Le nouveau chapitre est enfin pret !
Tout d'abord merci beaucoup a tous ceux qui ont laissé des reviews sur le chapitre precedent, et a tous ceux qui ont ajouté la fiction dans leurs favoris ou qui la follow !
J'espere que ce chapitre, basé sur Regina, son passé, et son probable futur, vous plaira !
Bonne lecture !
Le silence était le plus total, seuls quelques bruits de feuillages animés par le vent se faisait entendre. Le sol, un mélange d'herbes hautes, et de sables des collines rendait l'atmosphère déserte, et sauvage. Pas un oiseau ne survolait le ciel, pourtant dégagé par cette petite brise fraiche, et seul un chêne au loin semblait avoir survécu à ce paysage de dévastation.
Les marques sur la végétation démontraient que les deux corps avaient séjournés sur le sol depuis un long moment, peut-être même trop pour espérer que les deux femmes se réveillent. Et pourtant lorsque Mary Margaret ouvrit les yeux, elle sembla recouvrir ses esprits rapidement. Elle secoua la tête, et se massa le cou dans un geste plus lent qu'elle ne l'aurait voulu. Son corps, encore endolori par le voyage, semblait ne plus vouloir répondre correctement aux instructions de son cerveau, si bien que ses gestes se faisaient imprécis, voire même enfantins. Elle se frotta la tête, et se dégagea de quelques herbes séchées qui semblaient s'être agrippées à ses cheveux ébènes. Les brindilles jaunes, séchées par le soleil retombèrent lentement jusqu'au sol, arrêtant leur course sur un blouson rouge disposé non loin de Snow. Malgré la réalité frappante de la scène, il lui fallu encore quelques secondes pour réaliser que ce corps qui jouxtait le sien, était bien celui d'Emma.
Lorsqu'enfin elle comprit la situation, elle émit un cri qui sembla pourfendre le ciel de part et d'autre. Elle retourna le corps inanimé de sa fille, non sans laisser couler une larme sur sa joue rosée, et dégagea le visage d'Emma de ses longs cheveux blonds.
Malgré les cris, et les pleurs que la princesse pouvait émettre, rien ne semblait pouvoir ramener Emma, désormais plongée dans un coma qu'elle aurait aimé féerique.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Alors que le soleil peinait a s'imposer dans ce ciel orageux, il semblait désormais faiblir à chaque nouvelle averse de pluie que subissait la ville. Les égouts étaient envahis par de minis torrents démentiels emportant tout sur leurs passages, et les roues des voitures entrainaient avec elles des litres d'eau qui s'affalaient sur les trottoirs avoisinants.
Les pneus de la voiture de Regina crissèrent sur le goudron trempé lorsqu'elle s'arrêta devant l'école de son fils. Henry descendit rapidement du véhicule, le sac a dos sur l'épaule, et claqua la portière sans même un regard vers Regina qui l'observa partir au loin. Elle resta là encore quelques secondes, observant son fils sous le préau avec quelques amis. Et alors qu'elle allait redémarrer la berline noire, elle remarqua le regard appuyé de quelques parents d'élèves. Observaient-ils Madame le Maire, ou bien La Reine ? Quelques coups d'essuie-glaces suffirent à libérer le flou aquatique qui la distançait de ces mères de famille, et ignorant effrontément le jugement d'autrui, elle démarra sur les chapeaux de roues.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Lorsqu'elle entra dans la boutique sombre, le carillon au dessus de la porte émit un léger son aigu, alertant alors le maitre des lieux de sa présence. Elle n'y fit guère attention, et secoua légèrement son manteau, qui déposa alors tout autour d'elle de fines gouttelettes d'eau. Elle passa sa main dans les cheveux, et remit en place une mèche sur le coté de son oreille. Elle essuya ensuite la pluie qui coulait toujours sur son visage, et effaça une trace de mascara sur le coté de ses yeux.
Elle pinça les lèvres, et s'aventura plus loin que l'entrée, observant le mur sur sa gauche. D'immenses planches de bois, entourant toute la boutique, mettaient en valeur des centaines de boites en fer, aux couleurs plus diverses les unes que les autres. Quelques inscriptions semblaient avoir été gravées dessus, tandis que sur d'autres, les lettres blanches du fer poli ne ressemblaient plus qu'à un amas de graffitis indescriptibles. Elle reconnu quelques noms, quelques plantes aromatiques, et détourna son regard sur l'une des boites, située en hauteur. La seule a la couleur noire.
Le parquet grinça lorsqu'elle s'appuya sur la pointe des pieds afin de la saisir. Mais elle sentit alors une présence derrière elle, et relâcha sa prise, se retournant calmement. Gardant pour elle son cœur battant, elle observa ce petit monsieur à la barbe blanche qui se tenait difficilement sur ses deux jambes, puis elle redressa le menton. Elle resta de marbre face à celui qui lui lançait maintenant un sourire affectueux, presque paternel, et décida de garder le silence.
- Je savais bien que vous viendrez ma Reine.
Elle s'approcha un peu plus de lui, et serra ses mains devant elle. La froideur qu'elle dégageait semblait avoir glacée la pièce toute entière, mais ce petit bonhomme à la longue chemise grise semblait y être insensible. Tout en rangeant son comptoir méthodiquement, il continua à la dévisager profondément. Tendrement.
- Vous avez changé depuis toutes ces années. Vous vous êtes embellie, si cela est encore possible pour vous. Je sais ce qui vous amène ici. Je continue tout de même à faire mon travail, je veille sur vous...
- Ce n'est plus votre travail désormais, et cela depuis longtemps.
- Je vous connais votre Majesté. Je sais pourquoi vous êtes la, et ça ne fonctionnera pas.
Il laissa un temps à Regina pour comprendre. Puis continua.
- Vous ne retrouverez pas votre magie comme ça. Vous avez besoin de plus de force. Et je crains malheureusement que votre désespoir ne suffise pas.
Elle recula la tête légèrement, prenant comme un affront le fait que ce vieux monsieur puisse lire en elle comme dans un livre. Puis elle appuya brusquement ses deux mains sur le comptoir, observant l'homme droit dans les yeux.
- J'ai besoin de votre aide. Il n'y a que vous qui puissiez me rendre mes pouvoirs.
- Et Gold ?
- Gold ne m'aidera pas. Bien au contraire. Je me méfie de lui.
- Mais pas de moi ? Intéressant. Vous voyez ma Reine, vous avez non seulement changé physiquement, mais psychologiquement aussi. La confiance que l'on accorde à quelqu'un est tellement bien plus importante que n'importe quelle autre chose sur cette Terre.
- Pouvez-vous m'aider, oui ou non ?
- Si vous n'acceptez pas la réalité telle qu'elle est, vous ne retrouverez jamais vos pouvoirs. N'oubliez pas que vous avez été humaine il y a bien longtemps. Et les sentiments à l'intérieur de vous ne sont pas des faiblesses, mais la force qui vous manque pour redevenir puissante.
- Il me semble avoir déjà entendu ça quelque part.
- ...je crois en vous. Je ne cesserai jamais de le répéter.
- J'avais oublié a quel point vous pouviez être niais, Merlin.
Il sembla s'amuser de son attitude rebelle, et quelque peu touchante finalement. Il lui sourit, avant de défaillir face à la mine de Regina qui n'avait toujours pas bougé.
- Aidez-moi. Je sais que vous en êtes capable. Vous m'avez aidé auparavant, vous avez concocté pour moi des centaines de potions, refaite-le encore une fois. Une seule fois.
- Je vous avais pourtant appris les rudiments de la magie liquide il me semble. Peut-être n'avais-je pas terminé mon travail. Le fait que vous me bannissiez de votre royaume n'a vraisemblablement pas aidé dans votre apprentissage.
Elle détecta de la rancœur dans sa voix, et sembla même s'en vouloir pendant un dixième de seconde. Mais elle reprit vite le contrôle de la situation, et alla attraper la boite noire qu'elle avait aperçue en entrant. Merlin la laissa faire, le sourire fier au coin des lèvres. Lorsque Regina la déposa sur le comptoir en bois, elle l'ouvrit, observant toujours les yeux rieurs de l'enchanteur.
- Maintenant, faites ce que vous avez à faire.
Merlin acquiesça légèrement, et plongea sa main dans le réceptacle. Il en sortit une longue tige de bois, qui à s'y méprendre, semblait même être plus grande que la boite en elle-même. Regina recula la tête en arrière, et tandis ses mains vers celui qui était désormais herboriste. Elle suivait la procédure qu'il lui avait apprise il y a des années, et refit les gestes comme si elle les avait exécutés la veille. Elle se souvint un instant de la dernière fois où ils l'avaient utilisé.
C'était une époque elle était tourmentée par des sentiments contraires et particulièrement violents. L'amour se mêlait étrangement à la vengeance, l'obligeant alors à choisir entre le désir de venger Daniel, et celui de protéger cette jeune fille aux cheveux ébènes qu'elle avait sincèrement aimé. Pas même Merlin n'avait réussi à lui faire prendre la bonne décision, et sa bonté d'âme, bien qu'égalant son immense pouvoir, avait été inefficace. La magie de l'enchanteur avait décuplé les pouvoirs de la Reine, et renforcé son envie de représailles. Elle avait décidé de renier ce sentiment filial qu'elle éprouvait pour Snow et s'était alors plongée dans une quête haineuse qui ne la quitterait plus. C'était peu de temps avant qu'elle ne recueille Merlin dans son château, et peu de temps après que ce dernier fut banni du royaume du Roi Arthur. Ils étaient tous deux au carrefour de leur vie, et la situation sembla rester gravée en eux, si bien que les regards qu'ils se jetaient maintenant, étaient remplis d'une étrange mélancolie.
Regina les ramena à la réalité lorsqu'elle avança un peu plus ses mains vers lui. Il les saisit calmement et repassa du bout de sa baguette magique, les traits à l'intérieur de ses paumes. Il sembla marmonner quelque chose d'incompréhensible, et ferma les yeux, tandis qu'il bougeait la tête de haut en bas. Regina clos ses paupières, et sentit une chaleur vive près de ses mains. Elle persista dans le noir, malgré l'envie d'apercevoir de nouveau de la magie, mais rouvrit bien vite les yeux lorsqu'elle ne sentit plus la baguette sur sa peau.
Merlin était toujours là, la fixant froidement, et relâcha soudainement les mains de la maire.
- Qu'y a-t-il ? Est-ce que ça a fonctionné ?
- Si vous êtes venue pour me faire perdre mon temps et jouer sur notre lointaine amitié ma Reine, vous pouvez rentrer chez vous.
Regina fronça les sourcils, perdue face à la situation. Merlin s'arrêta un instant, observant les traits soucieux de la Reine, et continua.
- Vous ne comprenez donc pas ? Vous n'avez pas perdu vos pouvoirs. Je ne peux donc pas vous les redonner.
- Je ne comprends pas. Je suis incapable de faire bouger une maudite tasse, bien sur que j'ai perdu mes pouvoirs !
- Non ils sont toujours là. Mais vous tentez de les utiliser comme avant. Or, vous avez changé. Vous n'êtes plus la Méchante Reine du royaume. Vous êtes simplement une femme ici. Et vous ne pouvez pas espérer que la magie fonctionne de la même manière.
- Que dois-je faire alors ?
- Acceptez qui vous êtes.
Il prononça la dernière phrase avec tellement de sympathie et d'amour profond qu'elle se demanda un instant si ce vieux bonhomme aux allures de Père Noël était en train de lui parler de ses sentiments envers Emma. Elle préféra ne pas répondre, et tourna les talons en direction de la sortie. Avant qu'elle n'ouvre la porte, il lui dit une dernière chose :
- Qu'y a-t-il de plus fort que la magie Ma Reine ?
Elle pensa presque malgré elle, « True Love ». Puis claqua la porte.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Une fois rentrée chez elle, elle se débarrassa de son manteau, et de ses chaussures qu'elle laissa dans l'entrée. Elle grimpa directement au premier étage, et s'allongea sur son lit, las des révélations de l'enchanteur. Elle remit convenablement en place sa robe noire, et comme dans un film des années 40, plaça son avant bras sur son front, et commença à réfléchir. Réfléchir à la situation, à ses sentiments. A cette incompréhension générale qui semblait lui donner une force comme elle n'en avait jamais eu auparavant. Elle eu en tête l'image d'Emma, et essuya une larme au coin de son œil. Elle se détestait d'être faible face à cette femme qu'elle était censée maudire, mais ne pouvait s'empêcher de voir sa chevelure blonde et d'imaginer ses fines lèvres rosées. Instinctivement elle massa son lobe d'oreille, et dit à haute voix, avec toute la nonchalance dont elle était capable :
- J'apprécie Emma Swan.
Pas même elle semblait y croire et pourtant elle tenta dans la seconde d'après d'utiliser ses pouvoirs sur la bougie placée sur la table de nuit. Rien ne bougea. Ni la bougie, ni cette larme qui restait suspendue, comme accrochée à ses cils.
Elle souffla bruyamment, et se redressa, s'essuyant la joue une fois de plus. Elle s'approcha du miroir sur pied de sa chambre, et à cet instant précis, elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour apercevoir le visage du génie, et pouvoir enfin parler à quelqu'un. Mais elle ne vit que son reflet, et ses yeux rougis. Elle n'aperçu que ses légères rides aux coins des yeux, et sa bouche rougie à force de se mordiller les lèvres de désespoir. Elle ne vit rien d'autre que son seul visage, et cette impression de vide qui lui compressait le cœur.
Elle pensa « Je ne veux pas être seule », puis « Elle me manque ». Elle ne cessa de se le répéter intérieurement jusqu'à ce qu'elle explose et qu'elle se mette à crier a quel point elle l'aimait. Jurant à Dieu qu'elle disait vrai.
- Elle me manque ! Elle me manque terriblement... Je ne veux pas la perdre. Je ne peux pas la perdre.
Regina espéra qu'un miracle se produise à cet instant. Elle avouait à haute voix ses sentiments, et semblait décider a affronter la situation. Mais rien ne se passa. Elle ferma alors les yeux, détestant être aussi niaise à son âge, et jeta le miroir à terre violemment. Celui-ci éclata en mille morceaux sur la moquette beige, créant alors un parterre d'étoiles magnifique. Elle sourit à cette vision, attendit quelques secondes, et se baissa pour ramasser les plus gros morceaux. Seulement lorsqu'elle approcha sa main, le miroir se mit à luire de mille feux, comme entouré d'une force bleutée. Et dans la minute qui suivait, elle le vit se recomposer.
TBC...
Alors vos impressions ? Si vous avez lu, s'il vous plait laissez quelque chose !
Prochain chapitre a venir dans pas longtemps !
Merci encore ! Faites tourner la fic !
xoxo
