Catégorie: Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : M.

Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. Il décide néanmoins d'arrêter de se torturer avec ses questions et reprend sa vie normalement. Pendant ce temps Tom prend son avenir en main et se lance à la recherche de son frère jumeau. »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : On commence à le savoir u.u

Note de l'auteur : Un tas de petits rien qui ont fini par faire une montagne de problèmes et qui m'ont empêché d'écrire depuis bientôt quatre mois. Je suis frustrée, désespérée et grave en manque d'écriture. Ma seule lumière au bout de ce foutu tunnel ce sont les vacances d'été … Vite une corde que je me pende, je tiendrai pas jusque là.


Deux frères, deux mondes

Chapitre 26 : A deux doigts de la catastrophe

Hanovre. Voilà où ses recherches l'avaient mené. Il avait appris de nombreuses choses sur Jorg Kaulitz, ces derniers jours. Son lieu de naissance, son parcourt scolaire, l'université qu'il avait fréquenté, sa venue à Berlin, son mariage, ... ses enfants. Tout ça pour en arriver là. Il poussa un long soupir, déçu. Plus il avait trouvé de renseignements sur le disparu, plus il s'était senti près du but. L'excitation l'avait gagné au fil des jours, des heures, passées à traquer le moindre indice. Et il avait fallu d'un rien pour tout envoyer en l'air.

Son regard se posa sur la pierre tombale devant laquelle il se tenait. Il y avait cru, pourtant. Mais le hasard en avait décidé autrement. Il s'accroupit et déposa ses fleurs contre le marbre blanc. Il n'aurait pas supporté de venir les mains vides. Son éducation le lui interdisait. Devant lui se trouvait tout ce qu'il restait de Jorg Kaulitz, enterré le 2 Septembre 2001 en même temps que sa deuxième femme Olivia, après un tragique mais banal accident de la route.

Le détective se redressa et jeta un dernier coup d'œil à la tombe, comme pour vérifier qu'elle était bien réelle. Il tourna finalement les talons et se dirigea vers la sortie du cimetière. Il était désolé pour Mr et Mme Kaulitz, mais l'enquête devait continuer. Alors qu'il remontait dans sa voiture, il se demanda s'il devait informer le gamin de ses dernières découvertes. Il n'avait jamais montré de signe d'inquiétude ou d'intérêt pour son père, mais aucun enfant ne pouvait rester totalement insensible au décès de l'un de ses parents. Cette situation était la partie la moins agréable de son métier pourtant si passionnant.

Il décida de ne pas penser à cela pour le moment. Mieux valait avoir plus de nouvelles à apporter à son patron avant de retourner le voir. Pour le moment, il devait se concentrer sur Bill Kaulitz.

B & T

Il ne s'était jamais senti aussi pitoyable. Ce qu'il avait à faire n'était quand même pas si compliqué ! Seulement voilà, dès qu'il s'apprêtait à poser sa question, il perdait tout ses moyens. Tom Trümper pouvait être fier. Il était le premier à déstabiliser à ce point Bill Harkins. L'androgyne maugréa une énième fois. Il se sentait stupide. Tout simplement stupide. Les vacances de février commençaient demain soir. S'il persistait à garder le silence, il pourrait faire une croix sur son projet.

S'il voulait être honnête, Bill devait bien avouer qu'il était terrifié à l'idée que Tom refuse. Il se trouvait ridicule. Il n'était jamais question que de passer quelques jours ensemble. Oui mais voilà, si Darling refusait, le brun savait très bien qu'il s'en sentirait blessé, même si ce n'était pas le but du musicien. Il regrettait parfois d'avoir laissé le guitariste entrer ainsi dans sa vie. Tout aurait été moins compliqué s'ils étaient restés de simples colocataires. Plus simple, et sans aucun doute plus ennuyeux. Il soupira et prit sa tête entre ses mains, désespéré par ses propres pensées. Mel lui disait toujours qu'il réfléchissait trop, et malheureusement il ne pouvait pas lui donner tort.

La sonnerie stridente et répétitive du micro-onde le sortit de ses réflexions. Son pop-corn était enfin prêt. Se munissant de son éternel saladier, l'androgyne attrapa un paquet de chamallow ainsi qu'une canette de Red Bull au passage, et se rendit dans sa chambre, paré pour affronter sa géo-politique. Rien que de savoir ce qui l'attendait lui donnait envie de partir en courant. Mais s'il voulait décrocher son bac, il devrait en passer par là. Il s'installa à même le sol, en plein milieu de la pièce.

Il ne tint pas plus de dix minutes avant de balancer son manuel scolaire à travers la pièce. Il se releva en commença à faire les cent pas. Il était furieux, mais n'arrivait pas très bien à définir quelle en était la raison. Le prof et ses exercices infaisables ? Sa nullité en mathématiques ? Son j'm'en foutisme chronique pour la politique ? Sans doute un peu des trois. Il passa une main dans ses cheveux sous la frustration mais cela n'eut pour seul effet que de le décoiffer un peu plus qu'il ne l'était déjà. Il fusilla son livre du regard, maudissant celui ou celle qui avait pu inventer une telle matière.

« - Qu'est-ce que j'en ai à foutre de connaître le PIB de tel ou tel pays ! C'est sûr, apprendre tous ces putains nombres, ça va changer ma vie ! Une vraie révolution ! »

Dans un soupir, il se laissa tomber sur son lit, les bras grand ouvert. Il fixait le plafond comme s'il s'agissait de la chose la plus intéressante du monde. Il savait déjà comment cette histoire allait se finir. Comme à chaque fois, il attendrait que Tom rentre de son cours de musique. Il s'approcherait de lui le plus silencieusement possible et lui ferait sa tête de chiot battu pour qu'il l'aide à faire ses devoirs. Oui, Bill savait très bien comment faire pour obtenir ce qu'il voulait. Mais le jour de l'épreuve finale, Tom ne serait pas là. De plus, il imaginait déjà le regard triste de son ami lorsqu'il lui demanderait de lui passer ses exercices. Le guitariste lui répétait sans cesse qu'il faudrait bien qu'il y arrive seul un jour ou l'autre même s'il ne pouvait s'empêcher de voler à son secours.

L'adolescent se redressa avant de se laisser glisser jusqu'au sol. Un air de condamné collé au visage, il récupéra son bouquin et relut le sujet donné pour la vingtième fois au moins. Il s'empara de son mp3 et lança une chanson au hasard. Bizarrement, le silence l'empêchait de réfléchir.

Ce n'est que bien plus tard que Bill leva le nez de ses devoirs. Debout au beau milieu de sa chambre, il tenait fièrement une feuille devant lui lorsqu'il poussa un cri de victoire. Il était enfin venu à bout de ce maudit exercice, et il l'avait fait seul. Il jeta un œil à son réveil et constata que cela lui avait pris beaucoup plus de temps que lorsque Tom l'aidait. Mais au moins cette fois, le mérite lui en revenait à lui seul. Son colocataire devait d'ailleurs être revenu vu l'heure actuelle. Il fit un pas en direction de la porte lorsqu'il entendit comme un craquement. Il posa les yeux au sol et soupira longuement. Il avait légèrement oublié le nombre de feuilles qu'il avait utilisé pour venir à bout d'un unique exercice.

« - C'est pas possible d'être une brèle à ce point. »

De son pied, il bazarda toutes les boules de papiers froissés dans un coin. Il s'en occuperait plus tard. Il quitta sa chambre et se rendit dans le salon, sûr d'y trouver son ami. Sa certitude s'avéra exacte. Le musicien se trouvait bien avachit sur le sofa, les yeux absorbés par l'écran de la télévision. Ce que Bill n'avait pas prévu c'était la présence de Georg et Gustav à ses côtés. Il s'étonna d'ailleurs que le blond ne soit pas encore fourré à la bibliothèque. Sitôt qu'il entra dans la pièce, Tom détacha ses prunelles de l'écran pour plonger dans son regard.

« - Enfin sorti de ton antre, Honey ?

- Tu savais que j'étais là ?

- Ben en fait, quand on est rentré, l'appart était désert. J'suis allé voir dans ta chambre et comme je t'ai vu à fond dans tes exos, j'ai pas voulu te déranger. D'ailleurs ça a donné quoi ? »

L'androgyne lui répondit aussitôt par un sourire. Il s'approcha du canapé et tendit ses exercices au guitariste. Il n'était pas persuadé que tout soit juste, mais pour une première fois en solitaire, il ne pouvait s'empêcher d'être fier de lui. Tom se saisit de la feuille et commença à la parcourir des yeux. Piqué par la curiosité, le bassiste demanda :

« - C'est ta géo-politique ?

- Oui.

- Et tu y es arrivé tout seul ? Comme un grand ?

- Hey ! »

L'androgyne attrapa le premier coussin à sa portée et le balança sur le musicien. Parti dans un éclat de rire, Georg ne put éviter le projectile qu'il prit en pleine figure, provoquant les moqueries de Gustav. Le brun s'installa sur l'un des deux fauteuils et croisa les bras, le nez en l'air, faussement vexé. Le batteur lui renvoya un autre carré de plumes, si bien qu'une véritable bataille commença entre les trois amis, ponctuée de rires et de cris.

« - Honey ? »

Ce simple mot ramena les trois chahuteurs à la réalité, dont un en particulier. Bill sentit sa joie s'envoler en une fraction de seconde face au visage plus que sérieux qu'affichait Tom. Il redoutait son verdict bien plus qu'il ne l'aurait cru. Il avait l'impression que le guitariste prenait un malin plaisir à faire durer le suspense, et quelque chose lui disait qu'il n'était pas très loin de la vérité.

« - C'est si mauvais que ça ?

- Et bien en fait c'est ... »

Le brun retint un grognement de frustration. Allait-il oui ou non finir par la lâcher, sa foutu phrase ? Il ne pouvait quand même pas avoir tout faux ! Pas avec le temps que ça lui avait pris ! Il ferma les yeux aussi fort qu'il le put, comme si cela pouvait amoindrir l'impact du verdict.

« - Bill Harkins, votre exercice de géo-politique est correcte du début à la fin. »

Il rouvrit aussitôt les yeux et les écarquilla sous la surprise. Tom se mordit la lèvre pour ne pas laisser libre court à son envie de rire survenue suite à l'expression d'incrédulité qu'affichait son colocataire.

« - Tu te fous de moi ?!?

- Non.

- Attends, attends, attends. Tu veux dire qu'il n'y a pas une seule erreur ?

- Non.

- Pas le moindre truc qui vient tout gâcher ?

- Non.

- ... »

L'androgyne se leva brusquement et poussa un cri de joie. Sans plus réfléchir, il se jeta sur le guitariste et le prit dans ses bras, les faisant tous les deux basculer sur le sofa. Le brun se redressa légèrement mais resta couché sur son ami. Les yeux pétillant de bonheur, il demanda :

« - Tu te rends compte Darling ? J'y suis enfin arrivé tout seul !

- Finalement, on va p't'être réussir à le décrocher, ce putain de bac ! En tout cas j'suis fier de toi. »

Son vis-à-vis ne lui répondit que par un sourire. Il se redressa finalement et prit place aux côtés du musicien. Il récupéra sa feuille et sembla relire ce qu'il avait écrit, comme pour vérifier qu'il ne s'était trompé nulle part. La voix de son colocataire le fit redescendre de son nuage :

« - J'vous invite au resto ce soir pour fêter ça ! »

Georg et Gustav accueillir la proposition avec joie, mais Bill resta silencieux, se contentant de froncer les sourcils. Le guitariste le vit rapidement et l'interrogea du regard, curieux de savoir ce qu'il avait dit qui ait pu lui déplaire.

« - Tu vas quand même pas nous payer un resto juste parce que j'ai réussi un exo de merde ?

- Ben pourquoi pas ? Si ça me fait plaisir, j'en ai le droit, non ? »

L'androgyne allait répliquer mais le musicien fut plus rapide :

« - De toute façon on n'a plus rien dans le frigo. Et j'nous vois pas aller faire les courses ce soir alors qu'on est en vacances demain. Donc on s'fait une pizzeria, un chinois, ou ce que tu voudras, et ce sera parfait comme ça. »

Il pesa le pour et le contre, mais il savait déjà que de toute façon, il avait perdu ce débat. Tom tenait apparemment à ce qu'ils sortent ce soir, et rien ne pourrait le faire changer d'avis. Lorsqu'il le vit croiser les bras et lui lancer un regard dur, Bill ne put s'empêcher de sourire. Si son ami tentait de l'intimider, il était plutôt loin du compte. Il leva les yeux au ciel avant de lancer sur un air fataliste :

« - C'est bon, puisque tu insistes. Qui suis-je pour discuter tes ordres ? »

Il quitta le canapé pour se rendre dans sa chambre mais un coussin le frappa à l'arrière du crâne. Il se tourna vers son colocataire, des questions plein les prunelles.

« - Dis tout de suite que c'est une torture que de passer du temps avec moi ! »

L'androgyne se retint de lever une nouvelle fois les yeux au ciel.

« - Tu sais quoi ? Je songe sérieusement à me débarrasser de tous les coussins et oreillers de ce foutu appartement. J'commence à avoir marre de m'en prendre un pour un rien ! »

B & T

Finalement, aux alentours de vingt-deux heures, Bill et Tom n'étaient plus que tous les deux. Ils avaient bel et bien dîné tous ensemble, mais une fois leur repas consommé, Georg avait prétexté un rendez-vous galant tandis que Gustav s'était subitement souvenu d'un devoir à finir. S'il n'était pas habitué à leurs comportements parfois étranges, Bill aurait pu croire en une manigance mal déguisée pour le laisser seul avec le guitariste. Une fois remit de ces deux départs précipités successifs, le brun avait secoué la tête, désespéré.

Il était sur le chemin du retour, ses doigts entrelacés à ceux de son colocataire. Une légère brise le fit frissonner et il remercia silencieusement Tom de l'avoir forcé à s'habiller plus chaudement. Ses pensées de nouveau revenues à son ami, il glissa un regard dans sa direction. Le musicien ne semblait se soucier de rien, l'esprit totalement libre. Et Bill ne pouvait qu'en être heureux.

Il lui arrivait parfois de se demander comment ils avaient pu en arriver là. Comment en l'espace de quelques semaines, deux personnes peuvent-elles se rapprocher à ce point ? Il ne dirait pas que leur relation lui faisait peur, mais il lui arrivait parfois de se dire que tout cela n'était pas normal. On ne pouvait pas s'attacher à une personne en si peu de temps. Et pourtant ... Il ne pouvait pas nier ce qu'il vivait en ce moment même. Sa main avait trouvé celle du guitariste sitôt qu'ils avaient franchit la porte du restaurent, comme un automatisme. Comme si les choses devaient se passer comme ça.

« - A ton avis, avec qui est-ce que Georg avait rencart ? »

L'androgyne fut aussitôt sorti de ses pensées et porta son attention sur son vis-à-vis. Il n'avait pas vraiment réfléchis à la question, trop surpris par ce départ plus que précipité.

« - J'en sais trop rien. Il change de fille toutes les semaines, je fais même plus attention, en fait.

- J'me demande si ce ne serait pas Mood ...

- Pardon ?!? »

Le musicien haussa un sourcil, étonné par cette réaction. Si lui-même avait des doutes, c'était qu'il y avait bien quelque chose. Après tout, il n'était pas connu pour son grand sens de l'observation.

« - Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué !

- Remarqué quoi ?

- Leur comportement ! Il y a quelque chose de louche entre ces deux-le, je suis prêt à parier tout ce que tu voudras ! »

- Mood et ... Georg ? ... Naaaan, c'pas possible. Je refuse de croire ça !

- Pourquoi ?

- Parce que notre Georgeounet est un vrai coureur de jupons. J'peux pas croire qu'il s'intéresse à quelqu'un comme Mood. Elle est tellement ... pas pour lui ! »

La respiration de Tom s'accéléra soudainement. La réaction de son ami ne lui plaisait pas vraiment. Pourquoi réagir avec autant de force ? Est-ce que par hasard il serait ... Le musicien tenta de maîtriser les battements de son cœur. Lorsqu'il eut repris le contrôle de lui-même, il demanda, l'air de rien :

« - Pourquoi est-ce que les voir ensemble te dérange à ce point ? Elle t'intéresse ? »

Un rire franc et spontané lui répondit. Il retint de justesse un énorme soupir de soulagement avant de se mettre à bouder légèrement. Il ne voyait pas ce qu'il avait dit de si drôle !

« - Mood est un peu comme une deuxième Mel pour moi. Bon, en moins proche, évidemment. On ne se connait pas encore assez pour ça. Mais Mood c'est comme ... une petite sœur, tu vois ? Et en tant que grand frère, je veux la protéger des gros pervers comme Georg qui ne pensent qu'à une seule chose. »

Le guitariste avait l'impression de pouvoir à nouveau respirer librement. Il savait très bien qu'il n'avait aucun droit sur les sentiments de son ami envers d'autres personnes, mais le voir en couple ne pourrait pas le laisser indifférent. Tout comme le savoir amoureux d'une autre personne que lui. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser que tant que le cœur de l'androgyne resterait libre, il avait une chance de le séduire. Il avait bien le droit d'espérer. Après tout, il n'avait plus que ça. L'espoir.

« - Darling ? »

Tom tourna la tête en direction de son interlocuteur et fut étonné par son comportement. Il mordillait une fois de plus sa lèvre inférieure et contemplait le bout de ses chaussures avec une certaine dévotion. Dans ce genre de moments, le brun lui faisait toujours penser à un petit enfant qui n'osait pas avouer une bêtise commise un peu plus tôt. Le musicien se reprit au moment où il s'était senti afficher un sourire niais et se gifla mentalement. S'il ne prenant pas plus de précautions, l'androgyne finirait par avoir des soupçons. Ce dernier avait relevé les yeux et fixait désormais la route devant lui, semblant vouloir à tout prix éviter son regard. Le guitariste l'encouragea d'une légère pression sur sa main avant de demander :

« - Qu'est-ce qu'il y a ?

- En fait je ... je ... Ça fait plusieurs jours que j'y pense et ... et ma mère est ok, donc à priori y a rien qui nous en empêcherait, mais d'un autre côté tu as peut-être déjà prévu quelque chose, c'est vrai, j'me rends compte que je m'y prends au dernier moment, mais j'avoue que je ne sais pas comment tu vas le prendre, donc j'ai pas mal hésité mais si je ne te demande jamais je ne pourrai jamais savoir donc en fait ...

- Stop, stop, stop ! »

Il arrêta leur marche et fit face à son vis-à-vis. Il n'avait pas voulu le couper, mais plus les secondes passaient et plus le brun semblait s'enfoncer dans ses détours et ses semblants d'explications. Il avait d'ailleurs enfouis le bas de son visage dans son écharpe, comme si elle pouvait le protéger. Mais le protéger de quoi, ça le musicien l'ignorait. Il ne l'avait jamais vu aussi timide. Que pouvait-il donc avoir à lui demander ? La situation ne s'y prêtait pas, mais Tom ne put s'empêcher de le trouver attendrissant, encore une fois. Il se rapprocha de ce corps qui n'osait plus faire le moindre mouvement.

« - Qu'est-ce que tu n'oses pas me demander ?

- Est-ce que ... est-ce que tu ... veux venir passer quelques jours chez moi ? »

Bill ferma très fort les paupières tandis que celle du guitariste s'ouvrirent en grand. Sitôt qu'il avait laissé échapper cette phrase, le brun s'en voulut. Ce n'était pas le bon moment, ni le bon endroit. Il doutait même que ce soit la bonne personne. Il lui semblait ne jamais s'être sentit aussi vulnérable. Aussi pathétique. Il refusait toujours d'ouvrir les yeux, si bien qu'il ne vit pas Tom ouvrir et fermer la bouche plusieurs fois de suite, semblant chercher ses mots.

« - C'est pas ... Je ... Euh ... On n'est pas ... un peu vieux pour ces trucs-la ? »

Sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi, la respiration de l'androgyne se coupa. Voilà. Il avait sa réponse. Un non déguisé, mais un non quand même. Il savait que son idée était stupide. Mais il y avait cru. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi ça faisait si mal. Se forçant à respirer de nouveau normalement, il ouvrit finalement les yeux :

« - Je ... J'avais pensé ... que ça te plairai. Je sais que tu n'aimes pas particulièrement rentrer chez toi donc je m'étais dit que peut-être ... Mais j'ai dû me tromper. C'est pas grave. »

Il afficha un pauvre sourire pour donner le change et reprit sa route, sans même attendre Tom. De son côté, le musicien se maudissait et se traitait de tous les noms. Celui qui détenait son cœur lui ouvrait en grand les portes de sa vie le temps de quelques jours, et lui n'avait su que les refermer dans un bruit monstre.

« - Nan mais quel con ! »

Il n'eut à courir que quelques mètres pour rattraper son colocataire. Il le retint par la manche de sa veste et l'obligea à lui faire face. Bill se contenta de le fixer en silence, attendant visiblement qu'il explique son geste. Face à ce regard interrogateur, le guitariste se sentit rougir.

« - Tu … le veux vraiment ?

- A ton avis idiot ! C'est bien connu que je propose à tous les gens du lycée de venir squatter chez moi. »

Le brun perçut comme une douce chaleur partant de son ventre pour remonter jusqu'à son cœur. S'il était honnête envers lui-même, il devait bien avouer que cette situation lui paraissait particulièrement niaise. Mais bizarrement, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Son ami acceptait de passer quelques jours en sa compagnie, il n'allait pas chipoter sur les détails.

« - T'es sûr que t'en a envie, hein ? Tu n'acceptes pas juste pour me faire plaisir ?

- "faire plaisir" ? Ça veut dire quoi, ça ? Nan nan nan, moi tout ce que je vois, c'est que tu m'offres une échappatoire qui m'empêchera de rester tout seul comme un pauvre couillon dans ma grande maison si vide et si froide où mes seuls interlocuteurs se résument aux murs et aux meubles.

- Idiot. »

L'androgyne le frappa à l'épaule sans pour autant vouloir lui faire mal et reprit son chemin en direction du lycée. Comme presque toujours, il sentit rapidement qu'une main se saisissait timidement de la sienne avant d'entrelacer leurs doigts. Il ne put s'empêcher de songer que décidément, leur amitié n'était vraiment pas commune. Mais après tout pourquoi pas ? Tous deux trouvaient leur compte dans cette histoire, c'était l'essentiel.

B & T

Sitôt leur dernière heure de cours achevée, la plupart des lycéens s'étaient précipités dans leurs appartements afin de préparer leur départ. Bill ne faisant pas exception, il était enfermé dans sa chambre, probablement en train de faire ses bagages. Tom faisait de même de son côté. Il allait déposer quelques vêtements dans l'un de ses nombreux sacs lorsqu'un détail l'en empêcha. Mika avait visiblement décidé que les baggy de son maître déjà rangés dans la valise étaient un endroit parfait pour dormir. Il allait le chasser gentiment lorsque la porte d'entrée s'ouvrit pour laisser passer ses deux meilleurs amis. Il délaissa ses affaires et se rendit dans le salon que les deux G avaient déjà investi.

« - J'pensais pas vous voir si tôt. »

Georg s'affala sur le canapé et alluma la télévision, commençant à zapper de chaîne en chaîne. Sans quitter l'cran des yeux, il répondit :

« - On a fini de préparer nos bagages et on s'est dit qu'on pourrait passer nos dernières heures avec vous. Au fait, on part toujours ensemble demain matin ?

- Bien sûr. C'est pas comme si pour une fois ma mère venait me chercher. Je ne suis même pas certain qu'elle sache que je suis en vacance. »

Il n'y avait aucune rancœur ni aucun reproche dans ces mots. Tom s'était fait à l'idée qu'il n'aurait jamais de famille heureuse et unie, comme dans les séries TV. Il se rendit dans la cuisine où il s'empara de trois canettes de Red Bull, derniers vestiges de leur frigo. Il en donna une à chacun de ses deux amis avant de se laisser choir sur un fauteuil.

« - Au fait, les gars, c'était quoi cette façon de nous abandonner lâchement hier soir, Honey et moi ? »

Installé aux côtés du bassiste, Gustav haussa un sourcil, surprit :

« - J'pensais pourtant que c'était évident. On voulait vous laisser tous les deux. Une fois sortit du resto on a croisé les doigts pour qu'il se passe enfin quelque chose.

- Tu parles, c'était tellement discret que Bill a forcément trouvé ça louche ! Apprenez à jouer la comédie, ça vous fera pas de mal. »

Dans un même mouvement, les deux amis levèrent les yeux au ciel devant si peu de reconnaissance.

« - On s'arrange pour te laisser le champ libre et tu trouves encore le moyen de râler ?

- Naaaan, j'ai apprécié le geste, hein. Mais la prochaine fois trouvez autre chose. »

Le silence reprit ses droits. Chacun se concentrait sur l'émission sans vraiment être intéresser tout en s'abreuvant. De temps en temps, le blond jetait des regards en coin au guitariste, semblant attendre quelque chose. Un geste, une confession. Agacé de sentir ce regard sur lui, Tom finit par lui demander :

« - J'ai quelque chose sur le visage, ou quoi ?

- Crétin.

- Pourquoi tu me fixes comme ça ?

- Tu ne vas vraiment rien nous dire ? Après tout ce qu'on fait pour toi ?

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Roooh, fais pas chier Tom, et dis-nous ce qu'il s'est passé hier soir. »

Les deux G ne semblaient plus vouloir le lâcher du regard, un étrange sourire collé aux lèvres. Le guitariste ne pu s'empêcher de rougir devant leur empressement et leur curiosité. Il ne voyait vraiment pas pourquoi il devrait tout leur raconter. Il tourna la tête, trouvant un certain intérêt à l'unique plante verte de l'appartement. Il espérait bien leur faire comprendre qu'il ne souhaitait pas en parler, mais visiblement, ses deux amis étaient toujours aussi têtus :

« - Alleeez Tom, te fait pas prier ! Il s'est passé quelque chose ? Dis-nous ce que tu as fait ! »

Le musicien s'apprêtait à les envoyer promener sans beaucoup de délicatesse lorsqu'une voix le devança :

« - Faire quoi avec qui ? »

Le sujet principal de leur semblant de conversation venait de faire son entrée dans le salon. Georg avait rapidement reporté son attention sur le téléviseur tandis que le guitariste se replongeait dans sa soudaine passion pour leur ficus et que Gustav lui souriait de son air le plus innocent. Le nez de l'androgyne se retroussa légèrement. Il était persuadé qu'on lui cachait quelque chose. Malheureusement pour les trois musiciens, il n'était pas du genre à abandonner si facilement :

« - Alors ? Lequel d'entre vous me raconte toute l'histoire ?

- Mais qu'est-ce que tu vas imaginer, voyons. Il n'y a rien à raconter.

- C'est ça Gus. Et mois l'empereur de Chine.

- Enchanté de vous rencontrer, votre altesse. Qu'est-ce qui vous amène en Allemagne ? »

Les trois autres levèrent les yeux au ciel. Tom se voyait déjà sauvé, mais c'était mal connaître son colocataire. Celui-ci se tourna vers lui, affichant un visage triste :

« - Tu me fais pas confiance, c'est ça ? J'suis pas assez bien pour être dans la confidence ?

- Que ... Mais … mais non pas du tout ! »

Le batteur et le bassiste voyait déjà se profiler la catastrophe. Si Bill sortait les yeux de chiot battu, leur ami ne résisterait pas bien longtemps. Le blond ne savait pas exactement pourquoi, mais quelque chose lui disait qu'il était encore trop tôt pour les révélations. Réfléchissant à toute vitesse, il cherchait désespérément un mensonge qui soit suffisamment crédible aux yeux du brun.

« - Tom est amoureux. »

Il plaqua aussitôt ses mains sur sa bouche, se maudissant d'avoir lâché une telle information. Il voulait sauver son ami mais se demandait si en cet instant maudit, il ne venait pas de l'envoyer droit dans les problèmes. Les trois autres garçons affichaient des visages surpris, mais pour des raisons différentes. Gustav était à deux doigts de se taper la tête contre les murs, furieux d'avoir ainsi vendu Tom. La surprise passée, le guitariste commença à glisser le long de son fauteuil, comme s'il voulait se fondre dans les coussins. Le regard de Bill posé sur lui ne l'aidait pas à se sentir mieux. Il était certain qu'il n'avait pas fait le lien entre son comportement parfois ambigu et cette révélation, mais ne parvenait pas à expliquer cet étrange sentiment qu'il percevait dans ces prunelles noisette. Était-ce la déception de ne pas avoir été mis dans la confidence ? Il ne savait pas.

« - Je … Tu …

- Écoute Honey je … Je suis désolé. Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.

- Toi ? Amoureux ? Mais c'est … c'est pas possible ! »

L'androgyne se laissa tomber sur la place du sofa restée vide. Les yeux toujours écarquillés, il ne semblait pas se remettre de la nouvelle. De son côté, Tom examinait la phrase de son colocataire sous tous les angles.

« - J'dois le prendre comment ?

- De quoi ?

- Ton "c'est pas possible", j'dois le prendre comment ? »

Ce fut au tour du brun d'être embarrassé. Oubliant sa surprise, il trouva un certain intérêt au mur en face de lui. Il n'allait tout de même pas lui faire part de ses théories concernant son manque évident de sentiments amoureux à l'encontre d'autrui.

« - Bill.

- Roooh, ça va, hein. C'est juste que … je ne m'y attendais pas. C'est vrai, tu changes de fille tous les trois quatre matins, ça veut donc dire que tu n'es pas vraiment un grand romantique.

- Et ça veut dire quoi, ça ? Que tu me penses incapable d'aimer ? »

Il s'apprêtait à nier, mais lorsqu'il croisa le regard blessé du guitariste, les mots refusèrent de sortir. Et d'un coup, juste à cet instant, sa stupidité le frappa de plein fouet. Non, Tom n'était pas incapable d'aimer, puisqu'il aimait déjà. Il n'aimait pas d'amour, mais il aimait d'amitié. D'une certaine façon, les deux se ressemblaient. L'androgyne baissa la tête, honteux. Il était pourtant sûr de ce qu'il avançait, il y avait encore quelques secondes. Il y avait juste un détail qu'il n'avait pas pris en compte. Ou plutôt trois. Georg. Gustav. Et lui-même.

« - Je suis désolé. Sincèrement.

- ...

- Tu n'es pas incapable d'aimer. Bien au contraire. Tu aimes déjà comme un dingue. Parce qu'il n'y a rien que tu ne ferais pas pour tes deux meilleurs amis. Ou même pour moi. J'te demande pardon. »

Un silence gêné s'installa. Les deux G auraient donné n'importe quoi pour disparaître et laisser ces deux-là régler leur mésentente. Le brun se replia sur lui-même et entoura ses jambes de ses bras, la tête posée sur ses genoux, refusant toujours de lever les yeux. Et face à cet état misérable qu'affichait l'androgyne, il ressentit comme des centaines de papillons voletant dans son ventre. Il s'était senti offensé par les propos tenus par son colocataire mais ne pouvait se résoudre à lui en vouloir plus longtemps.

Bill était encore plongé dans ses réflexions et son auto-flagellation mentale lorsqu'une main apparue dans son champ de vision. Une main calleuse, rendue plus rude par le temps et les cordes de guitare. Il observa cette main tendue dans sa direction avant que son regard ne remonte le long d'un bras jusqu'à un torse, avant de finalement s'arrêter sur un visage souriant.

« - Allez viens. »

L'androgyne ne se fit pas prier et se jeta presque sur le musicien, se blottissant contre lui. Il enfouit sa tête dans le cou de son ami, le chatouillant involontairement à chaque respiration. Deux bras vinrent prendre place de par et d'autre de son corps, le plongeant dans une étreinte rassurante.

« - Je suis désolé.

- C'est oublié, d'accord ? Et puis … on va dire que je te comprends. Tu sais, avant cette histoire, moi-même je ne me savais pas capable d'aimer. Du moins pas de cette façon.

- Tu m'en veux pas ?

- J'te jure que non.

- Alors … tu veux bien me dire qui c'est ? »

Le guitariste se figea tandis que l'androgyne lui lançait un autre de ses regards auquel il avait du mal à résister. Mais cette fois, pas question de craquer. Il reprit contenance et retrouva sa bonne humeur :

« - Alors là, même pas en rêve ! C'est un secret entre moi et moi !

- Hey ! Mais c'est pas juste ! »

Perdant totalement son air coupable, le brun se détacha du musicien et lui adressa un regard noir tout en croisant les bras. Sa curiosité était piquée à vif.

« - Tu apprendras mon cher Honey, que la vie est injuste. C'est une réalité, on y peut rien ! »

Bill grogna avant de se renfrogner d'avantage. Son geste n'eut pour seul réaction que de faire rire son colocataire. Il ne put cependant afficher encore bien longtemps sa fausse mauvaise humeur. Tom ne lui en voulait pas, et cela le soulageait énormément.

Georg et Gustav les regardaient se chamailler encore une fois. Tous deux laissèrent échapper un discret soupir de soulagement. Une fois de plus, ils n'étaient pas passés loin de la catastrophe. Le batteur commençait à se dire que ce secret n'en serait plus un encore très longtemps. Il en allait de leur santé. Son cœur ne pouvait pas continuer à manquer un battement chaque fois que l'androgyne frôlait d'un peu trop près la vérité. Le problème était que Tom ne semblait pas encore prêt à tout lui révéler. Le serait-il seulement un jour ? Ca, lui seul le savait.


Il y a deux énormes répétitions dans ce chapitre (les verbes "soulager" et "ouvrir") mais j'trouve pas de synonymes qui colleraient et mein gott, ça me défrise grave O.O Mea culpa pour ces deux horreurs ...

Sinon, qui va au concert de Paris Bercy ?