A la fin, je devenais fou !

Ils rirent ensemble, puis Greg se tourna vers l'entrée.

- Voilà les autres. Je vais te présenter. »

John s'intégra rapidement au groupe, constitué de l'équipe de l'école, d'un certain nombre de remplaçants et de quelques étudiants qui profitaient de l'entraînement pour faire leur sport sans pour autant être impliqués dans l'aspect compétitif. Greg, après les avoir fait courir pour les échauffer, organisa plusieurs exercices techniques avant de terminer par un match amical. Ils n'étaient pas assez nombreux pour former deux équipes complètes de quinze joueurs et la partie s'en retrouva un peu déséquilibrée, mais occasionna quelques fous rires…

L'entraînement passa à toute vitesse et John fut surpris d'entendre Greg siffler.

« On va s'arrêter là, il est 21h passées ! lança-t-il.

Un concert de protestations s'éleva, mais Greg ajouta :

- Ne râlez, pas, je sais très bien que vous mourez de faim. En plus, il commence à pleuvoir ! »

Les joueurs calmèrent leurs bougonnements et rirent tout en rassemblant les ballons. Puis ils partirent les uns après les autres en saluant leur entraîneur, et bientôt il ne resta que John et Greg, qui refermèrent les sacs et se dirigèrent vers la sortie du terrain.

Debout, bien droit à côté de la porte grillagée se tenait un jeune homme dans un costume impeccable, portant un large parapluie sombre qui maintenait son visage dans l'obscurité. Greg lui adressa un sourire chaleureux.

« Mike ! s'exclama-t-il en lâchant le filet de ballons et en s'élançant vers lui.

- Ne t'approche pas trop, Gregory, tu es repoussant de saleté, s'écria une voix douce. Et combien de fois devrai-je te dire d'utiliser mon prénom entier ?

Greg ignora la remarque et posa une main terreuse sur sa taille avant de plaquer sa bouche sur les lèvres de l'autre qui, au lieu de continuer à râler, répondit au baiser.

- Tu sens le bouc, Goldfish, affirma-t-il lorsque Greg s'écarta de lui.

- Je viens de passer trois heures à courir et à me rouler par terre. Tu t'attendais à quoi ? railla le rugbyman.

L'autre leva les yeux au ciel et tourna la tête vers la lumière du terrain, où John avait récupéré le sac abandonné par Greg. Le jeune médecin lâcha les deux sacs d'un coup, éberlué.

- Oh, bonsoir, John. Je ne t'avais pas vu. Je ne peux pas rester, tu passeras le bonsoir à mon cher frère.

- … Mycroft ? s'exclama John, incrédule. Oh, oui, je… transmettrai à Sherlock…

Greg se tourna vers John.

- Passe-moi les ballons, je vais les ranger. Au fait, je peux compter sur toi pour l'entraînement de jeudi ? Même heure, même endroit.

- Je serai là » répondit John toujours sous le choc.

Greg récupéra les lourds sacs de sport et serra la main de John. Mycroft se contenta d'un signe de tête et ils s'éloignèrent ensemble. John les regarda s'enfoncer dans la pénombre, recevant quelques échos de leurs chamailleries.

« Aide-moi à porter ces trucs, Mike. C'est lourd.

- Ah, non ! Mon costume sort tout juste du pressing ! Tu as intérêt à prendre une douche dès qu'on sera rentrés !

John vit Greg passer son bras autour de la taille de Mycroft avant qu'ils ne soient complètement plongés dans la nuit

- Goldfish, tu mets de la boue sur ma veste ! » fut la dernière chose que John entendit.

Ebahi par ce à quoi il venait d'assister, il ne put s'empêcher de rire en reprenant le chemin de sa chambre.

En rentrant dans le 221B, John souriait toujours bêtement.

« Ha ! s'exclama-t-il en refermant la porte. J'ai pu constater que Greg et Mycroft se connaissent effectivement très bien, plaisanta-t-il.

Sherlock releva la tête de son livre et fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Ne me dis pas que tu ne sais pas, répliqua John. Mycroft est venu chercher Greg à la fin de l'entraînement, dit-il simplement.

Sherlock ne comprenait visiblement pas de quoi John parlait, et John fronça les sourcils.

- C'est une donnée que tu as supprimée parce qu'elle était ennuyeuse ou inutile ? rit-il. Ton frère et Greg sont ensemble, ils ont une relation ! Amoureuse, précisa-t-il devant l'air perdu de son colocataire.

- Oh, répondit Sherlock. Ça. Mycroft a tendance à sociabiliser, oui. Je savais qu'il y avait quelque chose entre ces deux là, mais à vrai dire, ce n'est pas très intéressant.

John sourit.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles. Peut-être que ça te ferait du bien de « sociabiliser » un peu plus, conclut-il.


Et voilà ! Fini pour aujourd'hui ! Dites nous ce que vous en avez pensé !