Bonsoir tout le monde !

Voici le chapitre 12 ! Nous approchons de la fin mes amis !

Nous sommes passées au Rating M, ça y est. Vous allez vite savoir pourquoi ! Et nous espérons que ça vous plaira !

Encore 2 chapitres, 3 maximum avant la fin.

Bonne lecture !

Nalou&Flo'w


Lorsque Sherlock se réveilla, plusieurs heures plus tard, il n'ouvrit pas immédiatement les yeux. Sa tête était douloureuse, sa gorge sèche, sa langue pâteuse. D'après la matière douce et confortable qui l'entourait, il était couché dans un lit. Celui de John, à l'odeur. Fait étonnant, l'odeur était bien plus forte que d'habitude. Omniprésente. Et il y avait cette chaleur. Il soupira d'aise. Malgré les protestations de son cerveau, il était incroyablement bien. Il bougea légèrement, étendit ses jambes, reposa sa tête plus confortablement sa tête sur... Un humain ?

Ses yeux s'ouvrirent de surprise, La lumière déjà franche qui filtrait dans la chambre lui agressa les rétines. Il cligna plusieurs fois des yeux pour se débarrasser des tâches de couleur qui flottaient derrière ses paupières. Sa tête était effectivement posée sur un torse, juste sous la clavicule. Il entendait un cœur battre sous lui, et une respiration lente et profonde le faisait légèrement bouger.

Sherlock n'eut aucun mal à reconnaitre la personne qui dormait encore profondément, collée à lui, et qui lui servait d'oreiller. En effet, le drap baissé dévoilait son torse et les innombrables cicatrices qui le parcouraient.

Indépendamment de sa volonté, la main qui était posée sous sa tête se dégagea et parcourut doucement l'une de ces lignes de peau éclaircie. Le toucher était à peine plus lourd que celui d'une plume, mais déjà Sherlock ressentait des étincelles au bout de ses doigts. Il en caressa une autre, puis une autre encore. La peau dorée était douce, parcourue de petits défauts dus aux cicatrisations pas toujours idéales, mais ferme, les muscles apparents. Rien ne le fascinait plus en cet instant. Il aperçut la chair de poule se former sur les abdominaux de John, là où ses doigts venaient de s'attarder. La curiosité les mena vers la fine ligne de poils blonds qui partaient de son nombril et descendait sur le bas de son ventre. Ils divergèrent ensuite vers le creux de son aine. La peau extrêmement fine ne tarda pas à se couvrir également de petits points.

Le drap masquait le bas de pyjama du blond, mais Sherlock, avide de découvrir chaque parcelle du corps de son tout nouvel amant, glissa lentement ses doigts entre le tissu et la peau hâlée afin de les séparer.

Il aperçut l'élastique de coton gris à peine quelques centimètres plus bas, juste en dessous des hanches de John. Ses doigts s'en approchèrent doucement avant de frôler la peau à la limite du vêtement. Le blond frissonna sous lui, et il vit le membre de John, déjà gonflé, sursauter légèrement, emprisonné.

Le brun était sur le point de le libérer quand il sentit deux bras se resserrer autour de lui, le sortant de sa contemplation. Totalement pris dans l'observation du corps du jeune médecin, il n'avait pas remarqué les signes de son réveil.

John posa ses lèvres sur le crâne de Sherlock, avant de migrer vers sa tempe puis de glisser le long des pommettes saillantes lorsque celui-ci redressa la tête. Les doigts de John vinrent saisir le menton du chimiste, le maintenant immobile, alors qu'il se penchait pour sceller leurs lèvres.

« Bonjour, Sherlock. » dit-il, leurs bouches se frôlant.

Il se dégagea de leur étreinte, laissant Sherlock sur le dos, avant de se pencher sur lui. Il lui mordilla la lèvre inférieure, la suçota, avant de descendre planter de légers baisers le long du cou du brun, qui ne put retenir un léger soupir.

« La vue te plait ? » ajouta-t-il, tout près de son oreille.

Sherlock, qui avait fermé les yeux sous la caresse, les rouvrit brutalement, un éclair de désir le traversant. John se redressa, et leurs yeux se rencontrèrent enfin. Sherlock pouvait le voir dans sa globalité. Son visage détendu, souriant. Son regard pétillant. Ses cheveux en bataille. Son torse musculeux penché au dessus de lui… Respirer lui fut soudainement difficile, comme s'il avait oublié comment faire. John était beau, et cette image le frappait d'autant plus fort que leur proximité, la nudité de leurs torses était une situation totalement nouvelle, mais pourtant parfaite en cet instant.

« A mon tour, maintenant. » finit par lui susurrer le blond, avant de se pencher de nouveau, et d'atteindre la pointe de sa clavicule du bout de ses lèvres.

Sherlock sentit la main de son compagnon glisser le long de ses côtes avant de se poser sur son flanc. Il ne put empêcher un râle étranglé s'échapper de ses lèvres alors que les pouces calleux du jeune médecin dessinaient de légers cercles sur sa peau si sensible… Il sentit les lèvres de John s'étirer contre son pectoral gauche, devinant le sourire qui ornait son visage à présent. John bougea légèrement, et soudainement sa langue caressait timidement le téton du brun. De surprise, il avala une grande goulée d'air avant de bloquer sa respiration. Il ne se serait jamais douté que ce cercle de chair soit aussi réactif aux soins du blond.

John releva les yeux un instant, pour être accueilli par une vue divine. Sherlock, les yeux fermés, la bouche entrouverte, complètement immobile. Ses joues étaient rouges, et sa respiration hachée. Le fait qu'il réagisse aussi fort simplement en jouant avec ses tétons donna envie à John de continuer ses observations, de trouver d'autres points sensibles sur le corps de son partenaire.

Pour commencer, il alla faire subir la même torture au téton droit de Sherlock, puis vint couvrir son sternum de baisers, avant de faire de même avec le ventre plat et glabre du brun.

« John… » laissa échapper Sherlock dans un souffle.

Il se sentait… il n'aurait su dire comment. Bien, non, mieux que ça. Les doigts et les lèvres de John brûlaient et glaçaient sa peau à la fois. Des frissons parcouraient son corps, incontrôlables, alors que la bouche de John explorait son torse entier, sa langue traçant des traits de feu sur lui, le long de ses côtes, puis vers son nombril. Le blond mordilla son flanc, juste au-dessus de la hanche, et glissa doucement ses doigts sous l'élastique de son pyjama, arrachant un soupir rauque à Sherlock.

John sentait son cœur battre à toute vitesse. Son peu d'expérience et la peur de déplaire à son amant le faisaient un peu hésiter, mais les réactions de celui-ci l'encourageaient. Ce qu'il faisait n'avait pas l'air si désagréable… et leur effet sur Sherlock l'excitait tellement qu'il lui faisait oublier ses angoisses. Il continua donc ses caresses avec une audace croissante.

Le blond tira le pantalon de pyjama vers le bas, dévoilant un boxer qui trahissait son excitation. Il sourit et effleura le renflement du tissu. Sherlock inspira brusquement, retenant un léger cri. John sourit et saisit délicatement l'élastique du sous-vêtement pour le retirer sans toucher Sherlock. Lorsqu'il l'eut laissé tomber à côté du lit, il revint se placer à califourchon sur les jambes de son chimiste et se pencha vers lui. Il déposa un baiser sur son ventre, puis suivit son aine du bout de la langue. Ses doigts caressèrent avec légèreté l'intérieur des cuisses fines de Sherlock avant de saisir doucement de son membre tendu. Le brun se cambra légèrement, serrant les poings sur le drap.

« John ! » répéta-t-il, haletant.

Il n'avait jamais vécu une telle situation. Le coup de langue timide que John donna alors le fit gémir malgré lui, et il sentit John s'enhardir. Celui-ci traça une ligne de la pointe de sa langue le long de la verge de Sherlock, avant de décrire des cercles tout autour, remontant vers le bout. John sentait Sherlock frissonner sous lui et il alla effleurer sa taille, ses flancs, ses hanches, le tout du bout des doigts, lui extorquant des grognements étouffés. Lorsque John le prit dans sa bouche, Sherlock ne put s'empêcher d'enfoncer ses doigts dans les cheveux blonds de son tortionnaire, et il dut se concentrer pour penser à respirer.

La langue de John s'enroula autour de lui alors que ses lèvres suivaient un lent mouvement de va-et-vient. Sherlock s'arqua vers lui, ne contrôlant plus le souffle bruyant qui s'échappait de ses lèvres. Une de ses mains s'agrippa à l'épaule de John, l'autre toujours serrée sur ses cheveux courts.

« John, je… » tenta-t-il de dire, la voix hachée, rauque.

Sa phrase se termina dans un râle. John avait accéléré le rythme de ses allers-retours. Le cerveau de Sherlock se déconnecta pour de bon, court-circuité par les sensations incroyables qui irradiaient de son bas-ventre. Les vagues de plaisir se firent de plus en plus fortes à mesure que John augmentait sa vitesse.

John attrapa fermement les hanches fines du brun, ses pouces posés dans le creux de l'aine, à la jointure intérieure de la cuisse. Il sentait que Sherlock n'allait pas tarder à finir et haussa encore sa cadence.

Sherlock sentit soudain l'explosion se répandre dans tout son corps et il se cambra encore une fois vers John, sans même se rendre compte qu'il avait crié son prénom. Celui-ci sentit un liquide chaud et poisseux envahir sa bouche et il relâcha le membre frissonnant de Sherlock en crachotant.

Il releva les yeux vers son amant, s'essuyant les lèvres du revers de la main, et ne put retenir un léger rire. Le brun peinait à maîtriser son tremblement et à reprendre son souffle. Ses yeux s'ouvrirent alors et se plongèrent dans ceux du blond, accompagnés d'un sourire comblé. John lui rendit son sourire et descendit du lit en lui tendant la main pour l'aider à se relever. Il l'entraîna sans un mot vers la salle de bain et le poussa dans la cabine de douche, puis se débarrassa sans façons de son bas de pyjama et de son boxer.

Sherlock écarquilla les yeux devant le corps nu de John, et rougit soudain violemment.

« Je crois qu'il n'est plus temps d'être pudique » dit doucement John.

Il continua de sourire et lui adressa un clin d'œil avant d'aller se rincer rapidement la bouche au lavabo. Puis il se retourna vers lui, le rejoignit dans la cabine et la ferma.

John alluma le jet et le dirigea vers eux lorsque l'eau fut bien chaude. Il glissa ses mains sur la taille de Sherlock et vint se coller contre lui en l'enlaçant, soupirant d'aise lorsque celui-ci répondit à l'étreinte.

« Sherlock… murmura-t-il en enfouissant sa tête dans le torse du brun.

Il sentait le cœur toujours affolé contre son front.

- John… je… je ne sais pas quoi dire, c'était… incroyable… peut-être… merci ? »

Le jeune médecin rit doucement et releva son visage pour répondre en embrassant tendrement Sherlock. Ils restèrent silencieux quelques minutes, profitant de la chaleur, Puis John se dégagea doucement et ramassa le flacon de savon.

« Je crois qu'on mérite une bonne toilette » fit-il.

Sherlock hocha la tête avec un sourire timide. Il sentait encore l'onde de choc parcourant son corps, et si son rythme cardiaque avait diminué, les battements étaient toujours forts. Il se lava rapidement, puis, au lieu de tendre la bouteille de gel douche à John, il en reprit un peu et le savonna lui-même. John accepta le soin avec plaisir. Les mains de Sherlock, d'abord légères, devinrent peu à peu plus appuyées. Il l'enlaça pour lui frotter le dos, en profitant pour l'embrasser, et sourit au léger sursaut de John lorsqu'il passa ses mains sur ses fesses. Oubliant sa pudeur, il caressa l'entrejambe de John, lui arrachant un soupir.

Le blond crispa malgré lui ses mains sur les épaules de Sherlock. Il était toujours excité et les mains baladeuses de son amant ne l'aidaient pas à se calmer…

« Sherlock… laissa-t-il échapper, presque plaintif, lorsque celui-ci approfondit ses caresses.

- Désolé… murmura-t-il en retirant ses mains. Je voulais… je pensais…

John grogna de frustration et attira Sherlock à lui pour un baiser.

- Je ne t'ai pas demandé d'arrêter…

Sherlock l'observa, presque timidement.

- Je… je ne sais pas si… comment…

John le rassura d'un sourire.

- Ce que tu faisais… était très bien… »

Le brun lui rendit son sourire, se mordilla la lèvre inférieure, et glissa une de ses mains entre leurs deux corps. Lorsqu'il le prit en main et recommença à le caresser lentement, John ne put s'empêcher de mordiller le cou de son amant. Il enroula ses bras derrière la nuque de Sherlock tandis que celui-ci le plaquait contre la paroi froide de la douche. Prenant de l'assurance, Sherlock raffermit sa prise et accéléra peu à peu ses mouvements, et la respiration de John suivit, devenant erratique.

« Sher– »voulut dire John, la voix rauque, mais son souffle se coupa brusquement.

Frappé de plein fouet, il serra Sherlock contre lui tandis que les vagues de sensations parcouraient son corps tendu.

Peu à peu, il retrouva son souffle et embrassa doucement l'épaule de son amant. Ce dernier l'avait enlacé à son tour et John sentit le rire secouer le corps mince de Sherlock.

« Qu'est-ce qui est donc si drôle ? demanda-t-il, un peu surpris, mais trop bien pour s'en inquiéter.

- On est bons pour se relaver » répliqua Sherlock en posant ses lèvres sur celles de John.


Ils finirent par sortir de la douche, le ballon d'eau chaude commençant à faiblir. Sherlock enfila son long peignoir et John s'enroula dans une serviette.

« Petit-déjeuner ? » demanda-t-il simplement.

Sherlock acquiesça d'un hochement de tête et alla allumer la bouilloire tandis que son compagnon enfilait rapidement un caleçon et un jean. Ils furent rapidement attablés côte à côte devant une bonne tasse de thé et quelques toasts. Souriant comme deux enfants à Noël, ils commencèrent à discuter de tout et de rien.

Le téléphone de Sherlock les interrompit en vibrant bruyamment. Son propriétaire se leva pour y jeter un coup d'œil tout en continuant à rire à l'anecdote que venait de lui raconter John.

Son rire s'arrêta brutalement, étouffé dans un juron. John lui lança un coup d'œil étonné.

« Un problème ? interrogea-t-il.

Ne recevant pas de réponse, John se leva à son tour et étudia les traits de son colocataire. La mâchoire serrée, le regard fixe et glacial. John laissa glisser son regard sur le téléphone.

Tututut Sherlock… J'espère que tu sais à quoi tu joues… Garde bien en tête que tu es à MOI ! - JM

- Je l'avais oublié, celui-là, grommela John.

Sans s'en rendre compte, il avait passé un bras possessif autour de la taille de Sherlock, le serrant contre lui, et s'il l'avait pu, il aurait réduit le téléphone en cendres da la seule brûlure de son regard.

- John… Je… commença Sherlock.

- Oui ?

- Je… Je n'ai pas eu le temps de te le dire, avec tout ce qui est arrivé cette semaine, mais… Ce n'est pas le premier que je reçois… J'en ai des dizaines comme ça… Il est revenu mercredi.

- Comment sais-tu qu'il est revenu ? Tu l'as vu ?

John sentit son corps se glacer à l'idée que Jim ait à nouveau posé ses mains – ou autre chose – sur Sherlock.

- Non, John, non. Il me l'a dit… Il semble apprécier de me raconter la totalité de sa vie.

- Bien. Pourvu que ça dure… soupira John, enfin, je veux dire, le fait que vous ne vous voyiez pas. Je n'ai pas envie d'avoir ce souci en plus sur la conscience maintenant. Allons profiter de notre petit-déjeuner, veux-tu ? » finit-il en lui tendant la main.

Sherlock s'en saisit, un doux sourire étirant légèrement ses lèvres. Cette évolution soudaine dans sa relation avec John lui avait permis de se détendre légèrement, de se sentir un peu plus fort, un peu plus protégé de tout ce qui se passait à l'extérieur…


Un étudiant quelconque ne pourrait remarquer les différences. Elles étaient ténues, légères, presque indétectables, mais elles étaient bien là.

Quelques centimètres de moins les séparaient. Leurs regards se perdaient, languissants, sur le corps de l'autre. De discrets sourires parsemaient leur discussion autour d'un repas pris à la cafétéria.

Un œil non avisé ne verrait pas la tension qui régnait également sur leurs corps et leurs esprits. Les épaules nouées, les sens à l'affut. La tendance – inconsciente – à se positionner toujours dos au mur, ou à assurer une vision globale à eux deux.

Mais s'il y avait bien une personne dans cette école qui n'était pas aveugle à tous ces signes, c'était bien Jim Moriarty.

Partout où ils allaient, il était présent, les observait. Chaque ridule qui apparaissait au coin des yeux du chimiste lorsqu'il souriait à ce John faisait monter un peu plus la rage qui bouillonnait en lui.

Ses yeux étaient partout. Il voulait définitivement Sherlock. Pour lui. Jim sourit, d'un sourire qui illuminait son visage entier. D'un sourire qui aurait pu être charmant si ce n'était pas le rictus d'un prédateur qui a ferré sa proie...


La journée du lundi était passée assez rapidement pour John. La nouvelle proximité de Sherlock doublée à l'absence de mouvements de ses harceleurs l'avait détendu, et il aurait presque pu être insouciant s'il ne se souvenait pas des deux surprises qu'il avait trouvées dans le laboratoire de médecine.

Avec tous les événements du weekend, il avait oublié de parler de la balle et de la lame de verre à son expert de compagnon. Peut-être celui-ci pourrait en déduire quelque chose.

C'est pour ça qu'à peine rentré dans leur dortoir, après avoir subi avec plaisir les assauts répétés de la bouche du brun – il acceptait sans retenue tout ce qui venait de lui – il finit par poser les deux objets dans la paume de Sherlock.

John fut presque déçu lorsque l'attention de celui-ci se détourna immédiatement et complètement de lui. Sherlock était de nouveau dans son monde, complètement fermé à ce qui l'entourait.

Il entreprit d'abord d'étudier à la lumière de sa lampe de bureau la balle dorée, la faisant tourner délicatement entre ses doigts avant d'observer plus longuement la gravure. De nombreuses idées défilaient à toute allure dans son cerveau, se mélangeant aux déductions. Lorsqu'il ne put plus rien tirer du projectile, il le posa délicatement dans une boîte de pétri propre, avant de glisser la lamelle sous les pinces de son propre microscope.

John, quant à lui, se retrouva désœuvré et finit par saisir un de ses manuels de médecine, relisant les mêmes paragraphes inlassablement sans s'en rendre compte.

Il finit par abandonner et observa les mouvements de Sherlock autour de son bureau jusqu'à ce que ses yeux se ferment d'eux-mêmes, et décida qu'il était temps de se coucher.

Il réagit à peine lorsque, juste avant l'aube, le matelas s'enfonça sous le poids du grand brun venu s'étendre près de lui. Sherlock déposa un baiser sur sa joue avant d'enfouir son visage dans le cou de John.

Le mardi se déroula sans événement marquant, et déjà John rentrait chez lui pour se préparer à son entrainement de rugby.

Il retrouva Greg Lestrade déjà chargé de matériel, et après l'avoir soulagé de la moitié de celui-ci, ils blaguèrent ensemble sur le chemin du stade.

« Tu as l'air en forme, John, ça fait plaisir à voir ! Ça va avec Sherlock ? »

John rougit violemment en même temps qu'un immense sourire naissait sur son visage, et ses yeux se mirent à briller.

Greg éclata d'un rire franc.

« Je vois, dit-il avec un sourire malicieux. Je t'avais bien dit que ça allait s'arranger, pas vrai ? J'espère que ça ne va pas trop te déconcentrer sur le terrain ! plaisanta-t-il.

John se racla la gorge, toujours souriant.

- Je devrais réussir à l'écarter de mes pensées pendant l'entraînement, répliqua-t-il.

Greg lui donna un petit coup de poing amical sur l'épaule.

- Je ne pourrais pas t'en vouloir si tu n'y arrivais pas. Mycroft me faisait – me fait toujours – le même effet ! »

John prit beaucoup de plaisir à jouer, après les derniers entraînements peu réussis des dernières semaines. La victoire lors du match du samedi avait définitivement soudé l'équipe et ils étaient tous pleins de motivation.

Après avoir aidé Greg à ranger le matériel, comme il en avait pris l'habitude, le blond partit dans la nuit, regardant distraitement les flocons qui parsemaient le chemin de son dortoir. Il se sentait détendu, et il passa tranquillement devant un groupe d'élèves qui se tenait sous un porche, avant de tourner à l'angle du bâtiment qui faisait face au sien, situé quelques dizaines de mètres plus loin. Il pouvait voir la lumière de son appartement briller dans l'obscurité, et ne pouvait s'empêcher de rêvasser à ce qui l'attendait à l'intérieur. Une bonne douche chaude, et un Sherlock devenu câlin – peut-être les deux en même temps, s'il était chanceux.

Une soudaine douleur à l'arrière du genou gauche le tira brusquement de ses pensées alors qu'il s'écroulait sur l'asphalte blanchi par la neige. Des doigts se saisirent d'une poignée de ses cheveux blonds et tirèrent sans ménagement, tordant douloureusement sa nuque en arrière.

L'action s'était déroulée en une fraction de seconde, et il n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant qu'une pluie de coups ne s'abatte sur lui, incessante. Il mit encore quelques instants avant que son corps ne réagisse et se recroqueville, protégeant sa tête et ses organes vitaux.

Son souffle disparut après un coup assené à ses côtes, et il sentit un objet dur et glacé s'acharner sur les phalanges de sa main droite, lui arrachant un cri de douleur à chaque impact.

Son cerveau ne parvenait pas à analyser la provenance des coups, et les zones d'impact se firent floues, la douleur s'emparant de son corps entier.

Peu à peu, il arrêta de crier, les larmes qui envahissaient son visage obstruant sa gorge. L'inconscience le guettait, et il entendit à peine le cliquetis caractéristique du métal sur le bitume, accompagné de pas.

« Puis-je savoir ce que vous faites, messieurs ? dit alors une voix posée, presque ennuyée, surgie de la nuit.

John ouvrit un œil alors que les coups cessaient brusquement.

Mycroft se tenait là, à quelques mètres de lui, nonchalamment appuyé sur son éternel parapluie. Il put également voir qu'il était entouré de cinq personnes, dont les visages étaient masqués par des capuches et la nuit, et aperçut une longue barre métallique. Il sentit alors la douleur dans sa main le rappeler à l'ordre, lancinante. Il ne put retenir une plainte, et ses blessures fraîchement acquises se réveillèrent, le tirant de l'inconscience dans laquelle il avait failli sombrer.

Mais l'attention de ses agresseurs avait été détournée de lui.

- Casse-toi, mêle toi de tes affaires, ou tu y passes aussi ! menaça un des assaillants en s'approchant du nouveau venu.

Mycroft ne bougea pas d'un cil en regardant l'autre approcher.

- Justement, je crois que ça me concerne. Je pense que vous ne savez pas dans quoi vous vous êtes engagés… Une impasse, indiqua-t-il obligeamment avec un mince sourire. Partez, maintenant.

- Sinon quoi ? Tu vas nous frapper avec ton parapluie ? cria un autre, moqueur, en se rapprochant également de Mycroft.

- Oh, non. Je pense que vous allez simplement partir sans faire d'histoire, et peut-être qu'on ne vous poursuivra pas… » répliqua Holmes en s'examinant les ongles, désinvolte.

John, complètement perdu dans la douleur, sentit sa conscience vaciller à nouveau. Il n'entendit plus la conversation qui se déroulait toujours au-dessus de lui, et le noir complet se fit lorsque quatorze paires de pieds tournèrent à l'angle du bâtiment qu'il avait passé à peine quelques minutes plus tôt.


Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, Sherlock ouvrit la bouche pour demander à John ce qui lui avait pris tant de temps, mais avant même de lever les yeux, il sut que quelque chose clochait. Un intense brouhaha régnait dans le couloir, provenant d'une meute de rugbymen menés par Greg et Mycroft. Le regard qu'il échangea avec son frère acheva de l'inquiéter.

« John… ? » demanda-t-il faiblement.

Il l'aperçut à ce moment là, pendant mollement entre deux de ses coéquipiers, visiblement inconscient, le visage ensanglanté.

Le choc le fit se redresser trop vite, et sa hanche heurta le coin de son bureau alors qu'il se levait précipitamment, renversant son expérience du même coup. Il n'y accorda pas même un regard.

Il traversa la pièce en deux longues enjambées, et saisit le corps de son ami, enroulant ses bras autour de lui, sous les aisselles. Les deux étudiants qui le soutenaient relâchèrent progressivement leur prise sur John.

Sherlock entendait son propre sang pulser dans ses oreilles, fou de rage et d'inquiétude incontrôlées, alors qu'il bataillait pour amener John sur son lit. Il s'interdit de penser au pire, à un corps mort entre ses mains, ou d'émettre quelque hypothèse dramatique que ce soit en allongeant John le plus délicatement possible. Immédiatement, une de ses mains tremblantes vint se poser contre la carotide de John. Il devait s'en assurer.

Le brun entendit à peine Greg ordonner à l'équipe de les laisser, et prêta encore moins d'attention à Mycroft lorsque celui-ci s'adressa à l'un deux. Tout ce qui l'entourait n'était que brouillard, à l'exception de John. John dont la faible respiration peinait à le rassurer. Il étudia longuement le corps de son amant inconscient, essayant de déterminer la gravité de ses blessures.

« … lock. Sherlock ! »

Sherlock sursauta lorsque la main calleuse de Greg se posa sur son épaule avec force. Son cerveau se reconnecta sur son environnement, et constata que la pièce s'était vidée. Il ne restait que son frère et Greg avec lui, et il put entendre de petits pas pressés dans le couloir avant que Mrs Hudson n'apparaisse sur le pas de la porte, chargée d'une trousse de soin, toute essoufflée et la mise en plis de travers.

« Oh mon dieu, John ! Pauvre petit… Sherlock, poussez-vous immédiatement, que je puisse l'examiner.

- Mrs Hudson, vous n'êtes pas médecin, répliqua faiblement celui-ci.

- Je le suis plus que vous, rétorqua-t-elle un peu durement en lui tirant le bras pour l'écarter de John. L'un d'entre vous aurait-il l'obligeance de me dire ce qui s'est passé ?! Mycroft Holmes, avec toute la confiance que je vous accorde, vous avez intérêt à tout m'expliquer ! »

Elle commença alors son examen de John, et demanda à Greg de l'aider à retirer son t-shirt. Sherlock sentit son sang se figer dans ses veines et sa respiration se tarir, et il dut se retenir de les empêcher de le déshabiller. Une partie de son cerveau, détachée de la scène, s'aperçut qu'il était devenu incroyablement possessif. Puis Mycroft prit la parole, le fusillant d'un regard.

« Hum. Et bien, il semblerait que des personnes malveillantes aient voulu s'en prendre à John. Greg m'avait parlé de son attitude étrange il y a deux semaines, lors de leur entrainement de rugby. Il était très tendu, sur la défensive, et il l'a même agressé lorsque Greg a voulu l'empêcher de partir sans s'expliquer.

- Oui, enfin, ce n'était presque rien, hein ! intervint Greg.

Après un regard appuyé de Mycroft, celui-ci se tut.

- Pris d'un doute, j'ai donc décidé de resserrer la surveillance autour de John. Sherlock, ne me regarde pas comme ça ! Tu sais très bien que sans ça il serait peut être en train d'agoniser dans un coin sans même que tu t'en inquiètes ! Tu ferais mieux de nous remercier !

Sherlock resta silencieux, le regard toujours foudroyant. Il ne savait pas contre qui tourner sa colère à cet instant, et il semblait que son frère était une très bonne cible, malgré le rugbyman debout juste à côté, prêt à le défendre.

- Tu seras donc bien gentil, mon cher frère, reprit Mycroft, de nous informer de la situation, afin que cela puisse se régler sans que John ne souffre à nouveau ?

- Va te faire voir, Mycroft ! cracha-t-il. Pourquoi n'as-tu pas agi avant que tout cela arrive ? Ça t'amuse de voir John dans cet état ?!

- C'est toi qui étais au courant, Sherlock ! C'est toi qui n'as rien fait ! continua Mycroft, qui commençait à perdre son calme également.

- Sherlock ! Voyons ! intervint Mrs. Hudson. Vous ne pouvez pas à la fois reprocher à votre frère de vous avoir surveillé ET de ne pas avoir agi ! »

Sherlock resta un instant hébété, puis retrouva un semblant de calme.

Après un soupir, Mycroft reprit :

« Sherlock, ça ne t'es jamais venu à l'esprit que nous puissions être du même côté ?

- Etrangement, non… » répondit le plus jeune, croisant les bras d'un air buté.

Greg, en ayant assez des chamailleries des deux frères, fit un pas en avant.

- Sherlock. Dis-nous ce qui s'est passé. J'ai besoin de savoir si John est en danger. Il y a sûrement un moyen d'améliorer les choses, et ce n'est pas en voulant résoudre les problèmes seul que tu vas t'en tirer cette fois-ci ! Regarde déjà où ça nous a mené ! Je ne veux pas que d'autres personnes souffrent. Je ne veux pas qu'il arrive quelque chose de plus grave à John. Tu sais que ton frère peut t'aider, tu es juste trop fier pour te laisser faire. Mais la santé et le bonheur de John ne sont-ils pas plus importants que ta fierté en ce moment ? Il est mon ami. C'est un type bien, et quelle que soit son histoire, je ne peux pas simplement regarder. Je dois agir, Sherlock. Je pense que toi aussi. Alors mettons nous au travail et trouvons une solution ensemble. Pour ça, nous avons besoin de connaitre toutes les informations que tu détiens.

Sherlock resta un moment silencieux après le sermon de Greg. Son cerveau tournait à toute vitesse alors que doucement, son regard, qui s'était fixé sur son interlocuteur, revenait sur John.

Mrs Hudson avait bandé la main blessée de John et nettoyait maintenant ses différentes égratignures. Il ne s'était toujours pas réveillé.

Le brun soupira profondément, avant de se lancer dans le récit du jeune homme qui partageait maintenant sa vie.

Il finit par leur montrer les trois objets qui avaient fait peser la menace sur John. Mycroft, bien que silencieux, observa consciencieusement ceux-ci, en tirant les mêmes conclusions que son petit frère. Greg, lui, n'en revenait toujours pas. Même si son amant l'avait informé de certaines choses, entendre tout ce qui était arrivé à John à Glasgow le laissait sans voix. Il comprenait maintenant les différents comportements qu'il avait pu avoir depuis son arrivée. Mrs Hudson, elle, eut de nouveau un pincement au cœur en entendant une seconde fois cette triste histoire, tout en étant horrifiée d'apprendre que des menaces de mort avaient été proférées dans l'enceinte de sa propre école, d'autant plus sur quelqu'un d'aussi gentil que John. Elle en faisait une affaire personnelle. S'attaquer à un de ses élèves, c'était s'attaquer à elle et à son institution !

Mycroft reprit la parole avant qu'elle ne puisse dire quelque chose.

« Nous aurions pu éviter ça, si tu me l'avais dit, petit frère. Tu sais que j'en suis capable. Tu es simplement trop borné ! »

Sherlock allait répondre avec toute l'acidité qu'il possédait lorsque la vieille dame se redressa brusquement.

« Ça suffit les garçons ! Ce qui est fait est fait. On serait au courant si les hypothèses permettaient de changer le passé ! Cela ne sert à rien de vous prendre le bec là-dessus. Vous devriez plutôt concentrer vos deux cerveaux sur la marche à suivre et la recherche des garnements qui ont pu lui faire ça ! J'attends de vous autre chose que des chamailleries, alors que la vie de quelqu'un est en jeu ! »

Les trois garçons la fixaient maintenant avec une surprise progressivement remplacée par du respect. Les yeux de John commencèrent à s'agiter sous leurs paupières, alors Mycroft prit les devants, décidant d'un plan rapide :

« Nous allons nous comporter comme s'il ne s'était rien passé. Nous ne devons pas attirer l'attention. Greg et moi irons en classe, Mrs Hudson, vous vaquerez à vos tâches habituelles, et toi, Sherlock, tu resteras avec John. Je sais que tu passes la plupart de tes journées ici. Je vais installer des caméras supplémentaires dans le bâtiment, aux entrées et dans les circulations. Mais seules les personnes vivant ici ont la clé correspondante dans le badge. Cela devrait déjà être une bonne sécurité. Je garderai un œil vigilant sur les caméras, et au moindre mouvement suspect, chacun prévient les autres. Sherlock, je compte sur toi pour t'occuper de lui. N'oublies pas ce qu'il vient de subir. Maintenant, nous allons partir, et mettre en place la surveillance. C'est compris pour tout le monde ? »

Ils acquiescèrent tous et Greg, Mycroft et Mrs Hudson quittèrent la chambre, alors que John se réveillait doucement.

L'attention de Sherlock se reporta immédiatement sur John, alors qu'un râle rauque s'échappait de la gorge du blond.

« Où... je suis...? interrogea-t-il faiblement, peinant à ouvrir ses yeux.

Sa voix était pleine de douleur et de peur contenue. Sherlock sentit son cœur se serrer et il passa une main légère sur la joue de son compagnon.

- Shh, souffla-t-il, retenant la colère qui l'étreignait - son John, dans cet état... et par sa faute... ! - Tu es avec moi, tu es en sécurité maintenant... John, je suis tellement désolé...

Le regard de John se fixa lentement sur Sherlock, se plongea dans les yeux clairs et troublés.

- Sherlock... Dis-moi… ce qui s'est passé, demanda-t-il difficilement.

Ses côtes le torturaient, et il n'osait pas regarder sa main droite, qu'il sentait engourdie, comme anesthésiée. Sherlock s'assit à côté de lui sur le lit et caressa lentement les cheveux blonds.

- Tu t'es fait agresser en rentrant du rugby... cinq contre un, apparemment. Heureusement - je n'en reviens pas de dire ça - heureusement, Mycroft surveillait depuis que tu as failli agresser Greg, et ils ont pu intervenir avec le reste de l'équipe. Ils t'ont ramené ici, et Mrs Hudson t'a soigné. Tu as les côtes froissées, une ou deux fêlées, et deux phalanges de la main droite cassées, indiqua Sherlock en serrant les dents.

John encaissa en silence. Au fur et à mesure qu'il sortait du duvet de l'inconscience, ses douleurs se faisaient plus aiguës, lancinantes. Il n'osait pas bouger, de peur de les réveiller encore plus, et resta allongé sur le dos, faiblement redressé sur son oreiller.

- John... si... si tu veux quelque chose...

Sherlock s'arrêta, tenta de maîtriser sa voix. Voir John ainsi lui était insupportable, et l'était plus encore alors que celui-ci lui souriait faiblement.

- Je voudrais bien un verre d'eau, répondit-il, mais il va falloir que tu m'aides à boire.

L'étudiant médecin en lui reprenait le dessus.

- Est-ce que Mrs Hudson m'a fait avaler quoi que ce soit ? Si non, je ne cracherais pas sur un anti douleur. Du paracétamol fera l'affaire, je crois que c'est tout ce que nous avons dans la pharmacie. Il faudrait que je dorme... »

Sa tirade le laissa essoufflé, ses côtes malmenées protestant, alors que Sherlock se précipitait pour lui ramener un verre d'eau fraîche et les cachets qu'il avait demandés. Il aida John à les prendre, avec toute la douceur dont il était capable. John s'adossant à nouveau à l'oreiller et fermant les yeux, Sherlock se leva pour s'éloigner, mais la main valide du blond attrapa la sienne.

« Reste là, s'il te plait » murmura John.

Sherlock garda les doigts chauds entremêlés dans les siens, assis à côté de John, alors que celui-ci replongeait dans le sommeil.

Il resta un moment ainsi, assis tout au bord du lit du blond, à l'observer. Bien qu'exténué, son visage ne s'était pas totalement détendu. Il semblait constamment inquiet et souffrant. Sherlock n'osait pas faire plus que de caresser doucement de son pouce la main qu'il tenait toujours, de peur de lui faire encore plus mal, ou de le déranger dans son repos.

Sans s'en rendre compte, il resta ainsi toute la soirée, et une bonne partie de la nuit. Manger ne lui était même pas venu à l'esprit. Seul John comptait. John et ceux qui lui avaient fait ça. Il se repassait en boucle chaque évènement, chaque indice laissé par ses assaillants. Il devait les retrouver. Leur faire payer.

Ce n'est que bien plus tard qu'il s'allongea doucement à côté du blond, prenant soin de ne pas le toucher alors que ses yeux se fermaient tout seuls. Il garda la main de John dans la sienne.

Epuisé, il finit par dormir quelques maigres heures, avant d'être tiré du sommeil en sursaut par le réveil de John, toujours activé pour se rendre au laboratoire. Sherlock balaya d'un coup rageur la table de nuit, faisait tomber l'appareil ainsi que le verre d'eau de la veille.

John, lui, émergea plus péniblement. Les douleurs embrumaient son cerveau alors qu'elles se faisaient à nouveau sentir, se répandant dans son corps. Il ne put réprimer un cri de douleur étouffé lorsque sa main se rappela à lui.

« Je suis désolé, John. Je ne voulais pas te réveiller… mais ce satané réveil m'a surpris… Ne bouge pas, je t'apporte le petit déjeuner et des cachets. »

John hocha vaguement de la tête, rêvant de se rendormir, ses yeux le brûlant. Il ne pouvait pas vraiment répondre mieux.

Sherlock descendit prudemment du lit avant de se diriger dans la cuisine. Il revint un peu plus tard avec un plateau chargé de deux tasses fumantes, une assiette de pancakes chauds accompagné de leur pot de Nutella réservé aux grandes occasions, même si cette fois-ci était plus pour remonter le moral de John que pour célébrer quoi que ce soit.

Il posa le tout sur la table de nuit de John, puis revint avec deux verres de jus d'orange et de quoi essuyer les dégâts de son imprudence matinale.

« Passe ton bras autour de mon cou, chuchota-t-il à John en se penchant vers lui. Je vais te redresser un peu. »

John obéit avec prudence, testant doucement la résistance de ses côtes. Il allait avoir mal un instant, mais il valait mieux qu'il soit plus droit pour manger, mais aussi pour passer la journée.

Sans surprise, la douleur lui coupa le souffle alors que Sherlock le tirait doucement vers le haut, avant de le reposer sur son coussin adossé à la tête de lit.

Une fois fait, Sherlock en profita pour voler un chaste baiser à John, qui, en réaction, bloqua toute retraite au brun de sa main valide, avant de l'approfondir. Il glissa tendrement sa langue contre celle de son vis-à-vis, avant de le relâcher quelques instants plus tard.

Il put enfin voir un léger sourire naître sur le visage de Sherlock.

Une douce chaleur étreignit son cœur un instant devant cette belle vision. Ils s'observèrent quelques instants, la main de Sherlock caressant doucement la joue du blond, puis ils entamèrent tranquillement leur petit déjeuner, Sherlock tartinant soigneusement chaque pancake pour John.

Après un petit déjeuner le plus agréable possible compte tenu de la situation, et une matinée occupée à profiter de la présence de Sherlock malgré la douleur au moindre mouvement, John décida de se concentrer un peu sur sa blessure la plus grave. Il débanda sa main doucement, et grimaça devant la couleur et l'épaisseur qu'elle avait pris.

« Sherlock, il va me falloir une attelle… La bande ne suffira pas. Il faut que les os soient maintenus en place…

Il réfléchit un instant avant de reprendre :

- Pourrais-tu aller m'en prendre une à la pharmacie ? Avec les antidouleurs les plus forts que tu puisses avoir sans ordonnance… C'est à peine supportable…

- Mais John… Je ne peux pas – je ne veux pas te laisser tout seul…

- S'il te plaît, Sherlock… J'en ai vraiment besoin… Surtout si on reste là, j'aimerais éviter des dommages irréversibles pour ma main…

- Bon… Je me dépêche alors… »

Le brun soupira puis se releva.

« Sois sage, vilain garnement ! chuchota-t-il à John avant de lui voler un nouveau baiser. J'en ai pour 7 minutes de trajet, plus le temps d'obtenir tout ce qu'il faut. A tout de suite. »

John lui sourit franchement, avant de le tirer vers lui pour l'embrasser. Merci. Il regarda son amant saisir sa veste et sortir de leur appartement avec un dernier regard partagé.

Sherlock verrouilla la porte et s'éloigna en de longues enjambées. Il dévala les deux étages puis sortit sur le campus. La pharmacie la plus proche se trouvait juste à la sortie de l'université, et s'il forçait un peu le pas, il pourrait gagner environ une minute par trajet.

La pharmacienne ne posa pas trop de questions, et il put obtenir l'attelle, une boîte d'antidouleurs et une crème apaisante contre les coups. Il repartit aussi sec en direction du 221B.

Sherlock grimpa les escaliers quatre à quatre, arrivant au deuxième étage un peu essoufflé. Il longea le couloir de ses grandes jambes, et s'apprêtait à sortir ses clés de sa poche lorsqu'il s'arrêta net.

La porte était entrouverte. Son cœur manqua un battement alors qu'il la poussait.

« John ? » appela-t-il, la voix soudain rauque d'angoisse.

Il n'eut pas de réponse.


Mais où est John ? Vous le saurez dans le prochain chapitre...