Catégorie : Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre : Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé : « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout ce complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : Pas à moi, gna gna gna. Y a longtemps qu'ils seraient pacsés, sinon -.-"
Note de l'auteur : Je sais je saiiiiiiis T.T J'suis grave en retard. Mais c'est pas ma faute. Si si j'vous jure u.u J'ai juste fait encore une énorme connerie. J'ai repris un job d'été. Beuuuuuh T.T Vous savez quoi ? Mc Do va me tuer avant la fin de mon contrat T__________________T Marre de finir à 2h du mat ! Breeeeeeef. Nouveau chapitre pour vous m'ssieurs dames ! =D
Deux frères, deux mondes
Chapitre 19 : Retour à Malmedy
Traînant difficilement sa montagne de baggages derrière lui, Tom atteignit enfin la porte de son appartement. Il n'avait croisé personne en venant. Il faut dire que la majorité des élèves n'arriveraient pas avant seize heures. Lui avait décidé de revenir le plus tôt possible, refusant de passer quelques heures de plus chez lui. Il ne reprenait les cours que lundi, c'est-à-dire dans deux jours, mais l'établissement éxigeait le retour de ses élèves la veille de la rentrée, afin de limiter les retards dû aux problèmes de train ou aux simples pannes de réveil. De cette manière, chacun pouvait reprendre ses marques tout doucement.
C'est le sourire aux lèvres qu'il franchit le seuil de son foyer. Il se doutait que Bill n'arriverait qu'en fin d'après midi. Celà lui laissait le temps de ranger ses affaires, mais aussi de se préparer psycologiquement à leurs retrouvailles. Depuis qu'il avait enfin osé l'appeller le soir de Noël, il ne s'était pas passé un seul jour sans qu'ils ne se téléphonent. Tout est bien plus simple lorsque l'on ne voit pas son interlocuteur. Aussi Tom redoutait-il un peu leur rencontre. Il avait finit par accepter ses sentiments mais ne restait pas pour autant à l'abris d'un geste déplacé, d'un regard trop insitant, d'un mot à double sens. En y réfléchissant bien, il allait être obligé de mentir en permanence. Mais si ça pouvait lui permettre de garder intacte leur amitié, il le ferait.
Posant son premier sac sur son lit, il l'ouvrit et entreprit de la vider. Cachés entre plusieurs vêtements afin de ne pas les casser, le musicien récupéra tous les cadres photos qu'il avait ramené chez lui et les disposa sur sa table de chevet. De cette façon, Bill était un peu plus présent. Et c'est sous ses yeux rieurs qu'il remplit ses placards.
- B & T -
Il venait tout juste de refermer sa dernière valise lorsqu'on frappa à la porte. Avant qu'il n'ait pu faire ou dire quoi que ce soit, quelqu'un l'ouvrit puis la referma. Etant donné que Bill n'aurait pas pris la peine de toquer avant d'entrer, Tom ne fut pas surpris de voir Georg et Gustav le rejoindre dans sa chambre. Deux poignées de mains plus tard, chacun avait repris ses habitudes. Le batteur occupait la chaise du bureau, les bras croisés sur le dossier. Le bassiste était assis en tailleur sur le lit tandis que le propriétaire des lieux s'était installé à même le sol, le dos appuyé contre le lit, les jambes étendues devant lui. Il n'avait pas revu ses deux amis depuis le jour où il leur avait tout avoué. Il se sentait un peu nerveux, stressant à l'idée que l'un des deux aborde le sujet. Il ne ressentait plus autant de honte, mais il ne se sentait pas non plus capable d'en parler ouvertement. Tous trois s'étaient toujours racontés leurs conquêtes, de la phase d'approche jusqu'au passage à l'acte. Lorsque l'un d'eux avait une fille en vue, ils pouvaient passer des heures à batailler sur la meilleure technique de séduction. Mais pour la première fois, il ne voulait pas leur avis. Ce qu'il pourrait hypothétiquement vivre avec Bill ne regardait que lui. Il espérait simplement que ses amis ne le lui reprocheraient pas. Il n'avait d'ailleurs pas prévu quoique ce soit. Il refusait de tout gâcher par un geste malheureux et préférait laisser faire les choses, quitte à ce qu'il ne se passe jamais rien. Le prix à payer pour connaitre la réciprocité de ses sentiments lui paraissait bien trop élevé.
Un petit choc au niveau de son torse le fit sursauter, coupant court à ses pensées. Il remarqua un stylo juste à ses côtés qui n'était pas là auparavant. Il lança à Gustav un regard interrogatif, attendant une justification pour cette attaque. Le blond soupira, faussement blasé :
- Encore en train de penser à ton Honey ?
La couleur que prirent les joues du guitariste le lui confirma. Il se pencha un peu sur la gauche, évitant le projectile que lui renvoyait Tom. Le batteur se leva, imité par le bassiste, qui prit le temps de lui expliquer :
- Gus a proposé qu'on aille se dégourdir les jambes en allant déhambuler dans la cour. Mais comme tu ne réagissais pas, il a voulu te sortir de ton rêve éveillé.
Les voyants sortir de la chambre, il se redressa, attrappa son manteau au passage et les suivit rapidement. Au moins, ça lui éviterait de devoir accueillir son colocataire. Il ne savait toujours pas comment se comporter et commençait légèrement à angoisser.
- B & T -
Un dernier au revoir et il ferma la portière de la voiture derrière lui. Sa mère démarra et entreprit de faire le chemin du retour. Ses valises éparpillées tout autours de lui, Bill fixait les trois bâtiments composants le lycée Malmedy. La grille était grande ouverte, permettant ainsi à tous les élèves d'entrer librement. Une bonne partie des étudiants peuplaient la cour. Il pouvait déjà les entendre raconter leurs vacances ou leurs dernières révoltes contre des parents trop envahissants. Il empoigna ses divers bagages et emprunta le chemin menant au quartier des logements. Il ignora délibérément les regards posés sur lui. Il avait espéré qu'après trois mois passé ici, les gens auraient cessé de le dévisager. Mais visiblement, son look intriguait toujours. Ne s'en préocupant pas plus que ça, il franchit la porte d'entrée. Le changement soudain de température le fit éternuer. Il emprunta les escaliers sur sa gauche et se rendit au premier étage, pestant contre le poids de ses affaires. Il traversa le couloir puis retrouva enfin son appartement. Il fit en sorte de ne pas faire de bruit, ne voulant pas se faire surprendre. Délaissant son bazar encombrant dans le salon, il se dirigea à pas de loup vers la chambre de son colocataire. Il entrouvrit la porte et jeta un rapide coup d'oeil, bloquant sa respiration. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu'il constata que la pièce était vide. Il nota cependant que les effets personnels du guitariste étaient de nouveau à leur place. Un sourire sur les lèvres, il retourna rapidement auprès de ses valises et les entreposa pêle mêle et sans douceur dans sa propre chambre. Il n'y en eu qu'une qu'il déposa délicatement à côté de son bureau, la cachant ainsi des regards indiscrets :
- Toi, tu ne bouges pas de là. Ne t'inquiètes pas, tu pourras bientôt sortir. J'espère que tu lui plairas.
Il ne prit pas le temps de ranger et quitta rapidement son appartement. Il referma à clé derrière lui et commença à courir. Déjà deux semaines qu'il ne l'avait pas vu, alors pourquoi attendre plus ? Il faillit renverser une élève, trop pris dans ses pensées. Il dévala la trentaine de marches quatre à quatre mais s'arrêta brusquement une fois le seuil de la résidence franchit. Il regardait frénétiquement à droite et à gauche, cherchant la seule personne de ce lycée pourvue de dreads. Il pouvait être n'importe où. Aussi bien dans l'une des deux cours de l'école que dans n'importe quelles pièces. Il fut tenter de remonter pour aller frapper chez Georg et Gustav mais renonça finalement. Tom voudrait probablement passer ses dernières heures de liberté totale ailleurs qu'entre quatre murs. Il songea un instant à lui téléphoner mais préféra garder l'effet de surprise. Il commença à traverser la première cours, dévisageant chaque personne qu'il croisait. De loin, il reconnu Mood qui tremblait de la tête aux pieds. Il n'était visiblement pas le seul à se soucier plus de l'esthétisme de ses vêtements plutôt que de leur fonction première. Lorsqu'elle leva la tête dans sa direction, il lui adressa un signe de la main et un sourire mais n'alla pas la rejoindre. Elle était accompagnée de ses propres amies, il ne voulait pas interférer. Et puis ... il avait autre chose en tête. Il contourna l'immeuble consacré au personnel de l'établissement et se retrouva dans la deuxième cour, bien plus peuplée que la première.
Tout son corps le suppliait de rentrer se mettre au chaud. Les mains dans les poches et cachant la moitié de son visage dans son écharpe, il tenta d'ignorer les frissons qui le parcouraient et reprit sa recherche. Il songeait à allez voir du côté des pistes de course lorsqu'il aperçu enfin la personne qu'il cherchait à plusieurs mètres de lui. Un sourire vint aussitôt orner son visage. Il nota que Georg et Gustav se trouvaient également là mais son regard retourna bien vite sur son colocataire. Il aurait pu arriver vers eux calmement. Il aurait aussi bien pu tenter de les surprendre en arrivant le plus discrètement possible. Il avait imaginer cette scène des dizaines de fois. Et pourtant, il n'avait pas prévu que ses jambes se mettraient à courir, presque sans lui demander son avis. Il ne chercha pas à résister, pas plus qu'il ne chercha à cacher sa joie. Il voulu l'interpeler mais sa voix resta bloquée. Comme s'il l'avait entendu, Tom leva enfin les yeux dans sa direction. A peine eut-il réalisé ce qui se passait qu'il se retrouva entraîné dans une étreinte qui le fit chanceler. Bill avait passé ses bras autour de son cou et s'aggripait à lui, ne touchant plus le sol. Prenant finalement conscience de la situation, le guitariste enserra la taille de l'androgyne, l'empêchant ainsi de partir. Les papillons qu'il avait d'abords ressentit dans son estomac s'étaient transformés en une douce chaleur qui se propageait dans tout son être. Il s'enivra de l'odeur de son colocataire, heureux de le retrouver. Aucun des deux ne semblait décidé à lâcher l'autre. Un raclement de gorge prononcé éclata leur bulle de bonheur. Bill toucha de nouveau le sol et se sépara de Tom. Il se tourna vers celui qui les avait dérangé, presque à regret. C'est alors qu'il se rappella la présence des deux autres musiciens. Ses joues s'empourprèrent légèrement et il s'excusa, confu :
- J'suis désolé. J'avais oublié que vous étiez là.
- C'est bien ce qu'on avait cru comprendre.
Leurs sourires lui indiqua qu'ils ne lui en voulaient pas. Il les salua finalement avant de se mêler à leur conversation. Cependant, plus le temps passait et plus le nouvel arrivant se collait à son voisin de gauche. Celui ci ne s'en plaignait pas, mais finit tout de même par demander :
- Dis moi Honey, t'aurais pas froid, par le plus grand des hasards ?
Un rougissement lui répondit, ce qui le fit rire.
- Je suis pris en flague, pas vrai ?
- Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt ? Intervint Georg. On peut très bien continuer à l'appart.
- Ouais mais dans pas le notre. T'as pas finit de ranger tes affaires, le salon est un vrai bordel, j'te rappelle.
Le bassiste pesta contre Gustav. Ils n'avaient pas la même conception du rangement, c'est tout. Tom prit l'initiative et commença à marcher. Rapidement, Bill le rejoignit et s'accrocha à son bras. Comme perchés sur leur petit nuage, aucun ne remarqua les regards surpris ou suspicieux posés sur eux. Celà n'échappa pas aux deux G, qui commençèrent même à s'inquiéter. Leur guitariste et ami avait peut-être accepté sa nouvelle sexualité mais n'était pas prêt pour autant à subir les sarcasmes et les attaques verbales des homophobes du lycée. Rien n'avait encore été dit ou suggéré, mais il faudrait que les deux autres songent à être un peu moins tactiles en public ou Axel n'allait pas tarder à faire des siennes.
- B & T -
Les trois musiciens pénétrèrent dans le salon tandis que Bill refermait derrière eux. Les deux G avaient de nouveau monopolisé le sofa tandis que Tom avait opté pour un fauteuil, les jambes posées sur l'accoudoir. Lorsque le brun passa devant lui, il ne pu s'empêcher de l'agripper par la manche de sa veste, l'obligeant à s'arrêter. Il se retrouva face à un regard interrogateur mais ne su pas quoi dire. Comment expliquer ses peurs et ses angoisses de ces dernières semaines ...
- Darling ?
- Tu ... Tu pars plus, hein ?
Ses yeux se firent suppliants. En cet instant, le guitariste faisait penser à un petit garçon terrorisé à l'idée que sa mère ne rentre pas la prochaine fois qu'elle sortira. La bonne humeur de l'androgyne se fana légèrement et son sourire qui ne l'avait pas quitté se fit plus triste.
- C'est toi qui est parti.
Des reproches, des excuses, des pardons imprononcés. Les regards sont parfois bien plus importants et bien plus explicites que les mots. Il voudrait des explications qui ne viendront sans doute jamais. Alors il renonce et accepte son ami comme il est. Avec ses défauts et ses secrets.
- J'te promets que je ne recommencerai plus.
- Et moi j'te répète que je serai toujours là. J'te l'ai déjà dit, non ?
Son air perdu l'avait fait craquer. Tom était à présent rassuré, c'était l'essentiel. Il déposa un baiser sur son front puis disparu dans sa chambre. Le dos appuyé contre la porte, il laissa échapper un soupir. Dans cette histoire, ils avaient souffert tous les deux. Et probablement bien plus qu'ils ne le diront jamais.
Dans le salon, les deux G échangèrent discrètement des regards entendus. Le cas de leur ami n'était peut-être pas si désespéré que ça. Certes il ne s'agissait pas de grandes effluves de sentiments, mais on ne pouvait pas nier qu'il y avait bien quelque chose. Restait à voir comment le deuxième protagoniste de cette histoire voyait les choses. Celui ci refit son apparition, délesté de son manteau. Il aurait très bien pu occupé le fauteuil libre mais il se sentait d'humeur particulièrement câline. Il entreprit alors de s'assoir sur son colocataire et se peletonna contre lui. Le guitariste changea légèrement de position, lui permettant ainsi de mieux profiter de l'étreinte. Bill attrapa l'une des dreads qui tombait tout près de son visage et commença à l'entortiller autours de son doigt. Ces moments là lui avaient manqué, il ne pouvait pas le nier. Il ne se soucia même pas de savoir si cette proximité pourrait déranger les deux visiteurs. Il avait besoin de contacts, c'était tout ce qui l'importait. Il appréhendait tout de même un peu leur jugement et se sentit soulagé lorsque Gustav relança la conversation, l'air de rien.
- B & T -
Les heures passaient mais les choses n'avaient pas tellement changé. La nuit était à présent tombée et pourtant aucun d'entre eux ne semblait vouloir bouger. Bill était toujours contre Tom et Georg et Gustav étaient toujours dans le canapé. Le blond se leva et se rendit dans la cuisine, partant à la recherche d'une quelconque boisson. Seul un réfrigérateur désespérément vide s'offrait à lui.
- Dites les gars, faudra songer à remplir votre frigo.
- Merde, j'avais pas pensé à ça.
- En plus demain c'est dimanche, vous n'allez pas trouver beaucoup de magasins ouverts.
- Au pire, on vous prête ce qu'il vous faut, c'est pas un problème. Intervint Georg.
L'androgyne ne semblait pas très emballé pas cette idée, ce que remarqua son colocataire. Il n'aimait pas tellement emprunter aux autres, même si c'était proposé de bon coeur et sans arrière pensée. Il avait l'impression de leur être redevable par la suite, même pour une toute petite chose. Le guitariste se leva, provoquant un grognement de la part de son compagnon de fauteuil.
- On a plus le choix Honey, faut qu'on y aille ce soir.
- Naaaan, j'ai pas envie ! En plus il fait froid dehors.
- Tu veux que je te passe l'un de mes pulls ?
- Plutôt crever ! Une fois mais pas deux ! J'étais ridicule la dernière fois.
Les bras croisé sur le torse, Bill commença à bouder en signe de désaccord, faisant rire Tom.
- Tu me laisserais y allez tout seul ? Par ce temps ? T'as vraiment pas de coeur.
Un regard suppliant malgré une lueur amusée au fond des yeux suffit à le faire craquer. Il poussa un soupir de résignation bien trop exagéré puis se leva.
- Dans ma grande générosité, j'accepte de t'accompagner.
- Sa magesté est trop bonne.
Une frappe à l'arrière du crâne lui répondit. Ne préférant pas répliquer afin d'éviter une autre de leur chicane qui aurait pû durer des heures, il se tourna vers les deux G :
- Vous nous accompagnez ?
Les deux musiciens furent tentés d'accepter. Ils auraient pu continuer leur soirée tous les quatre. Mais un simple regard échangé suffit à les mettre d'accord : autant laisser à Tom l'occasion de passer un peu de temps seul avec Bill.
- C'est gentil mais on va se rentrer.
- Vous êtes sûrs ?
- Puisqu'on te le dit !
- On se revoit demain de toute manière.
De nouveau des mains qui se serrent puis le guitariste se retrouva seul avec le brun. Il y a encore deux jours, s'il avait imaginer cette scène, il se serait vu tremblant de partout, mort de peur à l'idée de faire un faux pas. Mais finalement, rien n'avait vraiment changé. Bill restait Bill, il n'avait donc pas de raison de s'inquiéter.
- Tu crois que c'est encore ouvert à cette heure là ?
Tom regarda sa montre avant de répondre :
- Il est tout juste dix neuf heures passées. Ils ne fermeront pas avant un peu moins d'une heure.
- On va devoir se dépêcher.
Chacun alla chercher de quoi se protéger du froid. L'androgyne eu droit à des réprobations concernant sa tenue vestimentaire mais ne se changea pas pour autant, ce qui désespéra Tom. Lorsqu'ils sortirent du batiment consacré aux appartements puis de l'enceinte du lycée, ils ne croisèrent personne. Les élèves étaient probablement bien au chaud tandis que les professeurs mettaient au point les derniers détails avant la rentrée. Les rues de la ville étaient désertes elles aussi. Aucun des deux ne parlait, appréçiant juste la présence de l'autre. Le lycéen s'attendait à ce que son ami s'accroche à son bras, cherchant encore et toujours un peu de chaleur. Au lieu de ça, il sentit des doigts s'approcher timidement des siens avant qu'ils ne se retrouvent entrelassés. Ca aussi, ça lui avait manqué.
- B & T -
Bill se laissait guidé, ne connaissant pas encore vraiment les environs. Rapidement, il aperçu l'enseigne du magasin, brisant la noirceur de la nuit. Le parking éclairé par divers reverbères était vide. Il commença à douter que le gérant n'ait pas déjà fermé boutique devant le peu de clients nocturnes. Il réalisa que depuis qu'il avait emménagé à Malmedy, il ne s'était jamais soucié des courses. Il ne s'était d'ailleurs jamais posé la moindre questions à ce sujet. Leurs placards étaient toujours pleins à rabord, il n'avait donc pas cherché plus loin. Il lui semblait maintenant évident que Tom s'était toujours occupé de tout afin qu'ils ne manquent de rien.
- Pourquoi tu ne m'as jamais demandé de participer aux frais alimentaires ?
- ... Honnêtement, ça ne m'est jamais venu à l'esprit. J'y allais toujours pendant tes cours auxquels je ne participais pas. J'ai rapidement remarqué ce que tu aimais ou non et j'ai toujours tout acheté pour deux.
- Tu faisais ça aussi pour tes précédentes coloc ?
- Non. C'était à tour de rôle.
- Alors pourquoi ?
- J'en sais rien. J'suis désolé mais j'ai pas de réponse à te donner. J'ai jamais songé à te faire payer et j'en ai toujours pas l'intention.
- Mais ...
Le brun fut coupé par les portes automatiques qui s'ouvraient devant lui. Préoccupé par cette histoire de partage, il n'avait pas remarqué qu'ils étaient arrivés. Il se senti légèrement perdu. Il n'avait pas une grande expérience de ses choses là et il ne voyait pas par quoi commencer ni quoi acheter. Tom attrappa un panier au passage et l'entraîna méthodiquement dans tous les rayons, bazardant pêle-mêle leurs provisions. Bill tenta bien de protester lorsque les légumes commencèrent à s'entasser mais Tom lui coupa la parole :
- Tu tiens à ressembler à Mr Hertz, le prof de science ? J'ai appris qu'on ne peut pas se nourrir exclusivement de pâtes si on veut éviter ce genre de catastrophes.
- Rien à foutre, tu ne me feras pas manger tes trucs verts.
- Ca j'avais remarqué. Ca fait quand même trois mois que tu cuisines et tu n'as jamais touché aux légumes que je ramenais.
- Ok, à partir de ce soir, c'est toi qui t'occupes des repas.
- C'que tu peux être succeptible.
Il fit la moue mais dû bien avouer que sa mère lui servait aussi ce genre de chose chez lui. Il ne comptait plus les heures passées devant son assiette pleine lorsque, plus jeune, il n'avait pas le droit de sortir de table tant qu'il n'avait pas tout avalé. Les repas se transformaient en véritables combats. Il retrouva cependant le sourire lorsque le musicien l'entraîna au rayon sucreries. Voyant qu'il n'avançait plus, il lui adressa un regard interrogateur.
- Vas-y, éclate toi. Tu as carte blanche.
- Vrai ?
Tom acquiéça, agrandissant le sourire de son colocataire. Celui ci se mit aussitôt à arpenter les étalages, attrapant au vol divers sachet de bonbons et gâteaux en tous genres. Au bout de l'allée, le guitariste commençait à regretter ses paroles, légèrement désespéré à l'idée de se retrouver envahit par les sucreries.
- Dis moi Honey, est-ce que tu as la moindre notion en ce qui concerne la diététique ?
- Mais oui. N'oublie pas que c'est moi qui te mitone tes petits plats.
- B & T -
Tom ne s'en serait probablement jamais sorti si la sonnerie annonçant la fermeture prochaine du magasin n'avait pas interrompu la folie sucrée de Bill. Ouvrant la porte de leur appartement, le guitariste entra le premier. Une fois la lumière allumée, il lança son manteau sur le canapé puis se dirigea vers la cuisine, déposant ses sacs sur sa table. Son colocataire le rejoignit rapidement, se délestant lui aussi de son fardeau. Il s'assit sur la table, les pieds dans le vide, et commença à déballer leurs achats. Le guitariste remplissait les placards au fur et à mesure que le brun lui passait les aliments.
- N'empêche, je comprends mieux pourquoi ta mère ne t'emmène pas souvent avec elle quand elle va faire ses courses. T'es intenable !
- C'est même pas vrai.
L'androgyne bouda à nouveau. Il avait néanmoins du mal à cacher son sourire. Il devait bien admettre que Tom avait raison. Il n'était pas du genre à réclamer ou à faire des caprices, mais il y avait certaines choses pour lesquelles il ne se contrôlait pas. Un léger bisou déposé sur sa joue le ramena à la réalité.
- Au fait, qu'est-ce que tu as fait de mes chamallow ?
- Pourquoi ? Tu ne vas quand même pas les manger maintenant ?
- Ben si !
- Mais on va bientôt passer à table !
- M'en fous, j'les veux. De toute façon, rien n'est prêt puisque tu n'as rien commencé.
- Me dis pas que tu étais sérieux tout à l'heure ?!?
- Mais si. Tu as critiqué ma cuisine, alors montre moi que tu sais faire de mieux.
- Tête de mule.
Bill finit par mettre la main sur son paquet de bonbons et commença à les savourer, attendant sagement que le musicien se mette au travail. Celui ci resta sans bouger, n'ayant pas la moindre envie de se lancer dans la confection de plat ce soir.
- Tu sais, moi ça ne me gène pas que tu ne fasses rien. J'ai mes réserves.
- On partage si tu veux.
- Tu veux vraiment pas préparer quelque chose ?
- Est-ce que tu le mérites.
- S'te plait.
- S'te plait. S'te plait. S'te plait. S'te plait. S'te plait. S'te plait.
Le brun soupira, vaincu. Il faudra qu'il songe à se rendre insensible aux regards de chiot battu. Il délaissa finalement ses sucreries et entreprit de sortir les ingrédients dont il aurait besoin. Satisfait, Tom s'apprétait à sortir lorsqu'une main agrippa son tee shirt.
- Où tu vas comme ça ?
- Euuuh ... dans le salon ?
- Nan nan nan. Je suis pas plus motivé que toi, donc on va faire ça tous les deux. Ca ira plus vite.
- J'ai le choix ?
- A ton avis.
- B & T -
Tous les deux étaient à présent à moitié allongé sur le sofa, blottit l'un contre l'autre. Le film qu'ils regardaient n'arrivait pas vraiment à les captiver. Tom fixait l'écran sans vraiment le voir alors que son colocataire jouait une fois de plus avec l'une de ses dreads, cherchant la meilleure façon d'engager la conversation. Stressé. Voilà comment on pouvait décrire l'état dans lequel se trouvait le bel androgyne. Il avait d'abord eu du mal à trouver ce qu'il aurait pû lui acheter et maintenant que la chose était faite il ne savait pas comment amener le fait de lui donner. Remarquant un changement dans son comportement, le dreadé osa lui en demander la raison.
- Honey, tu es sûr que ça va ?
- Oui pourquoi ?
- J'sais pas. J'te trouve bizarre.
- Non, j'vais bien.
- S'tu le dis ...
Au son de sa voix, Tom restait convaincu que le brun lui cachait quelque chose mais n'insista pas, préférant le laisser venir de lui même.
- Darling ?
- Hum ?
Bill se redressa, voulant faire face à son interlocuteur. Celui ci commença à s'inquiéter du sérieux qu'avait pris son ami. Il le fixait sans rien dire, redoutant une mauvaise nouvelle.
- En fait je ... je voulais te remercier pour ton cadeau. Mais t'aurais pas dû. C'est beaucoup trop.
Le musicien se sentit aussitôt soulagé. Il n'avait rien à craindre de ce sujet, si ce n'était la timidité et la gêne du brun. Chose plutôt rare, il devait bien l'avouer.
- Racontes pas de conneries. Tu les voulais et moi j'avais envie de te les offrir. Donc y a pas de soucis.
- Oui mais ... du coup, mon cadeau va sembler ridicule à côté du tien.
Le coeur du guitariste rata un battement. Il ne s'attendait pas du tout à recevoir quelque chose en retour. Son geste avait fait plaisir, c'était tout ce qui l'importait. Sans un mot, son ami lui prit la main et l'obligea à se lever. Il le conduisit jusqu'à sa chambre, où il lui demanda de fermer les yeux. Il se laissa guider jusqu'au lit, sur lequel il prit place, à tatons. Il ne pouvait pas le voir mais sentit quelque chose ou quelqu'un se poser à côté de lui. La respiration de Bill était calme, et pourtant il pouvait l'imaginer se mordillant la lèvre, paniqué à l'idée que son présent n'ait pas l'effet espéré. Aussi ne fut-il pas étonné lorsqu'un simple murmure lui parvint :
- J'espère que ça te plaira.
Désolée pour la mise en page plus que merdique, mais le site commence grave à me faire chier -.-"
