Pourquoi Pas 4B: Sugar Daddy, Oui!
La même histoire, mais avec un état d'esprit différent...
L'histoire se passe pendant que d'Artagnan est en Angleterre et que les 3 mousquetaires sont de retour à Paris, après l'avoir escorté jusqu'à Calais.
Le soleil commençait déjà à se coucher quand Monsieur de Tréville eut finalement terminé de lire et signer une épaisse liasse de documents. Il soupira et sourit, heureux d'avoir fini sa besogne avant la nuit. Jamais il n'aurait cru, lorsqu'il accepta de devenir capitaine de la compagnie des mousquetaires du roi, que cet emploi lui imposerait autant de paperasse !
Le hennissement d'un cheval attira son attention. Se dirigeant vers la fenêtre de la pièce surplombant la cour intérieure de sa demeure, il aperçu ses trois plus habiles mousquetaires, poussiéreux et fatigués, mais visiblement contents d'être arrivés à destination. Leur présence le soulagea également : ils étaient sains et saufs, et de par leurs mines joyeuses, leur mission semblait s'être bien déroulée. Il remarqua ensuite la chambrière de la reine, Constance, accompagnée de Jean, le petit ami de d'Artagnan, accompagnant ses soldats.
Dans la cour, la petite troupe remarqua la silhouette du capitaine derrière les immenses vitres de son cabinet. Ils le saluèrent respectueusement de la main Tréville leur fit alors signe de venir le voir, ce qu'ils s'empressèrent de faire.
« Ah, messieurs ! » s'exclama-t-il à peine quelques instant plus tard. « Je suis fort aise de vous voir de retour, sains et saufs ! » Puis, s'adressant à Constance, « Mademoiselle, mes respects. J'ai entendu dire, par Sa Majesté la Reine, que vous vous étiez également rendue à Calais pour remettre à d'Artagnan un ordre de passage…votre courage et votre dévouement sont tout à votre honneur ! » Il s'inclina respectueusement.
« Je vous remercie, monsieur, » répondit-elle avec le sourire. « Mais sans votre aide, et celles de vos mousquetaires, jamais d'Artagnan n'aurait pu se rendre jusqu'à Calais. »
« La route était semée d'embûches ! Il y avait des traîtres partout ! » s'écria Jean.
« C'est vrai ! » renchérit Porthos. « Nous y avons presque laissé notre peau, n'est-ce pas ? » Sur ces paroles, il plaque une grosse patte affectueuse sur l'épaule d'Aramis. Celle-ci siffla de douleur, ce geste ne passant pas inaperçu aux yeux de Tréville.
« Je crois que vous devriez escorter Mademoiselle Bonacieux chez la reine, afin qu'elle puisse rendre compte des derniers événements. Ramenez également Jean chez lui…Athos et Porthos, je vous en charge. »
« A vos ordres ! » répondit gaiement Athos. « A plus tard, capitaine. »
Tous s'éloignèrent.
« Aramis, vous restez ici, » ordonna-t-il sévèrement. La jeune femme se raidit lorsqu'elle entendit son surnom. Ses amis la saluèrent et la quittèrent.
« Oh la la…j'ai l'impression qu'Aramis va encore se faire gronder ! » fit Porthos à voix basse, piteux, en refermant la porte du cabinet derrière lui. « C'est ma faute…je n'aurais pas dû toucher son épaule blessée ! »
« Vous savez comment est le capitaine, quand il s'agit d'Aramis… » Athos resta songeur un moment. « C'est comme s'il n'avait droit à aucune erreur… »
Tréville et Aramis attendirent de voir partir le petit groupe avant d'engager la conversation
« Vous savez, capitaine…à force de me gronder, les autres vont croire que je suis votre souffre-douleur ! » fit la jeune femme avec un sourire.
Tréville émit un petit rire. « Vous n'avez pas l'air de vous en plaindre, que je vous sermonne à tout moment ! »
Elle leva les yeux au ciel et se tapa le menton d'un doigt, semblant réfléchir. « A bien y penser…non, je ne m'en plaindrai pas ! »
Il reprit, plus sérieusement. « J'ai cru comprendre que vous avez été blessée ? »
« Oui, à l'épaule… » Elle posa la main délicatement à l'endroit où la balle du mousquet ennemi l'avait atteinte. « Je suppose que vous aimeriez voir ma blessure ? »
« Certainement…je dois m'assurer qu'il n'y a aucune infection, » répondit l'homme en se levant et, désignant son fauteuil, invita la jeune femme à y prendre place.
Aramis s'exécuta et s'avança vers son supérieure avec une démarche qui n'avait plus rien de celle d'un soldat. Elle s'assit confortablement, croisant une jambe par-dessus l'autre, puis, levant les yeux derrière elle pour ne rien perdre de la réaction du capitaine, elle déboutonna quelques agrafes de son pourpoint, délaça le collet de sa chemise et révéla la blancheur de ses épaules. Tréville y posa délicatement ses mains après avoir écarté la lourde chevelure blonde de sa protégée, non sans avoir volontairement fait glisser ses doigts sur sa nuque. Il ne manqua pas de remarquer le tressaillement de plaisir que cela avait produit chez la mousquetaire.
Tout au bout de la clavicule gauche, une cicatrice écarlate contrastait avec la pureté de la peau laiteuse d'Aramis. « La cicatrice est belle…vous guérissez bien, » fit l'homme, satisfait.
« N'est-ce pas ? » badina-t-elle. « D'Artagnan m'a offert un baume que lui a donné sa grand-mère…il a fait merveille, comme vous voyez ! » Elle émit un petit rire coquin, n'ayant pas manqué le lourd regard impie de son supérieur dévorant des yeux les délicieuses courbes de sa poitrine, pourtant douloureusement enserrée sous de multiples bandelettes. Glissant un doigt sous l'une delle, Aramis se plaignit dans un murmure. « C'est si inconfortable ! »
L'homme rougit légèrement, mais ne sembla pas incommodé par les sous-entendus de cette remarque. Tout au contraire, il sourit « Vous n'avez qu'à les retirer…pour un instant. »
« Vraiment ? Je peux ? » N'attendant pas la double approbation du capitaine, elle dénoua son bandage et laissa ses seins remplir sa chemise, remerciant le Ciel de l'avoir dotée d'attributs aussi charmeurs qu'ils savaient se montrer utiles en temps voulus…. Elle reporta son attention sur son épaule blessée, la dénudant davantage. « Vous croyez que ça ira ? La balle y est toujours logée… »
« Cela vous incommode-t-il ? Mais au fait…qu'est-il arrivé, exactement ? » demanda l'homme, incontestablement inquiet du bien-être de sa protégée, en étudiant la plaie à la lueur des rayons du soleil couchant.
« Nous sommes tombés dans une embuscade…et j'ai été touchée. »
Comme elle l'avait prévu, il approcha son visage plus près de son cou, examinant plus attentivement la blessure. Elle sentit son souffle chaud couler le long de son cou, et elle ne put retenir un frisson de délices. Il fit glisser ses mains le long de ses bras, se délectant de la douceur de sa peau.
« Mais non, ça ne m'incommode pas, » poursuivit-elle, répondant à sa première question. « Au contraire, je profite de tous les avantages que cela m'apporte ! » ajouta-t-elle en chuchotant.
Il rit encore de cette allusion perverse. « J'ose espérer que vous vous êtes soignée seule ? Je ne voudrais pas avoir à partager votre secret avec un rival !...»
Elle rit de ce commentaire, rejetant la tête en arrière, et balança sa jambe croisée. « Seriez-vous jaloux, Monsieur de Tréville ? » Elle leva les bras et les enroula autour du cou du capitaine, forçant ainsi leurs visages à se rapprocher.
« Moi ? Jaloux ? Ne vous méprenez pas… » Sa main se posa sur la gorge de la jeune femme et glissa lentement à l'intérieur de sa fine chemise blanche. « Je cherche seulement à m'assurer de mes privilèges !... »
Elle sourit sensuellement et bomba le torse, cherchant par ce manège à précipiter les doigts de l'homme directement sur ses seins. « Après tout ce que vous avez fait pour moi…ne croyez-vous pas que je vous dois…certaines…faveurs ? »
Alors que leurs lèvres allaient s'unir, le hennissement d'un cheval les tira de leur étreinte et ils se séparèrent prestement. Tréville se dirigea vers la fenêtre pour voir qui arrivait.
« Voilà Athos qui est déjà revenu… » laissa-t-il tomber.
Aramis soupira et rebanda sa poitrine à la hâte avant de remettre de l'ordre dans sa tenue. « J'ai bien peur que nous devrons poursuivre cette conversation à un autre moment ! » dit-elle, déçue d'être ainsi interrompue.
« Je m'arrangerai pour vous punir encore une fois, vilaine, » répondit Tréville en ajustant le collet de son pourpoint. « Allez, disparaissez ! »
Elle lui lança un sourire entendu, puis elle quitta le cabinet du capitaine, non sans avoir d'abord mis sur son visage un masque dénudé d'émotions. Athos, nerveux, l'attendait déjà, tout en bas du grand escalier. Ensemble, en silence, ils se dirigèrent vers l'écurie pour y chercher leurs chevaux.
Lorsqu'ils eurent enfin quittés la demeure de monsieur de Tréville, Athos en profita pour questionner Aramis.
« Que vous a dit le capitaine ? Porthos est inquiet… »
« Il voulait seulement connaître l'état de ma blessure, voilà tout…. Mais pourquoi Porthos serait inquiet ? » demanda Aramis, confuse.
Le regard soucieux d'Athos se posa sur elle. « Nous croyions que, peut-être,… le capitaine vous aurait… ? »
Elle se figea, le doute l'envahissant complètement, mais elle tenta de ne rien laisser paraître.« M'aurait fait quoi, Athos ? » demanda-t-elle sur un ton qui se voulait indifférent. Est-ce qu'Athos savait pour sa véritable identité ? Et pire encore…est-ce qu'il avait eu vent qu'elle et Tréville… ?
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« Bien, vous savez, » répondit l'homme, embarrassé, « … vous aurait fait ses remontrances habituelles ! »
Elle poussa un profond soupir en laissant tomber sa tête, tout son corps se détendant également. « J'ai bien peur qu'il ne m'aime pas et que je sois son souffre-douleur ! Hélas, je ne crois pas que cette situation changera bientôt… »
Athos soupira tristement. « C'est dommage… »
« Oui…quel dommage ! » dit-elle en détournant la tête, ne pouvant réprimer un sourire.
