Bonsoir tout le monde !

Un chapitre un peu plus long cette fois ci, alors j'espère que vous allez exploser les stats et les reviews !

Warnings : Ascenseur émotionnel, crises et surprises !

Enjoy !

Nalou&Flo'w


Après cette rapide discussion sur les relations amoureuses, l'esprit de Sherlock s'était mis à travailler dessus. Il était totalement ignorant de cette partie là de l'interaction en société, et n'avait pas idée de sa représentation.

Quelques recherches sur internet plus tard, il avait appris qu'un pouls plus élevé que la normale, l'agrandissement des pupilles, et même le changement de couleur des joues étaient des signes d'attirance physique. C'est donc tout naturellement que Sherlock tenta l'expérience sur John. Il avait noté que celui-ci le regardait régulièrement, lorsqu'il était occupé à une expérience, ou qu'il lisait. John ne se doutait pas que Sherlock enregistrait également avec précision tout ce qui se passait dans sa vision périphérique.

Il se mit alors à se rapprocher légèrement de John lorsqu'il lui parlait, flirtant avec la limite de son espace personnel, et observa. A chaque fois, John semblait troublé, sans s'en rendre compte. Ses pupilles se dilataient, formant deux disques noirs qui couvraient la plus grande partie de son iris, il rougissait imperceptiblement, et parfois avait même du mal à retrouver le fil de la discussion.

Sherlock se surprit à cataloguer ces réactions avec soin. Pire encore, il se surprit à apprécier d'observer John lorsque celui-ci lui faisait à manger, mais aussi lorsqu'il dormait... Des moments de détente dans lesquels John se relâchait totalement.

Il ne lui restait qu'un point à vérifier. L'augmentation du pouls. Il devrait attendre le moment adapté, car toucher une personne, même John, restait encore difficile pour lui.


John, lui, continuait sa vie sans ne se douter de rien. Il avait participé à son deuxième entrainement de rugby, et commençait enfin à apprécier de nouveau la plaisante fatigue après s'être dépensé physiquement, malgré les quelques courbatures.

Il travaillait également énormément au laboratoire, avançant nettement plus vite depuis que Sherlock lui avait ramené ses notes de Glasgow.

Un après-midi néanmoins, alors qu'il était occupé avec des boites de pétri, son ordinateur sortit soudainement de sa veille, et l'écran disparut derrière une image de faible qualité, en noir et blanc. Intrigué, il se rapprocha, et se rendit compte que c'était une vidéo d'une caméra de surveillance. Il tenta d'appuyer sur echap pour la faire disparaître, mais, à la place, la vidéo se mit en route.

Il y aperçut son jeune brun de colocataire, circulant sur le campus. La caméra le suivit un instant, avant de se figer dans son mouvement. Sherlock s'était également arrêté. Une autre personne apparut dans le champ de vision de la caméra, que John ne tarda pas à reconnaître. Jim Moriarty. Il sentit son sang se mettre à bouillonner. Qu'est ce que Sherlock foutait ?

Jim se rapprocha du grand brun, et ils eurent une discussion qui échappa totalement au blond, sans le son. Sherlock sembla pris d'un énorme frisson lorsque la main de Jim se posa sur son torse, et n'opposa aucune résistance lorsque celle-ci le poussa en arrière. Il recula jusqu'à ce que ses genoux rencontrent l'angle d'un banc, et se laissa tomber dessus.

Le sadique était maintenant en position de force, dépassant la hauteur de Sherlock. John vit ses lèvres continuer à bouger, et d'imaginer ce qu'il pouvait bien lui dire le fit frissonner à son tour, complètement pris par les images.

Soudain, Moriarty se rapprocha de Sherlock et glissa ses mains dans les cheveux du brun. John vit alors la scène presque au ralenti. Le psychopathe s'approcha de son colocataire, pencha légèrement la tête, avant de fondre sur ses lèvres.

John n'en revenait pas. Sherlock se faisait embrasser par Moriarty ! Et il ne réagissait pas ! Les mains d'araignée du sadique s'étaient ouvertes et encerclaient la tête du jeune chimiste. Jim se rapprocha d'autant plus, forçant Sherlock à s'appuyer contre le dossier du banc, avant de grimper ostensiblement sur ses genoux. Les mains de Sherlock s'agrippèrent un moment aux épaules de son vis-à-vis, avant de se laisser tomber contre son torse. Jim prit un instant pour se caler un peu plus sur les cuisses du grand brun, le dominant totalement, l'entourant de son corps…

De ce que John pouvait voir, ils échangeaient un baiser plus que langoureux. Et ce n'était pas seulement Jim. Sherlock semblait y participer avec enthousiasme… John ne comprenait plus rien, et son cerveau menaçait de déconnecter d'un instant à l'autre.

Voilà que maintenant Sherlock avait la tête rejetée en arrière, la bouche de son ennemi sur son cou, alors que la sienne semblait déblatérer des phrases incohérentes. Ils auraient pu faire l'amour sur ce banc, John aurait ressenti la même chose. Le même coup de poing dans le ventre, le même souffle coupé.

Sentant la colère monter d'encore un cran, et friser l'explosion, il referma rageusement son outil de travail, rangea rapidement ses affaires en essayant de ne rien casser, et quitta le laboratoire d'un pas forcené, sous le regard médusé de ses camarades.

Oh oui il bouillait. Il n'en croyait pas ses yeux. Après ce que Sherlock lui avait dit sur Jim, il se permettait quand même de l'embrasser comme ça ? Et lui envoyait la vidéo en plus ? A quoi jouait-il ?

Il remonta jusqu'à sa chambre, courant presque, et ouvrit la porte à la volée.

« SHERLOCK ! »

La porte claqua bruyamment, alors que Sherlock, impeccable dans son costume gris foncé, levait des yeux surpris de son ordinateur.

« John ? Tu ne devrais pas être au labo ?

- Sherlock, à quoi tu joues ?!

- Mais… De quoi tu… ?

- Ne te fous pas de moi, Sherlock ! Je n'ai sérieusement pas la patience là tout de suite. C'EST QUOI CETTE VIDEO QUE J'AI REÇU SUR MON ORDINATEUR IL N'Y A PAS DIX MINUTES ? Un coup tu me dis que Moriarty est ton ennemi, celui d'après TU LUI FAIS PRESQUE L'AMOUR SUR UN BANC ?

- Ah… tu es au courant… »

Devant l'absence de réaction de son colocataire, John eut presque envie de le frapper. Fort. A de multiples reprises.

Il ne savait pas pourquoi il était dans cet état. Une partie de lui se révoltait contre le fait que Sherlock était en train de signer son arrêt de mort, à jouer aux sentiments avec la personne qui prenait du plaisir à lui faire du mal, l'autre… l'autre n'était qu'un trou béant dans sa poitrine.

L'autre partie n'arrivait pas à croire que Sherlock ait pu embrasser quelqu'un ainsi, embrasser Jim Moriarty, comme si sa vie en dépendait. Comme s'il l'aimait, lui.

Il se saisit du premier objet qui lui passa sous la main, en l'occurrence, sa tasse de thé du matin, et la jeta au sol. La céramique se brisa en des dizaines d'éclats se répandant dans toute la cuisine. Il donna ensuite deux coups de pieds dans un placard qui n'avait rien demandé avant d'arriver à reprendre son souffle. Sherlock n'avait pas bougé. Il le regardait, son visage sans expression.

« John… commença-t-il.

- J'espère que tu as autant apprécié que ce que le film laissait voir !

- John…

- Dis-moi Sherlock, je ne comprends pas. Explique-moi !

Sherlock lui lança un regard mi-surpris, mi-agacé.

- John, pourquoi es-tu si furieux ? Tu ne sais même pas ce qui s'est passé. Et je ne savais pas que tu recevrais une vidéo, ajouta-t-il pour lui-même en grommelant.

John ouvrit la bouche pour répondre, mais rien ne lui vint. Sherlock avait raison. Pourquoi donc était-il si énervé ? Il aurait dû être surpris, peut-être troublé, au mieux inquiet pour son ami. Mais non. Il était en rage.

Fronçant les sourcils, l'étudiant en médecine finit par marmonner :

- Très bien. Je t'écoute.

Sherlock baissa les yeux, l'air embarrassé.

- C'était mon premier baiser John. Le premier de ma vie.

- Alors pourquoi avec LUI ? Je croyais qu'il te répugnait ! Qu'il te faisait du mal !

- John, laisse-moi finir mes phrases. Non, tais-toi, et écoute moi maintenant ! »

John afficha un air franchement courroucé, mais se jeta finalement dans son fauteuil, les bras croisés, tremblant. Sans comprendre pourquoi il réagissait si violemment, il lança un regard interrogateur à Sherlock qui continua.

« Ce que tu as pu voir… Je suppose que Jim l'a mis en place uniquement dans ce but là. Après la dernière fois, il cherche à nous affaiblir. Je vais essayer de t'expliquer ce qui est arrivé, si tu me promets de ne pas me couper jusqu'à ce que j'en aie terminé, d'accord ?

- Je vais tenter…

- Retiens-toi, s'il te plait. C'est important. Tu sais que je ne suis pas du tout à l'aise avec les contacts physiques. Mais Jim connait mon point faible. Il sait comment anéantir mon cerveau pour me laisser à sa merci. Il sait quelles menaces proférer pour que je sois obéissant. Lorsqu'il a posé ses lèvres sur ma bouche, j'ai voulu le repousser. Vraiment. J'ai tenté du mieux que j'ai pu. Mais il était en position de force. Puis mon corps a commencé à réagir contre ma volonté. John… Lorsque mes yeux étaient fermés… Je ne comprends pas ce qui m'arrive, vraiment. Quand ils étaient fermés, ce n'était pas Jim que je voyais en train de m'embrasser… John… C'était toi… »

Sherlock baissa les yeux à ce moment là, perdu, alors que la mâchoire de John semblait vouloir sortir de son emplacement tellement elle était tombée bas. Sherlock… ?

« Tu… Tu es en train de me dire que… Que tu… Veux m'embrasser ?

- Je ne comprends pas ce qui m'arrive ! Et je déteste ne pas comprendre ! Je ne suis pas censé être comme ça ! Les sentiments me répugnent, ils rendent les gens faibles ! »

John réussit à prendre deux grandes inspirations. Sherlock, son incroyablement beau colocataire, voulait l'embrasser ? Alors que lui… Lui ne savait même pas ce qu'il ressentait exactement.

Je ne suis pas gay, pensa-t-il. Je ne crois pas être gay, je…

Son colocataire releva les yeux vers lui, l'air complètement égaré. La conversation le dépassait. Il n'avait pas prévu que John saurait tout. Il n'avait pas eu l'intention de le lui dire. Lorsqu'il ne comprenait pas, il préférait éviter de le montrer. Aussi ses yeux exprimaient-ils le plus grand désarroi lorsque son regard croisa à nouveau celui de John. Sa bouche était entrouverte, comme s'il hésitait à parler.

John prit la parole, hésitant. Les paroles de Sherlock l'avaient troublé et sa fureur semblait s'être évanouie.

« Sherlock… Je suis désolé d'avoir crié… Je... sans savoir… j'aurais dû me douter que Jim était derrière tout ça… Pardonne-moi. Je n'aurais pas dû m'énerver, je ne sais pas pourquoi... »

Il prit sa tête dans ses mains un instant, avant de souffler. Il se redressa, et observa Sherlock. Il était toujours assis sur sa chaise, un air peiné sur le visage, blessé. Evidemment, crétin, il vient de subir une nouvelle attaque de Moriarty, et tout ce que tu trouves à faire, c'est l'engueuler. Sincèrement mal à l'aise, John se tourna vers son bureau, sur lequel il avait posé ses affaires en vrac, et il ouvrit machinalement son ordinateur portable.

La vidéo était toujours affichée, visiblement en pause. John serra les dents en observant l'image. Sherlock à la merci de Moriarty. La scène prenait un tout autre sens… il appuya sur echap, avec le vague espoir qu'elle disparaîtrait, mais come la première fois, le film se remit en route.

Il ne restait que quelques secondes. Jim finit par se détacher du cou de Sherlock et lui murmura visiblement quelques mots à l'oreille. Puis il se tourna vers l'objectif et lui adressa un large sourire, ce sourire malsain, sans joie… Jim quitta rapidement l'image, laissant Sherlock seul sur le banc, la tête dans les mains, les épaules agitées de frissons.

John allait refermer son laptop, la colère pointant à nouveau son nez, mais dirigée cette fois contre Jim, lorsqu'un court texte s'afficha sur l'écran.

J'espère que tu as apprécié mon petit cadeau d'au revoir… Oh, ne t'en fais pas, je reviens vite, je n'aurai pas le temps de vous manquer !

Si tu as l'occasion, jette un œil dans le cou de mon Sherly, tu pourras voir que j'y ai marqué mon territoire… à ton tour d'être jaloux, Johnny…

Dégoûté, révolté, John amorça un geste brutal pour baisser l'écran de l'ordinateur, mais soudain un mot lui sauta aux yeux.

Jaloux.

Il stoppa net son mouvement, les yeux écarquillés.

Jaloux.

Il lança un regard éberlué vers Sherlock qui s'était apparemment remis à sa lecture. Il observa un instant le visage impassible de son colocataire. Fronça les sourcils. Pas si impassible que ça…

Incertain, il se leva et s'approcha de Sherlock.

« Sherlock… Je crois… que j'ai compris pourquoi voir cette vidéo m'a tant énervé.

- Laisse, répondit Sherlock avec un vague haussement d'épaules. Je ne t'en veux pas. Tu n'es pas encore habitué au style de Moriarty… On oublie ? demanda-t-il en tendant la main à John.

Déstabilisé, John la saisit et la serra, mais Sherlock la retint lorsqu'il voulut se dégager. Le visage du brun était à nouveau troublé.

- Je crois que j'ai tous les signes…

- Signes ? Quels signes ? De quoi parles-tu ?

- Pupilles dilatées, pouls accéléré, cœur battant, chaleur sur les joues. Attraction physique. John… Je… »

Il ne savait pas si c'était le relâchement après un tel coup de stress, du soulagement, ou encore la situation improbable dans laquelle il se trouvait, mais John éclata de rire. D'un rire qui balaya tous ses soucis, et ceux de Sherlock, qui fronça tout de même les sourcils, craignant d'être moqué.

Se passant de mots, juste muni d'un sourire éclatant, John se pencha légèrement en avant. Il inclina la tête, puis, réussissant à détacher ses yeux des iris multicolores de son colocataire, ferma les paupières en posant doucement ses lèvres sur les siennes.


John se croyait en plein rêve. Il ne parvenait pas à réaliser qu'il embrassait Sherlock. Les lèvres pleines contre les siennes étaient d'une douceur incroyable, et même si elles étaient restées figées un instant, il les sentait à présent répondre aux siennes. Il sentait de petites décharges électriques à l'extrémité de ses doigts, et son cerveau était en train de décrocher de la réalité. Toujours debout et penché en avant, il prit appui sur l'un des accoudoirs de la chaise de Sherlock avant de caresser légèrement le cou du brun. Le son qui échappa de sa gorge à ce moment là lui fit perdre pieds. Il se surprit à prendre une grande gorgée d'air, alors que son cœur s'affolait encore plus.

Avoir rompu le contact leur fit ouvrir les yeux. Des iris de Sherlock ne restaient qu'un fin cercle bleu, alors que sa pupille recouvrait le centre. John crut entendre son prénom sortir de la bouche exquise face à lui, mais peut-être l'avait-il rêvé. Il ne rêva pas cependant de la main qui se tendit vers sa joue, et qui la frôla délicatement. Ses paupières se refermèrent automatiquement alors qu'un long frisson parcourait son corps entier.

Il sentit Sherlock se redresser, une main ayant attrapé sa cravate, avant que leurs lèvres n'entrent de nouveau en contact. Cette fois-ci, le brun le poussa en arrière, et se releva sans briser la caresse. John se retrouvait maintenant la tête penchée vers le haut, maintenue en place par une main de Sherlock dans sa nuque, l'autre tenant fermement le long morceau de soie, et rien ne lui paraissait plus naturel en cet instant. Il donna timidement un petit coup de langue sur les lèvres du brun alors que celui-ci le faisait reculer à travers la pièce.

Sherlock entrouvrit les lèvres sur un grognement guttural alors que les mains de John s'étaient glissées dans son dos, s'agrippant à lui comme pour ne pas tomber. Le blond sentit ses talons buter contre un meuble avant de basculer en arrière. A peine son corps avait-il atteint le matelas de son lit que leurs langues dansaient entre elles. La douceur du premier baiser avait disparu et leurs dents s'entrechoquaient occasionnellement. Leur respiration se faisait hasardeuse.

Le brun était à califourchon sur John, les mains maintenant appuyées de chaque côté du visage de l'élève médecin. Celui-ci passa ses doigts le long de la mâchoire de son vis-à-vis, continua le long de son cou blanc et doux comme la plus pure des soies, avant de parcourir le col de sa chemise, dont les premiers boutons étaient détachés, puis frôla l'extrémité de la clavicule, avant de descendre…

La main aventureuse de John vint caresser délicatement les pectoraux de Sherlock à travers sa chemise, avant de trouver l'un de ses tétons, pointant de désir sous le léger tissu. Le frôler suffit à Sherlock pour étouffer un cri de surprise entre les lèvres du blond.

Sherlock était tremblant lorsqu'il se redressa sur ses genoux. John grogna de frustration alors que leurs corps se séparaient.

« Pardonne-moi, John, haleta Sherlock. Je… je ne peux pas…

John saisit son bras et le serra, tentant d'apaiser les battements de son cœur et d'ignorer les protestations de son corps, qui réclamait malgré lui la suite.

- Calme-toi. Rien ne se passera sans que tu le veuilles. Je ne suis pas Jim. Et je dois t'avouer que je ne sais pas exactement comment on en est arrivé là… ajouta-t-il, soudain hésitant.

Sherlock descendit maladroitement du lit de John, évitant son regard.

- Tout ça va un peu vite pour moi. Agir de manière si… Irresponsable n'est pas dans mes habitudes.

John fixa la tête baissée de son colocataire, se sentant étrangement déçu. Il s'assit au bord du lit, ne sachant pas comment relancer la conversation. Sherlock s'en chargea pour lui.

- Jim sera absent quelques temps. C'était son « cadeau d'au revoir », m'a-t-il dit. Pour que je ne l'oublie pas... Je ne risque pas de l'oublier » grogna-t-il en passant la main dans son cou d'un geste machinal.

John suivit le mouvement des yeux, et lorsque la main de Sherlock fut retombée, il comprit le message de Jim. J'ai marqué mon territoire.

Une trace de morsure, très nette, violacée, ornait le creux de la mâchoire de Sherlock.


Le lendemain matin, lorsque John se réveilla, Sherlock avait déjà quitté la chambre. Les souvenirs de la veille affluèrent et il se toucha machinalement la bouche, incertain. Peut-être avait-il rêvé ? Non. Les images étaient trop précises dans son esprit pour avoir fait partie d'un songe. John se massa le front. Il avait mal dormi, préoccupé par les évènements.

Et par ce mot qui l'avait marqué.

Jaloux.

Etait-il jaloux du fait que Jim ait embrassé Sherlock ? Pourquoi aurait-il été jaloux ? Non, ça ne devait pas être de la jalousie. Simplement… de l'inquiétude. Et de la colère. Voilà. Il était inquiet pour son ami, et furieux contre Jim qui se servait de lui et le martyrisait. C'était forcément la bonne explication.

Mais alors pourquoi s'était-il senti si bien en échangeant ce baiser avec Sherlock ? Pourquoi avait-il été si bouleversé ? John fronça les sourcils, assis au bord de son lit. Incapable de savoir ce qu'il ressentait vraiment.

Tentant de reprendre pied avec la réalité et d'ignorer son malaise, il s'habilla rapidement et prépara ses affaires pour se rendre au labo.

Sherlock s'était levé plus tôt encore que d'habitude, appréhendant le réveil de John et l'inévitable confrontation gênante qui aurait suivi. Il s'était habillé dans le plus complet silence et avait quitté la chambre.

Il s'était ensuite promené sans but sur le campus endormi, encore plongé dans l'obscurité. Une fine pluie mêlée de neige fondue avait commencé à tomber et le sol était terriblement glissant sous ses chaussures.

Que pouvait-il donc dire à John ? Il ne savait même pas ce qui lui arrivait, et il avait horreur de ne pas comprendre. Il haussa les épaules, frigorifié. Après tout, était-ce si important ? Les relations sociales ? Bah. Il pouvait certainement s'en passer. Et John… John… Sherlock laissa échapper un grognement et se dirigea à grands pas vers le bâtiment où il devait avoir cours. John… Il réglerait ça plus tard.

En sortant du laboratoire à midi, John fut désagréablement surpris en constatant que Sherlock ne l'attendait pas pour aller manger. Lui en voulait-il pour ce qui était arrivé ? Ruminant de sombres pensées, John se rendit à la cafétéria. Il prit un plateau mais, sentant qu'il n'avait pas faim, il ne prit qu'une petite assiette de fromage avec un morceau de pain, et une pomme. Les yeux baissés sur ses pieds alors qu'il traversait la salle encore peu remplie, il ne s'aperçut pas qu'on l'attendait à sa table habituelle.

C'est en relevant les yeux qu'il l'aperçut. Il souriait mais ses yeux étaient impassibles, vides.

« Sherlock ! Je ne pensais pas te voir ce midi, s'étonna John, ne sachant pas s'il devait être soulagé.

- Je suis allé en cours, ce matin. J'ai préféré te rejoindre ici directement, je serais arrivé trop tard à ton labo, répondit simplement le brun.

John hocha la tête.

- Tu ne manges rien ? demanda-t-il.

- Pas faim. Tu ne manges pas grand-chose non plus, remarqua Sherlock en observant le plateau presque vide de son colocataire.

John haussa les épaules.

- Je suis un peu… barbouillé. Alors comme ça, tu es allé en cours ? continua-t-il après une grande respiration. Pas trop ennuyeux ?

Il croisa le regard absent de Sherlock et se sentit une boule au ventre.

- J'ai cru que j'allais devoir faire le cours à la place du prof tellement c'était nul. Je ne sais pas ce qui m'a pris d'y aller… » répondit Sherlock, ignorant le malaise de son colocataire.

Tout naturellement, et comme il avait l'habitude de piquer dans son assiette, il tendit la main pour prendre un morceau du pain de John. Qui avait eu la même intention. Ils saisirent donc le morceau en même temps, la main de Sherlock, un peu en retard, s'enroulant avec détermination autour de celle de John.

Ils se figèrent brusquement. Puis Sherlock lâcha la main de John qui se racla la gorge nerveusement.

« Désolé… » dirent-ils en chœur.

John poussa le pain vers Sherlock.

« Sers-toi. Je n'ai plus faim. »

Il sentait encore la chaleur de la paume de Sherlock sur ses doigts. Evitant soigneusement le regard bleu de Sherlock, John se leva.

« Je vais… retourner au labo, je crois. J'ai pas mal de trucs à faire et il faut que je parte tôt pour aller au rugby, alors… à plus tard. »

Il se détourna rapidement et partit, laissant Sherlock sur place. Tout en marchant d'un pas raide vers son laboratoire, il se fustigeait intérieurement. Ce n'était pas la première fois que leurs mains se touchaient lorsque Sherlock se servait dans son plateau. Il n'avait pas de raison de réagir avec tant de gêne. Il hésita une fraction de seconde, mais n'osa finalement pas retourner s'asseoir avec Sherlock.

Lorsqu'il entra dans le labo, il était désert. Aucun étudiant n'était encore revenu. Avec un soupir, John se remit au travail, essayant de ne pas penser à la sensation de contact toujours présente sur sa main.

Sherlock resta ébahi devant le départ soudain de John. Qu'est-ce qui l'avait donc poussé à partir ? Il avait reconnu le mensonge dans la phrase précipitée, marmonnée de John. Mais pourquoi ? Agacé devant tant de questions sans réponses, le jeune homme renonça à retourner en cours pendant l'après-midi. Il alla poser le plateau abandonné de son colocataire et rentra à la chambre 221B. Se plongeant dans ses expériences, il ne vit pas passer le temps et fut surpris d'entendre John rentrer.

« Déjà là ? demanda-t-il sans lever les yeux de sa fiole.

- Entraînement, répondit simplement John en allant s'enfermer dans la salle de bain.

Sherlock acquiesça silencieusement, concentré, et ne prêta pas attention au départ de son colocataire.

- John, pourquoi es-tu parti si brusquement, ce midi ? Tu n'as même pas fini ton assiette. Tu vas tomber en hypoglycémie pendant ton entraînement si tu ne manges pas plus.

Ne recevant aucune réponse, il leva la tête et regarda autour de lui.

- John ? »

Sherlock fronça les sourcils, mais fut vite détourné de ses préoccupations lorsqu'il s'aperçut que le contenu de sa fiole avait spontanément pris feu. Maudissant son inattention, il se remit à son travail.

John arriva en avance au terrain de rugby, et pinça les lèvres en trouvant la grille fermée. Ça lui apprendrait à essayer d'éviter Sherlock. Pour passer le temps, il commença à sautiller et à trottiner sur place. Il faisait un froid glacial.

Un quart d'heure plus tard, Greg arriva à petites foulées, les sacs pleins de ballons rebondissant sur son dos.

« John ! Tu as l'air frigorifié. Tu es là depuis longtemps ? lança-t-il en s'approchant.

- Ça va, répondit John en essayant de maîtriser le claquement de ses dents.

- Je sens qu'on ne va pas être très efficaces ce soir, grommela Greg en déverrouillant l'entrée du terrain. Justin et Dennis sont malades. Sérieusement, ils ne pouvaient pas attendre la semaine prochaine ? J'espère qu'ils seront remis samedi…

John le suivit et prit un des sacs.

- Ah oui, vous avez un match…

- Tu viendras nous encourager, hein ? Avec deux joueurs grippés, ça va être sympa… »

Tout en discutant, ils avaient installé quelques plots sur le terrain pour le premier exercice, et les joueurs commençaient à affluer.

Greg avait décidé d'organiser un match amical avec les membres du club présents ce soir là, afin de choisir les remplaçants dont ils pourraient avoir besoin lors de la partie de samedi, qui se jouait contre l'équipe d'une autre université londonienne.

John se sentait déconnecté. Le regard froid et indifférent que Sherlock lui avait servi au repas de midi persistait à rester gravé dans sa tête. Déconcentré, il rata plusieurs passes décisives au cours du jeu et n'en fut que plus déstabilisé.

Soudain, Greg se mit à siffler.

« Revenez là, tous ! appela-t-il en courant vers le milieu du terrain.

Lorsque tous les joueurs, surpris, se regroupèrent autour de lui, il continua :

- Vous faites n'importe quoi, ce soir. Je n'ai jamais vu un match d'entraînement se passer aussi mal ! AH MAIS PUTAIN C'EST PAS VRAI ! Il NEIGE MAINTENANT ?! hurla-t-il lorsqu'il aperçut les flocons virevolter dans le léger vent.

Se retenant de s'arracher les cheveux, il émit un grognement rageur.

- Rangez le matériel. On remet ça jeudi et j'espère que ça ira mieux. Reposez-vous. » termina-t-il en s'obligeant à se calmer.

Les joueurs se dispersèrent et rangèrent rapidement les ballons et les plots dans les sacs.

« John, tu peux m'aider à transporter ça jusqu'au local ?

L'intéressé hocha la tête et enfila son sweatshirt avant de soulever un des sacs.

- Je te suis, répondit-il.

Greg referma la porte du terrain à clé lorsque tout le monde fut sorti, et guida John jusqu'aux casiers réservés aux clubs de sport.

- John, est-ce que ça va ? En quelques séances à peine, il s'est avéré que tu es un des meilleurs éléments de ce club, mais je ne t'ai jamais vu jouer aussi mal. J'ai eu l'impression que tu n'avais pas la tête à ce que tu faisais. Je ne te force pas à m'en parler, hein, mais si tu as besoin, n'hésite pas. Je suis tout à fait disposé à t'écouter.

Ils entrèrent dans le local exigu, et furent immédiatement soulagés de ne plus sentir le vent glacé sur leurs jambes nues. John se racla la gorge.

- Je ne sais pas exactement ce qui se passe, à vrai dire.

Greg lui lança un demi-sourire compatissant.

- J'ai la clé de la salle des profs de sport. Il y a une machine à café. Ça te dit ? »

Assis dans la pièce réservée aux professeurs de sport, les mains serrées autour d'un mug de café brûlant, les deux jeunes rugbymen s'autorisèrent un long soupir de satisfaction.

« Je crois que tout le monde était énervé, ce soir. L'équipe stressée par le match qui approche, et le reste congelé ! râla Greg en avalant une gorgée du breuvage amer.

John ricana.

- Des joueurs congelés auraient fait un meilleur boulot que nous…

- Mmh… Allez, crache le morceau. Tu as la tête de quelqu'un qui a une peine de cœur, je me trompe ?

John lui lança un sourire amusé malgré lui.

- Je croyais que tu ne me forçais pas à t'en parler…

- Je suis curieux, répliqua le jeune entraîneur. Dis-moi juste si j'ai raison !

John grimaça.

- Je n'en sais rien. – Il hésita, s'éclaircit la gorge discrètement – C'est… un peu étrange, comme situation.

Un grand sourire s'étala sur le visage de Greg.

- Intéressant... Comment peux-tu ne pas savoir si c'est une peine de cœur ou non ?

- Ce n'est pas si intéressant que ça, répondit John en tordant sa bouche en une moue incertaine. Je ne sais juste pas quoi en penser. Je...

Devait-il se confier à Greg ? Il hésitait. Une part de lui voulait garder le secret. Il n'avait pas envie que son récit dévoile la partie concernant Moriarty, et par ailleurs, il n'était pas sûr de vouloir que Mycroft apprenne l'affaire.

L'autre part avait besoin de comprendre ce qui se passait, et ne crachait pas sur un peu d'aide. Alors il se lança, butant sur les mots.

- Hier… hum… il s'est passé un truc… Euh… J'ai…

John se sentit rougir lorsqu'il repensa au regard incroyable de Sherlock lorsqu'il l'avait embrassé. A la sensation de ses lèvres contre les siennes. Au goût qu'avait eu le baiser. Il ferma les yeux et tenta de se concentrer sur ce qu'il disait.

- J'ai embrassé Sherlock, finit-il par déclarer, le regard fixé sur sa tasse.

Greg émit un faible sifflement en inspirant entre ses dents serrées.

- Très intéressant, murmura-t-il.

John s'efforça de l'ignorer et poursuivit.

- Je te passe les détails. C'était… – encore une fois, il chassa de son esprit l'image des yeux bleus de Sherlock, le regard brûlant – je ne peux pas l'expliquer. Je ne sais pas précisément comment on en est venus à ça, mais toujours est-il que c'est terminé. Sherlock est exactement comme d'habitude, insouciant, parfaitement indifférent, comme s'il ne s'était rien passé du tout. Et moi… je ne sais pas quoi penser.

Greg resta quelques instants silencieux, puis soupira.

- Ah, ces Holmes… des briseurs de cœurs !

Il sourit à John.

- Je suis bien placé pour le savoir. Ça n'a pas été facile de sortir Mycroft de sa coquille, heureusement que je suis assez sociable pour deux ! Ne t'en fais pas, va. Tu vas finir par savoir ce que tu veux.

John haussa les épaules.

- Je suppose, oui. Je crois que je vais rentrer. Merci, Greg.

- De rien. Je n'aime pas voir mes joueurs dans un sale état ! Et entre côtoyeurs de Holmes, il faut s'entraider… »

Ils rirent ensemble et se séparèrent sur une poignée de main amicale. Puis ils retournèrent affronter le vent et la neige chacun de leur côté.


En arrivant devant la porte de sa chambre, John marqua un temps d'hésitation. Après une longue inspiration, il glissa la clé dans la serrure et entra chez lui. Son cœur fit un bond lorsqu'il aperçut Sherlock.

Ce dernier était allongé de tout son long sur le lit de John, plongé dans un livre. John se força à rester calme. Ça ne voulait rien dire. Sherlock passait beaucoup de temps sur ce lit, et il était obligé de l'en déloger régulièrement.

Se composant un masque impassible, le sportif prit les vêtements soigneusement pliés sur le dossier de sa chaise et alla s'enfermer dans la salle de bain. Il y prit une longue douche bien chaude pour se détendre et se réchauffer après un entraînement si décevant. Cependant, il se sentait tout de même mieux. Sa conversation avec Lestrade l'avait un peu soulagé.

Sortant de la salle d'eau, les cheveux encore humides, John lança un regard vers son colocataire.

« Est-ce que tu as faim ? demanda-t-il simplement.

Sherlock releva les yeux de son livre une demi-seconde.

- Que prépares-tu ?

- Bouillon de légumes et vermicelles.

- Alors j'ai faim, répondit Sherlock. Comment était le rugby ? Tu es rentré tôt.

- Il s'est mis à neiger, alors on s'est arrêté » éluda John en s'attelant à la cuisine.

Ils mangèrent en silence, Sherlock impassible et John lui jetant de petits regards, du coin de l'œil, troublé. Sa conversation avec Greg lui avait permis de poser les choses à plat, mais il ne réussissait toujours pas à savoir ce qu'il voulait. L'expression de Sherlock était neutre, et même envahi par le doute, John était blessé par cette indifférence. Il avait pourtant eu l'impression que Sherlock avait apprécié, même s'il n'avait pas compris ce qui lui arrivait. Et qu'il réagisse en ignorant totalement ce qui s'était passé… ça ne pouvait signifier qu'une chose : cette histoire n'avait aucun intérêt pour Sherlock. Ce n'était qu'une expérience de plus, entre la dissolution des yeux dans l'acide chlorhydrique et la chimie des poudres.


Le lendemain midi, John trouva Sherlock en train de l'attendre devant son laboratoire et ne put s'empêcher de lui adresser un grand sourire.

« Sherlock ! Alors, pas assez motivé pour aller en cours ? lança-t-il, sa morosité de la matinée soudain oubliée.

Le ton froid de Sherlock le doucha immédiatement.

- Quatre heures d'ennui avec quatre-vingt imbéciles, ça m'a suffi hier. Tu es en retard, John, il est midi cinq.

Incapable de trouver une réponse, John emboîta le pas à son colocataire jusqu'au réfectoire, et fut surpris de constater qu'il prenait un plateau.

- Sherlock ? Je n'y crois pas, tu vas manger ? s'exclama-t-il.

- Hein ? Oh, non. C'est pour toi. Tu n'as pas mangé hier midi et si tu es rentré si tôt, je pense que c'était parce que tu étais fatigué et affamé pendant ton entraînement. Je t'avais prévenu avant que tu partes, pourtant. Alors, ce midi, je vais veiller à ce que tu manges correctement, répliqua l'intéressé d'un ton moralisateur.

Interloqué, John regarda Sherlock remplir le plateau de divers éléments.

- Sherlock, je n'ai pas d'entraînement ce soir. Et je n'ai pas si faim que ça, arrête ! »

Ils finirent par rejoindre leur table, et Sherlock posa le plateau devant John qui fit la grimace. Il se sentait barbouillé, le ventre noué. Il se força à manger ce que Sherlock lui avait pris mais était écœuré par la nourriture.

« Tu ne t'étonneras pas de trouver une main dans le réfrigérateur, d'accord ? demanda Sherlock avec un air parfaitement naturel. C'est pour ma prochaine expérience.

John repoussa son assiette, dégoûté. Une main dans le frigo. En poussant un long soupir, il posa un coude sur la table et appuya sa tête dans le creux de sa main.

- Parfait. J'espère au moins que tu l'as emballée hermétiquement… »

Le silence s'établit quelques instants, et fut interrompu par le téléphone de Sherlock qui vibra bruyamment, posé sur la table. Son propriétaire lui jeta un coup d'œil et s'assombrit brusquement. John leva les yeux vers son colocataire.

« Mauvaise nouvelle ? interrogea-t-il.

- Je manque à Jim, apparemment » répondit simplement Sherlock en retrouvant son air indifférent.

Mais son regard était troublé. John serra les dents malgré lui. La vision fugitive du psychopathe embrassant Sherlock avait traversé son esprit. Je ne suis pas jaloux. Pourquoi serais-je jaloux ? grogna-t-il intérieurement. Il avait l'impression d'essayer de s'en persuader. Mais lorsqu'il observa à nouveau le visage de Sherlock, il sut qu'il ne pourrait pas se convaincre. Brusquement, il avait envie de le toucher, de poser une main sur son épaule, de lui dire « Ignore-le. N'aie pas peur. Je suis là ». John soupira. Alors c'est ça. Je suis jaloux, pensa-t-il. Mais à quoi bon lui dire que je suis là pour lui ? Il n'en a rien à faire. Je ne suis que son coloc. Son cobaye…


Morose, John rentra dans le laboratoire encore désert. Son regard fut alors attiré par quelque chose qui l'attendait sur son bureau, posé bien en évidence, au milieu des piles de documents. En s'approchant, il comprit que c'était une carte postale.

Le morceau de carton semblait le narguer. C'était certainement une erreur. Qui lui aurait écrit, alors qu'il était à Londres incognito, sous une fausse identité ?

Son cœur accéléra brusquement lorsqu'il vit la photo. Elle ne portait aucune mention mais un seul coup d'œil lui avait permis de reconnaître Glasgow. Il fut traversé d'un frisson alors qu'une sueur froide coulait le long de sa colonne vertébrale. D'une main tremblante, il se saisit de la carte, comme s'il avait peur qu'elle le brûle. Il la retourna lentement.

Ce qu'il vit inscrit au dos acheva de serrer le nœud qui s'était formé dans ses entrailles. Son pouls passa brusquement d'un rythme effréné à l'arrêt complet. Deux lignes griffonnées sans soin, pas de signature.

Un minuscule coin de son cerveau restait suffisamment lucide pour s'estimer heureux d'être seul dans la pièce. Le reste sentait le sang déserter son visage, le laissant livide alors qu'il relisait encore une fois le message.

Très cher John Watson,

Comment se passent tes vacances ?


Mouahahahahaaaa... On vous dit à dans quelques jours !

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