Catégorie : Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre : Friend-ship, romance, humour (ouais, y paraît XD)

Rating : M.

Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le protéger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Note de l'auteur : Un chapitre un peu spécial. Je le dédis tout particulièrement à Elly et à Kit, qui, je l'espère, se retrouveront dans les folles-dingues qui croient qu'elles peuvent voler (lisez le chapitre pour comprendre xD). Au fait Darling, encore désolée pour tes doigts ! Je persiste à dire que je ne pensais pas les serrer aussi fort x)

Note de l'auteur 2 : Ce chapitre aurait du être posté avant les vacances de la toussaint, mais je me suis comme qui dirait faite kidnapper pour un séjour hors de la France. Limite j'ai pas eu le temps de prendre mes fringues, alors poster un chapitre … Brefouille. Je vous propose un peu de douceur dans ce monde qui part de plus en plus en live. Bonne lecture !


Deux frères, deux mondes

Chapitre 29 : Emotions fortes

Tom était en cours de musique et aussi incroyable que cela puisse paraître, il s'ennuyait ferme. A sa gauche Gustav avait carrément abandonné l'idée de prétendre écouter et remplissait discrètement une grille de mots croisés. A sa droite Georg marquait son territoire à coup de graffitis et de tags sur sa table. Tous trois adoraient cette matière, mais avec Mr Grüger, ils avaient plutôt envie de partir en courant tant le côté théorique était soporifique. Et entendre quelqu'un parler d'une voix morne pendant plus d'une heure avait le désagréable effet d'assoupir les élèves. Les deux G avaient hâte de passer à la pratique, mais le guitariste visait bien plus loin. Bill lui manquait déjà, et bien qu'il adore la musique, il était impatient de retrouver son colocataire préféré. Ils avaient décidé que leur sortie à la fête foraine se ferait le soir même et l'excitation le gagnait un peu plus à chaque seconde. Il fixait désespérément l'aiguille de l'horloge murale et déprimait de la voir filer si lentement. Il étouffa un bâillement et regarda l'heure pour ce qu'il lui semblait être la millième fois. La partie théorique débordait largement sur la pratique. A tous les coups, leur professeur ne leur permettrait pas de toucher à leurs instruments cette fois-ci.

Quant au reste de la classe, cela n'était pas mieux puisque la majorité des élèves, hormis évidemment les intellectuels de service, arborait une expression d'ennui intense et consultait régulièrement sa montre. Le musicien laissa échapper un énième soupir et essaya vainement de s'intéresser au sujet, mais sans résultat puisqu'il décrocha à nouveau au bout de deux minutes.

Lassé d'entendre parler de choses qu'il connaissait déjà, il remballa rapidement ses affaires dans son sac et se leva. Il ne chercha pas particulièrement à être discret mais il se demandait si l'enseignant avait réellement conscience qu'un de ses élèves s'était levé et approché de la porte. Voyant qu'il ne réagissait pas, Tom haussa les épaules et quitta la salle sous les regards estomaqués des autres élèves. Il vit néanmoins Georg et Gustav lui adresser un sourire amusé et lui souhaiter silencieusement une bonne soirée.

Les couloirs vides semblaient l'appeler et il ne pu résister plus longtemps. Remontant son pantalon pour facilité son avancé, il commença à courir, se moquant d'avoir l'air parfaitement ridicule dans cette position. Il traversa la cour et gravit les deux étages sans même s'en rendre compte. Il ouvrit la porte d'entrée de l'appartement 121, le souffle court, et tomba aussitôt sur le regard surprit de son colocataire. Bien que cherchant sa respiration, les joues rouges et l'air probablement stupide, Tom se sentait merveilleusement bien. Il balança son sac dans un coin du salon et sauta presque sur l'androgyne, l'attirant dans un câlin improvisé.

- Ben alors Darling, j't'ai manqué à ce point là ? On s'est pourtant quitté y a à peine deux heures !
- Oui mais c'était trop long sans toi.

Sa phrase n'avait été qu'un murmure mais était pourtant parfaitement audible. Et cette réponse instantanée et sincère réchauffa le cœur du brun sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. Alors à son tour il s'accrocha fermement à son ami et profita de leur étreinte, au plus grand bonheur du musicien. Il finit néanmoins par se détacher de lui et lança, tout sourire :

- Prêt pour une virée d'enfer ?
- Et comment !

Rapidement, Tom fourra son téléphone et son portefeuille dans ses poches. Il n'avait aucune envie d'emporter un sac qu'il devrait forcément laisser à un forains quelconque le temps que durait l'attraction. Non pas qu'il ne faisait pas confiance aux gens du voyage, mais il éprouvait toujours une certaine réticence à confier ses affaires à un inconnu. Du coup de l'œil, il vit son colocataire suivre son exemple. Fin prêt, le musicien s'empara des clés et d'un signe de tête, invita le brun à sortir.

- B & T -

Un bus de ville les avait menés à quelques pas seulement des premiers manèges. Bill se retenait à grand peine de sautiller sur place et laissait ses yeux vagabonder un peu partout, comme émerveillé par tant de couleurs. Une odeur de friture avait envahit l'air, signalant aussitôt la présence de stands adeptes de croustillons et de churros. Planait aussi un parfum de barbe à papa qui titilla aussitôt leur estomac. Partout autour d'eux les gens parlaient et riaient, commentant ce qu'ils voyaient ou la dernière attraction qu'ils avaient testé, tentant de couvrir la musique de fond qui résonnait un peu partout. Tout cela contribuait à créer ce que appelait une "ambiance fête foraine" qui le rendait particulièrement joyeux et impatient.

Tom n'avait jamais été un adepte du silence et pourtant il se surprenait à maudire celui qui avait décidé de mettre la musique aussi forte. De plus les forains ne semblaient pas s'être mis d'accord sur les choix des programmes, si bien que Beyonce était à moitié étouffée par Scorpions. Mais son ami ne semblait nullement dérangé par cette cacophonie, alors le guitariste décida que cela n'avait pas tellement d'importance. Une main s'agrippa à la sienne, entremêlant leurs doigts, le sortant aussitôt de ses pensées.

- Faut absolument qu'on face celui-là !

L'androgyne affichait un grand sourire et un regard émerveillé. Tom regarda alors dans la direction que lui indiquait le brun, s'attendant à tout sauf à ça. Son visage perdit ses couleurs en moins de deux secondes et un furieux tremblement lui parcouru la colonne vertébrale. Devant lui, un bras de 15 mètres se balançait de plus en plus vite, emportant avec lui une vingtaine de personnes partagées entre hurlements et rires. Tout aurait pu s'arrêter là, mais le bras de métal pris encore plus d'élan, jusqu'à emporter ses passager dans un parfait 180° avant de s'arrêter, les laissant profiter du paysage la tête en bas. A une vitesse vertigineuse, les passagers terminèrent leur rotation, avant de se balancer à nouveau de gauche à droite. Tom pensait que son enfer ne durerait que quelques secondes, deux minutes tout au plus, mais le manège augmenta à nouveau sa vitesse, emportant avec lui les quelques courageux qui avaient osé monter. De nouveaux la tête en bas, ils les voyaient agiter leurs bras et leurs jambes pour une raison qui lui échappait, poussant des cris strident qui lui firent dresser les quelques cheveux qu'il avait sur la nuque.

- Ca va être trop bien !

Le guitariste déglutit le plus discrètement possible. Presque inconsciemment, il fit un pas en arrière, tirant sur son bras, faisant aussitôt réagir Bill, qui le tenait toujours. Il ferait n'importe quoi pour son Honey, sincèrement. Mais là ... ça ! Il ne pouvait pas.

- Ca va pas Darling ?

L'inquiétude qu'il perçu dans la voix de son colocataire le ramena sur terre. Il croisa son regard soucieux et détourna rapidement les yeux. Hors de question que Bill puisse lire en lui toute la peur que ce manège lui prodiguait.

- Ouais, ouais. Ca va ... bien.

Le nez de l'androgyne se retroussa et Tom sut aussitôt qu'il ne le croyait pas. Il ferma les paupières et poussa un discret soupir avant de bloquer sa respiration, comme pour mieux anticiper. Il se mit à attendre. Un rire, une remarque désobligeante, un ton moqueur, ... Mais rien ne vint. Rien mise à part deux lèvres qui se posèrent furtivement à la commissure de les siennes dans un geste de réconfort. Il rouvrit brusquement les yeux, tombant sur un sourire presque gêné, avant d'être entraîné un peu plus loin. Il suivit son ami sans rien dire, honteux de s'être montré si faible. Il se demandait brusquement ce qui lui avait pris d'accepter d'accompagner Bill ici. Il n'avait jamais été un adepte des manèges à sensations et réalisait qu'il allait forcément décevoir son Honey, chose qu'il ne supportait pas. Sa bonne humeur s'envola en un rien de temps. Il ne connaissait rien de plus horrible que la déception dans ces yeux noisettes qu'il adorait par dessus tout.

Il s'arrêta lorsque son colocataire stoppa sa marche mais n'osa pas relever la tête. Qu'allait-il découvrir cette fois ? Un autre monstre provocateur de frissons qui allait le terrifier à sa simple vue ? Une autre occasion de faire regretter à son petit brun d'être venu avec lui ? Une autre raison de chagriner cet être qui le faisait chavirer ?

- Et celui-là t'en penses quoi ?

Il inspira pour se donner du courage, se redressa et ouvrit prudemment les yeux. Il observait l'attraction en face de lui, cherchant ses mots. Pour dire quoi ? Il ne le savait pas lui-même. Ses prunelles restaient scotché sur ces sièges de fer suspendus depuis le haut du manège au bout de chaînes métalliques. Ils tournoyaient tous ensemble, s'élevant toujours plus loin du sol, inclinés vers l'extérieur par la force centrifuge. Devant lui, il ne distinguait pas un seul visage effrayé. Juste du bonheur, accompagné de cris de joie.

- C'est pas pour les gosses ça, normalement ?
- Ca c'est la version adulte. Ca te tente ?

Il posa son regard sur interlocuteur. Mordillant sa lèvre inférieure, Bill semblait presque le supplier des yeux. Tom pesa le pour et le contre, réalisant qu'il lui faudrait bien faire quelques efforts s'il ne voulait pas attrister son ami. Il resserra sa prise sur les doigts de l'androgyne et acquiesça timidement. Il reçu en réponse un sourire si lumineux qu'il se félicita d'avoir d'accepter. Parce que ce sourire là valait bien la peine qu'il affole un peu son rythme cardiaque le temps de quelques minutes. Il se sentit entraîné en direction de la caisse et se retrouva assis sur l'une des chaises de métal avant même d'avoir pu ajouter quoi que ce soit. Il imita son voisin de siège et s'attacha le plus solidement possible, vérifiant discrètement que le matériel ne risquait pas de le lâcher une fois lancé à pleine vitesse. Agrippé fermement aux chaînes, il vit l'androgyne se balancer doucement avec son pied, attendant patiemment que les autres prennent place. Il inspirait profondément pour tenter de reprendre le contrôle sur son corps. Comment pouvait-on à ce point être effrayé par des attractions sensées apporter de la joie ? Il ne se souvenait plus d'où lui venait sa peur. C'était comme si elle avait toujours été là. Il n'avait pas confiance, il n'y pouvait rien.

Doucement, il sentit qu'on tentait de s'emparer de sa main droite. Lorsqu'il croisa le regard interrogateur de Bill, il lâcha aussitôt la chaîne et entrelaça leurs doigts. Lentement, il sentit son cœur reprendre un rythme plus normal. Le monde autour de lui semblait avoir disparu. Il n'entendait plus les remarques impatientes des autres passagers, pas plus qu'il ne fit attention aux paroles du forains annonçant le départ. Une première secousse lui indiqua que l'attraction se mettait en mouvement. Doucement, il commença à tournoyer. La force centrifuge entra bientôt en action et il ne sentit plus le sol sous ses pieds. Une main crispée sur à la chaîne, l'autre tenant fermement celle de Bill, il laissa la magie opérer. Le vent lui fouetta le visage et lorsque le manège fut pousser à sa vitesse maximum, il se sentit presque voler. Il ferma les yeux, laissa un sourire gagner ses lèvres et profita pleinement de toutes ces sensations qui l'envahissaient. Défiant les lois de la gravité, il avait l'impression d'être libre, comme si rien ne pouvait l'arrêter, comme s'il était capable de tout réaliser. Une douce chaleur se répandit dans sa poitrine tandis que de petits frissons de bonheur le parcourait des pieds à la tête. Un mouvement d'inclinaison le fit descendre légèrement puis remonter tout aussi rapidement. Un rire le sortit alors de ses pensées et il rouvrit les yeux. A moins d'un mètre de lui, Bill avait écarté les bras, sans pour autant lui lâcher la main, et se laissait totalement emporter dans son tourbillon de sensations. Seule la chaîne de sécurité qu'il avait autour de la taille l'empêchait de réellement prendre son envol. Doucement, Tom se décrispa et osa même lâcher la chaine qu'il avait pourtant serrée si fort jusque là. Il ne pu s'empêcher de rire à son tour. Il tourna la tête et croisa le regard plus qu'heureux de l'androgyne. Et là, juste là, il se sentit fier d'avoir trouvé le courage de mettre sa peur de côté pour monter sur ces chaises volantes. Il ouvrit la bouche, s'apprêtant à dire quelque chose, lorsque quelqu'un le devança, recouvrant presque la totalité des cris poussés par tous ceux qui se laissait emporter par le manège :

- I BELIEVE I CAN FLYYYY ! I BELIEVE I CAN TOUCH THE SKYYYY !

A quelques sièges devant eux, trois jeunes filles d'une vingtaine d'année se laissaient totalement entraîner par la force centrifuge, les bras bien écartés, reprenant en cœur cette chanson de R Kelly entrecoupée de fou-rire. D'autres voix se joignirent bientôt aux trois premières, à la plus grande stupéfaction de Tom. Il échangea un regard avec son plus proche voisin et tous deux explosèrent de rire, avant que Bill ne se décide finalement à rejoindre cette chorale improvisée. Parcouru de spasmes, le musicien ne parvenait pas à se calmer suffisamment longtemps pour entonner les paroles à son tour.

Le manège commença à perdre de sa vitesse, et Tom se surprit à le regretter. Lorsque les chaises volantes s'immobilisèrent enfin, il relâcha la main de l'androgyne et détacha sa ceinture de sécurité. Il se leva et chancela légèrement lorsqu'il voulu faire un pas en avant. Visiblement, il avait minimiser les effets que pouvait avoir un tel nombre de rotations sur l'être humain. Il patienta quelques instants puis retrouva ses esprits. Un bras s'agrippa au sien et il se retrouva entraîné vers la sortie. Ne relâchant absolument pas la prise qu'il avait sur lui, son colocataire lui demanda :

- Verdict ?

Le guitariste ne lui répondit que par un sourire, incapable de trouver les mots. Mais il lui en était reconnaissant, ça c'était certain. Le brun ne lui en demanda pas d'avantage et l'entraîna en direction de l'attraction suivante. Il prenait un risque, il le savait, mais maintenant que Tom était lancé, autant aller jusqu'au bout. Il fendit la foule comme il put, pestant contre ceux qui les bousculaient intentionnellement. Il prit sur lui et garda son calme. Hors de question que quelques malheureux idiots lui gâche cette sortie. Il passa devant le train fantôme sans y accorder la moindre attention et s'arrêta finalement devant ce qui devait être leur prochaine aventure. Il attendit patiemment que Tom cesse de regarder partout autour de lui et pose enfin les yeux sur le Grand Huit qui leur faisait face. Lorsque ce fut le cas, il le sentit se tendre aussitôt.

- Euh, Bill ... Qu'est-ce qu'on fait devant ... ce truc ?
- A ton avis ?
- Pas question !
- Oh allez, Tom ! Tu m'as fait confiance pour les chaises volantes et tu ne l'as pas regretté, par vrai ?
- C'est pas pareil.

Les mots franchissaient ses lèvres, ne se souciant absolument pas de blesser ou non malencontreusement son vis-à-vis. La peur avait pris le contrôle de ses actes et le poussa à reculer de deux pas.

- Je refuse de monter là-dedans.
- S'il te plaît.

Il connaissait bien son ami et savait pertinemment qu'il n'aurait jamais dû lever les yeux sur lui. C'est ce qu'il fit malheureusement et il se sentit aussitôt flancher. Il n'avait jamais su dire non à ces prunelles-là et aujourd'hui ne semblait pas déroger à la règle. Il essaya de tenir bon, mais Bill maîtrisait parfaitement le regard de chiot battu. Cependant sa peur était toujours là, bien tapi au fond de lui. Une peur irrationnelle, mais bien fondée. Il n'avait pas confiance dans ces immenses constructions de métal assemblées par l'homme. Il suffisait d'une vis mal posée, d'une pièce qui n'était pas à sa place. Il suffisait d'un trois fois rien pour que tout bascule. Il savait qu'il n'y avait qu'une chance sur un million que cela arrive, mais c'était une chance de trop. Il refusait de jouer sa vie à la loterie. Et pourtant, lorsque l'androgyne l'entraîna doucement en direction de la cabine de verre abritant la caisse, il n'opposa pas de résistance. Dans un état second, il le fit acheter deux billets avant de le laisser le conduire jusqu'à leurs places, tout à la fin du manège. D'un air absent, il boucla toutes les barrières de sécurité et se laissa glisser au fond de son siège. Il agrippa fermement les poignées en acier accrochées aux barres de fer recouvertes de mousse qui lui tombait devant le torse et l'empêcherait de tomber dans les virages. Une chance sur un million de mourir dans cette attraction. Oui, mais une chance sur un million de mourir avec Bill. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ça le rendait presque heureux.

- Hey Darling ...
- Hum ?
- Je ... je suis désolé. Tu peux descendre si tu veux. Y a pas de soucis.

Il osa enfin croiser son regard et pu y voir une dose énorme de culpabilité. C'était sans doute un peu tard, mais il su l'apprécier. Il lui sourit faiblement et tenta de ne pas trembler trop violemment. Mordant sa lèvre inférieur, l'androgyne observait son voisin en silence, cherchant un moyen de le rassurer. Il laissa finalement son regard vagabonder sur ce qui allait être leur futur parcours et se sentit ronger par le remord. Il avait voulu pousser Tom à surmonter sa peur pour qu'il puisse profiter pleinement de leur sortie, mais il doutait de plus en plus que ce soit une bonne idée. Et têtu comme il l'était, le musicien ne descendrait pas. Il poussa un soupir et reporta son attention sur son ami. Tout ce qu'il pouvait faire c'était ...

Relâchant l'une de ses poignées, il tendit doucement le bras en direction du guitariste et s'empara timidement de sa main. Il entrelaça leurs doigts et serra aussi fort qu'il put, tenant à lui montrer qu'il était là, qu'il ne le lâcherait pas.

- Si tu as peur, je veux que tu t'agrippes aussi fort que tu le peux, d'accord ?
- J'vais te faire mal.
- On s'en fout, Tommy. C'est à cause de moi si tu es là, alors on s'en fout.

Une première secousse et le wagon démarra. Tom se crispa aussitôt et se colla contre le dossier de son siège, déterminé à ne faire plus qu'un avec lui. Il aurait voulu pouvoir profiter pleinement de ses deux mains et s'accrocher aussi fort qu'il le pouvait, mais pour rien au monde il n'aurait lâché Bill. Tandis qu'ils remontaient doucement la première pente, celle destinée à leur donner le plus d'élan possible, il essaya de calmer sa respiration et de ne plus penser à rien. Le sommet arriva bien trop rapidement à son coup, et lorsque leur wagon dévala la descente à toute vitesse, il eut l'impression que son cœur était brusquement remonter au bord de ses lèvres. Instinctivement, il ferma les yeux et essaya d'oublier tout ce qui l'entourait. Il s'agrippait le plus fort possible, se souciant peu de broyer la main de l'androgyne, bien trop occupé à tenter de ne pas mourir de peur. Une descente un peu plus raide que les autres provoqua une drôle de réaction en lui, et avant même qu'il ne le réalise, il s'entendit crier de toute ses forces. Bizarrement, extérioriser sa peur de cette façon le soulageait un tant soi peu, aussi chaque virage un peu trop brusque, chaque dégringolade dans le vide fut accompagné d'un cri de délivrance. Il crut que son cœur allait brusquement le lâcher lorsqu'il se retrouva la tête en bas, maintenu en place uniquement par des barrières de sécurité qui lui semblaient prête à céder à tout moment. Il n'avait jamais cru en Dieu et n'allait certainement pas commencer aujourd'hui, et pourtant il se surprit à prier tout et n'importe quoi dans le but de s'en sortir vivant.

Tremblant sur son siège, c'est à peine s'il sentit que leur wagon s'arrêtait. Autour de lui, il entendait les rires des autres personnes présentes et leurs commentaires enthousiastes. Il sentit que la main de Bill lui échappait et bien que le manège soit arrêté, il se sentit tomber dans un puits sans fond. Quelqu'un l'obligea à lâcher prise et la sécurité qui lui tombait sur les épaules et le torse disparue rapidement. Avant qu'il n'ait le temps de vraiment réaliser ce qu'il se passait autour de lui, il se retrouva debout sur ses jambes, hors de cette machine infernale, deux bras l'enserra avec force dans une étreinte désespérée. Il s'agrippa à la veste qu'il pouvait sentir sous ses doigts et se concentra sur ce battement régulier qu'il pouvait sentir contre son torse. Il essaya de calquer son propre rythme cardiaque sur celui qui lui parvenait, voulant retrouver son calme. Son corps était toujours pris de tremblements et il se maudit lorsqu'une unique larme lui échappa.

- Ca va allez Tommy. T'inquiètes pas, c'est finit. Plus jamais j'te fait monter dans ce genre de truc, j'te le promets sur ce que j'ai de plus cher.

- Pardon. Pardon, pardon, pardon.

Ce mot résonnait à ses oreilles encore et encore, si bien qu'il se demandait si ce n'était pas un effet produit par son esprit encore embrouillé. Avec précaution, comme s'il redoutait ce qu'il allait voir, il ouvrit timidement les yeux. Il réalisa alors qu'il était bien sur la terre ferme, du moins sur les estrades de métal mise en place par les forains. Reprenant totalement contact avec la réalité, il constata alors que la litanie de « pardon » était bien réelle. Il se décolla tout doucement de son ami, laissant tout de même un contact physique entre leurs corps, et posa deux doigts sur ces lèvres si tentatrices pour l'inviter à se taire. Il lui adressa un sourire qu'il voulait rassurant puis entremêla leurs doigts pour finalement l'entraîner un peu à l'écart, loin de ce Grand Huit qu'il n'était pas prêt de tester à nouveau. Il s'arrêta au beau milieu de la foule et reporta son attention sur le brun qui semblait ronger par la culpabilité. Il voulu s'emparer de son autre main aussi mais à peine l'eut-il frôler qu'un gémissement de douleur lui parvint. Aussitôt toute trace de peur disparu, remplacer par une montagne d'inquiétude

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Il vit Bill tenter de cacher sa main derrière son dos et afficher un sourire contrit.

- Tout va bien, t'en fais pas.
- Honey ...

Le brun laissa échapper un soupir et consenti à lui montrer l'étendu des dégâts. Inconsciemment, Tom s'était accroché à lui de manière désespéré, n'hésitant pas à lui broyer littéralement les doigts.

- Disons juste que t'as pas fait semblant.
- Je suis désolé, je ...

Un regard noir l'arrêta dans sa tentative d'excuse. L'androgyne jeta un œil à sa main meurtrie et la secoua légèrement pour tenter de faire disparaître cette sensation de paralysie. En tout cas, il ne douterai plus jamais de la force de Tom, ça c'était certain. Retrouvant son sourire, il préféra enchaîner sur autre chose, lui faisant bien comprendre que le sujet était clôt :

- Et maintenant, on fait quoi ?

Le musicien pinça les lèvres, retenant un nouveau flot d'excuses. Il laissa échapper un soupir puis commença à regarder autour de lui, à la recherche de leur prochain périple. Il haussa finalement les épaules, peu attiré par le carrousel, les auto-tamponneuses ou ces voitures suivant désespérément le même trajet et réservées aux plus petits.

- J'sais pas. On va voir plus loin ?
- Ca marche.

Ils reprirent leur avancer, laissant leurs regards vagabonder un peu partout. Les prunelles du brun s'accrochèrent à un manège qui l'attirait fortement mais risquait très certainement de ne pas plaire à son colocataire. Le Crazy Jump, si ses yeux ne le trompaient pas. Bien moins violente que le Grand Huit, cette attraction tournait sur elle-même, à la manière des chaises volantes, mais secouait ses passagers dans tous les sens. Les sièges étant retenus par le haut, il était près à parier que les sensations devant être incroyable. Comme un sentiment de liberté totale. Les pieds dans le vide, les bras libres, ... presque prêt à s'envoler.
Il détourna finalement le regard et secoua la tête pour chasser cette envie de son esprit. Tom avait assez eut d'émotions fortes pour ce soir. Il s'en voulait d'avoir quasiment fait un caprice pour un stupide manège que son ami n'avait pas apprécier et n'était pas prêt de recommencer.

Autour d'eux, l'agitation n'avait pas faiblit. Les gens allaient et venaient, se laissant guider par leur envie et l'ambiance générale. La nuit commençait à tomber et la fête foraine se montrait sous un nouveau jour. Les illuminations qui décoraient chaque attraction remplaçaient peu à peu la lumière du soleil et apportaient avec elles une atmosphère plus féérique, plus magique.

- Ca te dit de manger un truc ?

Il acquiesça en souriant et se laissa entraîner. Tom le conduisit devant un stand proposant toutes sortes de chose, allant des simples confiseries classiques à la célèbre pomme d'amour introuvable en dehors de cette saison. Il observait l'étalage d'un bout à l'autre, lorgnant sur les nougats et les sucettes géantes.

- Tu veux quoi ?
- Franchement ? Tout. T'es cruel de me montrer tant de sucreries ! Tu sais bien que je ne peux pas y résister !

Un éclat de rire lui répondit. Il se contenta de lui tirer la langue avant de reporter son attention sur cet étalage de gourmandises. Il sentit la main du musicien lui échapper tandis qu'un léger bisou survola sa joue. Mais même cette marque d'affection ne parvint pas à le décoller de cette vision paradisiaque. Sa plus grande faiblesse se trouvait devant lui, à portée de main. Il lui suffirait juste de se décider, de faire un choix. Mais comment laisser quoique ce soit de côté ?

- Tu veux bien me tenir ça ? J'pourrai pas tout porter à moi tout seul.

Son esprit occulta aussitôt toute idée sucrée et se tourna vers son vis-à-vis qui lui tendait un sac en plastique apparemment bien rempli. Fronçant les sourcils, l'androgyne s'en empara, intrigué, et fut surprit par son poids.

- C'est quoi, ça ?
- Ta réserve de sucrerie pour le prochain mois. Quoique ... te connaissant, ça va faire deux semaines à tout casser.

Bill écarquilla les yeux et ouvrit brusquement le sac, découvrant avec émerveillement un regroupement de bonbons en tout genre, de pomme d'amour, de sucettes géantes, et tout ce dont il avait eut envie depuis les cinq bonnes dernière minutes. Il ne chercha même pas à retenir un cri de joie et se rua sur le guitariste pour le prendre dans ses bras. Son élan les fit légèrement vaciller et Tom ne pu récupérer la monnaie que lui tendait le forain. L'homme laissa libre court à son rire, à la fois amusé et attendrit par cet étrange duo.

- T'es complètement fou, Darling !
- Que veux-tu. Que ne ferais-je pas pour toi ?

Les joues de l'androgyne s'empourprèrent tandis qu'un sourire gêné prenait place sur ses lèvres. Cette simple vision emballa bien vite le cœur de Tom qui préféra détourner les yeux, reportant son attention sur le forain qui lui tendait toujours ses quelques pièces. Il intercepta sans problème son regard légèrement moqueur mais pas méchant. L'adolescent grogna pour la forme, récupéra son argent puis s'empara finalement de l'immense barbe-à-papa qu'il avait commandé quelques minutes plus tôt. Il récupéra le sac en plastique, refusant de laisser Bill le porter, puis l'entraîna sur le chemin, cherchant à nouveau une future étape.

- Et comment tu vas faire pour manger ?

Le brun piochait sans ménagement dans ce qui ressemblait à une grosse boule de coton, amenant les filaments roses jusqu'à sa bouche. Le musicien se contenta de hausser les épaules. Ce n'était pas pour lui qu'il l'avait acheter. Levant les yeux au ciel, son colocataire s'empara du bâtonnait, lui libérant ainsi une main. Pourtant, c'est avec surprise qu'il vit Bill lui proposer un peu de la sucrerie. Il n'eut qu'à entrouvrir les lèvres pour s'en emparer et il ne put résister à l'envie d'attraper ses doigts en même temps. Il jouait avec le feu, il en avait conscience, mais l'androgyne ne vit rien de suspect dans ce geste et se contenta d'en rire avant de finalement récupérer ses doigts. Il arrêta brusquement d'avancer, les yeux rivés sur quelque chose situé un peu plus loin, souriant. Tom suivit alors son regard et se retrouva face à face avec la Grande Roue.

- Et ça, t'aime bien ?

Il y avait tellement d'espoir dans cette voix qu'il était prêt à parier qu'une réponse négative lui aurait brisé le cœur. Il acquiesça et reçu en retour un sourire éclatant. Son cœur s'emballa à nouveau et il demanda, l'espace de quelques secondes, si Bill n'avait pas pour projet de le tuer à coup de sourires éclatant. Il se laissa entraîner vers la file d'attente et prit son mal en patience. Il jeta un coup d'œil devant lui et grogna lorsqu'il constata que tout Leipzig semblait s'être donné rendez-vous ici. Il allait faire part de son mécontentement à son compagnon de galère lorsqu'il remarqua que celui-ci fixait obstinément quelque chose. Regardant dans la même direction, il tomba sur un stand de tir à la carabine où d'énormes peluches étaient exposées pour attirer les clients. Et visiblement, ça marchait plutôt bien. Qui aurait cru que Bill Harkins aimait les peluches ? Pas lui, en tout cas. Il le savait adepte des câlins, mais ce n'était pas vraiment significatif.

- Honey ?

L'interpellé décrocha finalement du gros nounours brun qui le fascinait depuis trois bonnes minutes et accorda son attention à son vis-à-vis.

- Oui ?
- J'peux te laisser tout ça trente secondes ? J'ai oublié un truc mais ça m'ennuierait qu'on perde notre place dans la file. J'me dépêche, c'est promis.
- Pas de soucis.

Il appuya sa réponse d'un sourire et prit le sac que lui tendait Tom pour le déposer à ses pieds, veillant bien à ce que personne ne le lui prenne.

- J'bouge pas d'ici.
- Génial.

Un baiser papillon se posa sur sa tempe puis le musicien disparu presque en courant. Il le regarda s'éloigner quelques instants puis posa ses yeux sur la Grande Roue. Tout ce qu'il espérait maintenant, c'était que son colocataire ne tarde pas trop à revenir. Sans la moindre petite once de remord, il termina la barbe-à-papa en une bouchée et envoya le bâton dans la poubelle située à moins de trois mètres de lui. Heureusement pour lui, il atteint son but du premier coup, ce qui lui évita de devoir sortir de la file. Pas question de risquer de perdre sa place parce qu'il voulait jouer les écologistes.

Le manège se stoppa et libéra la cinquantaine de personnes réparties dans les différentes cabines. Les clients suivant prirent alors leur place tour à tour, faisant bouger la file d'attente. L'androgyne fronça les sourcils mais poussa finalement un soupir de soulagement lorsque le forain leur indiqua qu'ils devraient attendre le prochain tour, celui-ci étant complet. Il consulta alors sa montre et constata que Tom était parti depuis un peu plus de sept minutes. Qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre tant de temps ? Il réprima un grognement et commença à maugréer dans son coin. Il ne manquerait plus qu'il soit obliger de monter seul dans la Grande Roue. L'attraction perdrait incontestablement de son charme. Il n'allait pas tarder à affubler son colocataire de charmants noms d'oiseaux lorsqu'une respiration saccadée se fit soudainement entendre derrière lui. Il se retourna et se retrouva face à un Tom à bout de souffle qui lui tendait un ourson noir d'une cinquantaine de centimètres tenant entre ses pattes avant un gros cœur violet sur lequel était brodé en blanc le traditionnel "I love you". Bill chercha son regard mais le guitariste tournait obstinément la tête. Ses joues étaient particulièrement rougies mais ne devaient pas être dû uniquement à sa récente course à pieds. Les mots désespérément coincés dans la gorge, le brun tendit une main en direction de la peluche et s'en empara timidement, comme s'il doutait qu'elle soit vraiment pour lui. Voyant que Tom ne l'arrêtait pas, il s'en empara finalement et la serra contre lui et commença à la fixer. Tout un tas d'idées lui traversèrent l'esprit à une telle vitesse que lui-même ne les comprenait pas toutes. Il finit par relever la tête mais ne croisa toujours pas ce regard chocolat qu'il connaissait par cœur. Il aurait voulu le remercier, lui dire combien il se sentait touché, mais ce ne furent pas ces mots-là qui franchirent ses lèvres :

- Pourquoi ?

Le musicien s'attendait à tout sauf à ça. Il s'était même préparé à ce que son colocataire se moque de lui, mais pas à ça. Il glissa ses mains dans ses poches et tenta de prendre un air détaché.

- C'est juste que ... tu les fixais et t'avais l'air ... d'en vouloir un.
- Je ...
- Mais si j'me suis trompé c'est pas grave, hein ! Tu peux le rapporter et l'échanger contre autre chose ! Ou si tu veux rien du tout, on pourra le refiler à une fillette qu'on croisera par hasard, j'suis sûr que ça lui fera plaisir !

Il allait ajouter autre chose, proposant une nouvelle alternative à cet acte plus que foireux, s'embrouillant tout seul un peu plus, lorsqu'un poing s'abattit brusquement sur son épaule. Il ne put retenir un cri de protestation et frotta sa peau faiblement endolorie, plus par réflexe qu'autre chose.

- Ca va pas, nan ? Tu crois peut-être que je vais le refiler à la première gamine qui passe ? Je l'ai, j'le garde !

Pour appuyer ses dires, il serra l'ourson très fort contre lui et le défia du regard de venir le lui reprendre. Tom sentit un poids énorme le quitter et il lui sembla que son cœur recommençait seulement à battre. La chaleur qu'il sentait sur ses joues l'informa qu'il devait toujours être aussi rouge et il pesta intérieurement contre les réactions de son corps. Il fut soulagé que Bill ne lui pose pas plus de questions. Il n'aurait pas eut le courage de lui expliquer qu'il avait batailler contre ces foutus ballons gonflés à l'hélium qui ne voulaient pas se laisser crever. Il pria le ciel pour que l'androgyne ne prête pas tellement attention à l'inscription présente sur le cœur violet. D'un autre côté, une toute petite part de lui espérait secrètement que ces quelques mots brodés feraient réfléchir le brun. Il n'y croyait pas tellement, mais à part l'espoir, qu'est-ce qu'il lui restait ?

- Hey les jeunes, vous montez ou pas ?

Les deux adolescents sursautèrent et se tournèrent en même temps vers le forain qui les avait interpelé. Ils remarquèrent alors qu'il n'y avait plus personne devant eux et qu'une cabine attendait sagement qu'ils prennent place à l'intérieur. Bafouillant des excuses sans queue ni tête, ils récupérèrent leur sac de sucreries et s'engouffrèrent dans l'habitacle. L'homme referma derrière eux non sans pester contre cette jeunesse qui allait finir par lui faire perdre la tête et démarra enfin sa Grande Roue, proposant à ses clients une vue imprenable sur les alentours pour les huit prochaines minutes.

Dans la cabine, Bill était presque le visage collé contre la vitre, ne voulant pas rater une seule seconde de ce qu'une telle hauteur offrait. Il avait toujours adoré cette attraction malgré sa grande simplicité. Elle prenait tout son sens la nuit, lorsque seules les illuminations de la fête foraine éclairait la ville. A ses yeux, c'était tout simplement un moment magique. Pourtant son esprit était à des kilomètres de là, insouciant face à ce spectacle de lumière qui l'enchantait tellement habituellement. A plusieurs kilomètres, ou peut-être juste à côté, à tout juste un mètre de lui, sur le banc voisin au sien. Dans le reflet de la vitre il observa le visage de Tom et le sourire qui ornait ses lèvres. Une douce chaleur et une sensation de bien-être se répandirent en lui tandis qu'il sentait ses joues se colorer à nouveau. Il resserra sa prise sur sa toute nouvelle peluche et un sourire qu'il pourrait qualifier de tendre éclaira son visage. Juste un moment magique.