Publié le mardi 07 octobre 2014

Bonsoir Bonsoir ! Alors, déjà, merci à K.S (merci :D ), LinChan (merci d'apprécier mes descriptions, j'adore ça !) et Chat Bleu (c'est adorable !) pour leurs reviews.

Moi, j'ai été terriblement malade la semaine dernière/j'ai fêté notre anniversaire avec mon copain/j'ai du taf, toujours mais j'ai trouvé le temps d'écrire le chapitre pour le publier à la date annoncée, si si ! Ce chapitre voit la réapparition d'un personnage que j'affectionne terriblement et qui, comme dans Les Enchaînés, vient foutre le bordel.

Résumé, aîght : Harry va à la Bibliothèque de Poudlard chercher des bouquins sur les Muses, se rend compte qu'il lui sera impossible d'en devenir une - Draco est bizarrement satisfait de la première séance - Draco couche avec une fille insignifiante, Caitlin - Deuxième séance de pose : Harry débarque, en mode onze ans, surexcité, comme un gosse, faisant tourner la tête à Draco.

On se retrouve en bas, bonne lecture !


CHERCHE MUSE ou Laisser le temps aux choses

Chapitre 6 : Fourrer son nez dans les affaires du duo Potter-Malfoy


Draco grognait. Enfin, ce n'était pas vraiment son genre. Il serait plus correct de dire qu'il pestait. Et pour pester, il pestait furieusement.

L'objet de sa colère était un sale morveux aux oreilles décollées qui n'arrêtait pas de tirer sur sa veste et qui, accessoirement, lui écrasait un ou deux orteils toutes les cinq secondes. Son rire aigu et profondément irritant menaçait de percer les tympans du wagon tout entier et sa bave – car il bavait comme un phoque devant une, et bien, une femelle phoque – gouttait sur le sol, à quelques centimètres à peine des magnifiques chaussures Richelieu du blond.

Le pire, c'était sûrement qu'à chaque mouvement du train souterrain, la flaque de salive s'élançait vers Draco, comme le plus dangereux et menaçant des raz-de-marée que la terre ait jamais connu.

Le répugnant marmot devait avoir cinq ans, guère plus, mais Draco était certain qu'à cet âge-là, lui, avait déjà un semblant de savoir-vivre. Enfin bon, tout le monde n'était pas éduqué façon Malfoy, visiblement.

Bref, il ne pouvait pas seulement blâmer le mioche. Ce n'était pas entièrement de sa faute s'il était aussi mal élevé qu'un yorshire nain de grand-mère totalement frappée.

Dans un souci d'équité donc, l'ancien Serpentard dirigeait, de temps à autre, son regard furibond vers la mère du gamin, une femme au visage insipide, assise sur une banquette.

Loin d'implorer son pardon, d'admettre qu'elle était une maman indigne et qu'elle et son rejeton ne méritaient certainement pas de respirer le même air que l'illustre Draco Malfoy, mais que s'il-vous-plaît, nous ne sommes que de pauvres gens sans éducation, non, loin d'adopter une posture de soumission craintive, elle les regardait tous les deux d'un air attendri.

Oui, vous avez bien lu. Attendri.

Cette imbécile de Moldue croyait visiblement que le sublime Draco Malfoy et la larve humaine qui se pendait à sa jambe s'amusaient ensemble.

Et encore, si le gamin et sa sotte de mère étaient les seuls éléments emmerdants du coin, Draco était presque certain qu'il aurait pu les tolérer. Cependant, il y avait tous ces gens qui grouillaient autour de lui, le bousculaient comme s'il n'existait pas. Et ils gueulaient, riaient, s'esclaffaient, tout en donnant à tout-va des coups de coudes et de sacs. C'était l'enfer.

xXx

Il y avait aussi ce prodige étrange qui foutait le sorcier mal à l'aise. Une bande de jeunes affalés sur une banquette produisaient de la musique sans instrument ni baguette. L'un d'eux avait dans les mains une sorte de disque, de deux ou trois centimètres d'épaisseur, couleur métal. L'appareil était relié à deux boîtes rectangulaires, posées sur un siège vide.

Et il semblait bien que le son provenait de ces deux boîtes.

Bien sûr, Draco savait ce qu'était la télévision. Pour preuve, il connaissait une grande partie des dessin-animés qui y passaient, en ce début de millénaire.

Il avait aussi déjà été dans des boutiques moldues ou même des supermarchés, commerces qui diffusaient bien souvent une chaîne de radio quelconque, comme pour faire oublier aux clients combien faire ses courses, c'est chiant.

Mais les sons qui sortaient de la télévision pouvaient facilement être attribués aux personnages qui parlaient à l'écran – après tout, les portraits magiques étaient bien doués de parole. Et pour ce qui est des bandes-son ou bien des voix off, il devait y avoir un bonhomme polyvalent derrière l'écran, dans la télévision, que Draco ne pouvait pas voir mais qui commentait ou jouait de la musique, selon le programme visionné.

Et dans les magasins, il pensait tout simplement que l'orchestre était en arrière-boutique, afin de pouvoir jouer sans être dérangé.

Bref, Draco n'avait jamais eu l'occasion de voir un walkman.

xXx

Après un temps interminable – à vue de nez, au moins quatre heures – le métro arriva enfin à la station tant attendue. Et heureusement, car Draco était à deux doigts d'envoyer se faire royalement foutre le Code International du Secret Magique, en transplanant illico presto en dehors de cet infernal engin et de ses monstrueux passagers.

Mais, au moment-même où il faisait appel aux trois D, une voix qui se voulait féminine cria « Baker Street ». Et comme c'était là qu'il devait descendre, il descendit, abandonnant avec plaisir le gamin dégoulinant à sa mère, les jeunes à leurs machines diaboliques, et tous les autres, à leurs occupations de figurants.

Tandis qu'il gravissait les marches qui le ramenaient à l'air libre, il fulminait de façon générale contre toutes les les inventions de ces dingues qu'étaient les Moldus.

Il était tellement absorbé par ses malédictions, qu'il lui fallut quelques secondes pour remarquer le grand garçon black qui l'attendait, manifestement très amusé, adossé contre un poteau. Et pourtant, il était loin de passer inaperçu.

- Je n'en reviens pas que tu sois vraiment venu en métro, dit Blaise Zabini, en guise de salut.

- C'était ta condition pour qu'on se voit, rétorqua le blond. Je ne comprends vraiment pas pourquoi, d'ailleurs.

xXx

La veille, Blaise avait reçu un hibou de son meilleur ami d'école, qui lui demandait s'ils pouvaient convenir d'un rendez-vous pour parler. Il avait accepté, quoique peu enthousiaste de jouer son rôle de réceptacle à sentiments éplorés.

Ils se voyaient relativement peu, par rapport à l'âge d'or de l'école, et souvent, c'était parce que Draco avait besoin d'une épaule sur laquelle déverser sa détresse, ses questionnements métaphysiques et sa frustration affective.

Ouais, parfois, celui qu'on avait appelé le Prince des Serpentards, avait besoin d'un gros câlin et d'un bisou sur le front. Enfin, c'était tout comme.

Bref, Blaise avait expressément demandé à Draco d'atterrir dans l'immense aire de transplanage de King's Cross, pour ensuite prendre la Hammersmith & City line et s'arrêter trois stations plus loin.

Pourquoi, me demandez-vous ? Parce que c'était drôle.

xXx

- Je voulais simplement que tu vois combien Londres version moldu c'est cool. Et puis, tu as pris la plus ancienne ligne de métro du monde, faut quand même faire ça une fois dans sa vie. En plus, c'était seulement pour trois arrêts. Franchement, tu rates tellement de choses en fréquentant uniquement le côté sorcier... Des trains souterrains, sous nos pieds !

- Arrête, tu me rappelles quelque chose. Ha oui, Arthur Belette.

- Beurk, rit Blaise, tout en se mettant à marcher. J'ai simplement grandi dans le monde non-magique, mais ça ne fait pas de moi un pauv' type chauve, roux et à la fertilité trop élevée pour sa bourse. En fait, je pensais pas que tu allais vraiment venir en métro. C'était plus pour t'emmerder qu'autre chose. Mais sérieux, rien que pour t'imaginer acheter un ticket au distributeur, ça vaut le coup de subir ta présence toute la journée.

Draco dégageait une telle aura négative que Blaise jugea plus sage d'enchaîner :

- Je n'habite pas très loin et heu, j'ai du très bon thé. Ma mère m'en a offert.

xXx

La relation que Draco et Blaise entretenaient était assez étrange. Il y avait entre eux une amitié teintée de défiance, une rivalité aussi certaine qu'assumée.

Quand Blaise avait intégré Poudlard, sa mère, qui roulait sur l'or grâce aux héritages de ses sept maris défunts, l'avait prévenu. Pour se démarquer de la masse vulgaire, il devrait fréquenter ou Harry Potter ou Draco Malfoy.

Le premier promettait d'être l'adolescent le plus célèbre et aimé du monde sorcier. Le second était l'héritier de la plus vieille famille de Sang-Purs et certainement le garçon le plus raffiné de l'école.

Blaise, par affinité pour la maison de Serpentard, préféra entrer dans la bande de Draco.

De toute façon, il s'était vite rendu compte que le blond était un type fascinant : tout son être dégageait quelque chose qui s'approchait dangereusement de l'idée de sublime. A côté de lui, Harry Potter n'était qu'un enfant gringalet, mal coiffé, pas très brillant.

Blaise avait tout d'abord éprouvé une admiration aveugle pour le blondinet. Ses manières, son port, son ton, il détonnait. Puis, avec le temps, il avait fini par découvrir sa colère contenue, son ridicule, sa mauvaise foi.

Et à partir de ce moment-là, il avait commencé à le défier, comme pour le taquiner. Il était difficile de comprendre comment, en se proclamant son plus proche ami, pouvait-il parfois s'ingénier à lui tendre des pièges terribles et à lui foutre ouvertement des bâtons dans les roues.

C'est que l'amitié était un concept tout particulier chez les Serpentards.

xXx

Bien sûr, l'épisode qui illustrerait le mieux l'ambivalence de leur relation était tout de même le fait que Blaise ait été le premier copain/bisou au masculin/amant de Harry Potter, tout en étant parfaitement conscient de toucher à une propriété exclusive du blond.

Draco faisait des séances d'érotisme avec Potter ; Draco écrivait sur Potter ; Draco vivait Potter. Et Blaise avait volé, sans scrupule, alors qu'il n'était lui-même même pas gay, la première sodomie de Potter.

Il n'y avait pas de véritable explication à cela.

Cependant, quand Draco avait découvert la trahison, il n'avait pas vraiment mal réagi, preuve qu'il avait lui aussi conscience de la bizarrerie de son lien avec Blaise.

Il savait que son « ami », par un tel acte, le provoquait, se foutait de lui. C'était comme s'il lui disait « Hey, tu vois, même moi j'en suis capable. » ; « Tu sais, si c'est toi qui portes la couronne, c'est parce que je le veux bien ».

Mais en même temps, Draco ne pouvait que s'incliner devant un tel exploit. Ça l'avait stimulé, poussé à, lui aussi, agripper les deux fesses maigres du brun pour y enfoncer durement son sexe.

Après tout, Blaise n'avait pas violé Potter. Il avait juste eu le cran de passer le premier.

Bref, il avait injurié, maudit, vomi le nom de Zabini pendant un mois. Entre temps, il s'était démerdé pour coucher/échanger des mots d'amour/se mettre en couple avec Potter. Quand il avait obtenu ce qu'il souhaitait, Draco avait réintégré Blaise à son cercle intime. Et tout était reparti comme avant.

Alors qu'il était devenu clair que Potter n'avalait que le sperme de Draco, pourquoi le blond aurait-il continué à se priver d'un allié de taille ? Blaise était quelqu'un d'ouvert, de jovial, avec un très bon relationnel. Il était toujours profitable de l'avoir près de soi.

xXx

Les deux amis avaient été séparés à la fin de la sixième année et s'étaient retrouvés après la guerre, un an plus tard.

La mère de Blaise, quoique Sang-Pur, était restée neutre, bien trop occupée à vivre une idylle passionnée avec un milliardaire New-yorkais dont la fin fut aussi funèbre que prévisible.

Blaise, tout comme elle, n'avait pas pris parti. Rien ne l'y contraignait.

En tout cas, certainement pas son père, un Moldu italien, beau, jeune et friqué, et surtout, terriblement mort, plusieurs mois avant sa naissance.

Et finalement, en cette fin d'année 2000, deux ans après la destruction de Voldemort, Blaise s'en sortait pas trop mal.

C'est du moins ce que Draco pensa en voyant son ami se déhancher devant lui, impeccablement habillé, l'air frais et dispo, attirant les regards de Londoniennes hystériques et chaudes comme la braise.

Avec un certain agacement, il constata que Blaise rayonnait bien plus que lui-même.

Son air fatigué et pincé, sa raideur dans la foule y étaient sûrement pour quelque chose. Contrairement au Black, il avait du mal à trouver sa place dans ce bordel de monde, du côté sorcier comme du côté moldu.

Tous ses repères avaient été méticuleusement broyés par un sale gosse prénommé Harry Potter.

xXx

- Pourquoi tu me racontes tout ça déjà ?

Au lieu de répondre, Draco préféra partir à la recherche d'un peu de confort, étirant tranquillement ses jambes interminables sous la table. Mais l'inconvénient des jambes interminables était justement qu'elles étaient légèrement plus longues que la moyenne.

Aussi, ses petits pieds – faut pas déconner, le 46 c'est pas glamour, ça fait Weasley – butèrent-ils rapidement contre le bois de la chaise d'en face.

- Te gène pas surtout, fais comme chez toi ! bougonna Blaise, dont la chaise venait de vibrer désagréablement.

- Ho, j'essaye, mais... comment te dire... c'est difficile.

L'invité regarda autour de lui avec une mine dégoûtée, qui rappelait à s'y méprendre la tronche que son père avait faite, des années auparavant, quand il avait fait irruption dans la cabane de Hagrid pour annoncer la destitution de Dumbledore.

Cependant, contrairement à son père, l'héritier Malfoy était plus amusé que révulsé par le lieu dans lequel il était reçu.

Blaise Zabini vivait, grâce à sa mère aimante, dans un appartement cosy, dans un quartier prisé de Londres. Il travaillait dans une banque moldue – Draco n'en savait pas plus. Il pouvait toutefois conjecturer que son salaire était tout aussi confortable que la taille de son salon.

Cependant, il y avait de nombreux petits indices de l'incapacité caractéristique de Blaise à vivre seul. Il avait trop longtemps été chouchouté par sa mère et par le personnel de Poudlard.

- C'est un 50 m2, en plein cœur de Londres ! Qu'est-ce que tu demandes de plus ? s'indigna Blaise.

- Je demande à ce que ça (il désigna un cendrier hérissé de mégots) soit vidé tous les deux jours. A ce que ça (il montra un tissu non identifié) ne traîne pas par terre. Et que ça (cette fois-ci, il pointait du doigt un magasine pornographique moldu) ne soit pas sur la table de ta cuisine. Nom d'une chasse d'eau cassée.

- Bon, tu veux pas reprendre ton histoire ? En fait, ça m'intéresse terriblement, tu sais, tes pulsions pédophiles pour les oreilles de garçon, ton amour des ventres ronds... Enfin, tout ce que tu me racontes depuis deux heures.

- Ça ne fait pas...

- Ça fait bien plus de deux heures, tu sais pourquoi ?

- Parce que tu sais lire une montre ? ironisa le blond.

- Non, idiot, parce que mon thé est totalement froid.

- Si tu étais si intelligent que tu tentes de le paraître, tu saurais que la température ambiante de la pièce influence la vitesse de refroidissement d'un liquide. Comme il fait terriblement froid dans ton appartement mal isolé, ça ne m'étonnerait pas que ton thé ait pris moins d'une heure à refroidir.

- Et toi, si tu ne portais pas ton nom de famille idiot, tu aurais certainement admis qu'il ne fait pas non plus 5 degrés chez moi et que les conditions de refroidissement du thé étaient tout-à-fait ordinaires.

- Et toi si tu étais vraiment un bon ami, tu m'écouterais au lieu d'essayer de prouver que les anciens Serpentards sont des êtres insensibles et incapables d'éprouver un sentiment positif quelconque.

- Et toi si... Okay, vas-y, reprends.

xXx

Cela faisait un bon moment que les deux amis avaient posé leurs petits culs sur les deux chaises, de part-et-d'autre de la table à manger de Blaise. Depuis, ils n'avaient pas bougé, portant seulement de temps à autre leurs tasses à leurs lèvres, histoire de se réhydrater.

Blaise avait passé vaillamment la première heure, écoutant avec attention le récit de son ami.

Ils ne s'étaient pas vus depuis quelque chose comme six mois mais Blaise avait l'impression d'avoir affaire à un type qui lui était totalement étranger. Draco était si... enthousiaste. Si fébrile !

En fait non, pour la première fois depuis deux ans qu'ils s'étaient retrouvés, il reconnaissait le sale gamin pédant qu'il avait fréquenté pendant six ans. Il se rendit soudain compte de combien il avait manqué quelque chose à Draco depuis la fin de la guerre. Draco avait toujours été un être désirant mais la fin de la deuxième guerre l'avait transformé en larve dotée de jambes.

Jusque-là, il s'était juste vaguement dit que la mort de Nagini, – certainement le plus gros traumatisme de Draco – avait affecté ses facultés mentales de façon définitive.

Selon lui, le dernier des Malfoy, contraint de garder secrète son ophiophobie pour ne pas déshonorer sa famille, lignée farouche de Serpentards, avait fini par en perdre l'appétit.

Il avait passé un an à ne rien faire de ses journées et, quand il était enfin parti du Manoir qui le rendait fou – il devait s'attendre, à chaque tournant de couloir, à croiser le regard jaune et froid de l'animal de compagnie de Voldemort –, il avait vécu deux mois dans une tente.

Si ce n'était pas un indice de sa dégénérescence cérébrale, ça.

xXx

Bon, Blaise avait émis d'autres hypothèses, peut-être plus satisfaisantes, qui expliqueraient l'état maladif de son ami.

L'une d'entre elles, c'est qu'il traversait une terrible période de chagrin d'amour, car la femme de sa vie, la belle et ténébreuse Luna Lovegood, avait finalement perdu sa virginité avec un obscure Rolf Salamander ou un truc du genre, petit-fils d'un type loufoque qui avait écrit un bouquin dont Blaise ne pouvait se souvenir du titre.

Bon, en réalité, il savait que le blondinet avait perdu pas mal de choses avec la guerre, et que cette salope lui avait plus ou moins cassé toute sa réputation. Il savait que ce serait très dur voire impossible pour les Malfoy de retrouver une influence sociale minimale, ou même de circuler librement sans se faire cracher dessus par les petits morveux qui avaient malheureusement survécu à l'affrontement.

Et, comme la communauté magique britannique, pour la première fois semblait-il, souhaitait plus que tout avancer et tendre une main amicale à tous les peuples du monde, et ainsi former une chaîne de l'amitié tout autour de la terre, (comme ça, si un nouveau mage noir venait à ressurgir, elle aurait tout un tas d'alliés prêts à verser sang et larmes pour la défendre), Draco n'en était que plus paumé.

Il avait été éduqué dans une famille réactionnaire et dans un univers étriqué qui respectait la fixité et le culte du passé. Mais maintenant que toute menace néo-nazi façon sorcière était éradiquée, on respirait l'air de l'avenir, on dénigrait les traditions, on haïssait les vieilles familles et on pointait du doigt sa coupe de cheveux dépassée – quoique ce dernier point n'ait sûrement que peu à voir avec la volonté de reconstruction.

Blaise avait beau se proclamer son meilleur ami, il avait parfois pitié de la situation de Draco.

- Tu m'écoutes ?

xXx

- Ouais, ouais, Harry avait même pas de poils sur les avant-bras. Sous ses longs cils, il te jetait des regards troublants. Vous avez joué ensemble aux échecs et tu lui as préparé une tarte aux framboises pour le goûter. Vous avez dîné à sept heures tapantes, et tu l'as forcé à manger ses champignons. Enfin, vous vous êtes endormis sur la moquette, après avoir joué à un jeu de cartes. Et surtout, la peau de ses joues était si douce. Bordel, quand je dis ça à voix haute, ça fait encore plus peur. Tu te rends compte que tu es anormal, au moins ?

Draco, satisfait d'être écouté, repartit aussitôt dans son monologue sur la beauté des coudes non fripés du petit brun, ce qui permit à Blaise de conclure ses pensées précédentes.

En fait, le vide dans le regard gris était du à l'absence de Harry Potter.

C'était assez formidable que Blaise ne s'en soit rendu compte que maintenant, car, enfin, Harry avait toujours été l'obsession du blond, sa Nemesis, son fantasme érotico-poilu, enfin, toussa quoi.

xXx

- Qu'est-ce que ça te fait de le revoir après tout ce temps ? Blaise coupa le discours de son ami, qui commençait dangereusement à présenter les symptômes du mec-chiant-qui-se-prend-la-tête.

- Comment ça ? demanda prudemment Draco.

- Et bien, ça te fait pas quelque chose ? T'as pas envie de lui ?

- De lui quoi ?

- De lui tout court. C'est quand la dernière fois que tu as couché ?

- Ma santé sexuelle n'importe que moi, répondit Draco, vexé. Mais si tu veux savoir, c'était il y a deux jours.

- Vraiment ? On ne dirait pas. C'était qui ?

- Elle s'appelait Caitlin, une Londonienne de passage à Egerton.

- Et est-ce que tu as vraiment pris ton pied ?

- C'était correct.

- Nom d'une merde à trois yeux, sérieux, au lieu de te compliquer la vie avec tes conneries pseudo-artistiques conceptuelles à deux noises, tu devrais simplement demander à Harry « Ça te dit qu'on baise ? » !

- Je sais que tu as autant d'intérêt pour l'Art que pour une abeille en rut mais moi, j'aime ce qui est beau. Et j'ai besoin d'une Muse pour écrire, pas pour satisfaire mes désirs charnels. Pourtant...

- Ça peut être intéressant, une abeille en rut. Tu crois que ça se passe comment ? Avec son dard ?

- … j'aimerais vraiment que tu me donnes un avis.

xXx

Draco, me diriez-vous, semblait être un gouffre de patience imperturbable. Ce qui est plutôt troublant, compte tenu du personnage. Mais non, rassurez-vous, il bouillait, rageait, s'écriait intérieurement contre le baratin absurde de Blaise. Et pourtant, avec vaillance, il brimait tous ces affects grondants pour se montrer diplomate.

Il avait besoin de Blaise.

Ou plutôt, il avait besoin que Blaise le rassure.

- Je vois sincèrement pas où est le problème, dit ce dernier, avec insouciance.

- Ce gosse... Enfin, il m'a vraiment perturbé ! J'étais tout... tout... j'avais l'impression d'être devant...

- Ce n'était pas vraiment un gosse, non ?

- Il avait un putain de corps d'enfant. Avec sa chair tendre et molle, ses poils jeunes et étrangement clairs, ses grands yeux qui lui bouffaient tout le visage, sa bordel de voix aiguë et son rire, son rire de... de...

- D'enfant.

- Oui, voilà, son rire d'enfant. Cela fait je ne sais combien de temps que je ne l'avais pas entendu...

- Je dirais depuis qu'il n'a plus onze ans. Ça fait neuf ans, quoi.

- Sûrement, oui, mais jamais quand il avait cet âge-là, il ne m'a regardé avec ce.. trouble.

- Heureusement, on était pas encore pubère.

- Quand je me dis que j'ai mis mon sexe entre ces deux petites fesses rondes...

Le blond, emporté, avait parlé sans réfléchir.

- Tu avais vraiment envie de coucher avec un gamin ? s'insurgea Blaise, incrédule.

- Tu l'as dit toi-même, même s'il avait un corps de môme, il avait quand même vingt ans, se défendit Draco. Et je n'avais pas envie de coucher avec lui, seulement de comprendre son mystère, enfin...

- Ouais, de le pénétrer quoi, fit Blaise.

- Tu es si terre-à-terre. Quand je le regardais, j'étais comme face à l'infini, à une matière à malaxer, et pourtant... Je ne sais pas, il est forcément une entité finie. Mais j'avais pourtant l'impression qu'il irradiait, qu'il se dépassait. Qu'il était une matière à informer, tu sais, de la matière ultime.

Blaise avait l'air d'un type confronté à un épineux problème d'arithmétique.

xXx

- Je comprends vraiment pas ton délire, là.

- Disons que la Muse est une entité qui te dépasse, une sorte de... oui, un intermédiaire avec les Dieux. Est-ce que tu as envie de coucher avec Merlin ?

- Je ne suis pas gay, chiotte.

- Bon, heu, disons Helga Poufsouffle ou Rowena Serdaigle ?

- Elles sont MORTES, Draco, c'est quoi ton problème ?

- Ce que j'essaye de te faire comprendre, c'est que Harry-Muse est au-delà de moi et du monde. Il est inatteignable.

- Bah, si tu as compris ça, pourquoi est-ce que tu viens te plaindre à moi de toute ta frustration et tes envies de chair ? En plus, tu te contredis carrément ! Tu me dis : "Potter ? Trop pas, c'est du passé, on a seulement des relations courtoises maintenant, il me sert juste à écrire" et juste après "Bordel, j'ai grave bandé quand j'ai chatouillé ses côtes" !

- Je ne sais pas, ma personnalité artistique devait être fatiguée ce jour-là. Je ne comprends pas moi-même... Tu sais, j'étais en état de transe.

Blaise observa son ami, réprimant une terrible envie de rire. Draco avait toujours été grandiloquent, mais là, il frôlait quand même le ridicule. Sa personnalité artistique !

- Tu veux dire que vous n'êtes pas vous-mêmes quand vous faites des séances de pose ? demanda-t-il, d'une voix très sérieuse.

- Assurément.

- Tu ne trouves pas que ça fait un peu trop écho à vos séances d'érotisme ? Du temps de l'école ?

- Je sais, mais mes motivations, comme je te l'ai déjà dit, sont ailleurs aujourd'hui. Tenter Potter ne m'intéresse plus. Détruire son image n'est plus mon fantasme – je l'ai assez vue, sa nudité foutrement attirante. Tout ça appartient à l'adolescence. La découverte des pulsions, l'envie de toujours-plus... Maintenant, je souhaite quitter le domaine du corps pour m'intéresser à l'esprit. Je cherche, dans la Muse, quelque chose.

- Mais quoi ?

Blaise ne comprenait plus rien.

- Si je le cherche, c'est que je ne sais pas ce que c'est. Quoique. Bon, merci pour le thé, Blaise.

xXx

Draco partit si vite qu'on aurait pu croire qu'il avait transplané. Mais bien sûr, Blaise avait protégé son bel appartement avec tous les sortilèges de sécurité les plus sophistiqués.

Il ne fut absolument pas vexé de ce départ précipité. Ayant étudié le drôle de spécimen qu'était Draco Malfoy pendant plus de 2000 jours d'affilé, il sut se fournir une explication satisfaisante. Draco disait être venu parler. En fait, il était plutôt venu se poser des questions à voix haute. Et il n'était parti que parce qu'il avait trouvé une réponse.

Blaise n'avait strictement aucune idée de laquelle, mais son ami avait fait une découverte époustouflante, certainement à propos de sa relation avec sa personnalité artistique ou un truc pseudo-intellectuel-bobo du genre.

En attendant, Blaise décida que sa vie de banquier moldu n'était pas assez palpitante.

Comme il y a quatre ans, il allait à nouveau fourrer son nez dans les affaires du duo Potter-Malfoy.

xXx

Un bébé aux cheveux verts – ils l'étaient toujours en présence de Harry – lui montrait son index avec satisfaction.

Le Survivant observa le petit doigt, qui était recouvert de...

- Caca ! cria joyeusement l'enfant.

- Beurk, mais tu es répugnant, mon filleul ! s'exclama le brun. Ce n'est pas bien, Ted ! On ne joue pas avec le caca ni le pipi.

Cependant, son sourire amusé contredisait clairement ses réprimandes. Le fils de Lupin et Tonks l'avait visiblement senti car il laissa échapper un grand rire, comme s'ils étaient tous les deux complices.

- Bon, on va nettoyer ça, il ne faut pas que Mamie voit ça, elle ferait un infarctus. Donne-moi ta main... non non non, l'autre. Voilà.

Et Harry amena le petit Ted à la salle de bain, pour lui récurer les mains et les ongles. Deux fois. Parce que le garçon avait la fâcheuse habitude de bouffer ses doigts à longueur de journée, comme s'il s'agissait de fingers de Cadbury. Oui, les biscuits enrobés de chocolat. L'image est assez malvenue, je vous l'accorde.

xXx

C'était un samedi d'octobre tout ce qu'il y avait de plus banal.

Harry voyait relativement peu ses amis, en revanche, il passait énormément de temps avec son filleul. Et comme, de toute façon, il n'avait pas vraiment d'autre activité à laquelle se consacrer – sauf si on comptait les séances de pose, tous les quinze jours –, c'était avec plaisir qu'il venait se prendre dans la tronche, deux ou trois fois par semaine, une bonne dose d'éclats de rire et d'adorables caprices enfantins.

Ted Lupin avait deux ans et demi et c'était un bambin charmant.

Il était terriblement casse-couille, adorait courir de partout, manifestait un don démesuré pour rendre sa grand-mère dingue et savait exactement comment dénicher tout un tas de biscuits et de bonbons, pourtant planqués dans des placards à première vue impossibles à atteindre pour un gamin de sa taille.

Et il adorait Harry. Mais tout le monde adorait Harry, n'est-ce pas ?

xXx

- Bon, Ted, on se voit demain, d'accord ?

- D'accord ! Tu rentres chez toi, tonton Harry ?

- Oui, mais je reviens demain, répondit le sorcier patiemment.

- Tout-à-l'heure ?

- Demain, quand tu te réveilles, d'accord ?

L'enfant réfléchit, puis jugea que c'était acceptable.

- Je me réveille dans deux heures ! déclara-t-il, avec malice.

- Mamie va se fâcher, si tu ne dors pas cette nuit. On se voit demain matin.

- Mamie est toujours fâchée, de toute façon, ronchonna Ted.

Il consentit cependant à laisser partir son parrain, non sans lui avoir arraché la promesse de revenir avec un paquet de confiseries.

Ce samedi ordinaire était exactement ce dont Harry avait besoin, en ce temps de crise existentielle. Il était tout perturbé. Une avalanche d'interrogations sans réponse affluait dans son cerveau comme si c'était la FIISR (Fête Internationale des Interrogations Sans Réponse).

xXx

Avant de rentrer chez lui, il passa par le Chemin de Traverse pour s'arrêter à Sugarplum's, où il acheta une quantité raisonnable de sucreries. Et, plus pour se donner bonne conscience qu'autre chose, il acheta aussi une brosse à dents magique pour enfant, de celles qui comptaient à voix haute les trois minutes réglementaires que devait durer le nettoyage.

Il était très fier de lui, car il savait que le lendemain, dimanche, il n'aurait trouvé aucun magasin d'ouvert. Et que Ted Lupin lui aurait sûrement fait la tronche toute la matinée, s'il avait osé se ramener les mains vides.

Ce gamin était une sale teigne, mais c'était lui qui avait soufflé l'idée de la deuxième séance de pose à Harry. En quelque sorte, le brun souhaitait le récompenser pour son aide, même si elle n'était pas intentionnelle.

En effet, c'était en observant son filleul courir à droite à gauche que Harry avait décidé de rajeunir, le temps d'une journée, pour la séance de lundi dernier.

Il avait pour cela contacté ce cher George Weasley, qui lui avait fourni, moyennant quelques gallions – ce genre de potion n'était pas vraiment légal – un philtre de Rajeunissement.

xXx

« Une goutte par tranche de un mois », lui avait-il dit.

Harry devait donc en prendre 108 pour perdre neuf ans. 108, c'était définitivement beaucoup. En vingt ans de vie, il n'était pas sûr d'avoir déjà compté jusqu'à 108.

A chaque fois qu'il avalait une goutte, il sentait un très léger changement en lui. Au début, c'était simplement un frisson, ou une sorte de sentiment d'oppression, de telle sorte qu'il avait peur de s'être royalement fait arnaquer.

Cependant, à la quarante-huitième goutte, il avait vraiment senti sa colonne vertébrale se tasser d'un bon centimètre. Son corps avait alors très exactement seize ans, deux mois et seize jours. Et, vraisemblablement, c'était le moment où il avait arrêté de grandir.

Pas étonnant qu'il soit si petit.

Quand il était arrivé à la soixante-dixième goutte, il avait plus ou moins quatorze ans – et arrêté de compter les mois. Quatorze ans, c'est-à-dire une bonne vingtaine de centimètres en moins, un vilain duvet sur les joues, une voix aussi agressive que dégueulasse, une vue, par contre, nettement meilleure que celle de ses vingt ans.

Il était petit, son torse étroit, son ventre maigre. Ses poils hésitaient entre deux stades, certains étaient carrément drus, d'autres encore soyeux comme ceux d'un caneton.

Ses pieds n'avaient pas vraiment rapetissé – ils étaient donc immenses comparés à sa taille. Ses mains fines et longues se baladaient au bout de ses bras comme des boudins insensés et doués d'une autonomie propre.

Soudain, sa peau était grasse et couverte d'une légère pellicule de sueur et de mucus. Il transpirait abondamment et ses oreilles étaient comme remplies d'un liquide suintant et jaunâtre, qu'il préférait ne pas nommer, par peur de se trouver abominablement repoussant.

Son sexe, par contre, avait une vigueur absolument délicieuse. Il avait totalement oublié qu'à quatorze ans, son potentiel sexuel était certainement à son maximum. Il se rappelait qu'à l'époque, il pouvait avoir quatre ou cinq bonnes érections par jour, et simplement causées par le frôlement accidentel d'une peau sur sa peau, par le parfum d'un shampooing féminin ou même par le salut timide d'une jolie asiatique.

Quatorze ans, c'était un âge étrange.

Rien que pour essayer, il s'était branlé.

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Il avait vraiment oublié combien c'était savoureux, un sexe de quatorze ans. Son pénis réagissait avec une rapidité digne du meilleur des balais de course du moment. Une seule image mentale envoyait immédiatement des milliers de petits globules rouges vers son sexe et le gorgeaient de sang.

Rien que de descendre sa braguette, ce crissement annonciateur d'une bonne petite branlette, ça le faisait frémir, trépigner dans son calbute.

Et maintenant qu'il avait vingt ans et que les actes sexuels n'avaient plus rien de honteux pour lui – en gros, maintenant qu'il avait abandonné tout semblant de moralité –, il avait pu pleinement profiter de son ancien bolide.

Il s'était calé dans son canapé, les jambes détendues, le pantalon baissé, et avait doucement commencé à se toucher.

Comme c'était bon !

Alors qu'à quatorze ans, il n'osait se masturber que sous la couette, dans le noir, alors que tous ses camarades dormaient – ou s'adonnaient au même plaisir indécent, tous leurs lits équipés de sort de Silence –, maintenant qu'il en avait vingt, il avait admiré avec délectation la volonté inébranlable qui agitait son pénis de nouveau neuf.

Comme il était beau, comme il était chaud ! Comme il était gros, dans sa main d'ado ! Il était épais, pas très long mais lourd. Les veines pulsaient, comme le moteur vrombissant d'un bolide prêt à s'envoler. Son gland était lisse, presque mignon.

Et ses poils étaient si doux, car il n'avait pas encore fait la connerie de tous les raser, pour les voir, avec horreur, repousser comme un buisson.

Comparé à son pénis actuel, celui-ci semblait avoir été retouché par un infographiste expert.

Il s'était touché avec la passion d'un artiste pour une œuvre de jeunesse qu'il avait oubliée. Avec la passion d'un amant pour un premier amour.

Il n'en revenait pas des sensations folles qui l'agitaient, lui qui, un peu désabusé, n'avait, en temps ordinaire, plus vraiment la motivation pour se branler.

Le soir, seul, il préférait largement lire des petites annonces ou bien glander sans rien faire, plutôt que de se faire plaisir avec sa chère main droite, compagnonne de son adolescence.

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Depuis sa rupture avec Draco et, de façon générale, la guerre, le sexe avait été catégorisé « chose du passé », comme à peu près tous les autres plaisirs.

De temps en temps, il couchait avec des types, qu'il choisissait, de préférence, musclés, grands et plutôt du genre violent.

Il se laissait porter par les vertiges du sexe déchirant, celui qui lance le crâne et fait battre le sang dans les tympans, comme s'il avait soudain plongé la tête dans un seau rempli de bites. Un truc à devenir fou, quoi.

C'est cela qu'il cherchait dans le sexe, depuis quelques années : l'oubli total, le bruit blanc.

Pour cela, c'était simple, il lui suffisait juste de s'abandonner à un gars. Le gars se chargeait toujours de tout, sûrement terriblement heureux d'avoir, à sa disposition, pour une nuit, le sorcier que toutes les femmes voudraient avoir dans leurs lits.

Harry se contentait de leur faire jurer, par un serment inviolable, que jamais ils ne dévoileraient aux médias, ou même à quiconque, qu'ils avaient sodomisé avec fougue l'idole de la Grande-Bretagne magique.

Non pas qu'il ait honte d'être gay : simplement qu'il avait peur de doubler le nombre de lettres d'admirateurs qu'il recevait déjà hebdomadairement.

Bref, il avait vingt ans et la branlette avait perdu pour lui tout son intérêt. Et le sexe aussi, ce qui était bien plus inquiétant.

Et pourtant, à cet instant-là, alors qu'il aurait du continuer à boire ses gouttes de rajeunissement, il prenait son pied.

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Il prenait son pied d'une manière très précise, et il en avait lui-même conscience. Il prenait son pied comme une des premières fois qu'il s'était branlé sans éprouver de la honte. Une fois très précise.

Il avait seize ans passé, et sa deuxième séance d'érotisme avec Draco Malfoy lui tournait terriblement la tête. Il n'avait jamais été aussi excité, aussi humilié.

Alors, une nuit, il s'était foutu sous la douche, et en pensant à lui-même, sous toutes les positions les plus insalubres, il s'était branlé. Il touchait son sexe tout en s'imaginant pris de toute part, tout en imaginant se dissoudre, effondré.

Cette nuit-là, c'était la première fois qu'il osait toucher à son anus, cette zone qui, jusque-là, n'avait représenté pour lui qu'un trou abject, un trou à expulser les déchets.

Il avait taquiné ce trou, avec un doigt aussi timide qu'audacieux... pourquoi ne réitèrerait-il pas l'expérience ?

L'idée de toucher son anus de garçon de quatorze ans l'avait follement excité, tout en lui faisant un peu peur. Quatorze ans, c'était jeune, non ? A quatorze ans, concrètement, il n'en était qu'à l'étape des baisers maladroits et gauches, sans main baladeuse ni attouchements immorales.

Mais il n'avait plus quatorze ans, n'est-ce pas ?

Il ne savait plus comment s'y prendre pour arriver à se toucher le cul. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas poussé la branlette aussi loin !

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Son corps, pourtant, se rappelait. Toujours assis sur le canapé, il avait levé les jambes – comme il était souple ! –, léché son index droit et était parti à l'exploration de son jeune anus.

C'était très étrange. La chair était bien plus tendre que maintenant, ou même qu'à ses seize ans. Elle était douce, frémissante, terriblement fine.

Il avait caressé le trou palpitant, sans le voir. La réaction avait été électrique.

Sans le voir, c'était frustrant.

Il avait lutté quelques instants avec son reste de décence... et fini par faire apparaître un miroir devant lui.

Ha, comme c'était beau ! Ces deux jambes nues et blanches, relevées, écartées, laissant voir entre elles deux des attributs jeunes et roses !

Son sexe érigé, si dur, ses deux couilles contractées et fières, son anus rouge, en-dessous, dans l'attente d'être pénétré !

Un doigt s'y était logé tranquillement.

Comme il était étroit ! Si étroit, par rapport à maintenant, maintenant qu'il avait l'habitude de se faire écarter la rondelle, bordel. Si étroit, si chaud, si propre. Si vierge.

Une peur absurde l'avait pris, celle de se faire saigner, comme s'il était une fille, lors de sa première fois. D'ailleurs, n'était-il pas en train de se violer ? Ou, du moins, de violer son corps d'ado ?

Arriverait-il vraiment à insérer un deuxième doigt ? Ou devrait-il faire appel à du lubrifiant ?

Le lubrifiant avait permis l'insertion plus ou moins aisée de trois doigts. C'était comme un exploit. Et c'était fascinant de voir ses jeunes fesses comblées ainsi, sans faille.

Il n'y avait plus de trou en lui.

Il avait enlevé ses doigts rien que pour avoir la satisfaction de voir son anus ouvert, détendu et comme assoiffé de pénis. Béant, comme une bouche d'insecte gluant affamé. La vision était délicieuse. Il se trouvait follement attirant. Nulle doute que quiconque le voyait dans cette position ne pourrait qu'en être terriblement excité.

Il avait tellement envie d'une queue, putain ! Mais il ne pouvait sincèrement pas appeler un de ses plans cul. Ce serait clairement de la pédophilie provoquée.

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La mort dans l'âme, il avait donc fait appel à un joujou que George lui avait offert, il y a quelques mois.

George Weasley tenait, en parallèle de Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux, une boutique très particulière, Polissonneries pour Sorciers Polissons. Un sexshop magique, quoi.

Ha, comme c'était bon, putain !

Un sextoy de taille plus que raisonnable venait de pénétrer dans son jeune anus avide. Ça le tirait, le déchirait, le brûlait, lui donnait envie de... l'enfoncer encore plus.

Il avait eu envie, pour la première fois depuis longtemps, de griffer un corps, et pas simplement un homme sans visage, mais bien un homme à la tronche caractéristique, qu'il pourrait maltraiter avec plaisir. Un homme avec qui il avait un lien, un lien sur lequel il pourrait tirer, tirer pour en tester la résistance, pour se faire mal.

Il avait eu envie qu'un gars s'enfonce en lui et l'écarte, et le coupe en deux, l'humilie, le traite sans ménagement.
Car, les hommes qu'il voyait avaient tous un profond respect pour lui. Il ne voulait pas de petit-déjeuners attentionnés, de bisous humides après l'amour.

Où était passé ce désir brûlant d'antan, celui qui l'obligeait à supplier Draco de le prendre ? Celui qui le poussait à se foutre à genoux, pour sucer sans relâche, pour avaler l'être de l'autre, sous la forme de sperme tiède et collant ?

Harry avait joui en se matant, comme dans un écho terrible de sa première séance d'érotisme. Tout se passait comme si l'histoire se répétait, comme si, depuis trois ans, il n'avait pas du tout avancé.

Après cet interlude masturbatoire, Harry avait tranquillement repris le compte de gouttes de potion.

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Quand il avait de nouveau eu onze ans, il avait presque eu envie de tester son appareil génital tout neuf. La seule chose qui le retint fut qu'il était tout de même assez tard et que, ma foi, il avait vraiment peur de se bousiller à jamais le trou du cul. Et qu'il n'était peut-être pas correct d'arriver chez Draco l'anus dilaté. Bordel.

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Harry, en rentrant chez lui avec son paquet de bonbons et sa brosse à dents, repensait, éhonté, à la deuxième séance, qui avait eu lieu seulement quelques jours auparavant. Il décida que la troisième se passerait le lendemain soir.

Il eut un plaisir carrément malsain en pensant qu'il fallait bien contrebalancer l'innocence et l'ingénuité de sa visite chez Ted avec la débauche que serait très certainement son rendez-vous avec Draco Malfoy.

En effet, il avait un nouvel objectif. Il souhaitait recommencer quelque chose avec le blond. N'importe quoi. Le provoquer. Lui rappeler qu'ils avaient fait tellement de choses ensemble, que Draco ne pouvait tout simplement pas l'ignorer. Qu'essayer d'entretenir une simple relation professionnelle Muse-Artiste n'était absolument pas viable.

Et puis, il fallait avouer que le présent que l'artiste amateur lui avait fait pour la séance de lundi pouvait l'encourager dans cette voie. Il lui avait offert un putain de dîner au restaurant. Il n'y avait pas plus chicos-romantico-craignos comme cadeau.

Bref, dimanche soir, ils iraient au resto. Et Harry avait décidé que ce serait caliente.


Voilà, je suis venue à bout de ce chapitre, ouf ! J'espère sincèrement qu'il vous a plu, en tout cas, vous pouvez toujours me laisser votre avis, ça fait grave plaisir :D Besitos calientes sur les deux joues, si si.

Publication du chapitre 7 : vendredi 17 ou samedi 18 octobre.