Catégorie : Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre : Friend-ship, romance, humour.
Rating : K. Non mesdames, je refuge d'être responsable de la mort de vos claviers u.u
Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le proteger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : Universal les a chopé avant moi. Merde alors u.u
Deux frères, deux mondes
Chapitre 5 : Accepter la main que l'on vous tend
Bill se tenait devant la porte de son appartement, hésitant à entrer. Depuis sa dispute avec Tom, l'androgyne squattait le canapé dans le salon de Georg et Gustav. Cela faisait trois jours maintenant. Le problème était que depuis leur altercation, Tom n'avait pas remit les pieds en cours. Il inspira, se donnant du courage, puis ouvrit la porte. Tout était noir. Les lumières étaient éteintes et tous les volets étaient fermés. Il s'approcha de la chambre, pensant y entendre un quelconque son, signalant la présence de son colocataire. Rien ne vint. A croire que l'appartement était désert. Il s'apprêtait à repartir lorsqu'il entendit des bruits provenant de la salle de bain. Il tenta d'ouvrir la porte mais la trouva close. Frappant timidement, Bill demanda :
« - Tom ? Tu es là ? »
Personne ne répondit. Un bruit sourd se fit entendre. Comme ... un corps qui tombe. L'androgyne commença à s'affoler. Il n'aurait jamais dû laisser Tom tout seul alors qu'il n'allait pas bien. Il le savait. Il l'avait senti. Et pourtant il était parti.
« - Tom réponds, j't'en prie ! »
Toujours rien. Bill paniquait de plus en plus. Comprenant que Tom ne l'aiderait pas, il prit son élan et défonça la porte. Son épaule le lançait mais il ne s'en préoccupa pas. De son regard, il fit rapidement le tour de la pièce. Tom était là, à moitié allongé sous la douche, l'eau froide coulant sur lui. Ses habits étaient trempés. Il grelotait, visiblement gelé, mais toujours conscient. Du moins partiellement. Il se pencha vers Tom et posa sa main sur son épaule. Celui-ci se dégagea et se calfeutra contre le mur.
« - Hey, calmes-toi. Ce n'est que moi. Bill.
- Va-t-en.
- Non. Je ne partirais pas alors que tu es comme ça.
- Tu es comme tous les autres. Alors laisses-moi.
- Comme tous les autres ?
- Toi aussi ... tu m'as laissé tout seul. »
Le brun ne comprenait pas grand chose et malheureusement, son interlocuteur ne semblait pas capable de lui répondre. Tom paraissait dans un état second.
« - Putain mais qu'est-ce que t'as prit ? T'es caisse ou quoi ? »
Bill retenta une approche et cette fois, ne rencontra aucune résistance. Doucement, il transporta Tom jusqu'à son lit. Il le déshabilla, le laissant en boxer, puis parti à la recherche d'une serviette lorsqu'il entendit un cri. Il revint aussitôt et trouva Tom en position fœtale. Il s'assit sur le lit, à ses cotés.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? »
Tom releva la tête et posa ses yeux dénués de toute émotion sur l'androgyne. Il se rapprocha de lui et l'attrapa par la taille.
« - Tu es encore là.
- Tu croyais que j'étais parti ? »
Les épaules de Tom se mirent à trembler alors qu'il enfouissait son visage dans les jambes du brun. Doucement, Bill commença à lui caresser le dos, cherchant à l'apaiser. Pendant que Tom pleurait contre lui, l'androgyne le séchait, essayant d'être le plus doux possible, ne voulant pas l'effrayer. Lentement, il se détacha de l'étreinte et obligea Tom à s'allonger. Celui-çi avait fermé les yeux, refusant de croiser le regard accusateur ou rempli de pitié du brun.
La serviette étant en sang, Bill entreprit d'en trouver une autre. Il se dirigea également vers l'armoire à pharmacie, tentant de faire un maximum de bruit, voulant rassurer Tom sur sa présence. De retour dans la chambre, l'androgyne regarda pour la première fois le corps de son colocataire. Des coupures et autres blessures parsemaient son corps faible. Dans sa folie, il semblait cependant avoir évité de s'en prendre à son visage. L'eau froide avait stoppé les saignements, mais le sang coulait à nouveau. Il entreprit de désinfecter chacune des plaies. Il vit le corps se crisper par moments.
« - Comment tu t'es fait ça ?
- ...
- Tom ... je te promet que je ne te jugerai pas.
- Menteur.
- Pourquoi tu n'as pas confiance en moi ?
- Pourquoi j'aurais confiance ?
- Et pourquoi pas ? Regardes-moi Tom. Je suis là, à coté de toi.
- Toi aussi tu m'abandonneras.
- Sincèrement, je ne sais pas. Ça dépend de toi.
- Pourquoi de moi ?
- Tu crois que tu pourras me supporter ? »
Un faible rire s'éleva, ce qui fit sourire Bill. Chacune des coupures étaient à présent soignées. Il attendit que Tom s'endorme, ce qui ne tarda pas, puis décida de ranger le désordre. Il se rendit dans la salle bain et constata son état lamentable. Il n'y avait pas fait attention la première fois. Les murs étaient tachés de sang, ainsi que le sol. Tout avait été saccagé. Les miroirs étaient brisées, les étagères renversées ... Visiblement, rien n'avait été épargné.
« - Bon. J'ai pas trop le choix. Au boulot ! »
- B & T -
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il ne vit que du noir. Rien ne filtrait à travers les volets. Il supposa alors que le jour avait fait place à la nuit. Il tourna la tête et tomba sur son réveil. Vingt-trois heures passé. Il retira les couvertures qui le couvraient et constata qu'on lui avait retiré ses vêtements.
« - Mais comment je suis arrivé là, moi ? »
Entendant des voix dans le salon, il décida de s'y rendre. Il trouva Bill avachit sur le canapé, zappant d'une chaîne à l'autre. Entendant la porte s'ouvrir, l'androgyne tourna la tête et croisa le regard de Tom. Il lui sourit avant de demander :
« - Tu vas mieux ?
- Je suppose que ... c'est toi qui m'a ... soigné.
- Exact. Et j'aimerais bien savoir ce qui t'a prit. »
Il ne répondit pas et se contenta de retourner dans sa chambre. Bill soupira, éteignit la télévision et le rejoignit. Il s'appuya contre l'encadrement de la porte, regardant Tom s'affairer à la recherche de quelque chose.
« - Tu cherches quoi ?
- Mes fringues. Elles sont trempées.
- Je les ai mise à sécher sur les radiateurs.
- Oh. Merci.
- Pas de quoi. »
Aucun des deux ne bougeait. L'un se demandait ce qu'il avait bien pu raconter pendant son délire, et l'autre cherchait un moyen de briser la glace.
« - Euh ... Tom. Je ... je te l'ai dit l'autre jour, je crois que je ne suis pas la meilleure personne qui puisse t'aider. Mais ... tout à l'heure, tu m'as demandé ... de ne pas t'abandonner. Alors je ... me demandais ... ce que tu attendais de moi.
Bill ne vit pas Tom pâlir. Ses mains commencèrent à trembler. Il ouvrit son armoire et commença à s'habiller, cherchant une excuse. Il ne se souvenait absolument pas de tout ce qui avait été dit. Il se maudissait d'avoir prit cette foutu dose alors que n'importe qui aurait pu le voir. Et il avait fallu que ça tombe sur LUI.
« - Écoute Bill je ... j'me rappelle plus de rien alors ... je sais pas ce que j'ai pu te dire. Je suis désolé que tu m'aies vu comme ça, j'étais pas dans mon état normal.
- Oui, ça j'avais bien vu. Mais qu'est-ce que t'a fait pour te retrouver comme ça ? On aurait dit que t'étais totalement caisse.
- Caisse ?
- Bourré, si tu préfères.
- Oh ... euh ... Non, c'était pas ça.
- Alors t'avais quoi ?
- Rien, t'en fais pas.
- Et t'espère que j'vais te croire ? »
Exaspéré par toutes ces questions, Tom soupira. Il attrapa son sac et sorti de la chambre, bousculant le brun au passage.
« - Tu vas où ?
- Ça ne te regarde pas.
- Mais ...
- C'est toi-même qui a dit que tu n'en avais rien à foutre de moi, alors laisses-moi tranquille ! »
Il quitta l'appartement en claquant la porte, laissant Bill seul, comme lui l'avait fait il y avait à peine trois jours.
- B & T -
Il était quatre heures du matin lorsque Tom rentra enfin. Malgré toutes ses précautions pour être silencieux, il réveilla son colocataire endormit devant la télévision allumée. Celui-çi se leva aussitôt et avança jusqu'au nouvel arrivant :
« - Enfin te voilà ! Ça fait des heures que je t'attends ! T'étais où ?
- Calme-toi, mec. Sois zen ! Je vais trèèèèèèès bien. »
Dire que Bill était étonné serait un euphémisme. Tom partait les nerfs à fleur de peau et revenait, planant à moitié, les pupilles dilatées. La lumière sembla se faire lorsqu'il remarqua la démarche hésitante et divaguante de Tom :
« - Mais tu es drogué !
- Mais c'est qu'il est intelligent le punk ! Tu auras mit du temps quand même !
- Oh putain j'le crois pas ! Mais comment tu peux sniffer ces saloperies ?! Ça te bouffe à petit feu, cette merde ! Ça va te décoller le cerveau ! Déjà que t'en as pas un gros ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un coloc comme toi ? J'suis pourtant pas un mauvais garçon ! Je te pensais pas si stupide ! Est-ce que tu te rends compte de ce que tu fais ?! T'es un grand malade ! »
Tom regardait l'androgyne faisant les cent pas, ne comprenant rien au flot de paroles qu'il débitait. Il se massa les tempes, sentant le mal de crâne venir.
« - Arrête ton bordel, tu m'donnes le tournis ! »
Bill se tourna alors vers lui, l'air furieux :
« - Parce que tu crois que ça m'amuse ?! T'es un abruti finit, crétin ! »
L'abruti en question allait répliquer mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Il posa sa main sur son torse, une grimace déformant son visage.
« - Me sens ... pas très bien. »
Avant que Bill n'est pu faire quoi que soit, Tom disparu dans la pièce voisine, une main plaquée sur la bouche. Le regardant s'enfuir, le brun passa une main sur son visage, visiblement lasse :
« - Qu'est-ce qu'il va encore me faire, cet enfoiré ? »
Il le retrouva agenouillé à coté des toilettes, haletant, les larmes aux bords des yeux. Sa colère retomba aussitôt. Face à lui, il n'avait plus un adolescent rebelle et arrogant, mais un petit garçon perdu. Il s'agenouilla à ses coté et lui caressa le dos :
« - Vas-y, te retiens pas. Laisse sortir cette saloperie. »
Dix minutes plus tard, Tom était allongé sur la canapé, la tête sur les genoux de Bill. Celui-ci jouait négligemment avec les dreads qui s'étaient échappées de leur attache.
« - Laisse-moi t'aider Tom. Je veux pas te faire de mal. Je veux juste ... te sortir de là.
- Je suis pas accro, tu sais. C'est juste que ... parfois ... ça me fait du bien.
- Deux fois en moins de deux jours, tu appelles ça comment si c'est pas de la dépendance ?
- Tu n'as toujours pas comprit. Cette drogue ... elle m'aide à fuir.
- Alors cesses de fuir et regardes la réalité en face.
- Je peux pas. Elle me plaît pas cette réalité.
- Pourquoi ?
- Parce que j'y suis tout seul. »
Trop de questions se bousculaient dans son esprit mais Bill sentait que ce n'était pas le meilleur moment pour les poser. Tout ce dont Tom avait besoin pour le moment, c'était du réconfort. Il n'avait que faire de la curiosité d'un étranger.
« - Tu n'es pas seul. Tu as tes parents.
- Je connais pas mon père et ma mère n'est jamais présente. J'ai plus de conversation avec le concierge de ce foutu lycée qu'avec ma chère génitrice.
- Je vois. Dans ce cas tu as ... Georg et Gustav !
- Je leur suis reconnaissant pour tout ce qu'ils m'apportent. Mais aucun ne me connait vraiment. Ils ne voient que le Tom que je veux bien leur montrer.
- Pourquoi tu te caches comme ça ?
- Je me suis toujours caché. Depuis que je suis tout petit, je mens à tout le monde. »
Bizarrement, Bill sentit que son cœur s'était serré. Il n'était pas encore très attaché à lui, mais il était déçu d'apprendre que Tom n'avait pas été franc avec lui. Le mensonge était quelque chose qu'il avait du mal à tolérer.
« - A tout le monde sauf à toi.
L'androgyne écarquilla les yeux de surprise. La phrase n'avait été qu'un murmure, et pourtant il l'avait entendu. Toujours sur ses genoux, Tom fuyait son regard, les joues légèrement rougies. Par la gêne probablement. Bill aussi sentit son visage s'empourprer. Cela n'avait rien d'une déclaration, mais cela faisait toujours plaisir d'entendre dire que l'on était plus ou moins spécial aux yeux d'une personne.
« - Il y a moins d'une semaine, on a tout recommencé à zéro. Je veux pas le faire encore une fois. Je refuse d'oublier tout ce qui s'est passé ces derniers jours. Après tout, y a eu des bons moments quand mêmes. D'accord on a encore dérapé. Mais ... si tu me laisses t'approcher je te promet de t'aider. C'est stupide, mais j'aime bien être avec toi.
- Pour de vrai ? Tu dis pas ça juste pour me faire plaisir ?
- J'te jure que c'est vrai. Si tu veux, je peux t'aider à décrocher.
- Et comment tu feras ?
- Ben ... tu m'as dit que si tu prenais cette connerie, c'était parce que tu fuyais la solitude, non ?
- Oui, et ?
- Si tu veux ... chaque fois que tu te sentiras seul, tu me feras un câlin.
- QUOI ? T'es sérieux ?
- Bah quoi ?
Tom devait reconnaître qu'il s'attendait à tout, sauf à ça. Il fixa son homologue, attendant le moment où il lui annoncerait que tout ceci n'était qu'une vaste blague. Mais rien ne vint. Dans ces yeux noisettes face aux siens, il ne lisait que de la sincérité. Il avait envie d'y croire. Bill était la première personne a s'intéresser à lui, cherchant à voir au delà des apparences. Alors sans vraiment savoir pourquoi, il voulait lui faire confiance.
Il sentit un sourire fleurir sur ses lèvres, tandis qu'une douce chaleur enveloppait son cœur. Il le fixa sans ciller lui montrant par là qu'il lui laissait une chance de savoir qui il était vraiment.
- B & T -
Allongé sur son lit, Bill ne cessait de se tourner et se retourner sous ses couvertures, cherchant le sommeil. Il soupira de soulagement en entendant un cri un peu plus aigüe que les autres. La nouvelle copine de Tom venait visiblement d'atteindre enfin l'orgasme. Ne distinguant plus aucun bruit inhabituel, l'androgyne espérait pouvoir enfin rejoindre le royaume de Morphée, mais visiblement la demoiselle n'était pas de cet avis :
« - Comment tu peux me faire ça ?
- Je ne t'ai pas promis le mariage non plus !
- Mais ... mais ... Tu ne peux pas me jeter après ce qu'on vient de faire !
- Navré chérie, mais je vais pas changé de mode de vie juste pour toi. Une fille, une nuit. Point barre. »
Bill grogna et enfouit sa tête sous son oreiller. Il devait déjà enduré leur parties de jambes en l'air, Tom pourrait au moins lui épargner les scènes de rupture. Encore une gourde qui avait cru au grand amour. Qui était-elle cette fois ? Sabrina ? Katie ? Anne ? De toute façon, ça ne changeait rien au problème.
Rageant contre la libido de Tom, il alluma sa lampe de chevet et attrapa le premier bouquin qui lui passa sous la main, renonçant à dormir avant le départ de l'autre garce. Malheureusement pour lui, il ne parvint pas à se concentrer :
« - Et voilà qu'elle pleure maintenant. Mais qu'il l'a foute dehors et on en parle plus, merde ! »
Pestant deux fois plus, il s'empara de son MP3 et le plaça sur ses oreilles, mettant le son au maximum. N'entendant plus les cris de la jouvencelle, il reprit son livre et se replongea dans l'histoire de cet homme étrange, prétendant être tombé amoureux de la lune (1).
Le silence régnant autour de lui le réveilla. Il constata qu'il s'était endormit, sans s'en rendre compte. Son MP3 avait fait le tour de toutes ses chansons et s'était arrêté automatiquement. Il referma son livre et enleva ses écouteurs. Il s'apprêtait à éteindre la lumière pour finir sa nuit lorsqu'un faible rire se fit entendre. Curieux, il se leva et sortie de sa chambre. Le salon étant désert, il en conclu que Tom ne pouvait être que dans sa chambre. Bill s'arrêta devant la porte, hésitant. L'autre traînée était peut-être encore là et il n'avait aucun envie de les surprendre en pleine action.
Prenant son courage à deux mains, il finit par ouvrir la porte. Tom était là, allongé sur le sol, le sourire aux lèvres. L'androgyne ne remarqua pas tout de suite les larmes sur les joues de son colocataire. Lorsque ce fut le cas, il se précipita vers lui et s'agenouilla à ses côtés. Quand Tom remarqua sa présence, son visage se ferma.
« - Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je suis juste venu voir comment tu allais.
- Je vais bien. Alors laisse-moi s'il te plait. »
Tous deux savaient que c'était faux. Mais il est toujours plus facile de fuir la réalité plutôt que de l'affronter. Le brun comprit tout de suite ce qui s'était passé. Il avait fallut que Tom retouche à cette saloperie.
« - Tu m'avais promis de m'en parler. »
Tom voulu d'abord nier. Mais la tristesse qu'il vit dans les yeux de l'androgyne l'en dissuada. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi son état préoccupait autant son colocataire. Ce n'était pas comme s'ils étaient amis. L'esprit bien trop embrouillé, il ne chercha pas de réponse. Néanmoins, il ne voulait pas d'une autre dispute. Il n'avait pas assez de force psychologique pour ça en ce moment. Préférant jouer carte sur table, il répondit simplement :
« - Tu dormais, j'ai pas voulu te réveiller. »
Ils restèrent là, à même le sol, s'observant. Bill aurait pu choisir de partir. Il aurait pu quitter cette pièce, refermer la porte derrière lui et retourner se coucher. Le lendemain, il aurait fait comme si de rien n'était. Et peut-être aurait-il renoncer à leur pseudo amitié qui semblait avoir tant de mal à voir le jour. Au lieu de ça, il se releva et prit Tom dans ses bras. Encore sous l'effet de la drogue, celui-ci n'opposa aucune résistance. En douceur, Bill amena Tom jusqu'à son lit. Comme la dernière fois, il lui retira ses vêtements et l'installa sous les couvertures. Il s'apprêtait à partir lorsqu'une main le retint :
« - Me laisse pas tout seul. »
Il ne répondit pas, se contentant de fixer un point invisible, semblant peser le pour et le contre. Tom attendait, refusant de lâcher son emprise. Voyant les secondes s'écouler sans que l'androgyne ne réagisse, il perdit espoir. Il aurait dû se douter que toutes ses belles paroles n'étaient que du vent. Il préféra détourner les yeux et lâcha prise, rendant au brun sa liberté. Bill le contempla quelques instants puis souleva les couvertures avant de se glisser entre les draps et d'éteindre la lampe de chevet. Tom fut plus que surpris et se retourna, cherchant le regard de l'androgyne malgré la pénombre.
« - Je t'ai fait une promesse, et j'ai bien l'intention de la tenir. »
D'abord distant, Tom se rapprocha lentement du brun, et sans qu'il ne comprenne comment, il se retrouva calé contre un torse, entouré de deux bras rassurants. Sentant les doigts de Bill dessiner des arabesques sur son dos, il finit par se détendre complètement pour pouvoir profiter pleinement de l'étreinte.
« - Je croyais qu'on était d'accord. Tu étais sensé venir me voir si tu te sentais mal.
- Je sais. Mais ... je voulais pas te déranger. Et puis je ne savais pas si tu étais sincère ou non l'autre jour. Alors je me suis débrouiller pour ne pas passer la nuit seul. D'habitude ça marche, tu sais. J'me fais une fille et je suis de nouveau d'aplomb. Mais cette fois, ça n'a pas suffit. Quand elle est parti, j'me suis sentie encore plus mal qu'avant. J'ai essayé de résister tu sais. Je voulais pas prendre cette foutu drogue. Mais tu n'étais pas là et ... j'ai ... craqué. »
Bill resserra son étreinte, entremêlant leurs jambes. Tom se blotti un peu plus contre lui, bien décidé à ne pas le laisser partir. Sa tête posée contre le buste du brun, il se sentait en sécurité.
« - Je veux plus te voir comme ça. Je t'ai pas raconté de connerie, tu sais. La prochaine fois, viens me voir. Même si pour ça tu dois me réveiller.
- D'accord.
- Promis ?
- Promis. »
Tom ne pu s'empêcher de sourire et entoura à son tour la taille du brun. Bercé par ce battement de cœur régulier qu'il entendait, il se sentait gagné par le sommeil. Mais avant de sombrer il demanda, légèrement inquiet :
« - Tu seras toujours là pour moi, hein ?
- J'te le promet. »
Rassuré, il finit par s'endormir, souriant toujours. Aucun des deux ne comprenait vraiment ce qui était en train de se passer. La vie les rapprochait alors qu'ils n'avaient pas grand chose en commun, et pourtant ils ne faisaient rien pour arrêter cet étrange lien qui semblait se tisser entre eux.
- B & T -
A leur réveil, aucun des deux n'avait reparlé de leur étrange nuit. Le brun n'avait pas tenté d'approche, ne voulant pas risquer de le braquer encore une fois. Son colocataire n'avait pas non plus chercher à s'expliquer et était parti à son cours de musique pendant que l'androgyne passerait la matinée dans leur appartement. Bill leva la tête de son livre lorsque que Tom entra. Remarquant qu'il n'allait pas très bien, le brun le rejoignit rapidement. Son colocataire cachait une partie de son front avec sa main.
« - Montre-moi. »
Tom hocha négativement de la tête mais se laissa faire lorsque Bill le traîna jusqu'au salon et l'obligea à s'assoir. Il consentît enfin à baisser son bras, dévoilant une coupure au dessus de son œil gauche. L'androgyne grimaça :
« - Ouch ! Attends-moi trente secondes, je vais te chercher quelque chose.
- L'infirmière me l'a déjà désinfecté, répliqua Tom en grognant.
- T'occupe, je sais ce que je fais. »
Bill revint de sa chambre, un pot blanc dans les mains, ainsi qu'une serviette humide
« - J'ai l'habitude des coupures de ce genre. Approches que je te mette ça. Ça va calmer ta douleur et favoriser la cicatrisation. Mais ça risque de piquer un peu. »
D'abord hésitant, Tom approcha finalement son visage de celui de Bill pour qu'il puisse lui appliquer son remède.
« - On a pas idée de se battre comme ça !
- Tu ne sais rien de cette histoire alors s'il te plait, ne me juge pas !
- T'énerve pas ! Je dis juste qu'il aurait pu te poignarder. Un peu plus bas et tu y perdais ton œil !
- J'avais le dessus jusqu'à ce qu'un de ses amis lui refile un couteau, répondit doucement Tom en le laissant lui masser le front. Pourquoi as-tu souvent ce genre de blessures ?
- Il n'est pas rare que je doive me battre. Les snobs sont une majorité sur terre, tu sais. Ferme ton œil.
Tom obtempéra et fut surpris de ressentir peu de souffrance.
« - Merci, tu ne peux pas savoir combien ça fais du bien.
- Crois-moi, je ne le sais que trop !
D'une main, il écarta les dreads qui le gênaient pour mieux voir la coupure et l'examina comme s'il voyait ce genre de choses tous les jours.
« - Encore heureux que tu n'aies pas besoin de points de sutures.
- Ouais ...
- Dis-moi, pourquoi tu t'es battu avec lui ?
- Il a dit quelque chose ... qu'il n'aurait pas dû, c'est tout. On n'a plus d'aspirine, hein ?
- Non, tu as pris la dernière l'autre jour.
- C'est pas grave, je sens plus grand chose de toute façon. Merci.
- De rien. Tu veux vraiment pas me dire ?
- Non.
- Tête de mule !
- B & T -
Bill mangeait du pop-corn allongé sur le sofa devant sa télévision. Ses cours s'étaient terminés il y a une heure environ tandis que Tom devait encore se rendre en classe de musique. Alors qu'il essayait de suivre l'intrigue de ce film qu'il avait pris en cours de route, son colocataire franchit la porte d'entrée.
« - Il commence à faire froid, non ?
- C'est ta tête d'eau qui commence à geler.
- Ha ha. Très drôle.
- Ta blessure, ça va mieux ?
- Mais oui, t'inquiète. Ça fait déjà une semaine de ça.
- Elle devait être profonde, quand même.
- Possible.
- Et les autres ?
- On avait dit qu'on en parlait plus.
- Tu ne m'empêcheras pas de m'inquiéter. Tu ne te rend pas compte de la peur que tu m'as fait. Ce n'est pas toi qui a trouvé ton coloc allongé dans la salle de bain, couvert de coupures en tous genres. »
La voix de l'androgyne s'était faite plus dure, témoignant ainsi de sa réelle inquiétude. C'est pourquoi Tom préféra être franc.
« - Je vais bien, ne t'en fait pas. Qu'est-ce que tu regarde ?
- J'en sais trop rien. Un truc d'enquêtes policières, apparemment. Mais j'ai pas vu le début, je suis un peu largué. »
Il s'assit convenablement, laissant ainsi plus de place au nouvel arrivant pour qu'il puisse s'installer. Bill replongeait dans l'intrigue lorsque Tom lui demanda :
« - Les gars et moi on a l'intention de faire une fiesta ici, tu seras des nôtres ?
- Sincèrement ? Je pense pas. Je vais faire tâche dans le décor. Puis j'ai pas envie de passer la soirée à être fusillé du regard et critiqué de toute part !
- C'est parce qu'ils te connaissent pas ! Tu es génial comme mec !
- V'là le snob qui me fait un compliment ! J'aurais tout vu !
- S'il te plaît ! »
Bill détourna les yeux de l'écran télé et les posa sur son voisin :
« - Écoute ... je suis heureux que tu m'invite à ta fête. Vraiment. Ça me touche beaucoup, tu sais. Mais regarde la réalité en face : les trois quart de tes convives ne peuvent pas me voir en peinture. Je veux pas plomber l'ambiance.
- Mais si t'es pas là ... ce sera pas pareil !
- Désolé mais je refuse l'invitation. »
Sans plus d'explication, il se retira dans sa chambre. Il s'installa confortablement sur son lit pour regarder la télé lorsque Tom entra, l'air vexé.
« - Je suis si désagréable ? Y'a la télé dans le salon aussi, tu sais ! »
Aucune réponse ne lui parvint. Il ne voulait pas rester sur ce semblant de dispute. Ne sachant pas vraiment comment briser la glace, il fixa l'écran, voyant défiler les émissions selon sur quoi zappait son coloc'.
« - Hey ! Tu as combien de chaînes !
- Soixante quatre, répondit Bill en allant un peu plus vite, semblant chercher quelque chose de bien précis.
- Tu as le satellite !
- Bravo, bonne déduction !
- La classe ! Je vois qu'on se refuse rien. Quand je pense que je dois me contenter des chaines de bases. C'est injuste !
- Pauvre chou. J'y peux rien si c'était comprit dans le prix.
- Qu'est-ce que tu regardes ? »
L'androgyne pointa la télévision, où un générique de début d'animé défilait. Le sourire de Tom s'étira rapidement.
« - J'adore cette série ! Ça doit faire des siècles que je ne l'ai pas vu ! Fais-moi une petite place !
- Tu es trop gros, tu ne rentres pas dans mon lit. Contrairement à toi, j'en ai pas un deux places.
- Mais si, regarde. »
Il grimpa sur le lit et repoussa gentiment le brun, s'installa derrière lui.
« - Intelligent, mais j'ai perdu mon oreiller !
-Pas de problème. »
Tom écarta les jambes et l'attira contre lui, s'offrant comme support. Bill voulut protester mais compris qu'il n'avait que de bonnes intentions. Il se laissa donc faire et se détendit, écoutant avec attention l'émission qu'il adorait. Il ne repoussa pas non plus les deux bras qui vinrent entourer sa taille, ni la tête qui vint se loger au creux de son épaule. Ils n'avaient pas eu de contact physique depuis la dernière crise de Tom, ce qui amenait l'androgyne a se poser de nombreuses questions. N'avait-il pas retoucher à la drogue ? Ou avait-il encore eu des remord à l'idée de le déranger ? Ce qu'il redoutait par dessus tout, c'est que Tom n'ai pas fait assez confiance en lui pour venir le voir.
Son regard dériva sur l'écran télé, laissant de côtés toutes ses questions et ses doutes.
Le générique de fin enfin terminé, Tom demanda :
« - Dis-moi Billou ... ça fait mal ?
- Qu'est-ce qui fait mal ?
- Ton arcade ... tu as un truc planté dedans, je te rappelle ! Ça fais mal ?
- Tu sais, à force je le sens plus. Mais pour te répondre, ça fait pas mal. Quand on te perce, ça pique plus qu'autre chose. Mais après, je suppose que ça dépend des personnes. Cependant je peux te dire que ça fait vachement moins mal que la langue !
- La langue ? »
Pour toute réponse, Bill se décolla du torse de son coloc et tourna la tête vers lui et lui tira la langue, dévoilant ainsi une petite boule jaune et bleu. Il sourit face au regard surprit de Tom.
« - Bien ça alors, rigola-t-il C'est cool..
- Sur la langue, ça m'éclate. Je peux jouer avec pendant les cours où je m'ennuie ! Mais par contre, si quand on te perce tu sens pas grand chose, la semaine qui suit est un cauchemar ! Tu ne peux plus rien manger de solide et ça fait un mal de chien quand tu parles ! Pourquoi tu demandes ?
- Ça m'a toujours intrigué, en fait. Depuis le premier jour où tu étais assis près de moi en Géo-politique. J'étais curieux... et je dois avouer... que j'aimerais me faire un pierçing. »
Bill se détacha complètement de leur étreinte et s'assit face à lui, les yeux brillant, un immense sourire aux lèvres.
« - Wouah ! Ben fais-le ! Où ça ? »
Tom haussa les épaules en signe d'ignorance. Il n'y avait que très peu de temps que cette idée lui était venue.
« - Je sais pas trop. On dit qu'à l'oreille, ça fait tapette. Sur le nez, je trouve ça absolument horrible, quand à la langue, j'avoue que ça me tente pas du tout vu ce que tu viens de dire.
- On a la trouille ? »
Refusant de le reconnaître, Tom lui tira la langue, ce qui fit rire le brun.
« - Et pourquoi pas la lèvre ?
- Sérieux ?
- Oui ! Moi j'adore ! Mais faudra que tu choisisse si tu le veux au milieu ou sur un côté.
- Je sais pas trop.
- Tu serais trop mignon ! Aller, fais-le !! S'il te plaît ! »
Tom hésitait et Bill le comprit rapidement. Il lui attrapa les mains et le supplia, faisant des yeux implorants.
« - J't'en prie ! Je connais un endroit parfait ! Ils stérilisent tous leurs appareils, ils changent d'aiguille à chaque pierçing et en plus, ils y vont pas à la mode barbare ! Ça coûte pas cher vu ton rang social. Aller dis oui !
- D'accord, d'accord. accepta Tom en riant. On ira le week-end prochain. »
L'androgyne leva la main en signe de victoire, mais Tom l'arrêta bien vite :
« - À une condition !
- Laquelle ?
- Tu dois te déteindre ta crinière !
- Quoi ! Noooon ! Je refuse !
- Ah ! C'est la condition. »
Bill se mordit la lèvre inférieur, les sourcils froncés, réfléchissant à une autre alternative.
« - Mais comment tu veux que je fasse ? Ce genre de teinture ne s'en va pas, faut juste attendre que les cheveux repoussent. Et puis, ma tignasse a rien d'extraordinaire, tu sais. C'est pour ça que j'utilise des colorations.
- Mais j'aurais aimé te voir avec ta vraie couleur. Au moins une fois.
- Pour être franc, ma tignasse a exactement la même couleur que la tienne.
- T'es sérieux ?
- Absolument.
- Bah on aura au moins un point commun !
- Idiot !
- Bon. Puisque pour la décoloration, c'est mort, je veux qu'en échange, tu nous accompagnes Georg, Gustav et moi lors de notre prochaine répétition.
- Répèt' de quoi ?
- J't'ai pas dit ? Les gars et moi on a monté un groupe de musique Gus à la batterie, Georg à la basse, et moi à la guitare.
- Guitariste, toi ? Tu sais donc faire quelque chose de tes dix doigts, félicitation !
- Bill !
- Ok j'arrête mes conneries, mais pourquoi tu veux que je vienne ?
- Tu n'es pas du genre à être gentil et hypocrite, on pourra donc avoir une véritable critique sur notre musique.
- Je dois le prendre comment, là ?
- T'as comprit ce que j'ai voulu dire ! Aller, s'il te plaît ! Les seuls avis qu'on ait eu sont ceux des filles que l'on drague à longueur de journée.
- Personne vous oblige à le faire.
- On s'en fout, c'est pas le sujet. Alors tu marches ?
- Après tout, pourquoi pas ? C'est ok, un pierçing contre une répèt ! »
Ils se serrèrent la main en signe d'accord. Bill n'avait toujours pas lâché son sourire :
« - J'ai hâte d'être au week-end prochain ! »
A suivre ...
(1) L'homme qui tomba amoureux de la lune, par Tom Spanbauer
