Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour.

Rating : K (pour le moment). Non mesdames, je refuge d'être responsable de la mort de vos claviers u.u

Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le proteger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Universal les a chopé avant moi. Merde alors u.u

Note de l'auteur : Petit postage avant de filer à la fac. Mein gott, dire que c'est aujourd'hui la rentrée T.T


Deux frères, deux mondes

Chapitre 8 : Les conséquences de « Rette mich »

A présent tous bien réveillés, les quatre garçons arpentaient les rues de la ville de Leipzig. Tom marchait en tête, Bill s'accrochant à lui. Georg et Gustav les suivaient de près. Ils n'avaient posé aucune question, préférant les laisser venir à eux le moment voulu. Leur ami se devait probablement se sentir suffisamment mal d'avoir craquer en public. Chacun avait fait comme s'il ne s'était rien passé et le batteur avait finit par proposer une sortie, enterrant définitivement l'événement survenu le matin-même. L'androgyne jetait des coups d'œil partout, ne voulant rien oublier de cet endroit qu'il ne connaissait pas encore. Il n'avait jamais mit les pieds ici, le quartier snob comme il disait. Il se collait le plus possible contre son colocataire, recherchant un peu de chaleur. Une fois de plus, il n'en avait fait qu'à sa tête et avait refusé de s'habiller plus chaudement.

« - Putain j'ai froid ! On est encore loin ?

- Je t'interdis de te plaindre ! Je t'avais dit de te saper autrement. »

Le brun lui tira la langue et enfouit ses mains dans les poches de sa veste. Tom soupira, amusé par la mine boudeuse qu'affichait son comparse. Il arrêta sa marche sous le regard curieux des trois autres. Il détacha la fermeture éclair de son manteau deux fois trop large pour lui et retira seulement son bras droit de la manche. D'un signe de tête, il invita Bill à le rejoindre. Comprenant où le guitariste voulait en venir, il se serra contre lui et enfila la manche libre du blouson. Il passa son autre bras autour de la taille de son sauveur, dans un souci de confort. D'une seule main, Tom referma son manteau et reprit son avancée comme si de rien n'était. Ils étaient conscients d'avoir l'air relativement ridicule mais cela ne les arrêta pas pour autant. Derrière eux, les deux G n'avaient pas bougé, encore trop surprit par ce qu'ils venaient de voir.

« - J'ai rêvé, c'est ça ? On est encore dans l'appart, je me suis endormit sur la table, ou n'importe où d'ailleurs, et je suis en plein songe.

- Alors on fait le même rêve, vieux ...

- J'en reviens pas ...

- Là tu ne peux pas le nier ! Il y a bien quelque chose entre eux ! Je ne suis pas en train de délirer !

- Je crois qu'il va falloir que l'on ai une petite discussion avec notre cher Trumper.

- Et moi je crois qu'il vaut mieux le laisser tranquille.

- Attends, tu ne te rend pas compte, là ! Regarde-les ! On dirait un couple !

- Ça nous regarde pas, Georg. C'est leur histoire, pas la notre. »

Il s'apprêtait à répliquer et défendre son point de vue lorsqu'une voix l'interrompit, leur rappelant qu'ils n'étaient pas seuls :

« - Qu'est-ce vous foutez, les gars ? On aura jamais le temps de répéter si vous traîner comme ça !

- T'excites pas, mec, on arrive ! »

- B & T -

Ils étaient à présent réunis dans l'ancien garage de Gustav aménagé quelques années plus tôt en salle de répétition. La batterie, la basse, la guitare et toutes les enceintes attendaient bien sagement à leur place. Bill regardait partout autour de lui. Cette pièce ressemblait à s'y méprendre à un petit studio. Des posters collés au mur, un sofa, une table basse, et même un mini-frigo dans un coin de la pièce.

« - J'te ferais bien visiter le reste de la maison mais mes parents reçoivent du monde et j'ai pas vraiment envie de me mêler à eux.

- Pas grave. Je suis pas là pour constater à quel point ta baraque est plus grande que la mienne mais pour vous écouter jouer ! »

Bizarrement, ce n'était pas l'androgyne le plus gêné par cette situation de différence social. Il n'était pas d'un caractère envieux, et pourtant les trois autres hésitaient toujours à parler lorsqu'il s'agissait d'argent ou autre marque de richesse.

Pas du tout conscient du silence que sa remarque avait provoqué, le brun se saisit d'une chaise et s'y installa à l'envers, les bras croisés sur le dossier, face aux trois instruments. D'un signe de tête, il insista les musiciens à se mettre à l'œuvre. Ceux-ci s'exécutèrent, chacun prenant place.

« - On joue quoi ?

- Pourquoi pas la numéro trois ?

- Ah non les gars, pas celle là ! J'vois rappelle que je m'embrouille à certains endroits.

- Eh Tom, ça te dis pas de faire Schwarz ?

- Pas question !

- Pourquoi ?

- Mais t'es pas fou, non ? J'vais pas chanter devant lui !

- Ben pourquoi ?

La question de Bill les stoppa dans leur début de dispute. Il les regardait, des questions plein les yeux. Les deux G se tournèrent vers le guitariste puisqu'il était celui qui s'opposait à cette chanson.

« - T'as honte de faire ça devant moi ? Fallait pas me demander de venir.

- Mais je sais pas chanter !

- Si un jour vous percer dans le milieu, faudra bien que l'un de vous se dévoue !

- Ce ne sera pas moi !

- Tomy.

L'interpellé accepta enfin de croiser le regard de l'androgyne. Face à la moue suppliante du brun, il su immédiatement qu'il était perdu. Il détourna rapidement les yeux, refusant de céder si facilement.

« - S'il te plait. »

Ses doigts se crispèrent. Tout son corps se tendait, résistant contre cette envie de jouer qui montait en lui. De nouveau, il croisa ces yeux noisette et craqua. Il soupira avant de commencer les premiers accords de la chanson, suivit de près par Georg et Gustav. Bill les fixait en silence, les sourcils froncés, le nez légèrement retroussé, et les écouta religieusement pendant trois minutes et vingt secondes.

Il n'avait toujours pas changé de position lorsque la chanson se termina. Les trois garçons attendaient le verdict, passablement inquiets. Il était après tout leur premier vrai public. Leurs parents ne s'intéressaient pas beaucoup à ce qu'ils faisaient et leurs groupies n'étaient pas des plus crédibles. L'androgyne consentie enfin à donner son avis :

« - Bon c'est vrai, j'y connais pas grand chose. Cependant je peux vous dire que vous jouer vachement bien. Par contre Darling, t'avais raison. Le chant et toi, ça fait deux.

- J't'emmerde ! J'avais dit que je voulais pas chanter !

- Rooooh ! J'te charrie, c'est tout ! Mais je sais pas, cette chanson, je l'aurai vu un tout petit peu plus douce.

- Comment ça ?

- Ben ... le texte est relativement ... euh ... triste ? 'fin, tu vois le genre. Et si tu le fais sur ce rythme là, on ne ressent pas grand chose. En fait, tu casses l'émotion. »

Aussitôt, Tom commença à jouer un peu plus lentement. Ses doigts s'emmêlaient légèrement, ayant l'habitude d'aller plus vite. Sans se préoccuper des autres, il cherchait à retranscrire ce que Bill leur avait dit, bien que l'idée première lui soit relativement floue.

« - Attends ! »

Il se stoppa et leva les yeux vers l'androgyne, surprit :

- Quoi ?

- Le dernier que tu as joué. Refais-le. »

Le guitariste s'exécuta, se demandant où le brun voulait en venir. Il faillit s'arrêter de jouer lorsqu'il entendit une voix se joindre à ses notes. Il leva le regard et constata que Bill chantait, les yeux fermés. Sa tête se balançait légèrement de gauche à droite, au rythme des croches. La voix prit plus d'assurance pour le refrain, augmentant légèrement l'allure. Il s'arrêta avant le second couplet, imité par Tom.

« - Quelque chose plus dans ce style là, tu vois ? »

Les trois musiciens l'observaient en silence, le même sourire entendu collé aux lèvres. Ils n'avaient pas eu besoin de se consulter pour savoir qu'ils étaient sur la même longueur d'onde.

« - Quoi ? J'ai un truc sur le visage ?

- Les gars, je crois qu'on vient de trouver notre chanteur !

- HEIN ?!? Même pas en rêve ! »

- B & T -

Le soir venu, Gustav et Georg avaient choisi de ne pas retourner à Malmedy avant lundi matin. Puisqu'ils étaient déjà chez eux, ils avaient décidé de profiter un peu de leur famille respective. De leur côté, Tom et Bill était rentrés, personne ne les attendant chez eux. Ils étaient actuellement dans la chambre du brun, penchés sur un devoir de géo-politique. Le guitariste était allongé sur le lit, l'androgyne assis en tailleur sur le sol tout près de lui. Divers bouquins les entouraient, mêlant manuels scolaire et dictionnaires spécialisés. Les sourcils froncés, mordillant un crayon, Bill fixait sa feuille, indécis, tentant de répondre à un problème posé par son professeur concernant « le commerce international et la pauvreté dans le monde ». Ils étaient planchés dessus depuis plus d'une heure déjà.

« - Alors tu proposes quoi comme plan ?

- Eh bien ... Un truc en trois parties. En grand un je mettrai bien « le commerce international contribue à l'accroissement des inégalités » ... J'y caserai un truc sur les difficultés des pays en développement pour accéder au marché d'exportation, les conditions inégales malgré la libération et l'écart que creusent les exigences du commerce international.

- En grand deux ?

- « Un moyen d'entraîner les pays du sud dans la voie du développement ». Avec l'ouverture sur les marchés mondiaux, les accords de partenariat et le concept de commerce équitable.

- Et en grand trois ?

- « Une force pour lutter contre la pauvreté ». Comme quoi des solutions peuvent être apportées à des problèmes connus et le fait que le commerce international génère des revenus. T'en penses quoi ?

- Ça se tient.

- Vrai ?

- Oui.

- Yes ! Je suis trop fort ! »

Rassuré, Bill retrouva son sourire, bazarda rapidement cahier et stylo, puis s'étira, voulant détendre ses muscles. Il se leva finalement et s'apprêtait à sortir de la chambre sous le regard étonné de son colocataire :

« - Où tu vas ? On a pas finit, j'te signale !

- Roooooh. Mais j'en ai marre, moi !

- Tu t'y prendrais pas à la dernière minute, aussi !

- Accorde-moi trente secondes, le temps de ramener un truc à manger avant que je tombe d'inanition.

Il quitta la pièce, sous les soupires faussement désespérés de son vis-à-vis. Celui ci se leva à son tour et commença à marcher un peu, voulant dégourdir ses membres, et laissa son regard vagabonder. Ce n'était pas souvent qu'il se retrouvait entre ses quatre murs, le brun tenant à son intimité. Il déambula jusqu'au bureau, recouvert d'un bordel monstre. Quelque part, il se sentait rassuré de voir qu'il n'était pas le seul à être si peu organisé. Plusieurs feuilles bleues bien regroupées ensemble attirèrent son regard, seule chose apparemment plus ou moins rangée. Il hésita à jeter un œil, mais sa curiosité l'emporta. Il comprit rapidement qu'il s'agissait de chansons, ou tout du moins de poèmes si l'on en jugeait par les rimes. Il les parcourait en diagonale, mais un texte en particulier attira son attention :

« - Rette mich ?

- Il ne me semble pas t'avoir donner l'autorisation de toucher à ça. »

Tom sursauta, prit en flagrant délit et reposa brusquement les documents. Il tenta de s'excuser, bafouillant légèrement, ne se rendant pas compte que Bill ne l'écoutait même pas. Il reprit les feuilles en main et les rangea dans le seul tiroir de son bureau qui fermait à clé. Il s'empara de son saladier de pop corn qu'il avait posé auparavant et parti s'installer sur son lit, dos au mur. Le regard dans le vide, il refusait obstinément de poser les yeux sur son coloc. Timidement, celui-ci brisa le silence :

« - Tu ne m'avais jamais dit que tu écrivais.

- Tu ne me l'a jamais demandé. »

Le ton était neutre, presque froid. Le guitariste se sentit mal à l'aise. Il n'aurait pas dû fouiller. Il le savait. Mais le brun ne lui disait jamais rien. Il était tellement secret ...

« - J'te demande pardon. J'aurai dû, je sais.

- J'te les aurai montré tu sais. Quand j'aurai été prêt.

- Écoutes Bill je ...

- Pourquoi Tom ? Pourquoi tu n'as pas pu attendre ? Je croyais que tu me faisais confiance !

- Mais c'est le cas !

- Alors pourquoi ?

- Tu es tellement ... mystérieux. Je voulais juste essayer de te comprendre.

- Je croyais t'avoir dit qu'il me fallait du temps.

- B & T -

Lorsqu'il entendit le verrou de la porte d'entrée s'ouvrir, Tom se précipita dans le salon, des excuses plein la tête, un espoir au fond des yeux. Lorsqu'elle dévoila le visage du nouvel arrivant, il laissa échapper un soupir, dépité, avant de se laisser choir sur le fauteuil le plus proche, le visage dans les mains.

« -Caches ta joie, vieux !

- Tu parles d'un accueil ! »

Le guitariste leur adressa un pauvre sourire. Georg et Gustav comprirent aussitôt que quelque chose n'allait pas. Chacun d'un coté, ils investirent les accoudoirs, prêt à soutenir leur ami s'il venait à craquer.

« -Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je me suis encore disputé avec Bill. »

Les deux G échangèrent un regard entendu, s'attendant bien à cette réponse. Ils l'observaient en silence, attendant qu'il parle. Les yeux dans le vide, Tom semblait à des kilomètres de là. Il finit cependant par prononcer quelques mots, ne voulant pas les laisser dans l'ignorance totale.

« - Une fois de plus j'ai joué au con. »

Les deux musiciens ne disaient rien, préférant ne pas l'interrompre.

« - Pourquoi il a fallut que je touche à ses affaires ... Pourquoi j'ai pas pu m'en empêcher ?

- Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?

- Je ... je suis tombé sur quelque chose qui ne me regardait pas. Et il m'en veut ... Il n'a même pas crier, Gus. Il n'a rien dit et s'est contenté de partir. Sans m'adresser un regard, il a quitté l'appart. Mais je ... j'aurais préféré qu'il hurle, qu'il me gueule dessus, qu'il me fasse des reproches ! »

- ... Tom, écoutes ... je ... c'est ... »

Georg soupira, ne trouvant pas ses mots. Il voyait Tom papillonner des yeux, sans doute pour ne pas pleurer. Une larme s'échappa mais disparue rapidement, chassée par une main.
Il ne t'a rien dit ?

- Non. Mais ... tu aurais dû voir ses yeux.

- Qu'est-ce qu'ils avaient ?

- Je ... On ... on y voyait clairement que... je l'avais déçu. Il n'était même pas en colère. Juste ... blessé. Et tellement déçu. »

Cette fois, le guitariste pleurait vraiment, incapable de se retenir plus longtemps. Gustav l'attira contre lui, tentant de le calmer, même s'il savait qu'il n'y parviendrait pas.

« - Écoutes, te prends pas la tête comme ça. Tu connais Bill, il réagit toujours au quart de tour. Quand il reviendra, tu t'excuseras et tout rentrera dans l'ordre !

- Tu crois ? »

Le blond hocha la tête, peu sur de la persuasion de sa voix. Tom soupira une énième fois avant de se rendre dans sa chambre afin de se préparer pour aller en cours. Le brun se tourna vers Gustav, légèrement inquiet :

- Tu le penses vraiment ?

- Non. Mais je l'espère. »

- B & T -

Il avait passé toutes ses heures de cours à attendre que la porte de la salle s'ouvre pour laisser entrer un androgyne un brin provocant et fier de ce qu'il est, mais il ne se passa rien. Sous les regards plus qu'inquiet de ses deux meilleurs amis, Tom n'avait pas prononcé une parole, n'écoutait pas un mot de ce que les enseignants racontaient, et fixait inlassablement ce morceau de bois qui s'obstinait à ne pas vouloir s'ouvrir. Dans les couloirs, il ne regardait pas devant lui, cherchant des yeux un certain brun. Mais il n'était pas là. Où qu'il regarde, il ne le voyait pas. La journée passa ainsi dans une humeur plutôt maussade. Faisant en ce moment même les cent pas dans le salon de Georg et Gustav. Il s'apprêtait à pester une fois de plus lorsque quelqu'un frappa à la porte de l'appartement. Ayant l'espoir fou qu'il s'agisse de Bill, le guitariste s'y précipita mais fut une fois de plus déçu.

« - Je vois que tu es heureux de me voir, ça fait plaisir. »

Il soupira avant de laisser entrer l'inconnu. Il recommença sa marche répétitive, cherchant toujours un moyen d'arranger les choses. Le bassiste s'adressa alors au nouvel arrivant :

« - Mood, c'est bien ça ? »

La jeune fille acquiesça mais n'osa pas bouger. Elle observait les trois garçons, cherchant comprendre le pourquoi d'une telle situation. Mais Gustav la sortie rapidement de ses pensées :

« - Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je cherche Bill. Il m'a dit un jour de venir voir ici si jamais je ne le trouvais pas à son appart. Je ne l'ai pas vu de la journée et je me demandais s'il allait bien. »

Seul un énième soupir de Tom lui répondit. Elle fronça aussitôt les sourcils, comprenant ce que cela pouvait signifier. Elle s'installa sur le fauteuil que lui désignait Georg et commença elle aussi à attendre. Quoi, elle ne le savait pas. Mais la tension qui régnait était palpable. Le guitariste arrêta soudainement de marcher et se tourna vers les trois étudiants, un air décidé collé au visage :

« - Puisque Bill ne veut pas venir à moi, c'est moi qui irai à lui.

- Qu'est-ce que tu entends par là ?

- Je suis sûr qu'il est parti voir sa bande.

- Et tu veux le rejoindre là-bas ? Mais tu es complètement fou ! Ils ne veulent pas de toi ! Ils vont te mettre en pièce avant que tu n'aies retrouvé l'autre tête de mule !

- Georg, ce sont des gens comme toi et moi, pas des cannibales ou des sauvages ! »

Les deux G étaient clairement contre cette idée. Mais Tom semblait farouchement décidé à se rendre là-bas. Le batteur allait encore une fois émettre un contre argument lorsque Mood prit la parole pour la première fois :

« - Je peux t'aider si tu veux. »

Les trois garçons la fixaient à présent, de façon différente. L'un la regardait les yeux pleins d'espoir, tandis que les deux autres la désapprouvaient.

« - Tu as raison, tu ne peux pas laisser les choses comme ça. Je ne connais pas toute l'histoire, mais je suis certaine que tu as gaffé encore une fois. Donc si tu le souhaites, je peux te dire comment te rendre chez Jezz.

- C'est qui celui-là ?

- Celui chez qui Bill passe le plus clair de son temps.

- Tu sais où il habite ? »

Elle acquiesça, s'empara de la première feuille qu'elle trouva et commença à y inscrire le chemin à suivre. Ne prenant pas la peine de regarder ce qu'elle avait écrit, Tom s'empara du papier et quitta rapidement l'appartement, bien décidé à se rendre du coté de Thuringe.

« - Pourquoi tu as fait ça ? Tu l'envoies dans la gueule du loup, là !

- Mais vous le faite exprès, ou quoi ? »

Il lui faudrait sans doute plus d'une heure avant arriver à destination. Mais cela lui importait peu. Une fois de plus, il relu les indications de Mood, espérant ne pas se tromper de chemin. A quelques mètres devant lui, il pouvait apercevoir le pont qu'il devait traverser. Il passa ainsi devant les diverses enseignes que lui avait signalé la jeune fille. Il arrivait à présent à hauteur du lycée Thuringe. Il stoppa sa marche quelques instants, pour observer les alentours. De là où il était, il voyait parfaitement Bill, assis sur le muret de l'école, une demoiselle aux cheveux rose entre les bras. Tom senti son cœur se serrer face au sourire qu'affichait le brun. Il n'aurait pas su dire pourquoi. Peut-être parce qu'ici, Bill semblait vraiment heureux.

Il s'apprêtait à reprendre sa marche lorsqu'il se senti harponné par le col de son manteau. Avant qu'il n'ai pu faire quoi que ce soit, il se retrouva face à trois garçons, apparemment plus vieux que lui.

« - Qu'est-ce qu'un petit snob comme toi vient foutre dans notre quartier ? »

Il ne répondit pas de suite, se demandant comme ils avaient pu le reconnaître. Il se souvint alors que dans sa précipitation, il n'avait pas prit le temps de se changer et était par conséquent encore en uniforme. Il repoussa brusquement celui qui l'agrippait et voulu poursuivre son chemin, mais les trois inconnus ne semblaient pas de cet avis.

- B & T -

Assis sur son muret, Bill écoutait d'une oreille distraite la discussion que Mel avait entreprit avec Matt et Jezz. Il n'y participait pas, réfléchissant à ce qu'il s'était passé hier.

« - Qu'est-ce que tu en penses, petit prince ? »

Il s'apprêtait à répondre lorsqu'il entendit quelqu'un crier. Ce n'était pas vraiment rare dans le coin. Mais cette voix, il l'aurait reconnu entre mille. Brusquement, il repoussa la jeune fille et commença à courir, espérant ne pas partir dans la mauvaise direction. Il jetait des coups d'œil dans tous les coins, à la recherche de la moindre indication. Un autre cri lui confirma qu'il ne s'était pas trompé de route. Il pouvait entendre les pas des ses trois amis derrière lui. Un mouvement sur sa gauche attira son attention. Son cœur rata un battement lorsqu'il reconnu Tom, aux prises avec trois hommes au milieu d'une ruelle. Ne réfléchissant pas aux conséquences, il sauta sur l'un d'eux et commença à le frapper. Il fut rapidement rejoint par les trois autres qui s'occupèrent des deux hommes.

- B & T -

Lorsque Tom rouvrit les yeux, il constata qu'il n'était plus dans la ruelle mais sur un canapé, une couverture remontée jusqu'au cou. Une faible lumière parvenait de la pièce voisine. Les volets n'étant pas fermés, il pu constater que la nuit était tombée. Il voulu se redresser mais plusieurs douleurs réparties sur tout son corps l'en empêchèrent. Son gémissement attira cependant l'attention. Un homme d'une vingtaine d'années, brun, relativement grand, plutôt musclé et au teint légèrement bronzé s'approcha de lui.

« - Enfin réveillé, gamin ? »

Il acquiesça, restant sur la défensive. Il ignorait où il était et n'était pas certain d'être en lieu sûr. L'inconnu dû remarquer son trouble puisqu'il se présenta :

« - J'm'appelle Jezz. »

Il reconnu aussitôt le nom dont Mood lui avait parlé avant qu'il ne parte. Rassuré, il se détendit et demanda :

« - Il s'est passé quoi ?

- Apparemment, tu t'es fait attaquer.

- Sans blague, j'avais pas remarqué. »

Une jeune fille choisie ce moment pour les rejoindre. Elle prit place dans l'un des fauteuils, croisa les bras sur sa poitrine et commença à fixer Tom en silence, semblant le juger. Celui ci se senti rapidement mal à l'aise. Visiblement, elle ne le portait pas dans son cœur. Voyant sa gène, le plus vieux des trois intervint :

« - Mel, arrêtes de le regarder comme ça, tu vas finir par lui faire des trous. »

Elle lui tira la langue puis se leva. Elle disparue dans l'une des pièces adjacentes, toujours sans avoir prononcé un mot. Il était hors de question qu'elle montre le moindre élan de sympathie envers cet intrus.

« - Excuse-la, c'est juste à cause de Bill qu'elle est comme ça.

- Comment ça ?

- Quand il t'a entendu crier, il s'est aussitôt mit à courir. Les deux autres et moi on l'a rapidement suivit. Et on l'a vue se jeter dans la bagarre sans réfléchir. On l'a déjà vu se battre, tu sais. Mais là c'était ... étrange. On aurait dit qu'il allait les tuer si je ne l'avais pas retenu. On a tous eu peur pour lui. Probablement autant que lui a eu peur pour toi. »

Il arrêta son récit et fixa à son tour l'adolescent. Il n'avait pas choisi ses mots au hasard, et attendait une quelconque réaction. Il le vit froncer les sourcils, cherchant visiblement un sens à tout ça. Il se rendait dans la cuisine quand une voix le retint :

« - Il n'y a pas au trop de casse, au moins ?

- Mel a quelques bleus sur le ventre et Matt aura un jolie coquard quelques temps. J'ai pris aussi quelques coups mais je m'en remettrais. Le pire, je crois que c'est Bill. »

Oubliant sa douleur, Tom se redressa brusquement, l'air paniqué. Jezz l'attrapa par les épaules et l'obligea à se rallonger.

« - Calme-toi, il va bien. Juste un hématome sur le visage et plusieurs sur les bras et le torse. Il en a vu d'autres, crois-moi.

- J'voulais pas tout ça, tu sais.

- Qu'est-ce que tu es venus foutre par ici ? Tu sais pas que les connards de ce quartier n'aiment pas les étrangers ? Même nous on a parfois du mal avec eux alors qu'on vit ici.

- Non je ne le savais pas. Je voulais juste voir Bill. J'ai encore fait une connerie et je venais m'excuser. »

Le brun haussa un sourcil, curieux. Il n'aurait pas cru que le gamin qu'il avait devant lui était du genre à demander pardon. Il chassa cette pensée, maudissant ses préjugés. Il réprimandait Mel mais ne valait pas mieux. Il lui ordonna de rester couché puis disparu quelques minutes dans la cuisine, avant de revenir, une assiette de soupe et un verre d'eau en main.

« - Avales ça, faut que tu reprennes des forces. »

Tom obtempéra sans trop protester, adoptant une position assise. Les deux garçons restaient silencieux, ne sachant pas vraiment quoi dire. Tous deux se posaient des tonnes de questions, mais pas pour les mêmes raisons. Lorsque son invité eu terminé, Jezz débarrassa rapidement.

« - Il est déjà plus de deux heures du mat', je vais me pieuter. J'en connais une qui va avoir du mal à se lever pour aller au lycée. »

Il commença à se diriger vers sa chambre, mais avant d'y entrer, il se tourna vers le guitariste :

« - Au fait, la piaule de Bill c'est celle là. »

Il lui désigna la porte du fond. Lorsque Tom voulu lui demander pourquoi il lui parlait de ça, le brun avait déjà disparu. Emmitouflé sous sa couverture, il se torturait l'esprit. Si Jezz lui avait indiqué la chambre de Bill, c'est bien qu'il y avait une raison, non ? Mais il n'était pas sûr que l'androgyne apprécie une visite aussi matinale. Resté plusieurs minute à cogiter, il finit par se lever, tentant de ne faire aucun bruit, et se dirigea vers la porte qui le séparait de son colocataire. Il resta planté devant, hésitant encore. Il inspira, prit son courage à deux mains puis se décida à toquer. Il n'attendit pas de réponse et entra, silencieusement.

Depuis le seuil de sa chambre, Jezz avait assisté à la scène et souriait, pleinement satisfait de la tournure que prenaient les choses. Il espérait simplement que le petit prince ne gâcherait pas tout avec son sale caractère.


Je sais je sais, encore en retard T.T