Bonsoir !

On attaque l'avant dernier chapitre de cette histoire ! J'espère qu'il vous plaira ! Attention, certaines scènes peuvent heurter les plus sensibles, notamment à la fin. Vous êtes prévenues !

Bonne lecture !

PS : en plus du dernier chapitre, vous aurez droit à un chapitre bonus ! Nous n'en divulguerons pas plus !

Nalou&FLo'w


Noir.

John émit un faible râle du fond de son inconscience. Une douleur sourde faisait vagabonder des couleurs vives derrière ses paupières closes.

Bleu.

Vert.

Rouge. Un rouge sang qui semblait l'éclabousser de l'intérieur.

Les images se précisèrent lentement dans son esprit à l'abandon. Une ombre, une silhouette floue entrant dans sa chambre – Sherlock ? Non, ça n'était pas lui. Une épaisse barre métallique levée – Sherlock ! – qui s'abattit à l'arrière de sa tête, explosion de douleur qui dispersa sa dernière pensée – SHERLOCK ! Et…

Noir.

Le déclic d'une serrure résonna dans l'obscurité, suivi de pas, et des échos rebondirent dans le crâne de John, réveillant la douleur.

Elle irradia, jaillissant de son occiput, et le tira peu à peu de sa torpeur, alors que des néons poussiéreux grésillaient au-dessus de lui, peinant à s'allumer. John essaya d'ouvrir les yeux, mais la faible lumière suffit à le faire grimacer et il les referma aussitôt.

John rassembla ses esprits encore embrumés par l'inconscience, tenta de comprendre ce qui lui arrivait, de faire un état des lieux. Un état de lui-même.

Il commença par démêler l'écheveau confus de douleurs qui envahissaient son corps. La première, la plus forte, était celle qui provenait de la base de sa nuque, là où il avait été cogné par le gourdin de métal. Venait ensuite sa main droite, dont les phalanges brisées semblaient vouloir prendre feu. John n'osa pas remuer les doigts de peur d'aggraver la fracture. Une respiration angoissée, un peu trop brusque, interrompit ses réflexions bien, troisième douleur, les côtes froissées. Pour les soulager, John tenta de se redresser sur la chaise, mais ses épaules résistèrent désagréablement, comme tirées en arrière. Et il sentit la dernière douleur, celle qui appela la panique à pointer son nez. La morsure du métal sur ses poignets.

Je suis attaché. Je suis sur une chaise, les mains attachées dans le dos.

Soudain, John eut besoin de voir ce qui l'entourait. Besoin de savoir à quel point sa situation était désastreuse. Il inspira le plus lentement qu'il put, s'efforçant de ne pas solliciter plus que nécessaire ses côtes déjà malmenées, et expira de la même façon. Les coups lancinants qui martelaient l'intérieur de sa boîte crânienne s'atténuèrent, et il put finalement soulever ses paupières.

Devant lui se trouvait une petite table – du modèle que l'on trouve dans les salles de classe – occupée par un large écran d'ordinateur et un clavier. Sous la table, sur le sol, la tour ronronnait. John n'osa pas tourner la tête, mais en écoutant attentivement, il perçut son propre souffle… et… oh, si légère, mais présente… une seconde respiration.

Puis, sans crier gare, il sentit une main se poser sur son épaule gauche, et la respiration s'approcha de son oreille droite. Une voix suave, aiguë, coula dans son oreille.

« Bonsoir, John… »

La main glissa vers sa nuque, effleura du bout des doigts l'occiput douloureux, dansa dans les courts cheveux blonds qui se hérissèrent. Il était impossible de se tromper – malgré la surprise et l'incompréhension – Jim. Jim se tenait derrière lui, penché vers son cou, la main agrippant ses cheveux un peu trop fort. John n'arrivait pas à déterminer s'il devait être soulagé ou non. Jim l'avait eu avant ses poursuivants de Glasgow, soit. Mais allait-il vraiment se montrer plus clément ?

« Je crois que tu sais pourquoi tu es ici, continua le jeune homme derrière lui, le ton toujours calme et doux. Tu as vraiment tout fait pour que je ne t'aime pas, John Watson

Les yeux du captif s'agrandirent d'horreur, son souffle se tarit. Impossible. Mais Jim reprit la parole, confirmant le pire.

- T'enfuir délibérément après la mort de ce prof, et venir juste ici, et me voler mon Sherlock. Je t'avais interdit de le toucher.

John s'efforça, sans succès, de respirer plus calmement. Jim et son poursuivant anonyme, la même personne ? Jim jaloux, etson poursuivant anonyme furieux.

Ce qui donnait… Jim jaloux et furieux. John eut envie de hurler, n'osant pas imaginer de quoi il était capable.

Le blond referma les yeux, certain qu'il allait mourir, et se remémora le visage de Sherlock, son sourire, son regard incroyable, le goût de ses lèvres lorsqu'il l'avait embrassé avant de partir à la pharmacie… Son cœur se serra à l'idée que Sherlock soit inquiet pour lui. Mais Jim l'interrompit encore une fois.

- John, susurra-t-il, Johnny… J'ai beaucoup réfléchi à ce que j'allais te faire… Ce foutu Watson, que j'ai chassé jusqu'à Glasgow – en personne, j'y suis allé moi-même ! – je ne veux que sa mort, de la méthode la plus rapide et efficace possible. Il m'a causé suffisamment d'ennuis. Mais l'autre John, celui qui s'est permis de toucher à Sherlock, lui, je n'avais pas l'intention qu'il meure. Seulement qu'il souffre. Longtemps. Et de préférence beaucoup. Est-ce que tu peux imaginer quel compromis j'ai trouvé, puisqu'il s'avère que vous êtes une seule et unique personne ?

John ne l'imaginait que trop bien.

- Tu vas me torturer à mort, murmura-t-il d'une voix blanche.

Il sentit Jim se redresser dans son dos, et le contourner jusqu'à lui faire face. Les yeux noirs du jeune homme étaient remplis de folie, et sa voix suintait de poison lorsqu'il parla à nouveau.

- Mmh, ta peur sent si bon… C'est la bonne réponse, John. Mais je trouvais que ça manquait un peu de piment… alors en même temps que tu souffriras au point d'appeler ta pauvre mère – j'ai appris pour son internement, vraiment désolé, ajouta-t-il, son ton soudain parfaitement naturel – je vais dire à Sherlock tout ce que je te fais… Il saura en temps réel tout ce qui t'arrive, et ne pourra rien faire pour t'aider, nous sommes trop bien cachés… »

Sur ces mots, Jim laissa John pour aller observer l'écran. L'image affichée était visiblement celle d'une caméra de surveillance qui donnait sur une entrée de bâtiment. Le jeune psychopathe pianota avec légèreté sur le clavier, puis se retourna vers John, un sourire carnassier sur son visage angélique.

« Le jeu de piste est lancé. Tu es prêt ? »

La porte était entrouverte. Le cœur de Sherlock manqua un battement alors qu'il la poussait.

« John ? » appela-t-il, la voix soudain rauque d'angoisse.

Il n'eut pas de réponse. La chambre était vide. Sherlock tourna sur lui-même, une fois, deux fois, gagné par l'affolement, jusqu'à ce qu'il remarque le morceau de papier jeté sur le lit où John reposait moins d'un quart d'heure plus tôt. Il le déplia fébrilement.

Il se pourrait que John ait besoin de ton aide. Quel dommage que tu ne saches pas où il se trouve !

John regarda Jim s'avancer vers lui, de sa démarche souple, détendue. Les néons avaient un peu chauffé et la luminosité ambiante s'était accentuée. L'adrénaline avait éclairci ses idées, et il serra les dents. Montrer sa peur ne ferait qu'encourager son tortionnaire.

Toujours vêtu de son uniforme d'une netteté impeccable, Jim arborait un mince rictus satisfait. Il passa une main dans ses courts cheveux bruns, l'air parfaitement décontracté. Puis il déboutonna sa veste, l'ôta et la posa, soigneusement pliée, sur le bord de la table. Il remonta ensuite les manches de sa chemise jusqu'au dessus du coude grâce à quelques revers.

« Je ne voudrais pas me salir, indiqua-t-il calmement.

John tenta de rester impassible, même si la phrase sous-entendait clairement « avec ton sang ». Mais il ne put retenir une exclamation étouffée lorsque Jim s'assit à califourchon sur ses genoux et commença à défaire les boutons de sa chemise. Le brun ricana.

- Je veux simplement éviter à tes vêtements de se faire abîmer. Ne te fais pas d'illusions, ajouta-t-il malicieusement avant de se pencher vers son oreille pour murmurer : Seul Sherlock m'intéresse…

Il repoussa la chemise des épaules de John, et la laissa pendre derrière la chaise, encore enfilée sur ses poignets attachés. Il émit un faible sifflement, narquois.

- Mais c'est que j'ai affaire à un habitué… ça va être plus amusant que prévu !

Il illustra ses paroles en glissant un doigt sur l'étoile de chair cicatrisée qui couvrait l'épaule gauche de John.

- C'est donc à cause de ça que tu n'as pas pu sauver ta sœur… Oh, oui, je sais tout sur toi maintenant… Quelle triste histoire…

John sentit ses tempes brûler tandis que la colère montait en lui, éliminant la peur.

- Je t'interdis de parler de ma sœur, fit-il, à un cheveu de gronder.

Le sourire du brun se fit plus malsain encore alors qu'il venait à nouveau coller sa bouche sur l'oreille de sa victime.

- Sinon quoi ? murmura-t-il. Mmh… Johnny, tu n'as pas sauvé ta sœur… tu l'as laissée mourir…

Jim posa une main en coupe sur la joue de John, la glissa autour de sa nuque, le rapprochant encore, et sa phrase suivante fut à peine audible.

- Tu ne sauveras pas Sherlock non plus… Mais ne t'en fais pas… Je m'occuperai bien de lui quand tu seras parti…

Le blond tenta de se dégager de l'étreinte de Jim, sans succès. Malgré son apparente légèreté comparée à la carrure musclée de John, la main qui tenait son cou était dotée d'une poigne étonnante, et il était en position de force.

- On tente de résister ? demanda-t-il en se mordillant la lèvre inférieure, visiblement très amusé par la colère de John. Je pense qu'il est temps de s'y mettre, dans ce cas.

Jim posa ses deux mains sur les côtes nues de son vis-à-vis, et, visant les hématomes violacés qui s'étaient formés au niveau des fêlures, il appliqua une forte pression sur sa cage thoracique. La douleur coupa immédiatement le souffle de John. Le médecin en lui savait très bien que les côtes étaient une des zones les plus douloureuses lorsqu'elles étaient blessées, et l'expérience le lui confirma une fois de plus. Il avait l'impression que des lames transperçaient son torse, son dos, ses poumons. Il ne pouvait même pas crier, sa voix bloquée comme sa respiration. Le sadique continuait de sourire, ses yeux noirs plongés dans ceux de John qui menaçaient de se révulser, et maintenait la pression sur son torse.

- Et si j'en cassais une ? proposa-t-il, sa voix plus douce qu'une plume. Tu aurais mal, tu crois ?

Jim haletait presque. Il semblait se nourrir de la souffrance de John, y prendre un plaisir indicible. La conscience du blond vacillait déjà, et un dernier instant de lucidité lui souffla que ce n'était que le début.

Sherlock s'efforça sans grand succès de garder la tête froide, et de considérer la situation d'un œil critique. John était aux mains de ses poursuivants, et le temps était compté. Résigné, il composa le numéro de son frère sur son mobile. Inutile de nier. Il ne pouvait rien faire tout seul.

Il dut attendre de nombreuses sonneries avant que son interlocuteur ne décroche.

« Mycroft Holmes.

- Pas la peine de te présenter comme ça, tu sais très bien que c'est moi, râla Sherlock. Je croyais t'avoir entendu dire que tu surveillerais les caméras.

- Que veux-tu dire ? demanda l'aîné, soudain tendu.

- John a été enlevé. Je pensais que tu serais au courant.

- QUOI ?! Non, attends, ne réponds pas. J'arrive. »

Mycroft raccrocha avant que son frère ne puisse protester. Quelques minutes plus tard, il débarqua dans la chambre 221B et trouva Sherlock en train de faire les cent pas entre les deux lits.

« Greg nous rejoint. Raconte.

- Je suis sorti – laisse-moi finir – acheter des antidouleurs et une attelle pour la main de John. Je suis parti en tout et pour tout douze minutes, et quand je suis revenu, la porte avait été forcée et John avait disparu. Les kidnappeurs ont laissé ça, conclut-il en désignant le petit message.

- Ton ordinateur est allumé ? On va vérifier les caméras. Tant qu'on ne sait pas où est John, ça ne sert à rien de se précipiter. »

Sherlock hocha la tête, et plongea ses mains dans ses poches pour masquer le tremblement qui les agitait tandis que Mycroft s'occupait à retrouver les images prises par les caméras. Greg arriva à ce moment là, essoufflé, et Sherlock commença à lui expliquer ce qui s'était passé, lorsque la vibration de son téléphone l'interrompit. Fébrile, il sortit l'appareil et consulta le message. Un frisson glacé parcourut sa colonne vertébrale lorsqu'il reconnut le numéro de l'expéditeur.

« Jim… » murmura-t-il, les yeux écarquillés.

Le message ne contenait qu'un mot. Un mot qui pouvait tout vouloir dire.

Oups !

Une douleur fulgurante le transperça lorsque Jim joua avec ses phalanges cassées. John tenta d'étouffer son cri, mais échoua lamentablement. Ses cordes vocales menacèrent de le laisser tomber, et ses côtes maltraitées protestèrent avec virulence. Le tortionnaire ricana ouvertement.

« Mmh, c'est un point sensible, on dirait… Essayons autre chose…

John déglutit. Le mélange de peur, de souffrance et de colère le faisait trembler. Il n'aurait su dire depuis combien de temps il était là, à subir les attaques du psychopathe.

- Jim, commença-t-il, la voix rauque et faible d'avoir tant hurlé.

Intrigué d'entendre autre chose que les cris de plus en plus inarticulés de John, Jim se redressa derrière la chaise et vint lui faire face.

- Un problème ? interrogea-t-il, son sourire de prédateur toujours vissé sur le visage.

John serra les dents sous le sarcasme, et continua.

- Jim, je voudrais juste savoir…

Encore une fois, sa voix refusa d'aller plus loin. Il se racla la gorge, tenta de rester concentré.

- Oh, tu as des questions ? Intéressant. Que peux-tu bien vouloir me demander ?

- En quoi tu es lié à… ce qui s'est passé à Glasgow… pourquoi tu veux tant me tuer… ? Cet homme que j'ai abattu… il avait de la valeur à tes yeux ?

A ces mots, l'étonnement se peignit sur le visage de Jim. Il tira la chaise située devant la table et s'assit en face de John, l'air très intrigué. Il s'adossa aussi confortablement que possible et croisa les jambes avant de répondre.

- L'homme que tu as abattu ? répéta-t-il pensivement. Mmh… très intéressant, la façon dont les choses se passent, parfois, murmura-t-il pour lui-même. Alors comme ça, reprit-il plus haut, tu penses vraiment avoir tué ce prof ? Johnny, réfléchis une seconde. Tu vois, c'est exactement pour ça que tu es moins intéressant que mon Sherly, tu es si limité… Tu n'aurais pas pu le tuer avec une telle précision, à bout portant, avec une balle perdue. Et même si tu avais pu, le résultat aurait été beaucoup moins propre. Il y aurait eu de la poudre sur sa chemise, sur tes mains, et la balle serait très probablement ressortie par son dos. Et de toute façon, son arme ne contenait que des balles à blanc. Même lorsqu'il te tenait en joue, tu ne risquais rien, à vrai dire.

John resta muet de surprise pendant quelques secondes. Un étrange soulagement s'empara de lui lorsqu'il comprit tout ce que ça impliquait. Il ne l'avait pas tué. Il était innocent. Sa conscience s'allégea soudain d'un poids immense, et la douleur lui parut plus facile à supporter. Mais une nouvelle question germa dans son esprit.

- Mais… si ce n'est pas moi qui l'ai tué… pourquoi s'en prendre à moi ?

Jim fronça les sourcils.

- Tu n'envisages pas la situation sous le bon angle. La mort de cet homme était voulue, mais personne ne pouvait être sûr de ce que tu savais. Celui qui l'a vraiment abattu était posté là depuis des heures, il avait tout prévu, l'appât – la fille que tu as cru sauver – l'endroit, l'heure, tout ! Sauf toi. Un sale petit fouineur venu intervenir au mauvais moment. Mon sniper n'a pas voulu renoncer à sa mission, et il a essayé de synchroniser son tir avec vos gestes. Mais il ne pouvait pas être certain que tu penses bien avoir tué le prof toi-même. Tu pouvais très bien avoir compris que la balle ne venait pas de ton arme, et t'être enfui pour aller tout raconter aux mauvaises personnes. Et s'il y a bien une règle dans ce genre d'affaire, c'est celle-ci : pas de témoins. D'ailleurs, la fille est morte, elle aussi. Oh, ne fais donc pas cette tête, elle avait vu toute la scène ! Enfin, on peut dire que tu nous as donné du fil à retordre pour te retrouver. Je déteste devoir me déplacer moi-même, et découvrir que tu étais sous mon nez depuis le début… !

Jim laissa échapper un petit rire, l'air ennuyé.

- Et dire que tu pensais être coupable. J'aurais pu te laisser vivre dans la peur d'être retrouvé…. Mais rien ne vaut à mes yeux la certitude que rien ne s'ébruitera. Tes bons principes auraient fini par te pousser à aller tout avouer à la police. C'est mieux comme ça. Et j'y gagne, car en plus, quand tu seras mort, plus personne ne se dressera entre moi et Sherlock !

Je crois que je lui ai fait mal… Il crie drôlement fort ! Il fait autant de bruit quand vous faites l'amour ? – JM

Sherlock serra tant ses mâchoires que ses dents grincèrent. Il crispa sa main sur son portable, ses phalanges blanchissant sous l'effort.

« Mycroft, n'y a-t-il vraiment rien à faire pour le localiser ? interrogea-t-il en tentant de masquer sa colère, sans grand succès.

- Pas avec un message, répondit le deuxième Holmes avec un soupir. La liaison est trop courte. Il faudrait qu'il t'appelle.

- Il n'appellera pas.

- Alors, non, on ne peut rien faire. Pas avec son téléphone, en tout cas, ou au moins pas avec mon matériel. Et les caméras ne répondent toujours pas…

Le silence se fit dans le 221B, chacun ruminant la situation. Soudain, Greg fronça les sourcils, et prit la parole, pensif.

- Je me demande… Mike, avec un meilleur matériel, ça marcherait ?

- Peut-être, oui. Et alors ? Je n'ai pas mieux que ça.

- Mike, je croyais que tu avais un cerveau surdéveloppé ! Tu sais où travaille mon père, non ?

Mycroft laissa échapper un petit rire.

- Tu es en train de me dire qu'on devrait mettre la police dans le coup ?

- Ça ne me paraît pas si absurde que ça, répliqua Greg, sur la défensive. John n'est-il pas en danger de mort ?

- Mais John est coupable de meurtre, et il a fui ! interrompit Sherlock avec véhémence. Si la police intervient, il sera arrêté, incarcéré, et condamné à… !

Il se tut. Greg grimaça.

- Je ne pense pas. C'était involontaire, d'après ce que vous avez raconté. De toute façon, si on ne fait rien, John va vraiment mourir.

- Sherlock, Gregory a raison, ajouta Mycroft. Goldfish, contacte ton père. Il faut aller plus vite que ça !

Le plus jeune Holmes hocha la tête, peu convaincu.

- C'est ça, demandez à la police. Le temps que vous ayez les informations, John sera déjà mort ! Je vais aller chercher moi-même. Je ne peux plus rester ici.

- Sherlock, on a besoin de ton téléphone pour recevoir les messages de Moriarty, et le localiser.

- Je vous le laisse, alors.

L'intéressé jeta son téléphone à son frère, qui l'attrapa au vol. Greg retint Sherlock par la manche.

- Attends ! Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de se séparer, mais si tu tiens à partir, il faut qu'on puisse te joindre et te trouver, toi aussi. Et comme on a besoin de ton portable, tu n'as qu'à prendre le mien. On te transférera ses messages, et on te dira si on apprend quelque chose d'utile. »

Sherlock acquiesça silencieusement et saisit le téléphone que lui tendait Greg. Puis il enfila son manteau et sortit de la chambre sans jeter un seul regard en arrière.

Ce fut donc le rugbyman qui consulta en premier le message que Moriarty envoya à ce moment-là, avant de le faire suivre sur son propre portable en soupirant, inquiet.

J'espère que tu ne m'en veux pas trop de l'avoir abîmé… – JM

L'air glacé de l'extérieur calma la colère bouillonnante de Sherlock. Il se mit à réfléchir froidement, recensant les endroits où Jim lui donnait régulièrement rendez-vous avant que John n'arrive, éliminant les plus exposés pour ne garder que les recoins dissimulés dont le psychopathe était le maître. Mais aucun ne convenait. Jim était bien trop intelligent pour revenir quelque part où Sherlock aurait l'idée d'aller.

S'interdisant de se décourager, le jeune homme décida de limiter ses recherches au campus. John avait disparu depuis une heure à peine. Et si Jim avait déjà réussi à passer le stade des hurlements, il devait être à la tâche depuis un bon moment. Donc, il ne pouvait pas être loin. Un mince sourire satisfait étira les lèvres de Sherlock lorsqu'il se posa la question suivante. Quels bâtiments possèdent un sous-sol, et parmi ceux-ci, lesquels sont adaptés ? Heureusement qu'il n'avait pas attendu Jim pour visiter les coins sombres et isolés de l'université…

La vibration du portable de Greg l'interrompit dans ses réflexions.

Tu as un nouveau message : « Il ne crie même plus, ce n'est pas très amusant. Il ne fait qu'appeler ton nom… Alors mon Sherly, tu te dépêches de nous trouver ? – JM »

Mike et moi sommes en route pour NSY, mon père va contacter ses collègues pour qu'on puisse utiliser leur matos. Tu as une piste, toi ?

Sherlock ne prit pas la peine de répondre et remit l'appareil dans sa poche. Une piste ? Sept, jusqu'ici, pensa-t-il en se remettant en route.

« Sherlock n'a pas l'air de trop s'inquiéter pour toi. Il n'a répondu à aucun de mes messages, déclara Jim en lançant un sourire vicieux à John.

Celui-ci s'efforça d'ignorer l'attaque. Sherlock ne répondait jamais à Jim. Ça ne voulait rien dire. Le tortionnaire se rapprocha à nouveau de lui, glissa un doigt le long de la traînée sanglante qui traversait son torse, et sourit lorsque John laissa échapper une plainte sous la douleur.

- Je te pensais plus résistant que ça… Comment as-tu pu penser que tu pourrais me tenir tête, si tu es si faible ?

John ne répondit pas, et détourna les yeux lorsque Jim lécha son doigt pensivement.

- Tu as moins bon goût que Sherlock. – Jim se pencha vers lui, et murmura dans son oreille – J'ai hâte qu'il nous trouve. Je veux voir son visage se décomposer lorsqu'il comprendra qu'il arrive trop tard, lorsqu'il verra ton corps sans vie devant lui… Je veux voir le moment où il se rendra complètement à moi, abandonnant tout espoir de lutte… »

Je crois qu'il n'en a plus pour très longtemps. Il ne dit plus rien, et il pleure. – JM

Sherlock accéléra le pas, refusant de céder à la panique. Sur les sept sous-sols possibles, les trois premiers étaient vides. Il se hâtait vers le quatrième, tout en continuant à réfléchir.

Lorsqu'il ressortit du bâtiment suivant à peine deux minutes plus tard, il avait reçu encore un message.

Ne t'en fais pas. Je vais le consoler… En lui disant que même s'il n'est plus là, je ne te laisserai pas seul… – JM

Le cœur de Sherlock se serra. Il savait très bien que Jim ne le laisserait plus tranquille une seule seconde. Il devait trouver John, avant qu'il ne soit trop tard, coûte que coûte…

Jim se mordilla les lèvres, l'air amusé, en observant sa victime. John était un nœud sanguinolent de plaintes et de sanglots, tout son corps tremblant de désespoir. Le jeune psychopathe sourit encore une fois, plus charognard que prédateur à présent.

« Finissons-en, qu'en dis-tu ? »

Dis au revoir à ton animal de compagnie, Sherly... – JM

Sherlock venait d'entrer dans le cinquième bâtiment, et avant de descendre les marches quatre à quatre vers le sous-sol, il daigna enfin répondre à Greg.

Sous-sol du bâtiment de microbiologie. Ambulance pour John. Répondre à Jim : « J'en ai bien l'intention. Tu m'ouvres ? – SH »

Lorsqu'il poussa la porte en bas de la cage d'escalier, il lança un regard furtif vers la caméra de surveillance qui se trouvait face à lui dans le couloir, et retint un sourire lorsqu'il la vit s'activer et se tourner vers lui.

Un bip sonore s'échappa de l'ordinateur, et Jim grogna rageusement, éloignant sa lame de la gorge de John. Mais un large sourire remplaça très vite son expression agacée lorsqu'il se tourna vers l'écran.

« Regarde qui vient d'arriver ! s'écria-t-il.

John redressa la tête et sentit son cœur accélérer. L'image de la caméra, bien qu'en noir et blanc, était de bonne qualité et même de loin, Sherlock était parfaitement reconnaissable. Mais la satisfaction de Jim étouffa le soulagement de John.

- Je vais l'accueillir. Tu m'attends ici, hmm ? ordonna-t-il sarcastiquement.

Jim poussa la chaise de John bien en face de l'écran, et alluma les enceintes qui l'encadraient. Juste avant de quitter la pièce, il se retourna vers lui.

- Et profite du spectacle… ! »

Lorsque la porte au fond du couloir s'ouvrit lentement, le cœur de Sherlock se mit à marteler ses côtes de coups de plus en plus rapides et désordonnés. Une question restait : John est-il toujours en vie ? Le jeune chimiste la repoussa et s'obligea à se calmer. Il allait avoir besoin de sang froid s'il devait affronter Jim et ses éventuels complices…

Une seule personne franchit la porte, et Sherlock le reconnut du premier coup d'œil. Il tenta de voir au-delà, à travers l'encadrement, mais le battant fut refermé dès qu'il fut passé. Sherlock se remit à avancer vers Jim, mâchoires serrées, ses lèvres pincées en une ligne mince. L'autre s'approchait également, un large sourire sur son visage. Malgré les vagues précautions qu'il avait prises, son visage, ses mains et sa chemise étaient tachés de sang, et Sherlock s'efforça d'ignorer le fait qu'il s'agissait de celui de John…

« Bonjour, Sherly, dit Moriarty de sa voix douce. Comme c'est gentil à toi de me rendre visite…

Sherlock coupa court aux salutations.

- Où est John ? interrogea-t-il sèchement.

- Mmh… Je crains qu'il ne soit pas exactement en état de te recevoir. Vois-tu, je l'ai un peu… fatigué, sourit Jim en examinant ses ongles maculés de rouge. Laissons-le de côté, veux-tu ? Au point où il en est, il peut très bien attendre. Je ne t'ai pas vu depuis longtemps, et j'ai beaucoup de choses à te dire…

- Je ne te demandais pas la permission, cracha Sherlock. Laisse-moi passer.

Le ton de Sherlock n'était pas exactement pour plaire à Moriarty, dont le visage se contracta brusquement sous l'effet de la colère. Le sourire disparut.

- Je ne pense pas que tu voulais me parler comme ça, feula-t-il, les dents serrées.

Il s'avança encore, franchit la limite de l'espace personnel de Sherlock, continua de s'approcher. Tout son corps respirait la menace, mais Sherlock resta immobile. Jim retrouva un léger rictus, prédateur.

- Sherlock, tu n'es pas très prudent, ce soir… Tu devrais savoir que je suis déjà très agacé par ta conduite…

- La prudence n'est plus de mise, répliqua l'intéressé. Et tu n'es jamais content, de toute façon. Maintenant laisse-moi voir John. »

Ce fut la provocation de trop, et la rage de Jim le submergea. Il éleva une main encore poisseuse de sang, et avant que Sherlock ne puisse réagir, la gifle s'abattit sur son visage. Retenant une exclamation de surprise, le jeune homme se redressa en se tenant la mâchoire, mais il n'eut pas le temps de parler, et le revers atteignit sa tempe. Le hoquet de douleur qui s'échappa de ses lèvres se mêla à un ricanement lorsqu'il sentit la chevalière de Jim écorcher sa peau à l'endroit exact où elle avait déjà frappé, le jour de sa rencontre avec John. Les poings de Jim firent tomber une pluie de coups sur ses côtes, jusqu'à ce qu'il soit obligé de reculer. Jusqu'à ce que son dos soit collé au mur, lui coupant toute échappatoire. Alors seulement Jim cessa de le frapper, et saisit le visage de Sherlock entre ses paumes.

« Je crois que tu ne m'as pas très bien compris, murmura-t-il. Tu es à moi, Sherlock. »

Sherlock sentait sa tête tourner, et il ne put réagir lorsque Jim l'attira à lui, capturant ses lèvres dans un baiser violent, presque affamé. Il posa ses mains sur les épaules de Jim, tenta de le repousser de toutes ses forces, mais l'autre était étonnamment résistant. Une des mains de Moriarty encerclait sa nuque, les doigts plongés dans les boucles brunes, et l'autre était descendue le long de son flanc, resserrée sur sa taille.

Sherlock finit cependant par échapper au baiser, détournant son visage pour reprendre sa respiration.

« Lâche-moi, grogna-t-il, essoufflé.

- Jamais, murmura Jim, son sourire de hyène à nouveau collé aux lèvres.

Tout en restant collé à Sherlock, il passa ses mains sous son manteau et le fit glisser de ses épaules, puis le força à l'ôter complètement.

- Qu'est-ce que… commença Sherlock, mais l'autre l'interrompit en le plaquant contre le mur.

- Tu n'es pas si malin que ça, on dirait… Tu ne te doutes vraiment pas de ce que j'ai l'intention de te faire… ? » susurra Jim.

Il s'appuya de tout son long contre sa victime, et Sherlock frissonna de surprise lorsque les hanches de Jim se collèrent fermement aux siennes. Il ferma les yeux, pris de vertige. Non, pas ça, Jim, songea-t-il désespérément, mais le sadique avait profité de son instant d'inattention pour reprendre sa bouche.

Jim caressa les lèvres pleines de Sherlock du bout de la langue, quémandant leur ouverture, puis la forçant lorsque Sherlock voulut résister. Tout en le maintenant contre le mur grâce à la pression de des hanches, il se pencha légèrement en arrière, juste assez pour passer ses mains sur le torse de sa victime et pour s'attaquer aux boutons de sa chemise.

Sherlock était submergé par les émotions contradictoires qui se battaient dans son cerveau. Le dégoût et la peur débordaient, mais malgré lui, son corps réagissait aux caresses de Jim. Les doigts légers sur sa peau tout juste dénudée, les imperceptibles griffures que Jim fit courir sur ses flancs lorsqu'il tira les pans de chemise du pantalon de Sherlock, ses lèvres avides mordillant son cou… Le chimiste tenta de retrouver sa concentration, sa volonté d'échapper au traitement que Jim lui infligeait et de récupérer John avant qu'il ne soit trop tard.

John. Le nom dans son esprit agit comme une douche froide. Serrant les mâchoires, il s'évertua encore une fois à repousser Jim.

« Je ne suis pas là pour subir tes envies, gronda Sherlock, sa voix plus grave encore que d'habitude, avec une pointe de menace. Je ne t'appartiens pas, cracha-t-il.

- Ah… ? Alors dis-moi, Sherly, que fais-tu dans ce couloir sombre avec moi, pourquoi es-tu si dévêtu et pourquoi t'es-tu laissé embrasser avec tant d'enthousiasme… ? souffla Jim, enjôleur.

- Je ne t'ai pas…

- Tu es sûr ?

Avec ces mots, Jim donna un léger coup de bassin contre Sherlock, qui laissa échapper une plainte à la limite du gémissement, lorsqu'il sentit l'excitation de son tortionnaire contre sa cuisse.

- J'avais pourtant l'impression que ça te plaisait, continua Moriarty.

- John, murmura Sherlock, les paupières étroitement closes.

John, s'il te plaît, je ne sais même pas si tu es là, si tu es vivant, John, au secours…

Jim se détacha soudain de Sherlock, ses yeux noirs remplis d'orage. Sherlock ouvrit les yeux, surpris par l'absence de contact, mais les referma aussitôt. La main de Jim s'abattit à la volée sur lui. Sa bague laissa une traînée rougeâtre sur la joue, éraflant la peau pâle. Puis il saisit les épaules de Sherlock, et enfonça ses doigts dedans, comme s'il avait des serres de rapace et non des mains. Sherlock sentait le béton nu du mur contre ses omoplates, contre sa nuque. Un contact froid, rude, qui ne faisait rien pour le rassurer.

- Prononce encore une fois ce prénom, et tu ne le reverras jamais vivant, grinça Moriarty tout près de son oreille. A vrai dire, vu l'état dans lequel je l'ai laissé…

Sherlock sentit son cœur tomber comme une pierre, et son estomac se serrer. Il revit John, la veille au soir, ensanglanté après avoir été passé à tabac, et n'osa imaginer ce que le psychopathe avait pu lui faire.

- Tu mens, ne put-il pas s'empêcher de siffler. Tu ne l'as pas tué…

Sa voix s'était muée en une supplique. Jim lui lança un regard ennuyé.

- Sherly, Sherly… Ne te berce donc pas d'illusions… Regarde-moi. Crois-tu vraiment que j'allais le laisser vivre ? Je sais que dans ton merveilleux petit cerveau, tu as déjà tout compris. Tu sais pourquoi j'en veux à John – à part pour le fait qu'il t'ait touché. Sachant ça, dis-moi encore que je ne l'ai pas tué. Dis-moi qu'il est encore en vie.

Le sourire de Jim revint lorsque le désespoir décomposa le visage de Sherlock. Toute force, toute volonté de rébellion abandonna le corps du jeune chimiste. John, je t'en supplie, sois vivant. Dis-moi qu'il me ment juste pour me décourager. Je sais qu'il a vraiment l'intention de te tuer, mais pitié, dis-moi qu'il ne l'a pas encore fait…

- Pauvre Sherly… chantonna Jim doucement. Ne t'en fais pas, tu t'en serais lassé… Il était aussi limité que n'importe qui…

- Non !

- A-t-il jamais fait quoi que ce soit d'utile ou d'intéressant ? railla Jim en saisissant le visage de Sherlock entre ses paumes.

Celui-ci intercepta le mouvement, attrapant fermement les poignets de son tortionnaire, et réussit à grimacer un sourire en coin.

- Oh oui, riposta Sherlock. Il t'a laissé en tas dans une ruelle, et tu as eu des bleus aux genoux pendant une semaine grâce à lui…

Il vit la mâchoire de Jim se contracter sous la colère, et se sentit étrangement satisfait. Mais le triomphe fut de courte durée. Le psychopathe repassa à l'attaque, glissa une jambe entre celles de Sherlock, et vint coller sa bouche contre son oreille.

- Certes. Mais moi, j'ai survécu à ce qu'il m'a fait… »

Jim l'empêcha de répondre, reprenant leur baiser. Il mordit la lèvre inférieure de Sherlock, appréciant le cri de douleur étouffé et le léger goût de sang sur sa langue. Il sentait la résistance de sa victime diminuer, et décida qu'il était temps d'agir. Ses mains lâchèrent les boucles sombres, et descendirent tout le long du torse de Sherlock, jusqu'à sa ceinture. Elles défirent la boucle avec habileté, avant de déboutonner son pantalon.

« Jim… !

D'un geste brusque, Jim fit tourner Sherlock pour le plaquer face contre le mur et pressa immédiatement son corps contre le sien pour l'empêcher de se dégager, puis saisit ses hanches fermement.

- Content de voir que tu te souviens quand même de mon prénom… ricana-t-il.

Sherlock grogna pour toute réponse. La situation se dégradait de seconde en seconde, et il se maudit intérieurement. Comment diable Jim pouvait-il avoir une telle force ? Il posa ses mains à plat sur la paroi et poussa aussi fort qu'il put, mais cela n'eut pour effet que de le coller plus encore contre lui. Sherlock déglutit avec difficulté, et sursauta lorsqu'il sentit la main de Jim se glisser entre eux. Il entendit le faible cliquetis de la boucle de ceinture du psychopathe, suivi du bruit d'une fermeture éclair. Soudain, la main qui tenait encore sa hanche agrippa son pantalon et le descendit violemment, en même temps que son boxer, jusqu'à mi-cuisse, et lorsque Jim se resserra contre lui, le contact était celui de leurs peaux nues l'une contre l'autre.

- Ne fais pas ça, Jim, je t'en supplie… souffla fébrilement Sherlock, à peine audible.

Impossible de se débattre. Il se tendit. Jim passa un doigt dans son dos, de son flanc droit jusqu'à son cou, et posa un baiser là où il s'était arrêté.

- Détends-toi, mon Sherly… murmura-t-il, plein de douceur.

Sherlock ne comprit pas d'où venait le léger bruit mouillé. Jusqu'à ce que le doigt humide de Jim revienne se poser juste au-dessus de son bassin, et décrive lentement – si lentement ! – une ligne froide vers le bas.

- Tu es prêt… ? »

L'expiration du jeune chimiste fut secouée, tremblante, à la limite du sanglot. Pardonne-moi, John. Je suis arrivé en retard. Les secondes s'étirèrent, et il sentit la résignation le gagner.

La porte de la cage d'escalier s'ouvrit à la volée, et la lumière crue de lampes-torches illuminèrent le couloir. Une voix forte et autoritaire se fit entendre.

« Police ! Plus personne ne bouge ! »


Mais que va-t-il se passer ? Dans quel état est ce pauvre John ?