Disclaimer : Dois-je me répéter encore une fois ? ... Bleach n'appartient qu'à Tite Kubo.


Comment la vie de Shūhei Hisagi a basculé, part 4 / 4

Le vice-capitaine de la neuvième division avait rejoint sa moitié durant la nuit et celle-ci ne semblait pas se priver de sa venue. Délaissant ses dossiers, elle préférait embrasser et embraser son lieutenant préféré. Hisagi était pleinement satisfait de l'attention que l'on lui accordait, assis sur une chaise, son amante sur ses genoux, soudant leurs lèvres avec animosité.

Il était un peu plus de 21h45 et la nuit clamait de sa clarté lunaire sa supériorité sur l'astre du jour. Shūhei se leva, soulevant sa dulcinée dans un même temps, et se dirigea lentement vers le canapé de cuir pour s'y asseoir plus confortablement. Toujours sur ses genoux, Soifon ne manqua pas de jouer avec la sensibilité de son amant, croquant cet zone érogène qu'était la naissance de la clavicule du tatoué, la léchant délicatement par la suite pour se faire pardonner.

- Joli cœur.

- Oui ? fit-elle d'une voix suave au creux de son oreille

Il se tourna alors vers elle pour lui embrasser la joue et la coinça dans une étreinte possessive et passionnée. Posant ses lèvres contres l'oreille brûlante de la brune, il soupira de bien-être tandis qu'une main s'égarait dans sa chevelure sombre.

- Je t'aime Soifon.

Elle arrêta sa douce caresse devant la simple phrase du brun. C'était la première fois qu'elle l'entendait mettre des mots sur ses sentiments. Elle en resta muette quelques secondes avant de glousser puis l'embrasser amoureusement.

- Moi aussi je t'aime Shūhei.

Il était bien clair que le lien qui les unissait était fort, très fort. Le brun en sourit de fierté. Ils basculèrent rapidement sur le canapé et la petite capitaine entreprit de les mettre à nu afin de passer une nuit plus prestigieuse. Ne se retrouvant qu'en sous-vêtements, Hisagi passa ses bras autour de la taille divine de sa douce pour la serrer contre lui. La couverture tomba d'elle-même sur leurs deux corps et la chef des commandos secrets sourit. Son sourire angélique eut rapidement raison du beau lieutenant qui l'embrassa fougueusement, lui répétant son amour encore et encore à travers ce geste.

Peu après, ils plongèrent rapidement vers un sommeil platonique dans les bras l'un de l'autre.

[ . . . ]

Les deux amants transis filaient le parfait amour secret depuis une semaine déjà. La pleine lune de la veille leur a même servi à s'avouer leur dévotion par des mots. Et ils avaient finis par s'endormir enlacés et quasiment nus sur le canapé du bureau de la jeune femme.

Ce matin, quelques pas firent écho sur les dalles de la deuxième division mais ne tirèrent pour autant les deux amoureux de leur sommeil. La porte s'ouvrit soudainement sur une grande femme métisse et élancée, faisant sursauter le petit couple endormi.

- Comment va ma petite Soifon ?

- Maîtresse Yoruichi ?

Aussitôt, la capitaine se leva, rouge de honte, et s'enroula dans la couverture, laissant son amour frissonner sous le fraîcheur matinale qui s'insinuait par la porte.

- Je repasserais, décida la noble brune.

- Non, c'est bon, la stoppa une voix mal réveillée d'homme, je dois y aller de toute façon.

Hisagi se redressa sur le canapé pour apercevoir la nouvelle arrivante. Celle-ci sourit d'ailleurs en le reconnaissant mais ne fit aucune remarque. Il se rhabilla, passa Kazeshini à la ceinture, puis alla embrasser chastement sa belle avant de sortir.

- Tu m'avais caché ça Soifon, railla la grande avec un large sourire et un clin d'œil suggestif, une fois la porte refermée.

La petite brune rougit de gêne devant le regard lubrique de son ancienne capitaine.

[ . . . ]

Hisagi soupira. Déjà sept semaines qu'il sortait avec sa douce capitaine et pourtant, leur relation restait secrète. Il savait très bien que d'un jour à l'autre, quelqu'un remarquerait le ventre légèrement arrondis et se poserait des questions. Peu de personnes étaient au courant, Yoruichi Shinoin l'était, les ayant surpris et exigée des explications, le capitaine Unohana également, c'est tout de même elle qui avait diagnostiqué la grossesse, et Hisagi avait mit son meilleur ami Izuru Kira au courant, ayant besoin de se confesser de tout ce silence.

Il soupira une seconde fois. Ce n'était qu'une question de temps. Mais ça le rongeait, devoir faire semblant, jouer les indifférents, mentir à tous les autres, il n'aimait pas ça et sa compagne l'avait rapidement remarqué. C'est pour ça qu'il l'attendait près de la salle de réunion des vice-capitaines. Ils avaient décidé de mettre au courant les capitaines. Chose peu facile et Shūhei en tremblait de peur. Lorsqu'elle le rejoignit, un peu à l'écart des yeux et des oreilles indiscrètes, elle essaya de le relaxer du mieux qu'elle pu.

- Calme-toi, tu me laisseras parler et tout se passera bien, lui souffla t-elle en lui frottant énergiquement le dos.

- C'est plus difficile que ça n'y paraît, bougonna le brun en tentant une respiration plus calme.

- Shūhei, tout va bien se passer, j'en suis persuadée alors cesse de trembler et comporte comme un homme.

Il ne répondit rien mais se redressa plus convenablement pour ne pas paraître pitoyable. Il coula un regard amoureux à sa dulcinée et l'embrassa comme un bienheureux, lui démontrant une fois encore l'étendue de sa dévotion. Ils se détachèrent l'un de l'autre après quelques secondes et se sourirent.

- On peut y aller ? La réunion va bientôt commencer, la questionna la shinigami supérieure.

Il souffla pour se donner du courage et la suivit sans un mot. Ils marchèrent l'un à côté de l'autre dans les longs couloirs de la première division pour rejoindre la grande salle d'assemblées. Hisagi resta stoïque à l'approche du lieu de vérité. Soifon se permit donc de lui prendre la main pour lui insuffler sa chaleur apaisante.

Elle poussa la grande porte et pénétra dans la pièce où l'attendait déjà la plupart des capitaines -pour ne pas dire tous-. Contre toute attente, elle ne prit pas sa place habituelle et vint s'agenouiller gracieusement devant le commandant.

- Qu'y a-t-il Capitaine Soifon ? s'enquit la voix forte et grave de l'ancien.

- Permettez-moi, Commandant, de faire une annonce.

- Soit, nous vous écoutons.

Il y eu alors un silence lourd d'interrogations tandis que le réticent lieutenant entrait à son tour dans la salle pour la rejoindre. Sans un mot et faisant fi des regards des supérieurs sur sa personne, il prit place à genoux auprès de sa partenaire et baissa la tête. Cette dernière la releva et croisa le sourire compréhensif de sa camarade de la quatrième.

- J'entretiens une relation amoureuse avec le vice-capitaine Hisagi depuis un mois et demi, déclara tout d'abord la brune en jetant un œil admiratif à son compagnon extrêmement concentré à ne pas trembler.

Un bruit sourd attira l'attention et plusieurs capitaines se mirent à rire. À cette annonce, Kensei Muguruma, capitaine dudit vice-capitaine s'était écroulé de surprise. Un choc trop brutal sûrement.

- Et bien, je suis heureux pour vous mais pourquoi avoir sollicité cette demande auprès de l'assemblée ? demanda le vieux Yamamoto, légèrement perdu et intrigué.

- Parce que j'ai une seconde annonce à faire.

Un silence parcouru la pièce et Retsu vit sous sourire s'agrandir. Certains restaient songeurs quand à cette deuxième nouvelle venant du capitaine Soifon. Quelle pouvait-elle bien être pour nécessiter une telle intervention ?

- Je suis enceinte.

Un nouveau corps tomba à la renverse. Plus petit cette fois-ci. Toshirô Hitsugaya n'a pu s'empêcher d'imaginer les prémices de cette vérité et en a chuté lourdement sur le sol froid, le rouge aux joues. Le capitaine Kyoraku ricana à la vue de son collègue tandis que certains gardèrent leurs remarques pour eux.

- Je suppose qu'Hisagi est le père ? interrogea Ukitake à la place d'un autre.

Elle hocha simplement la tête et le blanc sourit. Pour sûr que le brun allait bientôt avoir son quart d'heure de gloire. Il fallait bien qu'il l'annonce à ses amis, et accessoirement aux autres vice-capitaines. Le concerné osa enfin relever la tête pour confronter le regard insistant des capitaines pour la seconde fois en quelques mois. Soudainement, Kenpachi Zaraki explosa dans un rire tonitruant.

- Le gamin va être papa, c'est trop meugnon !

- Ça te dépasse tout ça toi, tu comprends rien aux femmes ! lui envoya Shinji à la figure, ignorant par la suite la grimace qui pointait sur le visage du géant. En tout cas, mes félicitations, je suis content pour vous.

- Merci.

- Un nouveau spécimen à étudier, jubila presque silencieusement Kurotsuchi.

Les deux regards assassins des futurs parents le découragèrent bien rapidement et le calme revint assez tôt. Il y eu un bref mouvement de foule où chaque capitaine leurs adressèrent leurs vœux de bonheur, certains très courts comme ceux du capitaine Kuchiki, d'autres plus exprimés comme ceux des capitaines Komamura et Ukitake. Puis, Shūhei fut gentiment chassé de la grande salle pour laisser les capitaines à leur réunion.

[ . . . ]

Noir. Il ne voyait que du noir. Après un telle chute, il ne fallait pas non plus qu'il s'attende à voir tout rose. Mais bon, le principal était qu'il ait repris conscience, bien malgré le choc et la douleur. Se redressant sur les coudes, il se massa le crâne et la nuque et essaya d'ouvrir les yeux. La première tentative fut invective. La deuxième fut plus fructueuse et il parvint à la lumière. Ses iris s'habituèrent à l'ambiance tamisé et il fut surpris de voir deux corps tournés dans sa direction.

- Alors, des fragilités émotionnelles ? souleva le capitaine de la onzième dans un gloussement peu discret.

- La ferme ! grinça le capitaine allongé, un sacré mal de crâne le chatouillant la cervelle.

L'officier se redressa sur les fesses et vit un petit groupe s'amasser autour d'un autre capitaine évanoui. Bon, au moins, il n'a pas été seul dans se moment de solitude.

- Le capitaine Hitsugaya s'est évanoui après la deuxième annonce, lui expliqua Sajin Komamura de toute sa hauteur.

- La " deuxième nouvelle " ?

Soifon s'avança lentement dans la direction du capitaine assis en tailleur à retrouver ses esprits. La question qu'il venait de se poser risquait sûrement de le refaire sombrer. Malheureusement, il valait mieux que la principale concernée le lui annonce de sa bouche plutôt qu'il ne l'apprenne de celle d'un indésirable. Elle sourit et le surplomba de sa faible carrure.

- Je suis enceinte Kensei, d'Hisagi.

Les mots mirent un long moment à atteindre la salle de décryptage située pourtant très proche de celle de réception.

- Tu quoi ?

- Je suis enceinte, répéta t-elle simplement.

- Ah ! Toshirô, te voilà enfin réveillé ! s'exclama une voix dans le groupe éloigné.

Quelques sourires fleurirent sur les visages alors qu'un autre se décomposa. Kensei frissonna. Si l'information avait été correctement traduit dans son piètre langage, alors son lieutenant allait être père. Ce qui signifiait qu'il lui imposerait des congés de paternité et le laisserait nager seul dans les dossiers. Il grogna presque aussitôt à cette pensée. Pas question !

- Je t'annonce, Hisagi travaillera quand même pendant ses congés.

Et sans plus de cérémonies, les quelques capitaines l'entourant rirent à grands éclats de voix, le laissant perplexe voir vexé. Tous connaissait ce point commun qu'il entretenait avec la vice-capitaine Matsumoto à savoir le manque de volonté pour remplir une tache calligraphique. Et cette remarque inutile de sa part ne pouvait que l'accroître un peu plus.

- Tu changeras jamais mon vieux, lui dit Hirako entre deux tremblements de rire.

- Toujours le même, ajouta Rose dans un sourire.

Soifon quant à elle se contenta d'un rictus amusé et s'en retourna à sa place sans faire d'histoire. C'est alors que le vieux fit trembler les murs de son reiatsu pour obtenir l'attention de tous.

- Pour des raisons de, dirons-nous, dignité, je reporte la réunion à demain même heure, en attendant que l'état des capitaines Muguruma et Hitsugaya s'améliore. Vous pouvez disposer.

Tous sortirent, miroitant une expression satisfaite. À peine eût-elle franchit le seuil de la porte que Soifon fut emportée par un Hisagi heureux et amoureux. Les autres capitaines -sauf Kuchiki et Zaraki- sourirent devant la complicité du petit couple. Mayuri lui envisageait déjà un plan pour voir leur " progéniture " passer entre ses mains.

[ . . . ]

Le temps suivit son cours lentement, sans difficultés insurmontables.

[ . . . ]

Soifon était sur Terre, façon de parler bien sûr. Elle était dans son bureau de la deuxième à contempler avec plaisir le petit être qui babillait joyeusement dans ses bras. À déjà dix mois, le petit garçon rigolait facilement et amusait beaucoup ses deux parents. Il ressemblait trait pour trait à son père, masque et tatouage en moins. Mais il semblait avoir hérité du fort caractère de sa mère, à sa manière de faire savoir sa volonté, ce que personne ne lui reprochait, bel enfant qu'il est. Il n'en était pas moins adorable au vu de sa petite bouille et son sourire d'ange. Et il donnait l'impression de jouer de cela, lorsqu'il rendait visite avec papa et maman aux autres divisions. Enfin, surtout avec papa car maman tenait tout de même une division et les commandos secrets. D'ailleurs, il semblait portait une préférence pour les bras musclés de son père mais ne rechignait pas non plus contre les câlins de sa mère.

- Je suis rentré.

Aussitôt déchaussé, Shūhei vint s'installer aux côtés de sa petite famille pour profiter de leurs présences merveilleuses. Il embrassa tendrement sa compagne tandis que leur fils gazouillait allègrement entre les deux sur son petit bout de canapé.

- Il ne t'a pas trop mené la vie dure ? demanda le tatoué en caressant la tête du bébé.

- Non, il a été calme aujourd'hui.

- C'est bien alors. Si tu continue comme ça Seikū, tu deviendras aussi fort et intelligent que papa, admit-il triomphalement.

- Et moi dans tout ça ? se morfond la capitaine.

- Maman est la plus belle, la plus puissante et nous l'aimons énormément.

Après cette pluie de compliments, il l'embrassa une nouvelle fois avant que le petit Hisagi ne vienne les interrompre pour réclamer un câlin collectif. Cette étreinte rendue, Soifon dû se lever pour terminer un rapport abandonné quelques temps plus tôt pour jouer avec Seikū. Quant au vice-capitaine, il souleva aisément son fils pour l'emmener en promenade, idée à laquelle le petit monstre s'empressa de gigoter de joie.

[ . . . ]

Revenant d'une longue balade, les deux hommes rentrèrent à la deuxième division où le tatoué avait emménagé pour une question de pratique et de foyer familial. Il restait néanmoins lieutenant de la neuvième division et ses horaires en étaient légèrement allégés pour lui permettre de passer plus de temps avec son fils.

C'était généralement un enfer pour le capitaine Muguruma de voir débarquer son second et sa descendance dans son bureau. Lui qui n'aimait pas les enfants et leur faisait le plus souvent peur, il avait dû faire un nombre incommensurable d'efforts pour ne pas effrayer le petit Seikū et voir le capitaine de la deuxième division lui tomber dessus. Alors, pour une question de santé mentale, il avait écourté la petite visite de la soirée des deux Hisagi.

Couchant son fils dans son lit après l'avoir nourris, il rejoignit sa dulcinée dans son bureau pour profiter d'elle comme il se doit. Les relations sexuelles avait été bannis, ou du moins, celles non protégées, -ils n'allaient pas s'empêcher le plaisir-, mais ils préféreraient que Soifon ne retombe pas enceinte de si tôt. Ce serait trop difficile à gérer.

Il vint embrasser délicatement le cou de sa partenaire et de suite, trop rapidement même, la marque de dévotion rappela Dark à ses instincts. Il réussit bien avec facilité à prendre le contrôle -dans ces cas-là, Hisagi ne se défendait pas- et susurra de sa voix enjôleuse une nuée de mots aphrodisiaques aux tympans de sa belles, croquant dans un même temps ce lobe d'oreille avec délices.

- Je veux te faire l'amour joli cœur, lui souffla le blanc en déposant un doux baiser sur sa clavicule nue.

- Pas maintenant Dark, je dois finir les rapports pour demain matin.

Il se recula vivement et lui fit face, une lueur de déception mais lubrique présente dans ses pupilles dorées.

- Et lorsque c'est Hisagi, t'as tout ton temps, grinça t-il ironiquement.

- C'est grâce à toi que je suis tombé enceinte, lui rappela la brune en lui souriant, je ne t'en serais jamais assez reconnaissante alors ne sois pas jaloux s'il te plaît. Une prochaine fois, je te le promet.

- Oui, une prochaine fois.

- Espèce de pervers !

Kazeshini commençait à en avoir marre d'entendre les soupirs insatisfaits de son voisin ainsi que ses détails croustillants de leur première nuit pour attendre la suivante. Tout cela lui sortait par les yeux et même Shūhei s'en était rendu compte. C'est souvent pour cela qu'il lui laisser l'accès à son corps, pour assouvir cette pulsion amoureuse emplie de dévotion qu'il gardait en lui.

- Sale lopette amoureuse !

- Kazeshini.

- Quoi ? répliqua le zanpakuto. Tu sais très bien que j'ai raison, shinigami.

Oui, Dark tout comme lui était follement amoureux de Soifon, ce que les deux shinigamis avaient découvert avec beaucoup d'amusement, à voir la déclaration enflammée qu'avait écrit le hollow pour sa compagne. Mais cela ne l'empêchait pas de penser autrement que par sa virilité et il ne s'en cachait pas. Jouant les romantiques lorsque le brun le lui autorisait, il emmenait sa moitié au restaurant ou bien se balader en amoureux et lui offrait même des cadeaux. Alors souvent, Shūhei comprenait rapidement en voyant un nouveau pendentif au cou de sa douce que Dark avait dépensé ses économies. Il s'en fichait un peu, si cela faisait plaisir à la brune.

- J'ai quand-même droit à mon bisous ? fit-il avec une moue enfantine, s'approchant à pas de chat de la chaise de la capitaine.

Pour toute réponse, elle se tourna vers lui et l'attira dans un baiser passionné et alanguis. Un sourire contre ses lèvres et elle lui donna cinq minutes avant de le rejoindre dans le lit. Un sourire contre ses lèvres et il s'éclipsa aussi vite que son ombre pour préparer la place de sa reine.

[ . . . ]

Deux mois passèrent et Seikū grandissait. Le jour de son anniversaire était arrivé mais il ne s'en souciait guère. À l'heure actuelle, seule la foule de shinigamis réunis dans la grande salle de réunion l'importait. Tous étaient présents pour lui et il l'avait très vite compris. Presque chaque personne venait lui faire un câlin et lui souhaiter quelque chose qu'il ne comprenait pas. Mais il s'en fichait. Pour lui, cette salle bondée le conduirait à la réussite. Il n'avait qu'un an et pourtant, il en semblait persuadé.

Slalomant entre les jambes avec amusement, il s'arrêta soudainement en voyant sa mère le regarder et tenta de se relever. Saisissant le haori blanc et le shihakusho le plus proche, il se redressa sur ses faibles jambes à la seule force de ses maigres bras. Dès qu'il eut réussi, il releva la tête et ne pu s'empêcher de sourire puis émettre un petit cri de victoire. Soifon en sourit et Byakuya ne fit rien, se contentant d'un regard encourageant à l'enfant qui s'agrippait fermement à ses vêtements.

Après avoir vaguement regardé le noble, il se mit à faire le tour de ses jambes pour s'habituer à cette nouvelle contrainte qu'était la marche. Puis, il se lassa vite des attributs du brun et chercha son père des yeux.

La brune le voyait jeter des regards un peu partout, à la recherche de quelque chose. Elle s'approcha mais resta à distance. Le petit garçon vint automatiquement à sa rencontre, un peu tremblant de sa démarche, et tira sur son hakama.

- Que veux-tu mon ange ?

- Papa, geignit-il en pleurnichant.

Soifon fut d'abord surprise. Seikū venait de prononcer son premier mot. Puis, s'agenouillant auprès de son fils, il lui sauta au cou en reniflant doucement.

- Je t'y amène, ne pleure pas.

Elle l'embrassa puis se releva devant les regards attendris de ses collègues et chercha elle aussi son compagnon à travers la salle. Byakuya, en son fort intérieur, se réjouit d'avoir été la rampe de lancement de l'enfant, mais n'y laissa rien paraître à l'extérieur. Les deux amours d'Hisagi se mirent à chercher ensemble le tatoué sûrement en retrait. Seikū regarda entre les têtes tandis que Soifon demandait aux personnes les plus proches.

- PAPA !

Le silence se fit tandis que le petit pointait du doigt son père en gigotant. Tous le regardait mais il n'en fit pas attention, absorbé par la vision de son père qui le fixait tendrement.

- PAPA !

Aussitôt, Soifon sourit en suivant du regard le doigt de son fils. Elle le reposa doucement à terre et celui-ci essaya de courir jusque son père. Bien rapidement, il s'essouffla et se retourna vers la brune. Lui adressant un sourire empli d'encouragement, Seikū attrapa le hakama à sa droite et releva des yeux adorables vers le propriétaire du vêtement, qui ne lui trouvait rien d'adorable.

- Quoi ? grogna presque ce dernier.

- Papa, lui répondit l'enfant en montrant du doigt le brun tatoué.

- Tch, démerde-toi.

- Tu pourrais être plus poli, le sermonna Yoruichi qui venait d'arriver. Tu viens Seikū ?

Elle lui tandis une main qu'il s'empressa de saisir. Le petit tremblait forcément du ton de Kenpachi. Il suivit doucement sa marraine, souhaitant mettre le plus de distance entre lui et le méchant monsieur. C'est même dans un esprit moqueur qu'il se retourna vers Zaraki pour lui tirer la langue -acte qu'il avait vu fait par Yachiru-, amusant toute l'assemblée sauf le visé. Puis il reprit sa marche comme si de rien n'était.

- PAPA !

Il lâcha la main de la brune et parcourut les quelques pas qui le séparait des bras puissants de son père. Le brun le souleva aisément et lui fit un gros câlin de remerciement. Après tout, le premier mot de son fils lui était destiné, ça valait bien une récompense.

Dans les bras de son père, Seikū s'amusa à refaire le contour de son masque comme il le faisait toujours. Izuru et Renji le regardait faire avec un grand sourire.

- Qui aurait cru que tu aurais un fils ? s'exclama Abarai avec sarcasme.

- Pas moi, répondit l'interrogé en caressant la tête chevelu du petit.

- Tu fais un bon père, je t'assure, lui confia Kira.

Pendant ce temps, Seikū, qui portait grande attention au masque d'os de Shūhei, manqua de peu de crever l'œil droit de son père dans un malheureux glissement de doigt. Les deux autres en explosèrent de rire, amenant avec eux le petit garçon amusé. Hisagi quant à lui souffrait et ne voyait plus de son œil endoloris. Sacré Seikū, doux mais sadique par moment.

- Papa.

- Oui ?

Et son fils lui embrassa la joue en rigolant. Shūhei en sourit et lui rendit son baiser.

- QUOI ? HISAGI A UN FILS ? hurla une voix plutôt jeune à l'entrée de la pièce.

Le concerné s'excusa auprès de ses deux amis et se dirigea vers le fauteur de trouble, Seikū dans ses bras redessinant cette fois les contour de son tatouage. S'approchant de la grande porte, Shūhei eut la bonne surprise de voir son capitaine empêchant un Ichigo Kurosaki excité d'entrer dans la pièce.

- Tout va bien ?

- Hisagi ! Ichigo voulait voir ton fils, ricana doucement Kensei en faisant place au rouquin.

- T'as vraiment un fils ? ne put s'empêcher de demander l'humain bien que la preuve se trouve devant ses yeux.

- Oui, il s'appelle Seikū.

- Ah.

Le roux s'avança de quelques centimètres vers le père et l'enfant et observa le petit durant une longue minute. D'ailleurs, l'observé en eut peur et fit un mouvement de recul bien prononcé en s'enfonçant dans le cou de son père.

- Papa, gémit le petit d'une voix tremblotante.

- Et qui est sa mère ?

- C'est-

- Moi.

Ichigo tourna lentement la tête plus à droite pour tomber sur une Soifon souriante et serrant la petite main de Seikū qui se détendit rapidement sous le douce caresse de la jeune femme.

- Vous me faites marcher. Allez, sérieusement ? tenta le rouquin en passant une main hésitante sur sa nuque.

- Avons-nous l'air de plaisanter Ichigo Kurosaki ? siffla la petite capitaine.

- Oh puta-

Il ne termina pas sa phrase, un coup sec au tibia retentissant dans toute la pièce l'en empêchant. Il en grogna de douleur. Pourtant, ni Soifon ni Hisagi et encore moins Kensei n'avait levé le petit doigt.

- Pas de gros mots devant un enfant ! s'énerva la Kuchiki en le menaçant d'un nouveau coup.

- Merci Rukia, adressa la capitaine.

- Bah, félicitations, offrit le vizard humain en frottant son tibia, il a quel âge ?

- Il a un an aujourd'hui, lui répondit Hisagi.

- Quoi ? Mais pourquoi personne m'a mis au courant ?

- Arrête de t'plaindre et ramène-toi !

La brute de la onzième s'avançait derrière les deux parents, offrants aux pauvres iris de Seikū une vision d'horreur et un sourire carnassier monstrueux.

- Papa...

Soifon se retourna lentement vers le grand à clochettes mais avant qu'elle n'émette la moindre reproche sèche sûrement ponctué d'un coup, Zaraki s'était arrêté et peu aurait pu se venter de l'avoir vu ainsi un jour : il tremblait.

- Allons, tu fêtera tes retrouvailles avec Ichigo plus tard, prononça de sa voix douce Retsu Unohana en passant à côté du géant, regarde dans quel état est Seikū, il est effrayé.

Une main vint se loger sur la nuque de Kenpachi qui en frémit. Appuyant doucement, tous purent constater avec surprise que le capitaine bagarreur abandonna toute trace de sourire pour laisser place à l'indifférence, l'impassibilité.

- Messieurs, pouvez-vous raccompagner le capitaine Zaraki à ses quartiers, il ne va pas très bien et a besoin de se reposer.

Aussitôt, deux shinigamis de la onzième vinrent soutenir leur capitaine pour le reconduire à la division sous le rire cynique de Grimmjow. Après leur départ, Unohana ne leur donna pour simple explication le fait que c'était la seule chose qu'elle avait trouvait de fonctionnel sur son cas pour le soigner sans qu'il ne bronche. Cela rappela aussitôt à Hisagi sa visite avec les capitaines Kyoraku et Ukitake où le capitaine Zaraki avait même était aimable. Il en sourit.

- Au fait, Hiyori est venue aussi...

Cette annonce refroidit aussitôt les ardeurs entreprenantes de Shinji.

- Et elle est partie chercher un truc à la douzième, termina Ichigo dans la confusion.

- Comment ça " partie chercher un truc à la douzième " ? s'emporta Mayuri à ses propos.

- J'en sais rien, c'est ce que Urahara m'a dit de te dire ça.

- Grrr ! Maudit Kisuke Urahara !

Et le scientifique sortit du bâtiment avec rapidité. Si la demande émanait de l'ancien capitaine de la douzième division, cela ne pouvait correspondre qu'à une mascarade ou un habile plan. Kurosaki ne porta pas un seul regard au savant fou et s'enfouit dans la masse de shinigamis à la recherche de quelques amis.

- He ! Shinji !

L'appelé se raidit. Osant un regard à la petite teigne, il fut soulagé de la voir en pleine discussion avec Kensei, Hisagi et Soifon. De là où il se trouvait, les derniers bribes de conversation lui parvint aux oreilles. Mots qu'il aurait préféré ne jamais entendre. Un Muguruma demandant à la Sarugaki de ne pas trop " l'abîmer " et un simple " j'essayerais " comme réponse. Ainsi, il fut obligé d'aller se cacher derrière un autre capitaine pour éviter sa sentence datant d'il y a sûrement longtemps, presque deux ans s'il s'agissait de la venue des deux officiers de la neuvième dans le Monde des humains.

[ . . . ]

- Seikū, tu viens déballer tes cadeaux mon ange.

Au son de la voix de sa mère, le petit garçon se détacha de la longue barbe du commandant -trop vieux pour ce genre d'idioties avait-il proclamé- et se dirigea lentement mais sûrement vers le tas de boîtes emballés près des deux adultes responsables. Il attrapa la première, en faisant au passage tomber quelques autres, et entreprit de l'ouvrit, sans résultat. Soifon lui montra comment faire et ce fut la joie. Arrachant, déchirant, froissant le papier en le laissant tomber par terre sans ménagement, il regardait tous ses cadeaux sans vraiment en porter attention. C'était plutôt ses parents qui étaient content.

Il ne restait plus qu'une grosse boîte et, à sa taille plus grande que celle de l'enfant, certains imaginaient une montagne de chose. Sauf ce qu'il y avait dans le carton. De ses petits doigts, il tira sur le morceau de tissu qui dépassait du nœud central et le papier glissa au sol. Tous furent surpris en découvrant ce que contenait la boîte. Seul Seikū fixait son cadeau sans comprendre. À un an, un tel cadeau n'était pas forcément approprié.

- C'est quoi ? questionna idiotement Iba, posant la question silencieuse de tous.

Un invité pouffa devant l'absurdité du cadeau, attirant l'attention de tous mais surtout celle de Seikū. Le petit ne comprenait pas la situation ni pourquoi quelqu'un rigolait.

- Une balançoire ? Ah ah ! Sérieusement Yoruichi, t'aurais pu trouver mieux, explosa Kurosaki devant le " cadeau ".

- Eh, je te ferais dire que toi t'as rien ramené, vociféra la noble en le toisant.

- Bien envoyé ! soutint Apache.

Il est vrai que Ichigo était le seul à ne pas voir apporte de cadeau avec lui, même les capitaines Kuchiki et Zaraki ou bien les arrancars avaient fait l'effort d'apporter une babiole au petit. Mais il ne savait pas qu'en venant ici pour voir le capitaine Kurotsuchi, il apprendrait que la fête d'anniversaire du fils d'Hisagi et de Soifon avait lieu en ce jour, qu'Hisagi et Soifon avait eu un enfant ensemble était plus juste.

- Ouais bah je lui ramènerais un truc la prochaine fois, bouda le rouquin sans plus d'histoire.

- T'as intérêt ! le maudit presque la marraine de son regard peu diplomatique.

Et le déballage de cadeaux se conclut sur cette petite note excessive. Seikū, pour son premier anniversaire, se retrouvait avec bon nombres de vêtements, hakamas, shihakusho et même un mini haori au chiffre de la huitième division, des peluches diverses, des jouets tous différents, des petites voitures aux pièces à emboîter en passant par du matériel à dessins, des objets un peu farfelus, et une balançoire. Tout cela rien que pour lui. Il en sourit joyeusement et regarda la masse de personne qui le fixait avec adoration.

- Papa.

- Oui ?

- Maman !

Et il rigola joyeusement en réclamant un câlin de ses parents. Soifon l'embrassa amoureusement ainsi que Shūhei et tous applaudirent les progrès certains du petit garçon. En un jour à peine, celui de sa première année, il commence à marcher et prononce les deux mots qui feront débuter sa carrière de futur shinigami. Belle journée en soit.

[ . . . ]

Hisagi n'aurait certainement pas imaginé que sa vie prendrait un tel tournant lorsqu'il était entré au Bureau Technique de Développement, 26 mois plus tôt. Et pourtant. Il faut toujours envisager l'avenir différemment. Il avait une sublime compagne qu'il souhaitait même prendre pour femme et un adorable fils d'un an. Que demander de plus ?

FIN


Seikū ou en kanji 制空 signifie le contrôleur des cieux.


Voilà, c'est fini. J'espère que ce petit four-shot (si ce terme existe) vous a plu et je vous invite à lire mes autres histoires si cela vous intéresse. À la prochaine.

Avec moult remerciements, MariieFBLM.