Bonjour tout le monde ! Peut être que certaines l'ont remarqué, mais nous n'avons pas posté de chapitre en mi-semaine comme d'habitude.

En fait, la publication a pratiquement rattrapé la rédaction, vu que nous avons revu notre scénario à partir du chapitre 8 entre temps.

Mais après ce chapitre, il n'en restera que 3, alors nous allons ralentir la publication afin de vous donner le meilleur de nous même !

Comme toujours, nous vous souhaitons une bonne lecture, et attendons vos retours !

Nalou&Flo'w


John se réveilla en sursaut le samedi matin. Il n'était que 8h mais il se sentait pleinement éveillé, et il sortit de son lit d'un bond. Sherlock l'observa, l'air de le guetter, et attendit impatiemment que John ait remis les couvertures en place pour aller s'installer dessus, sous le regard ébahi de celui-ci.

« Sherlock… Qu'est-ce que tu fais… ?

- Je n'ai pas dormi, mon lit était trop encombré. J'attendais que tu te lèves pour pouvoir me reposer un peu » répondit très naturellement l'intéressé en s'enfonçant dans l'oreiller de John.

Eberlué, ce dernier se rendit dans la cuisine préparer du thé et chercher de quoi manger. Il allait avoir besoin d'énergie pour le match de l'après-midi et il se concocta un riche petit déjeuner. Tout en s'efforçant d'ignorer le fait que Sherlock se soit endormi le nez dans son oreiller, il avala un œuf à la coque, trois toasts et deux tasses de thé. Rassasié, il vérifia que son sac de sport était prêt, puis alla à la salle de bain où il enfila un jogging long plutôt que son short – la température extérieure atteignait tout juste 0°C – ainsi qu'un t-shirt à manches longues et un sweat à capuche. Il se brossa soigneusement les dents et décida de travailler un peu en attendant l'heure de partir.

A 11h, John referma son ordinateur et saisit son sac. Son colocataire dormait toujours et il lui lança un long regard. Tu es distant, on ne s'est presque pas parlé depuis quelques jours, mais ça ne te dérange absolument pas de dormir sur mon lit. Je ne te comprends pas, Sherlock. Est-ce que tu te rends seulement compte de l'effet que tu me fais ? pensa John, le cœur serré. Puis il secoua la tête et chassa ses idées noires avant de sortir en direction du stade.

Sherlock se retourna dès qu'il entendit la porte de la chambre se refermer. Il regarda la porte fermée quelques instants, puis replongea dans l'oreiller de John. L'odeur de son colocataire l'enivrait. Il se sentait étrangement bien.

« Bonne chance pour ton match, John » dit-il tout haut dans la pièce vide.


Le blond rejoignit le stade de l'université, et arriva avant tout le monde. Il remonta sa capuche sur son visage afin de se protéger du mieux qu'il pouvait des flocons qui ne cessaient pas de tomber, et du vent sec qui sifflait. Il espérait vraiment que le terrain soit praticable. Etrangement, l'excitation due au match avait éliminé ses soucis, et il se sentait plutôt bien.

Peu de temps après, il aperçut Greg qui se dirigeait vers lui, trottinant pour lutter contre le froid. Il était comme à son habitude chargé d'un sac de ballons en plus de celui qui contenait ses affaires.

« Tu es vraiment ponctuel, John, j'apprécie ! Allez, rentre vite, on sera suffisamment dehors plus tard. !

- En effet… »

Il commençait à grelotter, et tomber malade maintenant ne l'arrangeait pas vraiment. Il aurait dû prendre une veste supplémentaire pour lutter contre ce foutu vent.

L'équipe se retrouva rapidement au complet dans les vestiaires. Ils commencèrent par se diriger vers la salle où les attendait leur repas. C'était sommaire, mais parfait pour un avant match : de la soupe chaude et du jambon blanc. Un repas léger comme celui-ci leur permettrait de se sentir alertes et non somnolents, alourdis par une nourriture trop riche. Ils discutèrent ensuite de la stratégie que Greg comptait utiliser contre l'équipe adverse, chacun n'hésitant pas à faire des propositions, à donner son avis. Après une bonne demi-heure de brouhaha intense, Greg leur imposa le silence pour finaliser ses choix. Enfin, ils se changèrent et sortirent affronter le froid pour leur échauffement. La neige n'avait pas cessé de tomber, et fondait au contact du sol. Le terrain était lourd, boueux, et allait les ralentir et les fatiguer rapidement. De bon augure, pour commencer la saison…

Leurs jambes nues tremblaient s'ils arrêtaient un instant de courir, et ils préparèrent donc soigneusement leurs muscles tendus à l'effort qu'ils étaient sur le point de réaliser. En un clin d'œil, il fut temps pour le match de commencer.

John prit place à son poste, derrière les avants, au centre du terrain. L'équipe adverse avait également l'air plutôt remontée.

Le coup d'envoi fut donné, et John s'élança en avant, repérant le ballon ovale des yeux dans les mains d'un de ses adversaires. L'un de ses camarades se chargea de l'en débarrasser d'un plaquage, et enfin le ballon était de leur côté. L'ailier droit lui lança le ballon, qu'il transmit rapidement à l'un des joueurs les plus rapides de son équipe. Celui-ci bondit en avant en tentant d'éviter les piliers adverses. Malheureusement sans succès.

Le jeu continua ainsi le long de la première mi-temps, alors que chaque équipe marquait des essais. Le score était serré, mais leur équipe avait une petite tête d'avance. John était maintenant en pleine course furieuse vers la ligne adverse. Il tenait le ballon mais se trouvait encerclé par les membres les plus imposants de l'autre équipe. D'un changement de direction rapide, il réussit à s'échapper de ce guet-apens avant de pouvoir dégager le ballon vers un coéquipier à sa gauche. A peine fût-il débarrassé du précieux ballon qu'un coup violent le projeta de terre. Son souffle fut coupé par le choc avant même qu'il n'atterrisse. La réception fut d'ailleurs douloureuse. Sa tête cogna le sol sans qu'il ait pu se protéger de ses bras. Tout devint noir en un instant, et son corps entier semblait souffrir. Il sentit les vibrations du terrain sur lequel il était étendu plus qu'il n'entendit ses coéquipiers s'approcher en l'appelant. Les couleurs revenaient doucement devant ses yeux, et la tête lui tournait affreusement. Sa respiration était douloureuse, mais s'améliorait lentement. Des mains lui saisirent les épaules pour le redresser en position assise, et il aperçut Greg dans son champ de vision, qui lui parlait visiblement.

« Que, quoi ?...

Il porta une main à sa tempe douloureuse, et la sensation poisseuse qui en résulta ne le rassura pas. Il s'était ouvert le front en tombant. Greg lui tendit une main qu'il saisit, se remettant sur pieds.

- Ça va John ? Tu veux aller t'asseoir ?

- Non, non, c'est bon. Laisse-moi deux minutes de plus. Qu'est ce qu'il s'est passé exactement ?

- Tu t'es fait plaquer par un des troisième ligne. Un sacré costaud. Tu n'avais même plus le ballon en main et l'arbitre n'a pas sifflé ! râla Greg.

- Je crois qu'il en a eu marre, du petit qui court partout ! répondit John, tentant de blaguer malgré la douleur lancinante. Justin a marqué l'essai ? Il faut jouer la transformation ?

- Oui. lui répondit simplement Greg.

- Laisse-moi la faire alors. Où en est le score ?

- On est à égalité… Je ne veux pas te mettre la pression, mais tu es sûr que tu veux la faire ? Je peux mettre Rudy à ta place.

- Non, je veux leur montrer qu'il en faut plus pour m'achever. Fais-moi confiance, Greg, tu m'as vu aux entrainements, je sais ce que je fais.

- Très bien. Vas-y alors. Après ça, il reste à peine cinq minutes de jeu. Alors sois sûr de ton coup !

John ne répondit pas, s'essuyant le front avec la manche de son t-shirt blanc et noir, laissant une belle trainée sanglante.

L'arbitre siffla la reprise du jeu, et John prit place devant le ballon sur son socle. Il souffla, prit un instant pour analyser les capacités qui lui restaient, avant de reculer de quelques pas. Il prit son élan et frappa le ballon de toute sa force. Celui-ci prit une trajectoire élevée, avant de finalement passer entre les deux poteaux. Il entendit ses collègues rugir de joie avant de l'acclamer. Maintenant qu'ils menaient, il leur restait à faire passer la poignée de minutes qui restait avant la fin du match.

Greg les enjoignant à rester dans une tactique défensive pour les derniers instants, l'autre équipe n'eut aucune occasion de marquer plus de points, et lorsque le coup de sifflet final retentit, les joueurs de l'Imperial College éclatèrent en hurlements.

La frénésie envahit l'ensemble du stade alors que les joueurs de l'équipe de John éclataient d'un rire totalement incontrôlé, soulagés et en même temps heureux d'avoir gagné le premier match de la saison, après une tension palpable tout le long de la partie. Ils se regroupèrent et se sautèrent dans les bras, totalement extatiques. John se joignit à eux, un grand sourire peint sur son visage couvert de sang et de boue. Ils se félicitèrent mutuellement, euphoriques. Le public s'était joint à l'allégresse du moment et faisait un bruit monstre.

Après que les vainqueurs se furent calmés, Greg les fit rejoindre les vestiaires bien chauds pour se changer et rejoindre leurs logements. Le capitaine, heureux, leur annonça qu'il offrirait sa tournée aux joueurs au Queen's Head, le pub favori des étudiants de cette école.

John, encore sous l'effet de l'adrénaline, se rhabilla rapidement, oubliant sa plaie au front et la douleur qui parcourait son corps. Le lendemain serait difficile…

Après quelques compliments supplémentaires de la part de ses coéquipiers pour sa transformation réussie, qui avait permis de dépasser l'équipe adverse, le local se vida peu à peu. John attendit Greg qui portait encore tout le matériel.


Lorsqu'ils sortirent, des flots d'étudiants s'écoulaient encore des tribunes du stade, et les deux étaient en grande conversation, se congratulant pour tel ou tel geste réalisé durant le match. John éclata d'un rire limpide devant la dernière réflexion de Greg avant de tourner la tête pour regarder devant lui.

Son sourire disparut immédiatement. Appuyé nonchalamment contre la barrière à quelques mètres d'eux, l'attendait Sherlock, accompagné de son frère.

Le visage du brun était impassible, alors que Mycroft arborait un sourire orgueilleux. Mais la fierté qu'il exhalait était due à Greg, et non à lui-même, pour une fois. Il était appuyé sur son parapluie, une jambe croisée, l'air faussement décontracté. Son sourire s'agrandit un peu plus en voyant Greg sortir du vestiaire.

John sentait le regard pénétrant de Sherlock sur lui. Il baissa les yeux, ne pouvant le soutenir. Que faisait-il là ? Il se sentait obligé de venir faire retomber l'ambiance ?

« Félicitations pour ce match, Goldfish, ce fut… divertissant…

- Venant de toi, je prends ça pour un compliment, Mike !

- Et bravo, John, pour ce tir.

John tenta de répondre au sourire complaisant que lui offrait celui-ci, quand Greg reprit la parole.

- Nous allons fêter ça ce soir au Queen's Head, vous vous joignez à nous ?

- Un pub ? Que ferait un Holmes dans un pub ?

- Se détendre, boire une bière, profiter, tout ça… lui répondit son compagnon d'un air désabusé. Ça te changera !

Le regard offusqué que lui renvoya Mycroft fit légèrement rire John.

- Mike, je me pèle et j'ai envie… d'une douche… continua Greg avec un sourire entendu.

Mycroft leva les yeux au ciel et adressa un signe de tête à son frère, puis serra la main de John.

- Le devoir m'appelle » conclut-il en entraînant son compagnon, tout en levant un sourcil à l'adresse de Sherlock qui lui lança un regard écœuré. Il préférait ne pas savoir ce qu'il entendait par devoir. Puis Mycroft se tourna vers John, qui fixait ses pieds. Lui savait très bien ce que celui-ci voulait dire, et il s'efforçait de ne pas y penser avec Sherlock à ses côtés…

La conversation visiblement close, John commença à s'éloigner, jetant un coup d'œil discret du côté de Sherlock, qui était resté muet durant l'échange, avant de poursuivre sa marche. Quelques secondes plus tard, Sherlock se redressa et suivit John, le rattrapant facilement de ses longues enjambées. Dès qu'ils tournèrent à l'angle du stade, il se saisit du sac de sport de John et continua sans un mot. Celui-ci, interloqué, le regarda avec des yeux ronds, avant d'accepter ce geste sans pour autant savoir comment l'interpréter.

Ils rejoignirent finalement le 221B. L'atmosphère se fit pesante lorsqu'ils entrèrent chez eux, et John ne tarda pas à saisir une pile de vêtements propres et à s'enfermer dans la salle de bain, l'enthousiasme de la victoire complètement retombé, remplacé par un étau fermé sur son cœur.


Sherlock resta immobile quelques instants, fusillant le mur qui le séparait de la salle de bain du regard. Il était à la fois agacé et hésitant. Hésitant, car il ne savait toujours pas à quoi s'en tenir vis-à-vis de John. Agacé, car il avait l'impression que ses tentatives pour lui être agréable passaient inaperçues – ou volontairement ignorées ? Lui préparer du thé, porter son sac… Le jeune chimiste, désemparé, commença à faire les cent pas entre les deux lits, réfléchissant à ce qu'il pourrait dire à John. Cette situation avait assez duré, et il n'aspirait qu'à une chose : retrouver cette amitié franche et simple qui les avait liés presque dès leur rencontre. Il soupira. Pour une fois que quelqu'un l'acceptait, il ne voulait pas le perdre à cause de… sentiments. Mentalement, il avait craché le mot. Il essaya de se souvenir du sourire de John. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vu ?

John, il faudrait que l'on parle de… Non.

John, je voudrais… non.

John, comment vas-tu ? Non, certainement pas.

John, je suis désolé. Moui…

John…

Sherlock fut interrompu dans ses pensées. John se tenait devant lui, le visage fermé, attendant silencieusement que son colocataire s'écarte pour lui permettre de rejoindre son lit. Brusquement, le brun fut incapable de retrouver le fil de sa réflexion, une seule idée emplissant son esprit. Obtenir de John un sourire…

Puis il remarqua un détail et fronça les sourcils.

« John… ton front saigne.

John porta vivement la main à son front et la redescendit effectivement tachée de rouge.

- Merde, grommela-t-il en se détournant à nouveau vers la salle d'eau, mais Sherlock lui saisit le bras pour le retenir.

- Va t'asseoir. Je m'en occupe, dit-il fermement.

Sidéré, John obéit machinalement et alla s'installer sur son lit. Son colocataire revint presque immédiatement avec la trousse de soins, et s'assit sur une chaise face à John.

- Explique-moi ce qu'il faut faire. Désinfecter, je suppose ? demanda-t-il.

John acquiesça silencieusement en lui tendant le flacon et un morceau de coton, résigné à se laisser faire. Sherlock nettoya la coupure avec une délicatesse étonnante, mais John ne put s'empêcher de grimacer sous la brûlure de l'alcool.

- Désolé, s'excusa Sherlock d'une petite voix. Tu as reçu un sacré coup… Mais enfin, tu as bien joué. Enfin, je crois. Enfin, je ne connais rien au rugby mais… c'était… bien. Voilà. C'était très bien, rougit-il.

John lui lança un regard incrédule. Où était donc passé le Holmes sûr de lui et suffisant qu'il croyait connaître ? Les yeux de Sherlock croisèrent les siens avant de se concentrer sur la plaie à nouveau.

- Que dois-je faire ensuite ?

Le jeune médecin observa sa blessure dans le petit miroir du couvercle de la trousse, puis choisit une plaquette de pansements très fins.

- Ces pansements servent à remplacer des points de suture sur des plaies bénignes » dit-il avant de lui expliquer comment les appliquer.

Sherlock suivit ses instructions et plaça trois bandes sur la coupure, prenant soin de bien maintenir la plaie fermée. John avait gardé son regard fixé sur le visage de Sherlock, qui était maintenant à quelques centimètres du sien tandis que celui-ci le soignait. La soudaine proximité le troublait. Pourquoi faisait-il cela pour lui ?

Alors qu'il allait prendre la parole, le brun baissa les yeux vers lui, son ouvrage terminé. Ils se figèrent, leurs regards plongés l'un dans l'autre. Celui de John était plein de doute, d'appréhension, de peur d'être encore une fois déçu. Celui de Sherlock était indécis, mais d'une douceur absolue. Le brun esquissa un sourire imperceptible.

« Sherlock… » commença John, hésitant.

Il le vit déglutir et oublia la fin de sa phrase lorsque Sherlock se pencha et effleura ses lèvres des siennes. C'était une question. John se tendit une fraction de seconde avant de relever son visage vers lui et de fermer les yeux. Sherlock gagna un peu d'assurance et raffermit son baiser, passa une main légère dans les courts cheveux blonds, puis la laissa glisser sur la joue de John.

Celui-ci émit un faible soupir, et posa doucement sa main sur le torse de Sherlock, rompant le contact à regret.

« Sherlock… Je ne comprends pas… souffla John avant de se noyer dans les yeux bleus qui le regardaient avec une crainte mêlée de tendresse.

- Je vais essayer de t'expliquer, répondit Sherlock en s'asseyant à côté de lui sur le lit. Je… je suis encore un peu perdu mais… je vais essayer, d'accord ?

John hocha simplement la tête, sans quitter le regard du brun. Sherlock prit une longue inspiration avant de continuer.

- Ce qui s'est passé… la dernière fois… m'a beaucoup perturbé. D'abord Jim, puis toi… je n'ai pas su quoi en penser. Je déteste ne pas savoir ! Ça me faisait peur, alors j'ai choisi d'ignorer ce qui arrivait. De faire comme si de rien n'était. Pour moi, c'était le plus simple, et comme j'avais toujours dédaigné les sentiments… Mais j'ai fini par me rendre compte que ça te faisait du mal, et que toi, tu attendais que je réagisse. J'ai essayé, John. J'ai voulu faire des efforts, te montrer que rien n'avait changé pour moi. Et tu as eu l'air de ne rien remarquer, ou alors tu as fait exprès, je n'en sais rien, mais j'avais l'impression que ça ne t'atteignait plus. Alors je me suis dit que tu ne voulais plus de moi… Tu es mon seul ami, John. La seule personne qui me connaisse un peu, et qui veuille me connaître. Qui ne m'ait pas catalogué dès notre première rencontre comme tous les autres… Je tiens vraiment à toi, John, je ne comprenais juste pas ce qui se passait entre nous, je n'y avais jamais été confronté…

Sherlock s'interrompit, sa voix refusant d'aller plus loin.

- Cette tasse de thé… c'était bien pour moi alors, murmura John comme pour lui-même.

Le brun hocha la tête.

- Oui.

- Je n'en étais pas sûr… Je l'ai cru, mais tu as été tellement distant ensuite que je me suis dit que tu avais simplement oublié de le boire.

Ils se turent quelques instants, puis John brisa le silence.

- Je saisis mieux ton comportement. Mais ça ne m'explique pas pourquoi tu viens de m'embrasser, dit-il avec un sourire timide.

Sherlock rougit et balbutia :

- Je… J'en ai eu envie… Et tu avais l'air d'accord… Tu étais si proche, et tout ce à quoi je pouvais penser, c'était à la dernière fois, quand on…

Ses mots se perdirent dans sa gorge lorsque John lui sourit, puis posa délicatement sa tête sur son épaule. Sherlock appuya sa joue contre le front de John et ferma les yeux, savourant le contact.

- Tu m'as manqué, Sherlock… cette semaine, j'ai eu l'impression de n'avoir aucune importance à tes yeux, et j'ai essayé de m'éloigner pour ne pas t'imposer ma présence… – le sourire de John se fit légèrement malicieux alors qu'il se redressait – mais avec ce que tu viens de me dire… Je crois que je vais m'imposer un peu.

John remit sa main sur le torse de Sherlock et le poussa doucement en arrière pour qu'il s'allonge. Il s'étendit à côté de lui et s'appuya sur un coude pour regarder son visage. Puis son sourire s'effaça peu à peu de ses lèvres, restant brillant dans ses yeux, et John se pencha vers le brun pour l'embrasser.

Sherlock entoura John de ses bras, une de ses mains glissant dans le bas de son dos pour le serrer contre lui, et l'autre saisissant sa nuque. John pressa son corps contre celui de Sherlock, les doigts enfoncés dans les boucles brunes. Ce dernier finit par interrompre le baiser et plongea ses yeux bleus dans ceux de John, ses lèvres étirées en un sourire doux.

- Je crois que tu m'as manqué aussi, John, chuchota-t-il.

John le poussa un peu pour pouvoir s'étendre sur le dos, puis l'attira contre lui. Sherlock s'allongea sur lui et nicha sa tête dans le creux de son cou. Ils restèrent ainsi enlacés pendant longtemps, profitant de la présence et du contact de l'autre. Le silence s'installa, léger, bercé par leurs respirations calmes.

Puis le brun tourna un peu sa tête pour parler à l'oreille du John. Sa voix grave était chaude comme le ronronnement d'un chat.

- John… Je dois t'avouer quelque chose… Au début, je m'installais sur ton lit surtout parce qu'il n'y avait de la place que là, puis ça a été pour le plaisir de t'embêter un peu… Mais depuis cette semaine, je m'y mets juste pour pouvoir sentir ton odeur… Tu sens si bon, murmura-t-il.

John sentit son cœur rater un battement et sa respiration accélérer légèrement lorsque l'expiration du brun caressa encore une fois son cou.

- Sherlock… souffla-t-il, tu n'as pas conscience de l'effet de tes paroles…

Intrigué, l'intéressé releva la tête pour observer John donc le regard s'était voilé.

- … Ah ? Et quel effet ça te fait… ? »

John, pour toute réponse, inversa leurs positions. Il s'étendit sur Sherlock, prenant le temps de caresser son torse tout en lui adressant un sourire en coin. Puis il se pencha et glissa sa tête dans le cou du brun, frôlant sa mâchoire de ses lèvres entrouvertes. Il eut un léger rire lorsqu'il entendit le souffle de Sherlock devenir désordonné, et poursuivit sa caresse. Sa bouche remonta vers le lobe de son oreille, l'embrassa doucement, griffa légèrement sa nuque de ses dents sans laisser de trace. Puis elle revint vers les lèvres de Sherlock, les effleurèrent à peine. Sherlock se tendit pour essayer de l'atteindre, John lui accorda en souriant. Il plaqua sa bouche sur celle du brun avec un faible grognement, demanda son ouverture d'un coup de langue et d'une caresse dans le cou. Sherlock obéit, le souffle hasardeux. Sa peau brûlait aux endroits où les lèvres de John l'avaient touchée. John mordilla sa lèvre supérieure, puis glissa sa langue contre celle de Sherlock. Le brun répondit instinctivement, saisissant la tête de John fermement entre ses mains, ses doigts passant dans les courtes mèches blondes. Son cœur battait à tout rompre. Les sensations se bousculaient dans son corps, inattendues, bouleversantes. Les mains de John n'étaient pas en reste tandis qu'il explorait la bouche de Sherlock et s'étaient agrippées à sa taille, ses pouces caressant lentement le brun à travers la fine chemise.

Soudain, une étrange sensation à la hauteur de leur aine les fit sursauter tous les deux. Le téléphone resté dans la poche de Sherlock vibrait avec insistance, tirant les deux jeunes hommes de leur transe. Le brun tira le petit appareil et voulut le rejeter, la pression du corps de John sur le sien lui paraissant prioritaire, mais il aperçut le nom de l'appelant et étouffa un juron.

« Ce foutu frère, grommela-t-il.

John se redressa à contrecœur pour lui permettre de s'asseoir, et revint s'installer à califourchon sur ses genoux tandis que Sherlock décrochait, le souffle court.

- Mycroft, dit-il un peu plus agressivement que ce qu'il avait prévu.

- Non, c'est Greg. Je n'avais ni le numéro de John ni le tien alors j'ai pris le portable de Mike.

Sherlock entendit une exclamation étouffée qui signifiait que son frère avait réagi à l'utilisation du surnom, puis Greg reprit. Le jeune chimiste tenta de calmer sa respiration, mais John avait recommencé à lui caresser la taille et il avait du mal à rester stoïque.

- Qu'est-ce que vous foutez ? On vous attend pour aller au pub, la moitié de l'équipe y est déjà ! – il fit une pause, et sa voix était soupçonneuse lorsqu'il continua – Sherlock, pourquoi es-tu essoufflé ?

- Essoufflé ? C'est… Euh… John, arrête… supplia-t-il silencieusement son compagnon, mais son sourire demandait le contraire. On arrive, Greg, on est en train de courir, c'est pour ça que… je suis essoufflé.

- En train de courir, répéta le rugbyman d'un ton sceptique. Très bien, dépêchez-vous. A tout de suite, conclut-il en raccrochant.

- On est en retard ? demanda John en riant légèrement.

Sherlock remit son téléphone dans sa poche et se pencha en avant pour avoir un nouveau baiser. Il soupira de contentement quand John caressa tendrement ses cheveux.

- Pas tant que ça… » grogna-t-il en se blottissant dans les bras du blond.

Finalement, un peu à contrecœur, les deux colocataires se relevèrent, les joues rouges, et enfilèrent leurs manteaux et écharpes avant de se diriger vers l'entrée.

Sherlock allait ouvrir la porte quand John lui saisit la manche.

« Attends Sherlock, j'ai oublié quelque chose ! s'écria-t-il.

- Quoi donc ?

John lui saisit la nuque et amena son visage au sien.

- Ça, dit-il simplement, avant d'embrasser les lèvres pleines de Sherlock. Je n'aurai pas l'occasion d'en profiter de toute la soirée… dit il, souriant contre les lèvres du brun. Laisse-moi apprécier une dernière fois…

- Je resterais volontiers ici, John, mais c'est ta soirée, il faut célébrer votre victoire, ta victoire. Allons-y, je te promets qu'en rentrant tu pourras. »

Sherlock lui lança un dernier sourire charmeur couplé à un clin d'œil, avant de pousser son désormais amant en dehors du 221B. Il verrouilla la porte et se dirigèrent en direction de la sortie de l'Université. Sherlock reçut alors un message de Greg, qui disait que lui et Mycroft étaient partis sans eux et leur donnait l'adresse du pub.

Ils rejoignirent rapidement le Queen's Head sous la neige qui tombait toujours, riant comme des enfants, les épaules se frôlant régulièrement alors qu'ils gardaient leurs mains chaudement dans leurs poches.

Une fois dans le pub, il ne fut pas difficile de trouver la table de l'équipe de rugby de l'université, en partie à cause des immenses joueurs qui, même assis, atteignaient presque la taille d'une personne moyenne debout, mais également car leur tablée était la plus bruyante. Greg et Mycroft se tenaient en bout de table, à côté de deux tabourets vides surplombés du même nombre de chopes de bière. Mycroft avait un air pincé, comme s'il ne supportait pas d'être en ce lieu, et Sherlock s'habilla rapidement de la même expression faciale.

Greg les aperçut et leur fit de grands gestes de la main. L'ensemble de la table se retourna et commença à acclamer l'arrivée de John, le blessé de guerre qui leur avait arraché la victoire.

Les deux jeunes gens s'installèrent, John tout sourires, Sherlock plus réservé. Il ne remarqua pas immédiatement que certains des coéquipiers de John le fixaient, étonnés de sa présence. Les deux célèbres frères Holmes, dans un pub, avec de simples gens… La vision avait de quoi surprendre.

Gêné, il saisit son verre et y trempa les lèvres. Le goût du breuvage le surprit. Il faillit s'étouffer devant le goût amer et les bulles. Il ne passa malheureusement pas inaperçu, car John le regardait avec des yeux rieurs.

Alors qu'il reprenait une gorgée pour se redonner contenance, John lui adressa la parole :

« Eh bien, le grand Sherlock Holmes n'a jamais goûté à la bière ?

Plusieurs regards s'étaient tournés vers eux, et, piqué au vif, Sherlock reposa son verre.

- Goût prononcé de malt, mais également de raisin grillé et de biscuits. Il y a aussi un peu de citron. On peut sentir une pointe de caramel et de bois. Au vu de la couleur, d'un rouge foncé presque marron, je dirais qu'il s'agit de la Siren Liquid Mistress, bière brassée localement à Finchampstead, en Angleterre. C'est une bière que l'on trouve assez facilement à la pression dans tout le Royaume-Uni. Appréciée des jeunes. »

Tous ceux qui l'avaient écouté le regardaient maintenant avec des yeux ronds, John compris. Il fut cependant le premier à refermer la bouche, un instant seulement, avant de lâcher un simple « Wow », impressionné.

« Oh, cesse-donc d'être aussi prétentieux, petit frère ! Déduire le nom d'une bière à son goût, rien de plus simple… intervint Mycroft.

- Je t'en prie, montre-nous donc toute l'étendue de ton talent, je suis sûr que ton Goldfish sera impressionné.

Le regard que lui rendit son frère sous-entendait clairement pas autant que le tien » – avec une pointe de répète ce surnom en public et je te noie dans ta bière – alors qu'il portait la pinte à ses lèvres. Le reste de la table était soudainement devenu silencieux, et Greg avait rougi à la mention du petit nom que lui donnait Mycroft.

« Hum, je vois… Orge, blé, avoine, mais également chocolat et l'amertume du café… Une couleur noire, l'amertume reste longuement en bouche, et le café se révèle ensuite… Il s'agit ici de la Weird Beard Black Perle, brassée à Londres même. Pas besoin d'avoir goûté à toutes sortes de bières, il suffit simplement d'en reconnaître les arômes… Maintenant, veux-tu bien arrêter de vouloir impressionner John ?

- Je te remercie, cher frère, pour ta remarque, mais n'es-tu pas au même niveau que moi ?

- Bon, ça suffit maintenant, tous les deux ! intervint Greg. Vous avez blasé toute la table ! Tenez-vous correctement, on dirait deux enfants de cinq ans ! »

Deux paires d'yeux le foudroyèrent simultanément alors qu'ils ouvraient la bouche en même temps pour répliquer.

John en profita pour glisser discrètement une main sur le genou de Sherlock, sous la table. Celui-ci se tourna immédiatement vers lui, surpris. John lui parla doucement, de manière à ce que seul lui l'entende.

« C'était très impressionnant, Sherlock. Je note ce talent, ça pourrait servir plus tard ! Mais essaye de juste profiter du goût de ta boisson, je ne voudrais pas que tu énerves une équipe entière de rugbymen le soir de leur victoire, surtout s'ils ont bu de l'alcool ! »

Il lui lança un petit clin d'œil qui le fit rougir. Sherlock s'empressa de ramasser son verre et de se cacher derrière en prétextant boire une autre gorgée.

La main de John serra affectueusement son genou l'espace d'un instant avant de revenir sur la table, laissant une sensation glaciale sur la peau de Sherlock, exactement là où se trouvait la main chaude. Il voulait que John le touche de nouveau ainsi, il en avait même besoin, mais allait devoir attendre encore un peu pour retrouver cette sensation de chaleur qui irradiait dans toute sa jambe…

Il rumina ses pensées, buvant sa bière, écoutant en arrière plan les discussions des joueurs. Il se retrouva bientôt à commander un deuxième verre.

La soirée passait, et John s'amusait énormément. Ses camarades le faisaient beaucoup rire, l'ambiance était festive, et les verres s'enchaînaient. Ses soucis étaient oubliés, noyés par la joie de la victoire – qu'il s'agisse du match de rugby ou de Sherlock…

Mais ce qui le faisait le plus rire, c'était son colocataire, que les trois bières qu'il avait bues avaient rendu joyeux. Il se doutait que c'était la première fois que Sherlock touchait à de l'alcool. Même son frère semblait plus vif, mais peut être que Greg l'avait déjà initié à l'art de boire.

Sherlock était en train de débattre de l'importance de la provenance de la cendre avec le deuxième voisin de John, qui se trouvait être dans la même filière que Greg, c'est-à-dire un cursus de criminologie. Celui-ci était totalement dépassé par les arguments qui coulaient à flots de la bouche de Sherlock.

« Mais… je te demandais juste de me passer le cendrier… se plaignit-il faiblement, submergé. John, fais quelque chose je t'en supplie !

- Ok, je crois qu'il est temps de rentrer pour mon cher colocataire ! Ça ne me fera pas de mal non plus, de reposer mon crâne. »

Il jeta un coup d'œil autour de lui.

« Ça ne ferait de mal à personne de rentrer, en fait. Il est tard, enfin tôt, et ils ont tous suffisamment bu. Tu m'aides à les rassembler ? » demanda-t-il à son collègue, qui fut bien trop heureux d'avoir une bonne raison de s'éloigner de Sherlock.

Le regard de John se posa sur Mycroft, qu'ornait une expression blasée, puis à son voisin, de loin le plus bruyant de tous, et sûrement le plus imbibé.

« Greg, on va rentrer, lève-toi !

- Non, j'veux pas partir ! Mike, dis lui ! J'veux rester encore !

- Tu as suffisamment bu pour la soirée, Greg. Pour un capitaine d'équipe, je ne te félicite pas, tu étais censé donner l'exemple.

- Mais Miiiiiiiiiiike !

- Allez, on y va.

- Tu ne m'aimes plus c'est ça ? Je suis trop… trop… normal pour toi ? Tu veux me quitter ?

- Cesses-donc tes jérémiades, elles n'ont aucun sens ! répliqua l'aîné Holmes.

- Mais…

- Ça suffit, Goldfish. Non, je ne te quitte pas. Je te ramène dans notre appartement. Maintenant lève toi et mets ta veste ! Il fait froid dehors. » le coupa-t-il, exaspéré.

Greg fit la moue un instant, avant de changer subitement d'expression.

« Haha, Sherlock, t'es bourréééé !

- Non c'est pas… vrai !

- Siii ! »

Pour toute réponse, le brun lui tira la langue, et d'un accord tacite, Mycroft et John trainèrent leurs amants en dehors du pub, où l'équipe était rassemblée, déjà sur le départ.

« Je suis parf… aitement sobre, Mike, grommela Greg, la voix pâteuse.

- Tellement sobre, Goldfish, que tu ne tiens plus debout. Vraiment, chapeau, le félicita sarcastiquement le grand frère Holmes, désapprobateur.

- C'est parce que j'ai dû boire tous tes verres » ricana l'entraîneur en titubant, le bras passé par-dessus les épaules de son compagnon pour se soutenir.

Sherlock valait un peu mieux, et le bras que John avait passé autour de sa taille ne servait pas vraiment à lui fournir un appui stable. Le jeune chimiste pouvait sentir les doigts de John le caresser discrètement à travers son manteau.

Ils suivirent les rugbymen à travers Londres, les métros étant fermés et les taxis rares à cette heure avancée de la nuit. La joyeuse bande, un peu alcoolisée – surtout en queue, où l'entraîneur peinait à suivre – sonorisa son chemin avec insouciance jusqu'à l'université, où la troupe se dispersa.

Greg s'écroula à moitié sur John en essayant de le serrer dans ses bras et les deux Holmes le regardèrent avec un mélange d'amusement et de pitié.

« Bien joué, John ! N'a gagné ! » s'exclama-t-il en se redressant.

Mycroft le rattrapa avant qu'il ne tombe en arrière, et ils se dirigèrent vers la résidence où se trouvait la chambre qu'ils partageaient.

John et Sherlock se retrouvèrent seuls sur le campus endormi – plus pour longtemps, avec le troupeau bruyant qui se répandait – et le jeune médecin passa à nouveau un bras possessif autour de la taille de Sherlock, et celui-ci se tourna pour lui faire face et essaya de l'embrasser. John le retint.

« Attends qu'on soit chez nous. Ça sera plus confortable… souffla-t-il en souriant.

Mais le brun n'était pas très frais non plus et il protesta, sa voix déraillant.

- Mais John ! Je veux… des bisous ! »

John rit doucement et embrassa la joue de son chimiste, avant de l'entraîner vers le 221B. Mais il était pressé également. Bien qu'il ait passé une excellente soirée an compagnie de ses camarades de rugby, John mourait d'envie de toucher Sherlock, de l'embrasser. Il n'y croyait pas encore complètement, et avait l'impression d'être dans un rêve.

Aussi, dès qu'ils passèrent la porte de leur chambre, John la referma en y plaquant Sherlock. Leurs lèvres se trouvèrent immédiatement, presque avec violence, la patience forcée de la soirée s'évaporant. Sherlock attrapa le bas du dos de John tandis que celui-ci lui agrippait le cou. Sentant les mains de Sherlock s'arrimer sur ses hanches, John fit glisser le manteau tacheté de flocons des épaules de son amant, le laissa tomber en tas sur le sol avant de faire de même avec le sien, puis le tira vers son lit.

Ils s'écroulèrent dessus, Sherlock au dessus de John. Leur baiser s'interrompit un instant et ils se regardèrent, leur respiration saccadée. Allongé de tout son long, John sourit au brun à califourchon sur ses jambes. Celui-ci se pencha en avant et posa ses mains sur les épaules de John, le clouant au matelas, et s'humecta les lèvres. John se sentit arrêter de respirer devant une telle vision... Puis les longues mains de Sherlock caressèrent le torse musclé du rugbyman, descendant vers sa taille, et passèrent sous son t-shirt. John essaya de se retenir d'émettre le moindre son lorsqu'il sentit les doigts froids de Sherlock caresser son ventre avec légèreté.

« Sherlock, ne put-il s'empêcher de lâcher lorsqu'il retrouva son souffle.

Le chimiste stoppa ses mouvements, fronça les sourcils.

- J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? s'inquiéta-t-il, angoissé à l'idée de déplaire à John ou de faire un faux pas.

L'alcool le ralentissait. John le rassura d'un sourire.

- Au contraire » murmura-t-il

Rasséréné, Sherlock reprit son exploration. Ses paumes se réchauffèrent rapidement au contact de la peau de John qui se sentait réagir aux caresses. Quand le brun fit mine de se pencher pour l'embrasser, le jeune médecin se redressa pour unir leurs lèvres plus vite. Sherlock lui caressa le dos et finit par interrompre le baiser pour retirer le t-shirt de John, qui frissonna et se colla immédiatement contre son amant pour reprendre sa bouche. Après l'avoir attrapé par les hanches, John fit lentement remonter ses mains le long des côtes de Sherlock, qui grogna entre ses lèvres. Puis il s'attaqua aux boutons de la chemise de soie prune d'une main sûre. Elle rejoignit rapidement le vêtement de John sur le sol de la chambre. Ce dernier ne put résister à l'envie d'observer son amant dans la pénombre. Le torse blanc et mince de Sherlock était doux sous ses mains et il le serra bientôt contre lui, leur respiration se faisant brusquement plus bruyante.

« John… » souffla Sherlock en le faisant à nouveau basculer en arrière et en s'allongeant cette fois sur lui.

Lorsque leurs bassins entrèrent en contact, John saisit les hanches du brun et se pressa contre lui. Il sentait que Sherlock était excité, autant que lui, et il peinait à garder les pieds sur terre. Instinctivement, Sherlock glissa une jambe entre celles du médecin et mordilla en même temps son épaule nue. John laissa échapper une exclamation de surprise et soudain, une faible alarme résonna dans son esprit.

Tremblant de désir et de frustration, il saisit les poignets de Sherlock qui s'attaquait à sa ceinture et les éloigna fermement, avant de le faire basculer sur le dos.

« Sherlock…

Il était essoufflé. Son amant l'observa avec inquiétude.

- Ce n'était pas bien… ? John… ? haleta-t-il.

- Si, Sherlock… Je meurs d'envie de continuer, tu n'imagines pas… Mais tu as bu, tu n'es pas dans ton état normal… Il vaut mieux qu'on attende un moment où tu seras sobre, ajouta-t-il à contrecœur.

Sherlock voulut protester.

- John, s'il te plaît… Je veux encore te toucher… je n'ai jamais fait ça, ne m'en empêche pas…

- Si, justement. Je ne veux pas te donner l'occasion d'avoir des regrets, Sherlock, tu comprends ? »

John se haïssait en même temps qu'il prononçait ces mots. Tout son corps le poussait à se jeter sur Sherlock. Mais il ne voulait pas le brusquer. Il venait tout juste de découvrir ses sentiments, ils ne pouvaient pas aller si loin tout de suite. Pour éviter de céder à la tentation, il se leva et alla servir deux grands verres d'eau froide dans la cuisine, suivi par le regard inquiet de Sherlock.

Il revint bientôt et tendit un verre à son amant.

« Tiens. Ça va te faire du bien. Ensuite il sera temps de dormir, dit John à voix basse, en lui souriant doucement.

Sherlock n'eut l'air que vaguement rassuré en buvant.

- Qu'est-ce que je vais faire pendant que tu vas dormir ? demanda-t-il, l'air peiné.

John eut un petit rire amusé.

- Tu vas dormir aussi, Sherlock. Après cette soirée, même toi tu en as besoin. »

Il alla reposer les verres puis, repérant ce qu'il cherchait dans l'obscurité, il tendit à Sherlock son bas de pyjama, et saisit le sien.

Le brun obéit à l'ordre tacite et échangea rapidement son pantalon de ville contre le bas de coton souple, tandis que John faisait de même.

« Tu ne m'as pas donné le haut, indiqua Sherlock. J'ai froid.

- Tu n'auras pas froid longtemps, chuchota John s'installant sur son lit, le plus près du mur qu'il put pour laisser de la place. Viens là » sourit-il.

Sherlock comprit et vint se blottir contre lui, posant la tête sur le torse du blond qui tira les couvertures sur eux tandis qu'ils entremêlaient leurs jambes. Et en effet, le jeune Holmes avait besoin de sommeil, car lorsque John lui murmura un « bonne nuit » quelques minutes plus tard en caressant ses boucles sombres, il ne répondit pas. Il s'était endormi.


Alors, heureuses ? Que va-t-il se passer le lendemain ?