Catégorie: Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. Il décide néanmoins d'arrêter de se torturer avec ses questions et reprend sa vie normalement. Pendant ce temps Tom prend son avenir en main et se lance à la recherche de son frère jumeau. »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : Vu le look de Bill en ce moment, j'ai même plus envie de le revendiquer comme ma propriété - .-" On ne me frappe pas merci XD
Note de l'auteur : Pour En retard comme d'hab', mais j'ai pas dépassé la limite que je me suis foxée u.u Bref. En parallèle, j'vous prépare un p'tit quelque chose pour le 25 décembre :) J'espère le boucler à temps !
Deux frères, deux mondes
Chapitre 25 : De Trümper à Kaulitz
Allongé sur le canapé, Bill avait finit par perdre son combat contre Morphée. Le pop-corn qu'il tenait auparavant entre ses mains s'était joyeusement étalé sur le sol. Depuis que Tom avait quitté leur appartement, l'androgyne n'avait cessé de tourner en rond. Il n'était pas parvenu à se concentrer sur ses devoirs et lire lui avait sembler impossible. Posé sur le sofa, il avait commencé à zapper de chaîne en chaîne, cherchant désespérément un quelconque programme capable de le distraire. Il s'était rapidement munis de son éternel saladier, incapable de s'empêcher de grignoter lorsque quelque chose le contrariait. Et savoir que le détective puisse refuser de s'occuper du cas de son colocataire le contrariait énormément. Il lui avait fallut s'armer de patience pour convaincre le musicien de se lancer dans la recherche de son frère perdu. Alors imaginer l'idée que le dénommé Müller puisse tout gâcher lui déplaisait au plus haut point.
Il avait vaguement regardé la télévision mais ses yeux étaient bien plus fixés sur les chiffres vert du lecteur DVD que sur l'écran. Il voyait les heures défiler, se demandant si cette longue absence était une bonne ou une mauvaise chose. Le sommeil avait finit par l'emporter sur les coups de vingt-et-une heure, mettant brièvement fin à cette attente devenue insoutenable.
Une clé tourna dans la serrure avant que la porte d'entrée ne s'ouvre. Le nouvel arrivant s'arrêta quelques minutes sur le seuil, contemplant l'androgyne endormi. Allongé sur le ventre, son bras gauche était négligemment soutenu par le sol de leur appartement tandis que son bras droit était replié sous sa tête. Mika avait profité de ce moment d'inattention pour venir se rouler en boule sur lui, calé entre les reins du brun. Tom ne pu retenir un sourire attendri. Il leva les yeux au ciel face à sa propre réaction, convaincu que quoi que fasse son ami, il ne pourrait s'empêcher de le trouver adorable.
Il referma la porte derrière lui sans faire de bruit. Il n'alluma pas la lumière, se contentant du faible éclairage que produisait la télévision. Il s'approcha du sofa et s'accroupit en face de Bill. Doucement, il replaça une de ses mèches brunes derrière son oreille. Devant cette bouche légèrement entrouverte, le musicien sentit son rythme cardiaque s'accélérer. Il secoua la tête comme pour chasser les pensées déplacées qui avaient envahit son esprit. Il observait ce garçon qui avait réussi à s'emparer de son cœur sans même le savoir. Il regarda le visage de son compagnon d'appartement, ses traits fins et réguliers, son nez droit, ses lèvres un peu trop charnues pour être tout à fait celles d'un homme et ses joues lisses, blanches et parfaites – des joues qui semblaient ne pas connaître le frottement du rasoir. Il n'avait rien perdu des longs cils savamment recourbés, ni des sourcils élégants. Devait-il le réveiller ? Connaissant l'androgyne, il avait du l'attendre depuis son départ.
Se redressant, le guitariste s'empara délicatement du chaton avant de le déposer sur le fauteuil le plus proche. Un miaulement lui répondit, comme un reproche.
- Désolé boule de poils, mais je dois m'occuper de ton deuxième propriétaire. Si je le laisse passer la nuit ici, je suis bon pour une journée de ronchonnements.
Tom se rendit d'abord dans sa chambre. Il ferma les volets et défit ses couvertures avant de retourner dans le salon. Il ôta les chaussures de son colocataire avant de le porter le plus délicatement possible jusqu'à son lit. Il se déshabilla de façon à ne rester qu'en boxer puis observa son ami quelques secondes. Il dormirait bien mieux sans ses vêtements, mais s'était prendre le risque de le réveiller. Il renonça finalement puis s'allongea à son tour sur le matelas. Il replaça les couvertures sur leurs deux corps et se laissa tomber contre ses oreillers, n'aspirant plus qu'à trouver le sommeil. Il avait cependant le sentiment qu'il manquait quelque chose. Il se tourna alors vers Bill. Il avait l'impression que ses yeux étaient obstinément dirigés sur lui. Dans son sommeil, le brun se retourna de façon à être de nouveau sur le ventre. Sa main gauche avait remonté le long de son corps pour se poser finalement près de son visage. Le musicien observa cette main, hésitant à suivre cette envie qui avait émergée en lui quelque secondes plus tôt. Comme s'il avait peur de l'effrayer, il leva doucement le bras, eut un mouvement de recul puis se saisit enfin des doigts de l'androgyne, les mêlant aux siens. Ses paupières se firent plus lourdes et, cette fois, plus rien ne semblait l'empêcher de rejoindre le royaume de Morphée.
- B & T -
Il adorait cette sensation que l'on ressentait lorsque l'esprit n'avait pas encore tout à faire regagner le corps. Il avait alors l'impression d'être dans une bulle de bonheur que rien ne pourrait éclater. Le poids de son corps lui semblait insignifiant tandis que son esprit planait au dessus de tous les problèmes. Quelque chose le tira cependant de cet état ô combien apprécié. Il se sentait observé et avait horreur de ça. Ne pouvait-on pas le laisser dormir en toute tranquillité ? La journée était à peine commencée qu'il sentait déjà l'animosité l'envahir. Il se résigna à ouvrir enfin les yeux et tomba sur deux prunelles noisettes. Son début de mauvaise humeur s'envola tandis qu'un sourire prenait place sur ses lèvres.
- Bonjour Honey.
- Bonjour Darling.
Son vis-à-vis lui rendit son sourire tout en continuant de le fixer. Comme la veille, le guitariste replaça une mèche brune qui l'empêchait d'admirer ce visage qui lui faisait face. Bill l'observa faire en silence avant de venir poser ses lèvres sur celles de son ami, comme chaque matin. Il se pelotonna un peu plus contre Tom, la tête posée sur son torse. Il voulu changer légèrement de position pour apaiser la douleur qui commençait à envahir ses hanches mais il se retrouva bloqué. Une fois de plus, ils avaient encore bougé dans leur sommeil et se retrouvaient agrippés l'un à l'autre. Le guitariste laissa échapper un petit rire avant de défaire son colocataire de son emprise. Ce dernier pu enfin changer de position mais ne se détacha pas pour autant de son colocataire. Il aurait voulu trouver les mots, les gestes, qui amèneraient Tom à se confier sans qu'il n'ait besoin de le lui demander. Il voulait savoir comment s'était passée son entrevue avec le détective privé, mais il ne se sentait pas le droit de le questionner. Cela ne le concernait pas. Dessinant des arabesques sur cette parcelle de peau qui lui était accessible, il attendait de voir si son ami voudrait ou non lui en parler. Le regard perdu dans le vide, il ne vit pas le sourire amusé du musicien. Celui-ci était prêt à parier que son petit brun aurait donné n'importe quoi pour savoir ce qui s'était passé hier soir. Il s'étonna de pouvoir déchiffrer aussi facilement son colocataire mais ne pu que remercier le ciel pour leur si grande complicité. Il avait ainsi l'impression d'être important aux yeux de l'androgyne.
- Tu meurs d'envie de savoir, pas vrai ?
Son vis-à-vis se mit à rougir, ce qui contrastait avec ses vaines protestations :
- Mais pas du tout ! J'm'en contre fous de tout ça. Après tout, c'est pas comme si c'était moi qui t'avais foutu mon quarante-et-un fillette au cul pour que tu prennes ton courage à deux mains et que tu ailles demander les services de ce Müller.
Tom se retint de rire avant de voler un nouveau baiser à son interlocuteur. Il le prit dans ses bras pour leur traditionnel câlin du matin avant d'accepter de satisfaire enfin sa curiosité :
- Tu sais, rien n'est encore fait. Il a bien voulu s'occuper de mon cas, mais vu le peu d'informations que j'ai pu lui fournir, ça ne sera pas évident pour lui de trouver quelque chose.
- Tu lui a parlé de tout ?
- Oui. Avec le plus de détails possible. Je lui ai aussi donné les photos de bébés qu'Ava avait réussit à dérober lorsqu'elle a tout découvert. On verra bien ce que ça donnera. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ...
- Que quoi ?
- C'est tellement … vague, tout ça ! Comment est-ce qu'il pourrait retrouver un homme dont on ne sait rien parmi les milliards d'habitants de cette foutue planète ? Je ne sais même pas s'il est encore à Berlin ! Je ne sais même pas s'il a quitté l'Allemagne !
- Comment ça, un homme ? Je croyais que tu voulais retrouver ton frère ?
- Oui, mais d'après Müller, il faut commencer par chercher mon cher géniteur.
Bill fronça les sourcils face au mépris que laissait transparaitre la voix de Tom.
- Cette nouvelle n'a pas l'air de t'enchanter.
- C'est juste que … je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. Il m'a séparé de mon jumeau, de l'autre moitié de moi. Il est aussi responsable que ma mère. Nous on avait rien demandé à personne ...
L'androgyne resserra son emprise sur ce corps qui commençait à trembler. À la place de son ami, il aurait été heureux de retrouver son géniteur. Il avait juste oublié, l'espace de quelques instants, que leur situation n'était pas du tout comparable.
- D'accord Tommy. D'accord. On ne se préoccupe pas de ton père. Mais pour ce qui est de ton frère, il faut que tu garde espoir. Imagine que lui aussi te cherche ? Imagine que lui aussi remue ciel et terre pour avoir une chance de te revoir ? Il faut que tu y crois, Darling.
- B & T -
Lothar Müller détourna les yeux de son ordinateur et se massa les paupières. Fixer cet écran trop longtemps lui donnait toujours mal à la tête. Évidemment, ça aurait été trop beau qu'il trouve du premier coup. Les choses auraient été tellement plus simple si Jorg Trümper avait eut un casier judiciaire. Malheureusement pour lui, il fallait croire que c'était un citoyen modèle. À ce stade de son enquête, il aurait pourtant du déjà avoir trouvé quelque chose. Il avait un nom et une photo. C'était largement plus que certains de ses précédents contrats. Pourtant il ne trouvait rien. C'était à croire que cet homme s'était volatilisé. Mais personne ne disparaissait comme ça. Il y avait forcément des traces de son passage, de sa vie. Quelque chose.
- Foutu gamin. J'aurai jamais dû accepter ce contrat.
Alors qu'il passa une main sur son visage tout en poussant un énième soupir las, la lumière sembla se faire dans son esprit. Une semaine déjà qu'il planchait sur ce cas sans jamais rien trouvé. Ses années d'expériences lui avaient enseigné que pour qu'un homme soit à ce point introuvable, c'était qu'il n'existait pas. Le privé râla contre lui-même, vexé de s'être laissé avoir si facilement. Il se leva brusquement de son siège, attrapa le dossier qu'il avait commencé à constituer et le jeta sans plus de cérémonie à la poubelle. Il devait tout reprendre à zéro. Il pesta à nouveau contre sa stupidité mais aussi contre son client qui lui avait fourni de faux renseignements. Il avait conscience d'être d'une mauvaise foi flagrante, mais il refusait de prendre toute les responsabilités. Son égo ne l'aurait pas supporté.
Il fallait qu'il parle au gamin et cela ne pouvait pas attendre. Il avait déjà perdu suffisamment de temps. Il chercha ses clés tout en multipliant les grognements. Elles étaient quelque part sur son bureau, il en était persuadé. Mais entre les vieux journaux, les post-it où étaient griffonnées des annotations que lui-même avait du mal à relire, et les feuilles volantes, il commençait doucement à perdre patience.
- Si t'étais pas aussi bordélique, aussi !?!
Il leva les yeux au ciel. Voilà qu'il recommençait à parler tout seul. Il poussa une exclamation de victoire lorsqu'il trouva enfin son trousseau, posé en évidence juste à côté de sa tasse de café. Dire qu'il l'avait laissé là pour être sur de les retrouver … Il songea une fois de plus qu'une femme de ménage ne serait peut-être pas superflu. C'est ce qu'il se répétait depuis deux ans déjà, mais les choses n'avaient toujours pas changé. L'idée qu'une étrangère puisse avoir un accès total à ses affaires lui faisait froid dans le dos. Il n'y pouvait rien s'il ne parvenait pas à avoir confiance en des inconnus.
Il verrouilla la porte après être sorti, longea le couloir de l'immeuble avant de se retrouver dehors. Il s'arrêta quelques instants sur le perron, inspirant profondément. Ce contact avec l'extérieur lui rappela qu'il n'avait pas quitté ses quatre murs depuis plusieurs jours, trop plongé dans son enquête. Il se reprit en mains puis recommença à marcher, prenant la direction du parking situé juste derrière le bâtiment. Il monta rapidement dans sa Chevrolet Impala noire. Un modèle de 1967. Les mains sur le volant, il ferma les yeux tandis qu'un sourire venait prendre place sur ses lèvres. Sa voiture était sans aucun doute la chose à laquelle il tenait le plus au monde. Sa plus grande fierté. Après ces retrouvailles silencieuses avec celle qu'il considérait comme la femme de sa vie, il sortit un papier chiffonné de la poche intérieure de sa veste. Heureusement qu'il avait prit le temps de noter l'adresse de son client. Il observa le carré de feuille quelques secondes, s'interrogeant sur la méthode à adopter. Le gamin avait lourdement insisté sur le fait que la mère ne devait absolument rien savoir de cette histoire. Une fouille de son domicile, aussi discrète soit-elle, n'était peut-être pas la solution la plus sûre. Il n'avait aucun scrupule à entrer par effraction. Après tout, cela faisait parti de son métier. Mais il valait peut-être mieux commencer par se renseigner sur les horaires de travail de la propriétaire des lieux.
Il mis enfin le contact, ce qui entraîna aussitôt le ronronnement du moteur de la voiture. Il ne connaissait pas de son plus merveilleux. Il s'engagea dans la rue principale et parti en direction du lycée Malmedy. Avec un peu de chance, il trouverait facilement le gamin une fois là-bas.
- B & T -
Une fois face aux bâtiments qui composaient l'établissement scolaire, Lothar croisa ses bras sur le volant de sa voiture avant d'y cacher son visage. Cette journée ne semblait pas vouloir s'améliorer. Ses précédentes enquêtes ne l'avaient encore jamais conduit à se rendre à Malmedy. Il n'avait donc aucune idée de ce qu'il trouverait là-bas, mais il ne s'attendait pas du tout à tomber sur quelque chose d'aussi imposant.
- Sur tous les lycées de cette foutu ville, il a fallut qu'il choisisse le plus grand.
Alors qu'il commençait à se demander si une quelconque malédiction n'avait pas été lancée sur lui, il se résigna à sortir de son Impala. Les mains dans les poches, il se dirigea vers les grilles de l'école. Une fois franchit, il s'arrêta, hésitant sur le chemin à prendre. Un bâtiment s'élevait de chaque côté, tandis qu'en face de lui se dressait ce qu'il supposait être le gymnase, s'il se fiait au grandes fenêtres disposées un peu partout le long des murs. Il avisa le poste d'accueil sur sa droite, mais faire demander un élève n'était pas la meilleure façon de rester discret. Il s'apprêtait à bifurquer à gauche lorsqu'un rire se fit brusquement entendre, attirant son attention. Provenant du gymnase, un élève courrait aussi vite que possible, semblant fuir quelque chose. Visiblement son sac à dos le gênait dans sa course, notamment lorsqu'il slalomait entre les arbres. La neige répandu sur le sol lui faisait perdre son équilibre chaque fois qu'il changeait de direction. Lothar fronça les sourcils face à cet étrange comportement. Il se posait de plus en plus de questions lorsqu'il vit un autre élève poursuivre le premier.
- Tu vas voir si j't'attrape !
Il aurait pu être pris au sérieux si son sourire ne semblait pas vouloir faire le tour de son visage. Un rire s'éleva à nouveau pour seule réponse. Il ne fallut pas longtemps au détective pour mettre un nom sur l'identité du poursuiveur. Entre les dreads et les vêtements trop larges, il reconnu sans peine celui-là même qu'il était venu voir. Il observa son client rattraper finalement le brun qu'il coursait. Se jetant sur lui, son élan les fit tomber au sol puis rouler dans la neige. Allongé sur le dos, son camarade à moitié avachit sur lui, Tom paraissait incapable de retrouver son sérieux.
Le privé pencha la tête sur le côté, comme pour analyser ce qu'il voyait sous un autre angle. Il manqua de sursauter lorsqu'il sentit un sourire naitre sur ses lèvres. Allons bon. Voilà qu'il devenait sentimental. Chassant ces étranges pensées de son esprit, il se dirigea vers les deux lycéens qui ne semblaient pas vouloir se détacher l'un de l'autre. Arrivé à leur hauteur, il lui fallut manifester sa présence par un raclement de gorge. Deux regards noisette le fusillèrent simultanément, leur propriétaire respectif n'appréciant apparemment pas d'être ainsi interrompu.
- Müller ? Mais qu'est-ce que vous faite là ?
Le privé ne releva pas, se contentant de croiser les bras. L'adolescent sembla comprendre qu'il sollicitait un entretien avec lui. Le musicien se releva avant de tendre ses mains à l'androgyne pour l'aider à se remettre sur ses pieds. Il se tourna ensuite vers l'adulte, attendant les raisons de sa présence ici. Lothar glissa un regard vers le brun, attendant visiblement qu'il s'en aille. Mais au lieu de lui demander de les laisser seuls, Tom entrelaça ses doigts à ceux de son ami, refusant de le laisser partir.
- Il est au courant de tout, vous pouvez parler devant lui.
Le détective n'appréciait que moyennement qu'une tierce personne prenne part à son enquête, mais il n'allait pas contredire celui qui signait les chèques. Avisant un banc à quelques pas, il s'y installa tout en fouillant dans les poches de sa veste à la recherche de son paquet de cigarettes. Le manque de nicotine commençait à se faire sentir. Les deux adolescents s'approchèrent mais restèrent debout, sans pour autant vouloir se décoller l'un de l'autre. L'adulte se demanda brièvement quelle était la véritable nature des relations qu'entretenaient ces deux-là. Il haussa finalement les épaules. Le savoir ne lui apporterait rien.
- J'ai passé ces sept derniers jours à traquer le moindre indice sur ton père mais je n'ai absolument rien trouvé.
Le guitariste attendait la suite, partagé entre impatience et doute. Müller ne pouvait pas être venu simplement pour lui dire ça.
- Le problème, gamin, c'est que quand je dis que je n'ai « absolument rien trouvé », c'est que je n'ai vraiment mais vraiment rien trouvé.
- Quoi, vous voulez que je vous explique comment faire votre job ?
Tom avait conscience de son ton railleur, mais il ne supportait pas le surnom que lui donnait le blond depuisleur première rencontre.
- Je ne peux pas faire du bon boulot si on me donne de faux renseignements.
- Comment ça ?
- A en croire les bases de données de la police et de l'administration, il n'existe aucun Jorg Trümper, que ce soit à Berlin ou ailleurs.
Devant la mine contrarié du musicien, il était clair qu'il ne comprenait pas comment une telle chose était possible. Il commença à jouer inconsciemment avec son pierçing, signe qu'il réfléchissait.
- Stop gamin, à réfléchir autant, tu vas finir par te faire mal. Ça peut être dangereux quand on a pas l'habitude, tu sais ?
Tom laissa libre court à ses anciens réflexes et s'apprêtait à frapper le détective lorsque deux mains entourèrent son poing. Croisant le regard de reproche de Bill, il grogna avant de lever les yeux au ciel. Les anciennes habitudes avaient la vie dure, il n'y pouvait rien. Lothar se pinça l'arrête du nez, conscient d'avoir été trop loin. Le manque de sommeil avait toujours eut des effets néfastes sur lui. Ajouté au fait qu'il avait le sentiment d'avoir perdu son temps pendant une semaine, il se sentait d'une humeur massacrante. Il jeta son mégot et alluma une autre cigarette.
- J'ai retourné le problème dans tous les sens, et après sept longs jours de galère, j'en suis venu à la certitude que ta mère a repris son nom de jeune fille lorsque tes parents ont divorcé.
Une lueur de compréhension passa dans les yeux du lycéen.
- Je pourrai entrer encore une fois dans la base de donnée de la ville, mais ça ira plus vite si je vais directement aux sources.
- C'est-à-dire ?
- Ta mère quitte son travail à quelle heure ?
Le guitariste fronça les sourcils. Il n'était pas enchanté à l'idée de savoir qu'un inconnu allait pénétrer sa maison à la recherche du moindre indice. Notamment d'un nom. Parce que c'était de ça dont il était question, il en était certain. D'un autre côté, ce n'était pas comme s'il avait quelque chose à cacher.
- En général, elle fait 8h-19h du lundi au samedi. Elle ne vit que pour son job.
Le privé acquiesça tandis qu'un plan se dessinait déjà dans son esprit. Il jeta un œil à sa montre et constata qu'il ne pourrait rien entreprendre aujourd'hui. Il ne voulait pas risquer de se faire prendre sur le fait. Il se leva, adressa un vague signe de la main aux deux adolescents puis se dirigea vers les grilles du lycée dans le but d'aller rejoindre son Impala. Ne pouvant rien faire avant demain, il décida de s'accorder un peu de repos, histoire d'être opérationnel pour sa fouille et attentif au moindre bruit suspect. Et surtout un peu moins grognon. Lui-même avait du mal à se supporter lorsqu'il était dans cet état là.
Restés seuls, les deux amis ne bougèrent pas tout de suite. Tom commençait à se poser de plus en plus de questions. Avait-il vraiment eut raison d'entreprendre ses recherches ? Cela risquait de s'avérer bien plus long que prévu, et il n'était pas certain de pouvoir attendre patiemment qu'on lui apporte quelque réponses.
- Darling ?
- Hum ?
- Tu as choisi le privé le plus bizarre que tu as pu trouver, c'est ça ?
- Honnêtement, j'ai pris celui que me conseillait Gustav. Paraitrait que c'est le meilleur. Mais il aurait pu me mettre en garde contre de son foutu caractère, ça m'aurait évité les surprises.
- B & T -
Il était garé devant la demeure des Trümper depuis cinq heures du matin. Il voulait être sûr de ne pas rater le départ de la propriétaire des lieux. On n'était jamais à l'abri d'un changement, et il ne voulait pas risquer de tomber sur une mère de famille en robe de chambre qui avait soudainement décidé de prendre une journée de congé.
Il attrapa son gobelet et grimaça lorsqu'il avala une gorgé du breuvage. Il détestait lorsque son café était froid. Il jeta un regard à sa montre et poussa un soupir de soulagement lorsqu'il constata qu'il devrait bientôt pouvoir passer aux choses sérieuses. Il fouilla dans sa boite à gant et en ressorti un paquet de bonbons en forme de crocodiles qu'il commença à manger. Il n'avait jamais réussi à se débarrasser de cette foutue habitude de gosse.
Il délaissa ses sucreries et se ratatina sur son siège lorsqu'il aperçu une femme blonde sortir de la bâtisse qu'il surveillait depuis plus de deux heures. Sa mallette dans la main gauche, son téléphone portable dans la droite, elle tentait de verrouiller la porte d'entrée comme elle pouvait. Müller sentait l'excitation le gagner. Encore quelques toutes petites minutes …
Il se retint à temps de pousser un cri de joie tout en faisant le signe de la victoire. Simone Trümper désormais officiellement partie, il pouvait commencer à fouiller chaque placard que renfermait cette maison. Il sortit de sa voiture puis s'étira. Le plus naturellement du monde, il avança en direction de la propriété. Il ne se dirigea pas vers la porte d'entrée mais fit le tour du bâtiment. Il avait pris le temps, quelques heures auparavant, de faire un rapide repérage des lieux, découvrant ainsi une entrée située à l'arrière de la maison. Une fois face à la serrure, il eut une pensée pour son grand frère qui lui avait tout appris deseffractions lorsqu'ils étaient plus jeunes. Il faudrait qu'il songe un jour à le remercier pour ça.
Agenouillé devant la serrure, il se débattit avec deux épingles à cheveux qu'il avait plus ou moins emprunté à son ex petite amie. Il répéta ses mouvements de poignet qu'il avait déjà effectué tant de fois jusqu'à ce qu'un cliquetis lui informe que le verrou avait finalement cédé face à ses avances. Actionnant la poignée, il pénétra dans ce qu'il identifia comme étant la cuisine. Certain de ne rien trouver d'intéressant entre ces quatre murs, il ne s'attarda pas plus longtemps et s'engouffra dans la première pièce venue. Des meubles parfaitement assortis entre eux, une décoration digne d'une couverture d'un magazine de mobilier, pas une trace de poussière où que ce soit, … Cette maison lui donnait froid dans le dos. Malheureusement pour lui, le salon était agencé dans la même ambiance.
- C'est dingue, ça. On se croirait dans un musée.
Il se retrouva finalement au milieu d'un couloir, deux choix se présentant à lui. Devait-il poursuivre son inspection du rez-de-chaussée ou poursuivre son investigation à l'étage ? Ses précédentes enquêtes lui avaient appris que les gens avaient tendance à garder dans leur chambre les choses auquel ils tenaient le plus. Des documents compromettant, par exemple. Et comme la majorité des entrepreneurs disposait les chambres à l'étage, le détective s'engagea dans les escaliers. La première porte qu'il ouvrit renfermait une salle de bain. Il ne trouverait rien ici, il était prêt à le parier. La pièce suivante s'avéra être la chambre de son employeur. C'est du moins ce qu'il supposa. Il n'aurait su dire pourquoi il avait franchit le seuil de cette chambre, jetant de rapide coups d'œil autour de lui. Si Mme Trümper avait quelque chose à cacher, elle ne l'aurait pas fait dans le repaire de son fils. Alors que faisait-il là ? L'envie de connaitre un peu mieux son patron du moment ? Il haussa les épaules avant de retourner à son inspection. Bizarrement, c'était la première pièce qu'il appréciait dans cette grande maison. La première qui semblait avoir une vie, une histoire à raconter. Le lit était défait, les couvertures tombant à moitié sur le sol. Départ précipité ou fainéantise ? Il balaya les murs du regard, constatant d'infime traces sombres ça et là, comme des poster que l'on aurait décroché il y a peu de temps. Lothar fut surpris de ne pas trouver les habituelles représentations de filles à demi nues présentent dans les chambres des adolescents mâles bourrés d'hormones. Les quatre guitares accrochées au mur de gauche lui confirmèrent cette impression qu'il avait eut lors de leur première rencontre. Le gamin était bien un musicien. Le bureau semblait avoir hérité du même système de fonctionnement que les étagères qui consistait à tout entasser jusqu'à ce que la pile ne s'écroule. Les seules parfaitement rangées étaient celles où reposaient des séries de bouquins qui n'avaient probablement jamais été ouvert si l'on en jugeait par la poussière qui les recouvrait. Le regard du privé fut attiré par une photo dont le verre protecteur reflétait les rayons du soleil. Elle reposait sur la table de chevet, juste à côté du lit. Comme bien des gens, Tom devait garder près de lui une photo des personnes chères à son cœur. Son attention fut détournée par la présence d'un autre livre. Le marque-page coincé entre la couverture et la première page laissait penser qu'il n'avait pas encore été lu. Ou au contraire, qu'il était déjà terminé. Le détective fut intrigué par cet ouvrage qui avait visiblement retenu l'attention de son propriétaire, là où tant d'autres avaient échoué. Comment te le dire. Ce titre lui disait quelque chose mais il ne parvenait pas à se souvenir quoi. Il se détourna finalement du livre. Il s'empara enfin du cadre, curieux. Il pensait trouver une photo de famille, comme toujours. Au lieu de ça il se retrouva face à quatre adolescents dont les sourires semblaient vouloir faire le tour de leur visage. Il reconnu son employeur actuel, ainsi que le brun qu'il coursait hier dans leur lycée. A leurs côtés, deux autres garçons. Un blond aux cheveux court, presque intimidé devant l'objectif et un châtain au cheveux déjà plus long dont les yeux semblaient vouloir charmer celui ou celle qui avait fait ce cliché.
Lothar reposa le cadre et fur surpris de voir que c'était le seul présent dans toute la pièce. Voilà donc à quoi se résumait la vie privée de Tom Trümper. Une existence bâtit uniquement en dehors du cocon familial. Il n'était plus tellement sûr qu'en savoir autant sur celui qui l'avait engagé soit une si bonne idée. Chacun à droit à son jardin secret. Et puis de toute façon, tout cela ne le concernait pas. Il quitta ces quatre murs et entra au hasard dans l'une des deux dernières pièces restante. Cette fois, il avait trouvé la chambre de la mère. Il aurait sans aucun doute plus de résultats ici. Un frisson le parcouru devant tant d'ordre et de propreté. Il ne supportait pas ces endroits tellement bien entretenus qu'ils en perdaient toute leur âme. Il fouilla rapidement dans les deux tables de chevet ainsi que dans le secrétaire, en vain. Il entreprit alors de poursuivre ses recherches dans les armoires. Il n'aimait pas particulièrement fouiner dans ses endroits là, mais ce n'était pas comme s'il avait le choix. Il commença à pester de ne rien trouver lorsqu'il remarqua, dissimulée derrière une pile de pulls, une boîte bleu pâle d'une quarantaine de centimètre de largeur. A côté était posé ce qui semblait être un album photo. Le privé s'empara des deux objets et n'y aucun scrupule à s'assoir au bord du lit. Il commença par l'album, découvrant au fil des pages les images d'une famille heureuse. Il mettait enfin un visage sur le père de Tom. Les souvenirs figés défilaient, s'attardant particulièrement sur deux bébés, avant de ne plus montrer qu'un seul enfant grandissant avec sa mère.
Lothar délaissa l'album pour se tourner vers la boîte. Il y trouva divers objets ayant très certainement une signification particulière pour leur propriétaire. Un petit écrin recouvert de velours vert foncé gardait précieusement une alliance déposée là il y a bien longtemps. Ne s'attardant pas sur les souvenirs, Müller s'empara des feuilles dactylographiées. Heureusement pour lui, il ne s'agissait pas d'une correspondance entre deux amants mais bel et bien de papiers officiels. Son regard s'illumina et un sourire de satisfaction pris place sur ses lèvres lorsqu'il trouva enfin ce qu'il cherchait. Les choses sérieuses allaient enfin pouvoir commencer.
Contrat de mariage entre
Mr Jorg Kaulitz & Mlle Simone Trümper
J'espère que les passages avec Müller ne vous barberont pas trop. Certes, ils n'apportent rien à la mise en place du couple Bill/Tom mais je les juge nécessaires pour le bon déroulement de l'histoire. J'me vois pas vous dire un beau jour : "ah tiens au fait ça y est, il la retrouvé !" Nein, très peu pour moi u.u
Brefeuuuuuh :)
