Catégorie: Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : Dans mes rêves j'y crois ...
Note de l'auteur : Qui sait qui vous poste un chapitre au lieu de faire son exposé prévu pour demain ? C'est moi ! XD Clovis commence à me sortir par les trous des orbites des yeux, c'est pas ma faute U.U Donc ... pose twincest ! XD
Deux frères, deux mondes
Chapitre 23 : Premiers souvenirs
Il ne comprenait pas le pourquoi de ces flashs m ais plus il y réfléchissait et plus une idée saugrenue s'insinuait dans son esprit : et si ces images étaient en réalité des souvenirs ? Il n'imaginait pas que Tom se laisserait faire en pareille situation. Mais à ce moment-là, s'ils étaient tous les deux inconscients de leurs actes, qui sait ce qu'ils avaient pu faire ? Le fait que son ami ne lui en ai pas parlé le faisait cependant douter. À sa place, n'importe quel hétéro aurait laissé parler sa fureur. C'est en tout cas ce que lui aurait fait. Ses suppositions et ses hypothèses ne le menaient à rien. Il songea donc que le mieux était de se renseigner auprès du principal concerné.
Bien décidé à obtenir ses réponses, il se rendit au salon. Son colocataire s'y trouvait, tenant un grand sac poubelle dans une main, ramassant tout ce qui traînait par terre de l'autre. L'inconvénient de ce genre de soirée était que les invités ne restaient jamais pour aider à ranger. Visiblement Georg et Gustav ne se donneraient pas cette peine, cette fois. Bill commença à ramasser les bouteilles d'alcool vides, espérant remettre rapidement un peu d'ordre dans cette pièce. Il imagina, l'espace de quelques secondes, le visage qu'afficherait sa mère si elle voyait l'état de leur salon. Sa réaction aurait sûrement été disproportionnée, ce qui le fit rire intérieurement. Il avait plus d'une fois constaté à ses dépends que Julia avait des tendances maniaques en ce qui concernait le ménage.
- Tu as trouvé de l'aspirine pour ton mal de crâne ?
La voix du musicien le sortit de ses pensées. Il se tourna vers lui et répondit négativement. Préoccupé par ses questions, il en avait oublié son mal de tête. Il vit Tom délaisser son bazar et se rendre dans la salle de bain. Les bruits qui parvinrent jusqu'au salon indiquèrent à l'androgyne que le guitariste retournait le contenu de l'armoire à pharmacie. Il revint finalement, une boîte de comprimés en main. Il la lui lança et le brun ne dû sa réception qu'à ses réflexes.
-Avec ça t'as pas besoin d'eau. Essaie de ne pas t'étouffer en l'avalant, je n'ai que moyennement envie de te faire du bouche à bouche !
Sa propre phrase le fit rire, mais Bill se contenta d'esquisser un sourire un peu forcé. Il avala rapidement l'un des petits cachets blancs. Son goût amère le fit grimacer. Il recommença à récupérer les bouteilles en verre tout en se disant qu'il devrait peut-être boire moins lors de leur prochaine fête. Il n'était pas certain de pouvoir supporter d'autres migraines comme celle-là. Il avait l'impression que sa tête allait exploser, et ses réflexions ne l'aidaient pas à se sentir mieux.
Tom ne semblait pas gêné par le silence qui s'était installé entre eux mais le brun avait la sensation que l'ambiance était lourde. Tout ceci ne venait probablement que de lui, mais il ne supporterait pas cette situation bien longtemps. Il fallait qu'il ait le dernier mot sur cette histoire. Il inspira profondément pour se donner du courage et commença son interrogatoire :
- Euh ... Darling ?
- Hum ?
- Dis-moi ... Hier soir est-ce que j'ai ... fait quelque chose que je n'aurais pas dû ?
Le musicien se tourna vers lui et leva les yeux au plafond, semblant réfléchir à sa réponse. Bill ne su pas s'il devait se sentir un peu plus léger ou non. S'ils avaient vraiment passé la nuit ensemble, il était en droit de penser que son supposé amant d'une nuit aurait paru un peu plus embarrassé. Le sourire sadique qu'affichait à présent son vis-à-vis ne le rassura pas, mais pour une toute autre raison. Connaissant les effets de l'alcool sur lui, l'androgyne redoutait le pire :
- Vas y, balance. Histoire qu'on en finisse vite.
Tom délaissa son sac et ses détritus puis s'installa nonchalamment sur le canapé, un air supérieur collé au visage. Il fixa son ami dans les yeux, cherchant visiblement à provoquer en lui le plus de doute possible. Il mit finalement fin à cette douce torture, son sourire sadique toujours sur ses lèvres :
- Tu veux parler de la merveilleuse et longue chenille que tu as faite dans toute la résidence ou bien de la Macarena que tu dansais en plein milieu du salon ?
Le rouge lui monta aux joues tandis que ses paupières se fermèrent par automatisme. Il ne s'attendait vraiment pas à ça. Il savait qu'en état d'ébriété il capable de tout, mais de-là à faire ça, il y avait un gouffre.
- Pitié, dis-moi que tu me charries.
Relevant la tête, il croisa les iris moqueuses de son colocataire. Celui-ci se mordait la lèvre inférieure, se retenant visiblement de partir dans un fou-rire. Accablé, Bill poussa un soupir exagérément désespéré. Cependant il reprit bien vite son sérieux et commença à jouer nerveusement avec ses doigts. Il ramassa les objets qui se trouvaient à ses pieds, refusant désormais de croiser le regard de son interlocuteur :
- Ce n'est pas vraiment à ça que je pensais.
Le guitariste fronça les sourcils, cherchant à voir où voulait en venir son ami. De ce qu'il se souvenait, il n'y avait rien de spécial à souligner. L'image de cette blonde accrochée à la bouche de l'androgyne lui traversa l'esprit mais il était hors de question qu'il lui remémore cet épisode :
- Non, je ne vois pas ce que tu as pu faire d'embarrassant.
- Pas forcément embarrassant mais ... disons, surprenant ?
- J'vois pas bien la différence.
Les épaules du brun s'affaissèrent. Tom ne lui facilitait pas la tâche. Peut-être ne s'en souvenait-il pas ? Ou bien peut-être que tout ceci était bel et bien le fruit de son imagination, même s'il ne voyait pas ce qui aurait pu le conduire à rêver d'une telle chose.
- Honey, si tu sais où tu veux en venir, n'y va pas par quatre chemins.
Le cœur du musicien s'était mit à battre plus vite lorsqu'il comprit qu'il se trouvait désormais sur une pente glissante. Il avait espéré ne pas avoir cette conversation, mais visiblement il n'avait pas été aussi chanceux que la dernière fois. Il baissa la tête, trouvant un certain intérêt à ses chaussures. Sans lever les yeux, il se redressa et recommença a déblayer le sol. Il pouvait sentir le regard de son ami sur lui, ce qui le mettait mal à l'aise.
De son côté, Bill ne savait plus s'il devait ou non se lancer. S'il avait simplement rêvé tout cela, le guitariste risquait de prendre peur en pensant qu'il fantasmait sur lui. Mais ne pas connaître la vérité finirait par le rendre fou. Il passerait les prochains mois à observer son colocataire, guettant le moindre geste, le moindre petit détail qui lui dirait que tout cela n'était pas simplement le fruit de son imagination. Il n'avait jamais manqué de courage mais parler à cœur ouvert était plus difficile que de se battre contre un adversaire deux fois plus imposant que lui. Il chercha le regard de Tom mais celui-ci gardait obstinément la tête baissée. Il inspira profondément puis se lança finalement, décidé à jouer carte sur table :
- Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre toi et moi hier soir ?
Le ton était calme et posé, comme s'il s'était fait à cette idée. C'est du moins l'impression qu'avait le musicien. À l'entente de cette phrase, ses mains s'étaient crispées et tout son corps s'était tendu. Avec un peu de chance, l'androgyne n'aurait rien vu.
- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
Il maudit sa voix qui trembla légèrement. Lui qui se voulait convaincant, il était plutôt mal parti. Bill soupira, partagé entre déception et agacement. Le comportement de son vis-à-vis était en contradiction avec ses paroles, signe qu'il lui mentait. Il sentait qu'il commençait doucement à s'énerver :
- Darling. La vérité, s'il te plaît.
- Mais je te l'ai dis, il ne s'est rien passé.
- Alors pourquoi j'ai ces putains d'images en tête ?!?
Le musicien osa enfin croiser le regard de son interlocuteur. Il rencontra deux prunelles presque furieuses alors que les siennes reflétaient probablement la peur. Si cette fois son ami se souvenait, il ne pourrait pas continuer à nier encore bien longtemps. Son esprit imaginait déjà les divers scénarios qui pourraient découler de cette conversation. Devant l'impatience de l'androgyne, il comprit que celui-ci attendait visiblement un signe de sa part.
- Et ... tu vois quoi, exactement ?
Il ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, plus vraiment sûr de ce qu'il allait dire. Si jamais il n'avait fait que rêver tout ça, il ne pouvait pas lui avouer qu'il se voyait avoir ce genre de relation avec lui.
- Je nous vois, toi et moi. En train de faire quelque chose qu'on ne devrait pas.
Tom eut l'impression que son cœur volait en éclat. L'espace de quelques secondes, il se demanda si son colocataire ne l'avait pas entendu. Sous la douleur, il faillit porter la main à son torse mais se retint de justesse. Hors de question de laisser paraître la moindre émotion. Il détourna finalement le regard et reporta son attention sur son ménage. Cette simple phrase l'avait secoué bien plus qu'il ne l'aurait cru. Si l'on en croyait Bill, une quelconque relation entre eux était à exclure. Il n'y avait aucun dégoût dans ces propos mais le ton était catégorique. Et cela faisait mal. Bien plus que ce à quoi il s'attendait. Sa gorge se serra et sa vue devint floue. Il inspira calmement, tentant de retenir ces larmes qui ne demandaient plus qu'à s'enfuir.
- Tom.
Il ne répondit pas tout de suite, peu sûr de l'assurance de sa voix. Ses épaules s'affaissèrent tandis qu'il se résignait doucement. Il avait encore une chance de s'en sortir et de ne pas perdre cette amitié s'il s'y prenait bien. Tout plutôt que ne plus rien représenter aux yeux de l'androgyne. Sans le regarder, il prit un air détaché et lança :
- J'aurais préféré ne pas en parler, mais oui il s'est bien passé quelque chose.
Le brun sentit son cœur battre plus vite. Il ne savait plus si c'était par espoir ou par anxiété. Il attendit la suite, voulant savoir jusqu'où son rêve avait reflété la réalité. De son côté, Tom n'avait plus qu'un objectif : limiter les dégâts le plus possible. Avouer une partie de la réalité, mais cacher le plus dangereux. Le plus susceptible de le faire fuir. Ce ne serait même pas mentir. Lors de leur dernière soirée, il n'avait rien fait de déplacé. Ayant repris le contrôle sur ses émotions, il se tourna de nouveau vers son ami :
- C'était juste un baiser, d'accord ? On était totalement bourrés, on savait plus ce qu'on faisait et on a finit par s'embrasser. Fin de l'histoire.
Bill ne comprit pas la raison de cette déception qui avait prit possession de lui. A quoi s'attendait-il d'autre ? Lui-même ne le savait pas. Savoir qu'ils n'étaient pas aller plus loin le rassurait. Croisant les prunelles anxieuses de son ami, il réalisa que ce dernier attendait sont jugement.
- Je suis désolé. J'te l'ai dit la dernière fois, je n'arrive pas à me contrôler quand je suis dans cet état.
- C'est pas grave. Après tout, ce n'était pas grand chose.
- Tu as raison. Mieux vaut oublier tout ça et passer à autre chose. Excuse-moi d'avoir insisté à ce point mais ça me perturbait.
- Je comprends.
Le musicien lui tourna de nouveau le dos. Il se remit à sa tâche sans grande conviction. Cette fois, malgré ses efforts, les larmes se frayèrent un chemin jusqu'au bord de ses yeux et dévalèrent ses joues en silence. Il ne pensait pas que cela ferait si mal de simplement nier la vérité.
Le second propriétaire des lieux le fixait, hésitant encore. N'y avait-il vraiment eu qu'un simple baiser ? Malgré ces paroles, il ne se sentait pas vraiment mieux. Parce que si effectivement il n'y avait eu que ce petit écart entre eux, cela n'expliquait en rien le rêve qu'il avait fait. Il délaissa ses bouteilles vides et son rangement puis se dirigea vers sa chambre. Il attrapa son portable posé sur sa table de chevet et se laissa tomber sur son lit. Il fallait qu'il appelle Sam.
- B & T -
Tom se sentait perdu. Depuis leur conversation, Bill n'était pas ressorti de sa chambre. Il ne savait pas depuis combien de temps il contemplait la porte de cette pièce où son ami s'était enfermé. Deux heures ? Peut-être plus ? Toute notion du temps et de l'espace semblaient l'avoir fuit. Il gardait les yeux fixés sur ce morceau de bois qui détenait la personne à qui il tenait le plus. Il se maudissait de n'avoir pas été assez fort pour nier les propos de l'androgyne. S'il avait su faire face, ils n'en seraient pas là, si proches et pourtant si loin. Cet étrange vide qui avait disparu avec l'apparition de Bill dans sa vie semblait être revenu. Il avait l'impression d'être incomplet, comme s'il lui manquait une partie de lui-même.
Il devait bien avouer qu'il ne comprenait pas comment ils avaient pu en arriver là. Au fur et à mesure qu'il avait découvert le monde et les habitudes du brun, rien ne laissait paraître une quelconque homophobie, bien au contraire. Bill ne semblait pas s'arrêter à ces choses-là, cherchant toujours à voir au delà des apparences. Cette pensée le fit sourire tristement. S'il repensait à leur début, il ne pouvait pas dire que l'androgyne s'était montré très tolérant avec lui.
Chassant l'unique larme que laissèrent échapper ses yeux, il se leva finalement, renonçant à attendre que son colocataire sorte enfin. Il le savait suffisamment borné pour y passer plusieurs jours s'il le fallait. Il avait décidé de le fuir, alors Tom était certain de ne pas le croiser tant qu'il ne serait pas prêt à l'affronter. Il s'empara de sa veste, jeta un dernier regard vers la chambre de son ami puis franchit la porte d'entrée, le cœur lourd. Dans les couloirs de la résidence, il s'arrangea pour ne croiser personne. Il n'avait pas envie d'expliquer ses yeux rougies d'avoir trop pleurer.
La nuit tombée l'enveloppa de son manteau sombre, le cachant aux regards des gens. La tête basse, il ne prêta pas attention aux personnes qui l'entouraient. Il marchait lentement dans les rues de la ville, sans vraiment savoir où il allait. Ses pas rencontraient le bitume couvert de neige, produisant un crissement à chaque fois. Le cœur serré, il songea que ces crissements étaient comme les hurlements qu'il ne pouvait laisser sortir lui-même. Ceux qui étaient enfouit au plus fond de lui et qu'il refusait de laisser sortir. Montrer que cette histoire le touchait n'était pas la meilleure chose à faire s'il voulait prouver à son colocataire que cette mésaventure le laissait indifférent. Il n'avait plus qu'à attendre, et prier. Il n'avait jamais cru en Dieu, mais il était prêt à tout essayer si cela pouvait arranger la situation.
- B & T -
Malheureusement pour Tom, son cauchemar continua le lendemain. Lorsqu'il s'était levé, son ami avait déjà déserté l'appartement. C'était la première fois qu'il devait se rendre en cours sans avoir eu son habituel câlin du matin et cela l'affecta bien plus qu'il ne l'aurait cru. Lorsque Gustav et Georg vinrent le chercher, il n'eut pas le courage de tout leur expliquer. Il ne voulait pas se replonger dans ses souvenirs et revivre cette scène encore une fois.
Il passa sa journée dans un état second. L'androgyne ne le regardait pas, ne lui parlait pas. Et pourtant il s'asseyait encore à ses côtés aux différents cours. Le musicien ne comprenait plus rien. Pas une seule fois il ne parvint à croiser les prunelles marrons de son ami. C'est à ce moment-là qu'il réalisa à quel point il était devenu dépendant de Bill Harkins. Il comprit également à quel point, avant que son Honey ne rentre dans vie, son existence était morne et triste. Il se contentait de vivre, voire de survivre. Il n'avait pas de but, il se demandait même parfois pourquoi il prenait la peine de se lever le matin. Il n'était qu'une machine bien réglée qui répétait inlassablement les mêmes mouvements. Et aujourd'hui tout recommençait. Afficher un faux sourire, donner le change, faire semblant que tout allait bien.
Inconscient à tous ces tourments, un certain brun était plongé dans ses pensées, comme s'il cherchait à démêler le faux du vrai. Peut-être espérait-il débloquer sa mémoire et accéder aux souvenirs de cette soirée. Il savait que c'était là, quelque part dans sa tête. Il en était persuadé. Mais le chemin qu'il empruntait était toujours sans issue. Déconnecté de la réalité, il ne vit pas la journée passer. Le soir venu, il s'enferma de nouveau dans sa chambre et s'allongea sur son lit. Il ne savait même pas ce qui le dérangeait le plus. Avoir passé la nuit avec Tom ou le fait de ne plus s'en souvenir ? Plus il réfléchissait et moins les choses lui paraissaient claires.
Une petite boule de poils le fit sursauter. D'abord surpris, il reconnu Mika qui semblait l'interroger du regard. Sa petite présence chaude le calma légèrement. Depuis hier, il s'enfermait dans sa solitude et il devait bien admettre qu'un peu de compagnie, même silencieuse, lui faisait du bien. Machinalement, il se mit à caresser l'animal sur le haut de son crâne, entraînant presque instantanément un concert de ronronnements.
- Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
- Pas grand chose, hein. Tu n'imagines pas la chance que tu as.
Une note de musique vaguement hésitante attira son attention, chassant au loin ses tracas. Une autre suivit, puis encore une. Jusqu'à ce qu'une douce mélodie résonne dans l'appartement. Cela ne pouvait provenir que de son colocataire. Oubliant ses questions, il se concentra sur les sons. Il avait l'impression que le guitariste cherchait à faire passer un message. Il écouta, faisant abstraction du reste du monde. Son cœur se serra presque aussitôt tandis que sa gorge se noua. C'était comme s'il ressentait toutes les émotions que le musicien tentait d'exprimer à travers son instrument. La tristesse se mêlait au remord, et le désespoir se faisait de plus en plus grand. Peu à peu, ses sentiments se mêlèrent à ceux que la guitare lui transmettait.
Les accords s'envolaient pour lui raconter une histoire. Celle d'un petit garçon noyé dans ce monde de grands qui a perdu l'une des rares personnes à qui il faisait confiance. La vue de l'androgyne se brouilla. Dans un geste désespéré, il cacha sa tête sous son oreiller. Il ne voulait plus entendre cette musique qui lui déchirait le cœur. Il ne voulait plus qu'on lui rappelle la stupidité de son comportement. Mais plus les notes s'insinuaient en lui, plus son malaise grandissait et moins il comprenait la raison de ses actes. Il aurait dû avoir confiance en Tom. S'il lui disait qu'il n'y avait eu qu'un baiser d'ébriété, il n'y avait pas à douter. Il n'aurait pas du laisser un simple rêve perturber ainsi son équilibre déjà précaire et détruire petit à petit cette amitié qu'ils avaient eu tant de mal à construire.
Les larmes déferlaient sur ses joues, extériorisant ainsi toute la tension qu'il avait accumulé. La musique continuait de trouver un échos en lui, le torturant un peu plus. Il revoyait tous les bons moments qu'il avait passé depuis qu'il était à Malmedy. Il avait l'impression que Tom était responsable des trois quart de ses sourires. Et lui, pour le remercier, ne trouvait rien de mieux que de douter de sa parole.
Il se redressa brusquement, faisant peur au chaton sans le vouloir. Il ne s'en soucia pas et sorti en trombe de sa chambre. Sans prendre la peine de frapper, il entra dans celle de son colocataire. Son regard se posa sur le lit, vide. Il fit le tour de la pièce mais ne rencontra que le néant. Perdu dans ses réflexions, il n'avait même pas remarqué que la musique s'était arrêtée, laissant place au silence. Il laissa échapper un soupir lasse puis essuya les perles salées qui s'échappaient encore de ses yeux.
- B & T -
Il l'avait attendu toute la nuit posté sur le sofa, tentant de garder les yeux ouverts. Il ne voulait surtout pas que le musicien lui échappe. Il n'aurait pas été étonné de le voir fuir vu la façon dont lui-même s'était comporté depuis dimanche matin. Mais Tom n'était pas rentré.
Bill s'était préparé sans grande conviction mais était bien décidé à se rendre en cours. Avec un peu de chance, son ami y serait. Il courrait presque lorsqu'il arriva devant la salle de classe du deuxième étage. Il ne prêta pas attention aux autres élèves, cherchant désespérément une tête parée d'une casquette d'où s'échappaient de longues dreads. Il tournait sur lui-même, ne voulant manquer aucun mouvement. Mais plus ses yeux scrutaient la foule et moins il y croyait. Deux mains l'agrippèrent par les épaules et l'empêchèrent de regarder derrière lui. Il tomba alors sur deux yeux bleus interrogateurs. Gustav. Le brun se dégagea un peu trop violemment et recommença à chercher. Georg lui attrapa le poignet droit et l'obligea à le regarder. Le comportement de l'androgyne n'était pas normal. Il le traîna un peu plus loin, voulant s'éloigner le plus possible des oreilles indiscrètes. Le batteur le suivit, lui aussi en quête de réponses :
- Qu'est-ce qui se passe cette fois ?
- Qui te dis qu'il se passe quoi que ce soit ?
Bill n'écouta pas la suite de leur question. Il se résigna lorsque leur professeur d'allemand passa devant eux. Visiblement, Tom n'était pas décidé à se montrer. Son regard se perdit dans le vide tandis qu'il se défit de l'emprise que le bassiste avait sur lui. La tête basse, il suivit le restant des élèves et entra dans la salle. Il rejoignit sa place habituelle, veillant à ce que personne ne prenne celle de son colocataire. Mr Gunter débuta son cours mais le brun ne l'écoutait pas. Il regardait par la fenêtre, des questions plein la tête. Lui-même avait du mal à comprendre sa réaction, alors comment pourrait-il se faire pardonner ? Ses yeux vagabondèrent dans la cour du lycée. Il ne voyait que des visages joyeux et insouciant. Il poursuivit son observation, suivant le chemin menant aux grilles de l'école. C'est là qu'il le vit. Fixant le sol, les mains dans les poches, Tom parcourait l'allée centrale. Sans qu'il ne sache pourquoi, la vue de l'androgyne se brouilla. Il continua de le suivre du regard tandis que le guitariste tournait à gauche, se retrouvant désormais au milieu de la dizaine d'arbres qui peuplaient cette partie de la cour.
Sans réfléchir aux conséquences, Bill se leva rapidement, faisant crisser sa chaise sur le carrelage. Il récupéra son sac qu'il n'avait pas encore ouvert et traversa la salle à grandes enjambées. Avant que quelqu'un n'ait pu dire quoi ce soit, il franchit la porte et la referma derrière lui avec détermination.
Il courrait lorsqu'il descendit les escaliers. Maintenant qu'il savait où se trouvait Tom, il n'était pas question qu'il le laisse filer. Sans se soucier des regards étonnés posés sur lui, il traversa la cour et se rendit à l'endroit même où le musicien s'était réfugié. Lui-même s'y était rendu à chacune de leur dispute. Cette forêt miniature avait vu la plupart de leur mésaventures, témoin silencieux de leur étrange amitié. Son ami se trouvait bien là, adossé au tronc d'un arbre, les jambes repliées contre son torse. La neige sur laquelle il se trouvait ne semblait pas le déranger plus que ça. L'androgyne s'approcha sans bruit, ne voulant pas prendre le risque de le faire fuir. Une branche craqua sous ses pas, faisant sursauter le jeune homme recroquevillé sur lui-même. La surprise disparut bien vite de ses traits.
- Ça y est, tu ne me fuis plus ?
Bill baissa la tête face aux reproches clairement visibles dans cette voix. Inconsciemment il se mit à jouer avec ses doigts tout en se balançant légèrement d'un pied sur l'autre. Malgré la situation, le guitariste ne pu s'empêcher de le trouver adorable. C'était dans des cas comme celui-là qu'il se trouvait pathétique. Il était censé lui en vouloir mais ne pouvait se retenir de fondre devant cette mine adorable. Il garda néanmoins un regard dur, refusant de céder si facilement.
- Je ... je suis désolé Darling.
- Je sais que j'ai déconné. Mais tu comprends tu es ... important pour moi. Très important. Et quand j'ai rêvé de nous en train de ... euhm. J'ai ... je ...
L'androgyne ne savait pas lui-même où il voulait en venir. Il avait juste l'impression de s'enfoncer chaque fois un peu plus. Il se laissa tomber aux côtés de son vis-à-vis et pris sa tête entre ses mains. Il avait la désagréable sensation qu'il ne s'en sortirait pas. Les idées se bousculaient dans son esprit mais aucune ne paraissait assez claire pour être exprimée. Plutôt que de chercher à les coordonner, il préféra les laisser sortir comme elles venaient :
- Je voulais pas risquer de te perdre. Tu vois, on a déjà mis pas mal de temps à en arriver là. Et j'crois bien que j'ai eu peur que ce putain de rêve ne devienne réel. J'veux pas que notre amitié parte en vrille parce que l'un de nous deux veut plus que ça. J'suis pas prêt pour ça. J'ai rien contre les gays. Y a qu'à voir certaines de mes fréquentations. Mais je suis pas prêt à aimer. Si jamais ça me tombait dessus, je crois que je partirai en courant. Tu mérites plus que ça Tom. Et je te demande pardon. J'aurais pas dû te laisser en dehors de tout ça mais je ... je voulais juste comprendre. C'est vrai, comment j'ai pu rêver de nous deux ? Y a jamais eu aucune ambiguïté ni rien. J'suis juste perdu Darling.
Sa voix mourut sous les larmes qu'il ne parvenait plus à retenir. Il ne comprenait toujours pas ce qu'il lui arrivait. Mais il savait que si Tom le lâchait, si jamais Tom décidait de tout arrêter, il ne le supporterait pas. Alors il avait choisit de cesser de se poser des questions et de continuer à profiter de la vie. Après tout, c'était ce qu'il faisait de mieux.
- J'voulais pas te faire de peine.
Le musicien ne saisissait pas tout. Il restait certaines zones d'ombre que son ami n'avait apparemment pas envie d'éclaircir pour le moment. Alors il s'en contenterait. Cependant il hésitait entre rire et pleurer. Il était heureux de savoir que Bill ne lui en voulait pas. Il ne soupçonnait même pas ses sentiments. Mais le fait de savoir que l'androgyne n'était pas apte à l'aimer le rappela à la dure réalité. Ses rêves ne seront probablement jamais rien d'autres. Et son cœur avait bien plus de mal à l'admettre qu'il ne l'aurait cru. Et pourtant, il restait toujours cette petite flamme, cette toute petite étincelle d'espoir qui se refusait à mourir. Parce que même si aujourd'hui son Honey n'était pas enclin à l'aimer, il n'avait rien laissé entendre quant à l'avenir. L'espérance était sans doute le pire des poisons. Mais il voulait s'y accrocher.
Voyant toute la détresse que dégageait le brun, il se décida à agir. Il se rapprocha silencieusement de lui, jusqu'à toucher son corps. Sans lui demander son avis, il l'attrapa par les hanches et le pris dans ses bras. D'abord hésitant, l'androgyne se laissa finalement aller contre son torse et s'agrippa à ses vêtements, faisant sourire le guitariste. Celui-ci commença à doucement caresser le dos de son ami pour calmer ses pleurs.
- B & T -
Ils venaient probablement de vivre les deux heures les plus longues de leur vie. Sitôt que la sonnerie avait retentit, Georg et Gustav s'étaient précipités en dehors de la classe. Depuis leur fenêtre, ils avaient suivit l'androgyne jusqu'à l'entrée du lycée, remerciant Tom de faire chaque fois tout un plat pour se retrouver de ce côté de la salle de cours. Ils ne savaient pas comment ils auraient pu les retrouver autrement. Ne voulant pas attirer les regards, ils ralentirent leur marche une fois qu'ils eurent quitter le bâtiment. Ils longèrent l'allée en silence, inquiets de ce qu'ils pourraient trouver au bout de leur chemin. A mi parcourt ils stoppèrent leur avancée. Des rires leur parvenaient, entraînant encore plus de questions. Les deux G échangèrent un regard avant de se mettre à courir. La stupéfaction les gagna lorsqu'ils virent Bill assit à califourchon sur Tom, tentant de lui tenir les mains au dessus de la tête. D'un mouvement de hanche le guitariste se libéra et s'écarta de son assaillant. Avec des gestes rapides et précis, il ramassa de la neige tout autour de lui et forma une boule qu'il lança à son adversaire. Celui-ci ne pu l'esquiver mais riposta bien vite entre deux éclats de rire.
Les deux musiciens les observèrent en silence, surpris au plus au point. Il y avait encore quelques heures de ça, leurs deux amis étaient visiblement encore une fois en conflit et là ils se chamaillaient comme deux gamins. Ils se sentaient perdus. Le batteur fut le premier a exprimer verbalement son incompréhension :
- Nan mais j'hallucine !
Les deux grands enfants stoppèrent tout mouvement. Bill fut le premier à se relever, libérant ainsi Tom de son emprise. Il fixa le blond, cherchant à comprendre la raison de sa réaction. Le guitariste se hissa à leur hauteur et sembla se cacher derrière son colocataire. Il avait une vague idée de ce que pourraient leur reprocher Georg et Gustav.
- Vous vous faites encore la gueule, on s'inquiète bien comme il faut puisque vous disparaissez comme ça sans prévenir et on vous retrouve à rouler dans la neige ?!? Vous vous foutez de nous, c'est ça ?
Les concernés baissèrent les yeux sous les reproches, chacun fixant ses pieds. Préoccupés par leurs propres problèmes, ils n'avaient pas réalisé qu'ils avaient bien malgré eux entraînér les deux G dans leur histoire. Voyant leur air coupable, Georg préféra intervenir pour calmer le jeu :
- C'est bon, on oublie tout et on en parle plus. Tout est rentré dans l'ordre, c'est le principal.
Les deux accusés le remercièrent du regard, ce qui n'était pas le cas du quatrième garçon. Il ne voulait que le bonheur de Tom, mais à ce rythme là, leur ami allait finir par les tuer à l'usure. Il n'était pas certain de supporter encore longtemps tous ces retournements de situation.
- B & T -
Fixant l'écran de sa télévision sans vraiment le voir, Tom se posait beaucoup de questions. Bill avait déserté l'appartement pour se rendre à Thuringe, plongeant leur habita dans le silence le plus complet. La veille ils avaient eut une longue discussion, non pas sur leur dernière dispute mais sur les révélations qu'Ava avait fait à Noël. Son Honey l'encourageait à lancer des recherches. Rien ne garantissait qu'il trouverait quoi que ce soit, mais il aurait au moins essayé. Il n'arrêtait pas de peser le pour et le contre. Le seul argument allant à l'encontre de cette recherche était la possible déception que le résultat final apporterait. Et mine de rien, cela pesait lourd dans la balance.
Bien décidé, le guitariste se leva finalement et quitta à son tour les lieux. Il longea le couloir et passa devant trois portes dans s'arrêter. À la quatrième, il ne prit pas la peine de frapper et entra. Il s'apprêtait à parler mais les mots refusèrent de sortir. Face à lui, Mood venait de s'écarter précipitamment de Georg. Tous deux affichaient une certaine rougeur au niveau des joues et semblaient fuir le regard de l'autre. Tom fronça les sourcils et examina silencieusement leurs comportements. Il était persuadé d'avoir interrompu quelque chose mais il était prêt à parié qu'aucun des deux ne l'admettrait. Il chassa ses pensées d'un geste de la main et demanda :
- Gus n'est pas là ?
Mood disparut dans la cuisine, laissant les deux garçons seuls. Le bassiste reprit contenance et répondit :
- Il est parti éplucher ses bouquins au CDI pour la prochaine disserte de philo.
- Ok merci.
Le guitariste ne s'attarda pas plus longtemps, gardant ses questions et ses sous-entendus salaces à l'égard de son ami pour plus tard. Il atteignit rapidement la bibliothèque scolaire et se mit à chercher un visage connu parmi tous les élèves répartis sur les diverses tables. Il trouva finalement son ami, caché derrière plusieurs livres de différents philosophes. Tom ne comprendrait décidément jamais comment on pouvait autant s'investir pour un simple devoir. Sans demander la permission, il s'installa en face de Gustav, attirant son attention par le bruit qu'il faisait sans s'en rendre compte. Il en prit néanmoins conscience lorsqu'il croisa le regard noir de son ami. Celui-ci soupira quand il comprit qu'il ne serait pas tranquille avant de l'avoir écouté et surtout aidé.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi cette fois ?
- Comment tu ferais si tu devais retrouver une personne disparue ?
Le batteur fronça les sourcils et leva les yeux au plafond. Sa réponse était toute prête mais il se demandait qui est-ce queTom pourrait rechercher. Il ne jouait pas en toute franchise lorsqu'il demanda :
- Pourquoi tu ne t'adresses pas à la police ? C'est leur boulot, non ?
- Oui je sais bien mais ...
Le guitariste joua nerveusement avec ses doigts, cherchant visiblement à savoir s'il devait oui ou non lui donner plus d'explications. Comme s'il pesait chacun de ses mots, il mit plusieurs minutes à répondre :
- Disons que ... la police ne s'occupe pas des cas qui ont déjà plusieurs années.
Le batteur fixa son ami en silence, analysant toutes les possibilités qu'engendrait cette réponse. Il voulu poser plus de questions mais s'abstint finalement. Il savait pertinemment que le lui demander maintenant ne servirait à rien. Il renonça pour le moment et émit une autre idée :
- Le mieux, c'est d'engager un privé.
- Tu veux dire un détective ?
- Oui. Certains sont capables de te retrouver à l'autre bout du monde.
- Tu as un nom à me donner ?
- J'te conseille Müller. C'est lui qui a aidé mes parents quand Fransiska a fugué.
Avouez que vous avez eut peur que je fasse tout partir en sucette :p Mais soyons honnête, j'peux pas tout gâcher maintenant vu comment je les ai fait ramer juste pour une histoire d'amitié xD
