Catégorie: Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. »
Mise en garde: En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer: Pas à moi, gna gna gna. MAIS ! Me suis amusé à les reproduire sur Sims, et là croyez-moi j'méclate ! XD
Note de l'auteur: Encore en retard T.T Mais une fois de plus, c'est pas ma faute u.u La seule responsable, c'est ma bonne étoile qui s'est fait la malle. Parce que voyez-vous, j'ai passé mon samedi aux urgences. Ben ouais, malgré mes 21 balais, je sais toujours pas marcher droit et surtout surtout sans vérifier l'état du bitume sur lequel je marche -.-" Pas de commentaire, merci u.u Breeeef. On reste zen et on gagatise grâce à Beul und Teum, s'iou plaît =D Chapitre que j'apprécie tout particulièrement, soit dit en passant :)
Deux frères, deux mondes
Chapitre 20 : Cadeau et révélation
Il s'installa plus confortablement sur le lit. Il entendait son ami s'agiter, probablement saisi par la doute. Lui ne voyait aucune raison à ce stress soudain.
- Je ... c'est pas grand chose, tu sais. Comparé à ce que tu m'as offert. Mais j'espère que ça te plaira un minimum.
Tom se mordit la langue, s'empêchant ainsi de dévoiler que le cadeau lui plairait forcément, puisqu'il venait de lui. Avec l'accord de son colocataire, il ouvrit enfin les yeux. Il se retrouva devant une cage d'une soixantaine de centimètres. Trois des côtés étaient pleins, ce qui ne lui permettait pas de voir ce qu'elle contenait. Curieux, il ouvrit la petite porte grillagée. Rien n'en sortit. Intrigué, il se pencha pour voir l'intérieur. Dans l'un des coins, une petite boule de poils tremblait, recroquevillée sur elle-même. Il reporta son attention sur Bill, ne sachant pas vraiment comment agir. Celui-ci lui sourit, se voulant rassurant, puis s'empara de la cage. Tout doucement, il glissa une main à l'intérieur, et en ressorti une toute petite chose couleur caramel. L'androgyne l'amena contre son torse et commença à l'apaiser dans l'espoir de calmer les tremblements. Rapidement, la petite boule de poils se détendit et releva la tête. Tom pu alors mettre un nom sur l'animal. Deux petites oreilles en triangle, quatre moustaches de chaque côté du museau, de magnifique yeux verts, et un pelage marron clair parsemé de petites touches blanches.
- Un chaton ! Il est trop mignon !
Un grand sourire sur les lèvres, il observa le bébé chat. Lui-même regardait partout autours de lui. Mise à part le panier de sa mère et les bras de son propriétaire, il ne connaissait rien. Arraché bien trop tôt à celle qui l'avait mise au monde, il n'avait pour seul repère l'odeur de ce jeune homme qui l'avait accueilli avec joie. Timidement, il osa poser une patte sur le matelas, quittant ainsi sa protection.
- Surtout ne fais pas geste brusque. Il n'est pas encore habitué à voir des gens.
Le guitariste le laissa venir à lui, sans rien précipiter. Un léger rire lui échappa lorsque le chaton huma l'odeur de ses doigts, le chatouillant sans le vouloir. Cette réaction effraya malheureusement le petit animal qui courru se réfugier contre Bill. Ce dernier le prit entre ses mains et se rapprocha du musicien.
- Attends, j'vais t'aider.
En douceur, il déposa la boule de poils entre les bras de son ami, sans jamais cesser ses caresses. Finalement, le chaton se sentit suffisament en confiance et se détendit. Il ne fallut pas plus de trois minutes pour qu'il se mette à ronronner.
- J'ai bien cru qu'il ne voudrait jamais de moi.
- Il faut juste savoir l'apprivoiser.
- Bizarrement il me rappele quelqu'un.
Un sourire mutin et un regard insistant mirent l'androgyne sur la bonne voie. Il frappa son vis-à-vis sans violence, ayant très bien compris la comparaison entre lui-même et l'animal.
- J'y peux rien si tu étais invivable !
- Genre c'était ma faute.
- Parfaitement !
Le chaton miaula lorsque les caresses cessèrent. Le brun se dévoua, replongeant ses doigts dans le pelage. Il sentit le regard de Tom sur lui mais ne s'en formalisa pas. Il releva la tête, un air intérrogateur au fond des yeux :
- Au fait, tu as une idée de comment tu vas l'appeller ?
- Euh ... Là tu me poses une colle. C'est quoi la lettre pour les prénoms des animaux cette année ?
- Le « D », je crois.
- Ca m'plait pas. Tu verrais quoi, toi ?
- Il est à toi, c'est donc à toi de décider.
Le guitariste resta silencieux, ce qui intrigua Bill. Il commença à gigoter, signe de son inquiétude :
- Il ne te plait pas, c'est ça ? Argh, je savais que c'était une idée stupide ! Mais si tu veux je ...
Un doigts posé sur ses lèvres l'empêcha de poursuivre. Le sourire du musicien le rassura. Il se détendit et se maudit pour avoir paniqué aussi vite.
- Ne t'inquiètes pas. J'le garde. J'me demandais juste ... comment tu as été amené à penser à ça.
- Ben ... tu m'as révélé, il y a quelques temps déjà, que s'il t'arrivait de te ... droguer ... c'était parce que tu te sentais seul. Alors je me suis dit qu'avec un animal, tu aurais un minimum de compagnie. Et surtout ... quelqu'un qui soit totalement dépendant de toi. Quelqu'un qui t'empêchera de faire une connerie. Parce que sans toi il n'est plus rien. Si tu acceptes ce chaton, tu en deviens responsable. Alors réfléchis bien s'il te plaît.
Leur discussion avait pris une toute autre tournure. L'humeur bonne-enfant avait fait place à un silence pesant. Bill craignait d'être aller trop loin. Même s'ils s'étaient considérablement rapprochés ces dernières semaines, il n'avait pas pour autant le droit de lui dire comment mener sa vie. Quant à Tom, tout ce qu'il voyait, c'était que la personne à qui il tenait le plus au monde se souciait de lui. Même sa propre mère ne le faisait plus.
Peut-être un peu trop brusquement, il lâcha le chaton et prit son colocataire dans ses bras. Il n'avait donc pas rêvé tous ces instants de complicité. Leur relation avait bel et bien évoluée, et toutes les belles paroles prononcées n'étaient pas que du vent. Il n'en avait jamais vraiment douté, et pourtant il se sentait rassuré. Des larmes silencieuses lui échappèrent. Joie ou peine, il ne savait plus très bien. Tout ce dont il avait conscience, c'était que deux bras l'entouraient avec force, l'empêchant de sombrer.
De son côté, Bill tentait de calmer ces pleures et de chasser cette tristesse. Il était devenu sans le vouloir, l'un des repères que Tom réclamait sans jamais rien demander. Cependant, il se doutait que derrière ces perles salées se cachait un tout autre problème. Il songea un instant à aborder le sujet mais renonça finalement. Toujours sans un mot, il se coucha sur le lit, entraînant le guitariste avec lui. Il remonta les couvertures sur les deux corps et éteignit la lumière. Il sentit plus qu'il ne vit le chaton marcher jusqu'à eux et s'installer sur le haut de son oreiller. Les ronronnements ainsi que la respiration calme et régulière du dreadé l'entraînèrent vers le sommeil.
- B & T -
Une toute petite langue un peu rugueuse fit s'évaporer les dernières bribes de son rêve. Il grogna légèrement et se laissa de nouveau aller sur ce torse chaud collé à lui, espérant bien retourner à son rêve. Malheureusement, il du subir une deuxième attaque. Les yeux fermés, il essaya de chasser celui qui avait osé le réveiller. Ce n'est que lorsqu'il rencontra un pelage tout doux que sa mauvaise humeur matinale s'envola. Il ouvrit timidement les paupières, refusant de se faire surprendre par les rayons du soleil. Un bras passé autour de sa taille l'empêchait de se lever. Le chaton vint jusqu'à lui et s'assit tout près de son visage. Il le fixait, semblant attendre autre chose que des caresses. L'idée qu'il puisse avoir faim traversa l'esprit de Bill, mais il ne voyait pas comment s'échapper de cette l'étreinte à laquelle Tom le forçait à participer sans le savoir.
- Désolé boule de poils, va falloir attendre que môssieur daigne se réveiller.
Un miaulement lui répondit. Voyant qu'il n'obtiendrait rien, l'animal descendit du ventre sur lequel il avait pris place, puis s'approcha du bord du lit. Il observa le sol quelques instants mais renonça, jugeant probablement la distance trop grande. Il longea le matelas et grimpa sur la table de chevet, disparaissant derrière les nombreux cadres. L'androgyne le perdit de vue à ce moment là. Il laissa glisser ses doigts sur le ventre découvert du musicien. Cette nuit, Tom avait été très agité, le réveillant parfois. Sans toute fois le lâcher. Auparavant, il ne s'était jamais comporté ainsi, ce qui inquiétait Bill. Que s'était-il passé pendant les vacances qui puisse l'affecter à ce point ? Un fracas puis un bruit de verre briser le sortit de ses pensées. Sous lui, son ami avait sursauté, ouvrant difficilement les yeux.
- Qu'est-ce qui s'passe ?
- Je crois que le chaton vient de casser quelque chose.
Désormais libre de ses mouvements, le brun se redressa pour constater les dégats. L'un des cadres photo gisait sur le sol. L'image ne semblait rien avoir. Mais aucune chance de pouvoir réparer le verre. Le guitariste enfouit son visage dans son oreiller, visiblement encore à moitié endormi.
- Même pas une journée qu'il est là et il fout déjà son bordel. Cette fois, le doute est plus permis. Il te ressemble totalement.
- Hey ! C'est même pas vrai, d'abord !
Il s'assit en tailleur, les bras croisés sur son torse, boudant. Tom releva la tête, tout sourire. Il s'étira puis ramassa la photo. Il la rangea dans le tiroir du meuble, n'ayant aucune envie que l'animal ne fasse ses griffes dessus. Il se tourna ensuite vers son colocataire, qui n'avait pas changé de position. Ne pouvant pas le laisser comme ça, il se rapprocha de lui et le prit dans ses bras, les faisant tous les deux basculer en arrière. Le brun demanda, souiant lui aussi :
- A quoi tu joues ?
- C'est le câlin du matin.
- Pardon ?
- A partir d'aujourd'hui, toutes nos journées commenceront comme ça.
Bien qu'étonné, Bill approuva et lui rendit son étreinte. Aucun d'eux n'avait l'envie de bouger. Mais le chaton les rapella à l'ordre, visiblement impatient. Ils les rejoignit rapidement et se glissa entre leur deux visages, ce qui fit grogner le musicien.
- Roooo, y a même plus moyen d'être tranquille.
- Il doit avoir faim, c'est tout.
Comprenant qu'il ne bougerait pas, l'androgyne se dévoua et quitta leur cocon de chaleur, emmenant la boule de poil avec lui.
- Au fait, tu as réfléchi à un nom ?
Tom repoussa le reste de couvertures et se redressa. Plongé dans sa recherche, il ne vit pas son ami quitter la pièce. Lorsqu'il le rejoignit, le chaton était penché sur sa gamelle, lapant son lait. Son colocataire occupait la table, une tasse de chocolat chaud entre les mains. Il prit place à ses côtés, attrapant un bol au passage.
- Tu m'as bien dit hier qu'il était un peu comme ... un substitut.
- Plus ou moins, oui.
- Dans ce cas, je pourrais l'appeller « Honey »
- Hey !
- Ben quoi ?
- J'suis pas d'accord ! Ca c'est mon surnom ! J'me laisserai pas devancer par une boule de poils !
L'ardeur avec laquelle l'androgyne avait protesté surpris beaucoup le guitariste. Il le regarda, incrédule. Les bras croisés, la mine renfrognée, le brun avait repoussé son petit déjeuner, son appétit l'ayant apparemment quitté.
- Me faire doubler par un sac à puces. Nan mais j'hallucine.
Le musicien finit par éclater de rire face au ridicule de la situation. Il n'avait pas imaginé que cette discussion prendrait une telle tournure. Son ami n'avait toujours pas bougé d'un centimètre et se contentait de fixer un point invisible sur le mur en face de lui. Le dreadé avait du mal à expliquer ce comportement, lorsqu'une idée lui vint :
- Tu vas qu'en même pas me dire que ... tu es jaloux ?
- Pas du tout !
Et pourtant, tous ses gestes démontraient le contraire. Il sentit son coeur se réchauffer. Pour bon nombre de personne, il n'y avait pas de quoi s'emballer. Mais quand la personne que vous aimez en secret avoue à demi mots qu'il tient à vous, vous ne pouvez pas rester de marbre. Son rire se calma finalement, mais un sourire attendrit apparue. Le plus doucement possible, il rapprocha sa chaise de celle de son vis-à-vis, jusqu'à ce quelles soient en contact.
- Tu boudes ?
Il n'obtint aucune réponse. Pas découragé pour autant, il posa sa tête sur l'épaule de son voisin.
- Ne t'inquiètes pas, il ne pourra jamais te remplacer.
Bill se tourna finalement vers lui, les yeux légèrement humides. Sans un mot, il se blottit contre le torse de Tom. Ce dernier avait le sentiment d'avoir raté quelque chose. A quel moment la situation lui avait-elle échappé à ce point ? Il préféra ne pas poser de question pour le moment et lui offrit l'étreinte qu'il réclamait. Plusieurs minutes silencieuces se succédèrent jusqu'à ce que l'androgyne le repousse en douceur. Chacun repris sa place, comme si de rien n'était. La conversation se poursuivit comme si elle ne s'était jamais arrêté :
- Qu'est-ce que tu penses de Mika ?
- Pourquoi pas. Au moins, c'est pas commun.
- Aaah mais ce chat est unique ! Il lui faut donc un prénom adapté. Et puis tu me vois l'appeller Moustache, ou Minou ? C'est d'un basique ...
- Je te l'accorde. Va pour Mika !
- Adjugé !
- B & T -
Dehors, la nuit était tombée. La beauté du ciel se retrouvait gachée par la pluie. Lentement, les deux amis se faisaient à l'idée que les cours devraient bientôt reprendre. Profiter de leur dernier jour de liberté leur effleura l'esprit, mais le mauvais temps les en dissuada. Ne trouvant rien d'intéréssant à la télévision, et ne pouvant rester longtemps sans rien faire, Tom proposa alors à son colocataire de lui faire découvrir les joies de la musique. Sur le grand lit du dreadé, Bill était assis en tailleur, une guitare noire aux contours blanc devant lui. Le froid du bois glaçé l'avait tout d'abord surpris. Il explorait son instrument du bout des doigts, comme pour apprendre à le connaître. Face à lui, Tom avait lui aussi un instrument en main, prêt à commencer sa toute première leçon.
- Je ne savais que tu possédais plusieurs guitares.
- En réalité, j'en ai toute une collection. Aussi bien sèches, qu'électriques. Mais j'en amène seulement deux ici. Même si bien souvent, j'utilise toujours Ewigkeit.
- Ewigkeit ?
Le propriétaire de la chambre se mit à rougir, réalisant sa bourde. C'était bien la première fois qu'il se laissait avoir. Il aurait pu lui dire d'oublier ça, mais préféra finalement lui expliquer, une certaine gêne dans le regard :
- Tu vas sans doute trouver ça stupide ou ridicule, mais ... j'ai tout simplement donné un nom à ma guitare.
- Tu es sérieux ?
Il se contenta d'acquiescer, sous le regard ébahi de son interlocuteur. Celui-ci se reprit rapidement, conscient de l'embarras que sa réaction avait provoqué. D'un signe de tête, il l'encouragea à poursuivre :
- Tu sais, c'est pas facile à expliquer. Mais pour moi, Ewigkeit est bien plus qu'une simple guitare. C'est un peu comme ... une partie de moi. Je n'arrive pas vraiment à la considérer comme un simple objet.
Le brun se mordilla la lèvre inférieure, réfléchissant à cet aveu. Il ne parvenait pas vraiment à voir où son ami voulait en venir. Mais le sourire qu'il affichait lorsque son regard se posait sur elle lui en disait bien plus que tous les mots. Il lui accordait tout simplement une valeur particulière, et souhaitait montrer à quel point elle était importante à ses yeux. Voulant prouver qu'il n'était pas indifférent, il poursuivit de lui même :
- Et celle que tu me prêtes, elle a un nom ?
- Oui. Elle s'appelle Unendlichkeit.
- C'est magnifique.
Un regard reconnaissant lui répondit, le remerciant silencieusement de ne pas avoir fait de commentaire. Plus jeune, lorsqu'il parlait musique avec d'autres enfants, tous se moquaient de lui, trouvant cette idée plus que bizarre. Pourquoi prendre la peine d'affubler un nom à un objet inerte ? Mais lui ne voyait pas les choses de ce point de vue. L'androgyne observa son vis-à-vis, intrigué par ses gestes. Ses attouchements semblaient devenir caresses. Tout se faisait en douceur, sans mouvement brusque. Comme s'il la respectait. Lui-même se mit à effleurer son instrument, cherchant à comprendre d'où venait le sourire qu'affichait le musicien. Un léger frisson le parcouru. Comme si un premier contact avait été établit. La guitare a besoin d'un homme pour montrer le meilleur d'elle même. Mais pour ça, elle doit lui faire confiance, s'abandonnant à lui. Une douce chaleur entoura son coeur lorsqu'il laissa ses doigts frôler les six cordes, provocant un son légèrement grave. Il avait la sensation de pouvoir exprimer chaque sensation, chaque sentiment, uniquement avec des notes.
- On commence ?
- C'est toi le prof.
- Je ne vais pas te demander d'apprendre le solfège, ou le nom de chaque accord. De toute façon, même moi je ne connais pas tout ces trucs qui ne servent pas à grand chose. On va juste essayer de produire quelques trucs potables, ok ?
L'élève hocha la tête de haut en bas. Son maître improvisé lui intima de prendre sa guitare en main. Il lui demanda ensuite de positionner ses doigts. Son index sur la deuxième corde de la première case, en partant du bas du manche. Son majeur sur la troisième corde en partant du haut, et dans la deuxième case. Et enfin, son annulaire sur la deuxième corde en partant du haut, dans la troisième case. Bill du s'y reprendre à plusieurs fois, n'ayant pas l'habitude d'écarter autant les doigts. Une fois en position, Tom lui demanda de frotter le médiator sur les cordes avec sa main libre. Une note en sortie finalement, résonnant quelques secondes avant de s'éteindre.
- C'est ce qu'on appelle un accord en DO. Maintenant, on va voir le MI.
La leçon se poursuivit, l'androgyne s'appliquant comme jamais. Les explications simples et claires lui donnaient l'impression de pouvoir tout réussir. Les accords se suivirent, ne donnant rien de bien concret pour l'instant. Au bout d'un moment, le musicien enchaîna les MI , DO, LA mineur et SOL qui formèrent une courte mais très jolie mélodie. Impressioné, son élève voulu l'imiter. Sa difficulté à enchaîner rapidement les accords le conduisirent à produire un assemblage de sons plus ou moins convaincants, ce qui provoca un fou-rire. Une fois calmé, il réitéra les mêmes gestes encore et encore, prenant plus d'assurance et de vitesse. Finalement, il ne lui fallut pas plus d'une demie heure pour être capable de reproduire la mélodie. Fier de lui, il reposa l'instrument, voulant faire une pose.
- Tu te rends compte ? J'y suis arrivé ! J'en reviens pas !
- Tu vois, c'est pas si dur que ça.
- Mouais. Mais je serai jamais à ton niveau.
- Ca dépend. Si tu t'entraînes, ça peut toujours se faire. Mais bon, je te vois mal surpasser le grand, le merveilleux Tom Kaulitz !
Prenant éxagérement la pose, il fixa son vis-à-vis, un faux air méprisant collé au visage. Un oreiller utilisé comme projectile lui fit perdre ses moyens et les entraîna dans un autre fou-rire. Reprenant une respiration normale, le musicien fit de nouveau chanter son instrument. Bill se contenta de l'observer en silence. Lorsqu'il jouait, Tom lui paraissait totalement différent. Plus rien se semblait pouvoir l'atteindre. Ni les soucis, ni les tracas de la vie. Il n'y avait plus que lui et Ewigkeit.
- Tu veux que je te montre un autre morceau ?
Le brun grimaça faiblement, regardant le bout de ses doigts rougis par les cordes. Ce n' était pas si évident que ça d'appuyer sur ces morceaux de fer. Il lui faudrait un certain temps et beaucoup d'entraînements pour s'habituer et ne plus ressentir ce désagrément.
- Je crois que ma carrière va s'arrêter là pour ce soir.
- Comme tu veux.
Le guitariste se leva et rangea ses deux instruments, avec une grande délicatesse. Pas un objet ne les frola. Il revint finalement sur son lit et prit son ami dans ses bras. Celui-ci laissa échapper un léger rire. Même si Tom était très démonstratif avec lui, ça n'avait jamais été à ce point. Tout devenait prétexte à une étreinte. Il demanda, un brin taquin :
- C'est le câlin du soir, c'est ça ?
- Exactement.
Ils restèrent plusieurs minutes sans parler, appréçiant simplement le contact de l'autre. Le guitariste jouait négligeamment avec une mèche brune, provoquant sans le vouloir des frissons de bien être chez son colocataire. Celui ci commençait doucement à se laisser emporter par le sommeil. Profitant du silence, il repensa à leur première rencontre. Rien ne présageait qu'ils puissent s'entendre. Et pourtant ils étaient là, s'enivrant de la présence de l'autre. Ils se chamaillent pour des broutilles, s'échangent des noms d'oiseaux, mais le rire de l'un entraîne toujours celui de l'autre.
- Tu sais Darling, j'aurais aimé avoir un grand frère comme toi.
De simple mots, comme on voudrait en entendre plus souvent. Qui rassurent, qui nous font du bien. Mais pour Tom, tout est différent. C'est comme un poignard en plein coeur. Parce que lui, il a beau essayer, il ne pourra jamais le voir comme un simple membre de sa famille. Ce qu'il ressentait est bien plus beau. Bien plus grand. Et puis il y avait aussi ... « ça ». Cette chose, ce secret qui lui pesait depuis qu'il l'avait appris. Il resserra son étreinte encore plus, comme pour ne pas laisser s'envoler ce petit animal sauvage qu'il a eu bien du mal à apprivoiser. Le brun s'en rendit compte mais ne dit rien. Aurait-il fait un faux pas ? Le musicien enfouit son visage dans le cou de son amour secret. Ses mains s'agrippèrent désespérément à lui. Bill avait remarqué le changement d'atmosphère. Sa phrase aux apparences anodines avait visiblement éveillé un souvenir douloureux. Depuis son retour, il sentait bien que quelque chose préoccupait son ami. Connaissant son caractère parfois impulsif, il ne savait pas comment aborder le sujet sans le braquer. Mais Tom ne semblait pas enclin à lui parler. Lorsqu'il sentit de petites goutelettes se frayer un chemin sur sa clavicule, il ne pu taire ses questions plus longtemps. Il l'écarta de lui tout doucement, ne voulant pas lui donner l'impression qu'il le rejettait. Le guitariste se sépara à contre coeur. Deux doigts sous son menton lui fire relever la tête. Son regard bien qu'embué distingua parfaitement les deux prunelles inquiètes.
- Pourquoi tu ne me parles pas, Tomi. Déjà hier tu n'allais pas bien. J'aime pas te voir comme ça.
Il se mordit la lèvre inférieure, indécis. Il savait qu'il pouvait tout lui dire. Mais lui-même n'était pas sûr d'en avoir envie. En parler reviendrait à accepter cette vérité. Et ça, il avait du mal à le faire. Des années remises en cause. Des phrases, des gestes qui désormais prenaient un tout autre sens. Il avait l'impression que sa vie était battie sur le mensonge.
Mais résister à ces yeux suppliants relevait de l'impossible. Lentement, il se laissa de nouveau glisser contre son ami, recherchant à la fois du réconfort et du courage. Oui il allait lui dire. Parce qu'il ne pouvait pas lui mentir aussi sur ça. Les caresses prodiguées sur son dos le calmèrent un peu. Ses larmes ne s'asséchèrent pas mais se firent un peu moins nombreuses.
- J'ai ... c'était ...
Il soupira. Les mots se bousculaient dans sa tête. Il ne parvenait pas à faire le tri, à s'organiser pour être le plus compréhenssible possible. L'androgyne rapprocha leur deux corps et l'insita à s'allonger. Le silence règna plusieurs minutes. Aucun des deux n'aurait su dire combien de temps. Et finalement, le musicien inspira puis se lança :
- C'était le vingt-quatre décembre. Comme tu le sais, j'étais avec ma famille pour les fêtes. Tout se passait comme d'habitude. On m'ignorait, me mettait à l'écart. Mais je ne m'en plaint pas. Au moins ça m'évite de les écouter raconter toutes leurs conneries. Ce soir là, je suis monté sur le toit pour t'appeller. Tu n'imagines pas combien j'étais heureux. Mais quand je suis redescendu, Ava, ma cousine, ma pris à part. Elle avait profité de l'euphorie provoquée par le déballage de cadeaux pour venir me rejoindre.
Il perdit son sourire dès qu'il vit la jeune fille. Son air sérieux l'inquiéta. Sans un mot, elle l'entraîna dans le grenier qu'il venait tout juste de quitter. Une fois certaine que personne ne viendrait les déranger, elle s'assit sur le premier carton venu, lui demandant de faire de même. Elle tortillait nerveusement ses doigts, hésitante.
- Tom, il faut que je te dise quelque chose.
- Tu me fais limite peur, tu sais ? C'est si grave que ça ?
- Oui. Enfin non. J'en sais rien. Ça va dépendre de toi.
Désormais sûre d'avoir toute son attention, elle prit ses mains dans les siennes. Elle inspira longuement, tentant de se donner du courage. Elle savait que cette révélation pourrait lui faire mal. Mais elle considérait qu'il avait le droit de savoir. Fuyant son regard, se concentrant sur un point invisible, elle commença son récit :
- C'était il y a quelques jours. Ma mère était dans la cuisine et emballait les cadeaux pour toute la famille. Ta mère était là aussi. Elles discutaient de tout et de rien. Je crois ... qu'elles ne savaient pas que j'étais là. En fait, j'ai voulu aller me chercher un encas quand je les ai entendu. La porte était ouverte. Je me suis plus ou moins cachée, et je les ai écouté.
La jeune fille marqua une pose. Elle était consciente du suspence qu'elle provoquait sans vraiment le vouloir. Mais elle-même avait été secouée par la nouvelle alors qu'elle n'était pas la principale consernée. Elle passa ses mains sur son visage, ayant soudainement l'envie de retourner en arrière et de se taire sur toute cette histoire. Mais par respect pour lui, elle irait jusqu'au bout.
- Ta mère a commencé à parler d'avant. De son premier noël avec son mari. Et de ... et de ses enfants.
Elle marqua un temps d'arrêt, attendant que la nouvelle face son chemin. Elle vit les sourcils de son cousin se froncer, cherchant à comprendre.
- Attends, y a un truc qui cloche, là. Comment elle aurait pu parler de « ses » enfants, alors qu'elle n'a que moi ?!?
- Je ...
Elle se leva et commença à faire les cent pas. Rien n'allait comme elle l'aurait voulu. Et puis elle considérait que ce n'était pas à elle de lui parler de tout ça. Elle avait beau retourner ses phrases dans tous les sens, aucune formulation ne permettait d'adoucir le choc de la nouvelle. Elle commença à s'énerver toute seule. Contre elle-même, et surtout contre sa tante. Et son cousin qui la suppliait en silence ...
- Tom. Je suis désolée de t'annoncer ça comme ça mais ... Tu as un frère. Jumeau, qui plus est.
- PARDON ?!?
Elle était lancée, alors autant continer. Elle lui raconta tout ce qu'elle avait entendu, mais aussi tout ce qu'elle avait appris en fouillant chez elle. Elle avait voulu connaître toute l'histoire, alors s'était mise à faire tous les albums photos, les journaux intimes de sa mère, ... Elle avait progressivement déterré tous ces secrets que leurs parents avaient enfouit au plus profond de leur mémoire et de leurs cartons. La naissance de jumeaux, les disputes qui s'enchaînaient pour un rien, leur décision de se séparer, ... elle lui faisait part de toutes ses découvertes. Elle vit Tom changer de couleur et d'expressions plusieurs fois. L'incompréhenssion, la révolte, la tristesse, ... Il comprenait enfin la raison de ce vide au fond de lui.
- La seule chose qu'elle n'a pas trouvé ... c'est son prénom.
Tout était dit. Il n'avait d'ailleurs plus la force de prononcer le moindre mot. Ses larmes avaient de nouveau envahi son visage. Ses mains crispées sur les vêtements de son colocataire refusaient de les lâcher. Bill ne bougeait pas, les yeux écarquillés. Jamais il n'aurait imaginé une telle chose. Il aurait voulu prononcer des paroles réconfortantes, lui dire que tout s'arrangerait. Mais lui-même n'y croyait pas. Alors il le serra encore plus fort contre lui, entremélant leurs jambes, semblant vouloir se fondre ensemble. Sa voix n'était qu'un murmure lorsqu'il demanda enfin :
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
- J'en sais rien. Peut-être ... essayer de le retrouver.
- J't'aiderai, Darling. J'te le promets.
Il caressa la joue de son vis-à-vis du bout des doigts, effaçant les dernières larmes. Lentement, il se rapprocha de ses lèvres et y déposa les siennes, comme pour sceller sa promesse.
Pour ceux et celles qui ne sont pas familliés avec l'allemand, Ewigkeit signifie "éternité" et Unendlichkeit signifie "infini".
Pour la petite info, sachez que ceux deux guitares existent vraiment :)
Petit jeu !!!
La mélodie que Tom apprend à Bill n'a pas été faite au hasard.
Il s'agit des quatre premiers accords d'une de leurs chansons.
A vous de me dire laquelle ! ;)
