Catégorie : Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre : Friend-ship, romance, humour.
Rating : K. C'pas la collection Arlequin, ici u.u
Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le proteger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : J'me revendique mère des jumeaux ! Ouais je sais, accouchée à un an, faut le faire u.u Ok c'est bon je sors XD
Deux frères, deux mondes
Chapitre 4 : Un pas en avant … deux pas en arrière
Bill était profondément endormi, jusqu'à ce que le bruit d'une porte qui claque le réveille en sursaut. Il regarda autour de lui, légèrement perdu, avant de reconnaître sa chambre de lycée. Les idées encore embrouillées, il se leva. Le silence qui régnait autour de lui lui permis d'entendre ce qui se passait dans la pièce voisine.
« - Bordel, Georg ! Fais moins de bruit, je suis sûr que Bill dort encore !
- Scuse Tom, je pouvais pas savoir.
- Ben maintenant tu le sais !
- Destresse, vieux ! On va pas le bouffer, ton Bill !
- Écrase. »
Tom partit dans sa chambre, laissant Gustav et Georg dans le salon. C'est ce moment que choisit le deuxième locataire de cet appartement pour faire son apparition, ce qui ne passa pas inaperçu :
« - Ah ! Vl'a la belle au bois dormant.
- Vous vous arrêtez jamais ? »
Quelques minutes plus tard, Tom refit surface, l'air à la fois inquiet et contrarié :
« - Bill ? Mais qu'est-ce que tu fous là ? Retournes te coucher ! »
Le brun leva les yeux au ciel et s'installa sur le fauteuil sans prendre la peine de lui répondre.
« - Minute, tu es sensé te reposer, et toi tu t'habille et te maquille ?
- Tu croyais quand même pas que j'allais rester en caleçon. J'te ferais pas ce plaisir. »
Son interlocuteur leva les yeux au ciel devant cette allusion à peine voilée. Rapprochant ses jambes contres son torse, Bill adopta une position fœtale, ce qui n'échappa pas à Tom :
« - Tu as froid ?
- Un peu.
- T'as vu comment tu t'habilles, aussi ? C'est pas avec ton pull de trois millimètres d'épaisseur que tu vas avoir chaud ! Puis t'en avait pas un plus court, encore ?
- Mais t'as finit, oui ? J'ai pas besoin d'une seconde mère ! »
L'androgyne ne comprenait pas ce agitait son colocataire de cette façon. Depuis quand se souciait-il ainsi de lui ? Il ne se souvenait pas avoir inclue ce genre de closes hier soir, lorsqu'ils avaient décidé de reprendre leur relation sur de bonnes bases. De nouveau, Tom disparu dans sa chambre et revint avec un pull qu'il lança à son colocataire :
« - Enfile ça. »
A bout de bras, Bill observa le vêtement, surprit :
« - C'est à toi, ça ? Mais on en mettrait trois comme moi là-dedans !
- Au moins ça tient chaud. »
Devant le regard insistant de son vis-à-vis, le brun s'exécuta en soupirant. Il se leva et tourna sur lui-même, inspectant le résultat. Trois fois trop large, et beaucoup trop long.
« - Je peux pas sortir comme ça !
- Ça tombe bien, parce que tu ne sors pas.
- Quoi ? Tu vas quand même pas me cloitrer ici !
- Je ne veux pas que tu tombes malade ! »
Simples spectateurs, Georg et Gustav décidèrent d'intervenir avant que n'éclate une autre dispute.
« - Calmez-vous les gars.
- Bill, Tom dis ça pour ton bien, c'est tout.
- Et toi Tom, tu ne peux pas décidé de chaque fait et geste de Bill. »
Le brun se rassit sur son fauteuil et croisa les bras, l'air boudeur. Son geste eut au moins le mérite de détendre l'atmosphère. Devant leur manque de réactions, Gustav reprit :
« - Et si on allait manger ? Parce que là, on sort de deux heures de sport et j'ai la dalle !
- On fait quoi aujourd'hui ? Chinois ?
- J'préfèrerais Italien, pour une fois. »
Devant le désaccord, le blond se tourna vers Bill :
« - Et toi, tu préfèrerais quoi ?
- Moi ? En quoi ça me concerne ?
- Tu crois vraiment qu'on va te laisser là ? »
Il haussa les épaules. Après tout, il n'avait pas besoin d'eux. Et puis on lui avait clairement interdit de sortir. Il s'apprêtait à décliner l'invitation lorsque Tom lui demanda :
« - Tu n'as pas envie de venir ?
- J'croyais que j'avais pas le droit de sortir de cet appart ? »
Le propriétaire des lieux se mordit la lèvre inférieur devant le ton amère et lourd de reproche. Il était conscient de s'être laissé emporter facilement. Mais cela avait été plus fort que lui. Quelque chose lui disait qu'il devait prendre soin de son nouveau colocataire. Un pré-sentiment. Ou peut-être bien une simple envie, même s'il ne l'avouerait jamais. Jusqu'à présent, il n'avait jamais ressentit ce désir de s'occuper du bien être de quelqu'un. Mais avec Bill, tout était différent sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi.
Il passa une main sur son visage, conscient qu'il ne s'en sortirait pas comme ça. S'il voulait repartir sur de bonnes bases, il devait faire des concessions et commencer par admettre ses torts :
« - D'accord, d'accord. Je suis désolé d'en avoir fait des tonnes. Ça te va ? Viens, s'il te plaît. »
Était-ce le regard ou la voix, qui l'avait convaincu ? Quoiqu'il Aucun des quatre garçons ne le savait. Quoiqu'il en soit, Bill se retrouva assis dans la meilleure pizzeria du coin, en compagnie de ce qu'il qualifiait de trois snobs.
- B & T -
Les jours avaient commencé à défiler, sans autre forme d'incident. Une certaine stabilité semblait s'être installée dans le loft 121 du campus de Malmedy. Il était plus de vingt et une heure lorsque Bill franchit la porte de l'appartement. Il trouva Tom, à moitié endormi sur le canapé, vêtu d'une simple serviette entourant sa taille. Il semblait regarder la télévision sans vraiment la voir.
« - Je peux savoir ce que tu fais à moitié nu dans mon salon ?
- C'est aussi le mien, j'te rappelle.
- Je crois qu'il va falloir qu'on instaure quelques règles. En attendant, ça ne me dit pas ce que tu fout vautré dans cette tenue sur le canapé.
- Je t'attendais !
- HEIN ??
- T'affole pas, c'est pas à ça que je pensais ! J'te l'ai déjà dit, t'es pas mon genre. J'avais simplement hâte que tu arrives ! Bill mon cœur, tu voudrais pas me faire à manger ? Pitié j'suis crevé ! »
Le brun ne releva même pas le surnom. Seulement un peu plus d'une semaine qu'il était là et Tom ne cessait de l'étonner. Il se demandait sans cesse comment ses anciens colocataires avaient fait pour survivre avec lui. Il se dit qu'elles ne devaient tout simplement pas avoir son tempérament, ce qui évitait sans nul doute les disputes et prises de tête.
« - Désolé, Darling, mais j'ai des devoirs à faire. J'me fait un sandwich et j'me colle à mes cours.
- T'as qu'à m'en faire un aussi ! Pitié mon p'tit Bill adoré ! J'suis mort de fatigue ! »
L'ignorant, l'androgyne se dirigea vers la cuisine et commença à farfouiller dans le réfrigérateur lorsqu'il remarqua une chose :
« - Ça pue le parfum ici.
- Ça doit être celui de Linsday.
- C'est qui celle là ?
- J'viens de m'envoyer en l'air avec elle.
- Ta p'tite amie, quoi.
- Non, je la largue demain. Je vais essayer de sortir avec Nicky.
- TOM !
- Quoi ?
- Tu ne peux pas te taper toutes les filles comme ça, une par une ! C'est immoral !
- Mais qu'est-ce que t'a toi ? On jurerait que t'es puceau !
- Arrête tes conneries. Je n'ai simplement pas autant de noms à mon tableau de chasse. Et de toute manière, je préférerais être vierge que de faire ça avec n'importe qui ! »
Tom se leva et rejoignit Bill dans la cuisine, désireux d'en apprendre plus. Celui-ci s'affairait sur le plan de travail.
« - Dis, c'est moi ou tu n'aimes pas trop ça ?
- Écoute Tom ... J'ai beau être un mec, je ne baise pas tout ce qui bouge.
- Ouais, j'oubliais. T'es un putain de romantique !
Bill s'apprêtait à lui lancer une remarque cinglante lorsqu'il aperçu le sourire de son vis-à-vis. Il n'y avait aucune trace de moquerie sur son visage. Souriant lui aussi, il demanda :
« - J'te fait un sandwich spécial Harkins, ça te va ?
- Vrai ? »
Le brun acquiesça, ce qui agrandit encore le sourire de Tom.
« - Tu sais qu'je t'aime, toi ?
- Hey mec, ça fait seulement quelques jours qu'on se connait, alors évites les grandes déclarations, tu veux ? Ca risquerait de me faire fuir.
- Idiot.
- Et habille-toi ! »
Pour une fois obéissant, Tom se dirigea vers sa chambre à la recherche de vêtements.
« - Au fait, tu es passé où après le cours d'Histoire ? T'es parti vachement vite.
- J'ai été voir mes potes de Thuringe.
- T'as traversé toute la ville alors que tu es malade ?
- Mais tu vas me lâcher, oui ? Viens plutôt manger le spécial Harkins et dis-moi ce que tu en penses ! »
- B & T -
Tom était lui-même assis à son bureau lorsqu'un cri de rage venant de la chambre voisine le fit sursauter. Il délaissa ses devoirs et alla voir ce qui avait poussé Bill à hurler ainsi. Il trouva son colocataire assis à même le sol, la tête dans les mains, visiblement très énervé. Des feuilles étaient éparpillées un peu partout, et son livre de géo-politique gisait sur le sol.
« - Un problème ?
- Géo-politique de merde ! Nan sérieux, à quoi ça sert une connerie pareille ?
- Probablement à rien.
- J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre ... »
La voix du brun s'affaiblissait petit à petit. Il ramena ses jambes contre son torse, visiblement prêt à craqué. Face à la détresse de l'androgyne, Tom avait perdu son sourire. Il ne savait pas exactement comment réagir, n'étant pas habitué à devoir consoler les gens. Un peu gauche, il s'assit près de Bill et passa un bras autours de ses épaules. Contrairement à ce qu'il pensait, le brun ne le repoussa pas. Loin d'être farouche, il se lova contre lui, enfouissant son visage dans son cou, s'agrippant à lui désespérément. Bill se retrouva blotti dans les bras de son colocataire. Tom fut surpris lorsqu'il entendit commencer à sangloter. Il resserra son étreinte sur le corps qu'il tenait entre ses bras.
« - T'en fais pas, ça va aller.
- J'y arriverai pas Tom.
- Dis pas ça.
- Mais regarde-moi ! Je suis dans un lycée de bourges, j'ai pas ma place ici.
- Et pourquoi t'aurais pas ta place ? Simplement parce que tu t'habilles et te coiffes différemment ? Là ça m'étonne de toi. Où est passé le punk effronté qui revendiquait sa différence ?
- C'est pas ça. Mais je ... j'ai jamais fait de géo-politique de ma vie et là on me demande de retenir un tas de trucs merdiques auxquels je comprends rien !
Lentement, il se décolla de Bill. Le brun fuyait son regard. Tom prit alors le visage de l'androgyne entre ses mains, le forçant à le regarder. Son maquillage avait coulé à cause de ses pleurs, laissant des traces noires sur ses joues.
« - J'te propose un marché. Je t'aide en géo-politique et en échange, tu me files un coup d'main en anglais.
- Tu es sérieux ?
- Bien sûr !
- Pourquoi tu ferais ça pour moi ? »
Le brun avait froncé les sourcils, cherchant où était la faille dans cet accord. Tom passa une main dans les cheveux de Bill, souriant.
« - Parce que j'crois bien que j't'appréçie, p'tit punk. »
Cette réponse fit sourire le brun. Malgré tout, il ne se sentait pas vraiment rassuré. Aujourd'hui, Tom lui proposait son aide. Mais demain ? Serait-il encore là ? Soupirant, Bill se laissa aller dans ces bras protecteurs, son front poser sur l'épaule de Tom. Celui ci se raidit, peu habitué aux contactes physiques. Encore moins avec un garçon.
« - Faut qu'je fasse mes devoirs pour demain.
- Géo-politique ?
- Oui.
- Je te propose un truc ?
- Encore un ?
- Ce soir, je te passe mes exos pour le cours de demain, et en échange, tu me refais un spécial Harkins. »
Bill releva brusquement la tête, plus que surprit.
« - Tu as encore faim ?
- Ben ... c'est que ... je les adore tes sandwich. »
Un rire cristallin lui répondit.
« - Ca marche pour moi ! Bouges pas, j'te le fait tout de suite ! »
Le brun quitta rapidement la chambre en direction de la cuisine. Tom n'avait toujours pas bougé lorsqu'il entendit distinctement :
« - Et au fait ...
- Quoi ?
- J'CHUIS PAS UN PUNK !!! »
- B & T -
Sa troisième semaine de cours venait de s'achever, au plus grand bonheur de Bill qui n'en aurait pas supporté d'avantage. C'est en courant qu'il franchit les grilles du lycée, comme s'il voulait fuir au plus vite cet endroit. Il s'arrêta finalement, peu soucieux des regards posés sur lui. Son bonheur pouvait se lire sur son visage.
« - Enfin terminé ! J'en pouvais plus ! »
Rapidement, il fut rejoint par Tom, Georg et Gustav. Eux avaient gardés leurs uniformes, n'ayant aucune envie de se changer, mais Bill avait refusé de sortir ainsi. Retrouvant ses vêtements moulant et ses nombreux bijoux, le brun avait également récupéré son sourire.
« - Tu rentres comment ?
- A pieds, pourquoi ?
- Tu veux pas prendre le bus avec nous ?
- J'ai pas de tunes pour ça.
- Arrêtes ! C'est pas ça qui va te ruiner ! »
Bill secoua la tête, faussement agacé, mais souriant.
« - J'ai juste envie de marcher.
- C'est toi qui voit. »
Un dernier regard, et Bill tourna les talons. Il disparu au premier croisement. Les trois autres marchèrent jusqu'au premier arrêt de bus et attendirent. Ils n'étaient pas là depuis cinq minutes que Tom râlait déjà :
« - Le jour où ils seront à l'heure, il pleuvra des billet d'mille euros !
- Ca existe pas.
- Justement ! »
Ils se retinrent de justesse de faire remarquer à leur ami que s'il trouvait l'attente trop longue, il pourrait toujours rentrer à pieds. Leurs résidences respectives n'étaient, après tout, pas très loin. Heureusement pour Georg et Gustav, leur bus arriva rapidement.
Au bout d'un quart d'heure, les trois garçons descendirent du transport en commun et suivaient à présent leur trajet habituel. Comme tous les vendredi soirs, au bout de dix minutes de marche, Tom poursuivit seul son chemin. Les mains dans les poches, il n'était pas pressé de rentrer. Une fois de plus, il trouverait la maison vide, chose dont il n'avait aucune envie. Sa mère avait pourtant juré qu'elle ferait des efforts pour être plus présente. Il savait bien que tout cela ne resterait que des mots. Sa mère était incapable de changer.
Depuis l'enfance sa mère n'avait jamais été véritablement présente dans sa vie. Il était conscient qu'elle ne cherchait qu'à lui offrir une meilleure vie. Elle le lui avait suffisamment répété. Mais elle avait finit par négliger le côté relationnel. Toujours à son boulot, multipliant les heures supplémentaires. Parfois dans les bras d'un homme, pour il ne savait quelle raison. Elle lui en avait présenté certains, d'autres ne restaient que des noms glissés dans une conversation. Tom les avait tous détesté. Pourquoi ? Parce qu'il ne supportait pas l'idée qu'ils aient pu s'envoyer en l'air avec sa mère. Oui il était vulgaire. Mais il ne voyait pas la chose autrement. Mais tout l'amour qu'elle prodiguait à ces inconnus, elle ne le lui donnait pas à lui. Il était égoïste, il le savait. Mais elle aussi l'était. Combien d'anniversaire avait-elle manqué ? A combien de réunions parents-professeurs s'était-il retrouvé seul ? Beaucoup trop. Elle ne pouvait pas imaginer ce que c'était d'attendre sa mère, assis seul à une table, voyant défiler les mères des autres enfants. Chaque fois que la porte s'ouvrait, il espérait la voir. Mais ce n'était jamais elle. Et toujours la même excuse : le travail.
Arrivé devant chez lui, il hésita un instant. Une chance sur deux. Ou plutôt une sur mille. Tel qu'il connaissait sa mère, il trouverait un mot d'excuse sur la table de la cuisine, ainsi qu'une importante somme d'argent, et probablement un cadeau. Sans doute encore plus cher que la dernière fois. C'était le moyen qu'avait trouvé sa mère pour qu'il lui pardonne ses absences. Cela marchait bien au début. Mais les cadeaux se sont succédés, perdant leur intérêt. Sans doute croyait-elle pouvoir l'acheter ainsi. Avait-elle conscience qu'on ne pouvait pas s'offrir l'affection de quelqu'un avec des objets ? Sans doute pas.
Il finit par ouvrir la porte de son domicile et entra en traînant les pieds. Aucun bruit ne venait perturber le silence. Comprenant qu'il était seul, il soupira puis se dirigea vers la cuisine. Comme il l'avait prévu, il trouva un mot, un chèque, et un cadeau. Sans le lire, il jeta le papier, ne voulant pas connaître l'excuse de sa mère cette fois-ci. Il prit l'argent mais délaissa le paquet, refusant de l'ouvrir. Ce ne serait pas le premier qui finirait dans son armoire encore emballer dans son papier doré.
Il s'enferma dans sa chambre et s'allongea sur son lit, les bras croisés derrière la tête. Aujourd'hui encore, il se demandait pourquoi il prenait la peine de rentrer chez lui les week-ends puisque personne ne l'y attendait. Il n'aimait pas cette grande maison. Il n'aimait pas avoir le silence pour unique accueil. Et surtout, il n'aimait pas être seul. Sa seule consolation était les répétitions du samedi après-midi avec Georg et Gustav.
Ses yeux décrochèrent du plafond et dérivèrent sur le premier tiroir de son bureau. Il contenait sa délivrance. Cela faisait bien quatre ans que Tom ne prenait même plus la peine de la cacher. Sa mère n'aurait qu'à ouvrir ce foutu tiroir et elle tomberait directement dessus. Encore fallait-il qu'elle prenne la peine de venir jusque dans cette chambre. Il savait que ce n'était pas une solution. Il détourna son regard et le posa sur la fenêtre juste à côté de son bureau. Mais inlassablement, ses yeux finissaient toujours par revenir sur le premier tiroir. Il allait recommencer, il le sentait. Par manque ? Non. Ça il ne l'avait jamais éprouvé. Mais il en avait besoin. Il souhaitait juste oublier cette solitude qui lui bouffait l'âme, qui lui rongeait les veines. Celle qu'il éprouvait face à cette grande maison vide, mais surtout celle qu'il ressentait depuis plus de dix ans maintenant. Il voulait tout effacer, même pour quelques instants éphémères. Il rêvait de voler, de planer, ... tout simplement de toucher du bout des doigts, cette chose qu'on appelle bonheur. Tout cela ne rime à rien. Il le sait très bien. Et pourtant il se lève, se dirige vers son bureau et part à la recherche de sa délivrance. Elle est là, bien visible. Il s'en empara et la regarda, hésitant. Il se doutait qu'une fois les effets retombés, il pourrait difficilement se regarder dans une glace. Jusqu'à ce que cet incident se dissipe plus ou moins de sa mémoire et qu'il vive avec, comme toutes les autres fois. Mais c'était tellement tentant ...
Résolu, il ouvrit le sachet et en déversa une fine poudre blanche qu'il modela en ligne droite à l'aide d'une lame. Cinq centimètres. Suffisamment pour planer, mais pas assez pour y rester. Il ne voulait pas mourir de façon aussi stupide. A l'aide d'une paille, il renifla la ligne blanche. L'effet fut immédiat. Le monde tanguait un peu, mais cela ne lui donna pas de maux de tête ni de nausée. Non. Il était bien. Il avait l'impression de ne plus être prisonnier de son corps, comme si sa chair et son esprit étaient séparés. Une sensation à la fois drôle et enivrante. Il glissa doucement contre le mur sur lequel il était adossé. Il frissonna en sentant une petite brise en provenance de la fenêtre lui caresser le bas du dos, lui donnant la chair de poule. Il avait la sensation d'être un peu engourdi mais ce n'était pas désagréable. C'était comme être doucement bercé par les bras d'une mère lorsqu'on a sommeil. Cette idée le fit sourire puis glousser. Son rire emplit la pièce vide alors qu'il commença à tourner sur lui-même, riant à n'en plus pouvoir. La moindre chose avait un côté comique dans son esprit. Il aimait cette hilarité tout comme cette sensation de flotter, c'était tellement agréable ... Tellement différent de la réalité dans laquelle il devait vivre chaque jour. Il n'avait pas été le premier à craquer et ne serait probablement pas le dernier. Il se laissa lourdement tomber sur le sol mais ne ressenti pas la douleur. Tout lui semblait merveilleux. Alors pourquoi pleurait-il ?
- B & T -
Le week-end terminé, les quatre garçons retournèrent au lycée, chacun de leur côté. Depuis la première heure de cours, Tom n'avait pas décroché un mot. Étant habitué à ce genre de comportement, Gustav et Georg n'avaient pas posé de question, mais ce n'était pas vraiment le cas de Bill. Il avait tenté une approche puis avait renoncé face au regard noir de Tom.
Ils étaient à présent tous dans le salon, plus ou moins vautrés sur les fauteuils. Trois d'entre eux étaient passionnés par leur discussion, mais le quatrième se bornait à essayer de lire un livre dont il n'avait pas tourner les pages depuis dix bonnes minutes.
« - Alors Bill, et toi, ton week-end ? Nous on t'a en gros raconté le notre ce matin mais toi tu ne nous a pas dit ce que tu avais fait.
- En fait, j'ai pas eu une minute à moi.
- Comment ça ?
- Bah entre ma famille est mes potes de Thuringe, on peut pas dire que j'ai eu beaucoup de temps pour souffler. Même la nuit j'étais pas seul !
- Sam ? glissa Gustav, un sourire amusé sur les lèvres.
- Non, je l'ai pas encore vue. J'étais avec Mel.
- C'est qui ça ?
- Ma p'tite sœur de cœur.
- Va falloir que tu nous la présentes !
- Ôte-moi ce sourire pervers de ton visage ! Tu la touches et je te jure que je t'explose ! »
Gustav venait de recevoir un coussin en pleine figure et Georg était plié de rire face à la scène qui se jouait sous ses yeux lorsque Tom parla pour la première fois :
« - C'est bon, t'as finit de raconter ta vie ? »
Les trois garçons se calmèrent aussitôt. Chacun se rassit convenablement et fixaient Tom, attendant une explication.
« - J'ai pas du tout envie de vous entendre raconter vos conneries toute la soirée. »
Gustav et Georg restèrent silencieux mais Bill réagit au quart de tour. Taire ses pensées n'étaient pas dans sa nature :
« - Mais qu'est-ce qu'y te prend, bordel ? Toute la journée tu as fait une tronche de six pieds d'longs et tu n'as pas décroché un mot, sauf pour râler !
- Quoi ? C'est obligatoire d'être de bonne humeur, maintenant ?
- T'as le droit d'être mal luné mais t'en prends pas à tout le monde !
- Tu raconterais pas ta vie, je serais pas énervé ! »
Tom se leva, balança son livre et disparu dans la cuisine. Dans le salon, le blond et le châtain ne disaient rien. Bill se massait les tempes, soupirant, cherchant à comprendre le comportement de son colocataire. Il voulait éviter le conflit, mais son adversaire ne lui facilitait pas la tâche.
« - Écoute Tom, je peux comprendre que tu sois de mauvaise humeur, ça arrive à tout le monde.
- Fous-moi la paix.
- Mais c'est pas une raison pour t'en prendre à nous.
- Tu as raison, je vais juste m'en prendre à toi, ça te va comme ça ?
- Mais qu'est-ce que je t'ai fait ??
- Lâche-moi, c'est tout. »
Ne préférant pas prendre part, Gustav et Georg firent signe au brun qu'ils partaient, laissant les deux concernés à leur dispute. Oui ils fuyaient, mais les années leur avaient apprit qu'il valait mieux ne pas se retrouver face à la colère de leur ami. Resté seul, Bill se rendit lui aussi dans la cuisine. Tom regardait par la fenêtre, une canette de bière dans la main. Lorsqu'il remarqua la présence de l'androgyne, il changea de pièce et retourna au salon. Le brun le suivit, voulant des réponses à ses questions.
« - Tom je ... je sais qu'on se connait pas beaucoup toi et moi. Mais ... j'ai envie de t'aider. Alors ... si tu veux me parler, je serai heureux de t'écouter. Je te dois bien ça.
- Merci, mais non merci.
- Tu peux pas garder ça pour toi. Ça te fera du bien de te confier.
- Je t'ai dit non ! T'es sourd en plus d'être bouché ?! J'ai pas besoin de toi, c'est clair ?!
- Mais ...
- Ferme-la !
- Putain mais tu fais chier ! Je te propose mon aide et tu m'envoie bouler t'es vraiment trop con comme mec !
- Mais je t'ai rien demandé ! Tu peux pas comprendre, ok ?
- Pourquoi ? Parce que je suis qu'un putain de punk ?!
- Mais tu vas la fermer, oui ?! J'ai pas besoin de toi ! Je veux pas de ton aide ! Je veux pas de ta pitié ! Tout ce que je veux, c'est qu'on me foute la paix !
- Parfait ! »
Attrapant son portable et sa veste, Bill traversa le salon. Il n'était pas du genre à fuir, mais il sentait que s'il ne partait pas maintenant, cette histoire allait mal finir. Avant de franchir le seuil de la porte, il lança :
« - Reste dans ton monde avec tes problèmes et ta connerie ! J'en ai rien à foutre de toi ! »
La porte claqua, laissant Tom seul. Sa colère s'envola d'un coup. Il se laissa tomber à genoux. Il venait de repousser la seule personne qui avait montré un tant soit peu d'intérêt pour lui.
« - Bill a raison. Je suis vraiment trop con. »
Cette fois, il ne tiendra pas une semaine avant sa prochaine dose, il en était certain.
A suivre ...
Niveau orthographe, j'suis désolée mais je suis fachée avec les "s" et ça se ressent -.-"
