Disclaimer : Bleach suit son cours sous la plume de Tite Kubo, et non, je ne suis pas sa muse -même si j'aurais aimé l'être-.


Comment la vie de Shūhei Hisagi a basculé, part 3 / 4

Les premiers rayons de soleil filtraient à travers les pâles rideaux de la pièce et éclairèrent de leur beauté le bureau rangé. Plus loin, sur un canapé, deux êtres dormaient du sommeil du juste tandis que d'autres à l'extérieur s'éveillaient à la douce chaleur de l'astre.

Il était un peu plus de 7h et le Seireitei prenait vie. Une nouvelle journée s'annonçait et il fallait la préparer dès maintenant.

Hisagi émergea lentement d'un magnifique rêve et ouvrit les yeux. Au premier coup d'œil, il ne reconnu pas sa chambre. Oubliant ce détail, il porta par contre une attention particulière au poids plutôt léger mais bien présent contre son torse. Il comprit assez facilement qu'il avait dormi avec une femme, ça lui arrivait de temps en temps quand le moral n'y était pas. Généralement, il ramenait la femme dans sa chambre, pour l'intimité et la sécurité. Cette fois-ci, non. Il était chez la femme et c'est ce qui l'intrigua. Le corps féminin au dessus de lui remua doucement et il pu enfin voir son visage. Son cœur s'arrêta aussitôt avant de repartir bien lentement.

- C'est pas vrai, c'est pas possible. Qu'est-ce que j'ai fais hier soir ? songea le tatoué en proie à une soudaine amnésie.

C'est lorsqu'il se rappela avoir concédé son corps à son hollow pour la soirée qu'il comprit son erreur.

- DAAAAAARK !

- Quoi ?

- Qu'est-ce t'as fais hier soir ? s'enquit en l'instant l'hôte désemparé.

- J'ai fais l'amour à joli cœur, pourquoi ?

- Tu as quoi ?

- Bah j'viens de te l'dire, j'ai f-

- Tu as utilisé mon corps pour t'adonner à tes pulsions sexuelles avec un capitaine ? Tu serais pas un peu maso ma parole ? grogna Shūhei avec colère.

- Eh, j'te ferais dire que c'était c'que tu voulais au fond de toi et qu'elle a pris son pied joli cœur alors calme tes ardeurs ! répliqua de suite le blanc sur la défensive. Et si tu veux une preuve, tu n'a qu'à soulever la couverture.

Plus pour vérifier qu'autre chose, le brun souleva de quelques centimètres la masse de chaleur et après quelques secondes, la laissa retomber.

- Gros malade ! Elle va penser quoi de moi maintenant ?

- Que t'es un dieu du sexe pardi !

- Nous sommes tous deux nus sur un canapé, elle va forcément me prendre pour un violeur et me jeter au trou, se lamenta le vice-capitaine au bord de l'écroulement.

- Oi shinigami, si tu veux te plaindre, je suis sûr que ta copine la rousse se fera une joie de t'écouter, ricana la voix de son zanpakuto.

- Kazeshini, où es-tu ?

- Il me semble que j'ai été lâchement abandonné hier soir sur une commode car je gênais, grinça celui-ci à l'encontre de son camarade de monde intérieur.

Hisagi voulu se lever mais ne pu se résigner à réveiller le capitaine Soifon, de peur des représailles massacrantes qui l'attendraient. Il n'était pas non plu rassuré à l'idée qu'Omaeda n'entre par habitude pour venir réveiller sa supérieure à heure fixe. Et avec son érection matinale, il était gâté. Il étudia un peu plus la situation pour trouver une solution rapidement afin de ne pas mourir dans la seconde où la chef des commandos secrets sortirait de son sommeil.

- Arrête de réfléchir Hisagi, je vais te laisser partir de toute façon.

Il ignora cette phrase, tout droit sortie de la bouche de Dark. Il allait le laisser partir, c'est tout ce qui lui importa. Quelques secondes de réflexion et une ampoule s'alluma au milieu de ses neurones.

- Hein ?

Le poids qui le retenait prisonnier s'éloigna dans la couverture et lorsque la fraîcheur de la pièce vint lécher son corps nu, il comprit alors que ce n'était pas son hollow qui lui avait parlé, mais le capitaine Soifon.

- Habille-toi et file à ta division, je te ferais venir plus tard, fit-elle de sa voix posée en lui lançant ses vêtements.

Il enfila ses habits à grande vitesse et s'excusa auprès de la brune avant de quitter son bureau d'un shunpo discret.

[ . . . ]

Il avait passé une longue et mouvementée journée, entre la visite guidée aux quatre arrancars, l'entraînement avec celles-ci et l'éditorial du journal, sans parler du déjeuner avec ses curieux camarades, sa journée l'avait fatigué et pourtant, il n'avait pas eu encore de discussion avec la petite capitaine. C'est seulement en de rendant au bar comme tous les soirs qu'un papillon de l'enfer l'avait arrêté et qu'il avait pu faire une pause.

Il avait reçut le message avec du recul et était partit dans la seconde pour dissimuler sa panique à ses amis. Légèrement blanc, il était apparu dans un shunpo devant le bâtiment de la deuxième division et avait aussitôt été introduit auprès du capitaine par Omaeda. Il s'était retrouvé face à elle comme l'on se retrouve face à son destin : hésitant mais convaincu. Elle n'avait pas tenu rigueur de ses longues minutes d'excuses qu'il lui avait accordé à genoux et était entrée dans le vif du sujet.

Le Sujet. Avec un grand S. Celui dont l'évocation redoutait tant Hisagi. Sujet qui n'était pas son favoris. Sujet qu'il n'utilisait jamais en public, avec ses supérieurs et même ses amis. Sujet qu'il allait pourtant débattre avec la principale concernée.

- Hisagi, je pense que tu vois de quoi je veux parler.

- En effet.

Il déglutit à l'avance. Les minutes qui allaient suivre risquent d'être intenses et sûrement peu agréables.

- Alors tu diras à ton hollow de tenir ses promesses à l'avenir, débuta la chef des commandos secrets avec déception.

- Comment ça ?

- Peu importe. Je tiens à mettre certains points au clair : tu n'as pas à t'en vouloir, mais si cela peut te rassurer, tu es très doué.

Il en resta comme deux ronds de flan. Le capitaine Soifon ne pouvait pas le complimenter sur ses prouesses au lit comme ça, ce n'était pas possible. Il y avait forcément un sens meurtrier caché là-dessous.

- Je t'ai donné ma virginité alors que j'aurais pu te trancher la gorge donc arrête de te morfondre s'il te plait, continua la brune en se levant de sa chaise pour l'inviter à prendre place.

- Je sais bien mais il vous a tout de même forcé à le faire, fit-il à s'asseyant.

- S'il m'avait vraiment forcé comme tu dis, tu ne serais pas là pour en parler, plaisanta Soifon malgré le sérieux de la situation.

Même si elle n'avait pas tord, de ce qu'il avait déchiffré de l'esprit tordu de Dark, il lui a tout de même fait du rendre dedans, certes en douceur mais ça restait du rentre dedans. Son hollow l'avait joué dragueur et n'avait cessé de l'appeler " joli cœur ". Lui n'aurait jamais pu faire cela, de peur des représailles.

- Dark n'a pas arrêté de me parler de cette nuit toute la journée, simplement pour avoir la chance de recommencer.

- Si c'est ce qu'il souhaite alors-

- Non ! Je vais pas le laisser utiliser mon corps pour ses propres envies, grinça Shūhei, s'excusant immédiatement pour son emportement.

- Alors garde le contrôle. Il est vrai que ma nuit fut des plus exquises, lui avoua la capitaine, mais je ne souhaite pas qu'elle se reproduise dans ces conditions.

- Je suis désolé. Vous n'imaginez pas mon angoisse ce matin lorsque j'ai pris conscience de la personne que je tenais dans mes bras, bredouilla le brun en baissant les yeux sur ses genoux.

Il releva lentement les pupilles vers sa supérieure mais ne pu rien lire sur son fin visage. Elle s'évertuait à rester impassible, avec bien des difficultés. Ce n'était pas facile de tenir une telle conversation sans s'en vouloir mais Soifon ne voulait pas que son amant d'un soir ne culpabilise pour si peu. Elle voulait le faire sourire, le voir se réjouir d'avoir passé sa nuit en sa compagnie.

- Tu sais, ton hollow a dit quelque chose avant de s'endormir, une chose qu'il espérait sans doute que je n'entende pas.

- Et qu'est-ce que c'est ? s'autorisa Hisagi avec réticence.

- Il a dit m'être dévoué jusqu'à sa mort. Je ne sais pas si je dois prendre cela au sérieux mais si c'est vrai, cela voudrait dire que tu le seras tout autant.

- Dévoué à vous ?

- C'est ce que j'ai cru comprendre, souleva t-elle dans un petit sourire.

Le brun leva les yeux au ciel. Qu'était-il passé par la tête de son son entité intérieur pour prononcer de tels mots ? Et surtout, à quoi jouait-il ? Coucher avec le capitaine Soifon ne lui as pas suffit, il a fallu qu'il fasse son intéressent ainsi.

- Cela doit avoir un rapport avec les hollows, tu devrais te renseigner auprès de ton capitaine, proposa la brune pour trouver une solution à cette énigme.

- Si je lui en fait référence, il va me harceler de questions.

- Alors parles-en avec un arrancar.

Shūhei resta songeur quelques secondes avant de finalement approuver la proposition du capitaine. C'était un moyen sûr pour ne pas éveiller les soupçons sur cette courte relation, les arrancars ne connaissant pas assez les shinigamis pour émettre un jugement. Et il ne souhaitait pas faire d'allusions à Dark sinon son hollow le noierait sous une montagne de souvenirs et images de cette fameuse nuit.

- Vas-y et ne reviens me voir que lorsque tu auras la réponse.

- Très bien Capitaine.

Après un bref salut et une flopée de remerciements, le tatoué sortit du bureau et offrit même un sympathique signe de tête à Omaeda avant de disparaître dans un shunpo

[ . . . ]

Hisagi avait passé sa nuit à réfléchir. Il lui fallait parler de ce " problème " avec un arrancar mais encore fallait-il trouver le bon. Il oublia aussitôt Tia Hallibel et ses fraccionnes, des femmes ne pourraient pas répondre à sa question, Grimmjow Jaggerjack passa à la trappe, pas discret et trop braillard, Ulquiorra Schieffer aussi, sûrement qu'il ne comprendrait pas où il voulait en venir. Ne restait plus que Coyote Starrk et Ggio Vega. Le dernier étant trop proche de Soifon, il préféra choisir l'autre. Le Primera devrait aisément savoir de quoi il s'agissait, s'il ne s'endormait pas pendant leur petite entrevue.

Quittant l'office trop calme, seulement bercée par la respiration douce de son capitaine endormi sur son bureau, il prit la direction de la division voisine où il savait trouver le recherché. Le commandant avait placé Starrk sous la responsabilité du capitaine de la huitième et ils en avaient été ravi. Au moins, deux grands dormeurs ne dérangeraient pas l'autre pendant la sieste.

- Capitaine Ukitake, Capitaine Kyoraku, pourrais-je parler à Coyote Starrk ? interrogea poliment Shūhei en entrant dans la cour, le brun discutant avec le blanc sur la marche du bâtiment.

- Hisagi, tout va bien ? s'enquit Jushirô un peu blême.

- Oui oui, je dois juste demander quelque chose au Primera.

- Il doit se reposer quelque part à l'intérieur, la petite Lilynette le cherchait tout à l'heure, lui lança Shunsui en vidant une coupe de saké.

- Merci Capitaine.

Il s'empressa d'arpenter les couloirs de la huitième division dans l'espoir de trouver rapidement l'espada. Saluant Nanao au passage, au détour d'un virage, il tamponna la petite fraccion qui lui vomit une masse d'insultes enfantines, les fesses au sol.

- Tu pourrais regarder où tu marches !

- Excuse-moi. Tu pourrais me conduire à Starrk ? demanda gentiment le tatoué.

- Qu'est-ce que tu lui veux à Starrk ? cracha t-elle aussitôt en se relevant.

- Juste lui poser une question, rien de méchant.

- J'espère bien, marmonna la petite blonde en lui tirant sur le poignet pour qu'il la suive.

Ils marchèrent sur une assez longue distance et arrivèrent dans une aile isolée du bâtiment. Forçant un peu plus sur sa prise pour ne pas le perdre en chemin, Lilynette s'arrêta devant une porte qu'elle ouvrit en fracas. Elle fit entrer Shūhei et courut sauter sur l'arrancar, allongé sur un tas de coussins, faisant la sieste.

- Starrk, y'a un lieutenant pour toi !

- Lilynette, arrête de me sauter dessus, grogna le brun en se redressant, expédiant sa fraccion dans le mur.

Hisagi qui jusque là n'avait rien dit se permit de refermer la porte. L'attention se porta aussitôt sur lui et il su qu'il ne pouvait plus faire marche arrière. Il était venu voir Starrk, il fallait lui donner une raison.

- Que veux-tu Vice-capitaine ? fit la voix fatiguée du Primera.

- J'aurais besoin de vos lumières.

- Explique, exigea la petite en le faisant asseoir sur un coussin.

- J'aimerais savoir ce que signifie la dévotion existentielle pour un hollow.

L'arrancar se mit à réfléchir tandis que sa moitié gigotait d'intérêt.

- Dans quel contexte ton hollow a dit cela ?

- Euh...

- Starrk, je crois que les mâles disent ça à leur partenaire après l'accouplement.

Hisagi s'étouffa avec sa salive tandis que l'espada était indigné voir horrifié de savoir que sa douce fraccion sache cela.

- Pour aller simple et si c'est bien dans ce contexte, il s'agit d'une sorte de marquage de territoire.

- Ce qui signifie en d'autre terme que ton hollow tuera quiconque s'approchera de trop près de ta promise, précisa la petite arrancar dans un petit sourire. Alors, qui est l'heureuse élue ?

- Lilynette, on s'en fiche. A-t-on répondu à tes attentes Vice-capitaine ?

- Oui.

- Pour plus d'informations, Ggio devrait t'aider, ça lui est déjà arrivé, le carnage qu'il avait fait, il avait même frappé Nnoitra, s'évada la fraccion d'un air pensif.

Hisagi sortit discrètement pour éviter une nouvelle remarque de la petite curieuse. À la recherche de la sortie, il se perdit deux fois dans les couloirs de l'aile nord avant de rejoindre la cour, chemin le plus direct vers la sortie.

- As-tu trouvé Starrk Hisagi ? questionna Ukitake alors que le brun passait devant eux.

- Oui Capitaine, grâce à son amie.

- Et a-t-il répondu à ta question ?

- Oui, il m'a beaucoup aidé.

- Tant mieux alors ! s'esclaffa Kyoraku.

- Je vous laisse.

Saluant dignement ses deux supérieurs, il retourna à la neuvième pour reprendre le travail. Il irait voir l'autre arrancar dans l'après-midi pour ne pas attiser la curiosité de son capitaine ou encore celle de ses amis. On n'est jamais trop prudent, si Rangiku venait à l'apprendre, s'en était fini de lui. Déjà qu'il venait d'accorder une confiance aveugle au Primera, il préférerait que peu de personne soit au courant.

[ . . . ]

Le capitaine Hitsugaya faisait encore le tour de sa division pour retrouver sa fatigante vice-capitaine, sûrement étalée dans un coin, une bouteille alcool entre les mains. Il ne comptait plus les fois où il l'avait retrouvé complètement éméchée dans un couloir ou encore dans son bureau. Mais cette fois-ci, elle avait préféré jouer à cache cache avec les nerfs sensibles du petit shinigami.

- MATSUMOTO !

Après une bonne heure de recherches, il abandonna sa quête pour entraîner la division. Il ne demanda même pas à ses hommes s'ils avaient vu la lieutenante, aucun d'eux ne pourraient répondre. Donnant les premières instructions aux soldats, il les regarda s'affronter.

- Eh Toshiro, ça va pas fort.

- Capitaine Hirako, que voulez-vous ?

- Je parie que s'est encore Matsumoto qui zappe sa paperasse, prédit le blond en soupirant devant le visage passablement irrité de son cadet.

- Elle m'agace, répondit simplement le blanc.

- Capitaine ! Est-ce que je peux faire les dossiers sur votre bureau ? hurla une voix féminine depuis le bâtiment.

Lorsque les deux capitaines se retournèrent sur une Rangiku souriante et leur faisant des grands signes de main, Toshiro cru que son monde s'écroulait sur lui. Hyorinmaru ne s'en sortirait sûrement pas entier.

- Elle s'est droguée ? dit sans manière Shinji.

- C'est évident.

- Alors profites-en.

- Vous avez raison. Tu peux les faire Matsumoto ! lança le supérieur à sa seconde.

- Merci Capitaine !

Une fois la tête disparue, Toshiro reporta son attention sur les affrontements, dont la plupart des combattants étaient en état de choc. Il dû arrêter l'entraînement pour leur bien mais aussi pour le sien. Il était rare que son cœur face un bond de surprise mais celui qui venait de survenir l'avait cloué. Qu'était-il arrivé à la rousse pour qu'elle prenne à cœur son travail intellectuel à la division et en redemande ?

Il retourna dans son bureau pour vérifier que ses dossiers avaient disparu. Et c'était bien le cas. Il sourit et sortit, peut-être quelqu'un savait ce qui arrivait à sa lieutenante. Il croisa le Cuarta dans un couloir.

- Ulquiorra, tu sais ce qu'a Matsumoto ?

- La vice-capitaine ? Je lui ai dit que je lui accorderais ce qu'elle voudrait si elle remplissait la totalité des dossiers qu'elle trouverait dans la division, déclara l'espada sur un ton monocorde.

- Je te remercie mais tu devrais éviter de lui promettre des choses, le prévient le blanc.

- J'y veillerais.

Et le brun repartit en coup de vent. Hitsugaya se dirigea alors vers le bureau de sa lieutenante en se félicitant d'avoir inclus dans ses rangs un homme capable de faire travailler la fainéante de service.

[ . . . ]

Kensei aurait voulu l'étriper. Hisagi, le shinigami qui rentre dans son bureau comme une fleur, pose une pile entière de dossiers sur un coin de son bureau et ressort tout aussi silencieusement. Il n'aimait pas les papiers et encore moins quand ils s'entassaient. Ils lui donnait la nausée.

Shūhei quitta le bureau du capitaine Muguruma tout sourire pour prendre la direction de la deuxième division. Espérant rencontrer l'arrancar avant le capitaine, il pressa le pas et parvint rapidement à destination. Il entra et remarqua aussitôt la fraccion de Barragan sur le toit du bâtiment. Il le rejoignit en un shunpo

- Qu'est-ce que tu veux ?

- J'aimerais que tu me dises ce que tu sais sur la dévotion existentielle des hollows.

- Eh bien, t'es un rapide ! rigola Ggio. Bon, d'après ce que je sais d'ma propre expérience, ça représente un lien qui t'unit à ta partenaire et qui est indestructible tant que l'un des deux ne meure pas, expliqua le brun en passant une main sur son masque. Tu es capable de tuer quiconque touche ta partenaire. C'est un lien puissant qui permet à certains de procréer. Après, tout dépend de ta partenaire mais je doute qu'elle soit un hollow, j'me trompe ?

- Non, c'est une humaine, déglutit Hisagi discrètement.

- Dans ce cas, je pense que tu pourras donner naissance, ton hollow n'interférera pas dans le processus. Cependant, puisque la dévotion n'est valable qu'envers ta partenaire, je doute que l'enfant à naître survive longtemps. Après, cela ne dépend que de ta volonté.

- Je comprends mieux, si je fais court, ma vie n'existe plus que pour la sienne ? résuma Hisagi un peu perplexe.

- En gros c'est ça. Mais ça peut être réciproque, j'te dit, tout dépend de ta volonté.

- Ok, merci, fit le tatoué, près à redescendre.

Hisagi s'arrêta sur le bord et se retourna vers l'arrancar. Celui-ci lui sourit et leva à son tour. Ils sautèrent tous deux du toit au même moment où le capitaine Soifon sortait du bâtiment.

- Eh, regardez qui voilà, la belle Soifon.

La brune soupira d'exaspération tandis que le fraccion s'avançait vers elle pour la taquiner. Tournant autour d'elle comme un tigre dans sa cage, sa main fut fermement retenu au moment même où il tentait de lui caresser les hanches. Levant les yeux vers l'obstacle, les pupilles dorées qu'il rencontra lui confirma la situation.

- Je vois, alors la voilà ta partenaire, réalisa Ggio avant de ricaner. Tu sors les griffes rapidement mon chaton.

- Vega, la ferme.

- Oh, il semblerait même qu'il y est réciproque, qu'elle chance tu as Vice-capitaine.

- Quelqu'un pourrait m'expliquer ? se radoucit la jeune femme.

- Bon, j'vous laisse les amants. Tchao.

Et l'arrancar disparut dans un sonido. Soifon dévisagea aussitôt le brun, perdue comme jamais. Pour toute réponse, Hisagi lui demanda de le suivre dans son bureau. Il se firent face sans un mot pendant de longue minute avant que le tatoué ne commence son compte-rendu.

- Pour aller à l'essentiel, je suis lié à vous et-

- Tutoie-moi.

- Je suis lié à toi jusqu'à ma mort et pourrais tuer pour te garder pour moi seul.

- Intéressant, murmura t-elle pour elle même.

- Et tu risques de tomber enceinte.

Elle releva vivement la tête vers le brun. Ne venait-il pas de prononcer le mot " enceinte " ? Cet unique mot qui pouvait faire basculer une vie, sa vie ? Elle-même avait beaucoup réfléchis à cette situation et tout semblait changer en elle, alors si ses oreilles ne lui faisaient pas défaut... Il lui fallait s'en assurer.

- Tu peux répéter ?

- Tu risques de tomber enceinte.

- C'est vrai ? s'enthousiasma t-elle de suite à la grande surprise de Shūhei.

- Euh... je pense que oui, il faudrait vérifier.

Il n'eut le temps d'éviter le corps frêle de sa partenaire qui les firent chuter au sol dans une étreinte de bonheur. Shūhei resta ébêté. Il n'aurait jamais cru voir une telle expression sur le visage de la brune. Elle paraissait heureuse. Désirait-elle vraiment avoir un enfant avec lui ? Il ne savait plus quoi penser.

- C'est drôle, mais je suis sûre que je n'aurais pas eu ce genre de réaction avant cela. Je crois que ce lien amplifie nos sentiments pour l'autre.

- Je le pense aussi, se réjouit le lieutenant en les redressant.

- J'ai l'impression d'être comblée et pourtant, je sais qu'il manque quelque chose, reprit-elle avec malice.

- Quoi donc ?

Pour toute réponse, elle posa doucement sa bouche sur sa comparse, fusionnant leurs lèvres avec merveille et jouant avec la langue mutine de son partenaire. Dès que leurs deux souffles se sont mêlés, il accepta son baiser. Ils s'embrassèrent alors avec la même passion et la même langueur que lors de leur nuit endiablé et ne se séparèrent que par manque de souffle, gardant tout de même cette infime distance entre leurs lèvres rosies de désir. Leurs sentiments venaient littéralement de changer en un amour protecteur.

- Starrk m'a dit que j'avais posé mon territoire, sourit le tatoué en la soulevant, il va me falloir l'entretenir maintenant.

Il profita par ailleurs du rire cristallin de sa belle en l'amenant sur le canapé, seul témoin de leurs précédents ébats nocturnes. L'allongeant doucement, il entreprit de lui retirer son obi tout en l'embrassant fougueusement. Puis il posa son front contre le sien et frôla du bout des lèvres cette bouche tentatrice.

- Comment dois-je t'appeler ? mima t-il en imitant Dark, un sourire charmeur. Ah oui, joli cœur.

Il l'embrassa chastement avant de poser sa tête sur son épaule et sourire, caressant de son souffle l'oreille sensible de son amante. Avec une délicatesse infinie, il lui déposa nombres de baisers sucrés dans le cou et y laissa même une trace de son passage, une marque d'appartenance.

- Capitaine ! Le capitaine Muguruma veut vous voir ! cria la voix grasse d'Omaeda à l'extérieur.

- Grrr, toujours là quand il faut pas lui, rejeta Soifon dans un grognement sensuel. Dis-lui d'attendre !

Unissant pour une dernière fois leurs lèvres, elle le poussa gentiment pour se relever et rattacher son obi correctement. Puis elle invita dans un sourire son compagnon à prendre place autour du bureau.

- Fais-le entrer.

La porte s'ouvrit sur l'argenté qui fut étonné de voir son vice-capitaine en ces lieux.

- Que fais-tu là Hisagi ?

- Je lui donnais quelques idées de tortures pour son hollow, répondit la brune avec son sérieux habituel.

- Ah.

- Souhaitais-tu la même chose ? proposa t-elle avec sarcasme.

- Non. J'viens de la part du vieux, y'a une réunion de capitaines dans une heure.

- Et bien merci pour l'info.

S'apprêtant à sortir, le capitaine de la neuvième tourna aux trois quarts son buste pour s'adresser à son second.

- Hisagi, à mon retour de réunion, j'aimerais que tu sois en train de travailler au lieu de venir demander des conseils aux autres capitaines, annonça Kensei sans autre forme de procès.

- Très bien Capitaine.

L'argenté eut à peine refermé la porte que les deux amants semblent avoir retrouvés leur complicité des minutes précédentes.

[ . . . ]

Cela faisait bientôt une semaine que les deux partenaires étaient au point sur leur situation. Malgré cette effroyable envie de retrouver sa désormais moitié partout où elle pouvait se trouver, Hisagi gardait tout de même ses distances, pour ne pas éveiller de soupçons et dans un même temps pour la surveiller. Ce n'était pas facile de cacher une relation, il l'avait compris bien assez tôt, mais alors cacher une grossesse ? Parce que oui, Soifon était enceinte, chose en soit surprenante. Elle n'avait pas pris de moyen de contraception et avait été bien trop réjouie à l'idée d'être mère pour refuser de l'être après avoir passé une telle nuit avec Shūhei. Voilà qui ramena le brun à la réalité. Il allait être père. Il n'avait pas peur de l'être, non, mais il avait peur de ne pas savoir s'y prendre. La peur de tous les futurs parents dirons-nous.

Il était là, sur le toit de la troisième division avec Izuru qui d'ailleurs avait été pris au dépourvu par cette proposition de déjeuner en hauteur. Néanmoins, il avait accepté sans broncher, si ça permettait de détendre son ami.

- Dis-moi Hisagi, t'as entendu la nouvelle ?

- Quelle nouvelle ? s'impatienta brusquement Shūhei en mordant dans son onigiri.

- Donc tu sais pas. Rangiku aurait remplie tous les dossiers de la dixième pour avoir un rendez-vous avec le Cuarta, expliqua le blond avec amusement.

- Tout ça pour ça ?

- Oui, apparemment elle prévoyait ce tête-à-tête avec lui depuis son arrivé.

- Et alors ? posa le tatoué, peu friand des ragots mais intéressé.

- Je n'en sais pas plus, faut voir ça avec elle.

Hisagi détourna les yeux de son ami, une déception lisible sur son visage. C'était une excellente idée pour taquiner la rousse mais les informations n'avaient rien de bien approfondis pour lui faire la moindre anicroche.

Un claquement de porte attira son attention et son regard se porta automatiquement vers la deuxième division. Du toit où il se trouvait, il avait une parfaite vue sur l'entrée du bâtiment principal. C'est aussi pour cette raison qu'il avait proposé ce déjeuner à Kira. Il pouvait s'assurer de qui entrait ou sortait de la division, de qui s'approchait de sa Soifon. Mais étrangement, aucun signe de vie n'était dissociable dans les limites de la capitainerie voisine.

- Hisagi.

Le concerné se retourna tout comme son ami de la troisième.

- Capitaine Ôtoribashi, qu'y a-t-il ?

- Il faudrait que tu calmes les ardeurs de ton capitaine, Kensei est vraiment énervé et ne trouve rien de mieux à faire que de venir nous provoquer, déclara Rose sur un ton dénué de sentiments.

- C'est lui qui a claqué la porte ? demanda Kira.

- Oui, et là je crois qu'il est parti chercher des poux à la deuxième.

Shūhei tilta rapidement. Sa compagne était en danger -même si le terme était un bien grand mot, disons menacée-. Il se leva et lissa son hakama.

- Je vais voir ce que je peux faire.

Et il s'évanouit dans un shunpo Les deux officiers de la troisième le virent d'ailleurs apparaître devant un vizard rouge de colère qui visiblement ne parvenait pas à retenir les assauts de son hollow.

- Capitaine Muguruma, ressaisissez-vous ! gronda le plus jeune en repoussant son supérieur.

- Sinon quoi ? rugit l'argenté en forçant l'accès vers la deuxième division.

- Si vous continuez, nous allons devoir vous mettre aux arrêts.

- J'en ai rien à foutre, cracha Kensei derrière son masque.

Hisagi ne réfléchit même pas aux conséquences et décerna un crochet du droit dans l'estomac de son mentor. L'autre recula et se courba sous la puissance du coup avant de le dévisager avec rage.

- Tu vas me le payer !

Et il lui bondit dessus.

- Dark.

- Tout de suite, Maître.

Un ricanement intérieur et il était affublé de son masque. Shūhei évita aisément le poing de son capitaine et riposta. Il n'y avait que les poings pour régler ce genre de situation. Il reçut un coup puissant à la mâchoire et serra les dents. Kensei fondit sur lui et Hisagi, après un savant calcul de probabilité, lui asséna un coup dans le plexus solaire, le faisant chuter au sol sous le manque d'oxygène.

- Arrêtez ça Capitaine, vous êtes semblable à un gamin en plein caprice.

- Tu oses... me comparer... à un gamin... ? siffla Muguruma, la respiration hachée.

- Oui j'ose. Alors maintenant, arrêtez cette comédie grotesque et reprenez-vous, ordonna le brun d'un ton sec et sans faille.

- Je suis ton supérieur, tu n'as pas d'ordre à me donner.

Shūhei ne dit rien et s'autorisa un coup d'œil par dessus son épaule pour voir sa partenaire et son vice-capitaine les regarder sans pour autant intervenir. Soifon semblait même sourire.

- HISAGIIII !

La brune eut tout juste le temps de voir son compagnon menacé du poing de son collègue qu'une main aux traits féminins se referma sur le poignet brandit, stoppant net le capitaine de la neuvième sur sa lancée.

- Vous êtes trop bruyant messieurs, je vous prierais d'arrêter cette joute enfantine pour la tranquillité de chacun, dénota la voix calme de Retsu Unohana, un petit sourire parcourant ses fines lèvres.

Elle ne relâcha sa prise qu'après s'être assuré que l'argenté soit un temps soit peu calmé et n'attente plus à la vie de son lieutenant.

- Je crois que nous allons avoir besoin du vice-capitaine Kurotsuchi pour régler ce petit incident.

- Qu...quoi ?

Et les quatres spectateurs se mirent à rire devant le visage presque apeuré du capitaine Muguruma. Il semblerait que le baiser résorbateur de Nemu ne lui fasse pas le plus grand bien au vue de ses rougeurs apparentes.


La conclusion se trouve en part 4 si vous ne l'aviez pas compris ... vous l'aviez compris ? Toutes mes excuses alors. Rendez-vous à la dernière page donc.

MariieFBLM