Tu as des chaussures dépareillées
Luke said ...
- Bon Lou, annonçai-je en entrant dans la chambre de cette dernière, je vais faire visiter la colonie à Percy. Cela doit prendre, grosso modo, une petite heure; mais étant donné qu'elle a des talons, je dirais deux.
Je dis tout cela sans voir Lou. Celle-ci fit irruption dans mon dos, ferma la porte et la verrouilla. Elle avait le regard d'un loup et sur le fait, je n'étais pas vraiment rassuré. Lou croisa les bras.
- Où, quand et comment ?
- Eh bien : où, à la colonie; quand, maintenant et comment, à pied je pense.
Lou poussa un grand soupire, roula les yeux et laissa ses bras retomber, qui émetirent un claquement lorsqu'ils heurtèrent ses cuisses.
- Je ne parle pas de cette stupide visite des lieux, imbécile. Ce que je veux savoir, c'est quand est-ce que l'on tuera cette andouille de hippie !
J'écarquillai les yeux.
- On ne la tue pas !
- Ce sont les ordres, répliqua froidement Lou. Nous avons le devoirde les appliquer à la lettre. De plus, sache que l'unique ordre qu'on a eu, c'est de se débarasser de cette fille qui, apparement, ne s'est jamais remise de Woodstock !
-Elle a 12 ans, répondis-je un peu penaud devant une Lou qui écumait de rage.
-C'était une image, soupira-t-elle.
Je pinçai les lèvres, signe que je réfléchissais.
- Quoi qu'il en soit, on ne la tuera pas. D'ailleurs, j'ai eu une bien meilleure idée: je vais m'arranger pour la convaincrede se joindre à nous !
J'écartai les bras et souriai, fier de moi. Lou a glissé ses mains dans les poches avant de son jean et s'approcha si près de moi que je fus obligé de la regarder dans les yeux, quoi qu'il arrive.
- Tu es amoureux d'elle, j'ai vu juste? demanda-t-elle, calmement.
- Mais qu'est-ce que tu racontes? demandai-je à mon tour, paniqué.
- Au début, répondit Lou en me fixant, quand on croyait que Percy, ou "Persé", était un garçon, tu étais près à le tuer au lance-flamme, à le démembrer, voir à la décapiter. Dès que tu as su qu'en réalité, c'est une fille, tu as commencé à émettre des réserves et maintenant que tu sais à quoi elle ressemble, tu refuses de la tuer. (Elle reprit son souffle) "Faites l'amour pas la guerre" a beau être un slogan de la période qui va avec l'accoutrement ridicule de Percy, mais il n'est pas du tout approprié à la situation !
Elle prononça ses derniers mots en me hurlant à la figure. L'instant suivant, elle se mit à battre coquettement des paupières et reprit sur un ton mielleux.
- Luke, on était tellement bien tous les deux...
Elle promenait ses doigts de ma clavicule à mon épaule.
-... ne laisse pas cette petite idiote tout gâcher.
Je retirai sa main et samoue séductrice se transforma en colère.
- Toi et moi, c'est fini, Lou.
-Je te dis qu'il faut la tuer !reprit-elle, agaçée.
Hors de mes gonds, je saisis violement son bras et serrai.
- Et moi, je te dis que l'on ne la tuera pas ! hurlai-je.
Lou me lança un regard affolé.
- Lâche-moi, Luke. Tu me fais mal!
- Arrête de geindre !
Lou se tût et je la rapprochai de moi.
- Si tu touches à un de ces cheveux, menaçai-je, je te défigure !
- Ce n'est pas toi le chef, Luke, rétorqua Lou. Ce n'est pas toi qui donne les ordres.
En réponse, je me mis à serrer son bras de toutes mes forces, si bien qu'un capilaire éclata son mon pouce.
- Si ce n'est pas moi qui donne les ordres alors toi, tu as encore moins de pouvoirs !
Je lâchai Lou violement. Elle tomba sur son lit et ragarda son bras en grimaçant.
- Si tu sors, met un gilet, dis-je en lorgnant son bleu.
Lou me jeta un regard haineux.
- Je vais faire visiter la colonie à Percy, déclarai-je en partant.
Percy said...
Luke et moi sommes sortis du bungalow et presque tout de suite, je fus aveuglée par le soleil qui semblait briller plus fort qu'ailleurs. Un bon nombre de demi-dieux me dévisagèrent et ce pour plusieurs raisons : la première, c'est qu'avec ma tenue flashy dont ma jupe et mes escarpins (dépareillées, qui plus est), je ne passais pas inaperçue ;la seconde, parce que je ne portais ni armes ni armure ;la troisième enfin parce que, et cela sans demander mon avis, Luke avait passer son bras autour de mes épaules et ne semblait pas plus gêné que cela.
- Je sais que c'est dur de perdre un parent. Ma mère aussi est morte.
Je regardai tristement Luke. Qu'est-ce qu'il était beau !
- Que c'est-il passé ?demandai-je en me rapprochant de lui.
- C'était la première fois que ma mère voyait un monstre m'attaquer. Elle a eu tellement peur qu'elle a fait une crise cardiaque. C'est ce qui m'a décidé à venir ici, à la colonie.
Je baissai la tête.
- C'est triste, murmurai-je.
- Les morts sont toujours tristes, répondit-il.
Sur ces mots, il m'attrappa violement à la taille et parvint ainsi à m'éviter de tomber dans l'immense fosse devant nous. Bien qu'elle ne soit que peu profonde, une chute n'aurait pas été bienvenue car au fond se trouvait tout un attirail de forgeron, avec outils et flammes qui vont avec.
Je me retenai à Luke.
- C'est semé d'embuches ici !m'exclamai-je.
- Surtout pour une fille en talons aiguilles ! ria Luke.
Je pouffai, puis fronçai les sourcils.
- Mais, qu'est ce que c'est ?On dirait une sorte... de forge.
- C'est normal : c'est une forge !
Un ado musclé venait de me répondre. Il avait la peau noire, le yeux noisettes et les cheveux courts, rasés en motifs tribales sur les côtés. Bien que la musculature de Luke soit déjà magnifique, celle de l'afroaméricain était amplement plus développéé. Luke sourit et tapa dans la main de l'inconnu.
- Percy, je te présente Charles Beckendorf ! s'exclama-t-il en me serrant un peu plus. C'est le conseiller du bungalow 9.
- Enchanté, Percy. Bienvenue ici ! lança Beckendorf.
- Merci. (Je lançai un coup d'oeil à la forge) Cet endroit est à toi ?
- Mon père est Héphaïstos, dieu du feu et des forgerons, répondit Charles. Oui, la forge est à moi et à mes frères et soeurs. En passant, tu sais que tu as des chaussures dépareillées ?
Luke et moi avons baissé les yeux vers mes pieds.
- Oui, je sais, répondis-je. C'est une longue histoire.
Charles sourit et leva les yeux au ciel. Nous l'avons imité et j'assistai ébahi, à l'atterissage d'un cheval ailé. Une jolie fille blonde en sauta. Je me pris plusieurs mèches de cheveux dans la figure.
- Un cheval à ailes, murmurai-je en me collant à Luke.
Le cheval hennit et étrangement, une voix masculine retentit dans ma tête : " Appelle les choses par leur noms, nom de Zeus !".
- C'est un pégase, répondit Luke.
La blonde embrassa Charles sur la joue et parla d'une voix douce.
- Bonjour Charlie ! Coucou Luke ! Hello Percy !
Elle s'approcha et me fit la bise, puis, posa ses mains sur mes épaules.
- Je m'appelle Siléna Beauregard, conseiller du bungalow 10. Ma mère est Aphrodite, déesse de l'amour et de la beauté.
Je lui souris, étonée que ce genre de fille daigne me parler. Siléna parut affolée.
- Oh, par les dieux! Ne me dit pas que tu n'as pas d'autres vêtements !
Oups !
- J'ai du partir en vitesse, expliquai-je. Il y a quelques détails... qui sont passés à la trappe.
- Ne t'inquiéte pas, Percy, répondit gentillement Siléna. Passe quand tu veux chez moi, je te fournirai des habits plus appropriés ! Au fait, tes escarpins sont dépareillés.
- Je sais, répondis-je en surveillant Luke du coin de l'oeil, qui avait du mal à ne pas rire.
- Eh bien, reprit Siléna, je ne vais pas vous retardez plus longtemps. Tu dois avoir tant de choses, Percy !
Elle enfourcha sa monture, nous fît un signe de la main et s'envola. Au fond de la forge, un bruit métalique éclata.
- Ca urge ! lança Charles en disparaissant dans la fosse.
Luke et moi échangâmes un regard amusé.
- Charlies et ses drôles de dames !commenta Luke en m'offrant un sourire en coin ravageur.
- Il en a plusieurs? demandai-je en reprennant notre marche.
- Est-ce que tu prends en compte les marteaux ?
- Je crois que oui !
- Dans ce cas, il en a un nombre assez impressionnant !
Nous rîmes en choeur et désormais, son bras autour de ma taille ne me dérangeait ou ne me gênait plus du tout. Luke me parla beaucoup des activités de la colonie, du déroulement d'une journée typique ainsi que de la cohabitation avec des créatures magiques. En plus d'être physiquement à tomber, il était courtoit, aimable et amusant. Sa vois grave et légèrement rocailleuse, parvenait à mes oreilles et j'apréçiai ce son autant que mes chansons disco favorites. Plusieurs fois, il m'empêcha de me tordre la cheville et rattrappa même le ballon de basket de Lee Fetcher, fils d'Appolon et frimeur de haut niveau.
Nous passâmes devant le bungalow d'Artémis, vide et contrastant avec la colonie pleine de vie. Pour la première fois, je me sentis à l'aise, chez moi, bien que je zigzague au milieu d'ado-soldats, collé serré à un garçon incroyablement beau, la tête calée au creux de son cou. Je poussai un long soupire de satisfaction et respirai avec allégresse le parfum de Luke.
- Je sens que je vais être comme un poisson dans l'eau ici, dis-je en agrippant le débardeur de Luke. Tout le monde est si gentil !
- À une exception près, répondit Luke d'un ton peu jovial.
Il plaça sa main sur la ceinture de ma jupe et regarda au loin. Je fis de même. Une bande d'adolescents baraqués nous barraient le passage. Leur leader semblait être une fille d'environ 15 ans, pourvue d'abdos en béton et de bras aussi musclés que ceux de Charles. Son visage, entouré de mèches cramoisies douteuses en ce qui concerne la propreté, avait les traits bourus et agressifs. Nous nous arêtames devant elle.
- Castellan, tu me dégoutes !
- Et on peut savoir pourquoi, cette fois? demanda Luke, en haussant les sourcils.
- Nympho ! lança l'inconnue avec une moue écoeurée. (Elle se tourna vers moi) C'est quoi ton nom, gamine ?
- Euh, je... euh... Percy, bredouillai-je.
- Ah ! La petite nouvelle ! s'exclama-t-elle. Eh bien Luke, tu n'as pas perdu de temps !
Elle nous tourna le dos, fit quelque chose qui provoqua l'illarité dans sa bande puis nous refit face. Elle attrapa mes cheveux.
- Ecoute moi bien, Miss Cheveux Gauffrés, tu es nouvelle ici, n'est-ce pas ? Alors tu vas avoir le droit au traitement que je réserve aux nouveaux !
- Non, Clarisse, attend ! s'interposa Luke.
La dénomée Clarisse lui lança un regard venimeux.
- 'Fait pas le don Juan, Castellan, rétorqua-t-elle. Deplus, si c'est au final ma soeur, elle aprendra à te détester comme il se doit.
- Ecoute, je te la joue à Capture l'Etendard.
- Hein ?
- A quoi ?
- Si on perd, tu pourras faire ce que tu as à faire mais si on gagne, tu laisseras Percy tranquille.
Clarisse nous regarda à tour de rôle.
- Ok, dit-elle enfin.
Elle et sa bande s'éloignèrent d'un pas nonchalant.
- Les enfants d'Arès, dit Luke en répondant à ma question silencieuse.
- Aïe !
- Je te laisse imaginer le papa...
- Bon, c'est là que tu vas t'entraîner !
Une immense étendue d'herbe se dressait devant nous. Des jeunes riaient ensembles et la seconde d'après, ils déguenaient les épées.
- Dis Luke, hazardai-je, avec toutes ces épées, il n'y a jamais eu d'accidents ?
Luke éclata de rire et eût une drôle de réaction : il me prit dans ces bras, chose à laquelle, je ne m'attendai pas du tout.
- Ne te fais pas de bile ! s'exclama-t-il. Il n'y a pas de soucis à avoir. En plus, tu vas pouvoir t'entraîner avec le meilleur épéiste de la colonie.
Il s'éloigna un peu et me sourit gaiement.
- Moi !
- Sérieux ? C'est toi le meilleur? J'ai de la chance !.. Je suppose.
Luke s'approcha de moi et prit mon menton dans sa main.
- Tout va bien se passer.
- Luke ?
Nous nous sommes retournés comme un seul homme. Une ado blonde aux yeux gris nous dévisageait, l'épée à la main. C'est là que j'ai réalisé qu'en fait, Luke et moi paraîtions sur le point de nous embrasser.
- Annabeth ! s'exclama-t-il.
- Luke.
Au premier abord, Annabeth ne me paraîssait pas du tout gentille. Cependant, Luke me délaissa entièrement pour aller l'enlacer, chose qui me déplût. Je restai plantée là, en fluo avec un stylo-épée dans la poche de ma jupe. Les deux se firent la bise et Luke daigna enfin se réintéressé à moi. Un large sourire apparût sur son beau visage.
- Annabeth, je te présente Percy.
Celle-ci leva le menton et m'observa d'un air hautain.
- Ah oui. Grover avait raison.
- De quoi? répliquai-je, un peu vexé quand même.
- A propos de ton look. C'est vrai, tu ne passes pas inaperçue. Tu es phosphorescente la nuit ?
- Euh... j'ai jamais essayé.
Annabeth fit la moue et vint me serrer la main, en me la broillant. Je ne dis rien, me contentant de rester calme.
- Il faudra que tu passes chez Beckendorf, Luke, dit-elle. Elle n'a pas d'armes.
Je sortai mon stylo et enlevai le capuchon. Luke et Annabeth eurent un mouvement de recul.
- Cool ! s'exclama-t-il.
Quant à elle, elle m'arracha l'épée des mains.
- Mal équilibrée. Tu t'en trouveras une autre.
- Pas question, on me l'a donnée, je la garde, qu'elle soit équilibrée ou pas ,rétorquai-je en haussant le ton.
Annabeth pencha la tête de côté.
- Comme tu veux.
Puis, elle marmona quelque chose en grec et repartit vers le champs d'entraînement.
- Elle a parlé... en grec ancien ?Je l'ai comprise !
- C'est normal.
Luke m'expliqua pourquoi et en vint sur la dislexie.
- Alors, vas-y. Dis-moi, ce qu'elle t'a dit.
Je levai les yeux vers lui.
- Elle m'a dit : " Tu as des chaussures dépareillées."
Désolée pour le retard :3 (maladie :( )
