Catégorie: Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif
Rating : M.
Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. Il décide néanmoins d'arrêter de se torturer avec ses questions et reprend sa vie normalement. Pendant ce temps Tom prend son avenir en mains et se lance à la recherche de son frère jumeau, même si cela semble perdu d'avance. Pour lui changer les idées, Bill décide de l'inviter à passer les vacances chez lui. »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Disclaimer : On commence à le savoir u.u
Note de l'auteur : Ben voilà, Tomie est un boulet, mais ça on le savait déjà. J'ai posté ce chapitre sur mon blog, mais j'ai totalement oublié de le poster ici. Oh la honte -.-" (pour une fois que c'est pas l'inverse xD). Brefouille. J'espère qu'il vous plaira …
Deux frères, deux mondes
Chapitre 27 : Vacances entre amis
Dire qu'il était anxieux était un euphémisme. Un bus l'avait déposé là, à seulement deux maisons de la famille Harkins, s'il en croyait le plan que lui avait fourni son ami. Et depuis, Tom n'avait pas bougé. Cela faisait donc dix minutes maintenant qu'il restait planté là, ses bagages et la cage de Mika en main, sa guitare sur le dos. Bill lui avait dit qu'il voulait le voir apporter son instrument. Le musicien avait accepté, comme chaque fois que cela concernait son Honey. Passer quelques jours ensemble ne pouvait que l'enchanter, mais cela voulait dire aussi rencontrer la famille et surtout, affronter Mel et son hostilité. Le guitariste ne se faisait pas d'illusion, il était certain que l'androgyne irait forcément voir sa petite sœur de cœur à un moment ou à un autre. Et bien entendu, lui le suivrait.
Mais pour le moment, la première étape consistait à faire la connaissance des deux personnes qui avaient accueillit Bill au sein de leur foyer il y avait plus de douze ans maintenant. Il savait très bien qu'il stressait pour rien mais il ne parvenait pas à se calmer. Après tout, il n'avait rien à leur prouver. Ce n'était pas comme s'il prétendait à faire partie de la famille. n'était pas comme s'il rencontrait ses futurs beaux parents. Et pourtant ... pourtant c'était exactement ce qu'il ressentait. La peur de ne pas plaire, l'angoisse d'une parole déplacée, l'inquiétude à l'idée de ne pas faire bonne impression, ...
Il poussa un soupir résignation puis se décida enfin à avancer. Il ne se voyait pas passer les six prochains jours sur ce trottoir. Il longea les propriétés avant de s'arrêter devant le numéro 21. Le portail n'était pas fermé, si bien qu'il laissa son regard longer l'avenue centrale faite de gravier, jusqu'à ce que ses yeux arrivent à hauteur de la maison. Elle ressemblait à beaucoup d'autres avec son étage et ses tuiles presque noires. Mais aux yeux de Tom, elle était unique. Son regard fut attiré par toutes sortes de couleurs réparties un peu partout dans le jardin. Les chrysanthèmes et les primevères semblaient avoir envahit les lieux, gagnant leur combat contre les dernières neiges.
Le guitariste sorti de sa contemplation. Inspirant profondément pour se donner confiance, il franchit le portail et suivit le chemin depierres conduisant à l'entrée principale. Chacunde ses pas faisaient crisser les petits cailloux et produisait à ses oreilles un son épouvantable. Il avait l'impression que le monde entier l'entendait arriver. Une fois é au bout de l'allée, il inspira profondément, prit son courage à deux mains toqua. Des bruits arrivèrent'à lui. Il lui sembla entendre des voix étouffées mais ne parvenaità comprendre ce qu'elles disaient. Il vit la poignée s'abaisser lentement, comme s'il visionnait la scène au ralenti. La porte s'ouvrit , lui dévoilant une femme blonde au sourire chaleureux et communicatif dont les grands yeux bleus semblaient pétiller de vie. Il ne pu s'empêcher de répondre à ce sourire tandis qu'il sentait ses joues se colorer légèrement. La timidité n'avait jamais fait parti de lui, mais bizarrement, devant cette inconnue, il perdait toute son assurance. D'une certaine manière, elle lui rappelait l'emprise qu'avait Bill sur lui.
- Bonjour ! Tu dois être Tom ? Je suis Lucie, la maman de Bill. Je suis enchantée de te rencontrer !
- Moi de même.
Il serra la main qu'elle lui tendait, lâchant l'un de ses bagages. Bien que plus grand, le musicien se sentait petit sous ce regard qui n'avait pourtant rien d'hostile. Mise à part peut-être, cette petite lueur qui avait des airs d'avertissement, comme un "prends garde si tu fais du mal à mon fils" qu'affichaient toutes les mères sans même le savoir. Lucie s'empara du sac qu'il avait délaissé pour la saluer et l'invita à entrer.
- Petit prince, ton invité est arrivé !
A l'étage, un bruit sourd se fit entendre. La maîtresse de maison soupira avant de secouer la tête de droite à gauche, comme désespérée. Elle croisa le regard interrogateur du musicien, ce qui l'incita à développer :
- Ça fait deux jours qu'il ne tient plus en place.
L'adolescent s'apprêtait à répondre pour éviter le silence mais un homme vint à leur rencontre. Souriant au nouvel arrivant, Julien remonta une énième fois ses fines lunettes sur son nez et lui tendit une main amicale. Tom s'en empara puis déposa finalement tous ses bagages dont le poids commençait à se faire sentir.
- Je suis heureux de voir que Bill a finit par s'intégrer totalement à Malmedy.
- Au début, ça n'a pas été facile tous les jours. Mais une fois qu'on le connait ... tout apparait comme une évidence.
Lucie s'apprêtait à lui demander ce qu'il entendait par là, mais une tornade brune passa devant elle pour se jeter dans les bras de leur invité. Celui ci perdit l'équilibre et manqua de trébucher sous le poids de son assaillant. Il se rattrapa de justesse à la commode située juste à côté de lui. Deux jambes entourèrent sa taille tandis que son cou était enserré par deux bras. Il répondit finalement à cette étreinte, essayant de manger le moins de cheveux possible.
- Bill, laisse le respirer, voyons !
L'interpellé releva la tête et tira la langue pour seule réponse. Il descendit pourtant de son perchoir improvisé lorsqu'il se sentit doucement glissé. Il se tourna vers la blonde et demanda, un brin provoquant :
- Heureuse ?
Elle lui tira la langue à son tour sous le regard faussement désespéré de l'homme de la famille. La mère et le fils commencèrent à se chamailler gentiment, ce qui fit sourire Tom. Il commençait à voir d'où son ami tenait son caractère. Une nette complicité se ressentait néanmoins entre eux, ce qui lui provoqua immanquablement un pincement au cœur. même ne connaissait plus ce genre de scène depuis bien longtemps. Il sortit brutalement de ses pensées quand l'androgyne s'intéressa de nouveau à lui :
- Tu as pensé à Mika ?
Une lueur d'espoir semblait briller dans ses yeux noisette. Le musicien afficha un air outré et posa une main sur son torse dans un geste théâtral :
- Comment ? Tu demandes après cette boule de poils alors que tu m'as moi ? Je savais bien que tout ça n'était que comédie ! Tout ce que tu voulais, c'était trouvé un moyen de passer tes vacances avec ce sac à puces !
Le brun haussa un sourcil, amusé. Il ne croyait pas du tout à cette prestation d'acteur mais joua le jeu :
- Fichtre, on dirait que je suis démasqué ! Maintenant que Mika est ici, tu peux repartir, je ne te retiens pas.
Tom ouvrit exagérément les yeux avant de faire trembloter sa lèvre inférieure. Il tourna brusquement la tête, semblant bouder, et esquissa un geste en direction de la porte. Bill leva les yeux au ciel et s'empara de la main de son invité.
- Idiot.
Un simple sourire lui répondit. L'androgyne s'accroupit finalement devant la cage en plastique et libéra le chaton qu'il présenta à ses parents. Lucie le prit contre elle, déclenchant une série de ronronnements.
- Bonjour toi. Tu te souviens de moi ?
Le musicien interrogea son colocataire du regard, intrigué par cette phrase.
- En fait, une fois que j'ai eu l'idée de t'offrir c'te bestiole, j'ai commencé à chercher partout autours de moi s'il n'y avait pas une chatte qui avait fait des petits, dans le coin. Le problème, c'est qu'en hiver c'est pas facile à trouver. Et puis je suis tombé sur lui. Il était tout seul, perdu, mort de faim. Je l'ai recueillit mais je ne savais pas s'il serait viable. Maman m'a aidé à le nourrir. Nous sommes un peu sa mère de substitution.
Le guitariste acquiesça, ne trouvant rien à répondre. Perdue dans ses souvenirs, Lucie ajouta :
- Tu aurais du voir ça. Je n'avais jamais vu mon petit prince se battre autant pour quelque chose. Il n'est pas du tout patient, ce qui fait que ses nouvelles lubies finissent toutes par atterrir dans un placard ! Mais pas cette fois. Il n'a pas abandonné. Et tu vois que tu as bien fait !
Elle adressa sa dernière phrase à son fils. Celui ci se contenta de retrousser son nez, exprimant ainsi son désaccord, puis récupéra le chaton. Il prit le premier sac à porté de main et se tourna vers son invité :
- Tu viens ? J'vais t'montrer ma chambre.
Tom s'empara du reste de ses bagages et suivit son hôte dans l'escalier qui menait à l'étage après un dernier regard aux deux adultes. Ils longèrent un couloir, passant devant plusieurs pièces, jusqu'à ce que Bill n'ouvre l'une d'entre elles. Il alla s'assoir au milieu du lit, les jambes croisées, puis laissa Mika explorer ce territoire qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Le musicien se délesta de sa guitare et de ses sacs avant de regarder autour de lui. Les murs étaient couvert de photos, de dessins et de posters. lui rappelait leur appartement à Malmedy, mais en plus grand. Cette chambre lui plaisait, indéniablement. L'androgyne semblait s'être totalement approprié l'endroit. Même le bazar présent sur le bureau lui était familier. Tout comme au lycée, les dizaines de livres trainaient à même le sol, allégeant le poids des étagères déjà bien chargées.
- Mais c'est pas possible, t'es un accro du bouquin, toi !
Bill l'interrogea du regard. Le guitariste lui désigna l'ensemble de la pièce d'un geste vague. Pour le brun, il n'y avait rien d'anormal là-dedans. Les livres avaient toujours fait partie de sa vie, aussi loin qu'il s'en souvienne.
- Tu sais, quand tu es dans un orphelinat, tu n'as pas grand chose à faire pour passer le temps. Encore moins lorsque tu n'as pas de souvenirs à revisiter. Je passais mon temps entre les pages des livres de la bibliothèque. Je m'évadais, je m'inventais un passé. Et un avenir aussi, parfois. Lorsque les Harkins m'ont adopté, je ne suis pas parvenu à me défaire de cette habitude. Je ne passais plus autant de temps dans le monde de l'imaginaire mais ... disons que si je n'ai pas ma dose de lecture, je deviens vite taciturne.
- Tsss. Quand je pense au courage qu'il me faut ne serait-ce que pour ouvrir la couverture !
L'androgyne haussa les épaules. Encore un point qu'ils n'avaient pas en commun. Mais en y réfléchissant bien, il n'y en avait pas tant que ça. Son invité vint s'assoir sur le rebord du lit, comme s'il n'osait pas s'approcher plus. Mika le rejoignit, réclament un peu d'attention. Tout en caressant le chaton, il demanda :
- Et où est-ce que tu vas me caser pendant les six prochains jours ?
- En fait, ça va dépendre de toi. On n'a pas de chambre d'ami, mais M'man a un matelas qu'on peut t'installer sur le sol. Un vrai matelas, hein, pas un truc pneumatique. Ou alors tu dors avec moi. Je me suis dit que vu nos précédentes nuits, la deuxième solution ne te poserait pas de problème, mais comme je ne voulais rien t'imposer, je te laisse le choix.
- Laisse-moi réfléchir ... passer mes nuits tout seul dans mon coin, ou bien dormir avec mon nounours attitré ... Cruel dilemme !
Il reçut un oreiller en plein visage pour unique réponse.
- Ah non, hein ! Ça va pas recommencer !
Déposant rapidement le chaton sur le sol, Tom renvoya le projectile à son assaillant, déclenchant une autre de leur bataille de polochons ponctuée de rires et de cris.
- Les garçons, le dîner est prêt !
Les deux adolescents se regardèrent avant de soupirer en chœur. L'un comme l'autre regrettait cette interruption, mais Bill connaissait suffisamment sa mère pour savoir qu'il y avait des choses avec lesquelles on ne rigolait pas. Il envoya son carré de plumes sur le lit et s'empara de Mika, le sortant de son sommeil léger.
- Qu'est-ce que tu vas faire de lui ?
- Il est encore trop petit pour monter ou descendre les marches. Il va falloir qu'il passe la nuit en bas si je ne veux pas trouver de jolies surprises sur ma moquette à notre réveil.
Le guitariste s'autorisa un sourire avant de rejoindre son ami au bas des escaliers. Il le suivit jusqu'à la cuisine, escorté par un chaton qui n'avait pas l'air de vouloir quitter ses deux maîtres. L'androgyne commença aussitôt à dresser la table, aidé de son père tandis que Lucie s'afférait aux fourneaux. Tom resta figé dans l'embrasure de la porte à observer silence. Il ne voulait pas gêner ou s'imposer, si bien qu'il resta planté là. Les trois membres de la famille Harkins interagissaient de la manière la plus naturelle qui soit, chacun semblant savoir exactement ce qu'il avait à faire, comme si, à force d'avoir exécuté les mêmes gestes depuis des années, tout se faisait presque inconsciemment. Le musicien plongea dans ses souvenirs, cherchant la dernière fois où lui-même avait vécu une scène semblable. Mais aussi remontait sa mémoire, il n'y avait rien qui ressemblait un tant soit peu à ce qu'il voyait. Sous ses yeux se déroulait un tableau qu'il n'avait vu qu'à travers un écran de télévision.
- Darling, tu veux bien me passer les verres, s'te plait ?
L'interpellé sursauta, ne s'attendant pas du tout à ce qu'on s'adresse à lui. Lorsque l'information fit son chemin jusqu'à son esprit, il regarda des deux côtés pour finalement tomber sur une série de placards fixés au mur. Il ouvrit le premier, à tout hasard, et tomba sur ce qu'il cherchait. Il s'empara de quatre verres qu'il confia aux mains tendus face à lui. Et lorsque ses doigts frôlèrent ceux de Bill, Tom se sentit bêtement heureux. Il avait l'impression d'être utile, mais surtout de faire parti de leur monde. Lui qui n'avait pas connu un vrai repas de famille depuis des années. Lui qui, depuis cinq ans maintenant, vivait presque seul dans sa grande maison. Il n'aurait pas su dire comment, mais il était persuadé que son Honey l'avait compris.
D'un discret geste de la main, Tom chassa ces pensées de son esprit et prit autour de la tablecomme l'avait fait ses hôtes quelques secondes avant lui. Lucie déposa un énorme plat au centre porta son attention sur son invité, souriant toujours :
- Notre petit prince m'a dit que tu adorais les pâtes, donc je t'ai fait mes spaghettis bolognaise spéciales grandes occasions. J'espère que tu as faim !
Le guitariste s'apprêtait à répondre de manière positive mais un grognement le devança :
- M'man ! Quand est-ce que tu arrêteras de m'appeler comme ça ?
Elle haussa les épaules avant de s'emparer de l'assiette de Tom pour commencer à la remplir :
- Un jour, peut-être. Tu as le droit de rêver en tout cas.
Tout le monde fut rapidement servit et Julien n'attendit pas plus longtemps pour faire honneur à la cuisine de sa femme. Le musicien lui-même allait commencer à manger lorsque le brun s'adressa de nouveau à lui :
- Au fait Darling, mes parents n'ont jamais mordu personne, ok ? Tu veux un truc, il suffit de le demander. Et si tu as soif, par pitié n'attend pas que quelqu'un te le propose, sers-toi. Y en a qui se sont desséchés comme ça, tu sais ? En clair, tu fais comme chez toi.
Tom acquiesça, un sourire amusé dessiné sur les lèvres. Tout de même étonné par cette étrange tirade, il posa ses yeux interrogateurs sur son ami, mais ce fut Lucie qui lui apporta la réponse :
- La première fois que Matt est venu ici, il n'osait pas faire le moindre mouvement. C'était tout juste s'il ne demandait pas notre permission pour respirer. Aujourd'hui on en rit, mais je peux t'assurer que sur le moment, ça nous a tous inquiété. On était persuadé que quelque chose le dérangeait mais qu'il n'osait pas en parler. Et quand Bill a réussi à lui arracher des explications, il s'est avéré que tout ça n'était qu'une histoire de timidité. Heureusement que depuis, les choses se sont améliorés.
- Peut-être même un peu trop, si tu veux mon avis. rétorqua Julien. C'est tout juste si ces gamins ne font pas comme chez eux. C'est bien simple, quand ils sont tous là j'ai l'impression de m'occuper d'une colonie de vacances.
Son air sérieux aurait pu paraitre convaincant si son sourire ne l'avait pas trahit. L'androgyne lui tira la langue pour montrer son désaccord avant de reporter son attention sur son assiette, semblant vouloir snober son père. Ce dernier leva les yeux au ciel et commença à compter silencieusement les secondes. Au bout de cinq, Bill releva la tête, sa bonne humeur de nouveau présente. L'homme ne pu retenir un léger rire qui attira le regard des trois autres mais les ignora délibérément. Le comportement de son fils le ferait toujours rire. C'était à croire que rien ne pouvait entacher sa jovialité. Rien sauf peut-être un certain musicien. Julien glissa un regard vers Tom, apparemment en grande discussion avec Lucie. Il ne se souvenait que trop bien des jours qui avaient précédé Noël. Il n'avait pas eut le fin mot de cette histoire, mais il restait persuadé que le dreadé était lié à la soudaine tristesse qui s'était abattu sur celui qu'il considérait comme son propre enfant.
- Alors dis-nous tout. Comment se comporte Bill à Malmedy ? Il s'intègre bien ?
- M'man !
- Quoi ? Tu ne nous dis jamais rien, donc je prends mes informations ailleurs.
Le musicien observa son ami qui lui-même semblait trouvé un certain intérêt aux motifs de la nappe. Ils n'avaient jamais vraiment parlé de tout ça, mais il savait que l'androgyne n'avait pas vraiment tenu à venir étudier dans leur lycée. Voyant que les deux adultes attendaient une réponse, il se lança sans réellement savoir où il voulait en venir. La vérité ne leur ferait sans doute pas plaisir.
- Eh bien ... Disons que les avis sont partagés.
- Il ne se bagarre plus au moins ?
- Si. Non ! J'voulais dire non.
- Tom.
Un prénom courant, trois simples lettres. Et pourtant cela sonnait comme un avertissement. Il songea le temps d'une seconde que c'était sans doute de là que venait l'honnêteté de Bill. Il était tout simplement impossible de mentir face à un tel regard.
- Les seules fois où je l'ai vu se battre c'était ... pour moi. Ou avec moi.
- Avec toi ?
- Oui. On ne peut pas dire qu'on se soit entendu dès la première rencontre. Mais on a finit par s'apprécier, c'est l'essentiel !
Lucie pinça ses lèvres pour s'empêcher de le forcer à lui donner plus d'explications. Elle savait que tout cela ne la regardait pas. Tom avait l'impression d'en avoir trop dit tandis que Bill semblait maintenant occupé à compter les carreaux du carrelage. Julien préféra intervenir pour détendre l'atmosphère :
- Que veux-tu chérie, tu sais bien que ton fils à un tempérament de feu.
Le musicien laissa échapper un rire face au regard outré de son ami. Ce dernier tourna ostensiblement la tête, apparemment vexé. Mais le guitariste le connaissait suffisamment maintenant pour savoir qu'il ne devait pas s'en inquiéter. Sans qu'il ne s'en rende compte, son sourire se fit plus tendre. Il reporta son attention sur la maîtresse de maison :
- En fait, le problème avec Honey, c'est qu'il n'y a pas de juste milieu. Soit on l'aime, soit on le déteste. Il n'y a pas d'autre alternative. Au début je l'ai détesté, puis j'ai fini par l'aimer. Tout simplement.
Les deux adultes le fixaient, intrigués par cette étrange formulation. Lucie ne releva pas leur échange de surnoms affectueux mais se promit d'en apprendre plus à ce sujet. Ne voulant pas laisser le silence s'installer, Julien demanda :
- Ça c'est une déclaration ! Qu'as-tu à répondre à ça, fils indigne ?
Une fois de plus, l'adolescent lui tira la langue. Il se concentra sur son invité auquel il demanda, le plus sérieusement possible :
- Dans ce cas Trümper, puisque tu m'aimes, est-ce que tu veux sortir avec moi ?
Tom sentit son cœur s'arrêter brusquement. Tout cela n'était qu'un jeu, il le savait bien. Mais son corps ne semblait pas savoir faire la différence entre la réalité et un simple jeu d'acteur. Ne laissant rien paraître de son trouble, il retrouva son assurance et mordit sa lèvre inférieure, tant pour cacher son début de sourire que pour maîtriser sa nervosité. Il regarda le brun droit dans les yeux et lâcha un simple :
- Ouais.
L'androgyne lui rendait son sourire tandis que les deux adultes commençaient à se sentir perdu. Le musicien refoula sa tristesse et suivit son ami sur sa lancée :
- D'ailleurs amour de ma vie, est-ce que tu veux m'épouser ?
Même si cette phrase venait de lui, le guitariste sentit son cœur se serrer un peu plus. Il ne fallait surtout pas qu'il oublie qu'ils ne faisaient que jouer.
- Oh oui mon Tommy ! J'en serai tellement heureux ! Combien tu veux d'enfants ?
- Au moins trois si c'est avec toi !
Bill posa une main sur son cœur et papillonna des yeux avant de lui envoyer un bisou. Tom fit semblant de l'attraper, mais lorsque leurs regards se croisèrent une nouvelle fois, ils finirent par éclater de rire. Lucie soupira face à la bêtise des adolescents d'aujourd'hui tandis que Julien les rejoignait dans leur hilarité. Quelque chose lui disait que ces deux-là ensemble presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans un appartement, ça ne devait pas être triste.
- B & T -
La soirée se prolongeant, les deux adultes étaient blottis l'un contre l'autre devant le téléviseur du salon tandis que les deux adolescents avaient regagné la chambre du brun. Toutes les lumières avaient été éteintes, laissant l'éclat de la lune et des étoiles éclairer la pièce à travers les fenêtres. Le confort du lit avait été délaissé au profit du sol. Tête contre tête, ils fixaient le plafond sans vraiment le voir. Ils avaient commencé à se livrer l'un à l'autre, parlant de tout et de rien, tout en ayant la certitude que quelque soit les révélations faites entre ses quatre murs, elles ne les franchiraient jamais.
Tom se remettait encore de leur dernier fou-rire. Caché part l'obscurité, l'androgyne mordillait sa lèvre inférieure. Il ne voulait pas gâcher leur moment en amenant un sujet délicat, mais il voulait savoir. Cela faisait bien une semaine qu'il y pensait. Depuis que la nouvelle avait été lâchée. Au premier abord cela ne le concernait pas, mais il aurait voulu comprendre pourquoi il avait été écarté de la confidence. Il avait conscience que son comportement était stupide, mais il était jaloux. Jaloux que Georg et Gustav aient eut droit à cette révélation mais pas lui.
- Honey ? Tu dis plus rien. Quelque chose ne va pas ?
- Non, t'inquiètes. Ça va.
- Bill.
Le brun soupira puis ferma les yeux avant de poser un bras en travers de son visage. Non, ça n'était pas une bonne idée. Mais il savait pertinemment qu'ils étaient aussi têtu l'un que l'autre, et maintenant que Tom avait des doutes, il ne le laisserait pas tranquille avant d'avoir eut sa réponse.
- C'est juste que ... j'comprends pas.
- Quoi donc ?
- Je sais qu'on avait dit qu'on en parlait plus mais ... Pourquoi tu ne me l'aspas dit ? T'avais peur que je me foute de toi ? Que j'en profite pour te faire du chantage ? Pour ... j'en sais rien, n'importe quoi !
- Mais de quoi est-ce que tu ...
Il ne termina pas sa phrase lorsqu'il réalisa sur quel terrain Bill les avait conduits. Il aurait préféré ne pas avoir à y revenir. En reparler signifiait mentir encore un peu plus. Il soupira avant de tourner la tête, fuyant le regard de l'androgyne même si la faible lumière de la lune ne lui permettait pas vraiment de le voir.
- C'est pas important, d'accord ?
- Pour moi si. Parce que ça veut dire que j'ai pas ta confiance.
Il se releva brusquement et alla s'accouder à la fenêtre. Il avait l'impression de faire une montagne d'un rien, mais c'était plus fort que lui. Il voulait savoir. De son côté, Tom se redressa aussi mais resta assis à même le sol. Ramenant ses jambes contre son torse, il les entoura de ses bras avant d'y cacher son visage.
- Tu sais très bien que je te fais confiance. Oublie pas que j'ai remis mon avenir entre tes mains. C'est à toi que j'ai confié toutes mes drogues. C'est à toi que j'ai confié les trois quart de mon passé alors que même Georg et Gustav ne sont au courant de rien. Tu sais presque tout de moi, alors tu crois vraiment que je ne te fais pas confiance ?
- Ce que tu me demandes, c'est de te confier la dernière part de moi que tu ne connais pas. Tu me demande de t'ouvrir le dernier tiroir du meuble de ma vie dont tu connais déjà presque tous les recoins. N'as-tu pas toi aussi un jardin secret ? Quelque chose dont personne n'est au courant. Quelque chose que tu gardes pour toi, comme un trésor.
- Bien sûr que si. Comme tout le monde. Mais ce que je ne comprends pas Tommy, c'est pourquoi est-ce que j'étais le seul à être en dehors de ce secret. Je ne te demande pas de me dire de qui il s'agit ou bien de quelle façon elle est parvenue à s'emparer de ton cœur là où tant d'autres ont échoué.
L'androgyne prit sur lui et se tourna face à son invité. Il ne distinguait que sa silhouette, et c'était sans doute mieux comme ça. Il tenta de prendre un air réjouit et lança :
- On a six jours à passer ensemble, donc onva oublier tout ça et profiter de nos vacances, ça marche ?
- Tom ?
Un soupir lui répondit, ce qui fit s'envoler son sourire déjà bien faible. Si seulement il n'avait pas ouvert sa grande bouche, l'ambiance ne serait pas devenue aussi tendue.
- J'ai simplement eut peur que tu me juges.
La phrase n'était qu'un murmure, si bien que l'androgyne crut l'avoir rêvé. Le musicien ne semblait plus vouloir faire le moindre geste, comme s'il attendait quelque chose. Une réaction. Un verdict.
- Que je te juge ? Tu sais pourtant que ce n'est pas mon genre. On a passé les douze premières années de ma vie à me juger et je me suis juré que je ne deviendrai jamais comme toutes ces langues de vipères.
- Tu ne juges pas les gens ? Même s'ils sont ... différents ?
- Tu te trouves différent ? Mais on l'est tous, tu ne crois pas ?
- Pas différent ... dans ce sens là. Tu vois ... depuis plusieurs mois déjà, on ne peut pas nier qu'on s'est considérablement rapproché. On dort ensemble, on se fait des câlins, ... et j'ai besoin de ça. Je sais que si tu me les enlèves ... j'y arriverais pas.
Bill fronça les sourcils, de plus en plus perdu. Il n'avait aucune envie de mettre un terme à leurs habitudes et n'avait pas le souvenir d'avoir eut un geste ou une parole allant dans ce sens. A moins que ... La lumière sembla se faire dans son esprit, faisant s'envoler le poids qui avait pris place sur son cœur. Il se mordit l'intérieur des joues pour retenir son fou-rire, conscient que cela n'aiderait pas son ami. Malheureusement, il ne parvint pas à contrôler le léger tremblement de sa voix lorsqu'il demanda :
- Tom, est-ce que tu es en train de me dire que tu es gay ?
Son rire retenu était clairement audible. Mais toute joie s'envola lorsqu'il entendit le gémissement du musicien, mélange étrange entre appréhension et peur. L'androgyne regretta aussitôt son comportement. Gêné par le malaise qui pesait désormais sur eux, il tenta de s'en sortir avec humour :
- Quoi, tu crois que je suis homophobe ? Mais regarde-moi ! On me croit gay neuf fois sur dix. Si j'étais homophobe, je me saperais autrement !
Mais sa tentative n'eut pas l'effet espéré. Les épaules du guitariste se mirent à trembler. Bien qu'il soit de dos, Bill était persuadé que Tom se mordait violemment la lèvre pour éviter de laisser échapper un sanglot. Cette tristesse apparentetrouva un écho dans le cœur de l'androgyne. En trois enjambées, il se rapprocha de son ami et le pris fermement dans ses bras. Le musicien se laissa faire et s'accrocha au pull du brun. Son hôte commença à lui caresser doucement le visage pour l'apaiser tout en lui chuchotant des excuses.
- J'te demande pardon Tommy. J'voulais tellement savoir que j'ai pas pensé à ce que tu ressentais. J'suis un putain d'égoïste. J'suis tellement désolé, Tom. T'es un hétéro pur et dur puis tu découvres qu'un mec ne te laisse pas indifférent. Ça n'a pas du être facile pour toi et moi j'me ramène avec mes questions et ma connerie. Putain, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, ...
Il répéta ce mot peut-être une centaine de fois, encore et encore. Son étreinte se resserra autour de ce corps tremblant entre ses bras. Bien vite ses larmes se joignirent à celle de son colocataire. Lorsque l'une de ces perles salées rencontra la joue du guitariste, ce dernier sembla sortir de sa léthargie, presque choqué.
- Pleures pas Honey, s'il te plait.
- Mais j't'ai encore blessé. J'ai l'impression que je ne fais que ça.
- Tu m'apportes un soutien pas croyable quoi que je fasse, tu m'épaules dans les épreuves, tu me fais rire quand ça va pas, ... Ce ne sont pas quelques larmes qui vont changer tout ça.
- Ne t'en veux pas d'accord ?
Tom s'écarta légèrement de son ami et capta son regard. L'androgyne se gifla mentalement avant de baisser la tête. Il aurait caché son visage entre ses mains si le musicien n'avait pas intercepté son geste.
- Putain Darling j'suis qu'un abruti. C'est toi qui va pas bien et c'est toi qui me console.
- On n'a jamais rien fait comme tout le monde, on ne va pas commencer maintenant, tu crois pas ?
Le brun esquissa un sourire. Il passa sa manche sur son visage pour effacer toute trace de son chagrin avant de demander :
- Donc c'était juste ça ? Simplement parce que ... ce n'est pas d'une fille dont tu es amoureux ?
- ... Je ne pouvais pas savoir comment tu allais réagir. J'te l'ai dit, j'ai besoin de toi. Je ne pouvais pas savoir si, une fois au courant de la vérité, tu n'allais pas me virer de ton lit.
- Techniquement, on dort dans le tien, donc je n'aurai pas pu te virer.
Sa tentative d'humour les fit légèrement sourire tous les deux. La tension semblait s'être envolée, à leur plus grand soulagement. Pourtant le cœur de Tom se serra lorsque Bill plongea son regard dans le sien. Ils avaient commencé à écrire une nouvelle page de leur histoire, mais le guitariste était conscient qu'il avait omis une partie de la vérité, encore une fois. Combien de temps pourrait-il le faire ? Il préféra chasser cette pensée de son esprit et demanda, presque timidement :
- Donc ... j'peux continuer à dormir avec toi ?
Son air de petit garçon fit rire l'androgyne. Avec tendresse, il passa sa main sur la joue de son vis-à-vis.
- Hey, c'pas grave si aimes un garçon. Moi j'm'en fous mais d'une force ! C'est pas pour ça que tu vas me sauter dessus et me violer, hein. Tu ne t'es pas découvert gay du jour au lendemain et tu ne m'as jamais rien fait toutes ces nuits. Donc j'ai rien à craindre. Et puis ... j'vais quand même pas renoncer à mon nounours !
- Idiot.
A suivre ...
