Vous avez le droit de me détester, vous avez même le droit d'avoir oublié cette fiction. Mais vous n'avez pas le droit de ne pas lire la suite que je vous ai concocté avec tant d'amour.
Merci à ceux qui ne sont jamais parti et qui ont continué leurs reviews. Bonne lecture.
Le froid avait soulevé ses cheveux ébènes et retourné son cœur dans ce petit corps devenu étrangement frêle. Elle s'écarta un instant observant le tourbillon autour du lit d'Emma qui n'avait toujours pas bougé. Elle ferma les yeux, le vent s'engouffrant dans ses longs cils noir et provoquant une infime larme sur le coin de son œil. Elle redressa son dos dans un élan douloureux, et senti une chose encore inconnue jusque-là, le désespoir. Pour une fois dans sa vie le but semblait réellement inaccessible. Peu importait la magie, les malédictions et la persévérance, seul l'amour, incontrôlable et effronté saurait la délivrer de ce sentiment.
La larme, maintenant aussi légère que son âme coula lentement sur sa peau douce et vint s'échouer sur le sol froid de l'hôpital. Le son, presque imperceptible sembla pourtant avoir percé ses tympans et le vacarme silencieux réveilla alors la belle blonde. Avec la plus grande peine du monde Emma ouvrit lentement les yeux. Le flou autour d'elle lui permit de discerner péniblement une silhouette qui semblait s'éloigner doucement d'elle. Elle sourit, sans trop savoir pourquoi et remarqua comme un halo de lumière claire autour de cet être qui demeurait silencieux. La chaleur de sa présence la rassura et elle trouva la force de tendre la main. Elle resta ainsi quelques secondes qui lui parurent une éternité jusqu'à qu'elle sente des doigts s'entrelacer dans les siens. Son sourire disparu lorsque sa vision s'éclaircit et qu'elle découvrit le visage radieux de son père qui affichait l'air le plus serein qu'elle ait jamais vu.
Regina plaqua son corps contre le bardage en plastique du couloir et dans la plus grande discrétion, apposa sa main contre sa bouche, criant silencieusement de douleur. D'amour. D'incompréhension. Elle aurait tout donné pour rester à ses cotés à cet instant, elle aurait voulu du courage, de l'audace. Elle n'eut que de la peur et de l'appréhension.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Deux jours avaient passés, puis trois, puis cinq. Et pourtant elle était restée immobile, comme perdue dans un espace-temps qui avançait sans elle. Son fils lui donnait la force de sourire, malgré les questions qui continuaient de la tourmenter et cette frénétique envie qu'elle avait de la voir. Ses quelques jours avec lui annonçaient un renouveau. Elle se complaisait dans ce rôle de mère qui lui avait tant manqué. L'éducation, l'autorité, les rires, la complicité. Il avait fallu faire face aux interrogations de son fils, expliquant la tristesse qu'elle ne pouvait désormais plus cacher, et trouver une date imaginaire dans l'esprit enfantin de son petit garçon afin de lui laisser l'espoir qu'un beau jour il retournerait vivre chez Emma.
Elle rassembla le peu d'esprit qu'il lui restait, et trouva la force d'ouvrir la carafe d'alcool qui semblait crier son nom. Regina fixa ce verre de whisky qui lui faisait de l'œil depuis une dizaine de minutes déjà. Les paroles réprobatrices de Whale sur sa santé tournaient en boucle dans son esprit, et l'interdit, même aussi insignifiant qu'il était semblait lui procurer un plaisir tout particulier.
Ses ongles glissèrent sur le verre ciselé transparent, ondulant le liquide jusqu'à ce qu'il atteigne ses lèvres charnues. Les gouttes s'étendirent sur le côté, comme dansantes sur le rouge sang de sa bouche et s'insinuèrent avec la plus grande délicatesse au fond de sa gorge. Elle grimaça non sans peine lorsque l'alcool brula sa gorge et ferma les yeux un instant, s'imaginant la douleur qui suivrait lorsqu'elle avalerait les trois prochains verres. Le cristal de Baccara clinqua sur la table basse du salon, et la cheminée crépita une dernière fois avant que la braise ne vienne mourir dans un silence religieux.
Elle passa une main dans ses cheveux, soulevant sa chevelure ébène et accrochant quelques mèches avec le bandage de son poignet. Elle l'observa, et retira d'un geste brusque le tissu effilé cachant les marques de perfusions. Elle caressa la peau de son poignet, devenue molle face au suintement des bandes de coton, puis fut tirée de ses pensées lorsque des pas approchèrent. Elle se redressa, retenant son corps lorsqu'il tangua, emporté par les vapeurs d'alcool qui coulait dans son sang, et aperçut Snow devant elle, le regard apaisé, et le sourire discret aux lèvres.
- Bonsoir. J'ai sonné, mais vous deviez être perdue dans vos pensées. Ou dans votre verre de Bourbon.
Regina ne dit rien, et s'assit doucement sur le canapé de velours. Elle fixa la princesse, désormais appuyée contre l'arche du salon.
- Je voulais vous remercier Regina. David m'a dit tout ce que vous aviez fait pour nous ramener, et je dois avouer que même si la raison de ces actes m'échappe, je vous en suis reconnaissante.
Snow sourit sereinement, comme si un pas avait été franchi entre les deux ennemies du passé, et elle observa une dernière fois Regina. Son regard était aussi vide que son verre, et pour la première fois de sa vie, Snow ne vit aucune force dans les yeux de la Reine. La princesse tourna la tête comme si elle essayait de lire en son ennemie, mais rien ne vint. Pas le moindre indice sur son état. Elle n'osa pas parler, et quant à elle Regina ne semblait pas vouloir briser le silence. Etait-elle réellement là ? Après quelques secondes d'un silence épouvantable, Snow fit demi-tour sans prononcer un mot de plus. La Reine l'observa quitter sa maison, et ne trouva pas la force de dire quoi que ce soit. Elle se contenta du silence, et lorsque la porte claqua, elle ferma douloureusement les yeux.
Elle souffla bruyamment, comme si chaque respiration devenait une souffrance. Elle parvint tout de même à dégager un sourire sur ce visage d'habitude si fermé. L'image d'Emma lui revint en mémoire, plus particulièrement cet instant où elle croisa la blonde pour la première fois. Elle se souvint de ses yeux incrédules, de ses longs cheveux blonds, décoiffés par le vent, et de ce manteau rouge qui contrastait avec la noirceur de la nuit. Là, plantée dans son allée, devant sa grande maison blanche, elle avait tout chamboulé.
Elle serra son verre de toutes ses forces pour ne pas perdre pied, et attrapa la carafe brusquement.
- J'ai besoin d'un verre, souffla-t-elle.
- Moi aussi je crois.
Elle lâcha le verre si subitement, qu'il vint s'échouer au sol, laissant tout autour de lui une poussière de cristal qui illumina le parquet ébène. Elle n'osa pas relever la tête, connaissant cette voix par cœur. Elle rassembla le peu de force qui subsistait en son corps, et fit mine d'être maitre de son esprit. D'un mouvement tout à fait contrôlé et non-naturel, elle se releva et observa la silhouette devant elle. Refreinant comme elle le pouvait un sourire qui ne demandait qu'à éclater, elle lâcha lentement :
- Miss Swan...
- Régina.
Elle était là. Debout. Vivante.
Dix secondes passèrent. Une éternité de souvenirs refit surface. La blonde ne lâchait pas le regard de la Reine, observant ses moindres faits et gestes, voulant trouver la faille. Une complicité s'installa, palpable, concrète, et terriblement enivrante. Regina sourit enfin. Emma aussi.
- Je ne savais pas que vous étiez sortie de l'hôpital, je ne savais même pas que vous étiez réveillée.
- Une étrange histoire. Vous voulez l'entendre ?
Régina recula la tête, et détesta ce geste reflexe qu'elle aurait préféré cacher. Sur ses gardes et n'étant pas sûr des souvenirs de la Sauveuse, elle préféra ne pas répondre à sa question, et lui tourna le dos. Elle pouvait presque sentir le regard d'Emma sur sa nuque, et sa respiration semblait être la seule musique qu'elle voulait entendre pour le moment. Elle prit délicatement un nouveau verre sur son plateau noir gothique et le tendit à la blonde. Toujours silencieuse, elle attrapa la carafe, débouchonna le goulot dans un bruit de carillon et versa lentement le liquide dans le cristal. Ce rapprochement fit battre son cœur, mais le rouge ne lui monta pas aux joues. Une fois une certaine assurance récupérée, elle plongea ses yeux dans ceux d'Emma qui maintint autant qu'elle le pouvait son regard malicieux, et lutta pour ne pas être déstabilisée par le charisme de Régina. Elle observa son verre, qu'elle trouva fortement rempli, et relevant la tête, l'esprit surmené par des centaines de pensées, dit :
- Je ne sais pas comment vous remercier.
- Ce n'est qu'un verre de Bourbon.
- Je ne parle pas de ça.
Une seconde passa, puis :
- Je sais.
Avaient-elles besoin de plus de mots ? De plus d'explications ? Leurs regards ne se lâchaient plus. Mélangée entre désir et appréhension, Regina préféra reculer, et observer une distance de sécurité. Sa respiration s'accéléra et elle serra son poing aussi fort qu'elle le put. Ses ongles tranchèrent légèrement sa paume, et la douleur, même infime, sembla l'aider à reprendre pied un instant. Toujours debout dans ce salon à la lumière désormais tamisée par le feu de cheminée qui s'éteignait petit à petit, Emma porta son verre aux lèvres et bu d'une traite le liquide marron. Elle grimaça et serra les dents. Regina mémorisa son expression faciale. Elle sourit, bien qu'étonnée de ce comportement qui démontrait ouvertement une faiblesse.
- J'en avais besoin pour ce que je vais faire maintenant.
Régina fronça les sourcils, imaginant déjà une réaction forte en émotion. Elle garda le silence.
- Régina. Je vais vous serrer dans mes bras, et vous dire merci.
La Reine ouvrit légèrement la bouche, de stupeur, d'étonnement, d'incompréhension. Emma s'approcha doucement. La brune remarqua une faiblesse sur la cheville droite de la Sauveuse, et ce boitement soudain dégagea une impuissance séduisante qui attendrit Régina.
Puis son parfum. Ses mains autour d'elle. Ses cheveux collés dans sa nuque. Elle lui glissa un merci à l'oreille. Régina frissonna, Emma aussi. L'étreinte dura cinq longues secondes, désormais gravées dans l'esprit de la brune. Elle aurait aimé dire quelque chose, n'importe quoi, quelques mots, aussi désuets soient-ils. Mais aucun son ne sortit de sa bouche, et ses lèvres s'étaient desséchées devant l'attente d'un baiser qui ne viendrait pas. Elle ravala sa fierté, maintenant étouffée par un désir incontrôlable, et éloigna gentiment Emma d'elle. Elle se racla gorge, et rejoignit ses mains devant elle comme pour mettre un terme à cette situation. Elle continuait d'acquiescer méthodiquement, sans réellement savoir pourquoi, puis avala à son tour d'une traite le Bourbon qui avait patienté sur la table basse. Emma rit en voyant la Reine déstabilisée devant ce contact si inattendu, et recula d'un pas.
- Je vais vous laisser.
- Bonne idée…je vous raccompagne.
A mesure qu'elle marchait vers la porte d'entrée elle observa les jambes fuselées d'Emma qui descendit les marches avec prudence, tenant sa cuisse qui semblait douloureuse. Alors qu'elle allait passer le pas de la porte, Regina prononça quelques mots prudemment :
- Emma ? Ne faites plus jamais ça.
- Sauter dans un portail spatio-temporel, ou vous serrer dans mes bras ?
La Reine ne répondit pas, et considéra le non-dit comme une réponse appropriée. Elle sourit enfin, libérant tout ce stress qui avait fini par la dévorer de l'intérieur, et ses lèvres pourpres prononcèrent un « bonsoir » à peine perceptible.
La porte claqua derrière la belle blonde, et Régina descendit mettre un tour de clef dans la serrure. Elle appuya son dos quelques instant sur la porte d'entrée, observant cette grande maison vide qui ne rimait à rien, puis retourna au salon.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Pour être honnête, elle n'y avait même pas songé. Le fait d'avoir retrouvé sa vie, son fils, et les Charmings semblait lui avoir suffit pendant quelques jours. Ce n'est qu'au cinquième matin après le réveil d'Emma qu'elle y pensa. Là, seule dans son lit, alors qu'elle observait un plafond blanc qui méritait une nouvelle couche de peinture, elle pensa enfin de nouveau à la magie. Avait-elle réellement perdu ses pouvoirs comme le lui avait annoncé Rumpelstiltskin ? Elle fronça les sourcils un instant, sortit ses mains de sous les couvertures, et observa ses longs doigts fins et rosés. Elle tenta pendant quelques secondes de faire apparaitre une lueur bleutée dans ses paumes, sans succès. Elle se redressa, plaqua son dos contre la tête de lit, et remit en place sa chemisette de satin, désormais baissée jusqu'au milieu de sa poitrine généreuse. Une fois décente, elle réitéra l'essai. Une fois, puis deux. L'issue semblait définitive. Elle tourna la tête vers son miroir qu'elle avait cassé quelques jours plus tôt, et envia cet instant de magie qui avait succinct, et pourtant tellement enivrant.
Elle avait réellement tout donné ce jour où elle avait joué au héros de Storybrooke, ce portail lui avait tout prit, et avait failli emporter avec lui sa propre vie. La perte de la magie fût une maigre conséquence quant au résultat accompli. Pourtant elle ne lâcha rien, et se leva de son lit. Elle descendit rapidement les marches de l'escalier qui menaient au salon, réajusta le peignoir de laine sur ses épaules, et fixa la cheminée éteinte devant elle.
Assise sur le canapé, les mains tendues vers l'avant, et le regard haineux qui avait envahi son visage, elle concentra tous les sentiments qu'elle avait enfoui en elle afin de trouver la force nécessaire pour accomplir son but. Elle respira de plus en plus fort, de plus en plus vite, et jeta ses mains devant elle, en un geste brusque mais précis. Une boule de feu apparue alors, et enflamma la bûche noire de suie présente dans la cheminée. La combustion fût instantanée, et aussi violente qu'inattendue.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Elle prétendit s'intéresser aux super-héros de ses BDs, et aux fabuleux monstres qu'ils devaient combattre afin de sauver la planète. Attablée en face d'Henry, et dégustant ce qui semblait être un reste de crumble aux pommes, Régina écoutait attentivement les propos de son fils qui ne s'arrêtait plus de s'extasier sur le costume de son Marvel préféré.
Elle souffla bruyamment, si bien qu'Henry marqua une pause dans son discours, se demandant à quoi sa mère pouvait penser. Le regard perdu dans son verre d'eau, elle mettait en place ses idées avant d'annoncer la nouvelle à son fils. Et alors qu'elle cherchait le meilleur moyen d'entamer la conversation, Henry lui vint en aide.
- Les héros servent à nous protéger, et ils y arrivent toujours.
- Pourquoi ça ?
- Parce qu'ils ont des pouvoirs.
- Ils ont aussi des slips sur leurs pantalons et des capes en latex sur le dos. Tu ne voudrais tout de même pas qu'Emma s'habille comme ça ?
- Je ne parle pas d'Emma, je parle de toi.
- Je ne suis pas un héros Henry.
- Et tu n'as pas de pouvoirs non plus.
Le son de sa voix avait changé, et Régina sembla distinguer comme un reproche, ou du moins une interrogation remplie d'appréhension. Après un silence pesant, le garçon continua :
- Comment tu vas faire maintenant que tu n'as plus de pouvoirs ? Si on est de nouveau attaqué par un sorcier, ou une malédiction. Comment on va faire sans tes pouvoirs maman ?
- A ce propos...
Elle allait enfin se lancer lorsque David entra soudainement dans la maison. Le froid s'engouffra immédiatement, réveillant alors la peau douce de Regina. Elle frissonna tout en se levant, et jeta sa serviette sur la table.
- Que se passe-t-il ?
- Est-ce que c'est vrai ?
- Quoi ?
- Toi et Emma ?
Le temps s'était figé, et l'espace d'un instant, le cœur de Regina aussi. Elle observa son fils qui avait toujours la bouche ouverte, et lui indiqua de monter dans sa chambre. Il tenta de contester mais les yeux ronds de sa mère le remirent à sa place. Alors qu'il grimpait les marches de l'escalier quatre à quatre, David attendit d'entendre le claquement de la chambre d'Henry pour continuer. Il s'avança vers la Reine, et répéta la question.
- Est-ce que c'est vrai ?
- Je ne sais pas ce qu'on vous a raconté David, mais vous vous trompez certainement.
- L'herboriste en face du clocher, c'est bien Merlin ? Snow m'avait parlé de lui. Vous l'avez banni parce qu'il voyait en vous le bon quand vous vouliez absolument être le mal. Et aujourd'hui il recommence. Il dit que vous êtes attirée par Emma et que si elle s'est réveillée, c'est parce que vous avez accepté cette partie de vous. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous aimez ma fille ?
Lorsqu'elle entendit cette phrase tout droit sortie de la bouche d'un jeune homme qui avait le même âge qu'elle, elle reconsidéra la situation. Elle n'avait finalement jamais vu Emma comme la fille de quelqu'un, mais seulement comme cette femme indépendante au caractère bien trempé. Elle ne sut donc pas quoi répondre. Il était simplement hors de question d'avouer des sentiments toujours incertains, et elle n'allait certainement pas admettre qu'elle avait retrouvé ses pouvoirs grâce au Véritable Amour qu'elle éprouvait pour la fille de ce type qui continuait de la fixer fermement. Elle répondit donc du tac-o-tac :
- Cet homme est un vieux fou qui était amoureux de moi. La jalousie le fait parler. Pas la bonté d'âme. Croyez-moi.
L'excuse d'un homme éprit d'elle colla finalement assez bien à la situation. Après tout la moitié des hommes de cette ville n'étaient pas indifférent à ses charmes, et ce mensonge sembla donc plausible. David se trouva penaud, regardant Madame Le Maire avec toute la niaiserie dont il était capable.
- Je suis désolé. J'ai cru. Enfin, à part cette histoire de sentiments envers ma fille, je dois avouer que je ne comprends comment vous avez retrouvé vos pouvoirs.
- Comment est-ce que vous êtes au courant de ça ?
- J'ai vu de la fumée bleue sortir de votre cheminée ce matin. Et je suis à peu près sûr qu'il ne s'agit pas de cubes allume-feu, n'est-ce pas ?
Régina ne dit rien, et tenta de reprendre le peu de prestance qu'il lui restait. Elle ramassa sa serviette de table calmement, la glissa dans le col de sa chemise blanche, puis se rassit en face de son assiette, avant d'engloutir le dernier morceau de son dessert. David resta planté là, observant le manège de la Reine, qu'il soupçonnait déjà de manipulation. Il reposa sa main sur sa hanche, et lâcha le pommeau de son épée, qu'il tenait depuis son entrée dans le manoir. Il tira une chaise vers lui, s'assit, et attendit l'explication du Maire.
- J'ai utilisé la médaille qu'il me restait de Daniel.
- Vous avez sacrifié le seul objet qui vous restait de votre fiancé ?
- J'ai sacrifié l'objet pour la magie. Ça en valait la peine je crois.
Elle continua de fixer son verre d'eau, priant pour que le Chapelier n'ait pas révélé à David l'utilisation de cette médaille quelques jours plus tôt. Le silence suivit, ce qui conforta la Reine dans son mensonge.
- Satisfait ?
David se contenta d'hocher la tête, puis se leva. Avant de claquer la porte d'entrée derrière lui, il se retourna et observa Régina en bout de table, qui semblait présider un royaume invisible.
- J'oubliais, Emma a laissé ça pour vous.
Il claqua la porte et laissa sur le meuble de l'entrée une lettre que Régina s'empressa d'aller ouvrir. A l'intérieur, pas de mots, seulement un disque. Elle retourna le CD et observa l'inscription au marqueur noir : « HOPITAL_COULOIR 12 ».
Merci pour la lecture, n'oubliez de me laisser vos impressions.
TBC...
