Catégorie: Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : M.

Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. Il décide néanmoins d'arrêter de se torturer avec ses questions et reprend sa vie normalement. Pendant ce temps Tom prend son avenir en main et se lance à la recherche de son frère jumeau. »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Pas à moi, gna gna gna. On le saura, hein -.-"

Note de l'auteur : Retour d'un chapitre qui avait disparu entre deux postages O.o


Deux frères, deux mondes

Réveil à deux et soirée en folie

Cela faisait maintenant un quart d'heure qu'il fixait cette porte, n'osant pas l'ouvrir. Vêtu seulement d'un boxer, il tremblait de froid. Il ne savait pas quoi faire. S'il retournait dans sa chambre, il était sûr qu'il ferait une connerie. Il ouvrirait son tiroir et elle serait là, cruelle tentatrice. Mais s'il frappait ... s'il le réveillait ... peut-être pourrait-il l'aider ? Après tout, il le lui avait promit.
Pourtant il resta planté là, au beau milieu du couloir. Il avança sa main jusqu'à la poignée, mais avant qu'il n'ait pu la toucher, il se rétracta. Il recula contre le mur, s'y adossa, et se laissa glisser jusqu'à se retrouver assis au sol. Il se sentait ridicule. Mais il ne voulait pas retourner entre ses draps. Il ne pouvait pas. Il craquerait. Indéniablement. Il soupira puis passa une main sur son visage, las.

Il ne savait pas combien de temps il était resté là, fixant sans la voir cette porte qui l'effrayait tant. A sa plus grande surprise, celle-ci finit par s'ouvrir, grinçant légèrement, laissant apparaître un jeune homme brun également vêtu d'un simple boxer, les cheveux en bataille, visiblement encore à moitié endormi.

« - Tu comptes rester là encore longtemps ? »

Il ne put s'empêcher de rougir, gêné de s'être fait prendre. Il remonta ses jambes contre son torse, fuyant le regard de l'androgyne.

« - Allez viens. »

Il l'obligea à se lever et l'entraîna à l'intérieur de sa chambre. Sans ménagement, il poussa Tom jusqu'à son lit et l'obligea à s'y allonger. Le musicien se colla le plus possible contre le mur, laissant ainsi de la place pour son colocataire. Celui-ci ne se fit pas prier et se coucha à son tour, les recouvrant de sa couette. Bill replongeait déjà dans le sommeil lorsqu'il sentit un main s'agripper à son bras droit. Ne réfléchissant pas vraiment, il se dégagea avant de changer de position et se retrouva face au guitariste pour le prendre dans ses bras. D'abord surpris, Tom n'osa plus bouger. Il leva son regard vers le visage du brun et constata qu'il s'était déjà rendormi. Il ne pu s'empêcher de sourire, avant de se caler contre le torse de son compagnon de sommeil et de rejoindre le pays des rêves.

- B & T -

Fin prêt, Georg et Gustav se rendirent à l'appartement de Tom et Bill. Possédant la clé, ils n'eurent aucun mal à entrer. Seul le silence les accueillit, ce qui les surpris beaucoup. Habituellement à cette heure-là, Bill s'affairait déjà dans la salle de bain, tentant désespérément de ne pas arriver encore une fois en retard.

« - Tu crois qu'ils sont déjà au courant ?

- Comment voudrais-tu qu'ils le sachent ? On ne l'a apprit que ce matin.

- Oui je sais mais d'habitude ils sont déjà levés à cette heure là.

- Vas réveiller Tom, je m'occupe d'ouvrir les volets. »

Georg se dirigea alors vers la première chambre et entra sans frapper. Il alluma la lumière et constata que le lit était vide. Il retourna au salon, légèrement inquiet.

« - Tom n'est pas là.

- Tu déconnes ?!?

- Malheureusement non.

- Putain, j'espère juste qu'il a pas encore fait une connerie. Faut qu'on demande à Bill s'il sait quelque chose. »

Gustav se dirigea alors vers la deuxième pièce à coucher et s'y engouffra sans demander la permission. Il alluma la lumière et s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'il se figea, plus qu'étonné par la scène qui se jouait sous ses yeux. Notant son peu de réaction, Georg le rejoignit.

« - Qu'est-ce qui t'arrive, vieux ?

- Tu vois ce que je vois ? »

Le bassiste suivit le regard du blond et afficha lui aussi un air surprit, bien qu'amusé par la situation :

« - Ben merde alors ! Si on m'avait dit que je verrais ça un jour ! »

Le sourire aux lèvres, il s'approcha du lit et retira entièrement la couette. Par réflexe, les deux endormis se recroquevillèrent sur eux-mêmes, dans un grognement de mécontentement, et se rapprochèrent un peu plus l'un de l'autre, cherchant un peu de chaleur.

« - Allez debout les marmottes ! »

Étant habitué à ce genre de réveil sans douceur, Bill obéit sans poser de question, par simple automatisme. Les idées encore brumeuses, il s'enferma dans la salle de bain. De son coté, Tom s'étala sur toute sa longueur, profitant du fait d'être seul sur le matelas. Les yeux toujours fermés, il demanda :

« - C'est quoi ce bordel ?

- On vient juste vous annoncer qu'on a pas cours de la journée. Le prof a prévenu qu'il viendrait pas.

- Attends ... Tu viens nous réveiller pour nous dire qu'on peut dormir plus longtemps vu que le prof est absent ?

- Euh ... en fait, on venait pour commencer à organiser la fête. C'est ce week-end je te rappelle. »

Tom grogna une fois de plus puis se leva et partit en direction de la cuisine, son colocataire monopolisant la salle de bain pour les quarante minutes à venir. Les deux invités l'imitèrent rapidement. Il s'affairait à préparer son petit déjeuner quand Gustav l'arrêta :

« - Mais c'est quoi ça ?

- Ça quoi ? »

Voyant que le blond fixait sa bouche, Tom finit par comprendre où il voulait en venir.

« - Aaah ! Ça ! C'est à cause de Bill.

- C'est ça qu'il t'a emmené faire, hier ?

- Ouais !

- Sérieux ? Tu as eu le courage de te faire faire ça ? Là tu m'épates !

- Dis que je suis un gros trouillard, aussi !

- Disons plutôt que tu n'as pas une grande résistance à la douleur. »

Le guitariste lui tira la langue avant de se diriger vers le réfrigérateur. Ayant à présent tout ce dont il aurait besoin à porté de main, il s'attabla, sous le regard rieur des autres qui ne cessaient de fixer cet anneaux en métal qui ornait désormais sa lèvre inférieure.

« - Vous allez vous en remettre, oui ?

- Désolé mais j'ai du mal à réaliser que tu te sois laissé convaincre si facilement.

- N'oublie pas, Georg, qu'il a fait ça pour les beaux yeux de Bill. »

Voyant clairement le sous-entendu qu'avait glissé Gustav, Tom lui balança la petite cuillère qu'il tenait en main, le fusillant du regard. Mais ce geste n'eut pour seul effet que de faire redoubler les rires que les deux G tentaient désespérément de contrôler.

- B & T -

Bill longeait à présent les immeubles de Leipzig, les mains dans les poches de sa veste. Il venait tout juste de dépasser Thuringe et serait bientôt arrivé à son ancien repère. Lorsqu'il avait appris ce matin même que les cours de la journée avaient été annulés, il était aussitôt reparti dans sa chambre et en était ressortit vêtu normalement, bijoux et accessoires ayant retrouvé leur place habituelle. Moins il portait son horrible uniforme, mieux c'était. Il avait d'abord songé à passer la journée à l'appartement, avec les trois autres garçons. Mais quand il entendit parler de la fête, il préféra modifier ses plans. Il se doutait que Tom lui demanderait encore une fois de venir et ne voulait pas se lancer dans une discussion qui les chagrinerait tous les deux. Malheureusement pour lui ...

« - Mais enfin Bill ! Viens, quoi ! S'il te plaît !

- Je t'ai déjà dit non.

- Alleeeez ! Je peux même inviter cette fille, si tu veux !

- Laquelle ?

- Celle qui traînait avec toi l'autre jour.

- Ah, tu veux dire Mood ! Écoute, que tu l'invites ou non, je ne viendrais pas.

- Dis-moi au moins pourquoi !

- Je te l'ai déjà expliqué ! Je n'aurais pas ma place dans cette fête ! »

Et il était parti en claquant la porte. Il n'aurait pas dû, c'était vrai. Mais ils avaient déjà eu cette conversation un bon nombre de fois, l'un étant aussi borné que l'autre, ce qui l'agaçait légèrement.

Chassant Tom de ses pensées, il passa devant le cinéma, puis tourna à droite. Il se dirigea vers le deuxième immeuble et y entra, prenant la direction de la cave. Il ne savait pas encore s'il y verrait quelqu'un. Jezz était sensé être à son boulot, quand aux deux autres, ils devraient normalement se trouver en cours.

Il ouvrit finalement la porte du local, apparemment désert. C'est du moins ce qu'il cru jusqu'à ce qu'il entende le bruit d'un objet se fracassant sur le sol, suivit d'une voix féminine :

« - Putain de saloperie d'assiette de merde ! Tu peux pas rester tranquille ? »

Bill laissa échapper un rire, reconnaissant là la délicatesse de sa petite sœur. Il aperçu une touffe rose dans l'encadrement de la porte, avant que celle-ci ne quitte rapidement de la cuisine pour se jeter dans ses bras, ayant reconnu l'intrus. Elle se détacha finalement de lui, un grand sourire illuminant son visage, avant de l'entraîner sur le canapé.

« - Ça va faire une semaine qu'on a plus de tes nouvelles ! On commençait à s'inquiéter !

- Scuse, j'ai juste pas eu beaucoup de temps dernièrement.

- Tu n'as même plus de temps pour ta petite sœur ? Merci, ça fait plaisir.

- Mais non, idiote ! C'est juste qu'entre les cours et ma famille qui me monopolise le week-end, c'est pas évident.

- Je sais bien, petit prince. Ce n'était pas un reproche. Lucie m'a dit à quel point c'était dure pour elle de ne plus t'avoir tous les jours à la maison. Mais on s'attendait quand même à te voir un peu plus souvent en semaine.

- J'aurais bien voulu, tu sais. Mais c'est pas évident les cours là-bas. Tu n'imagines pas la montagnes de devoirs qu'ils nous collent, c'est affolant. Si Tom ne m'aidait pas, je crois que j'aurais coulé depuis longtemps. »

La jeune fille écarquilla les yeux, fixant l'androgyne.

« - Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- Tu viens de dire que ton coloc te file un coup de main ? »

Bill comprit immédiatement où elle voulait en venir et ne pu s'empêcher de sourire. Il ne lui avait pas raconter tout ce qu'il s'était passé depuis la dernière fois, et n'avait pas l'intention de le faire pour le moment. Il lui avait toujours tout dit, mais il sentait que cette fois c'était différent. Pour la première fois, il vivait quelque chose qu'il n'avait pas envie de partager, même avec sa petite sœur.

« - Eh oui, que veux-tu. Les snobs ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être !

- Je suis sur le cul ! »

Elle se leva finalement et retourna dans la cuisine, suivit par le brun. Elle s'affairait aux fourneaux, tentant visiblement de préparer quelque chose. L'androgyne s'assit sur le plan de travail, les pieds balançant dans le vide, regardant Mel s'agiter. Il l'a connaissait suffisamment pour savoir qu'elle ruminait dans son coin, feignant d'être occupée. Elle avait adopté ce réflexe depuis que Jezz lui avait fait prendre des cours pour gérer sa colère. Désormais, lorsque quelque chose la contrariait, elle ne se mettait plus à tout détruire autour d'elle et s'occupait comme elle pouvait, attendant d'être plus calme pour passer à autre chose et reprendre une conversation normale, sans cris. Voyant ses mains trembler, le brun lança une discussion tout à fait banale, voulant entraîner l'esprit de la jeune fille loin de son colocataire :

« - Je vois que tu as encore changé de couleur.

- Ouais, j'en avais marre du violet.

- Et c'est quoi la prochaine ?

- Je sais pas encore. J'ai déjà fait orange, bleu, rouge, ... Je me demande si je ne vais pas faire comme toi. Ça me plaît bien le truc des mèches blanches qui contrastent avec le noir. Mais au fait, pourquoi tu es là ? T'as pas cours ?

- C'est toi qui me demande ça ?

- Journée pédagogique aujourd'hui. Les élèves passent une journée avec l'un des parents sur son lieu de travail. J'vois pas trop chez qui j'aurais pu squatter.

- T'aurais pu demander à Jezz.

- La prof a pas voulu. J'ai pas cherché plus loin. Pour ce que ça m'aurait apporté de toute façon. Et toi ?

- Pas cours, tout simplement. »

Elle sortit un plat du four, le scruta quelques secondes avant de le balancer dans l'évier, visiblement en colère. Elle s'affala sur une chaise, prit son visage en coupe dans ses mains et soupira.

« - Ça m'soule ! J'y arriverais jamais.

- Tu essais de faire quoi ?

- Jezz me serine avec son gâteau au chocolat depuis deux semaines. Tu sais, celui que tu faisais tout le temps. J'voulais lui faire plaisir, mais malheureusement je ne suis pas comme toi ! C'est le troisième que je rate depuis ce matin ! Je les fais toujours cramer ! »

Bill retint un rire, secoua la tête puis se leva. Il commença à fouiller dans les placards, cherchant les ingrédients dont il aurait besoin.

« - J'vais t'aider, si y a que ça pour te faire plaisir. »

La jeune fille leva vers lui un regard plein d'étoiles.

« - Vrai ? »

Il hocha simplement la tête, en signe d'affirmation. Mel poussa un cri de joie avant de se jeter sur lui, le serrant dans ses bras. Il ne lui restait plus qu'à profiter de cette journée, et s'imaginer quelques heures que rien n'a changé, que sa vie n'a pas été bousculée du jour au lendemain

- B & T -

Bill avait quitté l'appartement depuis une demie heure déjà. Georg et Gustav dressaient la liste de ce qu'ils devraient acheter et apporter pour réussir leur soirée. Tom avait complètement décroché. Il fixait la porte, sans vraiment la voir. Il ne comprenait pas. Ce n'était qu'une fête après tout.

« - Hey, vieux ! Tu nous écoutes ?

- Hum ? Désolé Gus, j'étais ... ailleurs. »

Le blond aurait pu rire de lui, ou bien laisser traîner un sous-entendu un peu douteux à propos de l'androgyne. Mais quelque chose le retint. Peut être ce regard un peu vide que Tom affichait.

« - Dis, pourquoi il veut pas venir ?

- Pourquoi veux-tu à ce point qu'il vienne ?

- Je ... Je ne sais pas Gus. J'ai juste ... besoin qu'il soit là. »

- B & T -

Son oreiller entre les bras, blottit dans ses couvertures, Bill fut brusquement réveillé par la porte de sa chambre qui s'ouvrit à la volée, cognant contre le mur. Encore une fois. Si les choses continuaient ainsi, cette malheureuse cloison de bois ne verrait jamais la fin de l'année scolaire.

« - Bordel Trümper, tu vas lui foutre la paix à cette putain de porte ? Elle t'a rien fait, merde !

- Wouha ! Quelle poésie au réveil !

- J't'emmerde ! »

Les yeux toujours fermés, il reçu un coussin en plein visage. Il se leva d'un coup et le renvoya avec violence contre Tom, qui l'évita facilement.

« - Allez debout, tu vas être en retard. »

A contre cœur, le brun quitta la chaleur de son lit et prit la direction de la salle de bain. Son colocataire le suivit des yeux et constata :

« - Tu as l'air d'un zombie.

- J'ai pas assez dormi.

- Oh ... On a fait trop de bruit ?

- Nan.

- Alors quoi ?

- Cauchemar. »

Avant que ne viennent d'autres questions, il s'enferma dans la salle d'eau. Il se contempla dans le miroir et grimaça. Il ne ressemblait vraiment à rien le matin, mais là c'était encore pire. Sa nuit s'était révélée agitée, rêvant d'accident de voiture sur l'autoroute. Ce n'était pas la première fois, mais ces visions le secouaient toujours autant. Plus que des rêves, il avait l'impression d'avoir vécu cet événement, ce qui était particulièrement dérangeant. Il plongea son visage dans ses mains, effaçant la vision de la salle de bain, essayant de se concentrer sur l'image de cette famille en voiture, mais c'était comme s'il tentait de retenir de l'eau entre ses doigts. Les détails lui échappaient à mesure qu'il tentait de les saisir. Et puis il fallait bien reconnaître qu'effectivement, Tom n'avait pas été très discret. Il voulait bien admettre que les filles étaient moins nombreuses qu'au début de leur collocation, mais les rares fois où il le faisait, Bill devait subir leurs ébats. Sans compter les scènes de rupture tragique qu'elles lui jouaient à chaque fois. C'était définitif, il détestait lorsqu'une fille venait ici.

Uniforme enfilé et maquillage en place, il rejoignit Tom dans la cuisine. Il commença à préparer son petit déjeuner sous les yeux du guitariste qui lui, avait déjà terminé.

« - Ne t'inquiètes pas, elle ne reviendra pas.

- Tu les laisses toujours tomber.

- Je sais

- J'pensais que tu avais arrêté tes ones-nights.

- N'oublie pas que je reste un mec avant tout. Et comme tout mec normalement constitué, j'ai des besoins !

- Mouais. Moi j'aurais dit un trop plein d'hormones. »

- B & T -

Bill monopolisait le sofa, un saladier rempli de pop-corn posé sur le ventre, fixant distraitement l'écran de télévision. Tom avait préféré se laisser choir sur l'un des fauteuils, les jambes sur l'accoudoir, plongé dans l'une de ses nombreuses revues porno. Le brun fusilla le magazine du regard et soupira, intriguant l'autre garçon.

« - Mais comment tu peux aimer ce genre de trucs ? Y a que des filles nues, là-dedans !

- Mais c'est justement ça qui est bien !

- Je crois que je te comprendrais jamais.

- Qu'est-ce que je devrais dire ! Même Georg et Gustav en ont ! Surtout Georg, en fait. Bon d'accord ils ne le crient pas sur tous les toits, ce qui est parfaitement compréhensible. Mais les porno sont une chose commune à tous les hommes !

- Explique-moi l'intérêt de s'exciter tout seul dans son coin et de se branler après, toujours seul ? »

Tom le regardait, perplexe. Il commençait à se demander si son coloc ne venait pas d'une autre planète. Tous les mecs se masturbaient devant des magazines érotiques ! C'est du moins ce qu'il croyait jusqu'à rencontrer cet être étrange qui partageait son appartement et qui squattait en ce moment même son canapé sans le moindre remord. Il s'interrogeait toujours lorsqu'une voix légèrement hésitante coupa court à ses réflexions.

« - Dis-moi ... tu seras là samedi dans quinze jours ?

- Pourquoi ? Tu veux te débarrasser de moi ? »

Bill rigola doucement avant de se redresser et de s'asseoir normalement. Il posa le saladier sur la table basse et se tourna vers Tom, retrouvant son sérieux.

« - Je me demandais si tu accepterais de me laisser seul ce soir-la. »

Sa curiosité en éveille, le guitariste délaissa sa revue et fit face à son interlocuteur, un sourire pervers sur les lèvres.

« - Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? »

Les joues du brun s'empourprèrent légèrement, ayant comprit que son homologue avait tout à fait saisit la raison de sa demande. Il attrapa le premier coussin qui lui tomba sous la main et le lui balança :

« - Dépravé !

- Pour une fois que ce ne sera pas moi qui vais faire grincer le lit !

- Ne t'imagine rien ! On veut juste passer un peu de temps ensemble !

- Mais pourquoi ici ?

- Mes parents n'apprécient pas du tout Sam. Elle refuse qu'on aille chez elle, et je ne peux pas virer toute ma bande de Thuringe juste pour elle.

- Eux non plus ne l'aiment pas beaucoup, j'ai l'impression.

- Disons qu'ils ont des divergences d'opinion.

- Autrement dit, ils ne peuvent pas se voir en peinture.

- C'est parce qu'ils sont trop protecteurs envers moi. »

Tom le fixa quelques minutes, pensif. Qu'avait-il à gagner dans cette histoire ? Pas grand chose. Mais il pouvait bien faire ça pour lui.

« - Et tu m'autoriserais à rentrer vers quelle heure ?

- J'en sais rien. Minuit, ça te va ?

- Ok. J'me trouverai une fille chez qui squatter en attendant. »

Bill soupira face à cette réponse. Il avait gagné leur appart pour une soirée, mais n'appréciait que moyennement les projets du musicien. Il regarda sa montre et constatant l'heure relativement tardive, il entreprit de commencer à préparer le dîner, se doutant que son coloc ne le ferait certainement pas. Le réfrigérateur ouvert, il cherchait ce qu'il allait bien pouvoir leur faire aujourd'hui, mais une voix le déconcentra :

« - Dis moi, elle est aveugle ta p'tite amie ?

- Euh ... non, pourquoi ?

- Ben ... parce qu'elle sort avec toi ! »

L'androgyne serra le poing, prêt à frapper cet idiot qui partageait son toit. La coupe de fruit à ses côtés, il attrapa la première pomme qu'il trouva et la balança sur Tom, l'atteignant derrière la tête.

« - Aïeuuh ! Ça fait mal, abruti !

- Crétin !

- Je t'ai déjà dit à quel point je te méprise ?

- Autant que moi je suppose ! »

On aurait pu penser à un énième début de dispute entre les deux colocataires. Mais c'était sans compter sur les sourires qui ornaient leurs visages.

- B & T -

Samedi soir. Les meubles avaient été repoussés contre les murs, transformant le salon en piste de danse. Gustav avait apporté sa chaîne-hifi et commençait à la brancher. Georg alignait les bouteilles sur les tables et Tom rangeait les objets susceptibles d'êtres brisés par accident. Bill les regardait faire depuis son fauteuil. Il était prêt depuis plusieurs heures déjà. Il avait retrouvé ses vêtements fétiches et préparer son sac pour la nuit. Il partirait peu de temps avant que la fête ne commence. Il avait prit soin de fermer sa chambre à clé, n'ayant aucune envie que son lit serve à un quelconque couple près à copuler n'importe où.

Les trois autres avaient tenté encore une fois de le convaincre de rester, mais il tint bon, prétextant qu'il avait prévu autre chose avec sa bande. Ce n'était pas tout à fait faux, mais pas tout à fait vrai non plus. Ils se réunissaient tous les samedi soir, histoire de faire le point sur la semaine. Personne n'était obligé de venir mais Bill n'avait pas assisté à ces soirées depuis longtemps. C'était donc l'occasion idéale pour lui.

« - Tu es sûr que tu ne veux pas rester ? »

Le brun soupira. Il se leva et attrapa son sac, prêt à partir. Tom recommençait à vouloir le faire changer d'avis. Il préférait s'éclipser avant de déclencher une autre altercation. Il adressa un signe de la main aux deux G et quitta l'appartement. Il aurait voulu rester. Vraiment. Ne serait-ce que pour chasser cette tristesse dans les yeux de son colocataire. Mais il ne fallait pas se voiler la face. Les gens d'ici ne l'aimaient pas. Il se serait senti mal à l'aise devant tous ses regards accusateurs. A tous les coups, sa présence aurait plombé l'ambiance.

De nouveau, il traversa toute la ville. Et lorsqu'il ouvrit la porte du local, Mel, Matt et Jezz étaient bien là, assis à même le sol, discutant joyeusement. Plusieurs bouteilles jonchaient le plancher, signe que la soirée avait déjà commencé. Il se joignit rapidement à eux et se laissa gagner par la bonne humeur qui régnait.

- B & T -

La fête était à son comble. L'appartement était plein à craquer, la musique régnait, les bouteilles se vidaient. Une soixantaine de personnes devaient être présentes. Il aurait été difficile d'en inviter plus. Georg dansait avec la même fille depuis un quart d'heure déjà. Blonde, plutôt grande, formée comme il fallait. Il l'avait repéré dès qu'elle avait franchit la porte et était bien décidé à l'avoir. Elle semblait plutôt réceptive, le laissant parcourir son corps de ses mains.

Dans la cuisine, Gustav discutait, un verre en main, avec d'autres garçons. Aucune fille n'avait attiré son regard ce soir. Aucune ne l'attrayait ou ne lui donnait envie de tenter une approche. Alors pour ne pas gâcher sa soirée, il avait préféré créer de nouveaux liens, même simplement le temps de quelques heures. L'alcool aidant, il trouva rapidement quelqu'un pour partager ses délires et enchaîner les fou rires.

Depuis le début, Tom n'avait cessé de papillonner de fille en fille. Il en repéra une qu'il ne lâcha plus. Brune, les yeux noisette, de même taille que lui. Ils s'étaient lancés dans une danse langoureuse, légèrement provocante. Il avait envie de s'amuser ce soir. Rien ne l'en empêcherait. Il entraîna la demoiselle dans sa chambre, loin des regards indiscrets. Sitôt la porte fermée, elle se jeta sur lui et l'embrassa avec fougue. Les lèvres de la jeune fille, brûlantes et gonflées par le désir, redessinait à présent les contours de la mâchoire de son amant. La tenant par la taille, il la fit reculer jusqu'à son lit et l'y fit basculer. Elle le caressait lascivement, faisant des arabesques qui partaient des omoplates pour arriver jusqu'au reins du guitariste. La lueur de désir dans le regard du jeune homme ne faisait qu'accroître. Lorsqu'il eut retiré le tee-shirt de sa victime, il se mit à déposer de petits baisers papillons sur son ventre. Au bout de quelques minutes, il arrêta de l'embrasser et laissa sa langue parcourir ce corps offert, ce qui provoqua des gémissements de plaisir de la part de la brune. Il ne prit pas la peine de lui ôter sa jupe. Il se contenta de la remonter le long de ses cuisses. Il n'avait aucune envie de la préparer. Il la voulait tout de suite. Ce débarrassant du dernier sous-vêtement de la demoiselle, il la pénétra aussitôt, la faisant crier. Douleur ? Plaisir ? Il n'en savait rien. Et il s'en moquait. Pour cette nuit, elle lui appartenait. Pas de préliminaire, pas de caresse, de sophistication. Seulement lui et elle.

Il allait et venait, accélérant ou ralentissant le rythme, s'arrêtait quelque fois pour la regarder mais ne lui demandait jamais si elle aimait. Entre ses bras, elle se sentait objet. Et pourtant elle ne le repoussait pas. Ses ongles s'enfonçaient dans le dos de son amant. Il mélangeait plaisir et douleur. Elle n'essayait pas de retenir ses cris. Elle en voulait plus. Plus vite. Plus fort. Plus loin. Sa bouche, son sexe, ses yeux, ses pores ... toute sa peau exprimait la jouissance. Elle gémit et poussa un cri qu'elle étouffa en mordant l'épaule de son partenaire lorsqu'elle fut prise par l'orgasme. Tom ne s'en soucia pas et continua ses va et vient. Elle devenait simple poupée de chiffon entre ses mains, le laissant continuer à aller et venir en elle, alors qu'elle-même n'attendait plus rien. Il agrippa soudainement ses bras et ne bougea plus. Pas un bruit, pas un gémissement ne franchit ses lèvres. Si elle n'avait pas senti ce liquide chaud entre ses cuisses, elle n'aurait pas su qu'il venait de jouir. Il se retira et sans un regard pour elle, se rhabilla. Elle l'observait en silence. Ses yeux se fermaient doucement. Elle comprenait pourquoi toutes ses filles rêvaient d'une nuit avec lui. Le plaisir était immense. Elle regrettait juste qu'il n'y ai pas plus de tendresse. Elle était pourtant prévenue. Juste une histoire de baise. Elle soupira, récupéra sa lingerie et son haut, jetés sur le sol pendant l'acte et remis sa jupe en place. Elle se recoucha et se laissa porter par le sommeil. Elle ne s'attendait pas à ce que Tom la rejoigne.

Il posa son regard sur ce corps endormit sur son lit. Il l'observait en silence. Le sentiment de regret se répandait en lui. Encore une à qui il allait briser le cœur. Il ne se sentait pas coupable pour autant. Après tout, il n'avait pas abusé d'elle puisqu'elle s'était offerte à lui. C'était l'acte en lui-même qu'il regrettait. Une fois de plus, il l'avait fait pour s'évader. Mais comme souvent depuis plusieurs mois, les choses n'étaient plus aussi simples. Il ressentait toujours ce vide. Cette envie ... Ce besoin ... Il se dirigea vers son bureau, fouillant frénétiquement les tiroirs, avant de se rappeler qu'il avait prit sa dernière dose il y a trois semaines. Il n'en avait pas racheté depuis. Parce que Bill lui avait promis qu'il serait toujours là. Il lui avait promis ses bras en cas de crise. Il lui avait promis de l'aider à s'en sortir. Mais cette nuit, Bill n'était pas là …

- B & T -

Une clé tourna dans la serrure et la porte s'ouvrit, laissant apparaître le second propriétaire de l'appartement. Les volets n'étant pas encore ouverts, il alluma la lumière, provoquant instantanément deux grognements de mécontentement. Le nouvel arrivant ne pu s'empêcher de sourire. Il fit rapidement du regard le tour de la pièce. Une seule pensée lui vint à l'esprit : c'était un beau bordel. Toutes les bouteilles étaient vides, des tonnes de papier d'emballages jonchaient le sol, ... Heureusement pour eux, aucun invité n'eut la bonne idée de vider son estomac sur le plancher. Dans l'un des fauteuils, Gustav commençait à émerger. Sur le canapé, Georg ne semblait pas décidé à bouger. Bill traversa la pièce comme il pu, évitant les obstacles et ouvrit les fenêtres, voulant renouveler l'air.

« - J'vois qu'on s'est bien éclaté ici.

- 'lut Bill. Déjà de retour ?

- Il est quand même onze heures.

- Ah ouais d'accord. »

Le blond se leva, chancelant légèrement. Lui qui n'était pas du genre à se lever tard aurait pourtant bien dormit quelques heures encore. Il sentait déjà qu'il passerait sa journée l'esprit ailleurs, perdu dans les brumes du sommeil. Il s'approcha du sofa et n'eut aucun remord à faire tomber le bassiste au sol dans le seul but de le réveiller.

« - Aïeuh !

- Debout feignasse. »

Georg grommela et se releva. Les réveils en douceur avaient disparu au fil de leurs années d'amitié, le batteur perdant patience plus vite qu'autrefois. Il alla s'attabler à la cuisine, suivit de près par Gustav. Tous deux dormaient encore à moitié. L'androgyne se joignit à eux et commença à préparer un petit déjeuner pour trois, lui-même aillant déjà pris un repas avant de rentrer. Il faisait griller des tartines lorsque la porte de la chambre de Tom s'ouvrit. Étant seul, il avait conclu que sa conquête d'une nuit devait être parti un peu plus tôt sans rien demander à personne. Les yeux encore fermés, il se dirigea vers eux, trébuchant au passage sur une bouteille de whisky.

« - Putain fait chier, sa mère !

- Langage, Tommy ! »

Il ouvrit immédiatement les yeux et le vit aussitôt. Lui qu'il avait attendu toute la nuit. Lui qui lui avait tant manqué. Sans réfléchir, il s'approcha rapidement et le prit dans ses bras, enfouissant son visage dans son cou. De nouveau il respirait son odeur. Il se sentait enfin revivre.

D'abord hésitant à cause de la présence des deux G, Bill finit par répondre à cette étreinte et l'entoura de ses bras, lui caressant distraitement le dos dans un geste rassurant.

« - J't'ai manqué tant que ça, Darling ?

- T'imagines même pas à quel point. »

La phrase n'avait été qu'un murmure, mais l'androgyne l'avait entendu. Son sourire se fana, conscient de ce que cela voulait dire. Lorsqu'il perçu de petites gouttes d'eau sur sa peau, il serra un peu plus le corps de Tom contre lui. Par ce geste, il tentait de le rassurer, mais il lui demandait aussi pardon. Pardon de ne pas avoir été là. Pardon de l'avoir laissé seul. Pardon de ne pas avoir tenu sa promesse.

« - J'avais besoin de toi ... Mais je n'avais que ton absence.

- Je suis tellement désolé Tommy ... Je pensais pas que ... Tu ... je ... »

Les idées s'embrouillaient dans sa tête et les mots refusaient de sortir. Lorsqu'il était parti hier soir, il n'avait eu aucun remord puisque Georg et Gustav seraient là. Il avait juste oublié que les deux garçons n'étaient pas au courant des faits.

« - Je te jure que je ne le ferais plus. Je resterai là. Avec toi. »

Les deux G, se sentant de trop, s'éclipsèrent dans le salon. Ils n'entendaient pas les paroles échangées mais assistaient tout de même à la scène. Ils voyaient Bill consoler leur ami par des caresses. Ils voyaient les épaules de Tom trembler, laissant deviner des sanglots, s'agrippant désespérément au pull du brun. En sept ans d'amitié, ils ne l'avaient jamais vu pleurer. Et pour la première fois, ils réalisaient vraiment le lien qu'avaient établit les deux colocataires.

Le blond les fixait, perdu, intrigué. Il y avait quelque chose entre ces deux là. Quoiqu'en dise Georg, cette fois il en était persuadé. Mais rien. Il ne voyait rien. Et pourtant, il était sûr que c'était énorme. C'était juste là, devant lui. Tellement évident. Et pourtant ...

Un secret. Une promesse. Il ne saurait le dire. Tout ce dont il était sûr, c'est qu'ils étaient là, l'un pour l'autre.


Putain, on ose m'enlever un chapitre aussi important, nan mais je rêve.