Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : K (pour le moment). Le M se rapproche ...

Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom.»

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Je commence à manquer de slogan original ...

Note de l'auteur : En avance pour une fois ! Ben oui, j'aurais pas le net ce week-end :( Bonne lecture !


Chapitre 11

Est-ce que tu le rejetterai ?

Georg feuilletait l'un de ses innombrables magazines de basses et guitares, à la recherche de sa prochaine acquisition. Avachit sur le canapé, Tom fixait l'écran sans vraiment le voir. Aucune émission n'arrivait à captiver son attention. Gustav s'affairait en cuisine, soudain prit d'une envie de pop-corn. Personne n'avait rien à faire et l'ennui gagnait toujours plus de terrain. Pas de motivation pour les devoirs, aucune possibilité de s'entraîner puisque leurs instruments respectifs n'étaient pas là, aucun sujet de conversation suffisamment intéressant pour rompre le silence plus de deux minutes. Il y avait des jours comme ça, où on trouvait le temps vraiment long.

La porte d'entrée s'ouvrit et se referma dans un claquement sonore, venant briser leur monotonie. Une ombre passa furtivement dans le salon avant de disparaître dans l'une des chambres. Peu après, un jeune garçon en ressorti, ayant troqué son uniforme scolaire contre ses vêtements préférés. Il se laissa choir sur le sofa, un soupir s'échappant de ses lèvres. Sans vraiment y prendre garde, il s'était assis relativement proche de l'autre occupant. Bien décidé à se mettre à son aise, il passa le bras de son voisin autours de ses épaules et se cala contre lui, les yeux fermés. L'autre garçon se laissa faire, un sourire sur les lèvres, et demanda :

« - Elle te voulait quoi finalement, la prof ?

- Juste m'encourager dans mes efforts. Nan mais tu te rends compte ? Me retenir plus d'une demi heure après les cours, juste pour ça ! Genre j'ai que ça à foutre ! »

Il se colla un peu plus contre le musicien qui ne se fit pas prier pour resserrer son étreinte. Un soupir de bien être s'échappa des lèvres du nouvel arrivant. Distraitement, Tom passa sa main dans la chevelure de Bill, lui provoquant de petits frissons de bien être.

« - Sous tes airs de petit dur, t'es quand même vachement câlin. »

Il releva la tête avant de lui tirer la langue et de reprendre sa position initiale.

« - Gamin. »

Le brun ne répondit pas, se contentant d'enfouir son visage dans le cou du guitariste. Par-dessus son magazine, Georg les regardait, à la fois curieux et amusé. Gustav le rejoignit. Pas un mot ne fut échangé, mais tous deux songeaient à la même chose : une discussion s'imposait. Le batteur s'apprêtait à lancer le débat, l'air de rien, quand l'androgyne se redressa, légèrement inquiet :

« - Il est quelle heure ?

- Pas loin de dix neuf heures, pourquoi ?

- Je suis en retard !!! »

Il se releva brusquement, fit un passage éclair dans sa chambre pour récupérer sa veste et traversa une nouvelle fois le salon en courant :

« - Mood doit se demander ce que je fous, m'attends pas pour le dîner Darling ! »

Les trois garçons s'observaient, légèrement perdus. Tom finit par lever les yeux au ciel avant de reporter son attention sur l'écran, ne cherchant même plus à comprendre le comportement parfois étrange de son colocataire. Il devait bien admettre qu'il ne pouvait que se réjouir de le voir se faire des amis au milieu de tous ces regards de dégoût qu'il recevait. Les deux G échangèrent un nouveau regard entendu avant que le bassiste ne pose son magazine sur la table basse. Le départ précipité de Bill était peut-être une bonne chose, finalement.

« - Tom ?

- Hum ? »

Visiblement captivé, le guitariste ne les écoutait qu'à moitié. Georg se massa les tempes, tentant de comprendre comment son ami pouvait regarder autant de niaiseries en une journée. De son côté, Gustav se demandait quelle approche serait la moins susceptible de braquer le musicien. La douceur et la finesse avant tout ...

« - Tu es ... relativement proche de Bill en ce moment. »

Le concerné leva un sourcil, ne voyant pas où tout cela allait les mener. Ils étaient plus proches qu'au début, certes. Mais pas de quoi en faire une affaire d'état non plus. Il se décida à décoller son regard de la télévision et se tourna vers ses interlocuteurs, intrigué.

« - Oui on peut dire ça comme ça. Pourquoi ?

- Non pour rien. C'est juste que ... On vous quitte en pleine guerre et quand tu reviens de Thuringe vous êtes ... Proches.

- Tu l'as déjà dit.

- J'ai pas d'autres mots. »

Tom les fixait l'un après l'autre. Il ne voyait pas du tout où cette conversation les amènerait, ni son utilité d'ailleurs. Depuis quand devait-il justifier le moindre de ses faits et gestes ?

« - C'est vrai qu'on s'est beaucoup rapproché cette nuit-là. Je crois que ça nous a fait du bien. Oh bien sûr, il y a encore beaucoup de zones d'ombre, mais c'est normal, on ne se connaît pas depuis très longtemps non plus. Je crois que cette fois, on peut dire que tout ira bien. »

Un sourire venait de naître sur ses lèvres sans qu'il ne puisque en expliquer la raison. Peut-être juste parce qu'il repensait à Bill et ses câlins. Il ne savait pas pourquoi mais il se sentait bien dans ses bras. Il ne cherchait pas à comprendre et profitait simplement de l'instant présent. Son sourire perdit cependant un peu de son intensité lorsqu'il remarqua les regards sérieux de ses deux amis.

« - Hey les gars, c'est bon, y a pas de problème, hein.

- Tu n'as pas peur de foutre ta réputation en l'air ?

- Qu'est-ce que ma réputation vient faire là-dedans ?

- Ben ... tu es quand même très ... tactile avec lui.

- Tactile ?

- Tu ne nous fais jamais de câlin, à nous. »

Ne s'attendant pas à cette réponse, Tom éclata de rire.

« - Nan, t'es pas sérieux, là ? Toi, Georg Listing, tu veux que je te fasse un câlin ? »

Le bassiste se passa une main sur le visage, las. Il aurait dû se douter que ce ne serait pas si simple. Mais il ne pouvait pas non plus parler aussi librement qu'il l'aurait voulu, ne sachant pas comment aurait réagit le guitariste. Redevenu calme, Tom poursuivit :

« - Écoute, je sais que ça peut paraître déconcertant ou déstabilisant pour les autres mais ... j'aime ses étreintes. J'aime quand il est dans mes bras ou moi dans les siens. Je m'y sens bien. Comme si rien ne pouvait plus m'atteindre. Je sais que j'ai l'air con à vous dire ça comme ça mais je ... Raaah je sais pas comment vous expliquer. »

Gustav prit la parole pour la première fois, bien décidé à chasser cette ambiance lourde qui commençait à s'installer :

« - Désolé vieux, on n'aurait pas dû aborder le sujet comme ça. C'est juste que ça nous fait bizarre de te voir toi, Tom Trümper aussi tendre avec quelqu'un. En plus, si on ne sait pas un minimum ce que vous êtes l'un pour l'autre, un parfait inconnu pourrait trouver votre comportement plutôt ... louche.

- Oh c'est bon, hein ! Y a des dizaines de filles dans ce foutu lycée qui sont sans cesse en train de se câliner ou de se tripoter ! On ne les prend pas pour des lesbiennes pour autant !

- Oui mais ce sont des filles.

- Et alors ? Sous prétexte que je suis un mec, j'aurais pas le droit de me retrouver dans les bras de quelqu'un ? Mais merde, les gars ! En quoi c'est un problème ? En plus c'est pas vous que ça concerne !

- Mais on a rien dit ! On veut juste essayer de comprendre ! Huit ans qu'on se connaît et là on a l'impression de découvrir un nouveau Tom ! Comprends qu'on soit perdu, quand même !

- Peut-être que lui a su voir des choses qui vous ont échappé ! Peut-être que lui n'a pas cru à mes "je vais bien ne vous en faites pas" !

- Tu ne vas pas bien ? »

Le guitariste soupira, énervé mais aussi déboussolé. Il ne voulait pas de cette conversation. Il avait conscience que beaucoup trop de choses étaient en jeu et il n'était pas vraiment en état de tout faire pour sauver les apparences.

« - Écoutez les gars je ... je suis désolé. Non je ne vais pas aussi bien que ce que je laisse croire. Mais ça fait plus de dix ans que ça dure. Dix ans passés avec ce ...vide au fond de moi. Et puis Bill arrive avec son foutu caractère, sa bonne humeur et ses mystères. Il suffit qu'il me regarde pour que je me calme. Il suffit qu'il me prenne dans ses bras pour que je me sente ... moi. Je sais que c'est dur à comprendre. Moi même je ne me l'explique pas. Mais j'ai besoin de lui. Ne me rejetez pas pour ça, les gars. Ça ne change rien entre nous trois, vous savez. C'est juste que maintenant, on sera quatre. Même si je ne peux pas vous imposer sa présence ... »

Tom ne rajouta rien, persuadé d'avoir tout dit. Ou du moins l'essentiel. Le silence des deux G l'effraya légèrement. Ils fixaient le vide, semblant réfléchir à tout ça. Le guitariste se leva, posa sa main sur l'épaule de Georg et la pressa légèrement avant de quitter la pièce pour se réfugier dans sa chambre. La porte refermée derrière lui, il se laissa tomber sur son lit, le regard posé sur le plafond. Préférant rester dans le noir, il n'alluma pas sa lumière, profitant seulement de l'éclat de la lune. Beaucoup de questions tournaient en lui. Il se sentait perdu. Il avait peur. Mais surtout, là, tout de suite, maintenant, il avait besoin de Lui.

- B & T -

Dans le salon, les deux G n'avaient pas bougé. Chacun réfléchissait à ce qu'il venait de se passer, cherchant comment interpréter les dires de Tom. L'idée faisait doucement son chemin dans l'esprit de Gustav mais il préféra ne rien dire pour le moment.

« - Qu'est-ce que tu en penses ?

- Honnêtement Gus, j'en sais foutrement rien. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça.

- Moi non plus. Mais je crois qu'on a apprit beaucoup de choses ce soir.

- Comme par exemple le fait que nous ne connaissons pas Tom aussi bien que ça. Il t'en avait déjà parlé de ce vide venu d'on ne sait où ?

- Non. Et je me demande pourquoi il ne l'a pas fait.

- Peut-être qu'il ne savait pas comment faire. T'as bien vu, il avait l'air aussi perdu que nous.

- Mais c'est pas un raison, merde ! Nous on lui dit tout de nous et lui il se cache ! »

Georg se leva et commença à faire les cent pas. Il se sentait ... comme trahit. Le mot était peut-être un peu fort. Disons plutôt déçu. Mais de lui ou de Tom ? Il s'en voulait de n'avoir rien vu. Ou de ne rien avoir voulu voir. Et puis il y avait aussi cet énorme doute qui planait :

« - Dis-moi Gus. Je sais qu'on n'a pas vraiment abordé le sujet mais ... tu ne crois pas que Tom pourrait être ... euh ... enfin je veux dire ... Ça fait un moment qu'il n'a pas touché une fille.

- Tu penses qu'il est amoureux ?

- Pourquoi pas ? Après tout, quand on le regarde comme ça ... On se pose beaucoup de questions. »

Gustav ne répondit pas de suite, peu sur de bien comprendre les paroles de son ami. C'était un sujet qu'ils n'avaient jamais eu à aborder par le passé mais soudainement, le batteur se demandait ce que Georg pouvait bien penser de l'homosexualité. Il se sentait idiot, et surtout gêné, d'envisager une telle chose, mais vu comment se présentait la situation, la possibilité que Tom soit amoureux n'était pas à exclure.

« - Tu le rejetterais ?

- Pardon ?

- Si Tom était amoureux ... de Bill. Est-ce que tu le rejetterais ?

- Raconte pas de conneries ! Je vais pas l'abandonner juste pour ça ! Je ne suis pas si étroit d'esprit que ça ! C'est vrai que ... je me sens parfois mal à l'aise face à leurs étreintes mais ... je ne peux pas nier toute cette joie que Tom dégage depuis que Bill est là.

- Ça me rassure de savoir que je ne suis pas le seul à me sentir parfois de trop. »

Une phrase toute simple mais qui les fit rire un peu. Ils en avaient bien besoin. Tous deux se tenaient dans leur coin, peu sûr de ce qu'ils devraient faire. La discussion semblait terminée et pourtant il restait un goût d'inachevé. Ou peut-être une envie de se conforter dans ses idées, histoire d'être sûr de ne pas se tromper.

« - Gus, tu crois que c'est ça ?

- Quoi donc ?

- Ses sourires, sa bonne humeur, sa joie apparente, ... Tu crois que c'est parce qu'il est amoureux ?

- Je ne sais pas. Et sincèrement, je crois que lui-même l'ignore. Tu l'as entendu comme moi, il ne comprend pas pourquoi il agit comme ça. Tout ce que je sais, c'est que lorsqu'il le réalisera, il aura besoin de nous.

- Comment ça ?

- Il ne s'est jamais poser la question sur ses orientations. Pour lui, il est obligatoirement hétéro. Alors quand il comprendra que Bill n'est peut-être pas un simple ami, il risque de tomber de haut et de tout remettre en cause.

- Je vois. On n'est pas sorti d'affaire avec ses deux-là.

- Et ça risque d'être encore plus compliquer si Bill ne partage pas ses sentiments.

- Tu sais quoi, je préfère pas y penser pour le moment. Un problème à la fois. Laisse-moi d'abord réaliser que désormais, mon terrain de chasse va pouvoir s'agrandir puisque Tom ne sera plus dans la course ! Imagine tous ces pauvres cœurs à consoler ! »

Gustav éclata de rire, bientôt suivit par Georg. Finalement, les choses n'allaient pas si mal que ça. Certains changements ne tarderaient sans doute pas, mais chacun était conscient que cela n'affecterait en rien leur complicité.

- B & T -

Assis sur le plan de travail de la cuisine, Tom touillait négligemment le contenu de sa casserole, juste à côté de lui. Il n'avait pas spécialement faim mais cuisiner lui changeait les idées. Et on ne savait jamais, Bill pourrait avoir un petit creux en rentrant. A cette pensé, il ne pu s'empêcher de sourire. Ce qui ne dura pas. Il ne cessait de repenser à cette conversation avec Georg et Gustav. Il ne pouvait pas nier que tout ça l'avait ébranlé bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Lui non plus ne comprenait pas cette envie de se retrouver toujours coller à son colocataire. Mais il ne s'était jamais vraiment non plus posé la question. A quoi bon de toute façon ? Ça ne changerait rien. Ou si peu ... L'espace d'un instant, le guitariste se surprit à essayer d'imaginer ce que pourrait être un baiser de Bill. Mais un vrai baiser, pas une simple pression de lèvres. Cela ressemblait probablement à une infinie douceur ... Se trouvant ridicule, il chassa ses images de son esprit et se concentra de nouveau sur son dîner.

« - J'tourne vraiment pas rond, moi. »

Il délaissa sa spatule et descendit du plan de travail, laissant mijoter le tout. Plutôt que de s'avachir une nouvelle fois sur le sofa, il opta pour une douche, ce qui le détendrait sûrement.

Lorsqu'il ressorti de la salle de bain, il trouva son colocataire dans la cuisine, une cuillère dans la bouche, lisant le dernier magazine people qu'il avait ramené. Visiblement concentré sur son article, Bill ne le remarqua pas et replongea son couvert dans la casserole, ne pouvant pas résister à l'envie d'y goûter encore.

« - On ne t'a jamais dit qu'on ne piquait pas dans un plat ? »

Le brun sursauta avant de rougir, prit en flagrant délit. Le guitariste se mit à rire avant de récupérer la spatule et de retourner à ses fourneaux. Il se justifia, comme pour s'excuser :

« - J'y peux rien si c'est trop bon. J'ai pas pu m'en empêcher.

- Je me débrouille pas trop mal pour quelqu'un qui ne sait pas cuisiner.

- J'avoue.

- Tu as faim ?

- Honnêtement, en arrivant, non. Mais ça sent trop bon, je veux absolument y goûter !

- Mets la table, c'est presque prêt.

- Ca marche ! »

- B & T -

Allongé sur son lit, Tom jouait distraitement avec sa guitare, laissant s'envoler quelques sons. A ses côtés, Bill l'observait du coin de l'œil. Ils avaient, comme tous les soirs, fait leurs devoirs ensemble, s'aidant quand ils le pouvaient. Il était vingt-trois heures passées et le musicien commençait visiblement à en avoir marre. Décidant que ce serait tout pour cette fois, Bill referma son manuel d'Histoire et s'étendit sur le lit, fermant les yeux. Il profitait simplement de la mélodie et se laissait porter par les notes. Le guitariste arrêta brusquement de jouer, intriguant le brun :

« - Pourquoi tu ne continues pas ? Je pensais que tu aurais plus envie de jouer que ça.

- Pourquoi tu ne veux pas chanter ? »

Aussitôt, les joues de l'androgyne s'empourprèrent et il préféra détourner le regard. Il aurait préféré ne jamais réaborder le sujet mais son vis-à-vis insista :

« - Je ne comprends pas, tu sais. Tu chantes vraiment bien. Quand je t'écoute, j'ai l'impression que les chansons sont différentes. Comme si tu leur donnais vie. On a l'impression que tu t'impliques totalement, et je t'admire pour ça. Pourtant, tu refuses de chanter.

- J'ai pas envie de me ridiculiser, c'est tout.

- Mais tu n'es pas ridicule !

- C'est juste ça ? Simplement à cause de ça ?

- Ecoute, ça peut paraître stupide mais oui c'est uniquement ça qui me bloque.

- Pourtant tu chantais dans la cuisine ce matin.

- Ce n'est pas pareil. Je ne savais pas que tu m'écoutais. »

Mal à l'aise, Bill jouait nerveusement avec ses doigts. Foutu manie. Tom posa sa guitare et lui attrapa les mains, l'empêchant de bouger. Sans prévenir, il se rapprocha de son colocataire et se plaça à califourchon sur lui, bien décidé à le faire céder. Plus surpris que gêné par leur proximité, Bill afficha un air interrogateur.

« - C'est simple : je reste sur toi jusqu'à ce que tu chantes.

- Tu lâcheras pas l'affaire, hein ?

- Non. Jamais quand ça en vaut la peine. »

Le brun le fixa quelques minutes en silence, se demandant ce qu'il devait faire. Le ridicule n'avait jamais tué personne, à sa connaissance. Et puis, ce n'était qu'une chanson ... Fermant de nouveau les yeux, il soupira et se détendit complètement. Sur lui, Tom attendait patiemment. Il s'apprêtait à se retirer, déçu de ne pas l'avoir fait céder, quand il entendit faiblement les premiers mots d'une chanson qu'il ne connaissait pas :

« - Zum ersten mal alleine in unserem Versteck, ich seh noch unsre Namen an der Wand, und wisch sie wieder weg, ich wollt dir alles anvertrauen, warum bist du abgehauen ? »

Il finit par reconnaître les paroles responsable de leur dernière dispute. Se laissant porter par les mots mais aussi par la voix, il relâcha les mains du chanteur et se détacha doucement de lui. Il finit par s'allonger à ses côtés et entoura sa taille de ses bras, sa tête sur son ventre. Il sentait l'abdomen du brun se soulever au rythme de la mélodie. Il laissa s'échapper un soupir de bien être quand il sentit enfin les bras de l'androgyne se refermer autour de lui. Il se laissait transporter, des images défilant devant ses yeux clos. Il avait l'impression de vivre, de ressentir cette chanson.

« - Komm und rette mich ich schaffs nicht ohne dich. Rette mich rette mich rette mich rette mich. »

Les derniers mots s'envolèrent, comme un murmure. Aucun des deux ne voulu bouger, profitant simplement de la présence de l'autre. Aucune parole, juste un besoin de contact.


:)