Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour.

Rating : K au début, mais on fera un passage par le M ;) Je ne sais même plus à quel chapitre. C'est une honte XD

Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le proteger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Universal leur a mis la main dessus avant moi. Merde alors u.u

Note de l'auteur : Encore en retard T.T Faut pas hésiter à me secouer dans ces cas là, hein XD En plus, là j'ai aucune excuse, mes chapitres sont presque déjà tous remaniés ...


Deux frère, deux mondes
Chapitre 2 : Bienvenue à Malmedy

Bill se regardait dans le miroir, horrifié. Non décidément, le costard-cravate n'était pas pour lui. Son costume bleu-marine, sa chemise blanche et sa cravate noire lui enlevait toute sa personnalité. Il jeta un œil à ses anciens vêtements posés sur sa chaise de bureau. Ses pantalons moulant et autres tenues extravagantes lui manquaient déjà.

« - J'ai l'air d'un pingouin là-dedans. D'un pingouin snob par-dessus le marché. »

C'est ce moment que choisit Lucie pour entrer dans la chambre :

« - Pas du tout, tu es magnifique. C'est simplement différent de tes tee-shirt et autres trucs habituels !

- C'est inconfortable en plus. grogna de nouveau Bill en ôtant la veste de son costume, après avoir déboutonné le haut de sa chemise.

- Tu vas t'y habituer. Viens ici que je te brosse les cheveux. »

Il marmonna quelque chose mais obéit tout de même. Il prit place sur le bord de son lit, ramenant ses jambes contre son torse. Il garda le silence quelques secondes mais laissa de nouveau éclater son incompréhension :

« - Mais enfin, regarde-moi ! J'ai l'air ridicule ! Laisse-moi refuser d'aller dans cette école ! J't'en supplie !

- Tu n'as jamais été aussi beau, petit prince. »

L'adolescent grogna une fois de plus. Il détestait ce maudit surnom. Il ne voyait franchement pas ce qu'il avait d'un « petit prince ». Il s'observa une fois de plus dans le miroir. Son reflet n'avait plus rien à voir avec sa personnalité.

Lucie déposa un baiser d'encouragement sur le front de son fils adoptif et quitta la chambre. Bill resta seul avec son reflet. Il soupira avant de se laisser tomber en arrière. Mais dans quelle galère était-il encore tombé …

Il se redressa soudainement, fronçant les sourcils. L'uniforme était obligatoire, c'était indéniable. Mais ... rien en l'empêchait d'apporter quelques petites retouches, n'est-ce pas ? Au pire, il se ferait renvoyer pour uniforme non conforme, ce qui était loin de lui déplaire. Emballé par son idée, un grand sourire prit place sur son visage. Il ôta rapidement son pantalon, prit sa veste au passage et se plaça devant sa machine à couture.

« - Il est hors de question que je porte ses horreurs ! Ou je ne m'appelle plus Bill Harkins ! »

Sa nuit risquait d'être courte, mais si cela pouvait l'empêcher d'être ridicule, il n'y avait pas une seconde à perdre.

- B & T -

Lucie entra silencieusement dans la chambre sombre de son fils. Elle se dirigea d'abord tout naturellement vers le lit mais son regard fut attiré par une ombre, un peu plus loin. En reconnaissant Bill endormit sur sa table de travaille, elle ne pu que soupirer tout en souriant. Elle se doutait bien que l'uniforme ne resterait pas intacte bien longtemps. Bill avait toujours modifié chacun de ses vêtements, un simple règlement ne l'aurait pas arrêté. Elle s'approcha de lui et le réveilla doucement.

« - Encore cinq minutes s'il te plaît.

- Désolé petit prince, mais si tu ne te dépêches pas, on va être en retard.

- J'veux pas y aller.

- Va prendre ton petit déjeuner, sinon tu n'auras pas le temps de te maquiller. »

Cet argument marchait à chaque fois. Pas encore tout à fait réveillé, l'adolescent ne répliqua pas et sortit de la chambre d'un pas mal assuré sous le regard attendrit de sa mère.

Une heure plus tard, Bill se retrouvait dans la voiture, côté passager, tandis que Lucie le conduisait au lycée. Il avait bataillé pour rentrer toutes ses valises dans le coffre, mais il avait finit par y arriver.

« - Tu es toujours certaine de vouloir me forcer à y aller ?

- Bill ... on en a déjà discuté. Essaie, au moins ! Si vraiment ça ne va pas, on avisera. Je suis certaine que tu vas rencontrer des personnes bien, là-bas. Même s'ils sont différents de toi.

- D'accord mais rappelles moi pourquoi je dois rester là-bas en semaine. On habite à une demi-heure de ce foutu bahut, pourquoi m'avoir mit en internat ?

- Ce n'est pas un internat. Plutôt une sorte de campus. Comme ça tu auras toutes tes affaires sur place. C'est obligatoire, je n'y peux rien.

- Je persiste à dire que c'est stupide. En plus, je pari que je vais devoir me coltiner un coloc.

- J'en ai bien peur. »

Bill soupira une énième fois avant de s'enfoncer un peu plus sur son siège. C'était officiel, il haïssait les lundis.

Après avoir déposé ses nombreuses valises à la bagagerie en attendant de les amener à sa nouvelle chambre, Bill avança dans les couloirs de l'école, sa fierté et son panache habituels rabattus. Il se sentait comme une sourie dans une souricière. Les autres élèves le regardaient plus ou moins de travers. Impossible de dire si c'était à cause de son maquillage, de sa coiffure, de sa cravate défaite et jetée négligemment autours de son cou, ou bien de son uniforme, bien plus près du corps que la moyenne. Ses mains se crispèrent sur son sac de cours. A travers le dédale de couloirs, il finit par trouver le bureau de la directrice qui s'empressa de l'accueillir.

Lorsqu'il en ressortie une vingtaine de minutes plus tard, il se sentait un peu plus rassuré. Visiblement, son look ne poserait pas de problème du moment qu'il ne chercherait pas d'embrouilles. Après avoir prit connaissance de son emploi du temps et fait acquisition de ses livres de cours, le nouvel étudiant se dirigea vers son casier en soupirant. C'est là qu'il percuta deux garçons et chuta, ses manuels scolaires éparpillés au sol. Il grogna en se frottant le dos, puis regarda qui il avait heurté. Il reconnu immédiatement le garçon qu'il avait rencontré l'autre jour dans la rue. Celui qui avait fait connaissance avec le poteau électrique. Comment oublier une telle scène ? Un blond aux cheveux courts l'accompagnait cette fois. Le garçon de l'autre jour sembla le reconnaître lui aussi :

« - Qu'est-ce que c'est que ça ? Mais c'est la petite punk analphabète ! Il laisse entrer n'importe quoi, ici ! Tu t'es regardé dans le miroir ce matin ? Tu es ridicule. »

Bill devait admettre que ça commençait fort. Il voulait bien reconnaître que son côté androgyne portait parfois à confusion mais jusqu'à présent, personne ne s'était trompé à ce point. Il se releva et commença à ramasser ses livres calmement. Une fois tous récupérés, son regard rencontra celui de l'inconnu :

« - Alors de un, je ne suis pas une punk, j'ai mon propre style et je ne suis ni punk, ni gothique ni quoi que ce soit d'autre. De deux, pour ton information, pauvre abruti, je suis un mec ! »

L'abruti en question resta figé. Il n'en revenait pas d'avoir prit ce ... truc, pour une fille. Il pâlit lorsqu'il se rappela qu'il avait jurer de l'avoir dans son lit. Une seule pensée lui vint à l'esprit à ce moment-là. Pensée qu'il laissa s'échapper à voix haute :

« - Beurk ! J'crois que je suis traumatisé. »

Prenant cette remarque pour lui, Bill serra le poing et s'apprêtait à frapper le lycéen lorsqu'une main enserra son poignet :

« - Stop, on arrête tout ! Tom, tu remballes ta connerie, et toi, qui que tu sois, saches que tu auras beaucoup de problèmes si tu règles tout par la force. »

Tandis que le blond se retenait de rire, l'autre semblait boudé dans son coin. Bill posa son regard sur le nouvel arrivant. Celui-ci lui tendit une main, que le brun saisit :

« - Je m'appelle Georg Listing.

- Moi c'est Bill Harkins.

- Enfin je te trouve ! Bienvenue à Malmedy ! Lui c'est Gustav Schäfer, et l'autre truc qui boude, c'est Tom Trumper. Suis-moi, le dirlo m'a chargé de te montrer le b-a-ba du lycée, mais tu es sortis de son bureau avant que je n'ai le temps d'arriver. »

Bill acquiesça et entreprit de le suivre, n'ayant pas vraiment le choix. Georg commença par le conduire à son casier. Bill y déposa ses livres, ne gardant que ceux qui lui seraient utiles ce matin. Il s'arrêta sur l'un des bouquins, surprit :

« - Algèbre ? C'est quoi ce truc ?!

- Mathématiques, si tu préfères.

- Ah non ! Je suis pas d'accord ! Je suis un littéraire, moi, pas un scientifique !

- Tu n'as malheureusement pas le choix. Et puis, deux heures de maths par semaine, ça ne va pas te tuer.

- On pari ? »

Georg préféra ne pas répondre et poursuivit la visite lorsque Bill eut terminer avec ses livres. Ils se dirigeaient vers le CDI, centre de documentation et d'orientation, lorsque la sonnerie retenti.

« - Tu es en quelle classe ?

- Euh ...

- Ok, on va faire autrement. C'est quoi ta spécialisation ?

- Arts plastiques.

- Alors tu es dans ma classe. »

Bill se sentit un peu rassuré. Même si Georg n'était avec lui que pour la journée, au moins il ne serait pas seul aujourd'hui. Il suivit son guide à travers le dédale de couloirs. Une question lui brulait les lèvres, il finit donc par la poser :

« - Et les deux autres de ce matin, ils sont dans ta classe ?

- Pour la plupart des cours, oui. Mais pas pour l'Arts plastiques. Ils ont préféré opter pour l'option musique, vu qu'ils ne sont pas foutu de dessiner quoi que ce soit. Tu verras, on a pas mal de cours ensemble. Y comprit avec Gustav et Tom. Après, il n'y a que les options qui diffèrent. Tout dépend donc de ce que tu as choisi lors de ton inscription.

- Et là on va en quoi ?

- Géo-politique.

- C'est quoi cette merde ?

- Bill ! Surveilles ton langage ! Tu n'es plus dans ton lycée de quartier, ici !

- Ouais bah crois-moi, si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais jamais mit les pieds ici !

- C'est un cours qui porte sur les pouvoirs des différents dictateurs et des pays influents.

- Génial. Je sens qu'on va s'marrer. »

Ils pénétrèrent dans la salle de cours, coupant court à la mauvaise humeur du brun.

- B & T -

Sa journée avait été plutôt difficile. Arrivé après un mois de cours impliquait forcément des lacunes au niveau du programme scolaire. Le plus dure était probablement que les enseignements de ce lycée n'avaient rien à voir avec ce qu'il avait connu jusque là. Ici, peut importe que les élèves arrivent à suivre ou non. Le professeur débite son cours s'en prendre le temps de voir si tout le monde suit. Plus d'une fois Bill avait été tenté de prendre ses affaires et de partir en claquant la porte. Et puis il revoyait le visage tellement fier de sa mère lorsqu'elle lui avait annoncé qu'il était prit dans cette école. Il ne pouvait pas lui faire ça. Il soupira, déambulant dans les couloirs du lycée. Il n'en était qu'à sa première journée, et il avait déjà envie de tout plaquer. Il arpentait depuis une quinzaine de minutes les corridors de la résidence privée du lycée, cherchant sa chambre. Georg lui avait dit que les chambres était de vrais appartements, que l'on partageait avec quelqu'un. Le sien était censé être grand, équipé de sa propre cuisine, d'un salon, etc. On lui avait aussi dit que la personne avec qui il partagerait l'appartement serait un garçon. Tout ce qu'il demandait était de ne pas tomber sur une de ses brutes qui le prenait pour un homo. Il ne gardait pas un très bon souvenir de ce genre de personne. Certaines parties de son anatomie s'en souvenait encore. C'est ce qui arrive lorsque l'on est déclaré punching-ball attitré par une brute de plus de cent kilos de muscles et de connerie humaine. Avec ses quarante-huit kilos, Bill n'allait pas bien loin. Arrivant enfin devant le numéro 121, il prit son sac et chercha ses clés, voulant aller s'installer au plus vite. Ses affaires avaient normalement été apportées lorsqu'il était encore en cours, si l'on en croyait la directrice. Il venait de saisir ses clés lorsque quelqu'un se manifesta derrière lui

« - Ne me dis que je vais devoir partager mon appart' avec toi, en plus !?! »

Bill hésita d'abord à se retourner. Il était persuadé d'avoir reconnue cette voix mais refusait de le croire. Il finit par se retourner et se retrouva face à sa pire crainte :

« - Tom. »

De tous les élèves de ce foutu lycée, il avait fallut qu'il tombe sur cet abruti de première. Y a des jours comme ça où on devrait rester coucher.

Tom passa une main sur son visage, d'un air las, avant d'ouvrir lui-même la porte de l'appartement. Il se dirigea aussitôt vers l'une des pièces du fond pour ne plus en sortir. Bill en conclue qu'il s'agissait de sa chambre. Posant son sac de cours, il entreprit de faire le tour de l'appartement. La porte d'entrée donnait directement sur le salon, relié lui-même à la cuisine. La porte sur la droite donnait accès à la salle de bain. Ne restaient plus que les deux portes du fond. L'une était celle où Tom s'était enfermé, l'autre était sa propre chambre. Il commença à ranger toutes ses affaires. Ce n'est que lorsque les murs furent recouverts de posters de ses chanteurs favoris ainsi que de plusieurs dizaines de photos immortalisant ses souvenirs, qu'il commença à se sentir un peu plus chez lui. Il ne comprenait toujours pas pourquoi les élèves devaient rester sur le campus en semaine alors qu'ils pouvaient rentrer chez eux le week-end.

« - Encore une excentricité de snob, tout ça. »

Le pire avait été la découverte de l'identité de son colocataire. On ne pouvait pas dire qu'ils avaient commencé leur cohabitation sur de bonnes bases. Pour survivre cette année, il allait devoir remédier à cela.

« - Sympathiser avec un snob. Beurk. »

- B & T -

Bill était toujours sur son lit lorsqu'on frappa à sa porte. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Tom entra, visiblement décidé à faire plus ample connaissance avec son nouveau voisin de chambre. Ce dernier regarda la pièce en approuvant de la tête. Son colocataire avait visiblement décidé de changer les meubles de place. La télévision était désormais face au pied du lit, lui-même placé à l'angle de deux murs. Une table de chevet présentait cinq cadres photos. De l'autre côté de la chambre se trouvait un bureau ainsi qu'une armoire entrouverte d'où sortaient quelques vêtements. Les nombreuses étagères que l'ancienne occupante avait fait installé pour ses babioles et produits cosmétiques croulaient désormais sous les livres. D'autres traînaient et s'entassaient sur le sol, n'ayant visiblement pas trouvé de place ailleurs.

« - Tu es le premier à avoir de bons goûts côté déco ! Super la chambre ... Tu aimes Nena ? J'aime aussi même si je préfère de loin Samy Delux.

- Tu connais Nena ? T'es pas si snob que ça, alors.

- J'suis pas snob !

- Tu te fringues à la dernière mode, tu te crois au-dessus de tout et de tout le monde, tu as un air hautain, ... je continue ou tu as assez d'exemples ?

- Moi ?! Tu veux rire ! Je m'habille comme je veux !

- Gosse de riche.

- T'es dans le même appart' de riche que moi, ça doit vouloir dire quelque chose aussi, non ?

- J'ai obtenu une bourse, c'est tout ! Crois-moi, s'il n'y avait que moi j'aurais jamais mit les pieds ici !

- Une bourse ? Et on te l'a donné ? Il aurait mieux fallut la brûlée, oui ! Tu n'as pas ta place dans une école comme celle-ci ! Tu ne comprends rien aux cours et tu es punk par-dessus le marché ! »

Il s'arrêta et regarda le brun. La douceur de son visage avait été remplacée par la colère. Il voyait ses poings se serrer. Peu impressionné, Tom se mit sur la défensive. Il sentait Bill prêt à exploser. Mais au moment où il leva le bras, son poing rencontra le mur, plutôt que le visage de Tom.

« - Parce que tu crois que ça me plaît tout ça ? J'ai rien demandé, moi ! Je déteste cette école, je déteste ces putains de cours auxquels je ne pige rien, je déteste l'orphelinat pour m'avoir imposé cette saloperie de bourse, et je te déteste toi pour le simple fait d'exister ! »

La voix de Bill se brisa. Avant que Tom n'ait pu comprendre ce qu'il lui arrivait, il se retrouva face à la porte, ayant été mit dehors par son nouveau colocataire. Il resta planté là, interdit. Il n'avait pas tout comprit à ce qu'il venait de se passer. Mais une chose était sûr : il avait encore commit une erreur. Et puis c'était quoi cette histoire d'orphelinat ? Il soupira puis s'enferma dans sa propre chambre. Il valait mieux attendre que l'autre se calme avant de tenter une autre approche. Il réfléchit quelques minutes à ce qu'il venait de se passer. Quelque chose le frappa alors :

« - Mais qu'est-ce que ça peut bien me foutre ses états d'âmes, à l'autre junkie ? »

Il attrapa ses clés posées sur son bureau puis quitta sa chambre avant de sortir de l'appartement en claquant la porte. Il avait autre chose à faire que d'attendre après un punk.

- B & T -

Ce n'est qu'à la nuit tombée que Bill sortit enfin de sa chambre. Il ouvrit prudemment la porte, ne voulant pas risquer de tomber sur Tom. Voyant l'appartement désert, il traversa le salon, attrapa sa veste au passage, puis quitta à son tour les lieux. Il arpenta les différents couloirs de la résidence, ne croisant personne. A peine une journée qu'il était là, et il avait déjà envie de tout plaquer. Il fallait qu'il sorte d'ici. Qu'il retourne là où il se sentait bien. Et puis, il avait envie de voir Sam. Il en avait besoin.

Arrivé devant les grandes portes d'entrées, il hésita un instant. Avait-il le droit de sortir après vingt-deux heures ?

« - Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de toute façon ? Je ne suis qu'un putain de punk, ici. Je leur dois pas d'explications. »

Bien décidé, il poussa la porte qui s'ouvrit sans problème. Il longea la grande allée centrale, ne croisant toujours personne, puis franchit finalement les grilles de l'établissement. Les bus ne circulant plus à cette heure là, il se résigna à marcher. Même si cela devait lui prendre des heures, il ne renoncerait pas.

Le silence autour de lui ne le rassurait pas. Il était dans le quartier chic de la ville, mais les détraqués étaient partout. De petits frissons le parcouraient. Le froid ? La peur ? Peut-être les deux. Il remonta la fermeture éclair de sa veste et mit les mains dans ses poches.

« - Ça m'apprendra à acheter des fringues seulement pour leur esthétique. J'me les gèle, putain. »

Il continua à marcher sur plusieurs kilomètres. Il n'aurait plus qu'à passer le pont et il quitterait enfin ce quartier bourge. Une fois franchit, il commença à retrouver ses repaires. Le Kiss, la boîte de nuit où il passait la plupart de ses samedi soirs. Le Break, café où il retrouvait le reste de sa bande après les cours. Et puis Thuringe, son ancien lycée. Il n'avait quitté cet univers que depuis une journée, et déjà il se sentait nostalgique. Il tourna à gauche après le lycée. Les rues étaient bien plus fréquentées par ici. Il passa devant le cinéma, puis tourna à droite. Plusieurs HLM se dressaient devant lui. Il se dirigea vers le deuxième et franchit la porte, se retrouvant dans le hall. Face à lui, l'ascenseur et les escaliers. N'y prêtant pas attention, il s'arrêta devant une porte dissimulée sur la gauche, l'ouvrant à l'aide de la clé qu'il portait en chaîne autour de son cou. Dans la pénombre, il descendit les marches de l'escalier. A tâtons, il chercha l'interrupteur. Il finit par le trouver et l'activa, provoquant plusieurs grognements de protestation :

« - Putain c'est qui l'enfoiré qui vient nous faire chier avec cette saloperie de lumière de merde à une heure du mat' ?! Y a des gens qui dorment, bordel ! »

Reconnaissant la voix et la poésie des mots, Bill sourit aussitôt. Il ne répondit pas de suite et fit rapidement le tour des lieux de son regard. La pièce était parsemée d'objets divers et d'une bonne quantité de détritus. Des vêtements, des cartons de pizzas, des cannettes de bières vides et des papiers de bonbons étaient répandus sur le sol, au milieu d'un amas de journaux. Des tasses vides qui s'entassaient sur la table basse, la télé encore allumée n'affichait qu'une image brouillée, d'autres vêtements jeté pèle-mêle sur les trois fauteuils, ... Et sur le canapé, trônant au milieu de tout ce foutoir, trois corps endormit les uns sur les autres se réveillaient doucement.

« - Moi aussi je suis content de te voir, Mel. »

L'interpellée se releva brusquement, révélant des yeux bleus surprit mais tout à fait réveillé. Un immense sourire s'empara de son visage, et avant qu'il n'ai pu fait le moindre mouvement, Bill se retrouva avec une jeune fille dans les bras. Elle enfouit son visage dans son cou et ne semblait plus vouloir le lâcher.

« - Tu n'imagines pas à quel point tu m'as manqué, grand frère. »

Il resserra un peu plus son étreinte autour d'elle. Six ans déjà qu'il la connaissait maintenant. C'est elle qui l'avait fait entré dans la bande. A cette époque, Bill revendiquait déjà fièrement son look étrange. Il avait intrigué cette jeune fille qui avait à tout prit voulu le connaître. Elle, tout comme le reste de la bande, affichait un look punk, mélangeant coiffures bizarres et vêtements multicolores. Ils avaient rapidement créé des liens, et en quelques semaines, Bill était devenu le grand frère que Mel avait perdu dans un accident.

« - Toi aussi tu m'as manqué, p'tite puce. »

Elle le relâcha enfin, puis lui prit la main et l'entraîna à sa suite, poussant l'un des deux garçons avachit sur le canapé pour lui faire de le place.

« - T'as qu'à le dire si je te dérange, Mel.

- Tu me dérange, Jezz. »

Le dénommé Jezz consentit à se lever avant de se laisser choir dans le fauteuil le plus proche. Jezz, Léo de son vrai nom, était le plus vieux des quatre. Il était également le propriétaire de la cave où tous se trouvait. Cette cave était avant tout le lieu de résidence de Jezz, mais aussi leur repère. Jeté de chez lui a quinze ans, il avait dû apprendre à se débrouillé seul. Enchaînant d'abord petits boulots sur petits boulots, un barman avait finit par l'engager, lui permettant de louer cet endroit aménagé en véritable appartement.

A dix-sept ans, il rencontra Mel, jeune adolescente perdue et orpheline. Il la prit rapidement sous son aile et lui permit de poursuivre ses études. Matthéo fit leur connaissance, quelques mois après. Tout comme Bill, Matthéo avait la chance d'avoir encore une famille. Mais tous deux passaient le plus clair de leur temps entre ces quatre murs.

Sam n'était pas là, c'était à prévoir. Tant pis, il ferait sans elle ce soir.

« - Dis nous tout, Bill, qu'est-ce qui t'a empêché de nous venir voir pendant toute une semaine ? T'as fait une connerie et Lucie t'as cloitré dans ta chambre ?

- Hey ! Je suis un bon gamin, moi !

- Oui c'est sûr, on va te croire ! On pourrait monter un dossier contre toi !

- Mais vous plongeriez tous avec moi.

- Pas faux. Mais on était jeune !

- Mel. intervint Jezz, elle remonte à quand ta dernière connerie ?

- Y a deux jours ! s'empressa de répondre Mat, les yeux fermés, mais un sourire aux lèvres.

- C'est bien ce que je disais : j'étais jeune ! Mais tu n'as pas répondu à ma question, petit prince. Tu étais où ? Je ne t'ai pas vu une seule fois au lycée.

- J'ai dû préparer mes affaires parce que j'ai changé de bahut.

- Sérieux ? Tu es où maintenant ?

- Malmedy. »

Sa réponse provoqua l'hilarité générale. Mais lorsqu'ils remarquèrent le visage fermé de leur ami, leur rires se stoppèrent net, amenant le silence. C'est Jezz qui le brisa :

« - Tu es sérieux ?

- J'ai l'air de rigoler ?

- Ben maintenant que tu le dis ...

- Crois-moi, j'aimerais que tout ça ne soit qu'une immense farce. Mais je suis bel et bien coincé dans ce bahut de bourges. J'ai franchement l'impression d'être un intrus là-bas.

- Tu m'étonnes ! »

Bill entreprit alors de leur raconter le pourquoi du comment. La discussion arriva rapidement sur Tom et son comportement, chose qui révolta Mel :

« - J'te jure, petit prince, si jamais il te fait du mal, j'le bouffe !

- Ca, j'te fais confiance ! »

La conversation se poursuivit, dans une humeur plutôt bon-enfant, jusque tard dans la nuit. Bill se sentait bien, là. A sa place.

- B & T -

Il eut à peine franchit la porte d'entrée de son appartement que Tom lui tomba dessus, l'air visiblement furieux :

« - T'étais où, putain ? Ça fait des heures que j't'attends ! »

Bill avança tranquillement, ne regardant même pas son interlocuteur. Il s'affala sur l'un des fauteuils, tandis que Georg et Gustav occupaient le canapé. Il les salua d'un signe de tête, ne prétend toujours pas attention à Tom. Celui-ci, furieux d'être ignoré, agrippa les accoudoirs du fauteuil et se planta devant le brun, bien décidé à avoir ses réponses :

« - Où étais-tu ?

- Mais qu'est-ce que ça peut bien te foutre ? T'es pas ma mère que je sache !

- Encore heureux ! Je supporterais pas d'avoir un sale gosse comme toi !

- Tu sais ce qu'il te dit le sale gosse ?

- Non et j'en ai rien à foutre ! Ce que je te demande, c'est où tu étais !

- Là où est ma place, c'est tout ce que tu as à savoir. »

Tom se détourna et commença à faire les cent pas, tentant apparemment de garder son calme. De son côté, Bill ne comprenait plus rien :

« - Mais qu'est-ce que tu as, bordel ?

- J'ai que je me suis levé et que ta chambre était vide ! J'étais inquiet, moi ! Au cas où tu ne le saurais pas, tu es loin d'être apprécié ici !

- Tu es en train de me dire que tu t'es inquiété pour moi ? »

Tom se figea, réalisant que Bill avait vu juste. Maladroit, il tenta de se justifier, priant pour que le brun ne se fasse pas de mauvaises idées :

« - Non non, c'est pas du tout ce que tu crois, je ... »

Mais Bill ne l'écoutait déjà plus. Sous les regards étonnés des trois autres, il se leva rapidement et se planta devant Tom, le regard tueur :

« - Je suis capable de me débrouiller seul, met-toi bien ça dans l'crâne ! »

A grandes enjambées, il se dirigea vers sa chambre. Avant de franchir la porte, il se retourna et lança, toujours furieux :

« - J'AI JAMAIS DEMANDÉ DE BABY-SITTER !!!! »

La porte claqua violemment, laissant les trois étudiants perplexe. Tom regardait la porte, sans comprendre la cause de tant de colère. Il se sentait ridicule. Sortant de sa torpeur, il cria lui aussi, s'adressant à la porte de la chambre où s'était enfermé Bill :

« - SI TU CROIS QUE JE M'INQUIÈTE POUR TOI TU TE TROMPE !!! TU PEUX CREVER, J'EN AURAIS RIEN A FOUTRE !!! »

Il fit un passage éclair dans sa propre chambre, récupéra son sac de cours puis se dirigea vers la sortie :

« - On décolle les gars, avec toutes ces conneries, on va finir par être en retard en cours. »

Dans les couloirs, Tom ne décolérait pas. Il s'était fait du soucis pour un abruti, absolument pas reconnaissant, ce qui le mettait en rage. Mais le pire était de ne pas réussir à expliquer cette inquiétude. En se levant ce matin, il n'avait d'abord pas prêté attention au calme qui régnait. Il n'avait vraiment réalisé la chose que lorsque Gustav et Georg arrivèrent, comme convenu, et qu'ils demandèrent des nouvelles de Bill. Intrigué lui aussi par cette absence, il trouva la chambre du brun vide, le lit encore parfaitement fait. Là, Tom avait commencé à angoisser, sans savoir pourquoi.

- B & T -

Bill courrait dans les couloirs du lycée, bousculant les autres sur son passage, jetant des regards à droite à gauche. Lorsqu'il était sorti de sa chambre, Tom et ses amis avaient déjà quitté les lieux, le laissant seul. Il avait alors entreprit de trouver lui-même sa salle de cours, chose pas vraiment évidente vue la taille des bâtiments.

« - Putain de bordel de merde, elle est où cette saloperie de salle ?!? »

Déjà sept minutes que la sonnerie avait retentit. Arriver en retard dès le deuxième jour, il y avait mieux pour se faire bien voir. Mais cela valait sans doute mieux que d'être carrément absent. Lorsqu'il distingua enfin la silhouette de Gustav, accompagné de Georg, Bill poussa un soupire de soulagement avant de se diriger vers eux.

« - Salut les gars ! Désolé pour tout à l'heure, je me suis emporté, mais c'était pas contre vous.

- Pas grave, je suppose qu'il te faut un certain temps d'adaptation. Surtout si tu dois vivre avec Tom.

- Je crois que je vais me barrer vite fait.

- Je t'imaginais plus persévérant.

- Ici je ne suis plus moi.

- Alors retourne dans tes quartiers, le punk ! »

Bill reconnu immédiatement la voix de Tom et se retourna rapidement, lui faisant désormais face. Aucune parole n'était échangées mais l'atmosphère commençait à peser. Georg préféra s'interposer avant qu'une autre dispute n'éclate :

« - Calmez-vous les gars ! Vous battre ne servira à rien !

- Tu crois que je vais le laisser m'insulter sans rien faire ?!?

- Bill, ce n'était pas une insulte ! Relativise un peu !

- Ah parce que c'est moi qui en fait trop ?! J'ai comprit, j'me barre ! »

Fusillant Tom du regard, Bill tourna les talons et commença à s'éloigner. Gustav entreprit alors de le suivre, mais prit tout de même le temps de lancer :

« - Franchement Tom, parfois t'es soulant. »

Lorsque le blond parvint à convaincre Bill d'assister au cours, celui-ci avait commencé depuis dix minutes déjà.

« - Désolé Monsieur, je faisais visiter les lieux à votre nouvel élève et on a pas vu le temps passer.

- C'est pour cette raison que l'on a inventer les sonneries, jeune homme. »

Devant le sourire amusé du professeur, Gustav comprit qu'il n'avait pas vraiment été crédible. Il aurait pu choisir une excuse plus élaborée au lieu de sortir la première chose qui lui était passée par la tête.

« - C'est bon pour cette fois Mr Schäfer mais je ne serais pas toujours aussi indulgent. »

Le blond répondit au sourire du professeur et se dirigea vers sa place. Bill n'avait toujours pas bougé et ne semblait pas décidé sur l'attitude à adopter. L'enseignant le tira de son embarra :

« - Vous êtes Mr ?

- Harkins.

- Mr Harkins, je fais confiance à Mr Schäfer pour vous aider à vous intégrer. En attendant, allez vous assoir à côté de Mr Trumper.

- Euh .... Pourquoi lui ?

- Pourquoi pas ? »

Bill comprit que la discussion était close et se dirigea vers son colocataire en traînant les pieds. Il s'installa à côté de lui sans lui accorder un regard. Il ouvrit son livre à la page indiquée et regarda les nombreuses lignes, l'air perdu. Tom le regarda faire, sa tête nonchalamment posé sur son bras. L'enseignant reprit son cours et les élèves commencèrent à remplir leurs feuilles en l'écoutant. Bill hésita, dérouté. Dans son ancienne école, de tels silences étaient rares. Quand à l'attention des élèves, elle était plus rare encore. Les professeurs dictaient mots à mots précisément ce qui devait être écrit. Que les élèves suivent ou pas, ce n'était pas leur problème, mais ils s'assuraient toujours que les plus travailleurs n'étaient pas perdus.

Le brun regarda autours de lui et constata que tous avaient sur leur table un volumineux paquet de feuilles bien que l'année scolaire n'ait commencé que depuis un mois. Il sentait déjà venir le mal de crâne. Et puis d'abord, ça sert à quoi la philo ?

« - Foutu cours de merde. »

Tom esquissa un sourire mais se retint de faire le moindre commentaire. La phrase de Bill n'avait été qu'un murmure mais il l'avait entendu. Il se pencha légèrement vers son voisin et lui souffla :

« - Si tu veux un conseil, ne note que ce qu'il dit lorsqu'il regarde la classe, quand il fixe son bureau, c'est qu'il précise sa pensée ou se confond dans d'autres explications. Il a tendance à partir dans son monde, tu t'en rendras vite compte. »

Bill fit semblant de ne pas entendre. Il ne savait pas à quoi s'attendre avec Tom et se sentait plus que frustré. Il dû cependant reconnaître que son colocataire avait raison pour le professeur, ce qui le surprit encore plus. Depuis le début il ne cessait de le provoquer, et là il lui donnait des tuyaux. Mais à quoi jouait-il ?

A suivre ...


Voilà :) J'vous retrouve dimanche !

Sauf si les profs nous on tué d'ici là ... Oskour T.T