Avant dernière petite séquence...

Bonne lecture.

Louve.

Hermione frotta la peau de sa joue à quelque chose qui semblait chaud et doux. Merlin qu'elle se sentait bien, là...

Elle ouvrit instantanément les yeux lorsqu'elle réalisa où elle se trouvait, et quelle était cette source de chaleur contre laquelle elle était blottie.

Malefoy, d'une beauté matinale peu commune, torse nu, se trouvait être la source de chaleur en question. Quelques mèches lui tombait sur son visage angélique, mais qui possédait cependant le diable au corps...

Chose dont elle n'était plus vraiment sûr, lorsqu'elle se souvint de la gentillesse dont il avait fait preuve la vieille. Et maintenant, elle se trouvait blottie contre ce corps chaud qui lui apportait détente et sécurité.

Le jeune homme se trouvait endormi sur le côté droit, un bras au dessus des frêles épaules de la jeune femme qui allait jusqu'au bas de son dos, comme s'il ne voulait pas la laisser partir. Son visage semblait paisible, et c'était la première fois qu'elle le voyait ainsi depuis qu'elle cohabitait avec lui. La lumière du soleil éclairait ses mèches blondes, et c'est la première fois que la jeune femme remarqua à quel point il pouvait être beau. Pas d'une beauté banale, mais d'une beauté frappante et presque angélique. « Tout n'est que question d'apparence », se dit-elle.

Cependant, la jeune femme ne bougea pas de l'étreinte chaleureuse que lui offrait le jeune Serpentard. Elle devrait le détester, mais ses pensées n'étaient pas haineuses comme elles auraient dû l'être. C'est la première fois qu'elle réalisa à quel point Malefoy paraissait vulnérable. Il était seul, et visiblement salement amoché. Ne devrait-il pas se retrouver aux côtés de son maître, comme ces innombrables partisans apeurés ? Ne devrait-il pas être être dévoué au mal, comme toute sa famille ? Que faisait-il ici, comme un enfant égaré ? Et elle, que faisait-elle dans le lit de Drago Malefoy ?

Elle le sentit soudainement gesticulé, ce qui l'effraya tellement qu'elle bloqua sa respiration.

« - Ne t'arrêtes pas de me regarder Granger, si ça te fait tellement plaisir.. »

Devinant le teint pivoine de la jeune femme, un léger rictus se dessina sur son visage, malgré le fait qu'il gardait ses yeux fermés. Ouvrant les yeux, il laissa échapper un rire moqueur de ses lèvres avant de se lever.

« - Pourquoi est-ce que tu es dans le lit ?

- Parce que c'est le mien, dit-il comme si c'était une évidence.

- Mais cesse de répondre de façon aussi catégorique ! S'énerva-t-elle.

- Mais il n'y a rien d'autre à dire. »

La jeune femme se tut et comprit alors pourquoi Malefoy se montrait si silencieux : il avait apprit à réfléchir avant de parler, et ne prenait la parole que lorsque celle-ci s'avérait être nécessaire, et disait les choses simplement, comme il les voyait. Elle comprit enfin que le Serpentard ne faisait pas ça dans le but de l'agacer, mais bel et bien parce qu'il estimait la réponse convenable.

Et une fois de plus, elle se heurta au limites de sa pudeur, s'offusquant de la teinte légèrement rosies que ses joues pouvaient prendre.

Cependant, pour reprendre vigueur et courage, elle posa une question qui lui brûlait les lèvres.

« - Malefoy..tenta-t-elle..

- Hm ?

- Pourquoi est-ce que tu te montres à la fois si gentil et si distant... ? »

Il resta silencieux quelques secondes. Son visage ne trahissait aucunes émotions.

Drago s'interdisait de montrer toutes émotions.

« - Et toi ?

- Il me semble avoir posé la question la première !

- Alors dans ce cas je ne sais pas. Satisfaite ?

- Eh bien non ! S'énerva-t-elle à son tour en se levant, toute habillée. »

Hermione fulminait, tandis que Drago arrachait un bout de pain face au feu qu'il venait d'allumer.

« - Et qu'est-ce que tu attends de plus ? »

Le ton calme du serpent la rendait dingue.

« - Mais qui es-tu ! Lâcha-t-elle alors. Tu te montres gentil en me sauvant la vie, puis tu t'effaces et laisses place à une froideur et une distance inégalable, puis tu voles à ma rescousse à nouveau pour m'aider !

- Mais j'ai rien demandé moi Granger ! T'aurais voulu que je te laisse crevé dans ton espèce de délire hier soir ? Que je te regarde convulser ?! Est-ce que tu te rends compte à quel point t'es taré comme fille ?!

- Mais si je t'énerve tellement que ça et que je suis un poids, pourquoi est-ce que tu m'as pas encore dégagé d'ici ? »

Le ton semblait monter de plus en plus entre Hermione qui se retenait ses questions qu'elle rêvait de lui balancer au visage, et Drago qui semblait perdre peu à peu contrôle.

« - Très bien, si c'est ce que tu veux. Tu peux partir. »

Malefoy paraissait soudainement énormément... déçu. Comme si, tous ses silences, tous ses non-dits étaient une preuve qu'il accordait sa confiance et sa présence à la Gryffondor. Oui, le Serpentard était déçu, car il aurait voulu que le brillant cerveau d'Hermione Granger puisse comprendre que sa présence le rassurait. Qu'il était emproit à un constentuel dilemme intérieur ; à savoir, décider entre le bien, et le mal ? Entre la liberté, probablement courte mais de toute son étendue, où la servitude et la dévotion éternelle ?

« - Mais...

- J'ai bien compris Granger, t'inquiète pas. Visiblement ma compagnie ne te plaît pas, alors vas-y, je te retiens pas.

- Je n'ai jamais..

- Dégage j'ai dit ! Hurla-t-il soudainement, ce qui valu un sursaut de la jeune femme. »

Il se leva, éprit d'une telle colère que la jeune femme ne bougea pas d'un pouce. Il s'approcha d'elle à une vitesse fulgurante, et lorsqu'il fut en face d'elle, la jeune femme en oublia de respirer. Son visage était si proche du sien qu'elle louchait entre les lèvres et les yeux bleus presque gris du jeune homme. Une tempête paraissait dévaster son regard.

« - Si vulnérable, si craintive, et si naïve petite Gryffondor... »

Son cœur cognait à une vitesse hallucinante.

« - Que crois-tu savoir sur moi ! Dit-elle d'un ton défiant.

- Et toi, qu'est-ce que tu crois savoir sur moi ?! Tu ignores tout !

- Alors expliques-moi ! demandait-elle avec désespoir. »

Un rugissement de colère s'échappa des mâchoires contractées du Prince des Serpentard. La jeune avait visiblement touché un point faible du blond, car celui-ci essayait de contrôler la colère dont il était comme victime. Ses poings tremblaient tellement que la jeune femme essaya de s'éloigner. En vain, puisque le regard de Drago lui ordonnait de ne pas bouger.

« - Tu voudrais savoir hein ? C'est donc ça, la raison qui t'as poussé à pourrir ici avec moi, hein ? »

Le sourire du serpent était foncièrement mauvais. Son attitude semblait changé : il avait reprit cette allure hautaine, cette prestance et cette vivacité qui le rendait magnifiquement effrayant.

« - Non ! hurla-t-elle, les mains sur les tempes.

- Donne-moi une simple raison, Granger. »

Le silence fut sa seule réponse, étouffant l'humble habitacle.

Drago poussa un ricanement mauvais.

« - Tu sais Granger, si je suis ici, c'est pour les mêmes raisons qui faisaient celles que j'étais déjà à Poudlard. »

Il s'approchait, d'un pas.

« - Parce que je suis un lâche. Mais ça tu le sais, hein ? »

Un pas, encore.

Le ton du blond n'était que murmure sarcastique et froid. Ses paroles fouettaient l'air comme la langue fine d'un serpent qui rependait son venin.

« - Parce que j'ai tout, absolument tout sacrifié pour jouir entièrement de cette liberté de courte durée. Parce que j'ai tout laissé derrière moi : famille, amis, fierté, honneur, richesse, rang. »

Un pas.

« - Parce qu'ici, je m'en bas perpétuellement contre moi-même. Long et délicieux duel contre la plus sombre partie de mon âme, qui me fait tomber, et tomber... murmura-t-il avec volupté. »

Son souffle se mélangeait maintenant à celui, apeuré, de la jeune femme.

« - Parce que je ne veux pas être le fidèle toutou de Tu-Sais-Qui. Parce que je ne veux plus jamais que l'on torture mon jugement, ma personnalité. Parce que je veux pouvoir croire ce que je veux sans avoir à ouvrir les yeux : qu'un sorcier soit Sang-de-Bourbe ou Sang Pur, rien ne change ma vision des choses. Je lutte contre ma propre survie, Granger, aussi maladive et éphémère puisse-t-elle être... »

Il posa une main sur sa joue, haineuse.

« - Et puis t'étais là, toi, défiant la mort dans les yeux alors que je ne l'oserai jamais. Quelle belle claque je me suis prit, Granger, quand j'ai vu qu'un miniscule bout de femme était prête à mourir pour les autres... »

Elle n'osait lever le regard de peur de rencontrer des pupilles aciers, elle en avait beaucoup trop peur pour cela.

« - Je t'ai envié, oh.. et à quel point. C'était viscéral. Après un silence, il reprit : belle et indomptable : seconde claque. »

Elle se mordit la lèvre inférieure, et c'est à cet instant qu'elle sentit la poigne du Serpentard beaucoup plus féroce. Il s'ouvrait, et même si il était diaboliquement effrayant, il faisait cet effort.

« - Alors je t'ai sauvé. Puis j'ai essayé de contrôlé d'une part : ma jalousie envers ton courage, et ce que m'apportait ta présence. Echec cuisant, maestro. »

Elle l'entendit sourire.

« - Je me retiens chaque seconde pour ne pas te frapper tellement je t'envie, méprise ton courage égoïste, et t'embrasser parce que ta simple personne me fascine. »

Sa main retomba.

Sa dernière parole venait de claquer dans l'air.

Il se recula. Elle ne partageait plus cette alcôve rassurante. Elle ne se sentait plus autant en sécurité. Elle voulait pleurer.

En relevant les yeux, son mutisme cessa.

« - Une raison ? demanda la Gryffondor, répondant à la demande du Serpentard, précédemment. Je crois bien que j'aime ce que je vois, là, dit-elle en étendant les bras. Parce que moi aussi, ça me fascine. »

Puis, Malefoy releva ses iris couleur ouragan, vers le propre cyclone qui venait de tout saccager. Le temps venait de se suspendre.

Ils n'attendirent plus l'espace d'une seconde avant de se jeter l'uns sur l'autres, assoiffés, passionnés, libres. La lionne s'accrochait avec toute l'énergie du désespoir au col de son pull, tandis que le serpent tenait la jeune femme de ses bras puissants. Une main poignante sur sa joue, l'autre dans le bas de son dos, il semblait ne jamais vouloir lâcher la Gryffondor.