Une toute nouvelle fiction pour rendre hommage au SwanQueen qui a le don de faire travailler mon imagination ces derniers temps. C'est aussi un moyen pour moi de manipuler a ma guise le personnage de Regina, interpretée par la sublime Lana Parrilla.
Disclaimers : Rien ne m'appartient, ni l'histoire, ni les personnages, ni meme le corps de Lana, a mon grand regret !
Saison : La scene debute dans le 2x01 "Broken", apres qu'Emma et Snow soient passées dans l'autre monde.
Bonne lecture !
Elle respira difficilement, le souffle toujours coupé par le choc qu'elle venait de subir. Elle aurait aimé pouvoir affirmer que sa chute contre le parquet sombre avait été le plus dur à supporter, seulement lorsque son cœur se resserra elle comprit alors que les sentiments ne pouvaient désormais plus être niés. Pas même par son propre subconscient. Elle s'interrogea quelques secondes sur cette tristesse qui l'envahissait peu à peu, tentant de comprendre vainement pourquoi la disparition d'Emma lui procurait une telle sensation. Elle fronça les sourcils, écartant férocement l'hypothèse d'une quelconque sympathie envers la fille de Snow White, et revint à la réalité.
Elle remit une de ses mèches de cheveux derrière son oreille, puis tourna la tête tout en se relevant doucement. David était la, allongé par terre, fixant un point inconnu que seul lui semblait voir. Elle remarqua sous son abdomen, un morceau de toile noirâtre, déchiré, déchiqueté, troué. Le chapeau avait tout importé avec lui, même son propre tissu. Après quelques secondes, le prince se releva, serrant entre ses poings le peu du chapeau qu'il lui restait. Une de ses larmes coula contre sa joue rugueuse, avant d'atteindre le sol dans une lenteur incommensurable. Il tenta vainement de prononcer quelques mots avant que sa gorge ne se resserre, mais la seule chose qu'il réussit à accomplir fut de froncer les sourcils avant d'attraper fermement Regina, et de la plaquer contre un des bureaux du tribunal.
- Où sont-elles ?!
Malgré la ferveur et la violence de ses gestes, Regina fut incapable de répondre à David. Elle continuait éperdument d'observer ces planches de parquet qui avaient emportés les deux femmes. Elle tenta, alors que les doigts du prince se resserraient fermement autour de ses bras, de se remémorer les dernières secondes avant le drame. Mais seule la vision d'une chevelure blonde qui disparaissait dans le tunnel lui revint en mémoire. Voila tout son passé avec Emma Swan. Quelques mèches de cheveux, et le gout amer d'une vengeance qui n'était désormais plus légitime.
- Où sont-elles ?! Est-ce qu'elles sont mortes ?
- Maman ?
Henry fit son apparition dans la salle, accompagné de Ruby qui le tenait affectueusement par les épaules. Regina réussit à sourire légèrement a la vue de son fils, et reprit alors ses esprits. Elle se dégagea instantanément de l'emprise de David, qui ne semblait plus avoir la force de continuer cette bataille, et l'observa droit dans les yeux. Retrouvant habilement son air détaché, elle prononça chaque syllabe.
- Je ne sais pas où elles sont. Ni même si elles sont mortes.
- C'est à cause de vous tout ça. Tout est toujours à cause de vous, peu importe le monde dans lequel on se trouve. On aurait dû vous laisser mourir, emportée par cette créature.
A l'entente de ces mots, Henry s'approcha de sa mère, le regard déjà embué de toute la peine qui prenait contrôle de son corps, et observa son grand-père quelques secondes. Regina continua de fixer David avec la plus grande nonchalance possible, et serra son fils tout contre elle, le tenant fermement par les épaules. Malgré la froideur qu'elle affichait, elle semblait lutter intérieurement contre une envie qu'elle n'avait plus eu depuis longtemps, s'effondrer en pleurs sur le sol.
- Où est Emma ? Qu'est-ce que tu as encore fait m'man ?
Henry posa la question simplement, sans jugement, à tel point qu'a cet instant, le fait que Regina soit encore la cause d'un malheur sembla être la plus chose la plus évidente. Mais malgré les phrases qui se bousculaient dans sa tête, elle ne trouva rien à dire, rien à part clamer son innocence et sa douleur.
- Je n'y suis pour rien Henry. Tout est allé très vite. C'était un accident.
Comme pour vérifier les faits, Henry se tourna vers le prince qui se tenait toujours là, les lèvres pincées, et les yeux rouges. Ce dernier dut bien admettre les faits, non sans montrer sa peine.
- Elle a raison...Emma a voulu la protéger, et elle est tombée dans le gouffre.
- Et Mary Margaret ?
- Elle a voulu suivre Emma. Et moi je n'ai pas eu le temps. Je n'ai pas réussi. Je n'ai juste, pas réussi à les rejoindre...
Henry enfoui sa tête dans les bras de sa mère, tandis que celle-ci ferma les yeux, priant pour que la larme qui s'était frayée un passage contre sa joue, ne fut pas remarquée. Elle se détesta à l'idée de paraitre humaine face au drame, et s'obligea à reprendre un visage froid malgré les frissons qui parcouraient son corps. Elle embrassa donc son fils sur le front, et en profita pour essuyer cette maudite larme. Relevant la tête, elle aperçut David devant elle qui tournait le chapeau dans tous les sens, tentant d'en comprendre son fonctionnement.
- Il doit forcement y avoir un moyen de les ramener. C'est vous la Reine, utilisez vos pouvoirs !
- Dois-je vous rappeler que si vous êtes encore tous en vie c'est parce que justement, je n'ai pas retrouvé mes pouvoirs ?
- Mais le chapeau ? Vous l'avez fait tourner, vous avez réussi. Alors refaites-le.
- Ce n'était pas moi. C'est Emma, c'est elle qui a réussi. C'est elle qui l'a fait tourner, pas moi.
- Qu'est-ce que vous racontez ? Emma n'a pas de pouvoirs, elle ne peut pas faire ce genre de choses. La magie c'est votre domaine. Trouvez un moyen !
Après quelques minutes d'un silence pesant et accusateur, David ouvrit la barrière du tribunal, et observa une dernière fois Regina et son fils ensemble. La lueur qu'il aperçut sur la joue rosée de la Reine le laissa perplexe quelques secondes. Il semblerait que cette femme était finalement capable de sentiments. Il ne s'imaginait seulement pas a quel point.
Alors que Ruby tenait la porte grande ouverte, attendant que David la rejoigne, Regina s'avança au dernier moment, le claquement de ses talons annonçant sa détermination.
- David ? Je vais les ramener.
Le prince observa calmement Regina, jugeant une dernière fois de la volonté sincère de la Reine, et acquiesça sans un mot. Il fit un signe à Henry, et quitta la pièce.
Regina resta plantée derrière les palissades de bois, attendant qu'une idée lumineuse lui traverse l'esprit. Qu'un plan, même aussi maléfique soit-il, lui redonne l'espoir de la retrouver. Mais rien de vint, rien sauf une seconde larme qui semblait s'affirmer parmi toutes les autres qui déferlaient maintenant sur son visage.
Henry, resté en retrait, s'avança vers sa mère, et ne sachant trop comment réagir, se contenta de lui prendre la main dans un silence absolu. Regina avait gardé son regard fixe dans le vide, sans même détourner la tête. La seule présence de son fils suffisait à la calmer, et à lui assurer qu'elle n'était finalement pas aussi seule qu'elle l'y croyait.
Ce n'est qu'au bout de quelques minutes, lorsque Henry renifla de tristesse qu'elle prit conscience du temps écoulé. Elle se tourna alors vers lui, s'agenouilla et d'une voix douce, presque rassurante, lui murmura :
- Je vais les retrouver Henry. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour les ramener. Je te le promets.
- Pourquoi ? Pourquoi tu ferais ça ? Les éloigner, leur faire du mal c'est ce que tu as toujours voulu. Et maintenant qu'elles sont enfin parties, tu veux les ramener ?
Regina chercha une explication, autre que celle qu'elle avait en tête et qui incluait des sentiments qu'elle ne comprenait pas. Une autre raison qui justifierait ses pleurs et son désarroi. Elle se contenta alors de répondre :
- C'est ta mère biologique. Et je ne veux pas que tu souffres Henry. Je t'aime, aucune mère n'aimerait voir son fils dans un tel état.
- Alors tu le fais pour moi ? Pour David ?
- Exactement. Je le fais pour vous. Uniquement pour vous.
Le masque de froideur qu'affichait maintenant Regina aurait pu suffire à convaincre son fils. Mais l'enfant futé qu'il était, le petit gamin qui avait fait en sorte que la malédiction soit enfin brisée, resta perplexe, n'osant trop demander pourquoi sa mère pleurait comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Il se retint d'une question qu'il soupçonnait être dérangeante, et se contenta de prendre en compte que sa mère, la Reine, ramènerait Emma et Mary Margaret a Storybrooke.
Il acquiesça alors vivement, déliant même un léger sourire au coin des lèvres, puis se laissa embrasser par sa mère, comme il avait l'habitude de faire.
- Rentrons à la maison.
Il suivit alors Regina, non sans un regard vers le centre de la pièce, et une pensée pour ces deux femmes qui lui manquaient déjà. Il observa le ciel gris du Maine à travers les fenêtres hautes du tribunal, et laissa glisser une dernière larme sur sa joue. Il murmura un « je t'aime » dans le silence religieux qui s'était emparé de la salle, et disparut derrière les deux grandes portes en bois.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH H
Henry avait finalement trouvé le sommeil vers les trois heures du matin, après avoir désespérément cherché un moyen de ramener Emma et Mary Margaret parmi eux. Mais la fatigue mentale, mêlée à la tristesse avaient eu raison de lui. Lorsqu'enfin il comprit que tous ses efforts étaient vains, il s'autorisa à fermer les yeux quelques instants, ce qui suffit alors a son esprit pour le plonger dans un sommeil lourd et agité.
Il fut réveillé une heure plus tard, par des bruits dans sa chambre, non loin de son lit. Il sursauta, pensant d'abord à un cauchemar. Mais la forme qui s'agitait au pied du matelas le conforta dans l'idée que l'attaque était bien humaine. Il s'empara alors de son épée en bois qu'il gardait soigneusement sous son oreiller, et pointa la masse au pied du lit. Il réfléchit quelques secondes, ce qui lui paru être une éternité, et tenta de crier une phrase héroïque, semblable à celle d'un prince s'armant de courage pour sauver sa vie. Mais la peur du noir, supplantée d'un inconnu dans sa maison le priva de toute parole, si bien qu'il bafouilla quelques mots incompréhensibles, avant de remonter la couverture jusqu'à l'orée de ses yeux.
- Henry, c'est moi chéri.
Il reconnu alors la voix de Regina, qui venait de s'asseoir à coté de lui, et de le prendre dans les bras. Ses gestes maladroits lui rappelèrent malheureusement que ces moments d'affections étaient bien trop rares pour être habituels, mais le garçon, en manque de tendresse maternelle, s'en contenta.
- Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?
- J'ai besoin de ton livre Henry. Celui avec les contes. Celui sur notre ancien monde.
- Tu crois qu'il peut te rendre tes pouvoirs, qu'il est magique ?
- Non, je pense seulement qu'il peut m'aider à trouver un moyen de la ramener.
- De « les » ramener.
- Exact, de « les » ramener.
Regina acquiesça, prétextant la fatigue pour justifier son lapsus honteux, et observa son fils, éclairé par la lumière bleutée de la lune. Celui-ci resta stoïque quelques instants, se demandant si la sincérité faisait maintenant parti du caractère de sa mère. Il conclu en quelques secondes qu'il n'avait finalement pas le choix, et que lui faire confiance était désormais la seule solution qui s'offrait à lui.
Henry descendit alors du lit, tout en remettant convenablement son pyjama froissé sur les épaules. Il ouvrit le coffre a jouet au pied de la couette, en sortit quelques peluches, et attrapa l'énorme livre aux écritures dorées. Il le tendit à sa mère, avant d'ajouter :
- Il faut que tu retrouves tes pouvoirs maman. Il n'y a que toi qui puisses les ramener. Dans tous les contes du livre, c'est toujours toi qui est la plus forte. Parce qu'avec tes pouvoirs tu peux tout faire.
Regina garda le silence, ne voulant trop en dévoiler sur ce passé peu fructueux que son fils connaissait déjà partiellement. Il aurait trop difficile d'avouer a quel point elle était maléfique, et inhumaine, sans prendre le risque de perdre son fils a tout jamais. Elle l'observa un instant, et fut soulagée de voir qu'aucun des deux n'étaient finalement dupes. Il connaissait sa mère, peut-être mieux que n'importe qui en ce monde, et pourtant, malgré une certaine rancœur face a son passé, Henry devait bien avouer que la Méchante Reine tentait de s'amender de jour en jour. Il lâcha alors le livre sur le lit, qui rebondi dans un bruit sourd, puis s'assit en face de sa mère.
- Tu sais, c'est normal de se sentir coupable...
La culpabilité. Voila l'excuse parfaite qui lui permettrait d'accomplir sa tache sans avoir à se dévoiler. Elle sauta sur l'occasion.
- Emma a voulu me protéger, alors que c'est moi qui aurais du tomber dans ce gouffre, emportée dans le néant. Elle n'a pas réfléchit, c'était un reflexe.
Henry sourit, fier de sa mère et de son caractère impulsif. Puis se ravisa lorsqu'il réalisa une fois de plus les conséquences. Regina caressa la joue de son fils, et attrapa le livre, qu'elle déposa sur la table de nuit. Elle incita Henry à se recoucher, malgré les réticences de ce dernier. Elle déposa un baiser sur son front, observa le réveil de l'enfant et lança fermement :
- Il est temps de dormir maintenant. La vie continue, et demain, tu as école.
Elle remonta la couverture un peu plus sur l'enfant, et sortit de la chambre, le livre a la main.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Elle était descendue dans la salle à manger, une chemise de nuit rosée sur les épaules, et un châle beige en guise de couverture sur l'un des bras. Le livre dans l'autre main, elle le déposa sur la table, ainsi que le plaid, et passa instinctivement ses doigts sur l'ouvrage. Elle caressa les lettres brodées d'or, tata le cuir épais de la couverture, et ouvrit la première page qu'elle inspecta rapidement. Il s'agissait d'une reproduction assez fidele de sa personne, habillée de son plus beau costume noir et de sa coiffe aux broderies de satin. Elle sembla apprécier cette réputation terrifiante qui la suivait partout, même au delà des frontières. En arrière plan du dessin elle aperçut Blanche Neige et son prince. La scène était donc tirée de leur mariage. Elle se souvenait de cet instant comme si elle l'avait vécu hier. Son entrée fracassante, le monde l'observant, et cette sensation orgasmique d'une puissance incommensurable. Elle sourit presque imperceptiblement, tentant de se convaincre que malgré le mal qu'elle avait fait, elle était devenue meilleure à Storybrooke. Henry en était peut être la cause. Un bienfait remplacerait-il une vie de mensonge, de meurtre et de manipulation ? Elle aimait y croire.
Elle repoussa le livre au loin, et se dirigea jusqu'à la cuisine. L'eau de la bouilloire se mit en route suivit de près par le son d'une tasse posée sur le plan de travail en grès. Elle apprécia quelques instants les frémissements de l'eau, et croisa les bras, appuyée près de l'évier. Ses seins se gonflèrent sous la pression, et elle se mordit la lèvre inferieure, colorant un peu plus sa bouche rouge sang. Elle réfléchit presque naïvement à la possibilité qu'elle trouverait une solution en lisant dans ses feuilles de thés, puis revint à la réalité lorsque l'eau de la bouilloire redevint calme. Elle prendrait son thé amer, et sans sucre.
En revenant dans le salon, elle déposa le châle épais sur ses épaules, s'enroula un peu plus à l'intérieur, et frissonna sous la fatigue devenue maintenant très persistante. Alors qu'elle continuait, de façon peu convaincante, son exploration chimérique du livre, elle observa quelques instant sa tasse déposée sur la table en acajou. Elle pencha la tête sur la droite, plissa les yeux, et tenta de reprendre ce charisme qui lui collait tant a la peau, malgré l'heure tardive de l'expérience. Elle brandit le plus lentement du monde sa main en l'air, serra les doigts, et envoya valser son poignet dans un mouvement souple mais néanmoins contrôlé. La tasse se mit à trembler brusquement, déposant quelques gouttes du thé noir sur la table, mais ne bougea plus. Après une injure qui résonna dans toute la pièce, Regina relâcha son dos sur la chaise haute.
Ses pouvoirs ne l'avaient pas quittés, ils étaient juste faibles et ainsi inefficaces pour retrouver Emma et Mary Margaret. Elle fit une moue de la bouche qui la rendit encore plus désirable, et reprit le livre entre ses mains.
Quelques heures plus tard, alors que le soleil semblait éclairer petit à petit la pièce et rendre ainsi inutile la lumière des bougies, Regina était toujours là. Elle n'avait pas seulement parcouru les histoires du livre, elle les avait lues. Une par une, détaillant les faits, les précisions, les dessins. Elle resta stupéfaite devant tant de vérité dérangeante. Assise au bout de la table, sa chemise rosée comme seul vêtement, elle bailla nonchalamment. Elle se demanda un instant si aujourd'hui encore elle aurait été capable de tant de manipulation, puis se rendit à l'évidence. C'était peut-être finalement sa vraie nature et elle devait l'utiliser à son avantage pour cette quête. Une des dernières histoires du livre l'aida à trouver une solution. Si elle voulait retrouver ses pouvoirs, elle devait demander à autre sorcier de l'aider. Et maintenant elle savait exactement à qui s'adresser.
TBC...
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On se voit au prochain chapitre ! Bye xoxo
