Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : K (pour le moment). N'oublions un futur passage par le M :)

Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom.»

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Sinon j'vous garantie qu'ils ne sortirent jamais de leur chambre *.*

Note de l'auteur : Encore en retard T.T Mais cette fois j'ai une excuse ! J'ai travaillé ce week end u.u D'ailleurs, ne travaillze jamais dans un bar un week-end de Pâques -.-" J'vais devoir hiberner trois semaines pour récupérer XD


Chapitre 10

Altercation et conséquences

La tête soutenue par sa main, le bras posé sur l'accoudoir du fauteuil, Tom fixait son colocataire en silence. Celui-ci s'activait dans la cuisine, ses écouteurs sur les oreilles. Le musicien avait été surprit d'entendre la voix de Bill au réveil. Les yeux encore embrumés, il avait trouvé l'androgyne devant les fourneaux, parfaitement maquillé, coiffé et habillé, fredonnant au rythme des chansons qui défilaient sur son mp3. Chansons pas toujours géniales selon Tom, mais chacun ses goûts. Il fut étonné de le voir déjà levé, lui qui d'habitude était toujours en retard. Il ne chercha pas à comprendre puis s'était enfermé dans la salle de bain, histoire d'être un peu plus présentable.

Et depuis il restait là, silencieux, s'enivrant simplement de ce timbre qu'il n'entendait que trop peu souvent. Il ne savait même pas si le brun avait conscience de sa présence mais se garda bien de la lui signaler. Trois coups donnés à sa porte le firent sursauter mais passèrent inaperçu aux oreilles du pseudo-cuisinier. Le guitariste se leva et finit par ouvrir à cet inconnu qui s'acharnait contre ce pauvre morceau de bois qui n'avait rien demandé à personne. Il se retrouva face à Georg et Gustav qui l'enlacèrent à tour de rôle, rassurés de le voir là :

« - T'es encore vivant ! »

Sans méchanceté, Tom se mit à rire doucement. Il trouvait la réplique légèrement exagérée. Il devait reconnaître que les élèves de Malmedy s'aventuraient rarement aux alentours de Thuringe, mais il ne fallait pas non plus croire toutes ces rumeurs qui courraient dans les couloirs du lycée.

« - Tu croyais vraiment qu'ils allaient me tuer ?

- On sait pas de quoi ces mecs sont capables. »

Tom soupira, faussement énervé, avant de les pousser dans le salon. Il avait le sentiment que ce n'était même pas la peine d'essayer de les faire changer d'avis. Ses deux amis, comme la quasi totalité des autres étudiants, ne connaissaient que très mal le quartier de Thuringe, ce qui donnait naissance à divers récits pour le moins étranges. Le musicien reprit sa place, ainsi que sa contemplation. Les deux arrivants remarquèrent alors la présence du deuxième propriétaire des lieux. Tous deux haussèrent les sourcils, surprit de l'entendre chanter. Le guitariste le remarqua et lança :

« - Je persiste les gars. Il serait parfait dans le rôle du chanteur.

- Moi j'veux bien, mais lui n'a pas l'air d'accord. »

Les deux G investirent le sofa, curieux d'en apprendre plus sur les dernières péripéties de leur ami. Ils n'avaient cessé de s'inquiéter depuis son départ et s'interrogeaient sur ce qu'il s'était réellement passé là-bas. Les marques de coups sur le visage de Tom les inquiétaient légèrement mais il ne semblait pas avoir de fracture ou autres blessures graves, à leur plus grand soulagement.

« - Maintenant, raconte-nous tout.

- Ça s'est arrangé au moins ? »

Ils n'obtinrent en réponse qu'un sourire éclatant qui les intrigua un peu plus. Lui avait-on fait absorber une quelconque substance illicite pendant son absence ? Le batteur chassa cette pensée de son esprit tout en s'insultant mentalement. Il fallait vraiment être stupide pour penser ce genre de choses. Mais pour sa défense, il tenait à souligner l'instabilité émotionnelle de son ami qui lui ferait faire n'importe quoi et l'obligeait sans cesse à imaginer le pire.

« - Te fais pas prier, vieux.

- Roooh, c'est bon, déstressez les mecs. Je suis là, devant vous !

- Et c'est quoi cet énorme bleu près de ton arcade ?

- Euh ... disons que j'ai eu un petit accrochage avec deux ou trois connards. »

Comprenant qu'ils ne le lâcheraient pas, Tom entreprit de leur raconter dans les grandes lignes, ce qu'il s'était passé pendant son bref séjour à Thuringe. Il omit cependant plusieurs détails qu'il jugea privé et qu'il préféra garder pour lui. Certains moment ne regardait que lui.

« - T'es pas sérieux ?!? Tu t'es fait tabasser juste pour Bill ?

- Comment ça « juste pour Bill » ? T'aurais préféré quoi ? Que je laisse la situation s'aggraver encore plus si bien qu'on ne se serait probablement plus jamais adressé la parole ? J'ai fait une connerie, je devais assumer, c'est tout ! »

Un silence s'installa. Le propriétaire des lieux ne le remarqua pas tout de suite, les yeux encore fixés sur le brun qui avait envahit sa cuisine. Son sourire avait refait son apparition sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Il ne comprenait pas comment, mais le seul fait de voir l'androgyne le mettait aussitôt de bonne humeur. Sentant deux regards posés sur lui, il finit cependant par reporter son attention sur ses invités, regrettant presque de devoir abandonner cette représentation privée donnée par le chanteur improvisé :

« - Quoi ?

- On peut savoir pourquoi tu le fixes comme ça ?

- J'ai pas le droit de l'écouter chanter ? Pour une fois qu'il le fait.

- L'écouter oui, mais ça ne t'oblige pas à le regarder. »

Il fronça les sourcils, ne comprenant visiblement pas où Georg voulait en venir. Qui avait-il de mal à écouter une voix lorsque celle-ci entamait des chants mélodieux ? Le reproche n'était plus très loin bien qu'il ne voyait pas ce qu'il avait fait de mal. Il sentait qu'il commençait doucement mais sûrement à s'énerver :

« - Putain mais c'est quoi votre problème, aujourd'hui ?

- Calme-toi, Tom. On s'inquiète juste pour toi, c'est tout. Et on veut simplement comprendre.

- Mais y a rien à comprendre, bordel ! »

Un bruit infernal se fit soudainement entendre depuis la cuisine, coupant court à la dispute qui se profilait. Le guitariste s'y précipita, visiblement inquiet, suivit des deux autres. Son colocataire était accroupi au milieu de la pièce, ramassant des morceaux de verres brisés tout en prenant garde de ne pas se couper malencontreusement.

« - Scheisse ! Foutu vaisselle de merde ! »

Tom soupira de soulagement. En l'espace de seulement trois secondes, il s'était imaginé tout un tas de scénarios catastrophes. Lorsque Bill se redressa et se retourna, il sursauta, effrayé par la présence des trois autres derrière lui :

« - Vous m'avez fait peur, bande d'idiots !

- Désolé, on l'a pas fait exprès. On a entendu un fracas et on se demandait si tout allait bien.

- T'inquiète pas Gus, j'ai juste laissé échapper des trucs. Mais ... y a longtemps que vous êtes là ?

- Suffisamment pour savoir que tu chantes plus que bien. »

Le brun s'empourpra légèrement avant d'amorcer un geste dans le but de frapper son colocataire. Celui-ci esquiva sans problème, le sourire aux lèvres.

« - Je t'ai déjà dit non.

- Je finirais bien par te faire changer d'avis. »

Le brun leva les yeux au ciel, blasé. Il aurait dû se douter que son acolyte ne lâcherait pas l'affaire comme ça. Il préféra l'entraîner sur un autre sujet avant de se prendre la tête une nouvelle fois pour des broutilles :

« - Au fait, ton service compte désormais deux assiettes de moins, Darling.

- C'est pas grave Honey, on en rachètera. »

Tom entreprit de mettre la table pour quatre, espérant pouvoir enfin prendre son petit déjeuné. Georg lui apporta son aide. Pendant ce temps l'androgyne était de nouveau face à ses fourneaux et empilait toujours plus de gaufres. Les yeux du blond ne cessaient d'aller d'un colocataire à l'autre, essayant vainement de comprendre. Quelque chose avait changé. Mais quoi ? Et surtout : jusqu'où ? N'étant pas vraiment sûr de sa démarche, il osa tout de même demander :

« - Euh ... Tom ?

- Quoi ?

- Depuis quand tu l'appelles "Honey" ?

- Il m'appelle bien "Darling", pourquoi j'aurais pas le droit de lui donner un surnom, moi aussi ? »

Gustav soupira, se massant le front. Logique pour Tom, mais plus qu'étrange pour lui. Ces deux-là allaient finir par le rendre dingue. Bill passa devant lui, un plat rempli de gaufres dans les mains, puis le déposa sur la table et s'installa, prêt à satisfaire enfin son appétit. Décidant de renoncer à comprendre comment ils avaient pu en arriver là, et n'étant pas vraiment certain de vouloir le savoir, le batteur rejoignit les trois autres.

B&T

Les musiciens débarrassaient la table, tentant d'apporter un minimum d'ordre, tandis que le brun avait une fois de plus disparu dans la salle de bain.

« - Hey les gars, va falloir penser à bouger. Il est déjà huit heures moins dix.

- Il manque toujours le même, je te ferais remarquer. »

Ils étaient tous les trois répartis sur les fauteuils et le canapé, leurs sacs de cours à porté de main, attendant que l'androgyne refasse son apparition. Voyant les minutes défiler rapidement, Tom finit par demander, suffisamment fort pour que son colocataire puisse l'entendre depuis l'autre pièce :

« - Bon Honey, tu te grouilles un peu ?

- Minute, Darling ! J'te signale que là c'est pour toi que je fais ça !

- Comment ça ? »

Bill les rejoignit à ce moment-là, différents objets dans les mains. Sans s'expliquer, il attrapa Tom par l'une de ses manches et l'obligea à s'assoir sur la table basse. Il s'accroupit face à lui et commença à lui appliquer du fond de teint, voulant camoufler au maximum sa blessure causé lors de sa bagarre à Thuringe. Le musicien grogna pour la forme mais se laissa faire. Si cela pouvait lui éviter de devoir expliquer aux curieux comment il avait été blessé, il était prêt à endurer cette séance de maquillage improvisée.

« - Il fallait bien que je vois quelle couleur se confondrait le mieux avec ta peau. Heureusement pour toi, celui que j'utilise quotidiennement t'ira parfaitement. On peut dire que tu as de la chance. »

Cette situation lui en rappela une autre, il y avait seulement une journée de ça. Les rôles étaient inversés cette fois. En y réfléchissant bien, il avait l'impression qu'ils passaient leur temps à soigner mutuellement leurs blessures physiques et morales.

« - Je ne te fais pas mal ?

- Je ne sens rien. »

Le brun lui répondit par un sourire. Reposant son bric à brac, il prit le visage du guitariste entre ses mains et l'observa, cherchant un détail qui pourrait le trahir.

« - Parfait. On ne voit absolument plus rien !

- Merci.

- Pas de quoi ! »

Bill se releva, récupéra son maquillage, puis déposa ses lèvres sur le front de son vis-à-vis. Il lui caressa distraitement la joue avant de disparaître dans sa chambre. Tom avait fermé les paupières, comme pour mieux ressentir ces marques d'affections. Un raclement de gorge le fit sursauter, lui rappelant qu'il n'était pas seul. Il croisa le regard plein de sous-entendus de Georg et préféra détourner les yeux, trouvant un certain intérêt aux murs du salon. Tom se senti rougir malgré lui, ce qui accentua le sourire du bassiste. Gustav ne disait rien, mettant le guitariste mal à l'aise, et se demandant ce à quoi il pouvait bien songer pour rougir ainsi. Bill refit son apparition, brisant le lourd silence qui s'était installé pendant sa courte absence :

« - Bon, on décolle ? Je doute que la prof apprécie un nouveau retard. »

Il n'en fallut pas plus au guitariste pour se lever brusquement, attrapant son sac à la volée. A grandes enjambés, et les yeux toujours fixés sur le sol, il franchit le premier le seuil de la porte d'entrée sans attendre les autres. Son colocataire se tourna vers les deux G, plus que surprit par ce comportement :

« - Il se passe quoi, là ? J'ai dit quelque chose qu'il fallait pas ?

- J'en sais rien. Je ne le reconnais plus depuis quelques temps. »

Bill acquiesça, fronçant les sourcils. Il s'empara de ses propres affaires avant de commencer à courir après Tom.

« - J'vous laisse fermer l'appart ! »

Avant qu'un des deux n'ai pu répliquer, le brun avait déjà disparu dans les couloirs de la résidence.

« - Bon ben j'crois qu'on a plus le choix. »

L'androgyne n'avait pas ralenti son allure, bousculant certaines personnes au passage, s'excusant sans vraiment y faire attention. Il quitta le campus et traversa la cour pour se rendre dans le bâtiment réservé aux cours. Il grimpa les escaliers quatre à quatre jusqu'au troisième étage, essoufflé. Il marqua une pause, pestant contre les trop nombreuses marches. Il finit par trouver son colocataire assis juste à côté de leur salle de cours, dos au mur, plongé dans ses pensées. Sans un mot, Bill prit place à ses côtés, tentant de reprendre une respiration normale :

« - Pourquoi t'es parti comme ça ?

- Je voulais pas être en retard en cours, c'est tout. »

Il n'osait toujours pas le regarder alors que le brun ne cherchait qu'à croiser ses yeux. Ce dernier ne croyait pas du tout à son excuse. Qui pourrait croire que Tom Trumper se soucierait d'arriver à l'heure en cours ? Certainement pas lui. Il chercha dans sa mémoire un détail, une parole qui lui dirait quel était le problème. Il avait l'impression d'avoir dit ou fait quelque chose qu'il n'aurait pas dû mais rien ne lui venait à l'esprit :

« - Est-ce que ... est-ce que c'est moi ?

- Comment ça ?

- Est-ce que c'est à cause de moi ? »

Le musicien releva brusquement la tête, le regardant enfin. Bill se mordillait la lèvre, visiblement inquiet. Tom secoua légèrement la tête, comme s'il n'arrivait pas à y croire, avant de lui sourire. Il se rapprocha de lui jusqu'à ce que leur épaule se touchent. Il ne pouvait guère faire plus lorsqu'ils étaient en public mais il tenait à le rassurer :

« - Ne t'en fait pas, tu n'as rien fait. C'est juste ... moi qui ... débloque un peu en ce moment. »

La réponse était on ne peut plus vague mais sembla convenir au brun, désormais plus serein. Il fixait son vis-à-vis en silence. Il n'aurait pas plus d'explications mais il se sentait déjà plus soulagé, même si cette histoire le tracassait.

Là, tout de suite, il avait envie de se réfugier dans ses bras. Pour un simple moment de réconfort. Il sentait son corps se pencher lentement vers celui de Tom, comme s'il ne contrôlait plus vraiment ses mouvements. Comme une pulsion contre laquelle on a dû mal à lutter. Juste l'envie d'une étreinte. Qui malheureusement ne se fera pas.

B&T

L'heure de la pose déjeuner sonna enfin. Les élèves quittaient leurs salle de cours pour quelques heures, envahissant les couloirs du lycée. Tom, Bill, Georg et Gustav se rendaient à la cafétéria pour le déjeuner. Mood les rejoignit rapidement, comme elle avait pris l'habitude de le faire depuis que Bill le lui avait proposé il y a quelques semaines de cela. Elle ne négligeait pas ses propres amis pour autant et semblait avoir trouvé un juste milieu entre ces deux cercles de connaissances, allant de l'un à l'autre selon les jours ou ses humeurs. L'androgyne et elle marchaient tous deux en retrait, plongés dans une de leur discussion. Le guitariste laissa glisser une oreille jusqu'à eux mais décrocha rapidement lorsqu'il compris que les deux amis parlaient vêtements.

Ils avançaient tous les cinq, ne demandant rien à personne. Arrivant dans leur direction, un garçon de taille moyenne, châtain, à la force physique évidente, était bien décidé à effacer les sourires sur ces visages. Il laissa d'abord passer les trois garçons, l'air de rien. Il aurait pu faire un mouvement de côté pour éviter la collision, mais ce n'était pas ce qu'il voulait. Contractant son torse, prêt à encaisser le choc, il percuta volontairement et de plein fouet le brun, l'envoyant facilement au sol. Celui-ci se tenait le bras gauche, endolori. Comme par automatisme, son visage se fit plus dur et il attaqua l'inconnu :

« - Ça va pas, non ? Putain c'est quoi ton problème ?

- C'est toi mon problème ! T'as rien à foutre ici ! »

Alerté par les cris, Tom revint rapidement sur ses pas. Il trouva son colocataire aux pieds d'un autre élève, Mood à ses côtés, visiblement inquiète. Le guitariste les rejoignit, lui aussi soucieux. Il se pencha vers son ami et lui demanda discrètement :

« - Honey, ça va t'as rien ? T'as mal quelque part ? Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ? »

Ne prêtant pas garde aux questions de ses amis sur son état, Bill se releva rapidement, prêt à riposter si besoin est. Il n'avait jamais fuit devant ce genre de personne, ce n'est pas aujourd'hui qu'il commencerait. Son séjour à Malmedy était loin de lui avoir fait oublier ses tactiques de combat et ses réflexes étaient toujours là. Les gens commençaient à se regrouper autours d'eux, avide de nouveaux potins à diffuser. Il y avait bien longtemps que Tom Trümper n'avait plus fait parler de lui, ce qui intriguait les plus curieux. Chacun fut étonné lorsqu'il se plaça devant Bill, prêt à le défendre. Le responsable de tout ça réagit le premier :

« - Si c'est pas mignon. Le grand Tom Trümper qui s'inquiète pour une sous merde. Là vieux, je dois dire que tu me déçois.

- Mes fréquentations ne te regardent pas, Axel.

- Ça me regarde quand tu commences à traîner avec ce genre de choses ! J'te reconnais plus, mec ! T'étais le premier à vouloir frapper les types dans son genre et là t'es aux p'tits soins pour lui ! Tu n'as plus toucher une seule fille depuis des jours, tu ne viens plus à nos soirées, tu ne te lances plus dans aucune bagarre sauf si c'est pour défendre ton précieux colocataire !

- C'est si difficile de croire que j'ai changé ?

- Personne ne change à ce point ! Dis-moi Trümper, il te baise si bien que ça que tu n'oses plus rien faire ? A moins que ce soit toi qui lui passe dessus. Après tout, il en a le style. C'est ça, pas vrai ? C'est pour ça que tu le couves à ce point. Tu ne voudrais pas que quelqu'un t'abîme ton irremplaçable jouet. »

Entraîné par la colère et fureur, Tom n'hésita pas une seule seconde. Son poing rencontra la mâchoire de son interlocuteur, l'envoyant au sol, surprenant tout le monde. Par le passé il n'avait jamais eu le dessus sur Axel, ce qui l'avait incité à s'associer à lui plutôt que de devenir son ennemi. Mais aujourd'hui les choses étaient différentes. Aujourd'hui, Tom avait quelqu'un à protéger. Il se rapprocha de son adversaire et l'agrippa par le col de sa veste :

« - Écoute-moi bien connard. Le temps où toi et moi on était du même côté est finit. Si tu veux continuer à jouer les salauds, libre à toi mais ce sera sans moi. Et si jamais tu oses encore poser ne serait-ce qu'un doigt sur Bill, j'te jure que je te crève. »

Son ton fit frissonner l'assistance. Cet échange venait de ramener en mémoire les raisons pour lesquelles Tom Trümper était autant respecté à Malmedy. Il relâcha Axel brusquement et se détourna de lui avant de s'adresser à la foule :

« - Que les choses soient bien claires : Bill Harkins est sous ma protection. Le premier qui le touche aura affaire à moi. »

Il se désintéressa des autres élèves et reporta son attention sur ses amis. Georg, Gustav et Mood étaient bien là, mais Bill semblait avoir disparu. La jeune fille lui désigna la porte située à quelques mètres de là. Les toilettes pour garçons. Sans en demander plus, il s'y engouffra. Il referma la porte derrière lui et enclencha le verrou, ne voulant pas être dérangé. Le brun se tenait devant l'un des miroirs, les mains agrippées sur le lavabo, les yeux fermés.

Le guitariste l'observait en silence, n'osant faire le moindre geste. Il avait peur d'avoir encore mal agit face à Axel. Bill lui avait déjà fait comprendre qu'il n'avait pas besoin d'aide. Parce qu'il ne voulait pas passer pour un faible. Parce qu'il n'avait besoin de personne. Et aujourd'hui encore, Tom n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir. Pire encore qu'une nouvelle dispute, il craignait d'avoir gâché tout ce qu'ils avaient mit en place ces derniers jours. Il se déplaça sans un bruit et se posta derrière son colocataire, restant néanmoins à distance respectable :

« - Honey ? »

L'interpellé consentit enfin à ouvrir les yeux. Grâce au miroir, le musicien pouvait apercevoir le regard embué de l'androgyne. Il ne laissait que rarement ses émotions prendre le dessus mais il semblerait que cette altercation ait été l'élément de trop. Il aurait voulu le réconforter mais comment savoir s'il ne le repousserait pas ?

« - Pourquoi Tom. Pourquoi faut-il toujours qu'on s'en prenne à moi ? D'accord je suis un peu différent, mais c'est pas une raison ! J'ai bien le droit d'être ce que je suis !

- Je n'ai jamais dit le contraire. Tu sais, je doute que tout ça finisse un jour. Le monde est rempli d'abrutis. Mais tu ne dois pas te laisser abattre.

- ...

- Je ... je voulais te dire aussi que j'étais désolé. Je n'aurais pas dû me mêler de tes affaires mais ... je pouvais pas rester sans rien faire.

- Ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. »

Rassuré, Tom ne pu s'empêcher de sourire. Finalement, les choses n'allaient pas si mal que ça. Plus sûr de lui, il se rapprocha de son colocataire et enserra sa taille. Bill se retourna et se blotti contre le torse du musicien. Il était blasé de tout cela. Devoir être sur ses gardes pratiquement vingt quatre heure sur vingt quatre, affronter les regards et les insultes, ne pouvoir compter que sur soi-même ... Il n'était pas certain de pouvoir tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire.

« - Tu sais Darling, au début je croyais qu'il n'y avait qu'à Thuringe que les gens étaient comme ça. Mais finalement, c'est partout pareil.

- Je ne suis pas comme eux. Georg et Gustav non plus. Sans oublier Mood. Et puis tu as Jezz et Mel. Tu n'es pas tout seul Honey. Tu ne le seras jamais.

- ...

- Je te l'ai promis. »

Les paroles sont belles et pleines de promesse, mais il a besoin d'être rassuré. Le brun releva la tête, cherchant à croiser le regard de son interlocuteur. Les yeux sont plus fiables que les paroles ... Et ces yeux là ne mentent pas. Apaisé, il laissa s'échapper un léger soupir avant de poser son front contre celui de Tom. Il referma les yeux, voulant profiter au maximum de ce moment de douceur. Cette situation lui rappelait énormément ce qu'il s'était passé hier, sur le pont. Il ne manquait plus que ...

Il fut interrompu dans ses pensées par deux lèvres qui se posaient sur les siennes. Une simple pression. Un moyen de réconfort. Une caresse. Il ne put empêcher un sourire de naître sur ses lèvres. Comme la veille. C'était tout ce qu'il manquait.


Je crois que je vous ai fait peur et j'en suis désolée é.è Je n'abandonnerai jamais une fic. Tout simplement parce que ce n'est pas juste vis-à-vis des lecteurs. Mais mes coups de blues ralentissent le postage, ça ne fait aucun doute é.è

Merci pour votre soutient à toutes, vous êtes adorable ! (oui ça fait con de dire ça, mais j'ai pas d'autres mots XD)

Au fait, je rappelle aux reviewers anonymes que je ne leur répondrai pas (ne croyez pas que je vous oublie u.u). Je ne veux pas prendre le risque de me faire de nouveau supprimer ma fic é.è