Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : M.

Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout ce complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste.»

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Le groupe Tokio Hotel n'est pas mon objet, il ne m'appartient pas. Mais c'est pas ça qui va m'empêcher de faire tout ce que je veux avec les membres du groupe ...

Note de l'auteur : La période des partiels est, à mon plus grand malheur, revenu. Ceci explique mon retard côté postage T.T


Deux frères, deux mondes

Chapitre 16 : Quand tout bascule

Plusieurs heures déjà qu'il était étendu sur son lit, les yeux fermés. Il cherchait le sommeil, changeant sans cesse de position. Agaçé, il repoussa ses draps et amorça un geste pour se lever, voulant retrouver l'impression de bien être que lui procurait son colocataire. Mais un regard posé sur le mur d'en face lui rappela où il se trouvait. Il se laissa retomber sur son matelas, dépité. Il n'arrivera pas à dormir dans cet état. Encore une fois. Habitué à l'obscurité ambiante, il distingue chacun de ses meubles sans problème. Y comprit ce bureau qui renferme l'une des clés de son apaisement. Juste quelques grammes. Pour se calmer. Pour oublier. Pour continuer d'avancer.

Après sa discussion avec Bill, il s'était débarrassé de toute la drogue qu'il avait dans leur appartement. Mais ici ... tout était différent. Il lui suffirait d'ouvrir ce tiroir et de ...

- Fait pas le con, Trümper. T'as promis alors tiens bon, merde.

Las, il passa une main sur son visage. Se blottissant dans les couvertures, il fixa le plafond sans vraiment le voir. Il se sentait fatigué. Son dernier vrai repos remontait bien avant le début des vacances. Depuis, il ne faisait que somnoler quelques heures par ci par là. Il n'avait pas dormi depuis que ...

Il s'empêcha de poursuivre sa pensée. Il ne voulait en aucun cas se souvenir de cette soirée. Un désastre. Une erreur. Qui l'obsédait. Il avait l'impression de revivre cette scène encore et encore. Comme si quelqu'un s'acharnait à lui rappeler sa faute. Il prit sa tête entre ses mains, cherchant à effacer ce moment de sa mémoire. Il pouvait encore sentir ses lèvres parcourir sa peau. Ses mains sur ses hanches, ...

Il se redressa brusquement, le souffle court. Fou. Il allait devenir fou. Bien décidé, il se leva et se dirigea vers sa table de travail. Premier compartiment. Bien en évidence. Il attrapa un petit sachet de poudre blanche. L'euphorie passée il regrettera, comme toujours. Et pourtant, rien ne le fera reculer cette fois.

- Pardon Honey.

- B & T -

Dans un grognement, Tom ouvrit difficilement les yeux. Reprenant doucement contact avec la réalité, il réalisa qu'il s'était endormi à même le sol. Au moins, il était parvenu à se reposer quelques heures. Mais à quel prix ... Chassant ses mauvaises songes, il posa son regard sur son réveil. 14h17. Etant donné qu'il ne dormait toujours pas lorsque les premiers rayons du soleil apparurent, il en conclu que ses heures de sommeil ne dépassaient pas le nombre de sept. Sa meilleure nuit, jusqu'ici.

Il resta là un long moment, ne voyant aucune raison de bouger. Rien ne l'attendait hors de sa chambre. Ailleurs non plus. Georg et Gustav préparaient sûrement les fêtes de fin d'année en famille. Bill devait très certainement s'amuser avec Mel et les autres. Et lui ... lui il restait là, accumulant les journées sans intérêt.

- Pourquoi je serai le seul à me morfondre, d'abord ? Debout Trümper. T'es jeune, plein de charme et bourré de fric. Alors bouge ton cul.

Bien décidé, il se redressa et s'engouffra dans la salle de bain. Il y avait longtemps qu'il n'était pas parti en chasse. Il était temps de remédier à cela.

- B & T -

Sans un regard pour le videur, il franchit la porte d'entrée et emprunta l'escalier qui menait au sous-sol. Il entra dans cet endroit dont l'air chargé d'alcool et de fumée de cigarettes lui agressait légèrement les poumons. Ce désagrément passé, sa vision s'adapta aux différents spots lui permettant d'établir un rapide état des lieux. Il cherchait, scrutait, fouillait chaque recoin. Mais de là où il se trouvait, il n'avait pas le meilleur des angles de vue. Il commença alors à se frayer un chemin parmi cette foule transpirant l'ivresse. Et pas que l'ivresse d'ailleurs, mais à dire vrai ce n'était pas vraiment ce qui l'intéressait à ce moment là. Lui voulait tout autre chose. Déhambuler à travers cet amas de corps collés entre eux relevait presque du parcours du combattant. Une fois arrivé au bar, il dû batailler afin qu'une serveuse daigne enfin lui prendre sa commande, qui se soldait pourtant d'une simple Vodka tonic et qu'il attendit un peu trop longtemps à son goût. Lentement il porta le verre à ses lèvres, laissant petit à petit ce liquide transparent disparaître entre elles. Le premier se vidant rapidement, il ne tarda pas à en commander un deuxième. Il était là pour s'amuser, non ? Alors il fallait commencer par se détendre. Il continua d'observer les gens qui l'entouraient. Surtout s'ils faisaient partie de la gente féminine. Ses yeux allaient rapidement d'un bout à l'autre de la salle, ne s'arrêtant que peu de temps sur chaque corps. Ce n'était pas les visages qui l'importaient ce soir. Il n'était pas venu pour ça. Mais plus pour se prouver à lui même qu'il était toujours le Tom Kaulitz, celui que ses potes avaient toujours connu et celui qu'il resterait. Ce n'était pas un simple moment de déprime qui allait le changer. Ni un certain petit brun.

Il s'écarta violement du bar lorsqu'un mec un peu trop éméché eut la brillante idée de vouloir dégobiller sur son baggy. Bougonnant contre ce crétin totalement saoûl, il releva les yeux vers la foule et vit qu'un carré venait de se libérer. Tenant fermement son verre, il traversa à nouveau ces gens en manque de musique et de beuverie. Et surtout e manque de sexe. Il s'affala sur le canapé en velours rouge. Ne voulant pas paraître totalement débauché ni trop innocent non plus, il opta pour une position mi aguicheuse mi décontractée. Son coeur se mettant à battre au même rythme que les vibrations que pulsaient les enceintes, il redirigea ses yeux vers les danseurs. C'est alors qu'il trouva celle qui lui permettrait de réaffirmer son statut de Dieu du sexe. Les ragots commençaient à aller bon train au lycée. De nombreuses filles se vantaient d'avoir passé la nuit avec lui, mais pas une n'était en mesure de le prouver. Tom avait eu vent de cette histoire. Il n'avait touché aucune de ces demoiselles, mais si ça les amusait de prétendre avoir passé une nuit dans ses bras, il n'allait pas leur gâcher ce plaisir. Ce n'est pas comme s'il avait quelqu'un en vue de toute façon. Mais tout ceci avait amené certaines personnes à douter. Pourquoi le grand tombeur de ces dames avait-il subitement cessé de sauter tout ce qui portait une jupe ? Les rumeurs se multipliaient, devenant de plus en plus loufoques.

- Quelle connerie.

D'une traite, il avala son verre et le reposa sur la table. Ne quittant pas sa future proie du regard, il se leva et commença à fendre l'assemblée. Une blonde se colla à lui, voulant l'entraîner dans une danse. Il la repoussa un peu brutalement. Elle ne l'intéressait pas. La brune lui plaisait beaucoup plus. Elle lui tournait le dos, se déhanchant au rythme de la musique. Sans un mot, il se colla à elle, glissant ses bras autour de sa taille. Elle ne le repoussa pas. Un sourire sur les lèvres, elle entremêla leurs doigts. Avec un peu de chance, elle venait de trouver son amant d'une nuit. Le tenant fermement, elle se retourna. Hors de question qu'elle se laisse tripoter par une erreur de la nature ou par un gamin. Elle se retrouva face à un garçon de son âge au style bad-boy. Tout à fait ce qu'elle recherchait. Elle se rapprocha de lui, bien décidée à ne pas le laisser partir. Elle entama une danse bien plus langoureuse.

Ils enchaînèrent les chansons, leur corps toujours en contact. Ils se cherchaient, jouaient avec l'autre, se provoquaient. Il avait beau poser ses mains partout sur elle, elle ne le trouvait pas assez entreprenant. Décidant de passer à l'action, elle l'attrappa par le col de son tee shirt et l'entraîna hors de la piste. Elle se mit à réfléchir à toute allure. La ruelle à côté ? Non, pas en plein hiver. Trop froid. D'un rapide coup d'oeil, elle constata que tous les coins sombres étaient déjà occupés. Il ne lui restait plus qu'une solution. Elle le tira jusqu'aux toilettes de la boîte et s'enferma avec lui dans l'une des cabines. Il y avait plus romantique, mais elle n'en avait rien à faire à ce moment là.

Hors de question qu'il la laisse faire. Reprenant le contrôle, Tom plaqua la demoiselle contre la paroi. Ses mains vagabondèrent à nouveau, s'arrêtant sur ses formes. Il embrassait, suçotait, mordillait toute parcelle de peau à sa porté. Elle gémissait sans retenu, cherchant à défaire cette ceinture qui lui bloquait le passage. Elle parvint finalement à glisser ses doigts dans le baggy de son partenaire. Elle trouva rapidement cette virilité dressée qui allait la faire hurler de plaisir. Au fur et à mesure de ses aller-et-venus sur ce sexe gonflé de désir, elle sentit son amant se détendre. Elle prenait le dessus, le dominant par ses simples caresses. Sans qu'il ne s'en rende compte, il se retrouva à son tour collé au mur, essayant désespérément de se raccrocher à quelque chose.

- Oh putain t'arrêtes pas ...

Les yeux fermés, il se laissait totalement faire. Elle avait beau être celle des deux qui se faisait pénétrée, elle restait celle qui contrôlait entièrement la situation. Pas question de jouer les soumises. Elle avait toujours imposée ses règles et les imposerait toujours. C'était elle qui disait où, quand, et comment. Encore quelques secondes et ils pourraient passer aux choses sérieuses.

- Hum ... Bill ...

Elle cessa aussitôt tout mouvement et retira sa main. Les sourcils froncés, elle fixa le dreadé. Ne comprenant pas la raison de ce brusque changement, Tom rouvrit les yeux, frustré.

- A quoi tu joues bordel ? Ca te prend souvent de branler des gars et de t'arrêter comme ça sans aucune raison ?

- Et toi ça te prend souvent de murmurer le prénom d'un mec quand tu es avec une nana ?

- Qu ... quoi ? Qu'est-ce que tu me racontes ?

Elle le scruta, les bras croisés. Elle écartait facilement les jambes, elle le reconnaissait. Mais ce n'était pas pour autant que ses amants avaient le droit de penser à quelqu'un d'autre. Et encore moins à un mec.

- C'est qui Bill ?

- Personne. Maintenant ferme-la et reprend là où tu en étais.

- Alors ne prononce plus ce nom. Ni aucun autre d'ailleurs. Contente toi de te concentrer sur moi.

Sans attendre de réponse, elle s'agenouilla, baissa ces barrières de tissus qui la gênaient et entreprit de lui faire une fellation. Rapidement, une main se posa sur l'arrière de sa tête, lui imposant un certain rythme. Elle obtempéra sans broncher. Elle le voulait et elle l'aurait.

Transporté par cette langue qui le torturait merveilleusement, Tom ne cherchait plus à retenir ses gémissements. Il était là pour prendre son pied, et il avait bien l'intention de le faire. Alors pourquoi ... pourquoi est-ce qu'il se sentait si mal ? Il était proche de la délivrance. Encore quelques secondes et ...

Non. Pas question. Pas comme ça. Pas avec elle. Sans douceur, il repoussa la jeune fille. Le souffle court, il laissa son regard vagabonder sur elle. Sa seule conclusion fut qu'il n'y arrivait pas. Elle se releva, furieuse.

- Nan mais t'es malade ? Qu'est-ce que t'as encore ?

- Dégage.

- Tu te dégonfles ? J'te suce pas assez bien ? J'suis pas assez bonne pour toi ?

- J't'ai dit dégage !!!

Tremblante de rage, elle le gifla, ramassa ses affaires et sortie de la cabine en claquant la porte. Toujours adossé au mur, Tom se laissa glisser et se retrouva finalement assis au sol. Son érection commençait à lui faire mal. Il ne pouvait pas rester comme ça. Et sa seule chance de s'en débarrasser venait de partir en pestant contre lui. Le regard dans le vague, il reprit là où l'inconnue s'était arrêtée. Il commença ses aller-et-venus sur sa propre verge. Son souffle devint saccadé tandis que son esprit partait à dix mille lieux de là. Vers un certain brun à la chevelure parsemée de mèches blanches. Des traits fins, un doux sourire, des yeux noisette envoûtants ... Son plaisir montait au fur et à mesure que cette image prenait forme devant lui. Ce n'était plus sa main qui parcourait sa virilité. Ce n'était plus ses doigts qui touchaient immanquablement tous ses points sensibles. Ne supportant plus cette douce torture, ses muscles se contractèrent et il se libéra finalement dans un cri.

- BILL !!!

Essayant de calmer sa respiration, il réalisa pleinement ce qu'il venait de faire. La masturbation n'avait plus de secret pour lui. Comme pour la plupart des hommes de cette planète. Mais combien d'hétéros atteignaient l'orgasme en pensant à un autre mec ?

Sans qu'il ne s'en rende compte, des perles salées commencèrent à dévaler ses joues. A demi conscient, il se rhabilla rapidement avant de rapprocher ses jambes de son torse. Il les entoura de ses bras avant d'y enfouir son visage. Il devait se rendre à l'évidence, cette fois il ne pouvait plus nier. Cette histoire avait dépassé le stade de l'amitié.

- Qu'est-ce que je vais faire ...

- B & T -

Une fois arrivé dans le hall de cet immeuble qu'il connaissait depuis tant d'années, il referma la porte d'entrée à l'aide de son pied, ses mains étant occupées à frictionner ses bras dans l'espoir de se réchauffer. Il n'accorda aucun regard aux personnes présentes et emprunta l'escalier donnant accès au sous-sol. Tout en cherchant sa clé, il passa ses doigts dans ses cheveux, voulant enlever les flocons de neige qui s'y étaient déposés le temps qu'il vienne jusqu'ici. Sans un bruit, il pénétra dans cet appartement aménagé. Jezz se tenait debout face à un sapin fraîchement coupé, le tournant dans tous les sens afin de le présenter sous son meilleur angle. Assise à même le sol et entourée de divers cartons, Mel attendait patiemment que son tuteur se décide. Matt ne semblait pas touché par l'ambiance festive qui avait prit possession de ses deux amis et feuilletait l'un de ses éternel livres de cours. Le brun autorisa finalement la jeune fille à commencer son oeuvre. Un grand sourire aux lèvres, elle se mit à farfouiller dans ces boîtes cherchant guirlandes et autres accessoires à accrocher, sous l'oeil attentif du seul adulte présent. Un sourire apparaissait chez Mel au fur et à mesure qu'elle sortait les décorations et les déposait sur le sol. Il y avait au fond de ses yeux cette étincelle qui apparaissait comme à chaque fois qu'elle entreprenait quelque chose qui lui tenait à coeur. On pouvait voir sans peine le plaisir que la brunette prenait à décorer le sapin. Ce que ne semblait pas partager Matt.

Décorer cet appartement ensemble au moment de Noël était devenu une tradition. A défaut de participer, certains se contentaient de faire acte de présence. Bill se décida finalement à montrer sa présence et avança. S'il la laissait faire, Mel décorerait tout à elle toute seule.

- On avait dit qu'on le ferait ensemble !

Trois têtes se tournèrent vers lui. Les deux garçons lui adressèrent un signe de la main avant de retourner à leur occupations, mais la jeune fille ne sembla pas décider à bouger. Il la rejoignit en quelque enjamber avant de s'assoir à son tour sur le sol.

- Tu boudes ?

- T'avais dit que tu m'aiderais.

- Mais je suis là, non ?

- Oui mais tu es en retard.

- Oui mais je suis là.

Elle ne résista pas plus longtemps et consentie enfin à répondre à son sourire. Elle ne pouvait jamais lui en vouloir vraiment. Ce qui était bien souvent frustrant. Une mélodie se fit rapidement entendre. Impossible d'agrémenter un sapin d'angelots sans quantique. Matt ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. Comment pouvait-on aimer à ce point une fête si commerciale ?

- Ca vous plaît tout ça, hein ?

Le prenant de cours, Mel ne laissa pas le temps à Bill de répondre.

- J'adore. C'est ce que je préfère à Noël. On le fait tous les ans et pourtant, à chaque fois je retrouve ce sentiment de bien être. Quand on éteint les lumières la première fois et qu'il n'y a plus que les scintillements qui illuminent la pièce, c'est vraiment magique. Je sais que ça a probablement l'air idiot, mais c'est exactement ce que je ressens.

Chaque année, Matt se disait qu'il ne comprendrait jamais ces deux là. Mais il devait reconnaître que l'atmosphère qui règnait dans ces moments là était particulièrement plaisante. Un peu moins grognon, il retourna à sa chimie, tentant de faire abstraction des rires des deux plus jeunes. Ne voulant pas rester sans rien faire, Jezz se dirigea vers la cuisine mais s'arrêta dans l'encadrement de la porte.

- Tu t'en sors ?

Une jeune fille se tourna vers lui, un plateau rempli de cookies entre les doigts.

- Comme tu peux le voir, je maîtrise !

Elle avait passé les deux dernières heures aux fourneaux, ayant céder aux suplications de Mel. Un Noël sans cookies maison n'était pas un vrai Noël, paraît-il. Et comme Bill ne semblait pas décidé à venir, la plus jeune avait fait des pieds et des mains pour convaincre son amie. La cuisine rangée, elle passa devant le propriétaire des lieux et se rendit au salon. Elle posa son plateau sur la table basse et s'assit aux côté de Matt. Elle laissa son regard divaguer jusqu'aux deux décorateurs en herbe. Le brun s'empara de la guirlande électrique et en tendit une extrémité à sa petite soeur. Il commença à l'enrouler autour de l'arbre, mais c'était comme lutter avec une pieuvre. Visiblement, Bill ne maîtrisait pas l'art de disposer ce genre d'ornements. Mel se mit à rire en voyant son expression déroutée à la vue d'un nœud qui n'était pas sur le fil quelques secondes plus tôt. Après une lutte acharnée, les lumières étaient enfin en place. C'est à ce moment là que l'androgyne remarqua la présence de cette deuxième demoiselle :

- Mood ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Ben ... Mel m'a proposé de passer. J'ai pas pu dire non.

Bill laissa échappé un soupir, l'air faussement désespéré :

- J'aurai jamais dû vous présenter. Vous vous lâchez plus maintenant.

- Idiot.

Pour seule réponse, le brun lui tira la langue. Elle avait hésité, mais ne regrettait pas d'être venue. Ici, elle pouvait oublier quelques heures, que la vie n'était pas toujours ce qu'on aurait voulu.

- B & T -

L'appartement était désormais entièrement décoré. Rien ne semblait avoir échappé à la brunette. Elle était à présent assise sur le sofa, blottit contre Jezz, regardant un film de Noël comme il en a beaucoup en cette période de l'année. Matt et Mood étaient partis depuis quelques heures déjà. Bill quant à lui, restait le front contre la vitre d'une des fenêtres, fixant un point invisible de l'autre côté de la rue. La nuit était tombée tandis que la neige continuait de recouvrir de blanc les routes et les immeubles. Il tenait son portable en main sans vraiment s'en rendre compte, mais refusait pourtant de le lâcher. Un numéro avait été composé. Il ne restait plus qu'à lancer l'appel. Et pourtant, il n'y arrivait pas. Après tout ... pourquoi serait-ce à lui de faire le premier pas ? Tom lui avait pourtant dit avoir besoin de lui. Il ne l'avait pas rêver. Alors pourquoi ce silence ? Cinq jours ... Pour certains ce n'était rien. Pour lui, c'était beaucoup trop.

Depuis le canapé, Mel avait vu son frère de coeur passer par plusieurs sentiments. D'abord la joie dû à cette journée passée tous ensemble. Puis la nostalgie, lorsqu'il s'était probablement remémoré tous les précédents Noël, comme à chaque fois. Et puis était venue ... la tristesse. Sans qu'elle ne comprenne pourquoi, bien qu'elle se doutait de la raison. Lorsqu'il laissa s'échapper un énième soupir, elle se décida à parler :

- Petit prince ?

L'interpellé consentit enfin à détourner le regard de ce paysage enneigé pour croiser les deux prunelles inquiètes de sa petite soeur.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien.

- Nous savons tout les deux que c'est faux.

Il détourna les yeux, peu fier de lui. Il se trouvait ridicule de se mettre dans des états pareils pour pas grand chose. Tom et lui ne s'étaient rien promis. Et puis après le départ plus que suspect du guitariste, il y avait de quoi se poser de nombreuses questions sur leur prétendue amitié.

- Tu vas trouver ça stupide mais je ... j'aurai aimé ... qu'il m'appelle.

- Pourquoi ?

- Je me demande ... s'il va bien. Tout simplement.

- Qu'est-ce que ça peux te faire ?

- Mel ...

- ... excuse-moi. Mais tu sais que je n'aime pas ce type.

- Je sais. Bien que je ne le comprenne pas.

- Il y a des choses qui ne s'expliquent pas. Dis moi ... plutôt que de te morfondre dans ton coin, pourquoi tu ne l'appelles pas, toi ?

- Et si je le dérange ? Et s'il fait un truc important et que je viens tout interrompre ? Et s'il n'a pas envie d'entendre parler de moi ?

- Tu as pensé que peut-être ... c'est exactement ce qu'il se dit ?

Le brun ne répondit pas. Elle n'avait pas tort. Mais comment savoir ? Il fixa l'écran de son téléphone. Les chiffres n'attendaient plus que lui. Sans un mot, il se leva et se rendit dans sa chambre. Il ne cachait jamais rien à ses deux amis, mais une conversation avec Tom ... ce n'était pas pareil. Après avoir refermé la porte derrière lui, il prit place sur son lit, tremblant légèrement. Il hésita encore quelques secondes mais finit par lancer l'appel. Retenant son souffle, il porta l'objet à son oreille et attendit. Une sonnerie. Puis deux. Puis trois. Puis six. Toujours aucune réponse. Il manqua de lâcher son portable lorsqu'il entendit le petit déclic indiquant que l'appelé avait décroché.

- Salut ! Vous êtes bien sur le portable de Tom. J'suis pas là pour le moment mais laissez moi un message et je vous rappelle.

Les yeux dans le vide, Bill raccrocha. Il aurait voulu une vraie conversation. Mais apparemment, Tom n'était pas de cet avis. Dépité, il se laissa tomber en arrière. Il ne savait plus quoi penser.

- Qu'est-ce qui t'arrive Darling. J'vais finir par croire que tu me fuis ...

- B & T -

A plusieurs kilomètres de là, une sonnerie aux airs de Samy Delux se faisait entendre. Le portable vibrait sur le bureau, couvrant la voix du chanteur. Le propriétaire était étendu sur le sol, une fois de plus. Riant pour un rien, il semblait porté par le bonheur. L'euphorie ne le quittait pas. Il se sentait tellement bien ... Rien ne pourra le faire quitter cette bulle d'extase. Le téléphone a cessé de se faire entendre. Et sur l'écran s'affichèrent quatre mots qui le feraient, plus tard, regretter son geste :

Appel en absence :
Honey