Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour.

Rating : K. Non mesdames, je refuge d'être responsable de la mort de vos claviers u.u

Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le proteger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Universal les a chopé avant moi. Merde alors u.u

Note de l'auteur 1 : Bonne nouvelle, je suis de retour ! Les révisions et les partiels sont enfin terminés (exams de merde !), et après avoir cassé ma tirelire, me revoilà avec un ordi qui fonctionne u_u Maintenant, faut juste que je me mette à jour et que je tape à l'ordi les pages que j'ai noircis à la main depuis le début de toute cette merde. J'vais engagé de la main d'oeuvre, je crois T_T

Note de l'auteur 2 : Chieuse et insatisfaite que je suis, j'ai remodifié ma fic. Ce qui fait que les chapitres précédents sont rallongés. Donc ne vous étonnez pas si a comme un ch'mile :) Mais dîtes vous que comme ça je posterai les nouveaux chapitres plus vite !


Deux frères, deux mondes
Chapitre 6
: Des hauts et des bas

Georg regardait la télévision, une canette de soda à la main, lorsque Gustav sorti de la salle de bain et vint s'asseoir à ses côtés. Il s'agitait sur son siège, changeant sans cesse de position. Incapable de rester tranquille, il demanda :

« - T'as pensé à ta dissert de philo ?

- J'ai encore le temps, on verra ça demain.

- Georg, ça va faire une semaine que tu dis ça. Je te rappelle que tu n'as plus que trois jours.

- Fais chier. »

La discussion s'arrêta là. Connaissant son colocataire depuis longtemps déjà, le bassiste savait que quelque chose le tracassait. Il préféra attendre qu'il parle de lui même, plutôt que d'aborder le sujet et risquer de tuer cette conversation avant qu'elle n'ait eu lieu. Il reporta donc son attention sur sur le film.

« - Dis-moi.

- Je savais bien qu'il y avait autre chose. »

Gustav sourit, conscient de s'être fait prendre. Deux ans de vie commune leur permettait souvent d'anticiper les gestes ou les phrases de l'autre, ce qui pouvait se révéler très utile dans certaines situations. Aucun ne détournait les yeux de l'écran. Il était plus facile pour eux de dialoguer lorsqu'ils ne regardaient pas leur interlocuteur en face.

« - Tu le trouves pas bizarre Tom, en ce moment ?

- Tu veux dire plus que d'habitude ?

- Ouais. Il vient plus en cours, il parle pas beaucoup, ... et il a un comportement étrange avec Bill. En plus ils n'arrêtent pas de s'engueuler.

- Qu'est-ce que tu voudrais qu'on y fasse ? Il faut qu'ils apprennent à vivre ensemble, c'est tout. On va quand même pas passer nos soirées à les materner et à les surveiller pour éviter toute bagarre ! Si vraiment ça devient invivable, faudra que l'un des deux se dévoue et change d'appart.

- Ouais, t'as sûrement raison. N'empêche, je trouve ça louche.

- Tu es trop parano, vieux. Qu'est-ce que tu veux qu'il y ai entre ces deux là ?

- B & T -

Bill sortait de son cours d'allemand et s'affairait à présent à déposer certaines de ces affaires dans son casier pour alléger son sac à dos. Tom et Gustav étaient à leur cours de musique, tandis que Georg était Dieu seul savait où. Probablement en train de courtiser sa prochaine victime. L'androgyne ne demandait rien à personne lorsque quelqu'un le percuta. Habitué, il ne se retourna pas et fit comme si de rien n'était. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait depuis qu'il était dans ce lycée, et quelque chose lui disait que ce ne serait pas la dernière.

« - Désolée, j'l'ai pas fait exprès.

- Pas grave. »

Bill referma son casier et s'apprêtait à partir lorsqu'il remarqua que l'inconnue était toujours là. De taille moyenne, les cheveux bruns, jusqu'aux épaules, elle semblait être une jeune fille comme les autres. La tête de mort qu'elle portait en ras de cou pouvait laisser penser qu'elle se complaisait dans le genre gothique, mais ses vêtements n'étaient pas assez sombre pour la classer dans cette catégorie. Il lui lança un regard noir, mais elle le fixait toujours. La tête légèrement penchée sur le côté, elle semblait l'examiner. Perdant patience, il finit par demander :

« - Quoi ? Pourquoi tu me regarde comme ça ?

- Tu es Bill, c'est bien ça ?

- Comment tu peux savoir ça ?

- J'ai beaucoup entendu parler de toi.

- Ça me rassure pas vraiment, là, tu vois. »

Devant la mine renfrognée qu'affichait le brun, la demoiselle ne pu s'empêcher de rire. Le sourire toujours aux lèvres, elle lui tendit sa main, qu'il serra rapidement :

« - J'm'appelle Mood.

- Mood ? Bizarre comme prénom.

- Mon vrai nom c'est Céline. Mais mes amis m'appellent Mood.

- Enchanté.

- Tu déjeunes avec moi ?

- Tu n'as pas peur de t'afficher avec un "punk" ?

- Non, pourquoi ? Je traîne avec qui je veux. Je vais pas vivre en fonction des autres.

- Tu m'plais bien, toi !

Mood le regarda, confuse, puis lui sourit.

« - T'en mieux ! Parce que toi aussi tu m'plais bien !

L'attrapant par la manche de son uniforme, elle l'entraîna jusqu'à la cafétéria. Cela faisait un moment maintenant qu'elle voulait lui parler. Elle avait longtemps observé les choses de loin, mais sa curiosité l'avait emporté et poussé à faire sa connaissance.

« - Ça ne me dis pas comment ça ce fait que tu me connaisse.

- Tu ne passes pas vraiment inaperçu. Et on parle beaucoup de toi ici. »

Mood ne se dirigea pas vers la file d'étudiants mais s'installa directement à une table. De son sac de cours, elle sortie plusieurs paquets de chips, de gâteaux au chocolat, ainsi qu'un pot de Nutella.

« - Vas-y sers-toi.

- Tu comptes manger ça maintenant ?

- Bah oui, pourquoi ? Y a pas d'heure pour du Nutella ! Je le mange à la cuillère, mais j'en ai une deuxième si tu veux.

- Euh ... non merci, ça ira. J'aime pas ça.

- Sérieux ? Alors là j'hallucine ! Tu es bien la seule personne que je connaisse qui n'aime pas ça !

- Tom aussi déteste ça, tu sais ?

A l'entente de ce prénom, la jeune fille afficha un drôle de sourire auquel Bill ne prêta pas attention. Il venait sans le savoir d'aider Mood à aborder le sujet principal de cette conversation :

« - En parlant de Tom, je trouve qu'il a beaucoup changé à ton contact.

- Comment ça ?

- C'est vrai qu'il saute toujours autant de pouffes, mais je crois que sa vision des choses a évolué.

- Tu voudrais pas être un peu plus clair ?

- Est-ce que tu sais pourquoi il s'est battu l'autre jour ?

- Il n'a pas voulu m'en parler. Je le comprend, ce ne sont pas mes affaires. Mais c'est quoi le rapport ?

- Tu es tout de même plus ou moins impliqué.

- Bordel, Mood, tu vas arrêter de parler à demi-mots ? Tu sais quelque chose qui me concerne et que j'ignore, ce qui m'énerve au plus haut point ! »

Le regard de la demoiselle se fit beaucoup plus doux. Finalement, elle n'avait peut-être pas choisit la bonne méthode pour lui parler de tout ça. Elle croyait pourtant avoir réussi à le cerner. Elle avait dû négliger un détail. Ou bien il était peut-être encore trop tôt.

« - Je suis désolée. Je voulais juste que tu le sache, et au lieu de ça, je te fous en rogne.

- Écoute, on oublie tout ça si tu me dis enfin ce que tu sais sur cette bagarre.

- Ok. S'il s'est battu ce jour là, c'est à cause de toi. »

- B & T -

La porte de l'appartement s'ouvrit brusquement, cognant violemment contre le mur, et fit sursauter les trois occupants. Georg, Gustav et Tom n'osaient plus faire le moindre gestes. Bill était là, devant eux, les poings crispés, visiblement au bord de la crise de rage.

« - Comment est-ce que tu as pu faire ça ?!? »

Les trois garçons se regardèrent, perdus. Voyant le regard noir de l'androgyne diriger vers lui, Tom en conclu qu'il était le principal concerné. Il se leva et fit quelques pas en direction du nouvel arrivant, le plus calmement possible :

« - Calme-toi. Et si tu me disais de quoi tu parles, ce serait un bon début.

- Cette bagarre que tu as lancé ne me regarde absolument pas, n'est-ce pas ? Cette blessure que tu as sur l'arcade ne me concerne pas le moins du monde, pas vrai ? Bordel Tom, pourquoi tu m'as rien dit ? »

L'interpellé ne disait rien. Il ne savait tout simplement pas quoi répondre. De leur côté, Georg et Gustav s'étaient consultés du regard et étaient parvenus à la même conclusion : mettre les voiles au plus vite. Ils rassemblèrent leurs affaires et franchirent la porte d'entrée sans qu'aucune parole ne soit échangées. Ces derniers jours leur avaient appris qu'il n'était jamais bon de rester dans les parages lorsque ces deux-là entraient en conflit. Une fois seuls, Tom reprit le dialogue :

« - Qu'est-ce que tu sais exactement de cette histoire ?

- Je sais juste que l'autre abruti à dit quelque sur moi et c'est là que tu l'as frappé.

- J'allais pas le laisser t'insulter sans rien faire !

- Mais merde, Tom ! Tu vas pas provoquer une bagarre avec tous ceux qui m'insultent !

- Ça te dérange tant que ça, que je te défende ?

- Mais j'ai pas besoin de toi ! »

Touché bien plus qu'il ne l'aurait cru, le guitariste ne répondit pas et baissa la tête. Bill soupira et se prit le visage entre les mains, las. Il s'assit sur le sofa, avant de reprendre d'une voix plus douce :

« - C'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais sois réaliste s'il te plaît. Dans ce lycée de snob, j'me fais injurier toutes les trois minutes. Ce n'est pas parce que tu ne les entends pas qu'ils ne le font pas. J'suis pas aimé ici, tu n'y peux rien.

- Je ne peux pas tous les empêcher de s'en prendre à toi, mais je ne laisserais pas faire ceux qui t'offensent devant moi !

- Pourquoi ?

- Ça peut être difficile à comprendre, mais tu es la première personne qui s'intéresse vraiment à moi. Si ça peut te soulager, je ne l'ai pas frappé pour toi. Mon geste était purement égoïste. S'ils arrêtent de t'emmerder, tu n'auras plus envie de partir d'ici. Et tu resteras là. Avec moi.

- Mais ça reviens au même ! Tu t'es battu à cause de moi. Et ... si tu es égoïste, alors je vais l'être aussi. Ne provoque plus de bagarre, ne rentre plus blesser, ne te préoccupe plus de mon honneur ou je ne sais quelle connerie. J'ai pas envie de passer mes soirées à te soigner.

- Mais ...

- Non, y a pas de "mais" ! Reste en vie. C'est tout ce que je te demande. »

- B & T -

Quarante huit heures qu'il ne décolérait pas. Il n'arrivait pas à savoir si Tom avait eu raison ou non de le défendre. Cela partait bien entendu d'une bonne intention, mais le résultat lui faisait froid dans le dos. L'ambiance à l'appartement était plus que tendue. L'androgyne passait le plus de temps possible hors de ces murs, mais les cours lui imposaient certaines contraintes. Bill avait finit sa journée depuis un moment. Comme à son habitude depuis leur dernière dispute, il restait dehors, limitant les risques de rencontre avec son colocataire. Il était à présent assis sous un arbre, absorbé par son livre, lorsqu'une ombre se forma sur ses pages blanches, lui cachant une partie du texte. Il releva la tête et croisa le regard de cette étrange jeune fille qu'il avait rencontré deux jours auparavant :

« - Mood, c'est ça ?

- Heureuse de voir que tu te souviens de moi. Ça t'ennuie si je m'assois avec toi ?

- Même si je t'en empêche, tu squatteras quand même, alors vas-y. »

La brune s'assit à ses côté et fixa l'horizon. Ne sachant pas ce qu'elle voulait vraiment, Bill préféra retourner à son bouquin. Ne le regardant toujours pas, elle finit par engager la conversation :

« - Je crois que je n'aurais pas dû te parler de cette dispute.

- Non, tu as bien fait. J'ai pu mettre les choses au clair.

- Peut-être, mais tu as perdu ton sourire. »

A la fois agacé qu'elle ne le laisse pas lire en paix, et intrigué par ce qu'elle avait à dire, il referma son livre et entreprit de la faire parler :

« - Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Bill Harkins, je n'ai jamais vu personne apprécier la vie autant que toi. Tu as dû vivre pas mal de choses pour profiter ainsi de chaque instant. Mais depuis que je t'ai parlé de Tom et de cette bagarre, tu ne souris plus, tu ne parles presque plus à personne et tu restes dans ton coin à lire pendant des heures.

- Ça ne te regarde pas.

- Peut-être, mais ça m'ennuie de te voir comme ça. C'est un peu ma faute. Et en plus, tu as mit tes deux autres amis dans une situation plutôt embarrassante. Tu les oblige à choisir entre ton amitié et celle de Tom.

- Mais je ne leur demande rien.

- Il t'a dit pourquoi il a agit comme ça ? Ou bien ne lui as-tu pas laissé le temps de s'expliquer ?

- Je vois. Mais que tu le veuille ou non, vous êtes pareil tous les deux. Atrocement bornés. Reconnais que ce serait mieux si vous arrêtiez de vous ignorer. Tu dois apprendre à vivre avec ses défauts.

- Et si je n'en ai pas envie ?

- C'est pas beau de mentir, petit brun ! »

Avant qu'il n'ai pu répliquer, la jeune fille se leva et s'éloigna malgré ses protestations. Il ne comprenait décidément pas cette fille. Elle venait lorsqu'on l'attendait le moins et partait quand bon lui semblait. Était-il seulement possible d'avoir une vraie conversation avec elle ?

Bill avait reporté son attention sur son livre, bien décidé à ne pas suivre ses conseils. Pas question qu'il laisse quelqu'un diriger sa vie à sa place. Il fixait les mots sans vraiment les voir, encore perturbé par ce que lui avait dit Mood, lorsqu'une voix se fit entendre :

« - Dis-moi, ça raconte quoi de si difficile à comprendre ce bouquin ? Ça fait bien dix minutes que tu es sur la même page.

- Quelque chose que tu ne peux pas comprendre ! »

Le nouveau venu ne se soucia pas du ton peu courtois qu'avait employé l'androgyne et se rapprocha, cachant par la même occasion le soleil.

« - Pousse-toi, tu me fais de l'ombre.

- Je peux m'asseoir ?

- Cet endroit ne m'appartient pas, tu fais bien ce que tu veux. »

Tom prit place à côté de Bill mais celui-ci ne lui prêta pas attention, de nouveau plongé dans les pages de son livre. Il commença à regarder les autres élèves, attendant un mot, un geste, de la part du brun. Quelque chose qui lui montrerait qu'il n'était pas le seul à être touché par cette histoire. Il ne pouvait plus supporter ce silence qui s'instaurait dès qu'ils se trouvaient dans la même pièce. Il avait l'impression de vivre avec un étranger. Une jeune fille qui se présenta sous le nom de Mood, était venu le voir pour le secouer un peu. C'est pourquoi le musicien était venu jusqu'ici, bien décidé à régler cette histoire. Mais son colocataire n'avait visiblement pas l'intention de faire le premier pas. Tom prit alors sur lui et demanda :

« - Je peux te poser une question ?

- C'est ce que tu viens de faire. Mais recommence si ça peut te faire plaisir.

- Pourquoi on se dispute tout le temps ? C'est vrai quoi, on avait dit qu'on effaçait tout. Et pourtant on en vient toujours à s'engueuler.

- On est peut-être ... trop différent.

- Ou peut-être qu'on se ressemble trop.

- Je ne sais pas. »

Tom vit son homologue frissonner sous le vent qui se levait. Il retira la veste de son uniforme et la posa sur les épaules de Bill. Celui-ci le regarda, étonné, mais Tom avait déjà détourné les yeux. L'androgyne rapprocha ses jambes de son torse et les entoura de ses bras. Il savait que c'était à lui d'agir à présent. Tom avait déjà fait le premier pas en venant jusqu'à lui. Et puis, il était plus ou moins responsable de leur dernière chicane.

Le plus discrètement possible, il se rapprocha de Tom. Ce dernier ne semblait rien avoir remarqué. Doucement, il se laissa tomber sur la gauche, jusqu'à rencontrer le corps du guitariste. Celui-ci se figea, d'abord surpris, puis se détendit, lorsque Bill posa sa tête sur son épaule.

« - Je te demande pardon. »

La phrase avait été murmurée si faiblement que Tom cru l'avoir rêvé. Mais le brun continua :

« - Je me suis emporté contre toi. Je suis désolé. C'est juste que ... j'ai pas l'habitude que quelqu'un se préoccupe de moi.

- Et ta bande de Thuringe ?

- Oui ils sont là. Mais ils ne sont pas ... comme toi.

- Ce sont pas des snobs, c'est ça ?

- Le prends pas mal, s'il te plait.

- Alors je dois le prendre comment ?

- L'année dernière, j'ai eu pas mal de problème avec les élèves de terminal de Malmedy. Tu sais, quand on étudie à Thuringe, on doit apprendre à ne compter que sur soi-même, alors j'ai un peu de mal quand ... tu fais quelque chose pour moi. D'autant plus qu'on ne se connait pas vraiment. Je te demande pardon.

- J'aurais pas dû me mêler de tes affaires.

- Je me mêle bien des tiennes, moi.

- Ce n'est pas vraiment pareil. Mais tu m'as demandé de te faire confiance, tu te souviens ? Alors essaie de faire de même avec moi.

- J'essaierai. »

- B & T -

Bill rentra précipitamment dans l'appartement, claquant la porte d'entrée une fois de plus, et demanda, sans regarder si le concerné était présent :

« - Alors tu es prêt ?

- Bonjour à toi aussi, Bill.

- Georg ! Gustav ! Désolé les gars, j'vous avais pas vu.

- On avait remarqué.

- Roh, ça va, je vous ai dit que j'étais désolé.

- Où dois-tu emmener Tom ?

- Il ne vous l'a pas dit ? »

Le blond hocha la tête en signe de négation. L'androgyne s'apprêtait à lui répondre lorsque qu'une main se posa sur sa bouche, l'empêchant de parler.

« - Pas question que tu leur dise où on va. »

Bill se dégagea de l'emprise de Tom puis se tourna vers lui :

« - Et pourquoi tu ne veux pas leur dire ? Tu as honte, ou quoi ?

- Tu crois que j'aurais accepté si c'était le cas ?

- Tu en es capable ! Tout ça parce que tu veux absolument que j'assiste à vos répèt. »

Tom haussa un sourcil, pas très convaincue :

« - Tu n'as pas l'impression de te donner plus d'importance que tu n'en as réellement ? »

Bill soupira, levant les yeux au ciel, puis attrapa le guitariste par la manche et l'entraîna à sa suite. Il adressa un vague signe de la main aux deux garçons restés dans l'appartement avant de disparaître dans les couloirs de la résidence.

Le brun pénétra dans la boutique, faisant s'agiter les petites clochettes suspendues au plafond. Tom le suivait en silence. Il commença à regarder les différents piercing disposés derrière les vitrines pendant que Bill allait saluer le propriétaire avec entrain. Tom fixait tour à tour les anneaux et les pics lorsque qu'une voix l'interpella depuis le fond de la pièce :

« - Tu te ramènes ? »

Il s'arracha à sa contemplation et se dirigea vers le comptoir. Un homme d'une trentaine d'année pianotait sur son ordinateur tandis que Bill attendait, les coudes sur le meuble de bois, tenant son visage entre ses mains. Le gérant releva la tête, le sourire aux lèvres :

« - Tu as de la chance, petit prince, je n'ai pas de client avant une heure. Qu'est-ce que je peux faire pour toi aujourd'hui ?

- C'est pas pour moi. »

Bill se tourna vers Tom et l'attira plus près d'eux, le déstabilisant sans le vouloir.

« - C'est pour lui. »

L'adulte les fixa quelques minutes à tour de rôle avant de dire :

« - Plutôt mignon ton copain. Mais très différent de ceux que tu fréquentes d'habitude.

- Eh oui, que veux-tu ! Faut bien s'adapter !

- Je dois le prendre comment ? Demanda Tom, parlant ainsi pour la première fois.

- Oh mais comme tu veux Darling. Comme tu veux. »

Le sourire de l'homme redoubla, inquiétant légèrement Tom.

« - Vous en êtes déjà aux petits surnoms ? C'est du sérieux alors ! »

Les yeux du guitariste s'écarquillèrent sous la surprise tandis que Bill partit dans un fou-rire. La complicité entre son colocataire et cet homme était apparente et le musicien se sentait mit à l'écart. Tom commençait sérieusement à se demander si c'était une bonne idée de venir ici.

« - Mais non, idiot ! C'est mon coloc ! Je ne sortirais pas avec ça !

- Dommage. »

Les propos de l'androgyne l'avait perturbé plus qu'il ne l'admettrait jamais. Étaient-ils donc vraiment si différents ? Il chassa ses troubles pensées de son esprit et reporta son attention sur le seul adulte présent. Face au nombreux tatouages et pierçing parcourant le corps du perceur, le guitariste se sentit ridicule de trembler pour une simple petite piqûre. Mais sous la pression de Bill, il finit par signer un contrat m'étant hors de cause le salon de tatouage en cas de problème, et paya d'avance. Cette procédure était loin de le rassurer mais l'enthousiasme de son colocataire l'empêchait de se rétracter. L'homme l'entraîna à l'étage tandis que le brun resta en bas, feuilletant les magasines à la recherche de quelque chose qui lui donnerait envie.

Le gérant réapparu peu de temps après, suivit par Tom.

« - Regarde comme ça lui va bien ! »

Bill leva les yeux et fut tout de suite convaincu :

« - Tu es super comme ça ! J'le savais bien que ça t'irait ! »

Le guitariste se contenta d'acquiescer. L'androgyne reposa toutes ses revues et quitta son fauteuil, se dirigeant vers le perceur, lui-même retourné à son ordinateur.

« - Et pour les tatouages, tu prends combien maintenant ?

- En général, 90 euros de l'heure. Après ça va dépendre de la taille. Mais pour toi, je réponds 50 sans hésiter ! Vu le nombre de clients que tu m'envoies, je te dois bien ça ! Tu le voudrais où ?

- J'hésite encore. Je verrais bien dans le dos, mais je ne sais pas vraiment quel motif. Ou alors sur l'avant bras. Faut que je réfléchisse à tout ça.

- Ma porte te sera toujours ouverte ! »

Bill le remercia d'un sourire puis attrapa Tom par la main, l'entraînant hors de la boutique. Une fois seul, le brun demanda :

« - Alors ? Tu en pense quoi ?

- Ça fait mal euuuuuhh !!! »

L'androgyne resta figé, s'attendant à une toute autre réponse, avant de partir dans un fou-rire. Vexé, le guitariste croisa les bras et fronça les sourcils, l'air boudeur.

« - Tu pourrais compatir !

- Je suis désolé. »

Bill se retenait visiblement de rigoler.

« - Tu ne t'attendais quand même pas à ne rien sentir ?

- Mais ça fait mal, putain ! C'est la dernière fois que je t'écoute !

- Ose dire que ça ne te plait pas. »

Il s'apprêtait à le nier mais se contenta de soupirer en secouant la tête. Bill avait parfaitement raison et tous deux le savaient.

« - Tu sais que t'es vraiment pas mal pour un snob ?

- Je fais ce que je peux. Mais avec une chose comme toi, c'est pas facile tous les jours.

- Je suis un si mauvais coloc que ça ?

- J'ai le droit de mentir ?

- Non.

- Ça me change des précédentes.

- Tu couchais avec.

- Je sais bien. Mais je te préfère à toutes mes autres colocataires, si c'est ce que tu veux entendre.

- Exactement ! Il faut bien que je flatte mon égo. Puisque je te tiens, on va en profiter pour faire deux-trois boutiques.

- QUOI ? Ah non je refuse ! Pas de shopping ! »

Bill arrêta immédiatement sa marche, se posta devant Tom et le supplia du regard, affichant une moue qui aurait fait céder le pire des tyrans.

« - S'il te plaît. »

Il détourna les yeux, voulant fuir cette adorable bouille. Mais l'androgyne ne semblait pas de cet avis et l'obligea à le regarder en face.

« - Raaaaaah, c'est bon t'as gagné. »

Le brun leva le poing, en signe de victoire, et s'accrocha au bras du guitariste, le guidant dans cette partie de la ville qu'il ne connaissait pas.

« - Comment tu veux qu'on te résiste avec une tête pareille ?

- On peut pas ! Et c'est ça qui est génial ! »

Tom soupira puis se laissa guider. Il mit ses mains dans les poches de son blouson, cherchant un peu de chaleur. L'hiver était là et Noël approchait à grands pas. La neige n'était pas encore présente mais elle ne saurait tarder. Frissonnant, Bill se rapprocha de son colocataire et s'accrocha à son bras, se collant à lui.

« - Tu m'excuseras mais j'ai froid.

- Un jour ce serait bien que tu investisse dans des vêtements chauds. »

L'androgyne lui tira la langue avant de l'entraîner vers une vitrine. Les décorations de fin d'année étaient déjà présentes, parant de rouge et de blanc le moindre bibelot, illuminant peu à peu les rues de la ville. Le brun se détacha du guitariste et s'approcha le plus possible de la vitre, posant ses mains sur le verre froid. Intrigué, Tom s'approcha :

« - Qu'est-ce que tu fixes comme ça ? »

Bill lui désigna une paire de santiags montante noires, aux nombreuses arabesques. Il ne semblait pas vouloir les lâcher du regard. Tom fixa l'objet en question, sans comprendre l'intérêt que son vis-à-vis pouvait leur porter. Il ne pu cependant s'empêcher de sourire face aux étoiles qui brillaient dans les yeux de son colocataire.

« - Ça fait déjà deux mois que je les vois chaque fois que je passe par là.

- Pourquoi tu ne les achètes pas ? »

Son sourire se fana tandis qu'il baissait les yeux. Il se détourna finalement de la vitrine et reprit son chemin.

« - J'ai pas assez de tune pour ça, c'est tout. »

Le guitariste se sentit son cœur se serrer face à la mine triste du brun. Il fixa une dernière fois les santiags, une idée germant peu à peu dans son esprit. Il tourna lui aussi les talons et pressa le pas en direction de l'androgyne. Arrivé à sa hauteur, il lui attrapa la main, entremêlant leurs doigts, et lui adressa un sourire, souhaitant lui rendre sa bonne humeur.

- B & T -

Tom ouvrit la porte de leur appartement et se laissa tomber sur le canapé. Georg et Gustav avaient déserté les lieux, ce qui n'était pas vraiment surprenant vu l'heure tardive à laquelle ils rentraient.

« - Tu m'as tué ! C'est la dernière fois que je vais en ville avec toi !

- Tu n'as vraiment aucune endurance !

- Pfffff. Déjà qu'à cause de toi j'ai mal à la lèvre, v'la que je sens plus mes jambes !

- T'es vraiment une petite nature.

- Ça t'ennuierait de t'occuper du repas ce soir ?

- Encore ? Tu sais, je vais finir par croire que tu n'es pas capable de cuisiner le moindre truc.

- Hey !

- Ok ok, je m'y colle. Tu veux quoi ?

- T'as une proposition ?

- Il est déjà tard et j'ai qu'une envie, c'est de retrouver mon lit. Alors de la soupe, ça te va ? »

Bill lui caressa les cheveux dans un geste tendre avant de se diriger vers la cuisine. Tom ne répondit pas tout de suite, dérouté par le geste du brun. Il réalisa pour la première fois que Bill était loin de l'image qu'il voulait donner de lui. Derrière ses apparences d'intouchable se tenait un petit être plein de douceur.

« - Euh ... quelle était la question, déjà ? »

Un rire lui répondit.

« - Est-ce que je te fais de la soupe, idiot !

- Euh ... oui si tu veux. »

Depuis la cuisine, Bill lui adressa un sourire. Tom sentie ses joues s'empourprer légèrement sans savoir pourquoi. Lorsque son colocataire détourna finalement les yeux, il se leva et parti se réfugier dans sa chambre. Il s'adossa à la porte, visiblement perturbé. Une douce chaleur s'était emparée de lui, tandis que son cœur s'était mit à battre plus fort.

« - Mais qu'est-ce qui m'prend ... »

A suivre ...