Catégorie : Tokio Hotel
Paring : Bill/Tom.
Genre : Friend-ship, romance, humour (ouais, y paraît XD)
Rating : M.
Résumé : « Deux frères que la vie à séparé mais que le hasard va réconcilier. Peut être même un peu trop. Bien trop différents l'un de l'autre, la cohabitation risque d'être dure. Chacun à ses problèmes, chacun à sa vie. L'un dans un quartier riche, l'autre dans un quartier pauvre.
Petit à petit, passant au-delà des différences, un rapprochement se fait. Tout se complique quand Tom commence à se poser beaucoup trop de questions. Pourquoi ressent-il se besoin d'être près de lui ? Pourquoi cette envie de le protéger ?
Et Bill dans tout ça ? Qu'en pense-t-il ? »
Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !
Deux frères, deux mondes
Chapitre 32 : Douloureuse vérité
Il était fatigué, à bout de souffle, son corps protestait contre l'effort qu'on lui demandait encore après toutes ces heures passées à courir, mais Tom refusait de s'arrêter pour autant. Il avait cherché partout et maintenant il tentait de se souvenir quel chemin lui avait fait prendre Bill chaque fois qu'il l'avait emmené chez Jezz. Le musicien commençait à désespérer lorsqu'il reconnut enfin le quartier. Pour lui les HLM se ressemblaient tous, mais il se rappela que le hall de celui qui l'intéressait avait été refait récemment, contrairement aux autres. Lorsqu'il trouva enfin le bon, il s'engouffra dans l'immeuble et dévala les marches menant à l'appartement de Jezz. Il tambourina à la porte tout en essayant de retrouver une respiration normale, se moquant bien de réveiller tout le voisinage par ses coups. On lui ouvrit enfin et lorsque le regard glacial de Matt croisa le sien, il sut qu'il avait enfin retrouvé son Honey.
- Qu'est-ce que tu veux ?
Malheureusement pour le guitariste, le ton du jeune homme était à l'image de ses yeux. Il tenta de ne pas perdre contenance et répondit :
- Je veux voir Bill. Je sais qu'il est là.
- Peut-être, mais lui n'a pas envie de te voir.
- Laisse-moi entrer.
- Non.
- Laisse-moi entrer, bordel ! Il faut que je lui parle !
- Pas besoin, tout à déjà été dit, je crois.
Matt referma violemment la porte avant que Tom n'ait pu répondre quoique ce soit. Le guitariste jura avant de frapper le mur, espérant évacuer un peu de sa rage. La tristesse remplaça peu à peu la colère et il finit par perdre espoir. Il ne s'en alla pas pour autant et s'apprêtait à investir l'escalier pour les prochaines heures lorsque la porte s'ouvrit de nouveau. Il s'attendait à voir Jezz mais il tomba sur Mel. La jeune fille avait les yeux rouges, sans doute d'avoir trop pleuré, et les traits tirés par la fatigue.
- Entre.
Bien qu'étonné, il ne se le fit pas dire deux fois et la suivit jusqu'au salon où elle l'invita d'un geste à s'assoir. Il s'exécuta et attendit la suite tout en essayant d'éviter les regards haineux que lui lançaient les deux autres jeunes hommes. Discrètement, ses yeux firent le tour de la pièce mais il constata que Bill n'était pas là. Mel dut remarquer son petit manège puisqu'elle lança :
- Il est dans sa chambre. Il dort.
Tom acquiesça, ne sachant pas quoi répondre à cela. Il restait néanmoins sur ses gardes vis-à-vis de la jeune fille. Au vue de son comportement envers lui depuis qu'ils se connaissaient, il trouvait presque anormale qu'elle lui parle aussi calmement. Mais du point de vue de Mel, il était tant de cesser les hostilités. Du moins en partie. Ce qu'elle avait tant redouté avait fini par se produire alors il ne lui restait plus qu'à limiter la casse pour éviter que Bill ne souffre autant que la dernière fois.
- Je veux entendre ta version de l'histoire.
Le musicien chercha où se trouvait le piège et sonda la jeune fille du regard. Mais à part une grande lassitude, il ne rencontra rien. Dire qu'il était surpris serait un euphémisme. Il n'avait jamais rien vu d'autre dans ces prunelles bleues que la méfiance et une certaine forme de mépris. Il se racla la gorge et tenta de faire abstraction des trois regards perçants qu'il sentait posés sur lui :
- Je ... je ne demandais rien à personne quand on est venu toquer à la porte et je suis tombé sur Sam. Au début je ne l'avais pas reconnu. Je lui ai dit que Bill n'était pas près de revenir et qu'elle ferait mieux de rentrer chez elle mais avant que je ne comprenne quoique ce soit, elle s'est jetée sur moi ! J'vous jure que c'est vrai, cette fille ne m'intéresse même pas ! Et puis j'aurais jamais fait ça à Honey ! J'pourrais jamais lui faire de mal, je ...
Il prit sa tête dans ses mains et soupira. Il aurait beau dire tout ce qu'il voudrait, Mel ne le croirait jamais. Pourquoi le ferait-elle d'ailleurs ?
- Ça va, ne va pas te faire un claquage du cerveau à tergiverser comme ça. On te croit.
Tom se redressa aussitôt et interrogea tour à tour du regard les trois juges de ce tribunal improvisé. Jezz fut le premier à bouger. Il délaissa la cloison où il s'était adossé et rejoignit Mel sur le canapé, bientôt imité par Matt.
- Tu n'as fait que confirmer ce qu'on avait supposé.
Le soulagement eut à peine le temps de le gagner que du bruit se fit entendre dans l'une des pièces adjacentes. Trois regards convergèrent vers un même point et le guitariste eut l'espoir de voir apparaitre son colocataire.
- Je crois qu'il est réveillé. Tu devrais y aller.
Il crut d'abord qu'il avait mal compris, aussi se tourna-t-il vers la jeune fille. Il ne put rien obtenir d'elle puisqu'elle gardait les yeux résolument fermés. Il voyait ses poings serrés mais en ignorait la raison. Il se leva prudemment, attendant que l'un des trois ne le jette finalement à la porte vite fait bien fait. Voyant que personne ne s'opposait à son action, il avança d'un pas, puis de deux, jusqu'à se retrouver devant la porte de la chambre de Bill. Il toqua et entra sans attendre de réponse, refermant derrière lui. Le manque de luminosité le frappa et il mit quelques instants à s'habituer à l'obscurité. L'androgyne se tenait face à la fenêtre et ne semblait pas s'être aperçu de sa présence.
- ... Honey ?
L'androgyne se tourna vers lui et contrairement à ce qu'avait imaginé Tom, il ne montrait pas le moindre signe de colère ou de mécontentement. Il attrapa sa veste et l'enfila avant de sortir de la pièce et d'inciter Tom à faire de même d'un simple signe de tête. Il récupéra ses santiags dans le salon et les enfila avant d'échanger un long regard avec Mel, l'un de ceux dont ils avaient le secret et qui vous donnaient rendez-vous dans dix ans avec le nom du restaurant, l'heure et le numéro de la table. Il adressa un dernier geste à Matt et Jezz tout en les remerciant silencieusement pour leur aide et entraîna Tom hors de l'appartement.
Tous deux marchaient dans les rues de Leipzig, le brun en tête. Le musicien ne savait pas à quoi s'attendre et s'étonnait de ne pas avoir eu droit à des hurlements dignes de ce nom. Pourtant Bill ne semblait pas sur le point de provoquer la moindre dispute et paraissait atrocement calme, laissant traîner son regard un peu partout, comme incapable de se fixer sur quelque chose de précis. Le jour commençait à peine à se lever lorsqu'ils arrivèrent à Malmedy. Ce fut toujours dans le silence qu'ils regagnèrent leur habitation. Tom referma derrière eux et s'appuya contre la porte, suivant des yeux les allées et venues de Bill entre sa chambre et la salle de bain. De son côté l'androgyne ignorait comment engager la conversation et faisait tout pour retarder le moment crucial. Il n'osait même plus regarder le guitariste en face, alors lui parler ... Les choses allaient s'avérer plus difficiles que prévues. Face au miroir de la salle d'eau, les mains crispées sur le lavabo, il tentait de se redonner du courage. Après tout, ce n'était que Tom. Son colocataire, son ami. Tom qui serait bien injuste de le juger, lui qui s'était découvert quelques semaines plus tôt des sentiments pour un garçon.
A cette pensée, le cœur de Bill se serra. Il était peut-être là le problème. Il venait de se découvrir une attirance loin d'être bénigne et ses espoirs étaient morts avant même d'avoir eu le temps d'exister. Non, il ne fallait pas qu'il résonne de cette façon. Et puis ce n'était pas vraiment le sujet pour l'instant. Il fallait qu'ils parlent de Sam et qu'ils mettent les choses au clair. Le brun inspira, remit vaguement un peu d'ordre dans ses cheveux et rejoignit enfin le musicien dans le salon, assis à même le sol entre la table basse et le canapé. Il s'installa à ses côtés après lui avoir adressé un faible sourire et tous deux commencèrent à fixer l'écran noir de la télévision, évitant soigneusement de se regarder. Se sentant responsable de toute cette situation, Tom fut le premier à briser le silence :
- Je suis désolé. J'ai essayé de la repousser, j'te le jure, mais tu es arrivé et ...
L'androgyne rapprocha ses jambes de son torse et les entoura de ses bras. Il sentait que son ami était profondément désolé mais lui-même ne trouvait pas les mots qu'il jugeait juste. Sans oublier qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il devait dire.
- Te fatigue pas. Je connais Sam et crois-le ou non mais je l'ai déjà vu en pleine séance de drague alors que j'étais dans le coin.
- Alors pourquoi ... pourquoi t'es parti comme ça ?
Bill soupira et enfouit son visage entre ses genoux. Il ne voulait pas de cette conversation et ne voyait pas comment y échapper.
- Comment voulais-tu que je réagisse ? Je savais déjà de quoi était capable Sam et j'me faisais aucune illusion quant à sa fidélité. Mais toi, Tom ... Comment est-ce que toi tu as pu me faire ça ?
- ... Tu as dit que tu comprenais.
- J'ai pas dit ça. J'avais confiance en toi. J'm'étais dit qu'avec toi je craignais rien, que quoiqu'elle fasse elle ne t'aurait pas. Et j'vous trouve là, en train de ...
- J'voulais pas que ça arrive, j'peux te le promettre sur ce que tu voudras !
- Je sais. C'est juste que ... ça fait mal.
Il ferma très fort les yeux et attendit, bien qu'il ne sache pas quoi. Il se crispa lorsqu'un bras passa autour de ses épaules et sa respiration se bloqua quand Tom l'attira contre lui. Une main passa dans ses cheveux et il se détendit petit à petit alors que les perles salées avaient refait leur apparition sur ses joues sans faire de bruit. Le musicien attira son colocataire un peu plus contre lui, jusqu'à ce qu'il soit dans ses bras. Face à eux le jour se levait doucement sans qu'aucun des deux ne songent à briser le silence. Avec toute la douceur dont il était capable, Tom obligea Bill à lui faire face, leur visage n'étant séparés que de quelques malheureux centimètres. Il effaça consciencieusement chacune de ses larmes, jusqu'à la dernière, et lui adressa un sourire encourageant auquel le brun répondit plus faiblement.
- Honey ?
- Hu ?
- On va pas laisser une connerie pareille se mettre entre nous, pas vrai ?
Bill sembla peser le pour et le contre, au plus grand désarroi de Tom. Peut-être que l'androgyne pensait qu'il ne pouvait plus lui faire confiance maintenant ? Peut-être qu'il avait définitivement tout gâché ? Peut-être qu'il avait épuisé son quota de seconde chance ?
- Non, t'as raison. On va pas laisser Sam se mettre entre nous.
Un soulagement immense s'empara du musicien et il fit de son mieux pour retenir son soupir. Souriant à nouveau, il avait retrouvé sa bonne humeur et sa confiance :
- Tu verras Honey, notre amitié entrera dans la légende !
Le brun ne put retenir son rire, ce qui diffusa aussitôt une douce chaleur dans les veines du guitariste et fit s'envoler la dernière part de tension qui régnait entre eux. Décidément, il ne se lasserai jamais de ce son.
- Bon d'accord, peut-être pas jusque là. Mais l'idée est bonne, non ?
Bill acquiesça et mordilla sa lèvre inférieure pour s'empêcher de partir dans un fou-rire. Il voulait bien admettre que la situation n'était peut-être pas si amusante que ça mais rire leur faisait du bien à tous les deux. Et puis, il devait bien reconnaître que la volonté dont Tom faisait preuve pour chasser ses pleurs le touchait énormément. Il ne répondit pas à la question et se sentit partir dans ses souvenirs. Son Darling avait-il toujours été aussi adorable avec lui ? Depuis quand ferait-il n'importe quoi pour chasser sa peine ?
Il sentit que son colocataire replaçait l'une de ses mèches de cheveux rebelles, ce qui le ramena à la réalité. Il tomba alors sur un regard confiant teinté d'une douceur qu'il n'avait jamais remarqué avant. L'androgyne ne put s'empêcher de rougir bien qu'il ne sache pas vraiment pourquoi. Était-ce leur proximité qui lui faisait un tel effet ? Les choses allaient se révéler plus compliquées que prévues pour lui si c'était le cas. Mais quand il y réfléchissait bien, rien ne changeait vraiment. Il avait toujours été proche de Tom, bien plus proche que ne le veut une simple amitié en tout cas, alors il n'allait pas changer de comportement maintenant. Il lui suffirait de museler son cœur, et avec un peu de chance ses sentiments finiraient par disparaître à la longue.
Le musicien observait son vis-à-vis à la dérobée, ne pouvant s'empêcher de le trouver adorable avec ses joues légèrement rougies, bien qu'il n'en comprennait pas la raison. Il sentait néanmoins que son esprit voguait quelque part loin de lui, aussi décida-t-il de l'embrasser chastement, comme ils avaient l'habitude de le faire, pour le ramener à lui. Les prunelles chocolat se plongèrent alors dans les siennes, et sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, Tom se pencha à nouveau vers Bill, jusqu'à rencontrer sa bouche une deuxième fois. Cette fois néanmoins il ne se recula pas tout de suite et il lui sembla que son corps ne lui répondait plus. Avant qu'il ne le réalise, ses yeux s'était fermés et sa langue échappait à son contrôle. Il se maudissait pour ce qu'il faisait mais il avait l'impression de ne plus rien maîtriser. Il allait s'écarter, se répandre en excuses encore et encore, jusqu'à ce que son cœur n'explose lorsqu'il sentit que Bill entrouvrait légèrement ses lèvres, lui donnant accès à sa bouche.
Ils s'étaient déjà embrassés plusieurs fois mais cela n'avait définitivement rien à voir avec maintenant. Ce n'était pas aussi beau, aussi chargé en émotion, ... Tom ne pouvait tout simplement pas croire en sa chance. Il prenait tout ce que Bill lui donnait et appréciait chaque contact de ce baiser qui ne se reproduirait peut-être jamais.
Il se rapproche de lui jusqu'à emprisonner ses lèvres entre les siennes. Il le pousse doucement pour l'obliger à s'allonger. Il passe ses mains sous ce tee-shirt trois fois trop grand jusqu'à rencontrer la peau de Tom. Sans cesser de l'embrasser, il commence de légères caresses qui déclenchent involontairement un faible rire chez le musicien. Tom est totalement soumis à ces gestes tendres, passe lentement ses mains sur sa chute de reins. Ne voulant pas être totalement passif le guitariste caresse, frôle cette peau douce et chaude qui subit les assauts de sous ses doigts. Le brun gémit faiblement tout en continuant son œuvre.
Bill s'écarta précipitamment de son ami et posa sur lui un regard affolé. Face à cette réaction, Tom se recula à son tour et enchaina silencieusement les prières pour que la colère de Bill ne s'abatte pas sur lui. Entre deux serments, il ne pouvait s'empêcher de se maudire pour ce qu'il avait osé faire. Ils venaient tout juste de rafistoler leur amitié déjà bien ébranlée, et lui ne trouvait rien de mieux que de jouer un peu plus avec le feu. Les joues rouges de honte, le musicien se leva brusquement et s'en regarder son colocataire, laissa échapper quelques mots :
- Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
Marchant le plus vite possible tout en évitant de courrir, il s'engoufra dans la salle de bain dont il claqua violemment la porte. Aux pieds du canapé, l'androgyne n'avait pas bougé. Doucement, il passa ses doigts sur ses lèvres, comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de se passer. Il se découvrait des sentiments et la personne qui affolait ses sens l'embrassait quelques heures plus tard ? Tout allait beaucoup trop vite. Il n'avait encore rien eu le temps d'imaginer, mais tout son être lui criait que les choses ne devaient pas se passer comme ça. Sans oublier ces étranges images qui avaient envahi son esprit au moment où les lèvres de Tom s'étaient posées sur les siennes. Il voulait bien admettre qu'il avait toujours eu une imagination débordante mais, mais là c'était ... ce n'était pas ... normal.
Il prit sa tête entre ses mains avant de lâcher un soupir. C'était sans aucun doute la journée la plus merdique de toute sa vie. Ils allaient devoir avoir une autre grande conversation, mais là il ne s'en sentait absolument pas le courage. Il ne voulait même pas savoir pourquoi le guitariste l'avait embrassé. Il ne voulait plus entendre la moindre explication. Ce qu'il voulait vraiment, c'était aller se coucher, passer une bonne nuit de sommeil et se rendre compte à son réveil que tout ça n'avait jamais eu lieu.
Un miaulement brisa le silence pesant qui avait envahi l'appartement, suivit d'un autre. Bill rouvrit les paupières et chercha le chaton du regard, espérant que cela l'empêcherait de trop réfléchir ne serait-ce que pour quelques minutes. Il se laissa guider par les petits cris et arriva finalement dans la chambre de son colocataire. La petite boule de poils donnait des coups de patte contre quelque chose apparemment coincé entre le mur et la table de chevet. Les épaules du brun se relâchèrent et un autre soupir lui échappa tout en maudissant l'entêtement du chaton. Il attrapa délicatement Mikka qui l'empêchait d'accéder à l'objet en question puis il s'empara de ce que convoitait tant le petit animal. L'étonnement le gagna lorsqu'il réalisa qu'il ne s'agissait que d'une simple boule de papier froissé.
- Attends ... Tu m'as fait me déplacer pour ça ?
Le félin ne se préoccupait pas de lui, se contentant de fixer son jouet improvisé avec convoitise. L'androgyne leva les yeux au ciel avant de reposer la petite bête sur le sol. Il n'avait jamais été d'un naturel indiscret, mais Tom n'avait jamais été non plus du genre à laisser traîner ce genre de chose. Sans aucune arrière pensée, il déplia consciencieusement la feuille, curieux de ce qu'il allait bien pouvoir y trouver. Mais ses doigts se crispaient sur le papier au fur et à mesure que les mots défilaient devant ses yeux.
Nos torses se touchent, et des frissons se répandent sur tout mon être. Ses lèvres se posent sur les miennes. Il ne fait que les effleurer, me frustrant encore un peu plus. Et puis je sens de nouveau ses mains qui me parcourent ... Je suis pris dans un maelstrom d'émotions contradictoires : la honte de ce que je fais, le plaisir d'être touché, la peur de l'avenir, l'envie de lui ... Mes gémissements de douleur ont fait place à des soupirs d'extase. Ses mouvements s'accélèrent, me faisant gémir de plus en plus fort. Un coup de reins un peu différent des autres me fait hurler. Je lui agrippe les avant bras, lui demandant silencieusement d'attendre quelques secondes ... Mes jambes s'enroulent autour de sa taille, l'incitant à reprendre là où je l'avais arrêté. Il ne se fait pas prier. Le plaisir est de plus en plus fort, nos corps sont parcourus de frissons. Ils glissent l'un dans l'autre naturellement ... Moi Tom Trümper, le plus hétéro de tous les mecs, je venais de me faire baiser par un garçon.
Son regard devint flou. Les mots dansaient devant ses prunelles et tournaient en boucle dans son esprit. Il tremblait de tout son corps, de rage, de peur. Il n'aurait pas su mettre un terme sur tous les sentiments qui l'envahissaient.
- Honey ?
Il sursauta violemment et se retourna pour faire face à son colocataire qu'il n'avait pas entendu arriver. Il voulait des réponses mais se refusait à poser les questions. De toute manière, il n'était pas en état d'assembler les mots dans le bon ordre pour former une phrase correcte. Les souvenirs affluaient de toute part, lui montrant inlassablement les images de tout ce qu'il avait oublié. Sa tête commençait à lui faire mal, supportant difficilement le flot d'informations qui lui parvenait d'un seul coup. Chaque sensation lui revenait, parcourant son corps. Chaque son, chaque gémissement résonnait dans son esprit, accompagnant des images dont il aurait préféré ne jamais se rappeler.
- Honey, est-ce que ça va ? Tu es tout pâle ...
Tom avança d'un pas, mais le brun se recula aussitôt, voulant mettre le plus de distance possible entre lui et son vis-à-vis. Son cœur accéléra ses battements et ses yeux restaient désespérément écarquillés. Les images défilaient devant ses prunelles à une vitesse ahurissante. Il revoyait tout dans les moindre détails, comme si le fait d'avoir lu ses mots avait fait disparaître cette barrière invisible qui l'empêchait d'accéder à une partie de sa mémoire.
- Dis-moi que c'est faux ... J't'en supplie, putain dis-moi que c'est faux !
- Mais quoi ?
Tom commençait à s'affoler, ne voyant pas ce qui avait pu causer une telle réaction chez l'androgyne. Ce dernier le regardait comme s'il ne le reconnaissait plus, comme s'il avait peur de lui. Et puis tout changea. La crainte et l'incrédulité disparurent pour laisser place à la colère :
- Tu m'avais dit que ce n'était que mon imagination !
- Bon sang, mais de quoi est-ce que tu ...
La lumière se fit dans l'esprit du guitariste lorsqu'il reconnut sans peine la feuille que Bill tenait entre ses doigts crispés. Celle-la même qu'il croyait avoir définitivement jetée. La fureur déformait les traits de son visage. Il avança d'un pas mais Tom recula à son tour.
- Comment est-ce que tu as pu me cacher qu'on avait ... qu'on avait ... Connard !
Il attrapa la première chose qui lui tomba sous la main et la balança en direction du musicien. Ce dernier évita son réveil de justesse et laissa la colère prendre le dessus. Il était hors de question qu'ils se battent mais il n'allait pas non plus se laisser frapper sans rien faire.
- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je te raconte tout ? Tu m'as évité pendant deux jours quand tu as su qu'on s'était embrassé ! Tu aurais fait quoi si tu avais appris toute la vérité, hein ? Tu te serais barré en Alaska ?
- Ce qui est sûr c'est que je serai parti loin de toi !
Tom fut touché en plein cœur et ne chercha pas à le cacher. Cela ne servirait plus à rien maintenant. Il n'avait plus rien à perdre puisque tout volait déjà en éclats.
- Tu as abusé de moi ! J'étais complètement soul, je ne savais plus ce que je faisais et tu en as profité !
- C'est toi qui m'a sauté dessus !
- Et tu vas me faire croire que tu n'avais pas la force de me repousser ? Tu as abusé de mon corps alors que je n'étais pas conscient de mes actes ! Tu m'as violé, Trümper !
La main de Tom atterrit sur la joue de Bill dans un claquement sonore. Ce geste les surprit tous les deux. L'androgyne porta ses doigts sur sa joue endolorie, comme s'il n'arrivait pas à y croire. Les larmes refirent leur apparition et il se maudit d'être aussi faible devant lui.
- J'te déteste ... J'TE DETESTE !
Il tourna les talons sans un regard pour le guitariste et s'enfuit de l'appartement en claquant la porte derrière lui. Le son que produisit ce geste résonna dans la tête de Tom, encore et encore, accompagnant l'image de son androgyne s'éloignant loin de lui, loin de ce qu'il avait fait.
Il recula jusqu'à rencontrer un mur et se laissa glisser jusqu'au sol, le regard vide. Il était fatigué. Fatigué de se battre, fatigué de croire. Il s'accrochait à cette histoire depuis bien trop longtemps maintenant. Il n'aurait jamais du espérer quoique ce soit. Bill ne l'aimait pas et après ce qu'il venait de se passer, il ne l'aimerait jamais. Et maintenant il avait même perdu son amitié. Il avait tout gâché. Il n'avait pas su se contenter de ce que Bill avait bien voulu lui accorder. Il avait voulu beaucoup plus et au final, il n'avait plus rien.
Les yeux grands ouverts, le regard toujours vide, il sentit une larme descendre le long de sa joue, suivit d'une autre, et d'une autre encore. Il rapprocha ses jambes de son torse et les entoura de ses bras, pleurant en silence. Cette fois, tout était terminé.
- B & T -
Gustav regarda l'horloge accrochée au mur à plusieurs mètres de lui et soupira pour la quatrième fois. Ses cahiers de cours étaient ouverts devant lui, de même que quelques manuels scolaires. Il tapotait le bout de son crayon sur ses feuilles et regarda sa montre, espérant que l'heure ait un peu avancée depuis la dernière fois.
- Mais qu'est-ce qu'il fout, bordel ?
Bill et lui étaient sensés se retrouver à dix heures à la bibliothèque pour quelques heures de révisions. Tom avait refusé de sacrifier une grasse matinée de plus et Georg ... Maintenant qu'il y pensait, le prétexte de Georg pour ne pas se joindre à eux avait été tout ce qu'il y avait de plus vague. Bill avait tout de suite accepté son offre, donc il ne s'y était pas attardé sur le moment, mais quel genre de course le bassiste pouvait-il bien faire un dimanche matin ?
Lorsque les deux aiguilles indiquèrent 10h30, Gustav décida qu'il en avait assez. Il rangea rapidement toutes ses affaires et quitta la bibliothèque, bien décidé à tirer Bill de son lit. Il était prêt à parier que Tom n'était pas innocent dans cette histoire. D'ici à ce qu'il ait convaincu son colocataire de passer la matinée sous la couette pour dormir encore un peu, il n'y avait pas des kilomètres. Chaque escalier qu'il grimpait était accompagné d'une malédiction à l'encontre du seul guitariste qu'il connaissait. Il était pour un rapprochement entre ses deux amis, certes, mais il ne fallait pas le prendre pour un con non plus. Arrivé devant la porte de l'appartement 121, il frappa sans aucune douceur, se moquant bien de réveiller les deux marmottes au passage. Les jurons avaient succédé aux malédictions mais personne ne vint lui ouvrir pour autant. Perdant patience, il se décida à utiliser sa propre clé et entra finalement dans l'appartement. Il remarqua tout de suite que les volets n'avaient pas été ouverts, ce qui n'arrangea pas son humeur puisque cela ne pouvait que signifier que personne n'était encore levé. Il actionna l'interrupteur, illuminant aussitôt la pièce. La première chose qu'il remarqua fut le désordre et le chaos qui régnait. Les meubles étaient sans dessus-dessous, le sol était jonché d'objets et de débris en tour genre. Malgré la surveillance mise en place par l'établissement, il craint un instant un cambriolage et son cœur s'affola, gagné par l'inquiétude. Il s'apprêtait à se diriger droit vers la chambre de Tom pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres dégâts lorsqu'il remarqua la présence de quelqu'un, assis dos au mur sans faire le moindre mouvement. La stupeur passée, il reconnut immédiatement son ami et la peur s'empara de lui. Il se précipita vers le guitariste et s'agenouilla à ses côtés, le secouant légèrement et l'interpellant pour le faire sortir de sa torpeur. Il remarqua tout de suite les sillons sur ses joues laissés par une crise de larmes qu'il avait sans aucun doute eu du mal à calmer.
Malheureusement ses efforts furent vains, Tom ne réagissait absolument pas à ses appels. Gustav s'imagina aussitôt les pires scénarios et tous avaient un point commun : Bill. Il n'y avait que l'androgyne pour plonger Tom dans cet état. Son hypothèse se confirma lorsqu'il constata qu'il n'y avait aucune présence du brun dans l'appartement. Il n'y avait que Mikka qui se frottait à lui tout en miaulant, réclamant visiblement quelque chose. Les miaulements du chaton firent néanmoins réagir le guitariste, qui le prit aussitôt contre lui et commença à le caresser sans vraiment s'en rendre compte, comme par automatisme. Contrairement à son habitude, le chaton ne se mit pas à ronronner. Son maître n'avait absolument pas compris ce qu'il demandait. Pour protester, il lui mordilla l'un des doigts, ce qui eut pour effet de le faire sursauter. Les prunelles chocolat reprirent un semblant de vie et se posèrent sur le petit agresseur. Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua enfin la présence de son ami à ses côtés. De sa voix enrouée, il lâcha un simple :
- Gus ?
- Hey mec, tu m'as foutu la trouille. Ça fait bien dix minutes que je t'appelle.
- Désolé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ici ? Et où est Bill ?
- Parti.
- Quoi ?
- Il est parti.
- Mais pourquoi ?
Tom ferma les yeux et bascula sa tête en arrière jusqu'à rencontrer le mur. Il rouvrit les paupières et laissa voir des prunelles embuées de larmes mal contenues. Gardant un œil sur lui, Gustav observa discrètement les alentours, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu se passer ici. Voyant qu'il n'apprendrait rien de cette façon, il reporta son attention sur son ami :
- Tom, dis-moi ce qu'il s'est passé.
- Il s'est souvenu.
Le blond fronça les sourcil, cherchant une fois de plus à déchiffrer les paroles toujours aussi confuses du guitariste. Il se répétait sans doute, mais il était vraiment grand temps que cette histoire se termine. Les éternelles montagnes russes émotionnelles que traversaient Bill et Tom au quotidien commençaient sérieusement à l'épuiser.
- J'ai fait une énorme connerie, Gus. Il a lu ce putain de texte que j'avais écris pour me sortir cette nuit de la tête et il s'est rappelé ce qu'il s'est passé ce soir-là.
La lumière se fit dans l'esprit du batteur et tout sembla prendre sens. Il ne savait plus s'il devait compatir ou non. Il y avait plusieurs semaines déjà qu'il conseillait à Tom de tout lui révéler. L'androgyne l'aurait forcément mal pris, mais certainement mieux qu'il ne l'avait fait aujourd'hui. L'espace de quelques secondes, il songea même que le brun pourrait être le responsable de tout ce capharnaüm, mais il le voyait plutôt fuir au lieu de tout saccager.
- Tu as pu t'expliquer avec lui ?
Le guitariste hocha la tête de gauche à droite et ferma les yeux. Il songea à avouer qu'il était fatigué de tout ça et qu'il renonçait mais il ne voulait pas s'engager dans une longue et éprouvante discussion pour le moment.
- Ok. Je vais le chercher.
- Gus ...
- Non, tu ne discutes pas.
Tom lui lança un regard partagé entre reconnaissance et lassitude. Il n'était pas vraiment certain de vouloir l'affronter à nouveau. Si Bill le regardait de cette façon encore une fois ...
- J'embarque Georg et on va le chercher. Toi ... tu bouges pas de là.
Gustav joignit le geste à la parole et quitta les lieux en vitesse. Courant dans les couloirs de la résidence, il s'arrêta devant son propre appartement et ouvrit la porte à la volée, persuadé d'y trouver le bassiste. Il allait crier pour le faire sortir de sa chambre mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Face à lui, Mood s'écartait brusquement de Georg et s'évertuait à poser les yeux partout sauf sur le blond. Ce dernier laissait son regard aller de l'un à l'autre, comme s'il ne parvenait pas à croire ce qu'il venait tout juste d'interrompre. Les joues plus que rougies par l'embarras, le brun se racla la gorge et se leva finalement, avançant à la rencontre de son ami.
- Salut Gus. On peut faire quelque chose pour toi ?
- Je ... Tu ... Toi et ... Mood ?
Les deux concernés rougirent encore un peu plus, ce qui eut pour effet de répondre à cette question posée à demi-mots. Tous deux attendaient une réaction, un geste, ... quelque chose qui montrerait qu'il ne s'opposait pas à leur volonté. Gustav se reprit rapidement et, malgré une légère rougeur, préféra passer outre et expliquer la raison de sa présence, notant tout de même dans un coin de son esprit qu'il faudrait qu'il songe à cuisiner son meilleur ami et à lui en faire baver pour avoir oser lui cacher ça :
- Il y a apparemment eu une sacrée dispute entre Bill et Tom. Faut qu'on aille le chercher.
L'embarras quitta aussitôt les deux autres lycéens qui reprirent leur sérieux. Si Gustav s'en mêlait, c'était que cette histoire prenait une direction préoccupante. Ils pouvaient déjà imaginer le guitariste au bord du suicide mental si son colocataire était parti en claquant la porte. La jeune fille se rapprocha d'eux, voulant prendre part aussi bien à la conversation qu'aux recherches :
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Le blond voulut tout lui raconter mais renonça finalement. D'une part il n'y avait pas de temps à perdre, et d'autre part ce n'était pas à lui de colporter les histoires de cœur de ses amis. Quoique, quand Bill saurait qu'il avait vu juste pour Mood et Georg ... Gustav se gifla mentalement pour penser à de telle choses en de telles circonstances et enchaîna :
- Mood, tu sais comment aller à Thuringe, si je me souviens bien.
- Euh ... oui. Pourquoi ?
- Parfait. Tu vas nous dessiner un plan et Georg et moi on commencera par là. Pendant ce temps, toi tu chercheras dans les endroits dont Bill t'a déjà parlé et où il est susceptible de s'être rendu.
Elle acquiesça et se mit aussitôt à la recherche d'une feuille pour accomplir sa première tâche. Quelque chose lui disait que l'androgyne ne pourrait pas y être, il devait bien se douter que ses amis iraient voir Jezz et les autres en premier, mais il fallait bien commencer quelque part.
A suivre ...
Ben moi j'dis, heureusement que j'ai fait les démarches auprès de mon opérateur internet trois semaines avant mon déménagement parce que cette connerie ne marche que depuis quelques jours. Technologie de meeeeeeeerde u_u
Et n'oubliez pas : paaaaaaas taper l'auteur XD Si vous la tuez, z'aurez jamais le fin mot de cette histoire !
