Allongé dans son lit, Eren était plongé dans un profond sommeil, bien emmitouflé dans ses draps. Aujourd'hui, il n'avait pas cours, c'est pourquoi, à 10h30, il roupillait encore. Mais malheureusement pour lui, cela n'allait pas être de longue durée. En effet, alors qu'il était plongé dans un merveilleux rêve, la sonnerie de son téléphone le fit revenir sur terre, et c'est donc dans un grognement digne d'un homme des cavernes qu'il décrocha à l'appelle.

-Allô ?

-Je te réveille gamin ?

Nouveau grognement. Il fallait en plus qu'il soit réveillé par lui... Comment il s'appelle déjà ? Ah oui, c'est vrai, Rivaille. Fronçant les sourcils, il se frotta les yeux afin d'essayer de se réveiller. Comment avait-il eu son numéros ? Il ne se souvenait pas lui avoir donné hier soir lorsqu'il était partit.

-Comment tu as eu mon numéros ? Fini-t-il par demander d'une voix enraillée.

-L'infirmière de jour me l'a donné.

Il souffla. Pourquoi elle lui avait donné elle aussi ? Comme si il avait envie qu'il l'est !

-Et pourquoi tu lui as demandé ? T'a peur que je viennes pas ce soir ou quoi ?

-Très drôle gamin, non, c'est ma grand mère qui m'a demandé de t'appeler. Elle veux que tu viennes maintenant.

Eren fini par ouvrir les yeux, et fixa son plafond. Pourquoi voulait-elle qu'il vienne ? Cela devait être urgent. Soupirant sans ce soucier du fait que Rivaille puisse l'entendre, il rejeta les draps de sur son corps, et se redressa en gémissent sous la fraîcheur de la pièce. Dirigeant son regard vers la fenêtre, il râla. Il avait oublié de la fermer hier. Sortant ses jambes hors du lit, il bailla, avant de donner sa réponse en entendant le plus vieux se plaindre à l'autre bout du fil.

-C'est bon, pas la peine de faire un caprice, j'arrive, faut juste me laisser le temps de me préparer et d'arriver.

-T'habite où ?

-Shiganshina.

-Même ?

-Je ne suis pas comme vous fini-t-il par lâcher en attrapant des affaires propres.

S'enfermant dans la salle de bain, il soupira en entendant le silence sortant du combiné.

-Bon, si tu n'as rien à dire, je peux raccrocher pour m'habiller ?

Il entendit un souffle, et compris sans difficulté qu'il riait. Il se retint d'émettre un son qui trahirais son énervement et attendit le verdict.

-Aller, grouille ton cul gamin.

-Ta gueule le vieux! Réussi-t-il à dire avant que Rivaille ne raccroche enfin, et qu'il ne puisse se préparer.

Il lança son portable sur son lit qui rebondit, avant qu'il ne s'enferme dans la salle d'eau, et ne s'habille.

Se déshabillant, il enfila ses sous-vêtements, avant de passer à son bas, un pantalon blanc et noir à carreaux, puis à son haut, un t-shirt noir à manche courte simple.

Il se brossa les dents, essaya de dompter sa chevelure, avant d'abandonner et de ressortir pour enfiler ses chaussures, prendre ses clés, et sortir de son appartement, partant en direction de chez Mme Arnaud.

Comme chaque fois, il traversa son quartier, passa devant le petit square à sa sortie, avant de pénétrer dans le coin bourgeois de Shiganshina. Il ne lui fallut qu'une petite heure avant d'arriver devant la maison de la vieille femme. Pénétrant le jardin, il ralentit lorsqu'il vit la porte d'entrée ouverte et le petit fils de Mme Arnaud appuyé contre l'encadrement, les bras croisés sur sa poitrine, et son éternelle air d'indifférence totale qui agacé profondément l'étudiant.

-Tu en a mis du temps.

-J'habite pas à côté.

Essayant d'ignorer l'homme devant lui, il entra dans la maison, et allât directement dans le salon, où il vit l'infirmière qui lui sourit.

-Coucou Eren, désolé de t'avoir fait venir si tôt.

-Ce n'est rien, Mme Arnaud voulait me voir ? Demanda Eren, avant que la voix de la vieille femme ne retentisse dans la pièce.

-En effet, encore désolé mon grand dit-elle assise dans son fauteuil, non loin de lui.

-Ce n'est rien dit-il en souriant, le regard tendre, et en se baissant vers elle pour l'embrasser sur sa joue.

-Vois-tu mon garçon, j'ai un service à te demander reprit-elle aussitôt.

-Je vous écoute.

-C'est à propos de Rivaille.

Eren fronça les sourcils en se tournant vers l'homme qui en avait fait autant, signe qu'il n'était pas au courant.

Pourquoi l'appeler si il s'agissait de Rivaille ? Il ne pouvait pas l'aider, il ne le connaissait même pas. Mais Mme Arnaud n'était pas du genre à demander un service au premier venu et pour rien. Si elle lui demande, c'est que cela est soit grave, soit urgent. Mais qu'est-ce qui est de ce cadre, et que Rivaille lui même ne sache pas ? Eren avait beau se creuser la tête, il ne voyait pas comment il pourrait aider. Ne disant rien, il laissa finir la femme, afin de savoir le plus vite possible, ce service qu'elle lui demandait. Surtout qu'elle semblait gênée de le lui demander à lui.

-Je ne vais pas tourner autour du pot mais...

-Mamie intervint Rivaille, les sourcils fronçaient, qui visiblement, se doutait de ce que sa grand mère allait lui demander, et si cela ne semblait pas l'emballer, cela n'allait peut être pas l'emballer à lui non plus. Mais bon, il fit un effort, pour elle.

-Il aurait besoins qu'on l'héberge en attendant qu'il trouve du boulot et un chez lui termina-t-elle, ignorant son petit fils.

Eren semblât jouer les statues. Il était très surpris par la requête de la dame. Elle lui demandait d'héberger Rivaille ?! Mais pourquoi ? Pourquoi lui ? Et pourquoi ne l'hébergeait-elle pas ? Ce n'était pas la place qui manquait, de plus, il serait là pour s'occuper d'elle.

-Excusez moi de vous dire cela mais, pourquoi me demandez-vous cela ? Vous ne pouvez pas l'héberger ? Votre maison est grande comparais à mon tout petit appartement.

Le silence lui répondit, lui faisant froncer les sourcils, mais l'inquiétant également. Elle lui cachait quelque chose.

-Mme Arnaud ? Demanda-t-il en se mettant devant elle, afin de pouvoir la regarder dans les yeux, mais ce qu'il vit manquât de lui faire verser des larmes.

Elle pleurait.

Pourquoi ? Que ce passait-il ? Ne supportant pas de la voir dans un tel état, il se tourna vers l'infirmière qui détourna le regard, avant de se tourner vers l'adulte.

-Il ne lui reste que quelques semaines lâcha-t-il comme si c'était la chose la plus naturel au monde, se qui le blessa et l'énerva.

N'avait-il donc aucune émotions ?

Se tourna vers la dame, il la fixa de son regard humide .

-Non... Je...

-Tu es la seule personne en qui j'ai confiance Eren, tu as toujours était là pour moi. Donc je te pris d'accepter en tant que mes dernière volonté, cette requête fini-t-elle en plongeant son regard dans le sien.

Accroupi devant elle, ses mains sur ses genoux, il baissa la tête, laissant s'écouler le temps. Il serra les poings sur la robe de la dame qui posa l'une de ses mains tremblante sur la sienne, comme pour le rassurer et l'encourager.

Alors c'était fini. Fini les longues soirées et les nuits blanches à venir ici pour s'occuper d'elle et pour finir durant tout le reste de la nuit ses devoirs. Fini les sourires et les bon moments avec elle. Elle allait partir. Pour toujours. Et malgré tout, elle lui demandait encore quelque chose, qui n'était même pas pour elle. Elle faisait encore passer les autres avant elle. Il était, selon elle, la seule personne en qui elle a et avait confiance. Respirant profondément, un palpitement cardiaque le fit se redresser, et relever la tête pour plonger son regard dans celui de Mme Arnaud.

-J'accepte.

La vieille femme lui sourit alors, d'un air fatigué qui lui fit mal au cœur. Mais que pouvait-il faire ? Elle allait mourir. Il ne pouvait pas lui refuser ses dernières volontés. Peut être que le regard de Rivaille en cet instant aurait réussi à le faire changer d'avis si seulement il avait daigné lever ses yeux pour les plonger dans les siens comme en ce moment.

Mais qu'avait-il ? Il semblait hostile, en vouloir à la terre entière. Comme si il ne supportait rien. On lui propose de l'aide, et en échange, vous recevez un regard de sa part des plus meurtrier. Il en avait assez de se comportement puéril qu'il avait envers lui. Ce n'est pas parce qu'il était plus vieux qu'il pouvait se permettre d'être aussi hautain avec lui.

S'avançant vers lui, il profita que Mme Arnaud ne le voit pas pour lui agripper le col de son haut, le surprenant au passage, lui qui ne s'attendait pas à ce geste, et encore moins à cette violence envers lui, et le traîna jusqu'au dernier étage, pour être sur que personne ne les entendent.

Ouvrant la porte d'une petite chambre d'ami, il le fit entrer dedans avant d'y pénétrer lui aussi et de fermer la porte tout en restant devant.

-Non mais je peux savoir ce qui te prend gamin ?

-T'es dégueulasse lâcha-t-il en accompagnant sa parole à une moue répugnée, surprenant le plus vieux, tu n'as donc aucune émotion ? Ta grand mère va mourir, et toi tu garde la même expression comme un automates bien réglé ! On te propose de l'aide, et ça te fait chier !

-Je n'ai jamais demandé à ce qu'un putain de gamin me prenne en charge, c'est elle qui en a décidé ainsi, moi je suis grand, je sais me débrouiller repris Rivaille en s'approchant, un air menaçant au visage.

-Ce sont ses dernière volontés ! Respecte les. Je ne c'est pas ce que tu as vécus, mais il vas falloir que tu apprennes à accepter la main que l'on te tend !

Sans plus attendre, il se dirigea vers la porte, posant la main sur la poignée, il s'arrêta et se tourna une dernière fois vers le noiraud.

-Et souris, ça te déridera un peu vieux grincheux.

Avant de sortir de la chambre et de retourner en bas. Une fois en bas, il se stoppa net en voyant les ambulanciers dans la maison. Allant au salon, il lança un regard inquiet à l'infirmière qui allât le rassurer.

-Il l'emmène juste à l'hôpital.

Eren hocha la tête, mais ne pus laisser sortir une parole. Restant près de l'escalier où Rivaille était descendu et regardait lui aussi la scène, le jeune garçon laissa passer le brancard avec la dame dedans qui en passant devant lui, lui sourit en le remerciant. Il lui répondit d'un simple hochement de tête, ne pouvant parler. Il savait que si il ouvrait la bouche, il allait pleurer. Hors il se refusait à pleurer, et surtout pas devant elle. C'est vrai que ce n'était pas sa grand mère, ni rien. C'était juste une dame malade de qui il s'occupait, mais avec le temps on s'attache. Et lorsque c'est l'heure des adieux, c'est dur, très dur.

Debout sur le perron, il regardait les brancardiers installer Mme Arnaud dans le camion d'ambulance, et il regardait le véhicule partir, emportant avec lui la grand mère. Il laissa alors une larme couler enfin le long de sa joue en silence.

-Adieux Mme Arnaud.