Catégorie : Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout ce complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste.»
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : Les quatre personnages ne m'appartiennent pas. Par contre les autres, l'univers dans lequel je les fais évoluer, ou tout du moins ses particularités, vient de mon cerveau tordu.
Note de l'auteur : C'est officielle, j'me souviens du moment où le postage de cette fic s'était arrêté *.* Juste avant que ces c*ns ne suppriment ma fic è.é Donc encore un chapitre après celui là, et on est bon pour les nouveaux *.* Comme quoi ça sert d'avoir gardé toutes vos reviews u.u
Deux frères, deux mondes
Chapitre 17 : La dernière pièce du puzzle
A moitié couché sur le sofa, Georg frottait son médiator contre les cordes de sa basse, laissant les notes s'envoler sans aucune concordance. Un peu plus loin, Gustav lançait ses baguettes, les faisait tournoyer dans les airs avant de les rattraper. Leur répétition aurait dû commencer depuis plus d'une demi heure déjà. Mais le troisième musicien ne semblait pas décidé à se montrer.
- Quatre jours qu'on n'a pas de nouvelles. On aurait dû s'en douter.
Le blond se contenta d'acquiescer. Son esprit tournait à cent à l'heure. Le brun et lui n'était que spectateurs de toute cette histoire. Et il sentait qu'ils n'avaient pas toutes les cartes en mains. Quelque chose leur avait forcément échappé. Mais quoi ?
- Tu as demandé à Bill ?
- Pas explicitement.
- C'est à dire ?
- Je crois qu'on le connaît suffisamment pour dire que si on lui avait annoncé que son Darling joue les morts, il aurait paniqué. Mais j'ai tout de même réussi à lui faire avouer qu'il n'en savait pas plus que nous. Il a essayé de l'appeler, mais Tom n'a pas décroché.
Déposant doucement son instrument sur le canapé, veillant à ce qu'il ne puisse pas tomber, Georg se leva. Il étira ses membres tout en laissant échapper un soupir.
- J'propose qu'on aille le chercher.
- Je crois qu'on a plus le choix.
Attrapant leurs vestes au passage, les deux amis quittèrent la pièce, pestant contre Tom. Il allait finir par les rendre dingues.
Il ne leur fallut pas plus d'un quart d'heure pour arriver devant la demeure des Trümper. Le batteur s'apprêtait à toquer à la porte lorsque celle-ci s'ouvrit, laissant apparaître la propriétaire des lieux. Tous trois sursautèrent, ne s'attendant pas à une telle rencontre.
- Bonjour Simone.
- Bonjour les garçons. Je suppose que vous venez voir Tom ?
- Il est là ?
- Enfermé dans sa chambre, comme d'habitude.
Elle leur fit signe d'entrer et les accompagna jusque devant l'escalier menant à l'étage mais ne monta pas. Sa dernière dispute avec son fils l'avait mise en retard. Elle n'avait pas le temps pour les politesses ou les formalités.
- Vous connaissez le chemin.
Les deux jeunes gens acquiescèrent. Sans perdre plus de temps, la maîtresse de maison prit congé. Elle s'arrêta néanmoins au bout du corridor, préférant les prévenir :
- Surtout ne rester pas trop tard. Ce soir Tom et moi devons nous rendre dans ma famille pour le réveillon de Noël. Je suppose que vous même avez quelque chose de prévu.
Avant qu'ils n'aient pu répondre quoi que ce soit, elle s'en alla. Une porte claqua, confirmant son départ. Ne s'en formalisant pas, ils montèrent les marches en silence. Longeant le couloir, ils finirent par arriver devant la chambre du guitariste. Georg entra le premier. La pièce était plongée dans le noir. A tâtons, il chercha l'interrupteur et l'actionna mais rien ne se passa. L'ampoule avait probablement grillée. Les mains devant lui, il commença à traverser la pièce. Son pied shoota dans quelque chose. En verre, s'il pouvait en juger par le son produit. Il écarta précautionneusement les objets susceptibles de se trouver devant lui. Si sa mémoire ne le trompait pas, l'une des fenêtres devait se situer par là. Ses doigts rencontrèrent enfin une vitre froide. Il ouvrit rapidement les volets, impatient d'obtenir les réponses à ses trop nombreuses questions.
- Oh putain !
La phrase de Gustav le fit se retourner brusquement. Il le trouva agenouillé à côté d'un corps gisant sur le sol. Corps qu'il ne connaissait que trop bien. Il les rejoignit rapidement, lui aussi inquiet.
- Qu'est-ce qu'il a encore inventer celui là ?!? Il en rate pas une, merde !
Le bassiste s'abstient de tout commentaire. Il savait pertinemment que les propos du blond n'étaient dus qu'à la panique. Celui ci agrippa le poignet de l'endormit, cherchant son pouls. Il sentit une vague de soulagement le submerger lorsqu'il le trouva. Le coeur battait lentement certes, mais au moins il ne s'était pas arrêté. Rassuré, Georg commença à regarder autours de lui. Des bouteilles vides un peu partout, mais surtout des dizaines de sachets éparpillés. Cette poudre blanche ne pouvait être qu'une chose. Et pourtant il refusait d'y croire. Il attrapa le paquet le plus proche et y goûta. Cette fois le doute n'était plus permis. Il croisa le regard de Gustav qui attendait son verdict.
- Alors ?
- ... drogue.
Le batteur passa sa main sur son visage, las. Comment n'avaient-ils pu ne rien voir durant tout ce temps ? Il aurait dû se douter que quelque chose n'allait pas. Bien sûr il y avait eut les rumeurs, au lycée. Mais les gens ne savaient plus quoi inventer pour se rendre intéressant et aucun des deux musiciens n'avait imaginé un seul instant que les bruits de couloirs concernant Tom puissent s'avérer être vrais.
- Gus ?
- Hum ?
- Je crois que cette fois, il va vraiment falloir qu'on l'ait cette discussion sérieuse.
- A ton avis, dans combien de temps est-ce qu'il va émerger ?
- Ca dépend de quand date sa dernière prise. Mais je vais te le réveiller moi, tu vas voir.
Le visage fermé, Georg se releva. Sans aucune douceur, il s'empara du guitariste et sortit de la chambre. Lui aussi se sentait coupable. De n'avoir rien vu, de n'avoir rien fait. Mais surtout ne pas avoir cherché à savoir. Il se dirigea dans la salle de bain, et sans ménagement il déposa Tom dans la baignoire. Sans remord, il prit la pomme de douche et arrosa son ami d'eau froide. Aux grands mots les grands remèdes. Pas question qu'ils se lancent à nouveau dans ce jeu du « je vais bien ». Rapidement, le dormeur repris conscience. Toussant, pestant contre se réveil forcé, il tenta de se relever. Un mal de crâne l'empêcha de se redresser. Le brun coupa l'eau, attendant que le musicien réalise qu'il n'était pas seul, ce qui ne tarda pas.
- Mais qu'est-ce que tu fous là ?
Ne lui répondant pas, le bassiste appela le troisième membre de leur groupe. Celui ci les rejoignit en quelques secondes. Tom se retrouva avec quatre prunelles réprobatrices posées sur lui. Il ferma les yeux et se replia sur lui-même. Il ne pourrait pas s'en sortir cette fois. Dommage qu'il soit déjà lucide. Sans ça, il aurait pu retarder les reproches encore un peu. Reculer pour mieux sauter.
- Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense ?!?
- Ca fait combien de temps que ça dure ?!?
- Pourquoi tu prends toute cette merde ?!?
Des questions. Encore et toujours. Du mépris dans les voix. De la déception au fond des yeux. Des accusations. On l'a déjà condamné avant qu'il n'ait eu le temps de se défendre. Il commença à trembler. Ses vêtements lui collaient à la peau. Refusant toujours d'affronter ses deux amis, le guitariste se leva, enjamba le rebord de la baignoire et quitta la salle en direction de sa chambre. Il avait besoin de se changer. Et de gagner du temps, même s'il savait qu'il avait perdu d'avance. Alors qu'il se tenait face à son armoire, il senti une main sur son épaule qui le força à se retourner. Pour la première fois, il croisa enfin leurs regards. Il s'attendait à beaucoup de choses. Mais pas à ça. Le dégoût, la colère, il comprendrait. Mais la pitié, ça non.
- Qu'est-ce qui t'a pris Tom ?
- Laissez tomber.
Il se détacha de cette emprise et se mit à fouiller dans ses affaires. Un tee-shirt et un baggy pris au hasard, il se dirigea vers son lit, s'y assit et entreprit de se changer. Gustav lui agrippa le bras, l'empêchant de continuer.
- Cette fois ça suffit, bordel ! Tu vas tout nous expliquer que ça te plaise ou non !
- Mais qu'est-ce que ça peut bien vous foutre, de toute façon ? C'est ma vie, pas la votre !
- Et tu crois qu'on va te laisser la gâcher comme ça ?!?
- Foutez moi la paix, c'est clair ? Si j'ai envie de me défoncer, je le fais ! Si je veux me bourrer le gueule jusqu'à en être malade, c'est moi qui ça regarde ! C'est mon problème, d'accord ? MON problème !!
Il repoussa le batteur et termina de se changer. Il resta ensuite sans bouger, attendant patiemment que ces deux invités non désirés repartent. Chose qu'ils ne semblaient pas vouloir faire.
- C'est là que tu te trompes, Tom. Ce n'est pas que TON problème. On est tes potes, non ? Alors laisses nous t'aider ! Si ta mère en a rien à carrer que tu foutes ta vie en l'air, ce n'est pas notre cas !
Georg avait l'art et la manière d'appuyer là où ça faisait mal. Oui sa propre mère n'en avait rien à foutre de lui. Des années qu'il tentait de faire comme si ça ne l'affectait pas. Il pensait y être parvenu. Il faut croire que non. La réalité le rattrapait, comme à chaque fois. Mais ... s'il était honnête envers lui-même, il devait avouer qu'il n'y avait pas que ça.
- Tom.
L'interpellé soupira avant d'enfouir son visage dans ses avant bras. Il ne pouvait plus garder tout ça pour lui. Et puis au point où il en était, il ne pourrait pas tomber plus bas dans leur estime.
- Je ... je sais pas comment ... le dire.
Il sentit un poids sur sa droite, signe que ces deux amis avaient eux aussi prit place sur le matelas. Les mots ne venaient pas. La peur d'être jugé. Rejeté. De se retrouver seul. Comprenant qu'il n'y arriverait pas, Gustav voulu prendre les choses en mains :
- Et si tu ... commençais par le tout début. Quand est-ce que tu t'es tourné vers ces ... trucs.
Le doute gagna le guitariste. Si ses interlocuteurs refusaient de prononcer les mots qui fâchent, cela risquait d'être dur. Néanmoins, il inspira profondément et se lança :
- Comme vous le savez, avec ma mère c'était plus trop la joie depuis quelques années. Cinq, si je me souviens bien. Ca peut paraître con mais je ... quand je me droguais, j'oubliais qu'elle ... n'était pas là. Elle se donne à fond dans son boulot pour me payer tout ce que je veux. Mais je crois qu'elle n'a jamais comprit que je me fous de tout ça. J'voulais juste qu'elle soit là. Alors je prenais ma came et je m'envolais vers un autre monde. Ephémère, mais tellement plus beau.
- Tu ... tu en prends souvent ?
- Seulement pendant les vacances. Et les week-end où je rentrais ici. Mais je ... j'avais réussi à arrêter depuis quelques temps. J'y touchais plus.
Sa voix tremblait. Le premier pas vers la guérison, c'est reconnaître que l'on est malade. Aujourd'hui il en prenait conscience. Comme l'autre jour avec Bill. Il l'avait forcé à voir la vérité en face et il l'avait aidé. Malgré lui un sourire se dessina sur ses lèvres. Comme à chaque fois qu'il pensait à son colocataire. Mais c'était justement ça le problème. Son visage s'assombrit, refusant de penser à ça.
- Comment tu avais fait ?
Mieux valait tout reprendre, histoire que tout soit bien plus clair. Il n'avait plus la force de se battre, alors il leur dirait enfin ce qu'ils veulent entendre depuis plusieurs semaines :
- Vous vous souvenez de ma dernière prise de tête avec Honey ? C'est là que tout a commencé. Je suis parti en claquant la porte. Quand je suis revenu, j'étais déchiré comme pas possible. Evidement, Bill s'en est aperçu. Il m'a obligé à tout lui raconter. Je pensais ... qu'il allait me gueuler dessus. Peut-être même me frapper. Au lieu de ça ... il m'a prit dans ses bras. Et tout a changé. Je ne pouvais plus le détester. Il a essayé de me comprendre sans me juger. Il a voulu m'aider sans connaître tous les détails. Il m'a offert la tendresse que j'attendais.
- Alors c'est pour ça que vous vous êtes rapproché d'un coup ? Ca nous a surprit mais comme on ne passe pas tout notre temps avec vous, on n'a pas vraiment cherché à savoir comment ça avait pu arriver.
- A chaque fois que j'avais envie de prendre cette merde, à chaque fois que je voulais un peu de douceur, j'allais le voir. Même la nuit. Il en a bavé avec moi. Mais il n'a jamais rien dit. Toujours souriant. Toujours adorable. Nos étreintes se multipliaient, notre complicité se renforçait, et surtout, j'avais réussi à m'en sortir. Mais comme un con, j'ai tout gâché en replongeant.
Les larmes se mirent à couler en silence. Trop d'émotions. Il se crispa quand un bras passa autours de ses épaules. Il se retrouva contre un torse, une main allant et venant sur son dos pour le calmer. Les deux G s'avaient que leur ami n'aspirait plus qu'à se cacher pour pleurer encore et encore. Mais quelque chose n'était pas claire dans tout ça. Il manquait un élément qui justifiera la rechute.
- Je comprends pas. Si tu t'en étais sorti grâce à Bill, pourquoi tu as recommencé ?
Tom se mordit la lèvre. Ca, il ne pouvait pas l'avouer. Qu'il se drogue, passe encore. Mais qu'il soit ... gay ... ça non.
- Pourquoi tu t'es sauvé le jour des vacances ? On devait rentrer ensemble mais tu es parti sans prévenir. Est-ce qu'il y a un rapport avec ta reprise ?
- ...
- Il s'est forcément passé quelque chose ce jour là. Alors explique-nous.
Hors de question. Il se leva, sans un regard pour les deux autres, et commença à ramasser ses sachets de poudre blanche. Il ne se souvenait pas en avoir sorti autant. Ni les avoir éparpillés de la sorte. Une fois tous rassemblés, il les rangea dans son bureau, sous les yeux désapprobateurs de ses invités. Il aurait pu les jeter. Mais quelque chose lui disait qu'il pourrait en avoir encore besoin. Il fallait qu'il trouve quelque chose à faire. N'importe quoi. Du moment que ça lui évitait un autre interrogatoire. Un soupir manqua de le faire se retourner mais il se retint juste à temps.
- Tom.
- ...
- Tom !
- ...
- TOM !
- Mais quoi à la fin ?!? J'ai répondu à vos questions, alors lâchez-moi !
- Tu ne nous as pas tout dit.
- Le reste n'est pas important.
- Suffisamment grave pour que tu te défonces à longueur de journée mais pas assez pour en parler à tes amis, c'est ça ?!?
Le reproche était clairement identifiable. Il pouvait comprendre que cette situation n'était pas évidente pour eux. Voir même frustrante. Ils se faisaient du souci alors que lui passait son temps à les éloigner du sujet. Combien de temps tiendrait-il encore ? Combien de temps avant d'arrêter les mensonges ? Un moins ? Deux semaines ? Une heure ? Deux mains l'empoignèrent par les épaules et le secouèrent. Reprenant pied, il se retrouva face au bassiste :
- J'en ai marre de tes conneries, Trümper ! On passe notre temps à s'inquiéter pour toi, à nous poser des questions, à nous demander si demain tu seras encore vivant ! Alors cesse de déblatérer ton baratin et dis-nous la vérité !
La colère le gagnait. Contre Georg et sa foutue obstination, mais aussi contre lui-même. Il serrait les poings, pour éviter de frapper la personne en face de lui. Son geste n'arrangerait certainement pas les choses. Mais le brun ne semblait pas de cet avis. Il enchaînait les hypothèses et les théories improbables qui expliqueraient la situation dans laquelle ils se trouvaient. Et puis il y eu la phrase de trop. Celle qui impliquait Bill. Celle qui le rendait responsable. Alors malgré ses résolutions, Tom craqua :
- Je t'interdis de le mêler à tout ça, c'est clair ?!? Si je suis dans une merde pas possible, c'est ma faute ! MA FAUTE !!! Tu veux vraiment savoir ce qui ne va pas ? Tu veux vraiment que je te dise pourquoi j'ai fuit le jour des vacances ? C'est tout simplement parce que je me suis fait baisé ! Et en beauté, en plus !
- Que ... qu'est-ce tu racontes ?
Un rire nerveux s'empara du guitariste. Dans un mouvement brusque, il se sépara de Georg et commença à faire les cent pas.
- Et oui vieux, c'est la vérité ! Ton meilleur pote s'est fait baisé par un mec ! Et tu veux savoir le pire ? C'est que j'ai aimé ça ! J'ai désiré ses doigts sur mon corps, j'ai adoré ses lèvres sur ma peau ! J'ai aimé cette nuit et j'aime l'homme qui m'a fait ça ! Voilà, tu connais la vérité, tu te sens mieux ?!? Pas moi !
La rage le quittait au fur et à mesure que des perles salées ruisselaient sur ses joues. Il n'aura pas tenu bien longtemps finalement. Il se sentait minable. Désespéré, il tomba à genoux, le visage caché dans ses mains. Seuls ses sanglots brisaient le lourd silence de la pièce.
Un mouvement se fit sur sa droite. De nouveau, quelqu'un le prit dans ses bras. Des murmures lui parvenaient, tentant de le rassurer. De le réconforter. Mais cela ne faisait qu'augmenter le nombre de ses larmes. Il venait de tout avouer et bizarrement, il se sentait bien. Comme libéré d'un poids.
- Et si tu nous expliquais tout ça calmement ?
Un deuxième corps se colla au sien, renforçant leur étreinte. Des paroles l'encouragèrent jusqu'à ce que ses lèvres bougent enfin.
- Il ... Il était ivre. Et triste. Tellement triste. A cause de Sam. Alors j'ai voulu le réconforter. Comme il l'avait si souvent fait avec moi. Honnêtement, je ne sais pas trop comment s'est arrivé. Je ne comprend pas moi-même comment j'ai pu le laisser faire une telle chose. Mais le fait est bien là. J'ai ... passé la nuit avec Bill.
- ...
- Il m'a ... Je ... Je sais pas comment dire. C'était si différent d'avec toutes ces filles ... Presque ... magique. Une petite voix au fond de moi me hurlait de tout stopper. Parce que tout ça n'était pas normal. Parce qu'on était deux mecs. Parce qu'il n'était pas en état de réfléchir à ses actions. Mais je n'ai pas pu. Je voulais ... je voulais qu'il m'aime. Et c'est ce qu'il a fait. Cette nuit là, il ne m'a pas baisé. Il m'a fait l'amour. Quand je l'ai comprit ... quelque chose en moi s'est brisé. Je ...
Il n'y arrivait plus. Bien trop de choses avaient déjà été dites. Maintenant il attendait, anxieux. Le dégoût, le rejet. La haine, peut-être ? Tout simplement parce qu'il n'était pas normal. Mais rien ne venait. Les seuls sons produits étaient ceux de leurs respirations.
Mais pour Gustav, tout devenait enfin clair. Le départ précipité, la noyade dans l'alcool et la drogue. Le désespoir qui semblait ne pas vouloir quitter le guitariste. Il détenait enfin la dernière pièce de ce puzzle.
- Tom ... Il y a une chose que je ne comprends pas. Pourquoi avoir agit ainsi ?
- C'est vrai, ça ! Intervint alors Georg. Tu aurais dû nous en parler plus tôt ! On aurait pu t'aider, te conseiller, ... J'sais pas moi ! N'importe quoi pourvu que tu ne finisses pas en loque humaine !
- Tu as l'art et la manière de réconforter les gens, c'est affolent.
- Gus, excuse-moi mais je n'ai pas pour habitude de faire dans la dentelle.
- Ca je le sais, merci !
- Euuuh, les gars ?
Deux têtes se tournèrent vers celui qui venait de les interrompre. Face au regard stupéfait du guitariste, les deux autres musiciens réalisèrent qu'ils s'étaient un tout petit peu éloignés du sujet. Doux euphémisme. Au moins le dreadé avait cessé de pleurer et avait levé les yeux. Jamais en huit ans d'amitié ils ne l'avaient vu si atterré.
- Désolé gamin. On s'emporte facilement.
Une esquisse de sourire lui répondit, mais disparu bien rapidement.
- Dis nous plutôt ce qui t'as mis dans cet état.
- Je ... je suis pas ...
Un nouveau soupir, une main qui passe sur un visage. Les mots se bousculaient en même temps que ses idées. Comment expliquer son aversion envers lui-même ? Il ne devrait pas ressentir ce genre de choses. Et pourtant elles étaient bien là.
- Je ne devrais pas l'aimer.
- Pourquoi ?
- Ce ... ce n'est pas normal. Je ... je suis pas gay, merde ! J'aime trop les filles pour ça ! Pas vrai ?
Le batteur se retrouva face à un regard suppliant. L'idée que le problème de son ami se situe à ce niveau là ne lui avait jamais traversé l'esprit.
- Tom. Ecoute moi bien. Tu es normal. Le fait que tu sois amoureux d'un garçon ne change rien. Personne ne peut te juger par rapport à la personne que tu aimes. Ton coeur a fait son choix, c'est tout. Si ça doit être Bill, et bah ce sera lui.
- Je ... ne vous dégoûte pas ?
Une tape sur son crâne le fit sursauter. Il y porta ses mains, comme pour vérifier qu'il n'était pas blessé. Il s'apprêtait à répliquer verbalement lorsqu'il tomba sur un regard furieux.
- Tu es con ou tu le fais exprès ?!? L'homosexualité n'a rien d'anormal, c'est clair ? D'accord la Bible dit qu'un homme doit aller avec une femme et blablabla. Mais on s'en fout ! T'es croyant toi ?
- Euh ... non.
- Raison de plus ! Tu ne vas pas passer à côté du bonheur parce que trois coincés du cul n'acceptent pas l'évolution des mentalités. Je ne te cache pas que tu n'as pas choisi le chemin le plus facile. Mais ne tente pas de rentrer dans le rang ou dans les normes si ça doit te rendre malheureux.
- Pour l'instant, on ne peut pas dire que cet ... amour ... m'ait apporté quoi que ce soit de positif.
- Tu dois laisser faire le temps. Une belle histoire, ça se construit.
- Pas sûr qu'il y ait quoi que ce soit à construire.
- Comment ça ?
- Eh bien ... Bill n'a pas vraiment l'air d'être ... comme ... moi.
- Homosexuel, Tom. Il faut que tu apprennes à l'accepter. C'est ce que tu es. Alors ne le renie pas.
- Je ne pense pas l'être. Parce que tu vois ... à part Bill, il n'y a personne d'autre. Mais ça ne change rien au fait que je n'ai aucune chance.
- Ne dis pas ça. Toi non plus tu n'aurais jamais pensé à ça avant lui. Alors peut-être que tu vas devoir lui ouvrir les yeux à ton Honey.
La fatigue commençait à le gagner. Un sourire prit place sur ses lèvres en imaginant un possible début d'histoire avec son colocataire préféré. Il se laissa un peu plus tomber contre le torse de Gustav. Il devrait résister contre le sommeil, juste le temps de retrouver son lit. Mais les premiers éléments de son rêve se mettaient doucement en place, l'attirant dans le monde de Morphée.
- Tu crois vraiment que j'ai raison d'espérer ?
- J'en suis sûr.
Ces mots lui réchauffèrent le coeur. Tout n'était peut-être pas perdu finalement. La flamme de l'espoir était là. Pas encore très vive, mais toujours vivante. Pour la première fois depuis des jours, il se sentait bien. Ses deux meilleurs amis ne l'avaient pas rejeté et avaient été jusqu'à le réconforter. Pas de distance entre eux malgré la révélation. Plus de non dits ou de mensonge. Juste un lien encore plus fort qu'avant.
- Merci. Pour tout.
Tout n'était pas encore réglé, mais les choses commençaient déjà à rentrer dans l'ordre. Et qui sait, peut-être qu'il l'aurait sa vie heureuse. En tout cas, il voulait y croire.
Prochain chapitre :
n°18 : Noël par téléphone
(titre pourri, mais chut u.u J'en trouve pas d'autre -.-")
