Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : M.

Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout ce complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause.»

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Malgré mes nombreuses lettres et supplications, TH ne m'apaprtient toujours pas. Mais pourquoiiiiii ?? T.T J'suis pourtant pas une méchante fille ! Juste un peu sadique sur les bords XD

Note de l'auteur : Trois semaines blanches pour réviser les partiels, ça donne quoi ? Une auteuse qui se fait la malle au fin fond de la France histoire de prendre quelques jours de vacances, mais qui choisi le seul coin paumé qui n'a pas de réseau wifi. Etre un boulet, j'vous assure que c'est tout un art u.u


Deux frères, deux mondes

Chapitre 15 : Photos souvenirs

Georg et Gustav regardaient Bill s'en aller, main dans la main avec Mel. La jeune fille et Jezz étaient venus récupérer l'androgyne à l'arrêt de bus le plus proche. Cela avait été l'occasion pour les uns et les autres de se rencontrer et de mettre enfin un visage sur ces noms qui revenaient souvent dans les conversations. Lorsque le trio disparu au coin d'une rue, les deux G se remirent en marche, prenant un autre chemin. Leur avancée se faisait lentement, les deux garçons étant bien trop encombrés par leurs bagages. Mais aussi par la peur de tomber. Les voitures circulant peu dans ce secteur, ils avaient délaissés les trottoirs glissants pour le bitume plus sûr des routes. La neige voltigeait encore autour d'eux, s'emmêlant dans leurs cheveux.

- Rappelle moi pourquoi tu as refusé que ma mère nous ramène. J'vais finir par friser avec ces conneries.

- On devait profiter du trajet pour cuisiner Tom, tu te souviens ?

Le brun soupira, désespéré. Leur plan tombait à l'eau puisque le principal concerné brillait par son absence. Replaçant sa basse un peu mieux sur son dos, il rejoignit son acolyte en deux enjambées.

- Avances moins vite, s'te plaît. J'ai pas six bras et ça commence à faire lourd.

- Tu veux que je te prenne un truc ?

Le musicien hésita quelques instants, puis finit par céder. S'il le lui proposait, c'est que ça ne le dérangeait pas, non ? Il pris cependant soin de lui confier le moins gros de ses sacs, se maudissant de trimballer tant de bordel à chaque fois.

- Maintenant que Bill n'est plus là, si tu me disais plutôt ce que tu pense de tout ça.

- Et bien ... j'ai deux hypothèses. Et ne viens pas me dire qu'elles sont foireuses.

- Je ne dirais rien.

- Première supposition : Tom était terrorisé à l'idée de lui offrir les santiags. Va savoir pourquoi. Il a parfois des réactions un peu bizarres. Donc il dépose le paquet et prend la fuite. Courageux mais pas téméraire.

- Moui, ça se tient. Mais il nous aurait prévenu, non ? Parce que là il nous a quand même posé un putain de lapin !

- C'est ce que je me suis dit aussi. D'où ma seconde idée. Il a du se passer quelque chose hier soir. Un truc qu'il n'avait pas prévu. Peut-être une révélation, ou alors il a enfin pris conscience de ses sentiments. Ca lui a foutu la trouille et il s'est enfuit.

- Je pencherai plus pour la deuxième. Ca ne lui ressemble pas de ne pas nous avoir mis au courant. Tu crois qu'ils auraient pu se disputer ? Après tout, ça fait longtemps qu'ils ne se sont pas pris la tête, ces deux là.

- Non, Bill n'avait vraiment pas l'air de comprendre lui non plus. T'as bien vu comment il a réagit.

- On aurait dit un môme pris en faute.

- Oui mais il ne savait pas pourquoi.

En y repensant, Gustav remerciait le ciel d'avoir un ami qui sache si bien mentir. Pour ne pas inquiéter le petit brun plus qu'il ne l'était déjà, Georg avait rapidement monté une histoire pour le rassurer. Bill avait semblé les croire, bien qu'un peu réticent.

- Sérieux, il est tant que tout ça se termine.

- Quelque chose me dit que ça ne fait que commencer.

- B & T -

Avachit sur le canapé de son salon, Tom tripotait les cordes de sa guitare. L'envie de jouer n'était pas là mais il ne supportait plus le silence. A peine trois heures qu'il était rentré et il donnerait déjà n'importe quoi pour repartir. Il regarda autour de lui, constatant que tout était parfaitement à sa place. Les mêmes bibelots, les mêmes meubles, les mêmes décorations au mur, ... Rien ne changeait jamais. Malgré ses couleurs claires, cette salle lui paraissait atrocement grise. Il n'aimait pas cette pièce. Ni les autres, d'ailleurs. Sauf sa chambre. Seul endroit qui semblait encore en vie. Etant forcé de vivre ici, le musicien avait longtemps cherché ce qui clochait avec cette maison. Et puis il avait finit par trouver. Elle n'avait pas d'âme, tout simplement.

Sortant de la salle de bain, Simone Kaulitz le rejoignit, finissant de boutonner la veste de son tailleur. Elle avait fait en sorte d'être présente pour l'arrivée de son fils mais devait malheureusement repartir. Le jeune homme la regarda s'agiter, relisant une dernière fois ses dossiers. Elle finit par lever les yeux vers lui et lui adressa un sourire chaleureux.

- Je me suis arrangée pour avoir quelques jours de congés aux alentours de Noël. On va pouvoir passer les fêtes en famille chez tes grands parents.

Tom ne répondit pas. Pour dire quoi de toute façon ? Ces réunions de famille se ressemblaient toutes. Et finissait toujours de la même manière, c'est-à-dire en dispute. Les joies de Noël ! D'une oreille distraite, il écouta sa mère lui faire la liste des invités qui seraient présents.

- Il y aura aussi ton cousin Lukas. Et par pitié, cette année ne tente pas de te faire sa nouvelle petite amie dans un coin ! Je ne te soutiendrai pas cette fois !

Ses mains se crispèrent face au sous entendu. Sa propre mère le voyait comme une bête de sexe incapable de se contrôler. Il devait reconnaître que se taper les copines de son cher cousin était particulièrement jouissif. Non pas pour le côté sexuel de la chose, mais tout simplement pour la satisfaction de tous les choquer.

- J'y peux quoi moi, si elles ne lui sont pas fidèles ? J'ai pas grand chose à faire pour qu'elles me tombent dans les bras, tu sais.

- Tom je te préviens, je ne tolérerai pas d'écart cette fois.

- De toute façon j'irai pas.

- Qu ... quoi ?

- Je suis fatigué de tout ça, Maman. Explique moi pourquoi je dois sourire et faire semblant d'être heureux devant une bande de guignols qui n'en a rien à faire de moi ? Ne dis pas le contraire, tu veux ? Je sais très bien de quoi il retourne.

- Et ... qu'est-ce que tu sais exactement ?

La voix tremblante de sa mère le surprit. Il l'observa en silence, cherchant encore une éternelle réponse. Elle lui cachait quelque chose, il en était certain. Il l'avait comprit après leur déménagement à Leipzig. Elle s'obstinait à dire le contraire, fuyant la moindre discussion abordant le sujet.

- Ecoute, je ne sais pas qui était mon père, ni ce qu'il t'a fait. Mais à chaque réunion de famille, c'est la même chose. Certains me regardent avec pitié alors que les autres me méprisent clairement. Et je sais que c'est à cause de mon géniteur. Tante Adèle me l'a très bien fait comprendre.

- Elle ne sait rien de cette histoire, elle n'a pas le droit de nous juger ! Tout ce qu'elle a pu te dire est faux, tu m'entends ?!?

Et voilà. Une fois de plus, elle s'était mise en colère. Face à son regard noir, Tom était loin d'être effrayé. Il la fixait, bien décidé à ne pas flancher. Ce fut elle qui la première détourna les yeux. Rangeant brusquement ses fichiers dans sa mallette, Simone tentait de se calmer. Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu le dessus sur son fils ? D'un ton plus calme, elle reprit :

- Tu te fais des idées, c'est tout. Personne ne te méprise.

- Mais bien sûr, on y croit tous. Ca ne change rien à ma décision. Je ne bougerai pas d'ici.

- Et moi je te dis que tu iras.

- Non.

- Tant que tu vivras sous mon toit, tu feras ce que je te dis, c'est clair ?!? C'est ça ou alors tu dis adieu à toutes tes guitares !

- T'as pas le droit de faire !

- On pari ?

L'adolescent se releva, furieux. Son instrument en main, il quitta la pièce, bousculant sa mère au passage. Il shoota dans tous les murs qu'il rencontra, jusqu'à arriver à sa chambre.

- TU M'EMMERDES, TU LE SAIS CA ?!?

Une porte claqua violemment, plongeant à nouveau la maison dans le silence. Restée dans le salon, Simone fixait l'embrasure de la porte par laquelle était sorti son fils. Elle avait horreur du chantage mais elle ne n'accepterait pas que son propre enfant fuit ainsi sa famille. Elle était consciente que l'obliger à venir ne servirait à rien. Tom ne décrocherait pas un mot de toute la soirée et ne participerait à aucune conversation. Elle ne savait plus comment le prendre.

- Mon Dieu, comment en est-on arrivé là ?

- B & T -

Les deux G n'avaient eu aucune nouvelle de Tom depuis qu'ils avaient quitté Malmedy. Soit deux jours. Le guitariste n'avait pas téléphoné ni pris la peine de répondre à leurs appels. Se concertant, les deux amis avaient jugé préférable de faire comme si de rien n'était et avaient repris leurs habitudes. C'est la raison pour laquelle ils se trouvaient à présent sur le perron de la demeure Trümper, attendant que l'on vienne leur ouvrir.

- Il est pas là ou quoi ?

- Où tu voudrais qu'il soit d'autre ?

- J'en sais rien. Depuis quelques temps cette histoire devient un gros n'importe quoi.

Du bruit se fit entendre de l'intérieur. Avant qu'ils n'aient pu faire quoi que ce soit, la porte s'ouvrir brusquement, laissant place à un jeune homme d'une pâleur effrayante, et apparemment de mauvaise humeur.

- QUOI ENCORE ?!?

Reconnaissant ses visiteurs, l'hôte se calma immédiatement. Il soupira et s'appuya sur le battant de la porte, visiblement fatigué. D'un signe de tête, il les invita à entrer. Docilement, les deux musiciens le suivirent jusqu'à sa chambre. Rien n'avait véritablement changé. Toujours ses posters de Samy Delux accroché au mur, de même que cette vue de nuit sur la ville de New York. Les femmes à demi nue présentées dans des positions plus qu'évocatrices avaient cependant disparues. Le bureau semblait un peu plus ordonné qu'à leur dernière venue, bien que l'ordinateur serve actuellement de porte manteau. D'autres vêtements jonchaient le sol, de même que CD et DVD étalés un peu partout. Mêmes ses étagères fixées au mur affichaient livres, bibelots et autres babioles dans un bordel monstre. La télévision fonctionnait dans le vide, le son étant coupé. La seule chose qui semblait être rangée avec soin était la collection de guitares que le propriétaire des lieux affichait fièrement. Celui-ci se laissa choir sur son lit, s'emmitouflant de nouveau dans ses couvertures, les yeux fermés. Il savait très bien qu'aujourd'hui était un jour de répétition pour leur groupe, mais il n'avait aucune envie de bouger. Prenant place sur le bord du matelas, Georg commença à détailler son ami. Les traits tirés, de grands cernes, ... Il pourrait jurer que Tom n'avait pas passé une bonne nuit depuis longtemps. Avait-il pris le temps de se nourrir ? Perdant patience, Gustav se décida à brise le silence.

- Tu comptes rester là encore combien de temps ?

- Et pourquoi pas toute ma vie ?

- Idiot.

Le guitariste changea de position, leur tournant désormais le dos. Il se recroquevilla sur lui-même lorsqu'il sentit sa couette disparaître, en même que sa chaleur.

- Debout feignasse.

- Fous-moi la paix. J'ai pas envie.

- Ecoute, je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec Bill, mais tu ne peux pas rester là à te morfondre !

- Tu l'as dit toi-même, tu ne sais pas ce qu'il s'est passé. Alors merci de votre visite, mais au revoir.

Voulant montrer que la discussion était close, il se cacha sous son oreiller. Lui même avait du mal à comprendre son propre comportement. Alors quant à l'expliquer ... Bien décidé à le faire réagir, le brun tenta une autre approche :

- Tu veux en parler ?

- Nan.

Clair, net et précis. Mieux valait choisir un sujet qui le ferait réagir à coup sûr. Il n'avait aucune envie de se heurter à un mur pour le reste de la journée. Connaissant son ami, il ne mit pas longtemps à trouver le sujet idéal :

- Au fait, Bill a adoré son cadeau, tu sais ?

Aussitôt, Tom refit surface, le regard suppliant, n'osant trop y croire.

- Pour de vrai ?

Le bassiste acquiesca, faisant sourire aussitôt le propriétaire des lieux. Il prit le carré de plumes entre ses bras, le serrant contre lui. Il sembla retrouver un peu de son entrain, comme s'il avait cessé de vivre depuis le début des vacances.

- Je savais qu'il aimerait. Vous auriez du voir les étoiles qu'il avait dans les yeux chaque fois qu'on passait devant ! J'pouvais pas me tromper.

- Ouais mais en attendant, tu lui cause des soucis.

Le guitariste se redressa vivement, l'air grave.

- Comment ça ?

- Destresse vieux. Il se demande juste ce qu'il va pouvoir t'offrir en retour. Tu l'aurais vu ! On aurait dit que c'était une question de vie ou de mort. Complètement paniqué, le gamin.

- Il a pas besoin de me faire un cadeau.

- Peut-être mais il en a envie.

Le silence reprit ses droits. Le regard perdu dans le vide, un léger sourire sur les lèvres, Tom s'imaginait la tête de son colocataire lorsqu'il avait ouvert la boîte. La surprise devait être totale. Son visage s'était sans doute illuminé. Il avait probablement essayé ses nouvelles santiags, sautillant partout. Il aurait donné n'importe quoi pour assister à ce moment. Gustav frappa soudainement dans ses mains, le faisant sursauter.

- Bon. C'est pas tout ça, mais on a une répèt qui nous attend. Alors Darling tu bouges ton cul s'il te plaît merci.

- Ne m'appelle pas comme ça.

Le ton du guitariste jeta un froid. Il s'en voulu aussitôt que ces mots franchirent ses lèvres. Il n'avait pas voulu parler si durement, mais Bill était le seul à avoir le droit d'utiliser ce surnom.

- Scuse-moi.

- Pas grave. J'le ferai plus, t'inquiète.

Tom se leva finalement, amorçant un geste pour s'emparer de l'un de ses instruments. Le blond l'arrêta dans son élan :

- Euuh ... dis voir, tu voudrais pas prendre une douche avant ?

- Dis qu'je pue, pendant que tu y es !

- C'est pas vraiment ça mais presque. Depuis quand t'a pas mis les pieds dans une baignoire ?

Il n'obtint pour seule réponse qu'un rougissement suivit d'un grognement. Tom attrapa quelques vêtements dans sa penderie avant de s'éclipser dans la pièce adjacente.

- J'reviens. Foutez pas le bordel en attendant.

- Ca risque d'être difficile de faire pire que ça.

Le batteur s'installa finalement sur la chaise de bureau, attendant patiemment le retour de son ami. Georg laissait son regard vagabonder un peu partout, jusqu'à tomber sur divers cadres posés sur la table de chevet. Ils n'étaient pas là avant, il aurait pu le jurer. Curieux, il se rapprocha et attrapa le premier à sa portée. Deux personnes coupées au niveau du thorax. La nuit pour simple décor. Les étoiles semblaient s'y trouver moins nombreuses que dans les yeux des deux protagonistes. Un bras passé autour des épaules de Bill, Tom affichait un tendre sourire, sa joue reposant sur le haut de la tête de son partenaire. Appuyé sur lui, le brun semblait plus hésitant, mais son regard ne trompait personne. Le bonnet noir qu'il portait faisait ressortir son côté enfant. Serrés l'un contre l'autre, ils semblaient se tenir chaud.

Le musicien reposa l'image avant de prendre la suivante. Encore les mêmes personnes. Cette fois, l'androgyne était grimpé sur le dos du dréadé, celui ci lui tenant les jambes pour l'empêcher de tomber. La neige derrière eux indiquait que cette scène devait être récente.

Troisième photo. Georg ne pu retenir un rire. Les deux amis étaient joue contre joue, voulant tout deux tenir dans le cadre. Leurs visages s'en trouvaient légèrement déformés mais pas moins joyeux pour autant. Leur complicité se voyait sans problème. Le bassiste caressa le verre du bout des doigts, surprit mais aussi attendrit de voir à quel point Tom prenait soin de ces souvenirs sur papier glacé. Cependant quelque chose le perturbait. Il fronça les sourcils, légèrement perdu.

- Gus ...

- Hum ?

- Viens voir.

L'interpellé se leva, intrigué. Il se pencha vers la photographie puisqu'elle semblait être le centre d'attention de son interlocuteur. Celui ci lui plaça l'objet entre les mains et demanda :

- Tu trouves pas qu'il y a un truc qui cloche ?

- Euuh ... non.

- Regarde bien.

- Bon, ils ont une sale tête mais ça c'est parce qu'ils sont trop collés.

- Nan, je parlais pas ça ! Tu n'as pas l'impression qu'ils se ... ressemblent ?

Le batteur scruta l'image, soucieux. Maintenant qu'il y regardait de plus près, il devait bien l'admettre. La même bouche, le même nez, les mêmes yeux noisette, ...

- C'est vrai que c'est louche.

- Louche ? LOUCHE ?!?

- ...

- Mais putain, on dirait qu'ils sont le reflet l'un de l'autre !

Gustav voulu émettre une hypothèse, mais leur hôte choisit ce moment pour refaire son apparition. Calmement, il reprit le souvenir glaçé des mains de son ami et le reposa sur sa table de chevet. Ses gestes se faisaient tendres, comme s'il avait peur de le briser. Son regard s'attarda quelques instants sur l'image avant qu'il ne se tourne finalement vers ses invités.

- On y va ?

- On te suis.

Tous trois descendirent jusqu'à une salle du rez de chaussé qu'ils avaient depuis longtemps aménagée en salle de répétition. Elle ressemblait beaucoup à celle installée chez Gustav. La batterie dans le fond de la pièce, un sofa dans le coin opposé, une table repoussée contre un mur, des feuilles couvertes de partitions éparpillées un peu partout sur les meubles, et deux trois posters de leur groupes communs favoris venaient orner le papier peint.

Chacun pris sa place et l'entraînement commença. Les deux G se concentraient sur leurs notes, mais bien vite, ils finirent par s'arrêter, laissant le troisième musicien continuer en solo. Se rendant compte que les deux autres instruments ne l'accompagnaient plus, il stoppa son jeu.

- Qu'est-ce qu'il vous arrive ?

- C'est toi qui nous demandes ça ?

- Ben quoi ?

- Vu comment tu joues, j'aurai préféré croire que tu dormais.

- C'était si nul que ça ?

- T'as pas idée. A ce rythme là on va jamais y arriver.

- ...

- Faudrait peut-être qu'on s'y mette vraiment parce que des rocks stars chauves, ça fait léger.

Le guitariste éclata de rire, ne s'attendant pas à cette réplique. Faussement désespéré, il secoua la tête de gauche à droite. Il se concentra quelques minutes, avant d'annoncer :

- C'est bon les gars, cette fois j'suis prêt. On va tout déchirer !

- Et c'est parti !